06/07/2015

Sur les traces du tournage du film "Le corniaud", dans la Cité médiévale

Il est fait un froid de canard en ce début de mois de novembre 1964 à Carcassonne et le vent du nord accentue cette impression glaciale, alors que l'on tourne les dernières scènes du dernier film de Gérard Oury dont l'action se passe en été.

Le Corniaud

corniaud.jpg

Pendant trois jours, la Cité devient le décor naturel d'un tournage réunissant les plus grandes vedettes du cinéma comique français : Louis de Funès, Bourvil, Henri Genès, Jean Droze, Henri Ferrière... 

corniaud 6.jpg

Les figurants Carcassonnais

La production qui a pris ses quartiers à l'hôtel Terminus, comme d'ailleurs Louis de Funès, a engagé une vingtaine de figurants Carcassonnais. Bourvil loge à l'hôtel du Donjon et l'équipe technique à La croque sel chez Madame Pavernès.

 

Les décors

Le passage à niveau

corniaud 8.jpg

Ce passage à niveau ne se trouve pas à Douzens, comme de nombreux Carcassonnais continuent à le prétendre. Cette scène a été tournée dans le département du Var, ainsi que j'ai pu moi-même le découvrir en 2005 à force de recherches et en me rendant sur les lieux. Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est que le passage à niveau est identique à celui utilisé dans une scène du film "Le gendarme se marie". Gérard Oury n'a fait que créer un panneau de la N113.

corniaud 9.jpg

Il s'agit du passage à niveau de la gare La motte - Sainte-Roseline qui se situe sur l'axe Les arc - Draguignan. La route a bien changé depuis 1964...

Le café de France

Sur la place Saint-Nazaire, lieu principal du tournage, le magasin de photographie de M. Bouffard a été transformé en "Café de France".

corniaud 4.jpg

En 1964

corniaud 5.jpg

La scène du Café de France

La gendarmerie

corniaud2.jpg

Dans le film en 1964

corniaud 3.jpg

En 2015

L'hôtel "Dame Carcas" a été habillé d'un panneau indiquant "Gendarmerie nationale"  réalisé en isorel mou, carton et cadre de bois par la menuiserie Loupia. Quant aux lettres, elles ont peintes par les ouvriers de chez Labeur. Il ne s'agit que le l'aspect extérieur car les scènes d'intérieur de la gendaramerie seront tournées dans le garage de l'hôtel de la Cité.

corniaud 7.jpg

© Collection J-L Bergnes

Bourvil se concentre dans la gendarmerie

L'hôtel de l'esplanade

corniaud 10.jpg

Sur le panneau bleu "Café de France", apparaît le nom du propriétaire du commerce de photographie loué pour le tournage : M. Bouffard. Il devient cafetier...

corniaud 11.jpg

Seule la marquise de l'hôtel de la Cité a changé depuis 1964

corniaud

C'est de l'une des cabines de l'hôtel de la Cité donnant sur la place que Bourvil téléphone à Louis de Funès.

corniaud

Gérard Oury a posé sa caméra dans le hall de l'hôtel

corniaud

La scène s'est tournée contre les fenêtres à droite situées dans le hall de l'hôtel.

 

Les lieux de tournage

corniaud 13.jpg

Les gangsters arrivent par le chemin des Anglais en longeant le cimetière vers la Porte Narbonnaise. On remarque à gauche que le parking, ni la route vers Montlegun n'existent en 1964.

corniaud 14.jpg

Le même endroit en 2015

Plaisir d'amour dans les lices...

corniaud 12.jpg

Plaisir d'amour... depuis le Pont levis

corniaud 15.jpg

© autourdelouisdefunes.com

80, rue des fossés verts

corniaud 17.jpg

 - Le patron est en danger !

- Où ça ?

- 80, rue des fossés verts

fosses-verts-3.jpg

La course poursuite

La rue du Four Saint-Nazaire. Il reste encore les traces de la marquise au-dessus de la porte à droite

corniaud 20.jpg

Bourvil avec l'ancien presbytère en toile de fond. Il entraînera les policiers dans une course poursuite à travers la Cité, dont le but essentiel sera de montrer les plus beaux plans du monument.

corniaud 19.jpg

Le presbytère en 2014 devient un restaurant

corniaud 21.jpg

Porte d'Aude

 

Les photos de tournage

Corniaud1360.jpg

Gérard Oury et Bourvil

Corniaud1367.jpg

Louis de Funès et Gérard Oury sortent de l'Hôtel de la Cité

Corniaud1365.jpg

Gérard Oury donne ses instructions

Corniaud1361.jpg

Moteur...

Corniaud1318.jpg

© René Roques

(avec l'aimable autorisation de Patrice Cartier)

Entre deux prises

018.jpg

Bourvil lit l'Indépendant et signe des autographes

Louis de Funès.jpg

© Collection J-L Bergnes

Louis de Funès se fait discret et écoute dans la basilique St-Nazaire les orgues, jouées par un jeune séminariste.

Quelques anecdotes

 L'équipe de tournage se réunit chaque fin de journée à l'hôtel du Donjon pour faire le point. Ensuite, le réalisateur et ses techniciens visionnent les rushs au Chapeau rouge (rue Trivalle), mis grâcieusement à disposition par Jacques Cau.

La cabine téléphonique de laquelle sort Louis de Funès a été retrouvée :

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive...

De nombreuses Carcassonnaises se sont présentées pour la figuration. Aucune habitant la Cité n'a été choisie ; ce sont celles de la ville basse qui tournèrent dans le film. Chacune d'entre-elles est habillée pour les besoins du tournage en jupe et manches courtes alors qu'en ce mois de Novembre, il fait un froid glacial.

2042969690.jpg

Une jeune Carcassonnaise fera ses débuts au cinéma dans le rôle de Suzanne (serveuse du Café de France). Il s'agit d'Annie Claparède, âgée de 16 ans.

4034808557.jpg

Ci-dessous, son interview

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive...

_____________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

15:10 Publié dans Cinéma | Tags : corniaud | Lien permanent | Commentaires (1)

25/06/2015

Le tournoi dans la Cité, film de Jean Renoir tourné à Carcassonne

Le tournoi dans la Cité

affiche_tournoi_web.jpg

est un film muet de Jean Renoir, produit par la Société des films historiques et tourné dans la Cité de Carcassonne durant les fêtes du bimillénaire en juillet-août 1928.  Le Cadre noir de Saumur exécutera les figures et les combats du tournoi.

Le tournoi dans la Cité

Cette photographie, signée Brissy, prise dans la basilique Saint-Nazaire servit à dessiner l'affiche du film.

img952.jpg

Distribution

Jackie Monnier : Isabelle Ginori

Suzanne Desprès : Mme de Baynes

Blanche Bercier : Catherine de Médicis

Aldo Nadi : Charles de Baynes

Enrique de Rivero : Henri de Rogier

Manuel Rabi : Ginori

Gérard Mock : Charles IX

Le bouffon : Narval

Synopsis

Au temps du jeune roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis, la belle Isabelle Ginori se fiance à un gentilhomme catholique, Henri de Rogier. Par malheur, François de Baynes, seigneur protestant, aussi courageux que volage, rencontre Isabelle et déclare en termes vifs qu'elle lui appartiendra. Le comte Ginori, parent de la jeune fille, relève le propos. François le tue en duel. Par souci politique, la reine est prête à unir Isabelle et François. Une maîtresse de ce dernier, Lucrèce Pazzi, intervient. Catherine décide alors que le vainqueur du tournoi sera l'époux d'Isabelle. François surpasse son rival mais le cadavre de Ginori est découvert, le coupable démasqué. Chargé par le guet, François succombe. Isabelle et Henri peuvent enfin se fiancer.

Une controverse

Puisqu'il s'agit d'un film historique, que d'autre part le programme porte pour mercredi, à 16 heures, "On tourne le film", nous allons d'emblée frapper avant toute chose à la porte d'un archéologue érudit, bien connu des Carcassonnais et qui, fort amoureux de sa Cité où il vit, en connaît sur le bout des doigts la merveilleuse histoire qu'il a passionnément étudiée.

Dès les premiers mots, M..., qu'un Dieu semble habiter, fulgurant nous arrête : " Un tournoi. Catherine de Médicis ! Mais, monsieur, c'est infâme ! Mais il n'y en eut pas quand Catherine de Médicis et le jeune roi s'arrêtèrent en 1565 à Carcassonne !" Et l'érudit archéologue qu'une sainte fureur, fille du feu sacré, anime et transfigure, nous met sous les yeux le texte magnifiquement conservé "in quarto" plein veau à fers dorés de la "relation du voyage du roi Charles IX, par Abel Jouan", l'un des serviteurs de sa majesté. Mi amusé, mi respectueux, nous lisons à la page que notre hôte marque d'un doigt tremblant le passage suivant : "Et le vendreai 12, jour du dit mois (janvier), Charles IX alla dîner à Barbaira, petit village et coucher à la haulte Carcassonne, qui est une belle et forte ville évesché où il fait son entrée..."

charles.jpg

Charles IX

Ici, le narrateur précise que le roi avait fait "pour ce jour... 4 lieues". Et il continue : "Et pensait le roi partir le samedi : le samedi, 13e jour, qui était le lendemain ; mais la neige vient en si grande abondance, tant que personne eût osé aller par pays, et tomba tant qu'elle était en plaine campagne de hauteur de quatre pieds pour le moins : et en fut ainsi assiégé en ce lieu quatre jours durant, pendant lesquels le roi prenait plaisir en un bastillon qu'il fit faire tout de neige en la cour de son logis, lequel fait défendre par ceux de sa maison contre tous ceux des deux ville haulte et basse Carcassonne, qui ne le surent jamais prendre et se retièrent battus."

Holà ! La passion de la vérité est chose contagieuse ! Nous voilà presque aussi indigné que notre savant ami ! Et nous allons en hête, à la fois pour soulager notre bile et vider notre coeur, frapper à la porte du commussariat général des fêtes.

- Des rensignements sur le film ? Pour la presse ? Mais, oui, monsieur, avec plaisir !

Et notre interlocuteur se présente : M. de Maroussin, administrateur de la Société des films français. Décidément le hasard fait bien les choses, qui nous conduit d'emblée à "une grosse légume". Qu'est_ce qu'il va prendre "la grosse légume ! " Et, arborant notre air le plus doctoral et plus dogmatique, nous détachons, avec les plus purs accent du midi et de l'indignation archéologique ensuite :

- Ah, monsieur ! Un tournoi ! Fi, monsieur ! Nous sommes renseignés, et la vérité historique !...

Notre interlocuteur sourit :

- Ah, monsieur la vérité, dit-on, se porte toute nue ! Mais on la représente toujours et si jeune et si fraîche ! L'histoire, monsieur, est un bien vieille personne, dont les charmes seraient à nos yeux bien désuets et flétris si nous ne fêtions sur leur aridité l'écharpe soyeuse des légendes. Et, d'ailleurs, l'histoire est femme : à ce titre elle peut bien permettre à ses fidèles quelques privautés. Aussi bien, monsieur, est -il intéressant  de noter que ces privautés que nous avons dû prendre fatalement avec l'antique et noble dame, nous ne les avons prises que quand elles ne lui nuisaient pas et quand elles permettraient de maintenir pour le public "l'atmosphère", cette atmosphère, monsieur, que les films historiques français, dignes de ce nom, s'honorent d'avoir su toujours, oui monsieur, toujours respecter ! Soyez tranquille, l'action de notre films se passe au XVIe siècle et c'est dans un cadre entièrement seizième qu'évolueront des personnages d'allure et de caractère très seizième siècle... Nous avons voulu évoquer une période précise de notre histoire, soyez sûr qu'aucun anachronisme ne viendra par le rappel d'une autre époque et d'un autre âge rompre la magnifique grandeur de notre évocation? Pour le reste, l'histoire s'en contentera !

Tout à l'heure, nous entendions la voix un peu revêche, venue du fond des siècles, d'une science exacte ! Nous entendons à présent la voix de l'art ( de l'art muet, préciserions-nous si nous l'osions !). Elle est, dans la bouche de M. de Maroussin, singulièrement éloquente : notre indignation archéologique a duré ce que durent les roses : nous ne serons jamais digne de l'école de Chartres ! Gémission, gémissons !

La dépêche du Midi / 19 juillet 1928

La technique de Jean Renoir

Rien n'est négligé pour donner à ce film l'importance qu'il mérioterait d'avoir. Le metteur en scène Jean Renoir, fils du peintre célèbre, qui, toujours à l'affût des procédés nouveaux, est en train d'acquérir une des deux ou trois meilleures places parmi les metteurs en scène. [...] Enfin, au point de vue technique, il convenait d'établir un document photographique susceptible de rivaliser avec les meilleures photographies mondiales. La Société des films historiques n'a donc pas hésité, malgré le coût de cette pellicule, à utiliser exclusivement, ausi bien en intérieurs qu'en extérieurs, de la pellicule panchromatique et à faire établir tout un matériel de studio entièrement spécialisé à cet effet. Précisions que la pellicule panchromatique désensibilisée par un procédé dont les détails techniques n'intéresseraient pas les lecteurs, rend des tons que l'orthochromatique ordinaire ne peut pas rendre. Cette pellicule n'avait jusqu'ici, été employée que pour de grands films. C'est la première fois qu'elle sera utilisée aussi bien en intérieurs qu'en extérieurs pour un film tout entier. L'opérateur sera M. Mundvillers (qui a tourné "le joueur d'échecs") assisté de MM. Lucien Villy, Cerf, etc...

La dépêche du Midi / 19 juillet 1928

Cinémagazine

Ce titre, Le tournoi dans la Cité, ne devait être qu'un titre provisoire, mais le succès des fêtes du bi-millénaire de Carcassonne fut tel que, de provisoire, ce titre est devenu définitif. On a trop parlé en effet du Tournoi dans la Cité pour le changer désormais. L'argument du film de M. Henry Dupuy-Mazuel nous dit toutefois que ce tournoi eut lieu dans le château de Ferrals. De plus, le décor a été situé, non pas, dans la Cité, mais dans un champ hoers de l'enceinte. Mais qu'importe, pourvu qu'on ait le film ?

chevaux.jpg

J'ai eu la bonne fortune d'assister aux préparatifs de ce tournoi, reconstitué par le colonel Wemaere. J'ai vu deux colonels s'entraîner à porter le pesant harnois de guerre pour personnifier les chevaliers s'affrontant dans le jugement de Dieu. Et rien n'était plus plaisant que d'observer, au repos, le colonel Picard, en sa carapace de fer, remplaçant son casque à panache par un moderne feutre gris.

Aldo Nadi.jpg

Dans tous les coins des remparts, j'ai surpris des appareils de prise de vues braqués sur des groupes costumés : Ici le grand épéiste, Aldo Nadi, s'étant paré d'une barbe postiche, ferraillait avec l'élégant Rivero pour les beaux yeux de Jackie Monnier, qui fut l'animatrice des fêtes du bi-millénaire par sa radieuse joliesse.

 Certains soirs, l'automobile de M. Béjot fit, par les ruelles montantes, une anachronique et triomphale entrée avec un beau lieutenant qui hurlait, pour faire couleur locale "Les vierges aux fenêtres !". Des Annamites de l'infanterie coloniale maçonnait les "raccords" de Mallet Stevens et, dans un ample vertugadin dessiné par Georges Barbier, se foulait le pied...

img953.jpg

© Ciné-miroir

Jackie Monnier, ce jour-là, portait avec aisance une ample jupe rose toute surchargée de rinceaux Renaissance et ses larges manches vertes étaient ornées d'un treillis de rubans d'argent rattachés par des perles... André Viollis était en page et notre confrère Stéphane Vallot, de l'Oeuvre se battait en duel avec M. Scott, du Times.

Les braves Carcassonnais ne sont pas très ferrés en histoire. Il fallait entendre l'un d'eux expliquer à son fils pendant les joutes : "Tu vois, ceux qui sont en noir, c'est des Huguenots, c'est-à-dire des Espagnols." Le même brave homme en m'avisant s'écria : "Tiens, d'Artagnan." Un peu plus loin, on me prit pour Henri IV !

L'intérieur de la tour Narbonnaise avait été métamorphosé en atelier de costumes par le maître costumier Sauvageau, qui travailla si longtemps à l'Opéra.

le tournoi dans la cité.jpg

Et ce n'est pas une petite affaire que d'habiller toute une figuration. celle qu'on avait recrutée pour la foule était si vermineuse qu'il fallut d'abord l'envoyer aux bains. Afin de voir de plus près le tournoi, un parisien de mes amis, avait consenti à revêtir un costume de seigneur du plus pur style Huguenot, un costume de la maison Granier, venant du fond de quelque Tour de Nesle.

tribune.jpg

Très fier, il parada dans la tribune historique, à tapissières et oriflammes, placée au-dessus de la tribune présidentielle. Mais M. Doumergue s'inquiétant du fléchissement des planches au-dessus de sa tête, ces messieurs de la Sûreté générale firent descendre nobles seigneurs et belles dames et les prièrent d'aller faire un tour dans la lice.

Cinémagazine / N°32-33 /Guillot de Saix / août 1928

Le duel à l'épée

423338751.jpg

© Gaumont

Au débouché de la porte des vociférations violentes nous accueillent : "Chanteau ! Amenez un écran !". Un bruit de fers heurtés et des commandements et des cris : "rompez ! Battez ! Ah ! Ah ! Très bien, c'est ça !

François de Baynes et le comte Ginori sont aux prises. Ils se battent avec une énergie farouche ; leurs masques crispés et tourmentés seront, certes, d'un effet remarquable à l'écran. On dirait, à voir leur harnachement, que "c'est arrivé", à tel point qu'on entend Nadi sur son oeuvre de mort comme le boulanger sur le pain qu'il pétrit. Soudain, il se fend violamment, "Je vais casser l'écran !"

C'est une galéjade : Aldon Nadi ne casse pas l'écran, on entend par contre un cliquetis sec et on le voit jeter aux pieds des aides une poignée d'épée... La pointe est partie d'un autre côté sifflant aux oreilles du comte, se ficher bruissante et vibrante dans le décor. C'est la troisième depuis ce matin. "Dépêchez-vous de crever !" conseille, sincère, au comte Ginori, vêtu de satin gris, en passant sous l'étroite poterne, sur ses mules de velours vert, son ample robe de brocart.

La dépêche du Midi / 19 juillet 1928

Les décors

L'ensemble des scènes du film sont tournées en décor naturel dans la Cité, sur les remparts et dans la basilique Saint-Nazaire. Pour le tournoi, le décorateur a réalisé une Cité en carton-pâte à l'extérieur du site dans un champ qui surplombe le cimetière. C'est d'ailleurs là que seront tournées plus tard, les scènes finales du "Miracle des loups" en 1924 et 1960.

tournoi tribunes.jpg

Vue aérienne du décor du tournoi

Le tournoi.jpg

Le Cadre noir de Saumur pendant le tournoi

Chevaux Cité.jpg

La Cité reconstituée pour le tournoi

Comment voir ce film ?

La bobine originale a été perdue dans l'incendie de la cinémathèque de Paris dans les années 1960. Nénamoins, le film a été reconstitué depuis à partir de copies d'une façon incomplète. Il a été projeté  à la cinémathèque le 14 décembre 2005 et le 21 avril 2010. Il est la propriété de la société Gaumont qui, je l'espère, fera prochainement une copie DVD commercialisée.

Sources

La dépêche du Midi / 19 juillet 1928

Les cahiers du cinéma / N° 482

Vu / N°19 / 25 juillet 1929

Cinémagazine / N°32-33 / août 1928

Ciné-miroir

Photos

Collection Martial Andrieu

______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine / 2015

04/05/2015

Quand la Cité accueillait une collection de costumes des films d'Hollywood

À l'époque de l'âge d'or du ciména américain avec leurs célèbres comédies musicales fimées, les Aston Martin et autres Rolls Royce s'arrêtaient à l'Hôtel de Cité ; on voyait alors descendre des berlines rutilantes, James Stewart ou Grace kelly. Ah! Avec plus d'intelligence et de volonté, je me dis qu'avec un monument aussi unique que la Cité médiévale, nous aurions pu créer un festival du film. On lui aurait peut-être donné le nom d'André Cayatte, ce cinéaste né à Carcassonne et primé d'un Ours à Berlin. Hélas, la facilité ou le manque d'ambition nous a égaré sur la voie d'un tourisme de masse, dont nous voyons aujourd'hui les limites économiques. Pendant ce temps, à Cannes, à Cabourg, à Annecy... Bref, autres lieux, autres moeurs ; il est inutile d'épiloguer car je vais sûrement m'énerver. Juste une dernière chose: on préfère faire défiler des chanteurs de passage dans un théâtre Jean Deschamps, où il n'y a plus de théâtre dramatrique. Changeons son nom pour celui de Lady Gaga, c'est plus en phase avec ce qu'on y écoute.

002.jpg

James Stewart à l'Hôtel de la Cité

L'exposition

img089.jpg

Au mois de juin 1978, la grande salle des tours Narbonnaises accueillit une exposition de costumes et de mannequins médiévaux. Elle se transforma pour l'occasion en une espèce de Musée Grévin, car plusieurs modèles avaient été conçus avec le visage d'un acteur du cinéma américain. 

cost6.jpg

L'ensemble de cette collection provenait d'un achat de costumes de cinéma qui avaient été acquis par une habitante de la Cité: Mlle Maya Koumany,une danseuse d'origine Russe. Cette dernière les tenait d'un de ses amis Monty M. Berman (1912-2002), le plus grand costumier d'Hollywood. On dit d'ailleurs qu'il serait venu à plusieurs reprises à Carcassonne. Il avait créé les costumes des Canons de Navarrone, de Lawrence d'Arabie, de James Bond. Il avait habillé Katherine Hepburn, Richard Burton, Sean Connery...

img101.jpg

Des costumes romantiques pour le cinéma

img094.jpg

Stan Laurel, à gauche...

img095.jpg

Une fileuse à son rouet

img096.jpg

Un moine et deux seigneurs

img091.jpg

Deux enfants

img097.jpg

Le fou du Roy

img092.jpg

La cour

img102.jpg

Les musiciens

img103.jpg

Le poète

Jusqu'au milieu des années 1990, une grande salle du Château comtal avait été aménagée pour accueillir ces mannequins. Elle faisait partie du circuit de visite à intérieur des remparts par le musée Pierre Embry. La salle a été ensuite débarrassée de cette espèce de musée Grevin médiéval qui ne gênait personne, sûrement à la demande du Centre des Monuments Nationaux. Les costumes ont été ensuite vendus à Jean-Michel Signoles, patron à cette époque de l'Hôtel de la Cité. C'est Philippe Decaud qui les a accueilli et exposé dans un musée à l'entrée payante, à côté de son bar Le sénéchal. Aujourd'hui, difficile de savoir où ils sont passés, mais selon lui, ils auraient été vus dans un château cathare il y a deux ans.

_________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

10:09 Publié dans Cinéma, La Cité | Tags : costumes | Lien permanent | Commentaires (11)

30/04/2015

"Le petit baigneur" avec Louis de Funès a été tourné dans l'Aude

644604484.jpg

Ce film réalisé par Robert Dhéry en 1967 avec Louis de Funès, Michel Galabru et bien d'autres acteurs a été tourné en partie dans l'Aude. A Azille (scène du garde barrière), au pont de la Cesse à Mirepeisset (scène de la poursuite en bâteau sur le canal) et aux cabanes de Fleury d'Aude.

97960183.jpg

La maison du garde barrière avec le passage à niveau en 1967. A la sortie d'Azille, une scène fut tournée dans laquelle on voit passer le train du Minervois.

1980861500.jpg

Robert Dhéry traverse la voie

3330206422.jpg

Ce qu'il reste de la voie ferrée à Azille

3024764978.jpg

Louis de Funès pendant le tournage à côté de la maison du garde barrière

1926818717_2.jpg

 A gauche, la maison du garde barrière a été rasée, mais on voit encore les traces des rails.

3344864348.jpg

Michel Galabru et Robert Dhéry à Azille en 1967

116079606.jpg

Les barrières du passage à niveau ont disparu

576999596.jpg

La course poursuite sur le pont canal de la Cesse à Mirepeisset

2602960623.jpg

Le Pont canal de la Cesse

861256675.jpg

A Sallèles d'Aude, à l'endroit où le canal du midi fait la jonction.

2347717859.jpg

Au même endroit en 2015

1274853264.jpg

Les Cabanes de Fleury lors d'une scène du film

1876620034.jpg

Aujourd'hui, au même endroit

______________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

08:01 Publié dans Cinéma | Tags : le petit baigneur | Lien permanent | Commentaires (6)

27/04/2015

"The bride" avec Sting a été tourné dans la Cité de Carcassonne...

51WPH6D5JAL.jpg

"The bride"

ou "La promise" dans son titre en français, est un film réalisé en 1985 par Franc Roddam, avec dans les rôles principaux Sting et Jennifer Beals. Ce film fantastique dont l'action se situe en Hongrie met en scène le docteur Frankenstein donnant naissance à une créature féminine pour tenir compagnie à son monstre...

Bride 1.jpg

Les scènes du cirque dans lequel se réfugie la créature, ont été tournées dans un champ à proximité de la Cité. Celui-là même où avaient été tournées en 1961 les scènes de combat du Miracle des loups avec Jean Marais.

Bride 2.jpg

Ce plan a été réalisé dans la rue du Four Saint-Nazaire, alternant avec plusieurs autres scènes, pour lesquelles la ville de Sarlat (Dordogne) servit de décor. 

sting.jpg

Le comédien et chanteur Sting, que l'on voit ici à l'hôtel de la Cité posant pour une agence de presse américaine, apprécia les vins des Corbières. Une excellente publicité... Dommage que la Cité n'attire plus guère les caméras du 7e art, car mis à part quelques téléfilms, on n'a plus tourné de longs métrages depuis 1993. C'était "Les visiteurs" de Jean-Marie Poiré avec Jean Reno et Christian Clavier.

________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

 

09:38 Publié dans Cinéma, La Cité | Tags : la promise | Lien permanent | Commentaires (1)

21/04/2015

"Le destin" de Y. Chahine, tourné à Carcassonne et primé au Festival de Cannes 1997

Le destin

(المصير)

Affiche-DESTIN-LE.jpg

Film Égyptien 

de

Youssef Chahine

(1926-2008)

Youssef_Chahine.jpg

Le scénario de ce long métrage traite des sujets de la tolérance et de l'intégrisme au cours d'une histoire située au XIIe siècle. 

Dans le Languedoc, au XIIe siècle. Un traducteur des oeuvres du grand philosophe arabe Averroès est brûlé comme hérétique. Son fils, Joseph, parvient à s'enfuir, à gagner l'Andalousie et à trouver refuge auprès d'Averroès lui-même, alors Grand Juge du calife Al Mansour et médecin fort réputé. Nasser, le fils aîné du calife, compte parmi les plus fidèles disciples d'Averroès, tandis que le cadet, Abdallah, ne pense qu'à la danse, à la musique et à la belle gitane dont il est follement épris depuis quelques semaines. Une secte de fanatiques prend le pouvoir. Elle tente tout d'abord d'en finir avec un doux poète, Marwan, avant d'endoctriner Abdallah...

Un sujet dans l'actualité d'aujourd'hui et terriblement visionnaire.

Capture d’écran 2015-04-21 à 12.02.39.png

Le film débute par un plan fixe sur la Cité et sur le Pont vieux

Capture d’écran 2015-04-21 à 12.03.15.png

Le plan suivant montre le Château comtal, puis l'arrivée de cavaliers dans la rue du Four Saint-Nazaire.

Capture d’écran 2015-04-21 à 12.03.51.png

Le supplicié est traîné par des chevaux jusqu'au bûcher

Capture d’écran 2015-04-21 à 12.04.16.png

Dernière scène filmée à la Cité, dans la Cour du midi

chahine.jpg

© AFP

Youssef Chahine

reçoit le Prix du 50e anniversaire du Festival de Cannes en mai 1997. Un consécration pour ce réalisateur arabe prônant la tolérance et l'ouverture culturelle. On a sans doute oublié que la Cité a bénéficié cette année-là d'une inscription à l'UNESCO et d'un film primé à Cannes. On a sans doute oublié dans Carcassonne, le message de Chahine pour la richesse et la concorde des religions et des civilisations. Certains décideurs seraient bien inspirés pour leur action culturelle de visionner ce film, comme d'ailleurs les professeurs pour élèves de la ville. Un voeux pieu... sans doute. Voici l'interview qu'il accordait sur le tournage au journal télévisé de FR3:

"D'aucune loi. J'ai pas peur de la Charia. Toutes les lois célestes ou appelez-les comme vous voulez, c'est des lois correctes. Ça dépend qui les applique. Et de quel droit, premièrement ? Est-ce qu'ils ont assez lu ? Est-ce qu'ils lisent bien ? Ou bien, ils ont des connotations spéciales à eux, à chaque mot ? C'est un l'étude de tout cela, à travers le grand philosophe arabe Averroès, qui lui, a beaucoup influencé l'âge des lumières, chez nous." (Youssef Chahine)

__________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

13:30 Publié dans Cinéma | Tags : chahine | Lien permanent | Commentaires (3)