12/06/2014

Les difficultés du petit commerce de la Bastide St-Louis (Acte II)

Un tout nouveau commerce vient de s'implanter en Bastide Saint-Louis, le long du boulevard Omer Sarraut et en face de l'ancien Centre radiologique du Tivoli. Nous allons voir dans cet article, au prix de quels efforts le jeune entrepreneur est arrivé à ses fins...

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David est belge et recherchait un emplacement pour ouvrir une friterie dans Carcassonne. On lui proposa un local à la zone du Pont-rouge, mais il voulait s'implanter en centre-ville. Le boulevard Omer Sarraut jouit d'une excellente exposition, c'est donc là que David souhaitait travailler. Les anciens locaux des matériaux Chauzy puis, plus tard du garage Hugonnet, étaient fermés depuis belle lurette. Ils appartiennent à M. Antech de Saint-Hilaire, propriétaire des blanquettes du même nom. Échaudé par les anciens locataires, il ne voulait plus louer à un restaurateur. David devra le convaincre et pour cela, utiliser de grands arguments comme la caution de quatre mois de loyer. Banco! L'affaire est faite...

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Quand notre restaurateur belge prend possession du local, tout est à refaire! L'ancien locataire qui faisait de la restauration asiatique l'avait laissé dans un état lamentable. À ses frais, il refait tout à l'intérieur de ses propres mains. Il y installe son matériel dont la Rolls Royce des friteuses, une Rubens.

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Les Bâtiments de France vont lui autoriser à mettre une enseigne, mais lui refuseront tout à fait logiquement un panneau sur la façade jugé comme pollution visuelle, de même qu'un autocollant sur la vitrine. Je dis logiquement, mais n'est-ce pas arbitraire comme raison invoquée quand 30 mètres plus loin...

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La devanture de cet ancien restaurant en friche et fermé depuis au moins deux ans, ne constitue t-elle pas une pollution visuelle? Pourquoi n'a t-on pas demandé au propriétaire de dépersonnaliser ce local et de le rendre conforme à l'aspect du boulevard? Entre un belge méconnu et un notable carcassonnais, la différence est là...

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Le patron du "Petit Bruxelles" va installer une terrasse devant son commerce. Elle lui sera facturé 500 euros pour l'année, mais le trottoir est plein de trous car il n'a pas été refait depuis plusieurs années. La faute à qui? Le boulevard est à la compétence du Conseil général car c'est une route départementale. Aussi, il va entreprendre à ses frais une chape pour stabiliser sa terrasse. Notons également que devant chez lui, le marquage Livraisons est régulièrement occupé par des véhicules, auxquels il n'est jamais dressé de contreventions.

Il faut donc en vouloir pour s'installer en centre-ville...

Bon courage David et à ses frites à la graisse de boeuf dont il s'est écoulé 100 kg en six jours

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31/05/2014

Contrevents et... marrez-vous!

Tout le monde connaît désormais l'effort des pouvoirs public afin de rénover la bastide St-Louis. On ne peut plus faire n'importe quoi quand on souhaite réhabiliter son logement. Un cahier des charges drastique soumet le maître d'oeuvre à l'administration compétente, qui renvoie souvent l'entrepreneur à ses chères études. Il est normal que l'on ne puisse apercevoir l'ombre d'une antenne parabolique, d'une climatisation, d'un volet roulant en PVC. Le plus souvent, le contrevenant dénoncé par le voisin voit arriver sur le chantier les inspecteurs et là, une belle amende est dressée en bonne et due forme avec convocation au tribunal. Là, où intervient le côté absurde c'est que les bâtiments de France vont à refuser une fenêtre si à défaut de chêne (par exemple), le menuisier s'avisait à vouloir la monter en bois exotique (moins cher) même verni couleur chêne. Les artisans nous expliquent que le responsable de ce service de l'état qui avait d'abord refusé de vous recevoir pour vous expliquer ce qui est interdit — arguant qu'il n'a pas que ça à faire — vous signifiera que tout doit être comme à l'origine une fois la fenêtre commandée. Comprenez au Moyen-âge ou à la Renaissance... Tout ceci fait considérablement augmenter les devis et malgré les aides, cela dissuade les propriétaires d'entreprendre les travaux fort coûteux. Aussi, si vous passez dans la rue piétonne, il vaut mieux regarder droit devant que de lever les yeux, à défaut priez pour que le contrevent ne vous tombe pas sur la tête!

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À l'angle des rues Clémenceau et de la liberté

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Rue Clémenceau, des magasins réhabilités dans leur architecture primitive et en levant les yeux, le bailleur a préféré s'arrêter là.

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Rue Victor-Hugo

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Face à la Maison de la presse, rue Clémenceau

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Quand vous aurez des menuiseries à refaire, faites comme ici... Murez-les, c'est nettement plus médiéval! Les exemples étant multiples, nous vous invitons à visiter la Bastide St-Louis sur cette thématique.

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30/05/2014

Carcassonne, tu as perdu ton âme culturelle

 

La globalisation de ce monde mercantile uniformise chaque jour davantage la culture, bien précieux issu de nos traditions. Que serait la musique si elle n'avait pas suivi les courants divers et variés du folklore de nos pays, de nos régions? Que serait notre langue si elle ne s'était pas construite dès l'antiquité à partir de mots latins ou grecs? Que serait l'art pictural?... Sommes-nous donc arrivés aujourd'hui si bas qu'il faille faire table rase de tout ce passé et peut-on fouler du pied ce qui a fait notre socle sociétal? Bien que le beau ne soit qu'une notion subjective, il semblerait que l'on ait pris maintenant pour postulat de détruire ou d'assombrir ce qui n'était que lumière. La lumière spirituelle, la lumière du vivant. Place à l'oscurantisme religieux, dogmatique ou politique. L'homme vit dans l'ombre caverneuse de l'habitude et des réflexes conditionnés par des marionnettistes, actionnant les ficelles d'une pensée convenue. N'ayant plus de goût à la curiosité, à la lecture et à l'écriture qu'il maîtrise fort mal... Il erre dans les méandres d'une politique qu'il subit et qui a désarmé en lui toute notion de libre arbitre. Alors, que fait-il? Il vocifère à qui veut l'entendre, car ses congénères qui ne poursuivent pas les mêmes intérêts restent sourds, son droit à manifester avec des pancartes bariolées agitées comme des pantins de bois. C'est un passif qui n'agit plus qu'en désespoir de cause! Pourtant, n'aurait-il pas mieux à faire à prendre son destin en main et à tenter de changer ce monde de l'intérieur? S'informer et militer au sein de mouvements associatifs, de collectifs citoyens... Cela s'appelle, le courage!

A Carcassonne, petite ville de 50 000 âmes, on suit béatement comme des moutons conditionnés à l'économie de marché, les repas culturels élaborés à partir d'OGM (Opinion Gratuitement Manipulée). Tout ce cirque bâti sur les lumières synthétiques et sur l'acharnement d'un bruit incontrôlable, vise à abrutir l'électeur devant un écran de fumée.

Paure Carcassona!

Ils ont vendu ton âme pour quelques sesterces

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Les fêtes de 1898 avec la venue des Cadets de Gascogne à Carcassonne!

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Carte du félibre Carcassonnais Achille Rouquet, fondateur de la Revue méridionale

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Les fêtes de l'âme occitane en 1936

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20/05/2014

Le catharisme : alibi économique et touristique?

Loin de moi l'idée de me lancer dans un raisonnement dont je n'aurais pas la maîtrise, mais il y a une posture dans ce département au sujet de l'héritage des Déodat Roché, René Nelli, Michel Roquebert ou Anne Brenon qui me dérange au plus haut point. L'Aude qui autrefois se faisait une fierté de défendre les préceptes spirituels des "bons hommes" en contant l'histoire de leur persécution par les armées du nord, aurait-elle perdu tout le sens de ce message ? N'y avait-il pas là, une volonté déterminée de montrer que nous occitans avons été en 1209 les victimes d'une purification confessionnelle ayant pour but l'annexion du midi au Roi de France ? La visée en était d'autant plus symbolique quand à la fin des années 1960, il fallut se battre pour conserver l'identité du pays d'Oc contre le jacobinisme et le centralisme parisien.

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René Nelli

(Photo: Charles Camberoque)

Depuis plus de 20 ans, ce département (un des plus pauvres de France) a peu à peu, comme le Dr Faust de Goethe, vendu son âme au diable. Non pour retrouver sa jeunesse perdue, mais pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'économie locale. Ils ont mis en avant les cathares, ces hommes libres pour lesquels le matériel était l'oeuvre du démon, dans un but mercantile. Après l'hérésie médiévale, la spiritualité de ces "bons hommes" était cette fois salie à l'époque contemporaine par leurs descendants. Le mot "Cathare" dont l'étymologie signifierait "pur" est ainsi exposé comme le "Vu à la télé" sur les paquets de lessive. Aujourd'hui, tout est devenu cathare dans l'Aude: Le pain, le vin, l'agneau, le miel et que sais-je encore. N'eut-il pas été plus juste de parler de "Pays occitan" que de créer un label portant la mention "Pays Cathare"? La laïcité, qu'en pense t-elle ? Car le catharisme est avant tout une religion, avec sa liturgie et ses commandements. A-t-on vu pareille exposition ailleurs? Imaginez la Vendée fière de ses chouans et de son passé très catholique avec un label "Pays Chrétien".

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Peyrepertuse

Tout cela n'a pas de sens, ou plutôt est vidé de son contenu comme la bibliothèque de l'ancien Centre d'études cathare. L'histoire des "bons hommes" car ils ne sont jamais définis comme cathares eu-mêmes, n'est aujourd'hui intelligible qu'à une poignée d'initiés. Demandez donc, à la vendeuse du pain cathare si elle connaît seulement leur histoire ou leur préceptes de vie. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois! Ainsi, les pouvoirs publics de notre beau département n'ont-ils pas jeté un écran de fumée sur la profondeur abyssale de l'inculture consumériste ?

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Dans le rue Trivalle de Carcassonne, une fresque de 100 mètres de long a été peinte en 1991 sur le mur de Notre-Dame de l'abbaye. Elle a été réalisée par une coopérative d'artistes de la région lyonnaise: "Cité de la création". Le dessin reprend à la manière d'un acrostiche les lettres composant Carcassonne, pour raconter d'une façon épique l'histoire de la cité au moment de la croisade contre les albigeois. La fresque bien que contemporaine est fortement inspirée des enluminures médiévales. Par bonheur, les tagueurs ont toujours respecté l'oeuvre qui n'a jamais été vandalisée. Ici on vous parlait de la religion cathare, mais profitez-en. D'ici à quelques temps, tout sera effacé. L'ensemble de la fresque part en morceau et tout le monde s'en fiche !

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La photo ci-dessus a été empruntée à la désencyclopédie.wikia.com. C'est d'ailleurs fort drole et vous pouvez la consulter en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Catharisme

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14/05/2014

Parcours de campagne...

Toutes nos sincères félicitations à M. Samuel Gros, caricaturiste politique aux multiples talents sur facebook et producteur du célèbre clip "La chanson de Larrat" en 2009, qui vient d'être embauché par la mairie de Carcassonne pour ses grandes compétences en qualité de chargé de mission dans les hameaux. Il faut dire que les états de service de ce grand serviteur de Carcassonne sont dignes d'éloges à plus d'un titre. Soutien d'André Aribaud en 2008 contre Gérard Larrat, soutien de Jean-Claude Pérez en 2009 contre Gérard Larrat et enfin, soutien de Gérard Larrat en 2014 contre Jean-Claude Pérez.

Nous lui souhaitons beaucoup de réussite dans sa nouvelle mission, dont on espère qu'elle ne se fera pas cette fois en Touk (cela coûte cher de les remplacer), ni au sein de la chapelle des Dominicains. Ce n'est que justice dans cette ville de récompenser les êtres de grande morale et de grand talent. Si d'aventure le nouveau chargé de mission souhaite mieux connnaître le patrimoine de Carcassonne, je lui offre les archives de ce blog.

Bravo Samuel

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30/04/2014

Dans la misère d'un squat, rue de la liberté...

Elle s'appelle la rue de la liberté. Tout un symbole! Cette liberté, certains dans l'indéfférence la plus totale la paient au prix fort. C'est la perte d'identité, de socialisation, de buts, de soi et finalement celle d'être ramené au niveau d'un animal errant. Alors, ils se cherchent un abri au mépris quelque fois de la propriété et forcent une porte dans des logements vacants et abandonnés. On dit que pour la ville de Carcassonne, ils seraient un millier. Est-ce vérifiable? Non, car l'opacité est telle que les propriétaires préfèrent rester discrets et les marchands de sommeil, dans l'illégalité. Nous savons tous que dans cette Bastide, derrière les vieilles pierres des hôtels particuliers, jadis si riches, des appartements n'ont pas vu de locataires depuis trente ou quarante ans!  D'un autre côté, certains sont victimes de logements totalement dévastés par des locataires vandales. Au 47, rue de la liberté on survit comme on peut dans l'insalubrité, sans eau, sans électricité, sans chauffage. On s'éclaire à la bougie, dérobée parmi les cierges de l'église des Carmes, dit-on. Le bon Dieu ferme les yeux, comme d'ailleurs les pouvoirs publics ce qui est plus grave. Car Dieu, qui l'a vu à part l'espoir d'un monde meilleur? Prions pour qu'un duvet ne prenne pas feu à cause d'une flamme mal orientée et ne propage pas l'incendie à tout l'immeuble.

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47, rue de la liberté

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On ne sonne plus au 47, rue de la liberté...

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