30/09/2013

La maison natale d'André Cayatte, cinéaste

André Cayatte (1909-1989), réalisateur de nombreux films cinématographiques, est né à Carcassonne le 3 février 1909. Après de sérieuses études, il devient avocat au barreau de Toulouse puis de Paris, avant de se lancer dans le journalisme et finalement, le cinéma. Cayatte est un farouche opposant de la peine de mort depuis que son cousin, aumônier à la prison de Carcassonne, pour n'avoir pas supporté d'être contraint d'assister à une exécution capitale, s'était suicidé.

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Je ne citerai pas ici les films d'André Cayatte car d'autres sites le font mieux que moi. Simplement, retenons parmi eux Mourir d'aimer (1971) avec Annie Girardot.

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Ce film est fortement inspiré d'un fait réél. Celui de Gabrielle Russier (1937-1969) qui s'était suicidée pendant son jugement suite à sa liaison avec un jeune élève.

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Les parents d'André Cayatte étaient épiciers dans la rue de Denisse

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C'est dans cette maison qui fait angle avec les rues Denisse et Pinel qu'est né André Cayatte. Vous y passez souvent devant sans savoir; demain, ne sera plus comme hier. Où se trouve la plaque sur la façade qui devrait indiquer le nom de ce célèbre carcassonnais? Où se trouve l'école qui porte son nom? Il fallait pourtant être militant pour oser s'opposer dans les années 50 et 60 à loi sur la peine de mort. Rien, la ville n'a rien retenu de lui. Tiens, Maître Tarlier, si vous montiez un festival du film... Festival André Cayatte, contre l'injustice et pour le droit à la présomption d'innocence, cela aurait de la gueule dans cette ville plus prompte à juger qu'à défendre!!!

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13/08/2013

An american in Carcassonne

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Un couple d'américains passe en 1932 sur le Pont vieux à bord d'une belle décapotable. Ils sont admiratifs devant la beauté de cette cité médiévale.

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Auparavant, ils étaient passés au Syndicat d'initiative, au numéro 1 de la rue de Verdun. Là, des personnes compétentes et amoureuses de leur ville leur avaient donné gratuitement, un guide de 20 pages en anglais sur l'histoire du château.

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On leur remit également cette brochure en français contenant la liste des hôtels et leurs tarifs. Au total, 460 chambres dont 420 avec l'eau courante. Ils furent heureux de lire qu'ils n'auraient pas à s'acquitter de la taxe de séjour. Autre liste, celle de tous les commerçants affiliés au Syndicat d'initiative avec leurs produits avec un plan de la ville.

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Une fois arrivés sur la place Saint-Nazaire, le service de bagages de l'Hôtel de la cité prit leurs effets sur lesquels il posa cet autocollant. Puis, le voiturier alla mettre le véhicule dans le garage situé derrière la basilique. "Welcome in the walled city of Carcassonne!" dit l'hôtesse d'accueil avec son accent typiquement chantant. "You're name, please?" Le touriste américain répondit simplement: "Mr and Mrs Stewart James"

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L'acteur américain James Stewart et Gloria, son épouse, dans le hall de l'hôtel de la cité.

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Lors du déjeuner, ils prirent place dans la prestigieuse salle à manger de l'hôtel. On leur servit une cuisine de grande qualité dans la tradition française chère à Prosper Montagné. Ils garderont à jamais un souvenir inoubliable de ce décor de cinéma, bien plus magique que ceux d'Hollywood.

Voilà comment dans ces années là, Carcassonne savait recevoir les grands de ce monde qui aujourd'hui fuient vers le Pays basque ou la Côte d'azur. Carcassonne garde majoritairement ses mangeurs de glaces et de kebab sans éducation ni respect qui débarquent de la plage les jours de pluie. Faut dire que le commerçant de la cité s'est adapté, il est à leur image. Heureusement, certains parmi eux résistent et tirent la Cité vers le haut mais pour combien de temps ?

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31/05/2013

L'histoire du Chapeau rouge, rue Trivalle

A l'origine le Chapeau rouge était une auberge située dans la rue Trivalle, dont le nom venait de la couleur du couvre-chef des postillons au temps des calèches. Le bâtiment passa par la suite entre les mains de plusieurs propriétaires dont le plus notable fut le Chanoine Verguet, (auto-proclamé Evêque de la Trivalle) avant de devenir un garage en 1938. Jacques Cau s'en porte ensuite acquéreur en 1954 et transforme l'ancienne auberge en salle de cinéma. L'architecte Henri Castella est chargé de la transformation.

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Le 15 décembre 1954, le rideau se lève sur la première séance du Chapeau-rouge avec "Pain, amour et jalousie" avec Gina Lollobrigida et Vittorio de Sica

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Sur cette vieille carte postale de 1900 que j'ai volontairement agrandie, on remarquera l'enseigne sur le mur. A la loupe, on y voit clairement inscrit "Chapeau rouge".

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La salle de cinéma avait une capacité de 517 places assises. Le personnel faisant tourner cette entreprise artisanale était composé d'un opérateur, d'une caissière, d'un contrôleur, d'une femme de ménage, d'un gardien et de trois ouvreuses. Les films les plus plébiscités furent "Il était une fois dans l'ouest", "La strada" et "Johnny guitare". Il n'y avait pas pour ce cinéma de spécialisation et l'on pouvait très bien y voir des films art et essais et des films interdits aux mineurs. La dernière séance, ce fut hélas un triste jour de l'année 1987...

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Jacques Cau (à gauche), fondateur et directeur du Chapeau-rouge de 1954 à 1975. Cette salle de cinéma a projeté dans les années 80 des films à caractère pornographiques. Elle a connu une période d'abandon avant que la municipalité Chésa ne la transforme en salle de spectacle. Mise à la disposition de l'association 11 bouge par la municipalité Pérez, cette location et les subventions allouées furent remises en cause en 2014 par le nouveau maire Gérard Larrat. Capture053_555.jpg

Mise à jour en 2017

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09:17 Publié dans Cinéma | Tags : chapeau rouge | Lien permanent | Commentaires (4)

Novembre 1964, on tourne "Le corniaud" dans la Cité

Si je vous dis: Qui est Annie Claparède ? C'est sûr je vous pose une colle ! Pourtant chacun de vous l'a vue au moins une dizaine de fois... Oui, au cinéma et dans l'un des plus célèbres films du cinéma français. Je veux parler du Corniaud avec Louis de Funès et Bourvil. Vous vous souvenez de la serveuse du café de France qui dit sur la place de la basilique St-Nazaire: "On demande M. Saroyan au téléphone". Voilà, vous y êtes ! Eh bien, c'était une carcassonnaise qui avait à l'époque seulement 16 ans et que je viens de retrouver après plusieurs années au fond du Morbihan. Elle a bien voulu répondre à mes questions

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Comment avez-vous été choisie, vous aviez déjà fait du théâtre ? "J'ai simplement répondu à une annonce sur le journal dans laquelle on cherchait des figurants pour le film. Ensuite, je me suis présentée sur la place St-Nazaire où il y avait déjà au moins 200 postulants. Au bout d'un instant quelqu'un m'a tapé sur l'épaule et m'a demandé si je voulais faire un essai pour un rôle. C'était Gérard Oury... Vous avez donc fait cet essai ? "Oui et je me souviens même qu'on m'a demandé d'accentuer mon accent ! Après tout s'est enchaîné avec le tournage où nous avons recommencé la scène de nombreuses fois". Cela a duré longtemps ? "Je suis resté bien quinze jours avec eux. Nous déjeunions avec tous les acteurs et techniciens du films sur place où la production avait monté une cantine". Quels étaient vos rapports avec Louis de Funès ? "Il ne parlait pas; c'était un monsieur très discret et je pense que c'était son tempérament". Et Bourvil ? "Très gentil. Il me faisait beaucoup rire". Le café de France sur la place existait ou bien avait-il été monté pour les besoins de la scène ? "Non, c'était un magasin de souvenirs qu'ils ont transformé. Bien des années après en me promenant à Sorède (P-O) je suis tombé sur l'ancien patron du magasin, il était devenu ermite. Quelle coïncidence" ! Vous souvenez-vous du montant de votre cachet ? J'ai gagné 80 francs et à l'époque c'était beaucoup. Vous n'avez pas continué après ce début d'actrice ?" Figurez-vous que Gérard Oury voulait que j'aille avec eux à Paris. Il disait que j'étais une petite Jeanne Moreau. J'avais 16 ans et mes parents n'ont pas voulu me laisser partir. C'est dommage... Pour terminer y a t-il quelque chose qui vous a marqué ? "On me ramenait chez moi au centre ville tous les soirs avec la Cadillac du film, ça je m'en souviens !

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Annie m'a gentiment envoyé le conducteur de la journée de tournage du mercredi 4 novembre 1964. Sur ce document figurent les scènes à tourner, la convocation des acteurs pour le maquillage. On voit également que l'équipe s'était installée à l'Hôtel Terminus.

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Bourvil au milieu des gardiens de la paix carcassonnais pendant le tournage

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Annie Claparède a toujours eu une âme d'artiste. Avant de figurer dans le Corniaud, elle faisait de la danse chez Annie Brumas et avait été même élue Miss "Laines Woodmark" lors d'une soirée au Club, rue de l'Aigle d'or. "J'avais gagné un agneau et quand ma mère m'a vue arriver avec cet animal..." Tel Antoine Maréchal (Le corniaud, dans le film), elle a traversé les mêmes lieux mais à l'envers: Carcassonne (lieu de sa naissance), Naples (où elle a connu son mari) et Paris (où elle a habité pendant longtemps). En Italie, elle a été mannequin pendant un an puis elle a animé une émission de télévision. Le destin n'aura pas voulu qu'elle suive Gérard Oury mais elle n'a pas refusé à ses enfants de poursuivre une carrière artistique. Sa fille travaille au Crazy Horse et son fils s'est lancé dans la réalisation. Merci Suzanne... Oh! pardon, Annie Cangiano. Ça c'est vraiment un nom d'actrice, vous ne trouvez pas ?

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17/05/2013

Les cinéastes de la Cité et Georges Savi

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Georges Savi a été pendant plus de 70 ans le roi de la bobine à Carcassonne. Ses débuts auraient pu lui coûter la vie... Après avoir transformé un vieux poste à galène en émetteur radio, avec l'aide de copains ils lancent sur les ondes: "L'Allemagne a perdu la guerre, Hitler est un salaud!" Nous sommes en 1944 et l'occupant alerté par l'annonce, quadrille le quartier du Dôme avec un camion équipé d'un radar afin de localiser l'émetteur. Les résistants en herbe cachés dans un grenier furent prévenus juste à temps et évitèrent ainsi de très sérieux ennuis. Ce fils de cheminot peut-être avait-il été inspiré par la lutte que menait les agents de la SNCF contre l'ennemi nazi... Quoiqu'il en soit c'est comme éclectricien à la ville qu'il fera toute sa carrière avec en parallèle une passion immodérée pour le cinéma. Comme membre du Ciné club carcassonnais, il se lance dans la réalisation artisanale de films amateurs avec certains amis comme Ramon Marti et André Bousquet.

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"Chasse interdite"produit par Les cinéastes de la cité et réalisé par G. Savi avec: Mireille Facq, André Bousquet, Georges Savi, Ramon Marti

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"Les feuilles mortes"est un film humoristique mettant en scène les problèmes d'un contribuable et d'un percepteur jouant au pipeau "la valse du contribuable"... Film muet en noir et blanc avec en fond sonore la chanson d'Yves Montand.

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Fugue opus 22" a été tourné dans le parc au matériel municipal de la ville avec des carcassonnais. Les chapeaux melons avaient été prêtés par la chapellerie Blain. Il s'agit d'un film muet en couleur avec de nombreux et ingénieux trucages.

Ci-dessous une partie du film que j'ai mis en ligne sur Youtube

http://www.youtube.com/watch?v=Tp7bcUtVytg

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"Le soucier" est un film muet (16mm) en noir et blanc de Georges Savi, interprété par Ramon Marti (photo) et Henri Bissiriex. Tourné dans la région de Pomas, Verzeille et Pieusse, il a été primé au festival de Cracovie (Pologne) et de Cannes dans la catégorie amateur. "Nous partions le dimanche avec le pied de la caméra sur le porte-bagages de la mobylette pour tourner. La caméra Paillard m'avait été prêtée par le photographe Rougé, chez qui nous portions nos films à développer. Kodak mettait une semaine à nous les renvoyer; après quoi, nous faisions le montage chez moi. Ramon Marti était peintre décorateur, ce qui m'a permis de faire de beau trucages à partir d'objets inanimés" (G. Savi)

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L'envers du décor est un film en couleur sur le tournage du "Miracle des loups" d'André Hunebelle. C'est ce qu'on appellerait aujourd'hui le Making-of. Georges Savi avait obtenu grâce à son ami Jean Alary, l'autorisation de filmer le tournage et les comédiens Jean Marais, Rosanna Sciaffino, Jean-Louis Barrault. On y voit de nombreux figurants carcassonnais pendant les prises. C'est un document exceptionnel et unique que l'on peut voir dans le double DVD de Christian Salès.

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