01/07/2014

Contrariés!

Voilà trois jours nous écrivions un article pour signaler la disparition du buste du Dr Gally après le déménagement de l'ancien Centre hospitalier Antoine Gayraud, il y a maintenant trois semaines. Ce travail de veille sur le terrain est l'oeuvre de Jacques Blanco, secrétaire des Amis de la Ville et de la Cité, dont on ne saurait remettre en cause la probité et la droiture. Ce dernier après s'être rendu au nouvel hôpital pour s'assurer qu'il n'y était pas, revenait avec les renseignements qu'on lui avait donné là-bas. À savoir, qu'il ne s'y trouvait pas. Il s'informa même auprès du Dr Robinet que ce buste avait été remis au héritiers. Dont acte! Il fallait donc en déduire que l'oeuvre d'art avait disparu et que nous devions la retrouver. C'était donc tout naturellement, l'objet de l'article que nous avons publié par la suite. Sans en être, nous avons réalisé le travail de tout bon journaliste qui avant d'écrire un papier mène une enquête sur le terrain. C'est exactement la même mission que j'ai menée lorsque j'ai découvert la croix volée au pied de la Cité en 2010. J'ai immédiatement téléphoné au château comtal où l'on m'indiqua que l'objet était en restauration. Il a fallu un article dans les journaux pour que l'administratrice de la Cité, avoue qu'elle avait été dérobée. Une croix sans valeur paraît-il... Or, nous avons retrouvé une étude qui la mentionne comme étant du XIIIe siècle. Bref...

galy 4.jpg

Hier, tout s'est accéléré car chacun connaît maintenant le poids de ce blog pour la défense du patrimoine. D'abord, un commentaire de l'article est laissé par les héritiers du Dr Gally pour s'inquiéter de la disparition du buste et que l'hôpital ne les ait pas mis au courant. Nous supposons qu'ils ont alerté la direction de l'hôpital pour leur demander des comptes. Dans la foulée, je reçois un appel d'un notable carcassonnais m'accusant de répandre la rumeur avec mon ami Blanco, comme tous les journaux de cette ville. Que le buste est dans un endroit bien visible du public. Il se garde bien, malgré ma demande, de me dire où afin que je puisse le vérifier. Je dois dire que j'ai très peu goûté à ces accusations de polémiste.

galy 2.jpg

J'ai donc passé plusieurs coups de téléphones. Notamment à la commission extra municipale chargée des noms de rues et j'apprends... Que le nom du personnage sur le buste a été identifié grâce à l'historien Claude Marquié, grâce également à la notice de Rémy Cazals dans le dictionnaire "Les Audois".  Par conséquent, il aurait été décidé avec les adjoints de la précédente municipalité de le signaler pour le déménagement. C'était, il y a plusieurs mois... Je téléphone donc à ces adjoints qui m'indiquent avoir fait le nécessaire mais se demandant pour quelle raison, on ne sait pas où il se trouve. La moindre des choses, me disent-ils, c'est que l'hôpital aurait dû nous signaler où ils l'avaient rangé.

Cette journée se termina de la façon suivante... En fin d'après-midi, je reçois un commentaire des héritiers dans une formule bien moins choisie que la première, nous disant qu'après avoir contacté l'hôpital celui-ci leur indiqua que le buste était dans une réserve. Qu'il attendait parait-il, le moment, où il serait mis à nouveau dans l'établissement.

galy 1.jpg

Nous en sommes fort heureux, mais alors... Pourquoi donc a t-il fallu notre article pour les faire réagir? Nous voyons bien que le buste n'avait pas été mis à la vue des publics, comme le prétendait le notable dans son appel téléphonique. Jacques Blanco avait raison! C'est bizarre dans cette ville, que chaque fois que l'on s'interroge sur la disparition d'une oeuvre d'art, elle réapparaisse dans les réserves. Loin de moi l'idée de prêter une mauvaise intention à la direction du nouvel hôpital, qui doit avoir d'autres chats à fouetter en ce moment. Toutefois, le passé nous a appris qu'un nombre conséquent d'objets publics se trouvent chez des particuliers: vitraux de St-Vincent, balustres de l'ancien square, plaques... Nous avions demandé qu'un recenscement des oeuvres d'arts sur le domaine public soit fait après le vol de la croix, par une commission. C'est en pure perte! Les eouvres de Jean Augé ont du soucis à se faire. Il n'y aura pas toujours des Blanco et des Andrieu pour s'en émouvoir. Ceux-là commencent à en avoir assez de l'ingratitude qui les frappe, pour un travail bénévole au service de la collectivité.

S'il n'y avait pas eu des Antoine Labarre ou des Jean-Louis Bonnet, combien d'oeuvres auraient définitivement disparues du paysage urbain de notre ville? Concernant ce buste, il a été acheté par souscription publique en 1928.

___________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

 

30/06/2014

Carcassonne veut et attend ses panneaux historiques!!!

J'entends toute la gratitude des lecteurs pour les recherches et le temps que je passe dans la rédaction de ce blog. Je les remercie beaucoup mais je sais également que l'on me reproche parfois un ton volontairement polémiste. Sachez qu'il est parfaitement assumé car il génère la controverse, le débat et secoue le landerneau politique. La polémique seule ne servirait à rien, si elle ne s'accompagnait pas de propositions concrètes qui au bout du compte pourraient être reprises par nos élus. Dans ma chronique sur les fouilles du couvent des cordeliers sous le square Gambetta, je m'étais dit qu'il était impensable de ficher en l'air sept siècles d'histoire de Carcassonne sans même pouvoir en laisser le témoignage. Oh! certes, les plus érudits iront chercher à la SESA, à l'INRAP, au CAML, à l'Académie des arts et sciences ou à l'amicale laïque, les résultats des recherches entreprises sur ce site, mais les autres? Nos écoliers, touristes ou anonymes carcassonnais n'ont pas le droit de s'en instruire? Cette idée doit être renforcée par le fait que notre ville n'est pas n'importe laquelle d'un point de vue historique! N'oublions pas que nous avons la plus grande forteresse médiévale d'Europe, une bastide remarquable avec des hôtels particuliers du XVIIe siècle et le canal du midi. Toute l'année, grâce à l'inscrition à l'UNESCO, la ville voit affluer des touristes du monde entier qui doivent repartir avec la meilleure image possible de Carcassonne. Les commentaires laissés par ces visiteurs sur des sites internet de voyage comme www.tripadvisor.fr, ne sont parfois guère flatteurs pour l'image de Carcassonne. Avoir une ville historique mondialement reconnue est une chose, l'entretenir est une autre affaire... On fait souvent remarquer la saleté, le manque d'entretien des rues, des panneaux inexistants et désordonnés...etc. Je vous invite à jouer au touriste: empruntez donc la rue du pont-vieux jusqu'à la fin de la rue des 3 couronnes, car c'est le passage obligé vers la cité. La ville de Carcassonne a voté un plan quinquennal de refonte de l'ensemble du mobilier urbain.

rivel.jpg

Les Carcassonnais ont été invités à se prononcer en mairie par un vote, sur le choix esthétique de ces panneaux. Malgré la première tranche promise par l'ancienne municipalité pour le printemps 2014, nous voyons bien qu'ils ne sont toujours pas en place. Nous espérons que la nouvelle équipe va les installer très bientôt. (Photo: La dépêche)

1.jpg

Plusieurs villes de France, comme sur cette photo la ville de Paris, ont adopté la signalisation historique des monuments. Ce panneau a été dessiné par le designer Philippe Starck. Il est au catalogue de la société JC Decaux.

309223219_2.jpg

Autre exemple, pour la ville de Charleville-Mézières (Ardennes).

panneaux.jpg

L'un des projets proposés aux Carcassonnais en 2013

______________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

28/06/2014

La mémoire du Dr Célestin Galy, chirurgien, évincée du nouvel hôpital de Carcassonne!

C'est un véritable scandale pour nous, amoureux et défenseurs du patrimoine de cette ville, qui vient de se produire lors du déménagement de l'ancien Centre hospitalier Antoine Gayraud vers le nouveau, situé au hameau de Montredon. Il montre tout l'intérêt des dirigeants du nouvel établissement pour la mémoire de leurs anciens confrères et plus largement, pour celle de l'histoire de notre ville.

galy 1.jpg

Le Docteur GALY Célestin, chirurgien, est né en 1869 et meurt en 1928. En 1902, il fonde à Carcassonne un centre hospitalier moderne sur l'emplacement de l'ancien Hôtel-Dieu, actuel Dôme. Très impliqué auprés des classes populaires, il anime les oeuvres médico-sociales et se fait le défenseur des pupilles de la nation. À sa mort en 1928, une souscription est organisée pour installer un buste dans le hall d'entrée de l'Hôtel-Dieu. Ancien hôpital général jusqu'en 1977, il se trouvait sur l'emplacement actuel du Dôme. Au milieu des années 1970, lors du déménagement vers futur Centre hospitalier Antoine Gayraud, le buste est installé à l'exterieur vers l'accès du public.

galy 2.jpg

Le buste en bronze sur son socle d'origine portait la mention suivante: 

"Ses malades, ses confrères, ses amis"

galy 3.jpg

Le bronze est signé du sculpteur Jean-Baptiste Malacan (1875-1958). On lui doit les monuments aux morts de Castelnaudary, d'Azilhe et de Villasavary, entres autres. Croyez-vous que les dirigeants de l'hôpital se soient souciés de la valeur artistique et mémoriale de ce buste?

galy 4.jpg

En Mai dernier, Jacques Blanco (secrétaire des Amis de la Ville et de la Cité) s'aperçoit de la disparition du buste de son piédestal. Pensant qu'il avait dû être mis dans le nouvel hôpital, il s'y rend. Il apprend qu'il ne s'y trouve pas car la direction ne l'a pas voulu en son sein. Heureusement, dans un éclair de lucidité, une bonne âme a demandé à la famille de l'illustre chirurgien de venir reprendre possession de l'objet. Ils ne manquent pas d'aplomb à l'hôpital ! Espérons qu'ils ne traitent pas leurs malades, comme la mémoire de leurs illustres confrères...

_______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

 

 

 

12/06/2014

Les difficultés du petit commerce de la Bastide St-Louis (Acte II)

Un tout nouveau commerce vient de s'implanter en Bastide Saint-Louis, le long du boulevard Omer Sarraut et en face de l'ancien Centre radiologique du Tivoli. Nous allons voir dans cet article, au prix de quels efforts le jeune entrepreneur est arrivé à ses fins...

1.jpg

David est belge et recherchait un emplacement pour ouvrir une friterie dans Carcassonne. On lui proposa un local à la zone du Pont-rouge, mais il voulait s'implanter en centre-ville. Le boulevard Omer Sarraut jouit d'une excellente exposition, c'est donc là que David souhaitait travailler. Les anciens locaux des matériaux Chauzy puis, plus tard du garage Hugonnet, étaient fermés depuis belle lurette. Ils appartiennent à M. Antech de Saint-Hilaire, propriétaire des blanquettes du même nom. Échaudé par les anciens locataires, il ne voulait plus louer à un restaurateur. David devra le convaincre et pour cela, utiliser de grands arguments comme la caution de quatre mois de loyer. Banco! L'affaire est faite...

2.jpg

Quand notre restaurateur belge prend possession du local, tout est à refaire! L'ancien locataire qui faisait de la restauration asiatique l'avait laissé dans un état lamentable. À ses frais, il refait tout à l'intérieur de ses propres mains. Il y installe son matériel dont la Rolls Royce des friteuses, une Rubens.

2014-06-12_08h40_47.jpg

Les Bâtiments de France vont lui autoriser à mettre une enseigne, mais lui refuseront tout à fait logiquement un panneau sur la façade jugé comme pollution visuelle, de même qu'un autocollant sur la vitrine. Je dis logiquement, mais n'est-ce pas arbitraire comme raison invoquée quand 30 mètres plus loin...

3.jpg

La devanture de cet ancien restaurant en friche et fermé depuis au moins deux ans, ne constitue t-elle pas une pollution visuelle? Pourquoi n'a t-on pas demandé au propriétaire de dépersonnaliser ce local et de le rendre conforme à l'aspect du boulevard? Entre un belge méconnu et un notable carcassonnais, la différence est là...

4.jpg

Le patron du "Petit Bruxelles" va installer une terrasse devant son commerce. Elle lui sera facturé 500 euros pour l'année, mais le trottoir est plein de trous car il n'a pas été refait depuis plusieurs années. La faute à qui? Le boulevard est à la compétence du Conseil général car c'est une route départementale. Aussi, il va entreprendre à ses frais une chape pour stabiliser sa terrasse. Notons également que devant chez lui, le marquage Livraisons est régulièrement occupé par des véhicules, auxquels il n'est jamais dressé de contreventions.

Il faut donc en vouloir pour s'installer en centre-ville...

Bon courage David et à ses frites à la graisse de boeuf dont il s'est écoulé 100 kg en six jours

______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

31/05/2014

Contrevents et... marrez-vous!

Tout le monde connaît désormais l'effort des pouvoirs public afin de rénover la bastide St-Louis. On ne peut plus faire n'importe quoi quand on souhaite réhabiliter son logement. Un cahier des charges drastique soumet le maître d'oeuvre à l'administration compétente, qui renvoie souvent l'entrepreneur à ses chères études. Il est normal que l'on ne puisse apercevoir l'ombre d'une antenne parabolique, d'une climatisation, d'un volet roulant en PVC. Le plus souvent, le contrevenant dénoncé par le voisin voit arriver sur le chantier les inspecteurs et là, une belle amende est dressée en bonne et due forme avec convocation au tribunal. Là, où intervient le côté absurde c'est que les bâtiments de France vont à refuser une fenêtre si à défaut de chêne (par exemple), le menuisier s'avisait à vouloir la monter en bois exotique (moins cher) même verni couleur chêne. Les artisans nous expliquent que le responsable de ce service de l'état qui avait d'abord refusé de vous recevoir pour vous expliquer ce qui est interdit — arguant qu'il n'a pas que ça à faire — vous signifiera que tout doit être comme à l'origine une fois la fenêtre commandée. Comprenez au Moyen-âge ou à la Renaissance... Tout ceci fait considérablement augmenter les devis et malgré les aides, cela dissuade les propriétaires d'entreprendre les travaux fort coûteux. Aussi, si vous passez dans la rue piétonne, il vaut mieux regarder droit devant que de lever les yeux, à défaut priez pour que le contrevent ne vous tombe pas sur la tête!

780416934.JPG

À l'angle des rues Clémenceau et de la liberté

658977357.JPG

Rue Clémenceau, des magasins réhabilités dans leur architecture primitive et en levant les yeux, le bailleur a préféré s'arrêter là.

1569153325.JPG

Rue Victor-Hugo

333717014.JPG

Face à la Maison de la presse, rue Clémenceau

274219715.JPG

Quand vous aurez des menuiseries à refaire, faites comme ici... Murez-les, c'est nettement plus médiéval! Les exemples étant multiples, nous vous invitons à visiter la Bastide St-Louis sur cette thématique.

____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

30/05/2014

Carcassonne, tu as perdu ton âme culturelle

 

La globalisation de ce monde mercantile uniformise chaque jour davantage la culture, bien précieux issu de nos traditions. Que serait la musique si elle n'avait pas suivi les courants divers et variés du folklore de nos pays, de nos régions? Que serait notre langue si elle ne s'était pas construite dès l'antiquité à partir de mots latins ou grecs? Que serait l'art pictural?... Sommes-nous donc arrivés aujourd'hui si bas qu'il faille faire table rase de tout ce passé et peut-on fouler du pied ce qui a fait notre socle sociétal? Bien que le beau ne soit qu'une notion subjective, il semblerait que l'on ait pris maintenant pour postulat de détruire ou d'assombrir ce qui n'était que lumière. La lumière spirituelle, la lumière du vivant. Place à l'oscurantisme religieux, dogmatique ou politique. L'homme vit dans l'ombre caverneuse de l'habitude et des réflexes conditionnés par des marionnettistes, actionnant les ficelles d'une pensée convenue. N'ayant plus de goût à la curiosité, à la lecture et à l'écriture qu'il maîtrise fort mal... Il erre dans les méandres d'une politique qu'il subit et qui a désarmé en lui toute notion de libre arbitre. Alors, que fait-il? Il vocifère à qui veut l'entendre, car ses congénères qui ne poursuivent pas les mêmes intérêts restent sourds, son droit à manifester avec des pancartes bariolées agitées comme des pantins de bois. C'est un passif qui n'agit plus qu'en désespoir de cause! Pourtant, n'aurait-il pas mieux à faire à prendre son destin en main et à tenter de changer ce monde de l'intérieur? S'informer et militer au sein de mouvements associatifs, de collectifs citoyens... Cela s'appelle, le courage!

A Carcassonne, petite ville de 50 000 âmes, on suit béatement comme des moutons conditionnés à l'économie de marché, les repas culturels élaborés à partir d'OGM (Opinion Gratuitement Manipulée). Tout ce cirque bâti sur les lumières synthétiques et sur l'acharnement d'un bruit incontrôlable, vise à abrutir l'électeur devant un écran de fumée.

Paure Carcassona!

Ils ont vendu ton âme pour quelques sesterces

2789163967.jpg

Les fêtes de 1898 avec la venue des Cadets de Gascogne à Carcassonne!

2606721551.jpg

Carte du félibre Carcassonnais Achille Rouquet, fondateur de la Revue méridionale

282819280.jpg

Les fêtes de l'âme occitane en 1936

_____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014