04/09/2017

Le magasin de nouveautés "A la vierge", Gastilleur frères

Il semblerait d'après nos recherches généalogiques que la famille Gastilleur, originaire de Brenac dans l'Aude, soit venue s'installer à Carcassonne après la Révolution française. Jean Gastilleur, perruquier de son état, aura trois fils : Jean Augustin, Marc et Guillaume domiciliés 114 rue Royale (actuelle rue de Verdun). Ces deux derniers officieront également comme perruquiers dans notre ville. Jean Augustin, fils de Guillaume, sera marchand de chaussures (9, rue de la gare) et aura deux fils Gustave et Victor - ce dernier connu pour ses talents de poète. Jacques Eloi et Jean Auguste, fils de Marc, seront à l'origine de la fondation vers 1855 d'un magasin de nouveautés, appelé "A la vierge". 

Gastilleur frères.jpg

Le magasin Gastilleur frères, rue de Verdun

Au XVIIIe siècle, cet emplacement est occupé dans le carron Pech par Jean Bourbon, marchand quincailler. A l'angle de la rue de Verdun et de la rue Chartrand, on distingue une magnifique statue en marbre blanc. Le sculpteur serait Barata fils, à qui l'on doit la fontaine de Neptune de la place Carnot. Monsieur H. Bourbon était propriétaire de cette maison ; il acheta cet oeuvre d'art et la fit placer à cette niche qui abritait autrefois la statue votive de Notre-Dame du Sauveur. Celle-ci avait été placée à cet endroit dans un oratoire, afin de matérialiser l'emplacement de l'ancienne église du N-D du Sauveur qui fut supprimée lors de la construction de l'Officialité au XIVe siècle. Les sculptures ornant la façade du magasin Gastilleur seraient l'œuvre d'Isidore Nelli (1810-1900).

Capture d’écran 2017-09-04 à 14.28.47.png

Le 18 avril 1896, un autre fils de Marc Gastilleur - Antoine (1834-1902) - s'associe avec Mlle Marie Gastilleur, Mme veuve Coll, Armand Bories et Louis Satgé et fonde une Société particulière et civile d'administration des bains de Rennes. Le siège s'établit chez Satgé frères, 62 rue de la République. Le but de cette association est la création à terme d'une grande société anonyme.

Capture d’écran 2017-09-04 à 14.37.56.png

En 1901, meurt Jean Auguste Gastilleur dit Augustin, co-fondateur avec son frères Jacques Eloi du magasin de nouveautés de la rue de Verdun. Son fils, Charles (1868-1933) reprend cette affaire et la développe jusqu'à fonder le 17 mars 1913 la Société Gastilleur frères "A la vierge". Il vivra entre sa propriété d'Ariens et sa maison 101 boulevard Barbès. Marié avec Marie Jeanne Aybram, il aura trois enfants : Jean Augustin (1897-1939), André (1900-1982) et Henry. Ce dernier ouvrira une succursale à Toulouse.

1738395131.png

L'ancien magasin "A la vierge". Aujourd'hui, La ferme.

L'étude généalogique et les recherches effectuées dans la presse ancienne, nous ont permis de retracer l'histoire de cette famille avec beaucoup de précisions. De cette analyse, se détachent deux branches, dont l'origine est Jean Gastilleur, perruquier originaire de Brénac. Si les deux furent commerçantes au milieu du XIXe siècle, celle dont est issue le poète Victor Gastilleur tint un magasin de chaussures, 9 rue de la gare. Le fonds fut vendu le 6 avril 1913 à Jules Lalanne et Marthe Blanic, qui firent perdurer à cet endroit la vente de chaussures. 

Nos recherches généalogiques sur la famille Gastilleur seront mise en ligne sur le site geneanet.com afin que désormais, elles soient utiles à tous.

Sources

Le courrier de l'Aude

Etat-civil et recensement / ADA 11

Cartulaire de Mahul

________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

24/08/2017

Les anciens hôtels de voyageurs de la Bastide St-Louis au XIXe siècle

Il s'agit-là d'une recherche qui, à notre connaissance, n'a jamais été faite pour Carcassonne. Pourtant, la quête historique des anciens hôtels, permet de par leur situation géographique, de situer les principaux axes économiques et touristiques à l'intérieur de la ville. Nous avons donc ouvert grimoires et annuaires, épluché les liste de recensement, exploré les registres de l'état-civil et enfin, procédé par déductions. Pourquoi ? Tout simplement, parce que les numéros de rues ont évolué au fil des années. 

Hôtel Saint-Pierre

2897572883.jpg

Jusqu'à la Révolution française, l'actuel immeuble abritant le magasin "Yves Rocher" (autrefois Artozoul, chasse et pêche) n'existait pas. C'était l'enclos de l'église des Carmes, dans le carron qui porte le même nom. En 1791, l'ensemble du terrain et des bâtiments propriété des Carmes est aliéné à l'état et vendu comme Bien national. Pierre Laurent Sarand en fait l'acquisition et transforme l'église en affenage. Les chevaux remplacent alors les fidèles... A l'angle de la rue de la liberté, on construit une Maison de roulage ; elle prend au début du XIXe siècle, le nom d'hôtel Saint-Pierre. Parmi les propriétaires successifs, on citera Catherine Souquet veuve Marty (1833), Isidore Clergue (1865), M. Martignole (Maître d'hôtel - 12 novembre 1869), Emile Aybram et ses descendants jusqu'à aujourd'hui. Au sommet de l'immeuble, la date de 1884 fait référence à l'année de réfection de la maison. La niche, quant à elle, logeait une statue de Saint-Pierre qui, d'après l'actuel propriétaire, menaçait de tomber sur les passants. Elle fut déposée par l'entreprise Escourrou.

Hôtel de la Dorade

Capture d’écran 2017-08-24 à 09.08.52.png

Ce bel immeuble sur trois étages possédant un balcon en fer forgé à chaque fenêtre, était occupé par l'Hôtel de la Dorade. Il faisait l'angle entre les rues Barbès et de l'Aigle d'or. Plus personne n'a connu cet hôtel, mais les anciens se souviendront du tailleur Olive et de sa boutique. Pierre Reillat, originaire de Ladern-sur-Lauquet, habitait déjà au numéro 17 de cette rue en 1869. A cette époque, cette artère avait pris le nom de Napoléon. Voyez comme l'histoire se venge ! Car on lui donna ensuite celui de Barbès, qui fut un acharné défenseur de la République, opposant à Napoléon III.

Reillat.png

Pierre Reillat vint à l'hôtellerie grâce à sa belle famille. Alexandre Vincent, le père de son épouse Joséphine, était aubergiste ; on retrouve le nom de Vincent, notamment comme propriétaire du Grand café Continental en 1913. Les Reillat possédèrent ensuite l'Hôtel Bonnet, rue Aimé Ramond. C'est leur fils Henri qui en eut la charge.

En 1904, avec le changement de propriétaire, l'établissement devint Hôtel d'Angleterre. Osmin Galard, traiteur, propose une salle pour les repas de noces, des chambres confortables avec électricité et WC hygiéniques. Pensez qu'à cette époque, Carcassonne ne possède pas encore de tout à l'égout ! On ne retrouve plus cet hôtel après la Grande guerre.

Hôtel Notre-Dame

Capture d’écran 2017-08-24 à 09.42.06.png

Au numéro 4 du boulevard du Jardin des plantes (actuel, Omer Sarraut), se tenait l'Hôtel Notre-Dame. Le bâtiment n'a pas changé, mis à part cette affreuse pergola mise en place en 1993 par le fast food Mac Donald's. Elle cache un peu au rez-de-chaussée à droite, une ancienne ouverture actuellement murée. C'était l'affenage de l'hôtel au XIXe siècle, par lequel entraient les chevaux. En 1824, l'hôtel accueillit Maximilien de Saxe et la princesse Amélie, sa fille, à deux heures de l'après-midi.

"Les autorités civiles et militaires les ont reçus à leur arrivée et une calèche découverte leur a été offerte par le préfet. Ils ont traversé la ville au pas, et ont adressé les paroles les plus flatteuses à MM. le préfet, le général, le baron d'Outremont (colonel de la 14e légion de gendarmerie et M. Callory, colonel du 6e chasseurs, qui faisait campagne en Catalogne". (L'ami de la religion et du roi / 1825)

Saxonia_Museum_fuer_saechsische_Vaterlandskunde_IV_01.jpg

Maximilien de Saxe

En 1897, l'hôtel Notre-Dame occupe les étages. Au rez-de-chaussée se trouve le Grand café Continental de J. Latger, de J. Loubet (1901) et de J. Vincent (1913). Tout les autres bâtiments jusqu'à la rue Armagnac sont les affenages de Coste (1901), Perdigou (1904), etc.

Hôtel Cassabel

Capture d’écran 2017-08-24 à 10.14.38.png

Angle des rues Victor Hugo et Tomey, se trouvait l'Hôtel-Resturant Cassabel. En 1894, il fait état d'une cuisine bourgeoise renommée. Tous les samedis, on y sert Gras double et Bouillabaisse ; les vendredis, c'est brandade de Morue. L'établissement propose ses chambres et une salle pour les noces. L'hôtel sera vendu à M. Amalric, ex-chef de l'hôtel Saint-Jean Baptiste.

Hôtel de l'Ange

Capture d’écran 2017-08-24 à 10.25.36.png

L'Hôtel de l'Ange, 51 rue du Pont vieux, était tenu par M. Lapeyre en 1901. Il possédait également un affenage, où les clients pouvait faire manger leurs chevaux. En 1904, l'hôtel fit sa réouverture avec L. Courbatieu aux commandes. Trente chambres meublées à neuf, restaurant au premier étage, éclairage électrique, veilleur de nuit et grandes remises.

1874.png

Publicité de 1874

 Les vieux Carcassonnais ont surtout connu à cet endroit l'Hôtel Vitrac. Pour la petite histoire, c'est là que se trouvait le mess de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme sous l'Occupation. Aujourd'hui, le restaurant "Les mets tissés" occupe les lieux.

Hôtel de Paris 

Capture d’écran 2017-08-24 à 10.39.39.png

C'est le 22 juin 1884 qu'ouvre sur le boulevard de la préfecture l'Hôtel de Paris de M. Bouchou, ex-maître de l'hôtel de l'Ange. Après son décès, sa veuve cessera son activité le 1er mai 1896. M. Bonhomme (1897) en fera l'acquisition le 1er juin 1897 et lui donnera le nom d'Hôtel Central. En 1904, Le propriétaire fut M. Lagrange qui le présenta comme l'hôtel le mieux situé de la ville. Aujourd'hui, encore l'Hôtel Central trône au milieu du boulevard Jean Jaurès, à deux pas de la préfecture.

Hôtel moderne et du commerce

Capture d’écran 2017-08-24 à 11.21.33.png

Dans la rue de la République, on voit encore l'inscription sur la façade. Le Grand Hôtel Moderne et du Commerce faisait honneur à Carcassonne par les service rendus à ses clients. Dirigé par Louis Pons, il était recommandé par le Touring-Club de France et le Cyclist Touring-Club Anglais. Outre ses chambres et  salons chauffés par la vapeur, on y trouvait un garage pour bicyclettes et automobiles.

hall.jpg

Le hall d'entrée dans les années 1930

vitre.jpg

© Martial Andrieu

Les vitraux qui ornaient autrefois les fenêtres, côté rue de la République.

Quand l'hôtel cessa son activité, on créa en ces lieux le RIAC (Restaurant Inter Administratif de Carcassonne) en 1975. Les vitraux furent alors déposés et exposés à l'intérieur de la salle de restaurant où ils se trouvent toujours.

Grand Hôtel Bernard 

Capture d’écran 2017-08-24 à 12.09.31.png

Entrée de l'Hôtel Bernard, rue de Verdun

Autre témoin du passé hôtelier de Carcassonne, cet établissement dirigé par J. Jagmet depuis 1893 fut l'un des plus prestigieux de la ville. Outre ses chambres équipés de la TCF, il comptait plusieurs salons dont une vaste salle de 200 couverts. Un omnibus faisait la navette à la gare et à la Cité. Il était également possible de tirer ses propres photographies dans la chambre noire et de communiquer par téléphone. En ce début de XXe siècle, l'hôtel s'était entièrement modernisé. D'aussi loin que nous avons pu remonter, nous trouvons la présence de l'Hôtel Bernard en 1864. Il ferma ses portes à la fin des années 1970 et fut transformé en 1986, en Résidence de l'Officialité.

Hôtel Saint Jean-Baptiste

Hôtel.jpg

Cet hôtel avait été édifié au XVIIIe siècle et se trouvait sur l'actuel emplacement du Grand Hôtel Terminus. Il était devenu vétuste et peu adapté aux progrès du début du XXe siècle. En 1912, il fut entièrement rasé. Dans une niche faisant angle avec le boulevard Sarraut, se trouvait la statue de Saint Jean-Baptiste. Il connut de nombreux propriétaires : M. Ricard mais aussi M. Bigué, père de Mlle Bigué, secrétaire du Syndicat d’Initiatives. 

Alaux.jpg

© H. Alaux

C’est sous le signe de sa disparition que se déroulèrent les fêtes de Carnaval de cette année mémorable (1914), à un moment où rien ne laissait prévoir le drame qui devait éclater six mois plus tard. Lorsque le Carcassus de l’époque sortit de la gare, il ne reconnaît plus sa bonne ville. Il devait être un bien mauvais poète, ce Carcassus, si l’on en juge par les vers di-dessous, au moyen desquels il exprima son désappointement :

Serqui San Jean Batisto
Bési pas sous houstal
Y aben respoundut
La paouré y figut
Dins le cel y rébengut
Nostre-Ségné per mousségné
La louat per sous troupel
Asa plasso, lé remplasso
Le gran Terminus Hôtel

Hôtel Bonnet

1243533814.jpg

Le Grand hôtel Bonnet a été fondé vers 1824 dans l'un des deux immeubles qui furent choisi pour loger le comte de Peyre et sa suite, lors de la tenue des Etats du Languedoc en 1701 à Carcassonne. François Bonnet - traiteur de son état - fonde avec son épouse Marie Affigne, un hôtel de voyageurs au N°41 de la rue de la mairie, actuelle rue A. Ramond. Il transforme bien entendu l'ancien immeuble dans lequel, il offre également un service de bains. Le guide du voyageur de 1834 fait référence de l'établissement comme possédant bains, remises, écuries et bonne table. Le couple Bonnet peut compter sur l'aide d'Alphonse Bibent - Maître d'hôtel- marié à Victorine Bonnet et sur Irma Bonnet mariée à Achille Sarrail - le fils du Président du Tribunal de Commerce.

3279734343.png

Le 1er octobre 1892, la gérance de l'hôtel passe entre les mains de Lucien Nartus - ancien chef de cuisine des plus grandes maisons bourgeoises. L'établissement refait à neuf entre dans la modernité sous l'ère de M. Reillat qui se verra décerner par le Touring Club de France, le diplôme d'hôtelier avec médaille d'argent. C'est l'âge d'or de l'hôtel, qui après avoir accueilli des notabilités comme M. de Lagrénée - ambassadeur de France en Espagne en 1850 - verra passer le cinéaste Louis Feuillade avec sa troupe en 1908 et l'aviateur Jules Védrines en 1911. Un an après, M. Fourcade rachète l'hôtel qui possède le chauffage central, des salles de bains, une grande salle de dîner, le garage et des omnibus pour tous les trains. Malheureusement, la Grande guerre va interrompre l'activité hôtelière, puis y mettre un terme. A partir du 23 avril 1915 et jusqu'au 20 décembre 1918, le Grand hôtel Bonnet et ses 118 lits sert d'abord d'annexe N°51 puis d'Hôpital de campagne.

3593947361.jpg

Aujourd'hui, les Affaires de sociales de la ville de Carcassonne occupent les locaux de l'ancien Hôtel Bonnet, rue Aimé Ramond. Il reste encore dans la cour quelques vestiges de son prestigieux passé. 

Hôtel Maymou

4023385418.jpg

© Coll. Patrice Cartier

La trace la plus ancienne que nous ayons retrouvée de cet établissement remonte aux années 1850. L’hôtel café Maymou, situé sur l’emplacement du Café Formule 1 et de la Brasserie de Franck Putelat était le rendez-vous des élégants officiers du 17e dragons qui tenait garnison dans la caserne proche.

putelat.jpg

L'emplacement de Hôtel-Café Maymou au portail des Jacobins

Sources

Notes, synthèses et recherches / Martial Andrieu

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

18/06/2017

Le premier Centre International de Bowling de Carcassonne

Les Américains n'ont rien inventé ! Ils ont simplement adapté et modernisé le jeu de quilles... En 1951, la société A.M.F sortait le premier "requilleur" automatique, le célèbre "Pinspotter" qui allait être à la base de l'expansion du bowling dans le monde. Le bowling est un jeu simple : il s'agit de renverser dix quilles disposées en triangle, en faisant rouler une boule spéciale, sur une piste de 20 mètres de long. Chaque partie comprend dix jeux au cours desquels on dispose de deux boules pour renverser les quilles. Si l'on ajoute que la boule poète entre 5 et 7 kilos, et qu'un joueur effectue de 12 à 21 lancers, on comprend que le bowling soit aussi un véritable sport. En France, l'A.M.F avait installé ses premiers centres de bowling en 1960, à Biarritz et à Paris. En dépit d'un accueil très favorable de la part du grand public, le marché ne s'est développé que tardivement. A partir de 1968, les implantations se sont succédé et en 1975, on comptait près de 809 centres en France. Carcassonne ouvrait le sien le 27 décembre 1975, au n°7 du boulevard Omer Sarraut.

bowling.jpg

Le centre international de bowling en 1979

Le gérant de Sud-moto Pierre Chapus (29 ans) et son frère Bernard (31 ans), décident de réaliser le premier bowling de Carcassonne en 1975. D'une surface de 700 m2, il s'installe dans les anciens locaux du supermarché Coop. Un investissement important d'un million cinq cent mille francs.

"Nous prévoyons l'inauguration pour la Noël. Nous ne savons pas si nous réussirons, car nous rencontrons déjà des difficultés dans l'exécution. L'entrepreneur pour le terrassement (il faut construire des piliers est tombé sur les anciens remparts de Carcassonne. Ceci dit, il va essayer de trouver rapidement une solution..."

P1070415.JPG

Pierre Chapus

L'établissement qui ouvrira de 10h à 2 h du matin (3h le week-end) possédera huit pistes avec marquage électronique des points, une salle de jeux de 250 m2 avec flippers et billards, un bar avec snack de 150 places, un vestiaire. Il emploiera dix personnes : une caissière, un manager, trois serveuses, un mécanicien, un électro-mécanicien et les deux directeurs.

Bowling 4.jpg

À cette époque, la partie coûtait 7 francs et la location des chaussures 1,50 francs. Sachant qu'elle pouvait durer jusqu'à 3/4 d'heure. En dehors de ces activités de loisirs, les patrons organisèrent des concours, un club de bowling et des compétitions nationales. Seul problème, les places de parking largement déficitaires pour accueillir les clients du samedi soir.

Capture d’écran 2017-06-18 à 11.10.08.png

Le bowling de Carcassonne disparut au début des années 1980 dans un immense incendie. Après avoir créé la discothèque le Xénon, Jean-Jacques Duffaut fera construire un bowling sur l'actuelle zone du Pont rouge. Aujourd'hui, le boulevard Omer Sarraut est mort le samedi soir. Avant l'ouverture du Cap' cinéma, l'ensemble des cafés (La Rotonde) et des restaurants (L'escalier) de désemplissait pas. On aurait voulu tuer le centre ville que l'on ne s'y serait pas mieux pris.

_____________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

12/06/2017

La marque de vêtements Chipie est née à Carcassonne en 1967

Le 16 décembre 1967, le Carcassonnais Jean-Michel Signoles n'a que 17 ans lorsqu'il créée la marque Chipie. En fait, son idée lumineuse consiste à retravailler les fripes importées des Etats-Unis en les vendant sur les marchés de la région. Bientôt, il ouvrira un atelier de fabrication et des bureaux au N°8 de la rue d'Alsace à Carcassonne. Une griffe au design stylisé apparaît sur le modèle des 60's avec des étiquettes personnalisées portant de nom de Chipie. La réussite de J-M Signoles c'est d'avoir compris avant l'heure l'importance future du jean dans la tenue vestimentaire des français.

Chipie.jpg

Dans les années 70, Chipie devient un des leaders du jean grâce notamment à l'élégance des étiquettes, outil de référencement marketing. En 1979, la marque obtient la licence "Chipie junior" et peu à peu se développe à l'exportation. On ouvre des boutiques en Belgique, Italie, Londres, Amsterdam et Tokyo. 

chipie 1.jpg

La boutique de Carcassonne en 1981, rue Clémenceau

La première boutique ouvrit ses portes dans la rue Voltaire, avant de déménager rue de Verdun puis rue Clémenceau. Quel succès ! Toute la jeunesse Carcassonnaise à la mode passait son temps et son argent chez Chipie. On y achetait aussi Chevignon et Beccaro, il me semble. La marque était devenue un signe distinctif d'appartenance à un groupe de lycéens branchés. Il naviguait entre le Conti de Pavanetto et la discothèque Le privé, en passant ses samedis à faire la rue de la gare.

Chipie 2.jpg

L'intérieur de la boutique avec sa légendaire caisse enregistreuse.

On voit à plusieurs reprises Chipie dans le film de Christian Lara "Une glace avec deux boules", sorti au cinéma en 1982. Dans les années 90, on se souviendrai d'Elisabeth Rose qui tenait la boutique.

rose.jpg

© Carlos Recio

Elisabeth Rose dans la boutique de Carcassonne

En 1993, Renault lance une série spéciale pour sa Clio appelée Clio Chipie. C'est la même année que l'émission Taratata de Nagui fête la musique à Carcassonne, grâce à Jean-Michel Signoles et ses relations. Depuis quatre ans à peine, il est le directeur de l'Hôtel de la Cité acquis en 1989. Cet hôtel prestigieux, devenu l'ombre de lui-même, le patron Carcassonnais lui rend le lustre d'antant. 

Signoles.jpg

© Droits réservés

Jean-Michel Signoles photographié par Patrice Cartier en 1989

Son réseau comprend alors 1 200 points de vente en Europe et Chipie compte 650 boutiques en France, dont 25 en nom propre. En 1997, 40 % du chiffre d'affaires, qui s'élève à 600 millions de francs provient de la vingtaine de licences.A Carcassonne, on n'aime que modérément les gens qui réussissent... En 1999, Signoles vend Chipie à Zannier (Kindilz group) et se sépare de l'hôtel de la Cité. Ce dernier passe dans le giron du groupe Orient-Express, puis de Christine Pujol. Chipie compte alors 120 employés travaillant à l'usine de Carcassonne, avenue général Leclerc. Elle réalise 40 millions d'euros de chiffre d'affaire annuel. En 2014, Zannier ferme l'usine et envoie les 40 salariés qu'elle conservait à Carcassonne au chômage.

Jms3.jpg

© P. Lombardi / Institue Curie

J-M Signoles et Amélie Mauresmo à l'Institut Curie en 2006

En 1995, le patron Carcassonnais achète Goyard et se lance dans la maroquinerie de luxe. En marge de tout grand groupe de luxe il fait revivre le patrimoine de la rue Saint-Honoré, construit de nouveaux ateliers à Carcassonne, et ouvre des comptoirs de vente internationaux qui ont rendu, en l'espace d'une décennie, tout son rayonnement à l'enseigne à mille lieues de la production industrielle. A quand un point de vente dans la Cité de Carcassonne ?

_____________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

10/06/2017

Hommage à Jeannot Lapasset (1946-2017)

Avec la disparition de Jean Lapasset à son domicile vendredi dernier, après une longue maladie, s'éteint le dernier d'une génération de cafetiers brandissant l'amitié et la serviabilité comme étendard. Le café des Négociants c'était le café Lapasset, tellement le nom de cette famille marqua de son empreinte le cœur des Carcassonnais de toutes les générations. Pour preuve, malgré la vente de l'établissement en 2008 et son changement d'enseigne, on désigne toujours l'endroit comme étant chez Lapasset. L'ancien siège de l'USC, de la boule tapageuse, des jeunes lièvres, du FAC, etc. Autant de rires, de tapes dans le dos, de bons gueuletons entre amis avec la caserne Laperrine et ses bisasses du 3e Rpima. Combien de troisièmes mi-temps, les jours de défaites comme les jours de victoires ? Combien de lotos et de canards gras gagnés ? Au-delà de la perte physique de Jeannot Lapasset, c'est toute la bibliothèque immatérielle de ce lieu qui vient de brûler. Cette richesse lui avait été léguée par son père René, en même temps que le café. Notre devoir était d'en sauver un peu la mémoire. C'est ce que je fis en 2010 quand il me reçut à son domicile, en m'ouvrant ses souvenirs photographiques. Cet homme avait à la fois la force d'un chêne et le cœur d'un poète ; c'est d'ailleurs ce qu'il y a de remarquable chez les rugbymen. Nous n'allons pas être tristes, car l'homme aux belles bacchantes avait pour habitude de les sublimer d'un sourire. Nous allons simplement rappeler l'histoire de cette famille et de ce qu'elle apporta à la vie de notre ville.

img836.jpg

© Collection Martial Andrieu

Tout commence en 1905 avec Jean Lapasset qui après avoir quitté Paris achète les trois cafés de la place d'armes (Aujourd'hui Général de Gaulle) pour n'en faire qu'un seul. Il le baptise "Grand café des négociants" en raison des nombreux courtiers en vins de passage les jours de foire, sur le boulevard Barbès.

1903897524.jpg

© Collection Martial Andrieu

Dans les années 1920, les clients et amis du café posent autour de Jean Lapasset. Le charisme du patron emporte l'adhésion des clients. Ce sont des négociants en vins qui les jours de foires, finalisent leurs affaires autour du zinc. 

Lapasset.jpg

© Collection Martial Andrieu

Jean Lapasset passe ensuite la main à son fils unique René en 1930, surnommé amicalement "Luigi". Ce dernier fit les beaux jours d'une ASC qui jouait jusque dans les années 30 à XV, au poste de talonneur. 

USC 15.jpg

© Coll. Jean Lapasset

René Lapasset jouait à l'ASC

Cirque Amar. Musqtapha directeur.jpg

© Coll. Jean Lapasset

René Lapasset s'était lié d'amitié avec les cirques qui s'installaient régulièrement sur la place d'armes (aujourd'hui, général de Gaulle). Ci-dessus, une photo avec Mustapha, le patron du cirque Amar. Il était également un grand ami d'Achille Zavatta et de tous les forains. 

Tour de France 3.jpg

© Coll. Jean Lapasset

Le passage du Tour de France dans les années 1950

loto.jpg

Soirée de loto au Café des Négociants, au cours de laquelle René Lapasset annonçait les numéros tirés du sac. Les heureux gagnants repartaient avec canards gras, poulardes et jambons.

jean.jpg

Jeannot Lapasset entouré par sa mère et son père semble prêt à prendre la relève. Il a alors une dizaine d'années. C'est au début de 1970 que René passera la main à son fils unique. En fait, René ne quittera jamais vraiment les lieux dans lesquels il mourra en février 1992, à l'âge de 90 ans. 

img076.jpg

© Coll. Jean Lapasset

Jean Lapasset avec sa petite Vespa devant le café de son père

"Jeannot" prit la succession et modernisa le café. Il bénéficia de la clientèle fidèle, mais il sut surtout la conserver. Les lycéens ne manquaient pas les parties de flippers et de glisser une pièce dans le juke-box. Les samedis, combien de matches du Tournoi des 5 nations suivis depuis l'unique télévision du café ? 

lapasset.jpg

© Collection particulière

Jeannot Lapasset avec des amis bien connus

lapasset 2.jpg

© Collection particulière

Jean Lapasset avec le maire Raymond Chesa. 

lapasset 3.jpg

© Collection particulière

Jean Lapasset était passionné de belles voitures. On lui doit la création de la course du Col du Portel. En 2008, il vendit le café des Négociants à Norbert Serres. L'établissement allait devenir le Saint-Germain, car l'ancien propriétaire ne souhaitait pas que l'on conserve le nom d'origine. 

1280124656.jpg

J'avais photographié le café Lapasset en 2008 avant sa transformation. Aujourd'hui, ce lieu a changé d'aspect mais l'âme des Lapasset y est encore pour de nombreuses décennies. En ces moments difficiles, je voudrais témoigner de mon amitié à Marie-Aude, sa fille durement éprouvée par la perte de son père. Ainsi, bien sûr, qu'à l'ensemble de sa famille.

___________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine /2017 

05/06/2017

En 1982, la ville procédait à la rénovation des halles

La rénovation des halles de Carcassonne s'étala sur une dizaine d'années, d'une manière progressive. En 1977, à la réfection de la toiture et de la couverture en cuivre s'ajoutent celle de l'espace intérieur et la mise en place de fermeture. Le coût des travaux s'éleva à 1 600 000 francs. En 1980, c'est le toit de la halle aux grains qu'il fallut refaire pour 150 000 francs.

Rénovation des Halles Mars 1982  1.jpg

La façade des halles en 1982

La rénovation de la halle à la boucherie entraîna 2 500 000 francs de dépenses prises en charges par l'état à hauteur de 700 000 francs.

Rénovation des Halles Mars 1982 .jpg

L'intérieur des halles en 1982

C'est à l'architecte Durand-Roger que fut confiée la restauration extérieure et intérieur du bâtiment. Les entreprises Escourrou, Gleizes, Nacenta, Société charpente Sopib, Jeanson, SCREG... participèrent à ce chantier. 

Plan Rénovation des Halles.jpg

Plan dressé par l'architecte Durand-Roger

Inaugurées en grandes pompes par Fernand Ancely en février 1983, ces nouvelles halles devaient améliorer la dynamique commerciale du centre-ville. La construction d'un passage couvert de la rue Aimé Ramond vers la rue de Verdun participait à cette révolution architecturale, sans altérer la qualité du bâtiment classé monument historique.

Dessous de la Halle à la Boucherie en 1977.jpg

Sous la halle à la boucherie en 1977

Rénovation des Halles Mars 1982 installations provisoires  2.jpg

© Droits réservés 

Louis Bonhoure, boucher chevalin

 Courant de l'année 2006, de nouveaux travaux de mise en conformité et d'aménagements souhaités par le maire G. Larrat, donneront l'aspect actuel aux halles de Carcassonne. Reste encore à trouver une passerelle commerciale dynamique entre le marché du samedi place Carnot et la vieille dame...

Rénovation des Halles Mars 1982 installations provisoires  2.jpg

© droits réservés

Les tripiers Sautel en 1977

________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017