06/12/2014

"Adémaï au Moyen-âge" fut tourné à la Cité de Carcassonne

ademai 3.jpg

Vers la fin de la guerre de Cent ans, Ademaï est un pauvre manant auquel son seigneur a ravi sa jeune et jolie femme. Ademaï tombe de calamité en calamité: condamné à la pendaison, puis à la noyade, il est définitivement abandonné par sa belle, mais toujours courageux, il se console aisément.

ademai.jpg

Noël Noël

(1897-1989)

Ce film réalisé par Jean de Marguenat en 1935 fut tourné à la Cité de Carcassonne, avec dans les rôles principaux Noël Noël, Tino Rossi, Michel Simon, Suzy Vernon...

Photos de tournage

photo2.jpg

Noël Noël et les figurants, à la barbacane de la Porte d'Aude

© C. Béteille

photo3.jpg

L'équipe technique du film

© C. Béteille

Lieux de tournage

pont troué.jpg

Une scène du film fut tournée au pont de la Seigne qui emjambait le Fresquel à cette époque. Oui, car depuis 1974 ce pont a été emporté par une crue. On le nomme vulgairement depuis : Pont troué

______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

13/10/2014

Le Ciné-club carcassonnais

Le Ciné-club carcassonnais est fondé en 1948 par une poignée d'amoureux du 7e art parmi lesquels, l'avocat Clément Cartier. L'esprit qui animait ces passionnés était de projeter des films ignorés, les tendances modernes du cinéma, la revue des classiques de l'écran...

54656370.jpg

L'adhésion à l'association en 1963 se fait par l'achat d'un carte annuelle (27 francs pour 18 séances) dont le coût de revient est à 1,50 francs par film, ou semestrielle (20 francs). Il existe également une carte scolaire semestrielle de 9 francs pour l'accès du Ciné-club au jeunes. On peut se les procurer dans les librairies Breithaup, Gally, Lauer ou Rouquette.

297916916.jpg

Les séances ont lieu tous les quinze jours, les vendredis à partir de 21 heures, au cinéma le Boléro sur le boulevard Jean Jaurès. La soirée débute par la projection d'un court métrage. Puis, une présentation orale précède le film principal. A la fin de ce dernier, il y a une discussion sur l'oeuvre visionnée et dirigée par deux animateurs. Au cours de la séance, point entr'acte ou de films publicitaires.

748810308.jpg

Les programmes sont annoncés dans la presse locale. Pour l'année 1963, voici les films du 1er semestre:

Comme un torrent (Vincente Minelli)

A travers le monde (Ingmar Bergman)

Elmer Gantry le charlatan (Richard Brooks)

El Pisito (Marco Ferreri)

Le pigeon (Mario Monicelli)

Le grand couteau (Robert Aldrich)

Le Ciné-club était affilié à la Fédération française des Ciné-clubs, agréée par le Ministère de la culture

______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014

 

10:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2)

19/10/2013

On a retrouvé le décor du Corniaud dans un restaurant de Carcassonne!

Voilà un secret jusque-là précieusement gardé par le discret et talentueux restaurateur de l'Auberge des Lices, Jean-Pierre Blasco. Tout le monde sait désormais avec quel goût, le propriétaire des lieux a décoré son établissement qui fait honneur à l'esprit de notre cité médiévale. Mais... Tout le monde ignorait que le sas d'entrée, avait été conçu en réemploi des anciennes portes des cabines téléphoniques de l'Hôtel de la Cité. Rénovées par Babeth Pech, c'est cette dernière qui l'apprit à Jean-Pierre Blasco qui en fit l'acquisition. L'anecdote ne s'arrête cependant pas là, car c'est également dans cette cabine que Louis de Funès (Léopold Saroyan) parle au téléphone avec Bourvil (Maréchal) dans la célèbre scène du film Le Corniaud de G. Oury. Ce succès du Box-office fut tourné en novembre 1964 dans la cité.

photo.JPG

Le sas d'entrée de l'Auberge des Lices

vlcsnap-2013-10-19-08h13m30s210.png

Louis de Funès sort de la cabine téléphonique dans Le corniaud

vlcsnap-2013-10-19-08h18m13s91.png

Bourvil, à l'Hôtel de la Cité: "Allo! Sa sa Saroyan?"

blasco.jpg

Merci à Jean-Pierre Blasco de m'avoir révélé son secret...

 

Auberge des Lices

3, rue Raymond-Roger Trencavel

11000 Cité de Carcassonne

04 68 72 34 07

_________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

13/08/2013

An american in Carcassonne

2958998485.jpg

Un couple d'américains passe en 1932 sur le Pont vieux à bord d'une belle décapotable. Ils sont admiratifs devant la beauté de cette cité médiévale.

2633392184.jpg

Auparavant, ils étaient passés au Syndicat d'initiative, au numéro 1 de la rue de Verdun. Là, des personnes compétentes et amoureuses de leur ville leur avaient donné gratuitement, un guide de 20 pages en anglais sur l'histoire du château.

514258921.jpg

On leur remit également cette brochure en français contenant la liste des hôtels et leurs tarifs. Au total, 460 chambres dont 420 avec l'eau courante. Ils furent heureux de lire qu'ils n'auraient pas à s'acquitter de la taxe de séjour. Autre liste, celle de tous les commerçants affiliés au Syndicat d'initiative avec leurs produits avec un plan de la ville.

600235609.jpg

Une fois arrivés sur la place Saint-Nazaire, le service de bagages de l'Hôtel de la citéprit leurs effets sur lesquels il posa cet autocollant. Puis, le voiturier alla mettre le véhicule dans le garage situé derrière la basilique. "Welcome in the walled city of Carcassonne!" dit l'hôtesse d'accueil avec son accent typiquement chantant. "You're name, please?" Le touriste américain répondit simplement: "Mr and Mrs Stewart James"

3719908092.jpg

L'acteur américain James Stewart et Gloria, son épouse, dans le hall de l'hôtel de la cité.

3851054989.jpg

Lors du déjeuner, ils prirent place dans la prestigieuse salle à manger de l'hôtel. On leur servit une cuisine de grande qualité dans la tradition française chère à Prosper Montagné. Ils garderont à jamais un souvenir inoubliable de ce décor de cinéma, bien plus magique que ceux d'Hollywood.

Voilà comment dans ces années là, Carcassonne savait recevoir les grands de ce monde qui aujourd'hui fuient vers le Pays basque ou la Côte d'azur. Carcassonne garde majoritairement ses mangeurs de glaces et de kebab sans éducation ni respect qui débarquent de la plage les jours de pluie. Faut dire que le commerçant de la cité s'est adapté, il est à leur image. Heureusement, certains parmi eux résistent et tirent la Cité vers le haut mais pour combien de temps?

_______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

08:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6)

31/05/2013

L'histoire du Chapeau rouge, rue Trivalle

A l'origine le Chapeau rouge était une auberge située dans la rue Trivalle, dont le nom venait de la couleur du couvre-chef des postillons au temps des calèches. Le bâtiment passa par la suite entre les mains de plusieurs propriétaires dont le plus notable fut le Chanoine Verguet, (auto-proclamé Evêque de la Trivalle) avant de devenir un garage en 1938. Jacques Cau s'en porte ensuite acquéreur en 1954 et transforme l'ancienne auberge en salle de cinéma. L'architecte Henri Castella est chargé de la transformation.

musique

Le 15 décembre 1954, le rideau se lève sur la première séance du Chapeau-rouge avec "Pain, amour et jalousie" avec Gina Lollobrigida et Vittorio de Sica

849362458.jpg

Sur cette vieille carte postale de 1900 que j'ai volontairement agrandie, on remarquera l'enseigne sur le mur. A la loupe, on y voit clairement inscrit "Chapeau rouge".

2013-05-31_09h06_33.png

La salle de cinéma avait une capacité de 517 places assises. Le personnel faisant tourner cette entreprise artisanale était composé d'un opérateur, d'une caissière, d'un contrôleur, d'une femme de ménage, d'un gardien et de trois ouvreuses. Les films les plus plébiscités furent "Il était une fois dans l'ouest", "La strada" et "Johnny guitare". Il n'y avait pas pour ce cinéma de spécialisation et l'on pouvait très bien y voir des films art et essais et des films interdits aux mineurs. La dernière séance, ce fut hélas un triste jour de l'année 1987...

690314064.jpg

Jacques Cau (à gauche), fondateur et directeur du Chapeau-rouge de 1954 à 1975. Cette salle de cinéma a projeté dans les années 80 des films à caractère pornographiques. Elle a connu une période d'abandon avant que la municipalité Chésa ne la transforme en salle de spectacle. Mise à la disposition de l'association 11 bouge par la municipalité Pérez, cette location et les subventions allouées furent remises en cause en 2014 par le nouveau maire Gérard Larrat. Capture053_555.jpg

Mise à jour en 2017

 

__________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

09:17 Publié dans Cinéma | Tags : chapeau rouge | Lien permanent | Commentaires (4)

Novembre 1964, on tourne "Le corniaud" dans la Cité

Si je vous dis: "Qui est Annie Claparède?"C'est sûr je vous pose une colle! Pourtant chacun de vous l'a vue au moins une dizaine de fois... Oui, au cinéma et dans l'un des plus célèbres films du cinéma français. Je veux parler du Corniaud avec Louis de Funès et Bourvil. Vous vous souvenez de la serveuse du café de France qui dit sur la place de la basilique St-Nazaire: "On demande M. Saroyan au téléphone". Voilà, vous y êtes! Eh bien, c'était une carcassonnaise qui avait à l'époque seulement 16 ans et que je viens de retrouver après plusieurs années au fond du Morbihan. Elle a bien voulu répondre à mes questions

1234879614.jpg

Comment avez-vous été choisie, vous aviez déjà fait du théâtre?"J'ai simplement répondu à une annonce sur le journal dans laquelle on cherchait des figurants pour le film. Ensuite, je me suis présentée sur la place St-Nazaire où il y avait déjà au moins 200 postulants. Au bout d'un instant quelqu'un m'a tapé sur l'épaule et m'a demandé si je voulais faire un essai pour un rôle. C'était Gérard Oury... Vous avez donc fait cet essai? "Oui et je me souviens même qu'on m'a demandé d'accentuer mon accent! Après tout s'est enchaîné avec le tournage où nous avons recommencé la scène de nombreuses fois". Cela a duré longtemps? "Je suis resté bien quinze jours avec eux. Nous déjeunions avec tous les acteurs et techniciens du films sur place où la production avait monté une cantine". Quels étaient vos rapports avec Louis de Funès? "Il ne parlait pas; c'était un monsieur très discret et je pense que c'était son tempérament". Et Bourvil? "Très gentil. Il me faisait beaucoup rire". Le café de France sur la place existait ou bien avait-il été monté pour les besoins de la scène? "Non, c'était un magasin de souvenirs qu'ils ont transformé. Bien des années après en me promenant à Sorède (P-O) je suis tombé sur l'ancien patron du magasin, il était devenu ermite. Quelle coïncidence"! Vous souvenez-vous du montant de votre cachet? J'ai gagné 80 francs et à l'époque c'était beaucoup. Vous n'avez pas continué après ce début d'actrice?" Figurez-vous que Gérard Oury voulait que j'aille avec eux à Paris. Il disait que j'étais une petite Jeanne Moreau. J'avais 16 ans et mes parents n'ont pas voulu me laisser partir. C'est dommage... Pour terminer y a t-il quelque chose qui vous a marqué?"On me ramenait chez moi au centre ville tous les soirs avec la Cadillac du film, ça je m'en souviens!

178576512.jpg

Annie m'a gentiment envoyé le conducteur de la journée de tournage du mercredi 4 novembre 1964. Sur ce document figurent les scènes à tourner, la convocation des acteurs pour le maquillage. On voit également que l'équipe s'était installée à l'Hôtel Terminus.

1387514708.jpg

Bourvil au milieu des gardiens de la paix carcassonnais pendant le tournage

947511086.jpg

Annie Claparède a toujours eu une âme d'artiste. Avant de figurer dans le Corniaud, elle faisait de la danse chez Annie Brumas et avait été même élue Miss "Laines Woodmark" lors d'une soirée au Club, rue de l'Aigle d'or. "J'avais gagné un agneau et quand ma mère m'a vue arriver avec cet animal..." Tel Antoine Maréchal (Le corniaud, dans le film), elle a traversé les mêmes lieux mais à l'envers: Carcassonne (lieu de sa naissance), Naples (où elle a connu son mari) et Paris (où elle a habité pendant longtemps). En Italie, elle a été mannequin pendant un an puis elle a animé une émission de télévision. Le destin n'aura pas voulu qu'elle suive Gérard Oury mais elle n'a pas refusé à ses enfants de poursuivre une carrière artistique. Sa fille travaille au Crazy Horse et son fils s'est lancé dans la réalisation. Merci Suzanne... Oh! pardon, Annie Cangiano. Ça c'est vraiment un nom d'actrice, vous ne trouvez pas?

__________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

08:49 Publié dans Cinéma | Tags : cinema | Lien permanent | Commentaires (4)