30/05/2014

Carcassonne, tu as perdu ton âme culturelle

 

La globalisation de ce monde mercantile uniformise chaque jour davantage la culture, bien précieux issu de nos traditions. Que serait la musique si elle n'avait pas suivi les courants divers et variés du folklore de nos pays, de nos régions? Que serait notre langue si elle ne s'était pas construite dès l'antiquité à partir de mots latins ou grecs? Que serait l'art pictural?... Sommes-nous donc arrivés aujourd'hui si bas qu'il faille faire table rase de tout ce passé et peut-on fouler du pied ce qui a fait notre socle sociétal? Bien que le beau ne soit qu'une notion subjective, il semblerait que l'on ait pris maintenant pour postulat de détruire ou d'assombrir ce qui n'était que lumière. La lumière spirituelle, la lumière du vivant. Place à l'oscurantisme religieux, dogmatique ou politique. L'homme vit dans l'ombre caverneuse de l'habitude et des réflexes conditionnés par des marionnettistes, actionnant les ficelles d'une pensée convenue. N'ayant plus de goût à la curiosité, à la lecture et à l'écriture qu'il maîtrise fort mal... Il erre dans les méandres d'une politique qu'il subit et qui a désarmé en lui toute notion de libre arbitre. Alors, que fait-il? Il vocifère à qui veut l'entendre, car ses congénères qui ne poursuivent pas les mêmes intérêts restent sourds, son droit à manifester avec des pancartes bariolées agitées comme des pantins de bois. C'est un passif qui n'agit plus qu'en désespoir de cause! Pourtant, n'aurait-il pas mieux à faire à prendre son destin en main et à tenter de changer ce monde de l'intérieur? S'informer et militer au sein de mouvements associatifs, de collectifs citoyens... Cela s'appelle, le courage!

A Carcassonne, petite ville de 50 000 âmes, on suit béatement comme des moutons conditionnés à l'économie de marché, les repas culturels élaborés à partir d'OGM (Opinion Gratuitement Manipulée). Tout ce cirque bâti sur les lumières synthétiques et sur l'acharnement d'un bruit incontrôlable, vise à abrutir l'électeur devant un écran de fumée.

Paure Carcassona!

Ils ont vendu ton âme pour quelques sesterces

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Les fêtes de 1898 avec la venue des Cadets de Gascogne à Carcassonne!

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Carte du félibre Carcassonnais Achille Rouquet, fondateur de la Revue méridionale

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Les fêtes de l'âme occitane en 1936

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20/05/2014

Le catharisme : alibi économique et touristique?

Loin de moi l'idée de me lancer dans un raisonnement dont je n'aurais pas la maîtrise, mais il y a une posture dans ce département au sujet de l'héritage des Déodat Roché, René Nelli, Michel Roquebert ou Anne Brenon qui me dérange au plus haut point. L'Aude qui autrefois se faisait une fierté de défendre les préceptes spirituels des "bons hommes" en contant l'histoire de leur persécution par les armées du nord, aurait-elle perdu tout le sens de ce message ? N'y avait-il pas là, une volonté déterminée de montrer que nous occitans avons été en 1209 les victimes d'une purification confessionnelle ayant pour but l'annexion du midi au Roi de France ? La visée en était d'autant plus symbolique quand à la fin des années 1960, il fallut se battre pour conserver l'identité du pays d'Oc contre le jacobinisme et le centralisme parisien.

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René Nelli

(Photo: Charles Camberoque)

Depuis plus de 20 ans, ce département (un des plus pauvres de France) a peu à peu, comme le Dr Faust de Goethe, vendu son âme au diable. Non pour retrouver sa jeunesse perdue, mais pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'économie locale. Ils ont mis en avant les cathares, ces hommes libres pour lesquels le matériel était l'oeuvre du démon, dans un but mercantile. Après l'hérésie médiévale, la spiritualité de ces "bons hommes" était cette fois salie à l'époque contemporaine par leurs descendants. Le mot "Cathare" dont l'étymologie signifierait "pur" est ainsi exposé comme le "Vu à la télé" sur les paquets de lessive. Aujourd'hui, tout est devenu cathare dans l'Aude: Le pain, le vin, l'agneau, le miel et que sais-je encore. N'eut-il pas été plus juste de parler de "Pays occitan" que de créer un label portant la mention "Pays Cathare"? La laïcité, qu'en pense t-elle ? Car le catharisme est avant tout une religion, avec sa liturgie et ses commandements. A-t-on vu pareille exposition ailleurs? Imaginez la Vendée fière de ses chouans et de son passé très catholique avec un label "Pays Chrétien".

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Peyrepertuse

Tout cela n'a pas de sens, ou plutôt est vidé de son contenu comme la bibliothèque de l'ancien Centre d'études cathare. L'histoire des "bons hommes" car ils ne sont jamais définis comme cathares eu-mêmes, n'est aujourd'hui intelligible qu'à une poignée d'initiés. Demandez donc, à la vendeuse du pain cathare si elle connaît seulement leur histoire ou leur préceptes de vie. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois! Ainsi, les pouvoirs publics de notre beau département n'ont-ils pas jeté un écran de fumée sur la profondeur abyssale de l'inculture consumériste ?

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Dans le rue Trivalle de Carcassonne, une fresque de 100 mètres de long a été peinte en 1991 sur le mur de Notre-Dame de l'abbaye. Elle a été réalisée par une coopérative d'artistes de la région lyonnaise: "Cité de la création". Le dessin reprend à la manière d'un acrostiche les lettres composant Carcassonne, pour raconter d'une façon épique l'histoire de la cité au moment de la croisade contre les albigeois. La fresque bien que contemporaine est fortement inspirée des enluminures médiévales. Par bonheur, les tagueurs ont toujours respecté l'oeuvre qui n'a jamais été vandalisée. Ici on vous parlait de la religion cathare, mais profitez-en. D'ici à quelques temps, tout sera effacé. L'ensemble de la fresque part en morceau et tout le monde s'en fiche !

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La photo ci-dessus a été empruntée à la désencyclopédie.wikia.com. C'est d'ailleurs fort drole et vous pouvez la consulter en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Catharisme

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14/05/2014

Parcours de campagne...

Toutes nos sincères félicitations à M. Samuel Gros, caricaturiste politique aux multiples talents sur facebook et producteur du célèbre clip "La chanson de Larrat" en 2009, qui vient d'être embauché par la mairie de Carcassonne pour ses grandes compétences en qualité de chargé de mission dans les hameaux. Il faut dire que les états de service de ce grand serviteur de Carcassonne sont dignes d'éloges à plus d'un titre. Soutien d'André Aribaud en 2008 contre Gérard Larrat, soutien de Jean-Claude Pérez en 2009 contre Gérard Larrat et enfin, soutien de Gérard Larrat en 2014 contre Jean-Claude Pérez.

Nous lui souhaitons beaucoup de réussite dans sa nouvelle mission, dont on espère qu'elle ne se fera pas cette fois en Touk (cela coûte cher de les remplacer), ni au sein de la chapelle des Dominicains. Ce n'est que justice dans cette ville de récompenser les êtres de grande morale et de grand talent. Si d'aventure le nouveau chargé de mission souhaite mieux connnaître le patrimoine de Carcassonne, je lui offre les archives de ce blog.

Bravo Samuel

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30/04/2014

Dans la misère d'un squat, rue de la liberté...

Elle s'appelle la rue de la liberté. Tout un symbole! Cette liberté, certains dans l'indéfférence la plus totale la paient au prix fort. C'est la perte d'identité, de socialisation, de buts, de soi et finalement celle d'être ramené au niveau d'un animal errant. Alors, ils se cherchent un abri au mépris quelque fois de la propriété et forcent une porte dans des logements vacants et abandonnés. On dit que pour la ville de Carcassonne, ils seraient un millier. Est-ce vérifiable? Non, car l'opacité est telle que les propriétaires préfèrent rester discrets et les marchands de sommeil, dans l'illégalité. Nous savons tous que dans cette Bastide, derrière les vieilles pierres des hôtels particuliers, jadis si riches, des appartements n'ont pas vu de locataires depuis trente ou quarante ans!  D'un autre côté, certains sont victimes de logements totalement dévastés par des locataires vandales. Au 47, rue de la liberté on survit comme on peut dans l'insalubrité, sans eau, sans électricité, sans chauffage. On s'éclaire à la bougie, dérobée parmi les cierges de l'église des Carmes, dit-on. Le bon Dieu ferme les yeux, comme d'ailleurs les pouvoirs publics ce qui est plus grave. Car Dieu, qui l'a vu à part l'espoir d'un monde meilleur? Prions pour qu'un duvet ne prenne pas feu à cause d'une flamme mal orientée et ne propage pas l'incendie à tout l'immeuble.

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47, rue de la liberté

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On ne sonne plus au 47, rue de la liberté...

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14/04/2014

L'école primaire Jean Denat de Villalbe!!!

J'ai laissé passer les élections municipales avec leurs flots de passions et de débats enflammés, pour vous parler d'un chose qui m'a profondément attristée lorsque par hasard je m'en suis rendu compte. Chacun sait que je suis natif du hameau de Villalbe à cinq kilomètres de Carcassonne et que j'y ai passé toute ma scolarité à l'école primaire d'Andrée et Jean Denat. Ces deux instituteurs modèles ont milités avec mon père, alors conseiller municipal, et une petite poignée de parents d'élèves pour conserver l'école du hameau que l'académie voulait faire fermer dans les années 80, faute d'effectifs suffisants. Cette école n'a pas fermé grâce au porte-à-porte réalisé dans les maisons, pour que les enfants soient inscrits à Villalbe. Monsieur et Madame Denat organisaient chaque fin d'année la fête de l'école où nous jouions une pièce de théâtre, préparée et répétée avec la mère de l'institutrice, enseignante en retraite. Il s'agissait de Geoffroy de la Maussan de jean Giono. Tout le hameau se réunissait dans le préau où une scène avait été installée pour l'occasion. Que de souvenirs, ces instituteurs!!!

J'en viens donc à mon constat attristé... L'autre jour, je passais près de l'entrée de l'école primaire quand je vis que l'on avait donné son nom à Pierre-Paul Riquet. Quel rapport me direz-vous entre le Maître d'oeuvre du Canal du Midi et Villalbe? Eh! bien, aucun. Tant d'inculture locale m'a affecté, car s'il y a des gens qui méritaient leurs noms au porche de cette école, c'est bien Andrée et Jean Denat.

Voici ci-dessous l'article que je consacrais à Jean Denat le 9 octobre 2010

Notre bibliothèque vient de brûler emportant avec elle tous ses savoirs. Fort heureusement dans ce malheur, pas plus les souvenirs de son humanité que l’héritage de ses connaissances ne se sont consumés dans notre esprit. Nous garderons l’empreinte indélébile de cet instituteur que par respect nous appelions « monsieur ». Il était grand tant par l’humilité et la sagesse que par la patience qu’il avait à nous transmettre une science qui a contribuée à élever les hommes et les femmes que nous sommes aujourd’hui. Ce témoin qu’il nous passe prématurément fait de nous les légataires universels de son enseignement comme le modèle d’une vocation au service de l’école publique. Il nous honore mais il nous engage aussi, pour que nos enfants ne perdent l’héritage de ce savoir. Il nous appartient donc leur faire partager les goûts pour les belles lettres, la lecture, les mathématiques et les arts. Oui, nous ne saurions cacher notre tristesse et avec le cœur gros nous pleurons cette inestimable perte. Seule la fierté d’avoir eu Jean Denat comme Maître, apaisera durablement notre chagrin lorsque nous parlerons à l’avenir de lui et de tout ce qu’on lui doit. La mort n’est pas une fin mais le début d’une récolte fertile semée tout au long de sa vie. Adieu monsieur le professeur, votre corne d’abondance nourrit déjà nos esprits.

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Jean Denat était instituteur à Maquens puis à Villalbe où il rejoint son épouse Andrée. Au moment de la retraite, ils s'étaient retirés à Leucate. M. Denat est décédé cette semaine et tous ces anciens élèves sont tristes...

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11:34 Publié dans Carton rouge | Tags : villalbe | Lien permanent | Commentaires (6)

22/03/2014

La Poste n'est pas à son poste

Un courrier que j'avais pris soin d'envoyer de Limoges avec un suivi portant la mention prioritaire, est arrivé à Carcassonne au bout de trois semaines. C'est ce que "La poste" appelle une lettre MAX... Vous me direz, heureusement qu'il était prioritaire! Craignant qu'il ne fut perdu j'ai téléphoné au service de la poste chargé de traîter les réclamations. Ma demande une fois enregistrée, l'interlocuteur me signifia que le service des enquêtes me répondrait d'ici un mois. Je m'exclamais alors: "Trois semaines"? On me répondit: "Monsieur, il faut savoir où il se trouve". "C'est un comble. Et le suivi?" ajoutai-je dans un coup de sang. Le standardiste pas démonté du tout: "La lettre est seulement suivie au départ et à l'arrivée". Belle affaire! En fait, j'appris par la suite que ma lettre qui était partie de Limoges avait transité par le centre de tri de Libourne (Gironde). Vous savez, le fameux 22 à Asnières de Fernand Raynaud... Elle est finalement arrivée à destination trois semaines après et le service commercial (si on peut l'appeler ainsi) ne m'a, sinon pas remboursé mes 2,10 euros, tout du moins expédié une lettre d'excuses.

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Les mauvaises langues disent que "La poste" ne mérite que la privatisation et que c'est le seul moyen d'avoir un service correct. La vérité selon moi est ailleurs... Je crois que l'état depuis des années fait exprès de pourrir un acheminement du courrier qui n'est pas rentable, pour que l'usager se détourne de son service public. Les bureaux de poste en milieu rural ferment, les centres de tri sont des usines à gaz, les facteurs sont désormais des contractuels dont la conscience professionnelle est à la hauteur de leurs CDD... etc. Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage! La poste est désormais une entreprise comme les autres qui vend des produits et qui se fiche éperdument du service après-vente et de la relation clientèle. Les responsables? C'est bien connu c'est votre facteur qui n'a plus le temps de vous dire bonjour car sa tournée est minutée par ses chefs. Ce sont les employés des centres de tri qui perdent le courrier car pour aller à Carcassonne, il passe par Montpellier.

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J'ai réfléchi... Mais comment le facteur peut-il acheminer mon courrier puisque à Carcassonne, on ne sait plus à quel numéro s'adresser?

Je vous invite à lire la petite pièce de théâtre de Georges Courteline écrite en 1897 et appelée: Une lettre chargée. Vous verrez, rien n'a évolué depuis...

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