08/09/2013

Quelques nouvelles du front...

Le moral de nos troupes combattantes pour la préservation du patrimoine de la ville est en berne. Malgré quelques avancées notables sur la ligne de front ces derniers temps, elles ne peuvent être mises au crédit que d'une poignée de braves soldats et de leur débauche d'énergie. C'est semble t-il le chant du cygne! Il y a fort à parier d'ailleurs que leur résistance ne durera pas bien longtemps... L'ennemi gagne du terrain et le seul espoir que notre union pourrait avoir, c'est qu'une grande partie de des troupes adverses se décident enfin à passer dans notre camp. Or, cet élan n'est pas ressenti et les quelques espions que nous avons lancés, nous signalent régulièrement que l'ennemi est toujours décidé pour faire raser des bâtiments, déplacer des statues dans des placards, mettre à la benne du mobilier urbain, perdre des documents... Voici le dernier rapport transmis par nos services de renseignements derrière les lignes adverses:

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L'urne qui se trouvait au pied du monument à la résistance sur l'ancien Square Gambetta, contenait de la terre provenant du camp de Buchenwald. Lors de la destruction du jardin en 2003, elle a disparu. Nous savons désormais que les services techniques de la ville ne l'ont toujours pas retrouvée. Ils en ont conclu dernièrement qu'elle avait été mise aux ordures peu après 2003.

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La fusée ou plutôt le missile qui symbolisait depuis des années l'aéroport Salvaza, se trouvait encore en 2007 à proximité des bâtiments. Au moment de l'agrandissement de l'aéroport du Pays Cathare, elle a été déposée. Nous avons fait des recherches pour savoir où elle était passée. Nous venons d'apprendre qu'elle a été envoyée à la ferraille, sans autre forme de procès. Qui sont ces gens qui ne respectent pas nos coutumes, notre patrimoine, nos valeurs?

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Le buste du préfet Poubelle se trouvait dans la cour du Musée. Après subi une chute de son piédestal, il avait été envoyé en restauration. Placé ensuite dans l'escalier d'honneur du Musée des Beaux-arts, nous pensions que là, était sa dernière demeure. Or, nous venons de nous rendre compte qu'il n'y était plus. Où est donc encore passé le buste du préfet? A la poubelle...?

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Après avoir défrayé la chronique, la maison du 67 avenue Roosevelt connue pour avoir servi de lieu de torture à la Gestapo, semble ne plus faire parler d'elle. Nous savons que le politique est passé maître dans l'art d'endormir les chats sur un panier de poissons. Qu'il se rassure, nous n'aimons que le poisson sans arêtes. Aussi, il serait opportun qu'il dévoile enfin ses intentions réelles sur le devenir de ce lieu de mémoire.

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26/05/2013

Contradictions journalistiques sur la Cité de Carcassonne

La pétition que j'ai initiée au mois de janvier sur le mauvais état d'entretien de la Cité de Carcassonne, fut diversement commentée dans les rédactions des journaux locaux. Les griefs exposés contre les pétitionnaires sont devenus aujourd'hui des contradictions devant lesquelles, il me paraît normal de mettre leurs auteurs. Ainsi, par exemple, j'ai décidé de retranscrite ci-dessous deux éditoriaux signés du rédacteur en chef du journal l'Indépendant publiés à quatre mois d'intervalles. Chacun en tirera les conclusions qu'il souhaite...

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Dimanche 13 janvier 2013

"Notre chère cité"

Internet est un terrible outil, capable de transformer en brasier la moindre étincelle. Ainsi en est-il de la pétition lancée la semaine dernière sur le web concernant l'état de "délabrement" dans lequel serait la Cité de Carcassonne. En quelques jours, les signatures se comptent par milliers, ce qui, ramené à l'échelle mondiale de la toile - et de la renommée du monument - est finalement peu de chose. Face à ce mini-buzz (on est loin des audiences de Gangnam Style, quand même), le préfet de l'Aude, très sensible aux nouveaux moyens de diffusion de l'information, réagit sous la forme d'un communiqué chiffré. On y apprend tout l'argent public qui est dépensé, mois après mois, dans la préservation de notre belle Cité. Mais que valent, au final, cette succession de sommes assez astronomiques, ces millions d'euros, face aux photos d'un autel de la basilique St-Nazaire recouvert d'une bâche et de gargouilles qui tiennent avec des fils de fer, diffusées via la toile dans le monde entier ? Poser la question, c'est déjà y répondre. Les râleurs de la Cité veulent-ils payer plus d'impôt pour financer les travaux du monument ? Non, bien sûr. Ils voudraient que l'État dépense moins d'argent ailleurs et en mette plus sur son patrimoine. Mais quels sont les services de l'État dont ils bénéficient aujourd'hui et dont ils accepteraient de se passer ? La police, l'école, la voirie, la Sécu ? Tiens, il faudrait faire un sondage Internet pour le leur demander…

Dimanche 25 mai 2013

"Grands sites"

On peut comprendre que les Carcassonnais aient du mal à y croire. Cette semaine, pourtant, un pas important a été franchi vers la mise en place effective de l'Opération Grand Site : désormais, le programme des actions qui vont être menées sur le monument est en cours d'écriture. Visiblement, les financements sont là, et les résultats devraient suivre. Mais que la procédure a été longue ! Le site internet du réseau qui regroupe ces 40 hauts lieux touristiques de France, nous apprend que les prémices de l'OGS de Carcassonne datent de l'année 2000. Treize ans donc pour entrevoir un début de réalisation concrète. Il a d'abord fallu créer un syndicat mixte associant l'État et toutes les collectivités concernées (Ville, Département, Région), puis mener les premières études afin d'analyser comment le site fonctionne actuellement et quels sont les points à améliorer. Ensuite, parvenir à faire travailler tout ce monde ensemble. Enfin, réfléchir à la position de la Cité dans son environnement. Car comment améliorer l'accessibilité du monument et ses retombées économiques sans lien avec les autres pôles d'attraction que constituent la Bastide d'une part, et le Canal du Midi tout proche… Sans oublier qu'il s'agit d'un monument situé en zone urbaine, où vivent et travaillent au quotidien des centaines de personnes… Ne nous leurrons pas, ce sera encore long. En effet, le Mont Saint-Michel, grand rival de la Cité en terme de fréquentation touristique, a démarré son OGS en 1995 ! Et ne l'a toujours pas achevée…

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25/05/2013

Où sont passés les anciens bancs du jardin du Prado?

J'étais à Carcassonne en début de semaine et comme chacun peut le penser, je me suis rendu à la Cité. En traversant le jardin du Prado qui borde l'entrée du pont-levis, j'ai observé un vrai changement; l'ensemble du mobilier urbain avait été changé. D'un côté, je ne pouvais que m'en satisfaire ayant dénoncé à plusieurs reprises l'état pitoyable de certains bancs, totalement obsolètes et défraichis. Le problème, voyez-vous, c'est que le changement a touché aussi ceux faisant partie de l'histoire de Carcassonne.

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En effet, ils datent de la fin du XIXe siècle et ce sont les mêmes qui se trouvaient dans le square Gambetta avant sa destruction en 1944. A ce sujet, la monographie d'Alfred Raucoules sur la rue de Verdun en deux tomes, est des plus explicites. J'avais rédigé un article sur l'ancien blog "histoires de Carcassonne" dans lequel je mettais en garde contre la mise aux ordures de ces bancs, en cas de remplacement du mobilier urbain. Visiblement, c'était en pure perte...

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Voici un exemplaire dont on avait eu le bon goût de restaurer l'assise et le dossier, dans le jardin du Prado. Il en subsiste environ une dizaine à cet endroit. Il s'agit d'un modèle de 1862 avec les piètements en fonte fondus à Toulouse chez Olin Chatelet. D'après Alfred Raucoules, il y avait 40 dans le Square Gambetta.

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Les anciens bancs étaient encore là, la semaine dernière.

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Voici ceux qui les ont remplacés... Je suis pour l'harmonisation, mais à titre personnel ce mobilier ne me paraît pas adapté à l'histoire du lieu, ni aux fesses des visiteurs. Outre le fait qu'il n'y ait pas de dossier, la chaleur de l'été risque de causer des brûlures sur ces bancs barbecue. Par contre, je les trouve tout à fait convenables pour la rue Chartran dans laquelle ils sont fixés depuis un an.

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A quelques mètres de là, le monument à Joseph Poux n'en finit plus d'agoniser.

J'ai signalé tout ceci à l'élue en charge du patrimoine. Elle s'est engagée à rechercher les bancs pour lesquels elle espère une autre destination. A condition, bien sûr, que les services techniques ne les aient point mis aux ordures ou mieux, gardés pour le jardin d'un ami ou de la famille. Si vous saviez tout ce que l'on retrouve chez des particuliers quand on fouille le patrimoine de Carcassonne... Pour ce qui est de l'historien Joseph Poux, c'est proprement honteux!

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20/05/2013

Sur l'aire de repos de Pech Mary, tu verras la Cité depuis un dépotoir

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Je suis au regret de vous informer que l'aire de repos de Pech Mary est laissée totalement à l'abandon. Ce n'est pas une aire d'autoroute mais un lieu de détente pour les touristes de passage, près duquel ils pouvaient admirer la Cité de Carcassonne. Elle se situe précisément au bord de la rocade entre le rond point du lycée agricole Charlemagne et l'embranchement pour rejoindre le hameau de Montlegun.

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Les herbes folles ont envahi le site et l'on distingue à peine les poubelles

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Les tables de pique-nique au milieu d'un site non entretenu qui, la nuit venue, sert de lieu de rendez-vous pour les libertinages en tous genres.

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Bien entendu, il sert également de dépotoir avec vue sur la Cité médiévale

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Nombreux sont les touristes à faire une halte à cet endroit qui donne une nouvelle fois, une image déplorable de notre ville. Nous espérons que la municipalité va agir après la lecture de cet article. Chacun en sera témoin...

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14/05/2013

Les berges du Canal du midi en état de friche

Carton rouge

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J'adresse mon carton rouge aujourd'hui aux Voies navigables de France et à la ville de Carcassonne qui depuis des années, n'arrivent toujours pas à s'entendre sur le nettoyage des berges du Canal du midi (photo prise hier soir). Les deux institutions se rejettent la responsabilité de cette incurie qui donne une image déplorable non seulement de ce patrimoine classé à l'UNESCO, mais aussi de Carcassonne. Nous pouvons imaginer aisément le coût de cet entretien, mais en terme de communication le discrédit n'est-il pas bien plus grand que l'économie réalisée? Allons messieurs, un peu de courage! Il est temps de négocier car avec l'abattage des platanes, ce patrimoine va perdre toute sa majesté et le label de l'UNESCO. A la hauteur de la résidence l'étoile, avenue Pierre Sémard, les cyclistes qui passent sur le chemin de halage sont obligés de poursuivre leur route sur le goudron, car en direction de la ville la berge est en friche. Est-ce bien raisonnable? Nous aimerions vraiment ne pas avoir à dénoncer, rabâcher, vous prier ou vous supplier d'agir. Voilà une autre affaire semblable à celle de la Cité entre les Monuments nationaux et la ville de Carcassonne.

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