17/12/2016

Le café français, place Davilla

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Jusque dans les années 1980, le Café Français se tenait sur la place Davilla dans l'immeuble Tomey. Cet établissement était tenu dans les années 1950 par M. Bouc. Sur même trottoir en remontant, se trouvaient l'épicerie Crouzilles, Canavy, le marchand de graines Rieux et la boucherie Marcel. En face (aujourd'hui un restaurant), il y avait Gleizes, graines en gros. les lignes des autobus des Courriers du Midi faisaient une halte devant le Café Français. Le trottoir devant le bistrot était encombré de sacs cageots et toutes sortes de choses « précieuses » achetées en ville et qui partaient avec les passagers embarquant pour les villages de la ligne Carcassonne, Bélesta. Des poules et des lapins prenaient part au voyage… Le chauffeur connaissait tout le monde. Dès que l’heure du départ approchait, les gens s’agitaient, s’interpellaient fébrilement comme si on allait partir pour un voyage lointain. Il y avait toujours un passager qui traînait au bar. Le chauffeur klaxonnait rageusement pour l’appeler…

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Le Café Français était tenu par M. Flanzy au début du XXe siècle

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Sur la photo ci-dessus datant de la fin du XIXe siècle, le café Français n'existe pas encore.

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Le café français a disparu de cette place Davilla qui manque cruellement d'animations. Une rénovation avec un peu de verdure s'imposerait...

Mise à jour de l'article le 17/12/2016

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21/10/2016

La mercerie Bénédetti, souvenirs d'un commerce familial

Marguerite Bénédetti ouvrit une mercerie dans les années 1930 au 22 rue Courtejaire, juste en face des Nouvelles Galeries (Monoprix). Ce commerce occupé autrefois par l'armurier Belloc ferma ses portes en 1996. C'est aujourd'hui, un marchand de sandwichs à emporter.

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Marguerite Bénédetti

Au 41 de la rue Clémenceau - à 100 mètres de là - M. Bénédetti tenait le magasin Tricoton dans lequel on se fournissait en laines à tricoter. Avant la Seconde guerre mondiale, la boutique se nommait "Au chic féminin".

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Le magasin Tricoton dans les années 1950

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L'intérieur de la boutique

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Monsieur Bénédetti et sa fille

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Dans les années 1960, les publicitaires rivalisaient d'imagination pour faire connaître les produits. Quoi de plus simple que de faire atterrir un hélicoptère au portail des Jacobins pour impressionner le chaland ?

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L'ancien Tricoton s'agrandit et se rénova ; il prit le nom des laines Pinguoin. 

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On savait fabriquer en France...

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Les clients faisaient la queue dès l'ouverture 

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En 2008, l'ancienne mercerie Bénédetti a été vendue à une enseigne nationale de prêt-à-porter masculin. On rénova la façade, ce qui permit de mettre au jour des arcades et des fenêtres à meneaux. La mercerie venait de tirer un trait sur plus d'un demi-siècle d'existence.

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19/10/2016

Le Café des Colonies, boulevard Jean Jaurès

Déjà en 1897, le Café des colonies figurait sur les annuaires de l'époque comme un établissement de premier ordre entièrement restauré en neuf. François Lassere, le propriétaire, avait entièrement transformé cet affenage pour les chevaux en café. A la belle saison, il proposait des glaces et des sorbets et la vente de la bière Müller dont il était le dépositaire exclusif. Le seul établissement ouvert la nuit jusqu'au passage des rapides.

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François Lassere et sa famille

Cet établissement vit se succéder de nombreux propriétaires. Après la Seconde guerre mondiale, il était fréquenté par les soldats du régiment indochinois cantonné à la caserne Laperrine. Le plus célèbre de ses patrons fut M. Lopez, donateur de la Coupe de l'Aude de football. 

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Le café des colonies resta longtemps le siège du District de l'Aude de football, puis celui du R.A.C (Racing Athétic Carcassonnais), ancêtre de l'actuel F.A.C. Les équipes qui jouent chaque année dans notre département la Coupe Lopez, sauront désormais à qui il la doivent.

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En 1967, le café des colonies devint la propriété de la famille Santandreu qui le modernisa. ils sont actuellement les patrons du café "Le Carnot" sur la place du même nom ; là même où tous nos politiques se font voir à la terrasse, les jours de marché. En 1980, le café des colonies est vendu à M. Armengaud.

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Aujourd'hui, l'établissement a changé de nom marquant la fin d'une histoire avec nos anciennes colonies. Autres temps, autres moeurs... C'est désormais la Brasserie du Palais. Les vieux Carcassonnais continuent à l'appeler le Café des colonies....

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06/07/2016

Les cycles Montoconfort, route Minervoise

Nous allons évoquer le magasin de cycles de la marque Montoconfort tenu dans les années 1950 par E. Baldelon. Ce commerce se trouvait au numéro 30 de la route Minervoise, à l'angle avec la rue Montpellier. Il y avait déjà un marchand de cycles au début du XXe siècle sur cet axe au numéro 20: M. Combes.

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J'ai scanné une de mes cartes postales au maximum et l'on voit bien l'immeuble avec l'enseigne Montoconfort sur la façade (au centre de la photo). Sur la droite, on remarque même l'enseigne du restaurant "A la grillade".

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Une Motoconfort U56C de 1954, vendue autrefois chez Baldelon

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Le magasin avait été repris dans les années 1960 par Pierre Pieters

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Au début des années 1970, la route Minervoise était endeuillée par le décès tragique de la famille Pieters dans un accident de la route.

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Le passage du Tour de France 1981 devant le magasin de cycles Motobécane - anciennement Motoconfort. Le commerce était alors tenu par Castex.

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02/04/2016

Les étalissements Capdeville, confort ménager

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Juste à côté de la pharmacie Coll située à l'angle des rues Courtejaire et Ramond, se tenait dans les années 60 le magasin de M. Capdeville. C'est là que l'on pouvait acquérir les nouveaux appareils ménagers pour le plus grand bonheur de ces dames. Nous voyons qu'il était par ailleurs possible de garer son véhicule devant le magasin, ce qui est de nos jours totalement impossible.

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La devanture a ensuite évolué vers un style plus moderne

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Le bâtiment est occupé aujourd'hui par un bijoutier

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04/03/2016

L'histoire du Grand hôtel Bonnet, rue A. Ramond

Le Grand hôtel Bonnet a été fondé vers 1824 dans l'un des deux immeubles qui furent choisi pour loger le comte de Peyre et sa suite, lors de la tenue des Etats du Languedoc en 1701 à Carcassonne.

Lettre de Louis XIV

Chers et bien aimés, ayant ordonné la convocation et l'assemblée des Etats de notre province de Languedoc pour l'année présente en notre ville de Carcassonne au dernier jour d'Aoust prochain et à cette fin fait expédier nos lettres et commissions requises et nécessaires, nous vous en avons bien voulu donner avis par celle-ci et vous dire que vous avez à vous y trouver pour ouir les remontrances et propositions qui y seront faites par nos députés et sur icelles nous donner la satisfaction  que nous nous sommes toujours promise de votre fidélité et dévotion au bien de nos affaires et repos de notre royaume, ainsi qu'avez ci devant fait en bons et loyaux sujets, et n'y faites faute. Car tel est notre plaisir.

Donné à Versailles le 10e jour de juillet 1701.

                                 Louis signé

Dans le Carron Danty - compris entre les rues Pelisserie (Ramond), Saint-Michel (Voltaire) et les traverses des Orfèvres (Courtejaire) et Saint-Michel (Chartran) - les deux maisons furent remises en l'état pour un coût total de 1500 livres. La première avait appartenu aux Roux de Puivert et à la présidente Danty ; au XIXe siècle c'est la famille de Dominique Laperrine - époux de Pauline d'Hautpoul - qui en prit possession. A l'intérieur, on trouve un escalier datant de la Restauration.

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Le N° 6 rue Chartran

Le N° 6 de la rue Chartran appartenait en 1729 à Gabriel Maurel - conseiller - de la même famille des Maurel de la Pujade dont le père était marchand. En 1701, on l'avait fait communiquer avec la maison du futur hôtel Bonnet, dans laquelle coucha Charles de Groslée Virville, premier chambellan de SAR Gaston de France et lieutenant-général pour le roi en la province du Languedoc. Il était accompagné de François de Vissec, gouverneur de la Cité de Carcassonne. M. de Danty, maire perpétuel, fut chargé d'organiser cet évènement.

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Au début du XIXe siècle, François Bonnet - traiteur de son état - fonde avec son épouse Marie Affigne, un hôtel de voyageurs au N°41 de la rue de la mairie, actuelle rue A. Ramond. Il transforme bien entendu l'ancien immeuble dans lequel, il offre également un service de bains. Le guide du voyageur de 1834 fait référence de l'établissement comme possédant bains, remises, écuries et bonne table. Le couple Bonnet peut compter sur l'aide d'Alphonse Bibent - Maître d'hôtel- marié à Victorine Bonnet et sur Irma Bonnet mariée à Achille Sarrail - le fils du Président du Tribunal de Commerce.

Le personnel en 1851

Montagné Pierre (Cuisinier / 24 ans)

Cammat Paul (Cuisinier / 19 ans)

Ourmet Paul (Garçon de salle / 30 ans)

Calvairac Louis (Garçon de chambre / 32 ans)

Galibert Guillaume (Garçon de salle / 24 ans)

Galibert Pierre (Garçon de salle / 19 ans)

Ruffié Raymond (Garçon d'écurie / 41 ans)

Bouscasse Marie, son épouse

Molinié (Fille de service / 65 ans)

Paul Eléonore (Fille de service / 20 ans)

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En 1854, l'hôtel Bonnet est dirigé par M. Rouan. En 1875, l'ensemble du mobilier et des voitures est venue aux enchères publiques.

Le 1er octobre 1892, la gérance de l'hôtel passe entre les mains de Lucien Nartus - ancien chef de cuisine des plus grandes maisons bourgeoises. L'établissement refait à neuf entre dans la modernité sous l'ère de M. Reillat qui se verra décerner par le Touring Club de France, le diplôme d'hôtelier avec médaille d'argent. C'est l'âge d'or de l'hôtel, qui après avoir accueilli des notabilités comme M. de Lagrénée - ambassadeur de France en Espagne en 1850 - verra passer le cinéaste Louis Feuillade avec sa troupe en 1908 et l'aviateur Jules Védrines en 1911.

Un an après, M. Fourcade rachète l'hôtel qui possède le chauffage central, des salles de bains, une grande salle de dîner, le garage et des omnibus pour tous les trains. Malheureusement, la Grande guerre va interrompre l'activité hôtelière, puis y mettre un terme. A partir du 23 avril 1915 et jusqu'au 20 décembre 1918, le Grand hôtel Bonnet et ses 118 lits sert d'abord d'annexe N°51 puis d'Hôpital de campagne.

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Aujourd'hui, les Affaires de sociales de la ville de Carcassonne occupent les locaux de l'ancien Hôtel Bonnet. Il reste encore dans la cour quelques vestiges de son prestigieux passé. Nous espérons contribuer à faire connaître l'histoire oubliée de Carcassonne qui mériterait bien autre chose que ce qu'elle est devenue...

Sources

La presse locale

Mémoires de la Soc des Arts et Sciences / 1909

ADA 11 (Etat-civil et recensement) 

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