13/03/2014

Les vieux? C'est bon pour l'hospice!

Quand furent entrepris les travaux pour la construction du parking souterrain Gambetta en 2006 sous le mandat de Gérard Larrat, toutes les statues qui ornèrent jusque-là l'ancien square furent déplacées. Comme toutes les transformations de cet ilot de verdure, restons positifs, n'ont pas eu que des points négatifs, on leur promit en échange de leur expulsion un toilettage complet. Ainsi Paul Sabatier, Déodat de Séverac et Paul Lacombe retrouvèrent leur lustre d'antant. Restait à leur trouver un nouvel emplacement et pour eux, qui vécurent toujours dans 1000m2, ce ne fut pas facile. On tenta d'abord de rassurer ces vieux pensionnaires de la nécessité pour eux de vivre désormais dans un lieu plus adapté à leurs besoins. Devant leur scepticisme à quitter les lieux, on finit par leur expliquer que le quotien de ressources multiplié par leur maigre retraite divisé par la surface ocupée faisait d'eux des privilégiés. Ils protestèrent, arguant que cela faisait 80 ans qu'ils étaitent là avec leurs habitudes, leurs souvenirs... On finit par leur avouer, balayant d'un revers de main leur histoire, qu'une opération immobilière de plusieurs millions d'euros n'allait pas être stoppée pour la mémoire de vieux saltimbanques et d'un prix Nobel. Ils n'eurent donc pas d'autre choix que de s'en aller et finalement d'accepter un nouveau logement. On remisa les vieux musiciens dans un jardin clos attenant à une salle de concert, dans lequel les visites sont impossibles car on ne peut y accéder qu'en sautant une ballustre fixée sur un muret d'un mètre de hauteur. Quant au prix Nobel, il fut un temps exposé sous les halles avant de disparaître sur des palettes de chantier aux Serres municipales. Il a fallu l'opiniâtreté de ce blog et d'amoureux du patrimoine pour qu'on se soucie de sont sort en 2010; son monument est actuellement au lycée Paul Sabatier.

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Après la mort du brillant compositeur carcassonnais Paul Lacombe en 1927, Frédéric Lauth aidé dans sa tache par Jane Serre (nièce du musicien), décide de créer un comité pour l'édification d'un monument à la mémoire du défunt. Frédéric Lauth est un ami intime et surtout le patron d'une usine d'une brasserie située sur le boulevard Omer Sarraut. Il est également organiste et membre de la Société des concerts symphoniques, si chère à Paul Lacombe. Le monument sera confié au sculpteur toulousain Henri Parayre et une souscription est imméditement lancée afin de récolter les fonds. Pendant deux ans le comité recevra des dons d'anonymes, d'amis compositeurs, de politiciens, du ministère, du Conseil général, de la ville, pour enfin régler la somme de 29783,55 francs.
L'inauguration a lieu le 21 juillet 1929 en présence de la soeur, du frère et de la nièce du compositeur. De longs discours sont prononcés par MM. Tomey (maire), Moulin (musicologue), Bruneau (Membre de l'Institut) et Sarraut (Ministre)
Le monument est placé contre le kiosque à musique, en face de la maison de Paul Lacombe. Ce n'est qu'après la seconde guerre qu'il sera déplacé dans les allées latérales du nouveau square.
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01/03/2014

Carcassonne: La ville où l'on saccage les sites archéologiques!

En 1993, la construction du parking souterrain de l'hôtel des 3 couronnes à côté de N-D de santé (Pont vieux) met en évidence les anciens remparts du XIIIe siècle et une nécropole médiévale. Quand les archéologues sont prévenus, les engins de chantiers ont déjà creusés à près de deux mètres. Les vestiges (peut-être aussi les ossements) serviront selon plusieurs sources à construire la route menant depuis Patte d'oie aux terrains de tennis du Païcherou.

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Voici les conclusions de Marie-Élise Gardel rédigées dans le bulletin de la SESA après la fin du chantier de fouilles:

Après 1260, de rares témoins archéologiques laissent supposer la présence d'aménagements des berges (pavements et voirie). Le Bourg neuf de Carcassonne se créant en 1260 sur la rive gauche de l'Aude, on construit alors un rempart-digue accompagné de plates-formes, qui protège un quartier probablement artisanal, dont il reste des traces de bâtiments utilitaires, d'un probable moulin fortifié et d'une batterie de six fours, bordés par des rues caladées.

En novembre 1355, le Prince Noir brûle le bourg, il reste comme témoin de cet épisode une couche d'incendie. L'enceinte recule alors de 140 mètres par rapport à l'Aude, on abandonne les fours, le bâtiment fortifié devient l'hôpital Saint-Jacques, un cimetière est associé à l'hôpital. Les premières sépultures étant directement creusées dans la couche d'incendie.

Entre 1462, première gravure représentant Carcassonne, où elle n'est pas figurée, et 1597, date gravée sur une ché de voûte, on construit une petite chapelle aux murs de fondation apparents, mais en 1597, il semble qu'on rallonge sa nef vers l'Aude, on le refait le voûtement et on agrandit les ouvertures. Pour soutenir son chevet, on doit construire un mur sur la berge de l'Aude, auquel on en associe d'autres qui condamnent le béal, et on remblaie fortement les abords de l'édifice.

Entre 1729 et 1780, on édifie la sacristie et on étend peut-être la superficie du cimetière. A la fin du XVIIIe siècle, ce dernier est abandonné et devient le jardin de l'hôpital civil (visible sur un plan de 1849). Au XXe siècle l'hôpital devient la maternité, s'étendant sur l'ancien cimetière, une crêche s'y ajoute. Ces bâtiments récemment abandonnés et rasés sont remplacés en 1993 par un parking souterrain lié à la construction d'un hôtel rue des Trois-couronnés.

C'est à cemoment quer les fouilles partiquées en urgence, permettent de redécouvrir une partie des structures médiévales, malheureusement déjç endommagées par les travaux. Les découvertes, bien que ponctuelles sont aussi importantes que variées, elles ont trait à l'urbanisme primitif de Carcassonne, à l'architecture publique et privée et à l'artisanat. Par ailleurs, le matériel découvert (objets métalliques et poteries) constitue une collection intéressante d'objets utilisés en milieu urbain dans la première moitié du XIVe siècle.

L'intervention archéologique, n'ayant pas été prévue, a été tardive, l'emprise du parking était déjà creusée sur 1,90 m de profondeur en moyenne. C'est un malheureux exemple de ce qui ne devrait jamais plus avoir lieu à Carcassonne si l'on arrive à mettre en place une politique préventive en matière d'archéologie. On a laissé passer une chance d'étudier, rassemblé en un même point, un échantillonnage très large de documents précieux pour l'histoire de la ville et des sites médiévaux en général.

Il est regrettable, aussi, de n'avoir pu intervenir suffisament tôt pour pouvoir fouiller l'immense nécropole de 1200 m2: cimetière dit "des incurables" ou de "l'hôpital St-Jacques", utilisé du XVe au XVIIIe siècles. Si des conditions d'études optimales n'auraient peut-être pu être réunies, une exploration partielle aurait apporté une précieuse documentation pour l'anthropologie urbaine au bas Moyen-âge, domaine actuellement assez lacunaire dans le Midi de la France.

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Source

Extrait Bull. SESA/ Tome XCIV/ 1994

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© Claude Marquié

Sur l'ancien site médiéval, aujourd'hui une terrasse bétonnée avec en dessous le parking de l'hôtel des Trois Couronnes.

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25/02/2014

Paul Lacombe ne sera pas joué au Festival de Carcassonne 2014

Il n'y aura pas cette année de concert symphonique Paul Lacombe au Festival de Carcassonne, malgré les assurances que j'avais reçues de la part d'un responsable culturel du Conseil général avec lequel je travaille sur ce projet depuis plus d'un an. Ce dernier m'avait expliqué avoir le feu vert de l'adjoint à la culture de Carcassonne pour le festival 2014.

J'avais été donc mandaté en qualité de biographe du compositeur, afin de rechercher les moyens de mettre en place ce concert. Usant de mes relations dans le milieu de la musique classique, j'avais alors contacté le chef d'orchestre parisien Nicolas Couton qui vient d'enregistrer avec d'excellentes critiques la symphonie d'Henri Rabaud.

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Après lui avoir envoyé plusieurs partitions symphoniques de Lacombe resconstituées par mes soins après plusieurs voyages à la BNF, il entreprit de les copier afin d'en créer les parties d'orchestre nécessaires à l'exécution des oeuvres. D'emblée, il fut enthousiaste quant à l'intérêt de la musique de Paul Lacombe injustement mise de côté selon lui. Il numérisa toutes les parties, note par notes, afin de les entendre à l'ordinateur, créant ainsi un orchestre virtuel.

Fort de ce travail titanesque, je rencontrais ce responsable culturel à qui je rendis compte de ce travail. A sa demande, Nicolas Couton fit intervenir son agent artistique afin de trouver un orchestre pour le festival 2014. Là encore, des contacts ont été noués entre les deux parties. Le chef d'orchestre élabora un programme avec du Massenet, Vincent d'Indy, César Franck et Paul Lacombe. Tout ceci allait bon train et chacun d'entre-nous n'avait aucun doute sur l'issue de ce projet car nous avions toujours des garanties de réussite de la part de mon contact. L'agent artistique de Nicolas Couton en relation à plusieurs reprises avec cet administratif responsable culturel du Conseil général, eut l'assurance que l'orchestre symphonique de Sofia viendrait jouer cet été à Carcassonne. Le budget avait été ficelé (Tarif de l'orchestre et du chef) et la somme était très en deça de ce que pratiquent les orchestres français, seul gage d'une validation par les élus. Il ne restait plus qu'à budgétiser le déplacement et l'hébergement.

Ce responsable culturel, depuis septembre, nous a dit qu'il allait rencontrer M. Dupont, le directeur du festival et les élus pour leur présenter le projet. Tout ceci pour le faire valider. La seule contrainte qu'il nous demanda fut que l'agent artistique rendît son devis avant fin décembre. Il le rendit le 7 janvier.

Au milieu de janvier, j'appris dans la presse le programme du festival et ne vit qu'à ce moment là qu'il n'y avait pas notre concert. Aussitôt, je contactais ce responsable culturel par courriel afin d'avoir des réponses à ce camouflet. Il me dit que l'agent artistique était en cause pour avoir présenté un budget avec 7 jours de retard. Je suis du métier et je sais que les programmations des festivals se décident bien en amont... alors 7 jours de retard?

Je téléphone donc au directeur du festival et là... J'apprends avec stupéfaction qu'il n'a jamais été au courant d'un tel projet et qu'il l'aurait vu passer. Qu'il n'a jamais été contacté par ce responsable culturel. Je téléphone à un élu en charge de l'action culturelle. Celui-ci me dit qu'il en avait vaguement entendu parler il y a plusieurs mois, mais que ce projet n'est jamais passé en commission du festival.

En conclusion... Nicolas Couton ne sera pas payé pour tout le travail qu'il a fourni et a perdu des engagements puisqu'il avait réservé le mois de juillet pour concert. A titre personnel, je suis très mal à l'aise par vis-à-vis de ce chef et de son agent, comme chacun peut le comprendre. Ce responsable culturel qui exerce de grandes responsabilités au Conseil général nous a mené en bâteau. Nous faisant même miroiter un enregistrement en direct du festival en vue de la sortie d'un disque. Quelle image une fois encore Carcassonne donne t-elle de son action culturelle? Nous passons pour des amateurs!

Notez que jamais ce responsable n'a appelé, ni écrit à Nicolas Couton et à son agent pour leur dire que le projet était avorté. Il lui aurait fallu donner des explications... et s'excuser peut-être?

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23/01/2014

Abattage des platanes du Canal du Midi: A qui profite le crime?

L'abattage systématique des platanes du Canal du Midi n'est-il pas une aubaine puis finalement, un prétexte pour les VNF pour répondre au projet "Naïades II" voté par Bruxelles pour développer le fret fluvial? Vos élus vous ont-ils parlé de ce plan qui octroie de larges subventions pour la modernisation des bateaux et des voies navigables? Nous savons que l'entretien du Canal du Midi représente un coût pour les VNF que la navigation de plaisance peine à soutenir. Jusqu'à présent la rentabilité se diluait dans les bénéfices qu'en terme d'image touristique notre canal apportaient. Or, l'état cherche à faire des économies et l'utilisation du canal à des fins purement économiques revient sur la table. C'est d'ailleurs l'origine de son creusement.

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L'automatisation des écluses n'était-il pas le premier signe? Les VNF ont presque totalement supprimé les éclusiers sur l'ensemble du Canal du Midi. L'humain ne compte plus quand le profit s'installe dans l'activité patrimoniale et touristique. Les écluses sont automatisées avec des sémaphores bicolores comme sur le Canal Rhin-Rhone. Tiens! C'est curieux, car c'est justement un canal pour le transport des marchandises. La transformation du Canal du Midi en voie fluviale pour le fret, est lancée avec l'appui de cette Europe du libre échange. Que font nos élus?

Imaginons le Canal du Midi sans ses arbres pourrait être agrandi et sécurisé pour le passage de gros bateaux de transport. L'écologie en prendrait un sacré coup dans les dents. On se fiche de l'éco-système vivant dans les berges, qui sans la racines des platanes s'écroulent inéluctablement. Les chiffres sont éloquents: 679 arbres en prévision de reboisement contre 1687 platanes abattus d'ici à février.

Si vous interrogez vos élus, ils vous diront que cette éventualité n'est pas à l'étude. Les mêmes nous disent qu'il n'y aura pas d'exploitation du gaz de schiste, ni de culture OGM en France. Que fait donc Monsanto à Trèbes, alors? Ils jouent aux cartes?...

Dormez braves gens et ne croyez que la vérité des journaux télévisés

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09/01/2014

Le bureau de poste de la Cité de Carcassonne

On a fermé en 2008 avec le concours de la mairie de Carcassonne, l'unique bureau de Poste de la cité médiévale. Voilà un service public qui a été une nouvelle fois sacrifié sur l'autel de la sacro-sainte rentabilité. Or, n'était-il pas d'utilité publique que l'on conservât cet établissement, sur un site touristique acceuillant de plus en plus de visiteurs? Le paradoxe est tel qu'il fut fermé au moment où notre monument venait d'être inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il me semble qu'il faudrait poser à nouveau la question de l'ouverture d'un point Poste à l'intérieur du site. Les commerçants, les touristes et les quelques habitants y trouveraient leur compte certainement.

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L'ancien bureau de Poste est devenu un restaurant...

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07/01/2014

Le carré du Palais: une nouvelle friche urbaine?

Loin de vouloir polémiquer, je voudrais attirer votre attention sur le possible avènement d'une nouvelle friche urbaine dans Carcassonne. Le 23 mars 2010, la ville de Carcassonne délivre un permis de construire au cabinet d'architecte Art tech et Cie pour la création de logements de standing sur le boulevard Barbès. Le carré du Palais (c'est son nom) comporterait 19 appartements du T2 au T4, trois maisons de 134M2 et des triplex du T5 au T6, avec un parking souterrain donnant sur le rue du Palais. Un panneau très explicite est placé sur l'immeuble de l'ancienne direction de la poste. La façade au caractère contemporain suscite déjà des commentaires, en comparaison avec l'architecture du XIXe siècle qui l'entoure. Toutefois, les plus optimistes se réjouissent de voir disparaître un bâtiment vétuste et laid mitoyen à la Brasserie du Palais.

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En septembre 2012, les premiers coups de pioche ébranlent le bâtiment qui donne également dans la rue d'Alsace. Au début de l'année 2013, il est complétement rasé.

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Le bâtiment avant sa destruction, côté rue du Palais.

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Voici l'état du chantier un an après... Thierry Planes, promoteur du projet, a expliqué à la Dépêche le 25 novembre 2012 que les travaux dureraient 16 mois pour une livraison fin 2014. Le coût des travaux est de 12 millions d'euros. Sur le site de la Fnaim Aude, on apprend qu'il s'agit: "d'un programme d'acession à la propriété, sans logements sociaux".

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Ce qui pose problème, voyez-vous, c'est que rien n'a démarré depuis un an. Faut-il craindre que cela ne devienne un dépotoir? Il y a même fort à parier que lors de creusement, on ne découvre quelques vestiges archélogiques des fossés qui entouraient Carcassonne au Moyen-âge.

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Le chantier à l'abandon n'a pas fière allure sur un axe très fréquenté et visible de tous.

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Renseignements pris auprès de professionnels de l'immobilier, le promoteur serait également acquéreur de l'immeuble d'à côté. Les futurs logements du Carré du Palais seraient vendus sur plan, avant la construction. Il attendrait donc d'avoir le nombre suffisant d'acheteurs pour lancer les travaux, mais égelement, d'avoir vendu ceux de l'immeuble que l'on voit à gauche sur la photo. Les logements de l'ancienne clinique St-Vincent, bâtis selon le même contrat, auraient du mal à trouver acquéreur depuis plusieurs mois déjà. Que pourrait-il en être de ceux-là, sur le même axe à trois cent mètres l'un de l'autre?

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Autre élement troublant, le site internet n'existe pas: www.carredupalais.com

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