01/11/2014

"Les médiévales" : l'histoire d'un énorme gâchis culturel pour Carcassonne

Hiver 85, recommandé par Jean-Marie Rausch, Laurent Maget est reçu par Raymond Chésa, qui souhaite valoriser les atouts de la ville et cibler une stratégie de communication.
Le contexte est cependant bien différent de celui d’une ville comme Metz. Carcassonne est une ville administrative, militaire et touristique, sans véritable projet de développement innovant,
Laurent Maget y voit cependant un fort potentiel ; la ville haute accueille le jour des milliers de visiteurs de passage, un théâtre est niché contre les remparts de la vielle citée, possède une bonne jauge et dort en plein mois d’août ; le développement est là, retenir pour la nuit ce flot de visiteurs et fédérer la population locale autour d’un projet culturel. Il propose donc d’investir le théâtre et conçoit les « Médiévales de Carcassonne ». Le projet est accepté par Raymond Chésa, Reste à trouver son financement... Une fois le projet lancé, Laurent Maget fait appel à Nicolas Gérad-Hirne et Jean-Marie Sittler, comme il l’avait fait lors de précédentes opérations.sittler.jpg

Jean-Marie Sittler (1954-2003)

Six techniciens du son, six techniciens de l'image, deux cents projecteurs, quatre systèmes de projection de diapositives géantes fonctionnant en simultané et permettant des superpositions de vues. Sur la scène du Grand théâtre de la cité et autour d'elle, on dispose : 40 tonnes de sable, 30 tonnes de terre et 100 balles de paille.

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Yvan Chiffre

L'ensemble des cascades des cavaliers est réglée avec un soin d'horloger par un maître du genre, en la personne d'Yvan Chiffre. L'acteur-cascadeur participa à de très nombreux tournages : Le miracle des loups, Fantomas, La grande Vadrouille, OSS 117...

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 "Les templiers"

Quatre-vingt-dix minutes retracent l'histoire des Templiers en plusieurs actes du 3 au 15 août 1988. La scénariste est Clémence Massart. 

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Clémence Massart est la compagne de Philippe Caubère

Au total 20 000 spectateurs assisteront au spectacle durant la quinzaine, pour un tarif allant de 70 francs (10 euros) à 20 francs (3 euros). En fil rouge, toute la journée, les touristes peuvent se rendre ua marché médiéval (place Pierre Pont), s'initier au tir à l'arc (Douves), se promener à cheval (place Pierre Pont), escalader à mains nues, assiter à la relève de la garde, assister à un concert dans la basilique ou encore, visiter les expositions (Porte narbonnaise, Musée des Beaux-arts, Tour de la Vade). À 18 heures, des joutes payantes sont données dans les lices. L'ensemble des prestations sont subventionnées par le Ministère de la culture, la ville, le département et la région avec le soutien de divers sponsors.

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En 1988, le spectacle fonctionne grâce à une association fondée par les bénévoles locaux

"Les amis des médiévales"

Sous la houlette du président Christian Schmitz et de Georges Audouy, architecte de son état, une émulation se créee chaque année autour de ce projet fédérateur.

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À l'occasion du dixième anniversaire, l'équipe décide de construire un village médiéval entièrement démontable car pouvant être réutilisé l'année suivante. Le bourg sera implanté sur la place de la basilique, fermée pour l'occasion. Côté remparts, la grille de la tour Saint-Nazaire sera abaissée et une palissade de bois barrera la rue du Plô. La palissade est constituée de hourds et d'une poterne. La difficulté technique résida dans le fait que l'on ne pût faire de fondation. Seul un appui sur les contreforts de la chapelle de la basilique fut autorisé. À l'intérieur du village, échoppes, étalages et camp de toiles furent animés par une troupe de Francomtois.

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Plan des constructions médiévales

Les travaux de menuiserie furent confiés aux services municipaux en collaboration avec dix-huit personnes au RMI (Revenu Minimum d'Insertion), employées pour l'occasion en contrat CES, prolongés à la fin du spectacle pour l'entretien des décors et des costumes. La gageure consista à installer le village dans les huit jours qui suivirent la fin du festival de juillet.

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L'association prit ensuite le nom de "Terre d'histoire" et décida en 1997 de traiter la période de l'hérésie Cathare. Les textes et le scénario sont écrits par le comédien Michel Granvale et Aude Balmigère. La composition musicale est l'oeuvre du musicien Serge André.

Les comédiens

Bernard Barel, Christian Schmitz, Canelle Edline, Jean-Yves Barthas, Sandrine Gaston, André Cano, Marie-Ange, Cros, Jacques Douat, Colette Rourera, Jacky Poi-Marty, Sébastien Mignard, Jocelyne Barrot, Sandrine Labre, Roger Avalos, Marie-Claire Thomas, Gilles Villan, Éric Bernard, Sébastien Cavaillé, Philippe Abizanda, Jean-Claude Léchuga, Aude Balmigère et Jean-Frédéric Garcia.

Sans compter les 200 figurants...

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Le maire R. Chésa et la troupe, place Carnot

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L'affiche de 1998

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La scène du Grand théâtre de la Cité

La préparation commençait dès le mois de janvier pour les acteurs et avril pour les figurants. Les répétitions se faisaient dans un hangar (et les beaux jours à l'extérieur) tard dans la nuit parfois, dans la zone l'Arnouzette. Ce hangar est maintenant la carrosserie SURROQUE.
Pendant tout le mois d'août, acteurs et figurants vivaient ensemble. Dès 18 h tout le monde était à la Cité. Une cantine était mise en place dans la cour de l'école (derrière le musée de l'école). Super ambiance, repas fait par des bénévoles ! Ensuite direction le maquillage ! dans les coulisses pas de différence entre acteurs et figurants, un acteur n'était pas supérieur à un figurant. Chaque personne avait son rôle à jouer dans le spectacle !
Une belle leçon de vie. Après le spectacle, certains soirs les comédiens buvaient tous ensemble le pot de l'amitié ou se retrouvaient au café le Sénéchal !
Après au lit, car la plupart des personnes travaillaient le lendemain !

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Comédiens amateurs et professionnels lors du spectacle

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Dans un grand esprit de camaraderie, l'ensemble des professionnels et des amateurs se réunissaient pour partager de bons moments de détente et d'amitié. Les lendemains étaient difficiles quand il fallait se lever pour aller travailler, car la nuit avait été courte.

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L'équipe de maquillage dans les loges, sous la scène du Grand théâtre de la Cité.

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Les saluts pour la dernière où chacun, la larme à l'oeil disait à l'année prochaine !

Puis...

Le couperet est tombé: à l'issue de l'appel à projets lancé au mois d'octobre, la mairie de Carcassonne a retiré à l'association Terre d'histoire son monopole sur l'organisation des spectacles médiévaux du mois d'août.

(La dépêche - 6 décembre 2001)


La municipalité n'étant pas du même bord politique que le responsable de la troupe, a stoppé toutes les subventions et laissé mourir l'association qui de ce fait, a cessé son activité. Cela ne vous rappelle rien dans l'actualité récente ?

En 2002, elle fait appel au comédien italien Carlo Boso pour reprendre le vide culturel du mois d'août. Une collaboration qui finira mal.

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Carlo Boso

La feuille de route qui est donnée au comédien italien par Claudine Desbordes, adjointe à la culture, est de fidéliser les touristes de passage. L'ambition du maître de la Comédia d'el Arte n'est pas mince:

"Je voudrais faire de Carcassonne une citadelle du théâtre"

Pour l'été 2002, il annonce les reprises de « Capitaine Fracasse », « Scaramouche », « Don Quichotte » et probablement « Cyrano ». Ces pièces seront jouées « certainement au Grand-Théâtre », par des comédiens exclusivement professionnels appartenant à Mystère Bouffe et à d'autres compagnies européennes. « Des spectacles, explique Boso, compréhensibles par tout public, français, italien ou espagnol... » On commence donc à y voir plus clair dans les projets de Boso qui rappelle que, pour cette année, « s'était d'abord engagé à faire de la programmation ».

 

« L'objectif, explique-t-il, c'est de commencer à intégrer des semi- professionnels et des passionnés dans des actions théâtrales à présenter en ville. Si l'on arrive à dépasser la première étape des animations qui auront lieu cette année, nous pourrons alors intégrer les élèves à la grande opération que nous comptons proposer en 2003 au Grand-Théâtre de la Cité. Pour l'instant, la chose est un peu délicate puisqu'il faut fédérer tous les projets et créer une synergie dans la perspective de ce grand événement. Mais bon, la volonté, l'enthousiasme et la foi sont là. »

 

Boso s'attaque à la formation du vivier local sur le thème « De la farce médiévale à la commedia dell'arte ». Jusqu'au 24 février, à la MJC, des leçons de chant, danse, escrime, pantomime et théâtre (improvisation, jeu masqué, réalisation de scénarii, etc) seront dispensés par Boso en personne mais aussi son assistant, Gilbert Bourebia, le maître d'armes des Tréteaux de France, Raoul Billery, et la professeur de danse Nelly Quette. Des séances de travail seront également organisées dans la ville. Puis une deuxième session se déroulera du 8 au 21 avril.

 

© La dépêche - 11 février 2002

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L'expérience Carlo Boso et son théâtre de tréteaux dont l'idée était loin d'être idiote se révèlera un échec. 150 spectateurs payants en moyenne au théâtre de la Cité le soir, sur 3000 places assises !

Dans une interview du 19 septembre 2002, l'adjointe indique :

"Ceux qui viennent pour voir des pierres et acheter une épée en plastique ne viennent pas voir une pièce de commedia dell'arte le soir."

Alors, Carcassonne est-elle condamnée à proposer "Plus belle la vie" pour son action culturelle ? C'est sûr que la ménagère de moins de 50 ans, en faisant ses courses dans le vaste supermarché du mauvais goût y trouverait son compte ! Pauvre Carlo Boso... Georges-François Hirsch avait subit le même sort en 1989 au festival de la Cité.

"Même si quand j'ai vu « Scaramouche » à Altigone, une salle de sept cents places, c'était plein. « Scaramouche » avait fait trois mille personnes sur la grande place de Lyon. Mais je rappelle que nous étions dans l'urgence, et que l'ambition est toujours de faire une véritable création."

Pourquoi cela ne marche t-il pas à Carcassonne ? Parce qu'on ne patiente pas et que l'argent doit rentrer de suite dans les caisses, sachant qu'un festival construit sa renommée sur plusieurs années. La facilité c'est de tout fermer au bout d'un an. Ou bien, Carcassonne est une terre d'incultes... Ce que je ne crois pas.

"Au moment de choisir le meilleur projet, la préférence de deux adjoints allaient à ce que présente monsieur Sitler. Les autres étaient pour Carlo Boso. Je suis allée à Foix voir la création de M. Sitler. C'était encore une fresque historique, avec encore des cathares qu'on brûle. Je me suis ennuyée. J'ai une autre ambition pour notre ville. Quant au Grand Roque ou à Terre d'Histoire, une ville a-t-elle vocation à faire vivre des compagnies ou à financer des bénévoles qui ont seulement envie de s'amuser l'été. Bientôt, avec la MJC et les stages de l'Afdas, on aura une vraie compagnie avec des vrais pros, à Carcassonne. Et je le répète pour la Xe fois, Christian Schmitz (NDLR: l'ancien président de Terre d'Histoire) a employé des méthodes indignes. Il m'a menacée en disant que c'était Terre d'Histoire ou rien."

Les Néphalies d'OC

L'année suivante Carlo Boso est à la tête des Néphalies d'Oc chargé de mettre-en-scène une fresque médiévale. Bilan : 300 000 € de manque à gagner pour un budget d'un million dont 152 000 € de subventions de la ville.

« Cette perte a été générée par l'impossibilité pour nous de mettre en place un camp médiéval à l'entrée de la Cité, près de la porte narbonnaise » explique G. Ibanez, président de cette association.

Christian Aniot pour La dépêche, écrit:

Aussi louable soit la mise en scène de Carlo Boso, qui n'est pas passé au travers des critiques notamment sur le contenu historique de son spectacle, tout le monde est d'accord pour dire que la direction confiée à Jean-Pierre Friche fut sincère mais que le directeur du théâtre de Namur été débordé par la quantité de tâches à assumer et ses engagements ici et ailleurs. « Dès le 8 juillet, confie Georges Ibanez, j'ai dû intervenir. Les informations sur la vente des billets ne remontaient pas. J'en ai informé le conseil d'administration ». Bien que de bonne volonté, l'association Néphalies d'Oc aurait commis des erreurs de casting qui l'ont privée des bonnes personnes aux bons postes.

 

Aujourd'hui, l'association déclare s'être acquittée de ses obligations contractuelles envers les interprètes du spectacle. Reste à savoir ce qui adviendra après lecture définitive du bilan. Claudine Desbordes conserve son optimisme. L'adjointe au maire espère que la collaboration projetée pour la suite entre Carlo Boso, Anne Brenon, Michel Roquebert et le Cercle d'études cathares donnera de la valeur ajoutée à cette épopée estivale.

Conclusions

Claudine Desbordes, adjointe à la culture, est mise au placard à la mort du maire Raymond Chésa en 2005 par Gérard Larrat, le nouveau maire par succession. Carlo Boso est remercié et Les Néphalies d'Oc doivent près de 92 000 € de dettes. Gérard Larrat annonce qu'il reprend en main l'ensemble du dossier des spectacles estivaux. Le mois d'août en fera les frais.

«Cet événement fonctionnera en liaison avec les tour-opérators afin d'attirer un maximum de touristes pendant l'année." (Gérard Larrat)

Création d'un comité des fêtes appelé Pôle culturel.

 Féria, Magie de Noël, Festival

Le passage de M. Tarlier à la culture entre 2009 et 2014 ne remettra que très légèrement en cause les orientations culturelles, malgré les promesses de campagne.

La ville achète la maison Noubel, rue de Verdun, 4 millions de francs (610 000 euros) et la revend à un promoteur immobilier en 2002. La ville achète la droguerie Cazaniol en 2007 et aujourd'hui, c'est une coquille vide !

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03/10/2014

Carcassonne, tu as perdu ton âme culturelle

La globalisation de ce monde mercantile uniformise chaque jour davantage la culture, bien précieux issu de nos traditions. Que serait la musique si elle n'avait pas suivi les courants divers et variés du folklore de nos pays, de nos régions? Que serait notre langue si elle ne s'était pas construite dès l'antiquité à partir de mots latins ou grecs? Que serait l'art pictural?... Sommes-nous donc arrivés aujourd'hui si bas qu'il faille faire table rase de tout ce passé et peut-on fouler du pied ce qui a fait notre socle sociétal? Bien que le beau ne soit qu'une notion subjective, il semblerait que l'on ait pris maintenant pour postulat de détruire ou d'assombrir ce qui n'était que lumière. La lumière spirituelle, celle des esprits ; la lumière du vivant. L'homme vit dans l'ombre caverneuse de l'habitude et des réflexes conditionnés par des marionnettistes, actionnant les ficèles d'une pensée convenue. N'ayant plus de goût à la curiosité, à la lecture et à l'écriture qu'il maîtrise fort mal... Il erre dans les méandres d'une politique qu'il subit et qui a désarmé en lui toute notion de libre arbitre. Alors, que fait-il? Il vocifère à qui veut l'entendre, car ses congénères qui ne poursuivent pas les mêmes intérêts restent sourds, son droit à manifester avec des pancartes bariolées agitées comme des pantins de bois. C'est un passé qui n'agit plus qu'en désespoir de cause! Pourtant, n'aurait-il pas mieux à faire à prendre son destin en main et à tenter de changer ce monde de l'intérieur? S'informer et militer au sein de mouvements associatifs, de collectifs citoyens... Cela s'appelle, le courage!

À Carcassonne, petite ville de 50 000 âmes, on suit béatement comme des moutons conditionnés à l'économie de marché, les repas culturels élaborés à partir d'OGM (Opinion Gratuitement Manipulée). Dans la ville des paillettes et des plumes dnas le cul, tout ce cirque est bâti sur les lumières synthétiques et sur l'acharnement d'un bruit incontrôlable, qui vise à abrutir l'électeur devant un écran de fumée.

Paure Carcassona!

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Les fêtes de 1898 avec la venue des Cadets de Gascogne à Carcassonne!

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Carte du félibre Carcassonnais Achille Rouquet, fondateur de la Revue méridionale

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Les fêtes de l'âme occitane en 1936

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La lauseto dal Carcasses.

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01/09/2014

Regrets...

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Les Carcassonnais épris d'art et d'histoire regretteront sûrement que la ville de Carcassonne qui possède une bastide médiévale fondée par Saint-Louis, n'ait pas organisé une manifestation culturelle pour le huit centième anniversaire de sa naissance en 1214. Par ailleurs, cette bastide possède en l'église St-Vincent la plus ancienne et unique représentation du roi Louis IX en France. À ceux qui pourraient vouloir se cacher derrière l'argument de la laïcité, arrêtons donc de fêter Saint-Vincent (patron des vignrons) et Saint-Michel (patron des parachutistes).

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On aime ou pas l'art contemporain, l'art naïf, l'art tout court... Cette semaine les quelques incultes Carcassonnais ont dû être ravis ; après avoir brocradé en son temps les oeuvres éphémères de Marc Walter, dont l'embrassade sous le Pont vieux, les services culturels de la ville leur ont donné, sans le vouloir, une raison pour cracher leur venin sur la collection Cérès Franco. Un article du journal "Le Monde" en date de jeudi dernier titrait à l'intérieur de ses pages culturelles

"Carcassonne tire un trait sur une donation"

La municipalité actuelle vient de refuser la donation de Mme Cérès Franco pour laquelle l'ancienne majorité avait fait réaliser une salle permanente dans le Musée des beaux-arts. Ces travaux de transformation de l'ancienne bibliothèque municipale ont coûté 230 000 euros. Aujourd'hui, la ville refuse la donation car elle estime n'avoir pas les moyens financiers pour accueuillir 1500 oeuvres, dont le coût de stockage reviendrait à 700 000 euros. Soit! Donc, on renvoie l'exposition entière et on prie Mme Franco de bien vouloir nous en débarrasser. En lieu et place, on étudie ce qu'on pourrait y faire sans réel projet pour la remplacer dans l'immédiat. On parle d'y mettre des collections non permanentes, prêtées par des grands musées nationaux. La grande exposition Monnet du Grand Palais, par exemple? Ce serait déjà bien, si Madame la conservatrice pouvait sortir de ses réserves tous les petits trésors dont elle ne connaît même pas l'origine et pour lesquels elle n'a que dédain: Médailler de monnaies romaines issu de fouilles (Société des Arts et Sciences), plaques de verres sur la cité en ruine du Chanoine Verguet, objets de Papouasie du chanoine Verguet...

C'est vrai qu'appeler le Musée des beaux-arts de Carcassonne du nom de Jacques Gamelin, ce serait moins chic que Picasso. Mais, Gamelin est né dans notre ville et pas l'artiste espagnol... Ah! Si seulement Carcassonne pouvait s'intéresser à son passé.

Il n'est pas question pour moi de critiquer les choix sur le dossier Cérès Franco, dont je n'ai pas eu la chance de voir l'exposition et pour laquelle je n'ai pas compétence pour juger de sa valeur. Néanmoins, il serait temps que Carcassonne fasse les titres de la presse culturelle nationale en d'autres termes qu'elle ne fait depuis trop longtemps. Rappelons par ailleurs, le désherbage de la bibliothèque municipale en 2010 et la médiathèque qui ne s'est jamais construite sous M. Tarlier, pour montrer ma bonne foi d'impartialité dans les erreurs des politiques. Alors, pour quelle raison tout ceci est catastrophique? Que les Carcassonnais, prennent un miroir et qu'ils se positionnent devant au-delà de 300 km. Ils verront alors, ce que cela produit en terme d'image sur notre ville. Quel artiste ou mécène voudra demain s'intéresser à Carcassonne, quand on aura sans ménagement refusé ce que l'on nous donne? Le cadeau était empoisonné car accompagné de contraintes? Bien, mais alors la communication qui a entouré cette affaire a été calamiteuse!

Sachez tout de même qu'il y a eu des précédents dans cette ville... Pour exemple, le directeur du festival de Carcassonne Georges-François Hirsch en 1989. C'est Jacques Albarel, adjoint à la culture de Raymond Chésa, qui était allé le chercher à Paris pour construire un beau festival à la renommée internationale. Monsieur Hirsch avait été le directeur du Théâtre des Champs-Élysées et de l'Opéra de Paris. Son tort? D'abord vouloir construire à Carcassonne un festival d'Art lyrique comme à Aix-en-Provence ; Ensuite, d'être de gauche et l'ami personnel de François Mitterrand. Au moins, aurions-nous pu espérer en retirer des subventions. Que nenni, au bout d'un an M. Hirsch a été remercié car son festival était trop élitiste et n'attirait pas assez de sepctateurs. Il faut du temps pour créer un vrai festival à l'identité forte et reconnue, on ne lui a pas donné. Nous avons un petit esprit et ceux qui en ont un plus grand, s'en vont ailleurs. On appelle cela la fuite des cerveaux! Ce n'est pas le vide qui est à craindre, mais le creux...

Élevons nos esprits vers la lumière!

Ce doit être le devoir des élus, car la paupérisation de la culture auprès des citoyens est à craindre. Au lieu de cela, on nous programme de la corrida et de la beuverie. Dormez braves gens, on s'occupe de vider vos consciences pour mieux vous manipuler.

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© L'Indépendant

Hier soir, je revenais de mon concert à 350 km de Carcassonne et j'écoutais France Info. Tiens, ils parlent de la corrida de Carcassonne. On entend les 250 manifestants anti-corridas qui s'insultent avec les aficionados ; plusieurs compagnies de CRS son là pour empêcher l'affrontement.

Quand on programme des manifestations qui exitent la cruauté et la bestialité humaine, qu'on ne vienne pas ensuite faire du politiquement correct en terme d'insécurité.

J'ai honte pour l'image de cette ville que j'aime trop...

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01/07/2014

Contrariés!

Voilà trois jours nous écrivions un article pour signaler la disparition du buste du Dr Gally après le déménagement de l'ancien Centre hospitalier Antoine Gayraud, il y a maintenant trois semaines. Ce travail de veille sur le terrain est l'oeuvre de Jacques Blanco, secrétaire des Amis de la Ville et de la Cité, dont on ne saurait remettre en cause la probité et la droiture. Ce dernier après s'être rendu au nouvel hôpital pour s'assurer qu'il n'y était pas, revenait avec les renseignements qu'on lui avait donné là-bas. À savoir, qu'il ne s'y trouvait pas. Il s'informa même auprès du Dr Robinet que ce buste avait été remis au héritiers. Dont acte! Il fallait donc en déduire que l'oeuvre d'art avait disparu et que nous devions la retrouver. C'était donc tout naturellement, l'objet de l'article que nous avons publié par la suite. Sans en être, nous avons réalisé le travail de tout bon journaliste qui avant d'écrire un papier mène une enquête sur le terrain. C'est exactement la même mission que j'ai menée lorsque j'ai découvert la croix volée au pied de la Cité en 2010. J'ai immédiatement téléphoné au château comtal où l'on m'indiqua que l'objet était en restauration. Il a fallu un article dans les journaux pour que l'administratrice de la Cité, avoue qu'elle avait été dérobée. Une croix sans valeur paraît-il... Or, nous avons retrouvé une étude qui la mentionne comme étant du XIIIe siècle. Bref...

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Hier, tout s'est accéléré car chacun connaît maintenant le poids de ce blog pour la défense du patrimoine. D'abord, un commentaire de l'article est laissé par les héritiers du Dr Gally pour s'inquiéter de la disparition du buste et que l'hôpital ne les ait pas mis au courant. Nous supposons qu'ils ont alerté la direction de l'hôpital pour leur demander des comptes. Dans la foulée, je reçois un appel d'un notable carcassonnais m'accusant de répandre la rumeur avec mon ami Blanco, comme tous les journaux de cette ville. Que le buste est dans un endroit bien visible du public. Il se garde bien, malgré ma demande, de me dire où afin que je puisse le vérifier. Je dois dire que j'ai très peu goûté à ces accusations de polémiste.

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J'ai donc passé plusieurs coups de téléphones. Notamment à la commission extra municipale chargée des noms de rues et j'apprends... Que le nom du personnage sur le buste a été identifié grâce à l'historien Claude Marquié, grâce également à la notice de Rémy Cazals dans le dictionnaire "Les Audois".  Par conséquent, il aurait été décidé avec les adjoints de la précédente municipalité de le signaler pour le déménagement. C'était, il y a plusieurs mois... Je téléphone donc à ces adjoints qui m'indiquent avoir fait le nécessaire mais se demandant pour quelle raison, on ne sait pas où il se trouve. La moindre des choses, me disent-ils, c'est que l'hôpital aurait dû nous signaler où ils l'avaient rangé.

Cette journée se termina de la façon suivante... En fin d'après-midi, je reçois un commentaire des héritiers dans une formule bien moins choisie que la première, nous disant qu'après avoir contacté l'hôpital celui-ci leur indiqua que le buste était dans une réserve. Qu'il attendait parait-il, le moment, où il serait mis à nouveau dans l'établissement.

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Nous en sommes fort heureux, mais alors... Pourquoi donc a t-il fallu notre article pour les faire réagir? Nous voyons bien que le buste n'avait pas été mis à la vue des publics, comme le prétendait le notable dans son appel téléphonique. Jacques Blanco avait raison! C'est bizarre dans cette ville, que chaque fois que l'on s'interroge sur la disparition d'une oeuvre d'art, elle réapparaisse dans les réserves. Loin de moi l'idée de prêter une mauvaise intention à la direction du nouvel hôpital, qui doit avoir d'autres chats à fouetter en ce moment. Toutefois, le passé nous a appris qu'un nombre conséquent d'objets publics se trouvent chez des particuliers: vitraux de St-Vincent, balustres de l'ancien square, plaques... Nous avions demandé qu'un recenscement des oeuvres d'arts sur le domaine public soit fait après le vol de la croix, par une commission. C'est en pure perte! Les eouvres de Jean Augé ont du soucis à se faire. Il n'y aura pas toujours des Blanco et des Andrieu pour s'en émouvoir. Ceux-là commencent à en avoir assez de l'ingratitude qui les frappe, pour un travail bénévole au service de la collectivité.

S'il n'y avait pas eu des Antoine Labarre ou des Jean-Louis Bonnet, combien d'oeuvres auraient définitivement disparues du paysage urbain de notre ville? Concernant ce buste, il a été acheté par souscription publique en 1928.

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30/06/2014

Carcassonne veut et attend ses panneaux historiques!!!

J'entends toute la gratitude des lecteurs pour les recherches et le temps que je passe dans la rédaction de ce blog. Je les remercie beaucoup mais je sais également que l'on me reproche parfois un ton volontairement polémiste. Sachez qu'il est parfaitement assumé car il génère la controverse, le débat et secoue le landerneau politique. La polémique seule ne servirait à rien, si elle ne s'accompagnait pas de propositions concrètes qui au bout du compte pourraient être reprises par nos élus. Dans ma chronique sur les fouilles du couvent des cordeliers sous le square Gambetta, je m'étais dit qu'il était impensable de ficher en l'air sept siècles d'histoire de Carcassonne sans même pouvoir en laisser le témoignage. Oh! certes, les plus érudits iront chercher à la SESA, à l'INRAP, au CAML, à l'Académie des arts et sciences ou à l'amicale laïque, les résultats des recherches entreprises sur ce site, mais les autres? Nos écoliers, touristes ou anonymes carcassonnais n'ont pas le droit de s'en instruire? Cette idée doit être renforcée par le fait que notre ville n'est pas n'importe laquelle d'un point de vue historique! N'oublions pas que nous avons la plus grande forteresse médiévale d'Europe, une bastide remarquable avec des hôtels particuliers du XVIIe siècle et le canal du midi. Toute l'année, grâce à l'inscrition à l'UNESCO, la ville voit affluer des touristes du monde entier qui doivent repartir avec la meilleure image possible de Carcassonne. Les commentaires laissés par ces visiteurs sur des sites internet de voyage comme www.tripadvisor.fr, ne sont parfois guère flatteurs pour l'image de Carcassonne. Avoir une ville historique mondialement reconnue est une chose, l'entretenir est une autre affaire... On fait souvent remarquer la saleté, le manque d'entretien des rues, des panneaux inexistants et désordonnés...etc. Je vous invite à jouer au touriste: empruntez donc la rue du pont-vieux jusqu'à la fin de la rue des 3 couronnes, car c'est le passage obligé vers la cité. La ville de Carcassonne a voté un plan quinquennal de refonte de l'ensemble du mobilier urbain.

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Les Carcassonnais ont été invités à se prononcer en mairie par un vote, sur le choix esthétique de ces panneaux. Malgré la première tranche promise par l'ancienne municipalité pour le printemps 2014, nous voyons bien qu'ils ne sont toujours pas en place. Nous espérons que la nouvelle équipe va les installer très bientôt. (Photo: La dépêche)

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Plusieurs villes de France, comme sur cette photo la ville de Paris, ont adopté la signalisation historique des monuments. Ce panneau a été dessiné par le designer Philippe Starck. Il est au catalogue de la société JC Decaux.

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Autre exemple, pour la ville de Charleville-Mézières (Ardennes).

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L'un des projets proposés aux Carcassonnais en 2013

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28/06/2014

La mémoire du Dr Célestin Galy, chirurgien, évincée du nouvel hôpital de Carcassonne!

C'est un véritable scandale pour nous, amoureux et défenseurs du patrimoine de cette ville, qui vient de se produire lors du déménagement de l'ancien Centre hospitalier Antoine Gayraud vers le nouveau, situé au hameau de Montredon. Il montre tout l'intérêt des dirigeants du nouvel établissement pour la mémoire de leurs anciens confrères et plus largement, pour celle de l'histoire de notre ville.

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Le Docteur GALY Célestin, chirurgien, est né en 1869 et meurt en 1928. En 1902, il fonde à Carcassonne un centre hospitalier moderne sur l'emplacement de l'ancien Hôtel-Dieu, actuel Dôme. Très impliqué auprés des classes populaires, il anime les oeuvres médico-sociales et se fait le défenseur des pupilles de la nation. À sa mort en 1928, une souscription est organisée pour installer un buste dans le hall d'entrée de l'Hôtel-Dieu. Ancien hôpital général jusqu'en 1977, il se trouvait sur l'emplacement actuel du Dôme. Au milieu des années 1970, lors du déménagement vers futur Centre hospitalier Antoine Gayraud, le buste est installé à l'exterieur vers l'accès du public.

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Le buste en bronze sur son socle d'origine portait la mention suivante: 

"Ses malades, ses confrères, ses amis"

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Le bronze est signé du sculpteur Jean-Baptiste Malacan (1875-1958). On lui doit les monuments aux morts de Castelnaudary, d'Azilhe et de Villasavary, entres autres. Croyez-vous que les dirigeants de l'hôpital se soient souciés de la valeur artistique et mémoriale de ce buste?

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En Mai dernier, Jacques Blanco (secrétaire des Amis de la Ville et de la Cité) s'aperçoit de la disparition du buste de son piédestal. Pensant qu'il avait dû être mis dans le nouvel hôpital, il s'y rend. Il apprend qu'il ne s'y trouve pas car la direction ne l'a pas voulu en son sein. Heureusement, dans un éclair de lucidité, une bonne âme a demandé à la famille de l'illustre chirurgien de venir reprendre possession de l'objet. Ils ne manquent pas d'aplomb à l'hôpital ! Espérons qu'ils ne traitent pas leurs malades, comme la mémoire de leurs illustres confrères...

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