03/10/2014

Carcassonne, tu as perdu ton âme culturelle

La globalisation de ce monde mercantile uniformise chaque jour davantage la culture, bien précieux issu de nos traditions. Que serait la musique si elle n'avait pas suivi les courants divers et variés du folklore de nos pays, de nos régions? Que serait notre langue si elle ne s'était pas construite dès l'antiquité à partir de mots latins ou grecs? Que serait l'art pictural?... Sommes-nous donc arrivés aujourd'hui si bas qu'il faille faire table rase de tout ce passé et peut-on fouler du pied ce qui a fait notre socle sociétal? Bien que le beau ne soit qu'une notion subjective, il semblerait que l'on ait pris maintenant pour postulat de détruire ou d'assombrir ce qui n'était que lumière. La lumière spirituelle, celle des esprits ; la lumière du vivant. L'homme vit dans l'ombre caverneuse de l'habitude et des réflexes conditionnés par des marionnettistes, actionnant les ficèles d'une pensée convenue. N'ayant plus de goût à la curiosité, à la lecture et à l'écriture qu'il maîtrise fort mal... Il erre dans les méandres d'une politique qu'il subit et qui a désarmé en lui toute notion de libre arbitre. Alors, que fait-il? Il vocifère à qui veut l'entendre, car ses congénères qui ne poursuivent pas les mêmes intérêts restent sourds, son droit à manifester avec des pancartes bariolées agitées comme des pantins de bois. C'est un passé qui n'agit plus qu'en désespoir de cause! Pourtant, n'aurait-il pas mieux à faire à prendre son destin en main et à tenter de changer ce monde de l'intérieur? S'informer et militer au sein de mouvements associatifs, de collectifs citoyens... Cela s'appelle, le courage!

À Carcassonne, petite ville de 50 000 âmes, on suit béatement comme des moutons conditionnés à l'économie de marché, les repas culturels élaborés à partir d'OGM (Opinion Gratuitement Manipulée). Dans la ville des paillettes et des plumes dnas le cul, tout ce cirque est bâti sur les lumières synthétiques et sur l'acharnement d'un bruit incontrôlable, qui vise à abrutir l'électeur devant un écran de fumée.

Paure Carcassona!

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Les fêtes de 1898 avec la venue des Cadets de Gascogne à Carcassonne!

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Carte du félibre Carcassonnais Achille Rouquet, fondateur de la Revue méridionale

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Les fêtes de l'âme occitane en 1936

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La lauseto dal Carcasses.

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01/09/2014

Regrets...

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Les Carcassonnais épris d'art et d'histoire regretteront sûrement que la ville de Carcassonne qui possède une bastide médiévale fondée par Saint-Louis, n'ait pas organisé une manifestation culturelle pour le huit centième anniversaire de sa naissance en 1214. Par ailleurs, cette bastide possède en l'église St-Vincent la plus ancienne et unique représentation du roi Louis IX en France. À ceux qui pourraient vouloir se cacher derrière l'argument de la laïcité, arrêtons donc de fêter Saint-Vincent (patron des vignrons) et Saint-Michel (patron des parachutistes).

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On aime ou pas l'art contemporain, l'art naïf, l'art tout court... Cette semaine les quelques incultes Carcassonnais ont dû être ravis ; après avoir brocradé en son temps les oeuvres éphémères de Marc Walter, dont l'embrassade sous le Pont vieux, les services culturels de la ville leur ont donné, sans le vouloir, une raison pour cracher leur venin sur la collection Cérès Franco. Un article du journal "Le Monde" en date de jeudi dernier titrait à l'intérieur de ses pages culturelles

"Carcassonne tire un trait sur une donation"

La municipalité actuelle vient de refuser la donation de Mme Cérès Franco pour laquelle l'ancienne majorité avait fait réaliser une salle permanente dans le Musée des beaux-arts. Ces travaux de transformation de l'ancienne bibliothèque municipale ont coûté 230 000 euros. Aujourd'hui, la ville refuse la donation car elle estime n'avoir pas les moyens financiers pour accueuillir 1500 oeuvres, dont le coût de stockage reviendrait à 700 000 euros. Soit! Donc, on renvoie l'exposition entière et on prie Mme Franco de bien vouloir nous en débarrasser. En lieu et place, on étudie ce qu'on pourrait y faire sans réel projet pour la remplacer dans l'immédiat. On parle d'y mettre des collections non permanentes, prêtées par des grands musées nationaux. La grande exposition Monnet du Grand Palais, par exemple? Ce serait déjà bien, si Madame la conservatrice pouvait sortir de ses réserves tous les petits trésors dont elle ne connaît même pas l'origine et pour lesquels elle n'a que dédain: Médailler de monnaies romaines issu de fouilles (Société des Arts et Sciences), plaques de verres sur la cité en ruine du Chanoine Verguet, objets de Papouasie du chanoine Verguet...

C'est vrai qu'appeler le Musée des beaux-arts de Carcassonne du nom de Jacques Gamelin, ce serait moins chic que Picasso. Mais, Gamelin est né dans notre ville et pas l'artiste espagnol... Ah! Si seulement Carcassonne pouvait s'intéresser à son passé.

Il n'est pas question pour moi de critiquer les choix sur le dossier Cérès Franco, dont je n'ai pas eu la chance de voir l'exposition et pour laquelle je n'ai pas compétence pour juger de sa valeur. Néanmoins, il serait temps que Carcassonne fasse les titres de la presse culturelle nationale en d'autres termes qu'elle ne fait depuis trop longtemps. Rappelons par ailleurs, le désherbage de la bibliothèque municipale en 2010 et la médiathèque qui ne s'est jamais construite sous M. Tarlier, pour montrer ma bonne foi d'impartialité dans les erreurs des politiques. Alors, pour quelle raison tout ceci est catastrophique? Que les Carcassonnais, prennent un miroir et qu'ils se positionnent devant au-delà de 300 km. Ils verront alors, ce que cela produit en terme d'image sur notre ville. Quel artiste ou mécène voudra demain s'intéresser à Carcassonne, quand on aura sans ménagement refusé ce que l'on nous donne? Le cadeau était empoisonné car accompagné de contraintes? Bien, mais alors la communication qui a entouré cette affaire a été calamiteuse!

Sachez tout de même qu'il y a eu des précédents dans cette ville... Pour exemple, le directeur du festival de Carcassonne Georges-François Hirsch en 1989. C'est Jacques Albarel, adjoint à la culture de Raymond Chésa, qui était allé le chercher à Paris pour construire un beau festival à la renommée internationale. Monsieur Hirsch avait été le directeur du Théâtre des Champs-Élysées et de l'Opéra de Paris. Son tort? D'abord vouloir construire à Carcassonne un festival d'Art lyrique comme à Aix-en-Provence ; Ensuite, d'être de gauche et l'ami personnel de François Mitterrand. Au moins, aurions-nous pu espérer en retirer des subventions. Que nenni, au bout d'un an M. Hirsch a été remercié car son festival était trop élitiste et n'attirait pas assez de sepctateurs. Il faut du temps pour créer un vrai festival à l'identité forte et reconnue, on ne lui a pas donné. Nous avons un petit esprit et ceux qui en ont un plus grand, s'en vont ailleurs. On appelle cela la fuite des cerveaux! Ce n'est pas le vide qui est à craindre, mais le creux...

Élevons nos esprits vers la lumière!

Ce doit être le devoir des élus, car la paupérisation de la culture auprès des citoyens est à craindre. Au lieu de cela, on nous programme de la corrida et de la beuverie. Dormez braves gens, on s'occupe de vider vos consciences pour mieux vous manipuler.

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© L'Indépendant

Hier soir, je revenais de mon concert à 350 km de Carcassonne et j'écoutais France Info. Tiens, ils parlent de la corrida de Carcassonne. On entend les 250 manifestants anti-corridas qui s'insultent avec les aficionados ; plusieurs compagnies de CRS son là pour empêcher l'affrontement.

Quand on programme des manifestations qui exitent la cruauté et la bestialité humaine, qu'on ne vienne pas ensuite faire du politiquement correct en terme d'insécurité.

J'ai honte pour l'image de cette ville que j'aime trop...

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01/07/2014

Contrariés!

Voilà trois jours nous écrivions un article pour signaler la disparition du buste du Dr Gally après le déménagement de l'ancien Centre hospitalier Antoine Gayraud, il y a maintenant trois semaines. Ce travail de veille sur le terrain est l'oeuvre de Jacques Blanco, secrétaire des Amis de la Ville et de la Cité, dont on ne saurait remettre en cause la probité et la droiture. Ce dernier après s'être rendu au nouvel hôpital pour s'assurer qu'il n'y était pas, revenait avec les renseignements qu'on lui avait donné là-bas. À savoir, qu'il ne s'y trouvait pas. Il s'informa même auprès du Dr Robinet que ce buste avait été remis au héritiers. Dont acte! Il fallait donc en déduire que l'oeuvre d'art avait disparu et que nous devions la retrouver. C'était donc tout naturellement, l'objet de l'article que nous avons publié par la suite. Sans en être, nous avons réalisé le travail de tout bon journaliste qui avant d'écrire un papier mène une enquête sur le terrain. C'est exactement la même mission que j'ai menée lorsque j'ai découvert la croix volée au pied de la Cité en 2010. J'ai immédiatement téléphoné au château comtal où l'on m'indiqua que l'objet était en restauration. Il a fallu un article dans les journaux pour que l'administratrice de la Cité, avoue qu'elle avait été dérobée. Une croix sans valeur paraît-il... Or, nous avons retrouvé une étude qui la mentionne comme étant du XIIIe siècle. Bref...

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Hier, tout s'est accéléré car chacun connaît maintenant le poids de ce blog pour la défense du patrimoine. D'abord, un commentaire de l'article est laissé par les héritiers du Dr Gally pour s'inquiéter de la disparition du buste et que l'hôpital ne les ait pas mis au courant. Nous supposons qu'ils ont alerté la direction de l'hôpital pour leur demander des comptes. Dans la foulée, je reçois un appel d'un notable carcassonnais m'accusant de répandre la rumeur avec mon ami Blanco, comme tous les journaux de cette ville. Que le buste est dans un endroit bien visible du public. Il se garde bien, malgré ma demande, de me dire où afin que je puisse le vérifier. Je dois dire que j'ai très peu goûté à ces accusations de polémiste.

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J'ai donc passé plusieurs coups de téléphones. Notamment à la commission extra municipale chargée des noms de rues et j'apprends... Que le nom du personnage sur le buste a été identifié grâce à l'historien Claude Marquié, grâce également à la notice de Rémy Cazals dans le dictionnaire "Les Audois".  Par conséquent, il aurait été décidé avec les adjoints de la précédente municipalité de le signaler pour le déménagement. C'était, il y a plusieurs mois... Je téléphone donc à ces adjoints qui m'indiquent avoir fait le nécessaire mais se demandant pour quelle raison, on ne sait pas où il se trouve. La moindre des choses, me disent-ils, c'est que l'hôpital aurait dû nous signaler où ils l'avaient rangé.

Cette journée se termina de la façon suivante... En fin d'après-midi, je reçois un commentaire des héritiers dans une formule bien moins choisie que la première, nous disant qu'après avoir contacté l'hôpital celui-ci leur indiqua que le buste était dans une réserve. Qu'il attendait parait-il, le moment, où il serait mis à nouveau dans l'établissement.

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Nous en sommes fort heureux, mais alors... Pourquoi donc a t-il fallu notre article pour les faire réagir? Nous voyons bien que le buste n'avait pas été mis à la vue des publics, comme le prétendait le notable dans son appel téléphonique. Jacques Blanco avait raison! C'est bizarre dans cette ville, que chaque fois que l'on s'interroge sur la disparition d'une oeuvre d'art, elle réapparaisse dans les réserves. Loin de moi l'idée de prêter une mauvaise intention à la direction du nouvel hôpital, qui doit avoir d'autres chats à fouetter en ce moment. Toutefois, le passé nous a appris qu'un nombre conséquent d'objets publics se trouvent chez des particuliers: vitraux de St-Vincent, balustres de l'ancien square, plaques... Nous avions demandé qu'un recenscement des oeuvres d'arts sur le domaine public soit fait après le vol de la croix, par une commission. C'est en pure perte! Les eouvres de Jean Augé ont du soucis à se faire. Il n'y aura pas toujours des Blanco et des Andrieu pour s'en émouvoir. Ceux-là commencent à en avoir assez de l'ingratitude qui les frappe, pour un travail bénévole au service de la collectivité.

S'il n'y avait pas eu des Antoine Labarre ou des Jean-Louis Bonnet, combien d'oeuvres auraient définitivement disparues du paysage urbain de notre ville? Concernant ce buste, il a été acheté par souscription publique en 1928.

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30/06/2014

Carcassonne veut et attend ses panneaux historiques!!!

J'entends toute la gratitude des lecteurs pour les recherches et le temps que je passe dans la rédaction de ce blog. Je les remercie beaucoup mais je sais également que l'on me reproche parfois un ton volontairement polémiste. Sachez qu'il est parfaitement assumé car il génère la controverse, le débat et secoue le landerneau politique. La polémique seule ne servirait à rien, si elle ne s'accompagnait pas de propositions concrètes qui au bout du compte pourraient être reprises par nos élus. Dans ma chronique sur les fouilles du couvent des cordeliers sous le square Gambetta, je m'étais dit qu'il était impensable de ficher en l'air sept siècles d'histoire de Carcassonne sans même pouvoir en laisser le témoignage. Oh! certes, les plus érudits iront chercher à la SESA, à l'INRAP, au CAML, à l'Académie des arts et sciences ou à l'amicale laïque, les résultats des recherches entreprises sur ce site, mais les autres? Nos écoliers, touristes ou anonymes carcassonnais n'ont pas le droit de s'en instruire? Cette idée doit être renforcée par le fait que notre ville n'est pas n'importe laquelle d'un point de vue historique! N'oublions pas que nous avons la plus grande forteresse médiévale d'Europe, une bastide remarquable avec des hôtels particuliers du XVIIe siècle et le canal du midi. Toute l'année, grâce à l'inscrition à l'UNESCO, la ville voit affluer des touristes du monde entier qui doivent repartir avec la meilleure image possible de Carcassonne. Les commentaires laissés par ces visiteurs sur des sites internet de voyage comme www.tripadvisor.fr, ne sont parfois guère flatteurs pour l'image de Carcassonne. Avoir une ville historique mondialement reconnue est une chose, l'entretenir est une autre affaire... On fait souvent remarquer la saleté, le manque d'entretien des rues, des panneaux inexistants et désordonnés...etc. Je vous invite à jouer au touriste: empruntez donc la rue du pont-vieux jusqu'à la fin de la rue des 3 couronnes, car c'est le passage obligé vers la cité. La ville de Carcassonne a voté un plan quinquennal de refonte de l'ensemble du mobilier urbain.

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Les Carcassonnais ont été invités à se prononcer en mairie par un vote, sur le choix esthétique de ces panneaux. Malgré la première tranche promise par l'ancienne municipalité pour le printemps 2014, nous voyons bien qu'ils ne sont toujours pas en place. Nous espérons que la nouvelle équipe va les installer très bientôt. (Photo: La dépêche)

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Plusieurs villes de France, comme sur cette photo la ville de Paris, ont adopté la signalisation historique des monuments. Ce panneau a été dessiné par le designer Philippe Starck. Il est au catalogue de la société JC Decaux.

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Autre exemple, pour la ville de Charleville-Mézières (Ardennes).

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L'un des projets proposés aux Carcassonnais en 2013

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28/06/2014

La mémoire du Dr Célestin Galy, chirurgien, évincée du nouvel hôpital de Carcassonne!

C'est un véritable scandale pour nous, amoureux et défenseurs du patrimoine de cette ville, qui vient de se produire lors du déménagement de l'ancien Centre hospitalier Antoine Gayraud vers le nouveau, situé au hameau de Montredon. Il montre tout l'intérêt des dirigeants du nouvel établissement pour la mémoire de leurs anciens confrères et plus largement, pour celle de l'histoire de notre ville.

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Le Docteur GALY Célestin, chirurgien, est né en 1869 et meurt en 1928. En 1902, il fonde à Carcassonne un centre hospitalier moderne sur l'emplacement de l'ancien Hôtel-Dieu, actuel Dôme. Très impliqué auprés des classes populaires, il anime les oeuvres médico-sociales et se fait le défenseur des pupilles de la nation. À sa mort en 1928, une souscription est organisée pour installer un buste dans le hall d'entrée de l'Hôtel-Dieu. Ancien hôpital général jusqu'en 1977, il se trouvait sur l'emplacement actuel du Dôme. Au milieu des années 1970, lors du déménagement vers futur Centre hospitalier Antoine Gayraud, le buste est installé à l'exterieur vers l'accès du public.

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Le buste en bronze sur son socle d'origine portait la mention suivante: 

"Ses malades, ses confrères, ses amis"

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Le bronze est signé du sculpteur Jean-Baptiste Malacan (1875-1958). On lui doit les monuments aux morts de Castelnaudary, d'Azilhe et de Villasavary, entres autres. Croyez-vous que les dirigeants de l'hôpital se soient souciés de la valeur artistique et mémoriale de ce buste?

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En Mai dernier, Jacques Blanco (secrétaire des Amis de la Ville et de la Cité) s'aperçoit de la disparition du buste de son piédestal. Pensant qu'il avait dû être mis dans le nouvel hôpital, il s'y rend. Il apprend qu'il ne s'y trouve pas car la direction ne l'a pas voulu en son sein. Heureusement, dans un éclair de lucidité, une bonne âme a demandé à la famille de l'illustre chirurgien de venir reprendre possession de l'objet. Ils ne manquent pas d'aplomb à l'hôpital ! Espérons qu'ils ne traitent pas leurs malades, comme la mémoire de leurs illustres confrères...

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12/06/2014

Les difficultés du petit commerce de la Bastide St-Louis (Acte II)

Un tout nouveau commerce vient de s'implanter en Bastide Saint-Louis, le long du boulevard Omer Sarraut et en face de l'ancien Centre radiologique du Tivoli. Nous allons voir dans cet article, au prix de quels efforts le jeune entrepreneur est arrivé à ses fins...

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David est belge et recherchait un emplacement pour ouvrir une friterie dans Carcassonne. On lui proposa un local à la zone du Pont-rouge, mais il voulait s'implanter en centre-ville. Le boulevard Omer Sarraut jouit d'une excellente exposition, c'est donc là que David souhaitait travailler. Les anciens locaux des matériaux Chauzy puis, plus tard du garage Hugonnet, étaient fermés depuis belle lurette. Ils appartiennent à M. Antech de Saint-Hilaire, propriétaire des blanquettes du même nom. Échaudé par les anciens locataires, il ne voulait plus louer à un restaurateur. David devra le convaincre et pour cela, utiliser de grands arguments comme la caution de quatre mois de loyer. Banco! L'affaire est faite...

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Quand notre restaurateur belge prend possession du local, tout est à refaire! L'ancien locataire qui faisait de la restauration asiatique l'avait laissé dans un état lamentable. À ses frais, il refait tout à l'intérieur de ses propres mains. Il y installe son matériel dont la Rolls Royce des friteuses, une Rubens.

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Les Bâtiments de France vont lui autoriser à mettre une enseigne, mais lui refuseront tout à fait logiquement un panneau sur la façade jugé comme pollution visuelle, de même qu'un autocollant sur la vitrine. Je dis logiquement, mais n'est-ce pas arbitraire comme raison invoquée quand 30 mètres plus loin...

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La devanture de cet ancien restaurant en friche et fermé depuis au moins deux ans, ne constitue t-elle pas une pollution visuelle? Pourquoi n'a t-on pas demandé au propriétaire de dépersonnaliser ce local et de le rendre conforme à l'aspect du boulevard? Entre un belge méconnu et un notable carcassonnais, la différence est là...

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Le patron du "Petit Bruxelles" va installer une terrasse devant son commerce. Elle lui sera facturé 500 euros pour l'année, mais le trottoir est plein de trous car il n'a pas été refait depuis plusieurs années. La faute à qui? Le boulevard est à la compétence du Conseil général car c'est une route départementale. Aussi, il va entreprendre à ses frais une chape pour stabiliser sa terrasse. Notons également que devant chez lui, le marquage Livraisons est régulièrement occupé par des véhicules, auxquels il n'est jamais dressé de contreventions.

Il faut donc en vouloir pour s'installer en centre-ville...

Bon courage David et à ses frites à la graisse de boeuf dont il s'est écoulé 100 kg en six jours

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