23/02/2016

La dernière séance du cinéma le REX, rue de la liberté

De tant de salles de cinéma que comptait encore le centre-ville de Carcassonne il y a 30 ans, il ne reste que le Colisée, actuellement exploité en salle d'art et d'essai sur le boulevard Omer Sarraut. Nous avons connu l'Odéum, le Lido, le Paris, le Boléro, les Capucines, le chapeau-rouge...

Le REX

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© Ministère de la culture

Après l'expulsion des religieux du Couvent des Carmes en 1880, un pensionnat s'installa dans l'actuel Évêché. L'incendie survenu dans la première décennie du XXe siècle à cet endroit fut d'une violence inouie. Les flammes pénétrèrent dans l'église des Carmes par la porte de la sacristie. Le bâtiment du pensionnat revint à la paroisse St-Vincent. Il abrita une société de gymnastique, le catéchisme mais surtout une vesta salle de concert. C'est là qu'on entendit les oeuvres jouées par la Société des concerts symphoniques dirigée par Michel Mir. Ensuite, le cinéma muet remplaça le cinématographe; la salle servit au cinéma catholique jusqu'au mois d'août 1914. Pendant la guerre, on y entreposa des sacs de grains. En 1918, une association d'éducation populaire fit modifier la salle; le cinéma catholique devint L'idéal cinéma. La fin du cinéma muet tua l'Idéal cinéma, remplacé par le Rex. Le parlant arriva à Carcassonne et deux grandes firmes se partagèrent le gâteau: La Western Electric et La Gaumont. L'Odéum opta pour la première et le Rex, pour la Tobis. Les premiers films parlant à Carcassonne furent La chanson de Paris, Le collier de la reine et Le chanteur de jazz avec Al Johnson. 

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Marcel-Yves Toulzet et Jean Marais

Le REX fut administré par par M. Toulzet. Dans un article de 2009, Claude Marquié rappelle cette anecdote de Me Clément Cartier - ancien président du Ciné-Club - au sujet des projections au Rex.

"Tous les films étaient préalablement visionnés par un prêtre censeur. Les scènes jugées scabreuses (baisers langoureux ou prêtres louchant sur des jeunes filles) étaient systématiquement coupées."

Le projectionniste enlevait au ciseau les scènes censurées et conservait les bouts de pellicules dans une boite, prévue à cet effet. Si on devait procéder de la sorte aujourd'hui, la durée de certains films n'exercerait pas 10 minutes... Cela révèle au moins certaines pratiques d'un autre âge.

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En 1983, l'Association diocésaine audoise qui était propriétaire des locaux ne souhaita pas renouveler le bail du cinéma Rex. On détruisit à l'intérieur de la salle plus de cinquante années de souvenirs cinématographiques, afin de réaliser trois étages de bureaux pour l'évêché. Le balcon fut arraché ainsi que l'écran, les insonorisateurs, etc... Les ferrailleurs emportèrent tout. L'arrière-cour sera quelques temps après; aménagée en un parking et un jardin. Ainsi se termina la belle aventure d'un cinéma mythique de Carcassonne... un de plus sur la longue liste.

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L'ancien REX, rue de la liberté

Sources

La dépêche du midi / août 1983

La dépêche / 2009

Musique et patrimoine

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03/02/2016

Tournage du film "La merveilleuse vie de Jeanne d'arc, fille de Lorraine", en 1927 à la Cité

A partir du 3 novembre 1927, la Cité de Carcassonne accueille le tournage d'un grand film muet d'envergure nationale, financé par les productions Natan à hauteur de 8 millions de francs. Toute la troupe est arrivée de Mazamet. Depuis un mois on préparait les machines de guerre et les décors sur les remparts de la Cité médiévale.

La merveilleuse vie de Jeanne d'arc,

fille de Lorraine.

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L'écriture du scénario qui retrace la vie de la pucelle d'Orléans depuis Vaucouleurs jusqu'au bûcher de Rouen, a été confié à Jean José Frappa. Louis Aubert assure l'édition de l'oeuvre mise en scène par le peintre et désormais réalisateur, Marco de Castine. Après un concours au cours duquel de très nombreuses  actrices auront participé, une jeune femme de 16 ans a été choisie pour incarner l'héroïne principale.

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Simone Genevois

(1912 - 1995)

Là, sur un vaste enclos qui domaine les célèbres fossés, une foule bigarrée se presse curieuse et enthousiaste. Figurants Anglais, Français, metteur en scène, administrateur, journalistes, tout ce monde ne forme un instant qu'une masse compacte... Mais un coup de sifflet strident donne un ordre et chacun court à la place qui lui est assignée. Les armes sont distribuées. Les cuirasses aux Français, les cottes de maille aux Anglais, appareils aux opérateurs et un magnifique porte-voix à Marco de Gastyne.

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Les opérateurs Asselni et Belladone entourant M. Gaston Brun. Chef de la prise de vue Delval et son équipe surveillent les mouvements d'ensemble et expédient écuyers et arbalétriers  ans le champ utile où l'artiste Mailly leur donne les derniers conseils.

M. René Ginet, notre distingué confrère de la presse cinématographique parisienne, délégué des Productions Natan, nous a aimablement invité a suivre les opérations d'une prise de vues. Et notre excursion ne s'est réalisée qu'après un excellent déjeuner, où tous les confrères furent réunis.

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La troupe est rassemblée. Sous une même cuirasse on ne reconnaît plus soldats, ni civils. L'égalité est si uniforme que tout esprit de commandement disparaît. Et pourtant, ces hommes obéissent au moindre geste du metteur en scène. Il y a là, comme figurants des Carcassonnais, des soldats du 80E, des artistes même qui, pour les encourager et former une atmosphère nécessaire se sont glissés parmi eux. Marco de Gastyne harangue tous ceux qui vont se battre et transmet à l'artificier qui, par hasard, se nomme Pétard, ses ultimes recommandations.

A droite, il dit que les Anglais prennent l'offensive !

A gauche, il crie que les Français se méfient !

Au milieu, il nous crie de rester tranquilles !

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Et pendant ce temps, la foule des curieux se presse aux alentours gênant parfois les mouvements et offrant le spectacle comique de particuliers béatement ahuris.

Un coup de sifflet. Le capitaine anglais , Lord Glasdal, aperçoit les Français. Il donne à ses soldats l'ordre de s'élancer. Mais nous ne sommes plus aux temps des arbalétriers et des catapultes. Nos soldats du XXe siècle s'élancent mollement. Alors Marco, énervé, leur crie dans le haut-parleur.

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- Cent mètres de gâchés ! Un peu plus d'ardeur, s'il vous plaît !

Et l'on recommence jusqu'à la perfection. Les soldats du 80e sont pétris de bonne volonté. Le soleil baisse à l'horizon. Il est quatre heures. Nous interviewons tour à tour MM. Gaston Modot - le capitaine anglais - et Mailly - le capitaine Lahire. Tous deux sont satisfaits. Et Marco de Gastyne nous dit :

- Si je suis content ? Il faudrait que je sois fou pour ne pas l'être. Je suis enchanté, ravi, exultant de joie. Nous assistons à un effort comme jamais il n'en a été fait en France jusqu'à ce jour, effort dépassant même celui si considérable qui fut osé pour "Le miracle des loups". Et quel appuis, quels concours, quelles facilités ne nous a t-on pas accordés. Pensez-donc, la porte des monuments historiques largement ouverte. Toutes les facilités possibles pour tourner à Reims, Carcassonne, Aigues-Mortes, Mont Saint-Michel, Pierrefonds, etc... décors uniques au monde, ce qui nous permet, tout en évoquant la plus magnifique pas de notre histoire, de porter à l'écran les plus beaux sites de France.

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Devant la cathédrale de Reims

A Reims, nous avons obtenu pour la première fois l'autorisation de tourner à l'intérieur de la cathédrale, transformée pendant quelques jours en studio de cinéma. Pouvoir utiliser pour la figuration un nombre presque illimité de soldats volontaires des 6e, 15e, 16e et 17e corps d'armée : avoir pu joindre ainsi aux figurants civils pour la bataille de Patay, l'effectif d'une brigade de dragons, et pour le siège d'Orléans celui de deux régiments d'infanterie et d'un régiment de cavalerie. Et vous me demandez si je suis content ?

Tant que le cinéma nous apparaît ainsi, il semble auréolé de gloire et de prestige. Quelle erreur ! Le cinéma est très beau nous dit-on : on y gagne 6, 8 ou 10 000 par mois. Mais il faut mettre en garde tous ceux qui veulent en faire à tort et à travers. Car si on réalise des bénéfices, on ne vit heureux qu'à condition de tourner toujours. Et ce n'est pas le cas, même pour les plus grands artistes ! Je crois que cette situation se retrouve partout, qu'il s'agisse de grand théâtre, d'opérette ou de music-hall.

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La scène du siège d'Orléans à la Cité de Carcassonne

Interviews

Simone Genevois vient de nous quitter. Marco de Gastyne, impitoyable, l'a invitée à venir au plus tôt tourner quelques minutes. Et, mutine, elle a abandonné brusquement une partie de Mh-Jong pour aller revêtir son armure. C'est que Simone Genevois n'a que seize ans. Et il est permis, à cet âge heureux, d'avoir quelques distractions. Mais à la table où nous sommes, Mesdames Choura-Milena et Dora Starni restent encore. Aussi, pendant que Lord Glasdal, discute aimablement avec son ennemi le capitaine Lahire, nous interviewons nos deux charmantes interlocutrices.

- Carcassonne, nous dit-on, est une jolie ville. Mais... je préfère Toulouse, avoue Mme Starni. Nous avons trouvé auprès des Carcassonnais, un accueil chaleureux. Toute la population nous a été favorable. c'est si rare, savez-vous ! Imaginez qu'un jour...

Mais Mme Choura nous interrompt.

- Je devise ce que vous voulez, nous dit-elle. Eh bien ! dites à vos lecteurs que "Jeanne d'arc" sera une de nos plus belles productions et aussi un film qui diffusera étonnement les beaux sites de votre France. Nous avons tourné à Reims, à Aigues-Mortes, au Mont Saint-Michel, à Pierrefonds, aujourd'hui à Carcassonne.

- Ce qui vous évite d'aller à Beauvais.

- Laissons-là le mauvais souvenir de ces ridicules histoires entre deux villes. Carcassonne l'emporte aisément. Du reste vous voyez combien est grand l'engouement des interprètes du film. Nous sommes ici tous réunis. Vous avez vu Simone Genevois, voici Mme Marie Laurent qui joue le rôle d'Eléonore, alors que Mme Starni incarne celui de Gilda. Vous savez que l'on m'a désigné pour le rôle d'Isabeau.

- A ce moment Gaston Modot, qui venait de tourner plusieurs scènes sur les remparts ainsi que nous l'avons décrit dernièrement, complète cette distribution. Philippe Thérial tient le rôle de Gilles de Rais, autrement dit Barbe Bleue, et Daniel Mandaille assure l'interprétation du fameux Lord Talbot. Mailly, le si sympathique artiste, joue le capitaine Lahire, et Dehucourt incarne Charles VII digne d'être couronné par l'héroïne Jeanne d'arc. Louis Alibert, Georges Paulais, P-P Stock, Viguier, Soarez J. d'Albe, Marc Vahele, interprètent successivement les rôles de Rémy l'oiseau, Dunois, Bâtard d'Orléans, Jean Poitou, le frères de Ponargès et un page.

Gaston Modot vêtu de sa lourde côte de maille venait de nous quitter, lorsqu'un homme, un géant, s'avance. c'était Vasseur, le célèbre champion de force, que les productions Natan avaient enté pour réaliser certaines scènes du film où l'acteur doit faire preuve d'une constitution robuste et d'une habileté extraordinaires. Ce bon géant, paternel et débonnaire, soulève facilement à bras tendus deux hommes de forte corpulence. 

Le légendaire coup de sifflet retentit.

- A vous les Anglais ! crie Marco de Gastyne

- Attaquez ! les Français, lance Lahire...

Et un journaliste compatriote ajoute justement :

- C'est curieux, mais les Anglais n'ont jamais été si dociles !

Source

L'express du midi

Crédit photos

Collection Martial Andrieu

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15/01/2016

Un documentaire américain tourné à Carcassonne pour la NASA en 1985

Jusqu'au 12 mai 1985, la cité de Carcassonne, Sigean et les châteaux de Quéribus et de Peyrepertuse ont été le théâtre d'un tournage, pour le compte de la NASA et de l'Air space muséum Smithsonian de Washington.

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Le maire R. Chésa avec l'équipe de production

Il s'agit d'un documentaire de trente-trois minutes, produit et réalisé par Francis Thompson et Bayley Silleck. Inutile de vous préciser qu'il m'a été très difficile de recueillir des renseignements sur 

ON THE WINGS

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Il raconte l'histoire de l'aile, des insectes depuis Icare, jusqu'à la navette et l'homme volant. Une réplique du Quetzalcoatl - oiseau préhistorique - a été fabriquée et pilotée à cette occasion par Paul Mc Ready et son équipage AeroVironnement. L'engin mécanique volait et reproduisait les battements des ailes grâce à un système de stabilisation automatique. Le premier vol réussi, le 7 janvier 1986, fut tourné à Death Valley en Californie. 26 ont été nécessaire pour le film.

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Le quetzalcoalt

On the wings fut diffusé pour la première fois le 27 juin 1986 dans des salles IMAX. L'acteur principal est F. Murray Abraham ; la bande musicale a été confiée à R. Einhorn.

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Bayley Silleck explique lors d'une conférence à l'université comment il s'est impliqué dans la réalisation de films documentaires sur l'environnement. Les salles du sud des États-Unis ont refusé de projeter ses films sur l'évolution.

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70 figurants Carcassonnais ont été engagés afin de représenter gentes dames et damoiseaux. Les costumes furent l'oeuvre de Janick Andrillon et de Agnès Marlaud. Le cascadeur Mario Luraschi eut pour mission de sauter depuis une tour de notre Cité médiévale.

Sur la photo ci-dessus, on reconnaît François Novosad et Maurice Poujade. Ce dernier était fort connu pour son engagement syndical ; on lui doit la création du restaurant inter-administratif. Il est décédé en 2007.

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© Droits réservés

Les figurants

Mis à jour le 11 avril 2017

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07/01/2016

Exclusif ! Un nouveau tournage de film dans la Cité en 2017

La Cité médiévale de Carcassonne sera le décor naturel d'un nouveau film dont le tournage devrait débuter dans le courant de l'année 2017. C'est ce que m'a indiqué au téléphone hier soir le producteur et réalisateur Yves Lombard. Une énorme coïncidence est l'origine de cette information que je suis en l'état actuel le seul à détenir. En effet, depuis plusieurs semaines, je cherche à savoir ce qu'est devenu le projet d'un long métrage à la Cité en 1999, initié par ce même réalisateur. N'écoutant que mon culot, je me suis mis en tête de trouver les coordonnées de M. Lombard afin de connaître le fin mot de l'histoire. Une fois le contact établi, Yves Lombard m'expliqua qu'il travaillait actuellement avec son scénariste à la reconstruction de ce projet cinématographique qui n'avait pas pu aboutir en 1999. La coïncidence de mon appel avec l'actualité de ce monsieur est plus que troublante. La Cité qui dans le premier scénario devait servir à représenter Saint-Gilles du Gard pour les extérieurs de nuit, sera cette fois utilisée de jour pour représenter elle-même. Mais alors, me direz-vous, de quoi s'agit-il ?

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© Tourisme Carcassonne

L'origine du projet 

RHEA films et son producteur Yves Lombard avaient obtenu l'aval en 1999 de la mairie de Carcassonne et du Centre des Monuments Nationaux, pour réaliser le tournage d'un film dans la Cité médiévale. Il s'agissait du premier long métrage de M. Lombard, connu pour ses courts métrages "Kriegspiel" et "Rédemption" avec Féodor Atkine et Claire Keim. Côté production, il avait investi dans "Time is money".

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L'histoire de ce film est tiré de la pièce de théâtre de Jean-Louis Marteil : "Et Dieu reconnaîtra les siens". Elle fut jouée au châteaux de Lastours en 1996. Le roman "Les chiens du diable" constitue le prolongement de la pièce dans lequel on retrouve l'héroïne principale de ce film, intitulé

La main de Dieu

1206, près de Toulouse. Alix, la fille adolescente de Hugues de Carcassonne, est désespérément en amour avec l'un des plus proches amis de son père, mais Pierre-Roger de Cabaret est un chevalier dont les codes l'empêchent de répondre aux avances de la jeune, rebelle Alix.
Quelques temps plus tard, Alix est pris en embuscade dans la forêt par une bande de soldats de fortune. Son père vient à son aide mais il est tué. Maintenant, orpheline, l'éducation de Alix est placée dans les mains de Raymond VI, comte de Toulouse et de son épouse Eléonore d'Aragon.
Deux ans plus tard, le 13 Janvier 1208. Pierre-Roger trouve une belle jeune femme à la cour du comte de Toulouse. Alix a grandi, mais Pierre-Roger est venu exhorter le comte de résister aux exigences de légat du pape, Pierre de Castelnau. 
Pierre-Roger déclare enfin son amour pour Alix juste avant l'arrivée du légat ; les deux sont présents lors de sa rencontre avec le comte. Une discussion froide se transforme en une confrontation violente, lorsque le comte exaspéré par les exigences et arrogance de Castelnau essaie de le tuer.
De Castelnau quitte le terrain dans le dégoût, répétant sa menace à l'ex-communiquer le comte et ses partisans. Il donne au comte une dernière chance de se racheter aux yeux du pape lors d'un rendez-vous à l'aube, sur les berges du Rhône, où le légat a jeté le camp.
À l'aube, de Castelnau est sur le point de quitter le comte de Toulouse qui n'est pas arrivé quand il est assassiné par un cavalier masqué.
Assassiner le Pape sert de prétexte pour lancer la croisade contre les Cathares, elle a aussi des conséquences dramatiques pour la vie d'Alix et Pierre-Roger de Cabaret.

Plusieurs sites avaient été retenus pour le tournage initial en Ardèche, Catalogne et dans l'Aude avec Carcassonne et Lastours. Les comédiens pressentis en 1999 donnaient sue l'ampleur à la distribution : Claire Keim, Pierre Vanek, Feodor Atkine, Philippe Volter, Caroline Sihol et Bruno Putzulu. La bande originale avait été confiée à Jordi Savall.

L'arrêt du projet

Quelles sont les raisons pour lesquelles ce film ne se tourna pas en 1999 ? C'était au départ le but de mon appel à M. Lombard. "Nous n'étions pas prêts. C'était trop tôt." J'ai mené de mon côté une petite enquête qui révèle qu'en 1999, une journée de tournage dans la Cité se paie 45.000 francs à la Caisse des Monuments historiques. Si un particulier n'a pas besoin d'autorisation pour garder un souvenir video de la Cité, en revanche toute exploitation commerciale est payante. L'article publié dans la dépêche le 30 septembre 1999 rédigé par l'excellent Dubois-Chabert, révèle qu'une somme exorbitante avait été demandée à la production par la Caisse des Monuments historiques, pour un budget total du film avoisinant les 30 millions de francs. 

Il est dommage que l'état ponctionne autant l'exploitation commerciale d'un film à la Cité, dont les retombées économiques pour Carcassonne en terme d'image sont inestimables. Quand on sait, en plus, que le film sera exploité en Espagne, Allemagne, Belgique... On comprend mieux les raisons pour lesquelles les producteurs vont désormais faire tourner leurs films en Europe de l'est. Ce sont autant de figurants et techniciens qui ne seront pas employés chez nous, sans compter le reste. La gourmandise est un vilain défaut quand elle vous prive du dîner... L'équipe des Visiteurs II "Les couloirs du temps" devait tourner à Carcassonne en 1997 ; faute d'accord avec la ville, elle est allée tourner au château de Castelnau en Dordogne.

2017

M. Yves Lombard m'a assuré vouloir tourner à Carcassonne. La distribution devra être remaniée ; Pierre Vaneck et Philippe Volter ne sont plus de ce monde. Quoi qu'il en soit, lui et son scénariste travaillent actuellement faire de "La main de Dieu", le bras séculier du 7e art.

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05/12/2015

La folle épopée du cinéma Le Cinoch', rue Charles Lespinasse.

Trois passionnés du 7e art (Gilbert Ladet, Monique Ladet et Anne-Marie Caraguel), dont deux anciens projectionnistes du Colisée, ont dans l'idée depuis cinq ans de créer un nouveau cinéma dans Carcassonne. En 1983, la ville compte déjà six cinémas pour un total de treize salles obscures : le Boléro, les Capucines, le Chapeau-rouge, le Lido, le Colisée, l'Odéum. Quant au Rex situé dans la rue de la liberté, il vient juste d'être fermé et repris par l'évêché. L'importance de l'offre ne décourage en rien ce trio de cinéphiles puisqu'il constate avec justesse que Carcassonne ne possède pas de salle d'Art et d'essai. Or, c'est précisément ce qu'il avaient dans la tête au départ.

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Après cinq années de tractations afin de réunir les financements nécessaires à la réalisation de leur projet, ils font l'acquisition de l'ancienne carrosserie Ramos, 15 rue Charles Lespinasse. Grâce à un prêt bancaire et à une subvention de l'agence régionale du développement du cinéma versée à hauteur de 250 000 francs, la S.A.R.L réunit les 100 millions d'anciens francs.

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Les travaux débutent le 20 mai 1984 ; deux salles sont construites, l'une de 60 et l'autre de 140 places assises. Une troisième de 300 places est prévue à terme, si l'affaire tourne bien...

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La salle de 60 places assises

Ce cinéma prendra le nom de Cinoch' - titre un peu soixante-huitard, parfaitement assumé. L'exigence de rentabilité a dû réfréner un peu les ardeur des fondateurs en matière d'Art et d'essai. Ce cinéma mêlera projections "sérieuses" et projections "divertissantes".

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Il lui faut réaliser 50.000 entrées annuelles, soit 1000 entrées hebdomadaires pour entrer dans ses frais. Pour cela, la direction proposera quatre films chaque semaine avec trois séances par jour : 14h30, 18h30 et 21h. Des cartes d'abonnement seront proposées à 15 francs (2,50 euros) pour 10 entrées.

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L'inauguration a lieu le 10 octobre 1984 en présence de R. Chésa (Maire) et de Maurice Martin (Conseiller général)

Programme de la première semaine

Local Hero de Billie Forsythe

Les murs de la pleine lune d'Eric Rohmer

L'hôtel New Hampshire

Le professionnel avec JP Belmondo

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Gilbert Ladet et Anne-Marie Caraguel

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Le Cinoch' déposa le bilan en 1988, après seulement quatre années d'existence. En à peine 30 ans, Carcassonne a perdu le Lido, le Boléro, les Capucines, le Cinoch', l'Odéum, le Chapeau-rouge. Quant au Colisée, il est en état de survie grâce à la passion de quelques-uns. Les cinémas ont subi avec les multiplex, la même loi que les épiceries avec les hypermarchés. 

Crédit photos

A-M Caraguel

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30/11/2015

Le Ciné-club carcassonnais

Le Ciné-club carcassonnais est fondé en 1948 par une poignée d'amoureux du 7e art parmi lesquels, l'avocat Clément Cartier. L'esprit qui animait ces passionnés était de projeter des films ignorés, les tendances modernes du cinéma, la revue des classiques de l'écran...

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L'adhésion à l'association en 1963 se faisait par l'achat d'un carte annuelle (27 francs pour 18 séances) dont le coût revenait à 1,50 francs par film, ou semestrielle (20 francs). Il existait également une carte scolaire semestrielle de 9 francs pour l'accès du Ciné-club au jeunes. On pouvait se les procurer dans les librairies Breithaupt, Gally, Lauer ou Rouquette.

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Le Boléro

Les séances avaient lieu tous les quinze jours - les vendredis à partir de 21 heures - au cinéma le Boléro sur le boulevard Jean Jaurès. La soirée débutait par la projection d'un court métrage. Puis, une présentation orale précèdait le film principal. À la fin de ce dernier, il y avait une discussion sur l'oeuvre visionnée et dirigée par deux animateurs. Au cours de la séance, point entr'acte ou de films publicitaires.

Le Ciné-club était affilié à la Fédération française des Ciné-clubs, agréée par le Ministère de la culture.297916916.jpg

L'ancien Boléro en 2015

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Les programmes sont annoncés dans la presse locale.

Pour l'année 1963, voici les films du 1er semestre:

Comme un torrent (Vincente Minelli)

À travers le monde (Ingmar Bergman)

Elmer Gantry le charlatan (Richard Brooks)

El Pisito (Marco Ferreri)

Le pigeon (Mario Monicelli)

Le grand couteau (Robert Aldrich)

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