11/08/2014

Le Grand Hôtel Terminus a cent ans depuis le 24 juin 2014

Il n'y aura pas de pétards, de feux de Bengale ou de banquet pour fêter le centenaire de l'illustre hôtel qui fit jadis, la belle réputation de l'accueil touristique de notre ville. Qu'importe! Nous ne sommes pas en 1914 et les temps ne sont plus hélas à la nostalgie, mais à une économie qui se contrefiche de l'histoire locale... En 1857, le chemin de fer arrive à Carcassonne. Hôtels et restaurants se développent alors autour de la gare pour donner le meilleur accueil aux voyageurs séjournant dans Carcassonne.

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Le Grand hôtel Saint-Jean Baptiste situé en face du Jardin des plantes, actuel square Chénier, est le plus important de toute de la ville. Au début du XXe siècle, son état le qualifie de "refuge minable". Il est décidé en 1912 de le raser avec les maisons environnantes. Parmi elles, deux commerces:

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Le salon de coiffure Cassagneau

© Claude Marquié

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Les chaussures Fidel Perxachs, en face de la Rotonde

© Jacques Blanco

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Le banquier Paul Motte associé à MM. Béteille et Beauquier décident de construire en lieu et place, un hôtel de grand standing bénéficiant de tout le confort moderne.

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Les dessins et les plans du nouvel hôtel sont confiés à l'architecte Florentin Belin.

© Martial Andrieu

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Plan des caves et fondations

© Martial Andrieu

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Florentin Belin, né en 1874 à Nîmes

© Pierre Canavy (C. Marquié)

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350 ouvriers de tous les corps de métiers, participent pendant une année à l'édification du bâtiment. Le jeudi 23 mars 1914, un grand banquet est organisé pour fêter l'achèvement des travaux de gros oeuvre, au milieu des entrepreneurs et des ouvriers. Sur les nappes, des oranges et des barils de vin.

"Lorsque la blanquette eut moussé dans les verres, M. Motte, président de la Société du Terminus-Cité, porta la santé de ses convives qu'il félicita pour leur énergie, de leur dévouement et de leur esprit de discipline. L'un des contre-maîtres, au nom du personnel ouvrier, remercia les dirigeants de la socité du bel exemple de fraternité et de solidarité qu'ils venaient de donner. Après que le président du conseil d'administration de la socité eût éloquemment distribué l'éloge que nul ne méritait mieux que l'architecte distingué du Terminus, M. Belin, M. Laguille, rédacteur au Petit Méridional, délégué par le syndicat de la presse, en termes choisis, loua la société de la belle initiative, aujourd'hui couronnée du succès, qu'elle audacieusement prise à Carcassonne, pour le plus grand profit des intérêts collectifs."

© L'intérêt général (Organe du Syndicat d'initiative/ Mai 1914)

Après les applaudissements, on tira du haut du bâtiment des feux de Bengale dans l'allégresse générale.

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Le Grand Hôtel Terminus est livré en juin 1914 et les Carcassonnais sont impressionnés par les dimension du bâtiment: 2500 m2 sur quatre niveaux. L'ensemble des chambres bénéficient de l'électricité, du chauffage central au charbon et de l'eau chaude. Sur le toit, un réservoir d'eau de 10 000 m3 qui sera détruit dans les années 1930. Les clients profitent également d'un garage automobile, d'un salon de coiffure, d'un grand café, d'une salle de spectacle de 800 places (actuel cinéma Le Colisée) et d'un jardin d'hiver. La gestion est confiée à MM. Jagmet et Pons.

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L'étiquette des bagages de l'hôtel Terminus

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Le grand hall

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La salle du grand café

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Le salon de lecture

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Le petit salon

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La salle de bain d'une chambre

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Le Grand Hôtel Terminus dans les années 1920-1930 tenu par MM. Ginet et Sauvage

© Martial Andrieu

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20/06/2014

La pharmacie Taillefer

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La pharmacie Taillefer faisait partie d'une des plus anciennes officines de Carcassonne; on la retrouve dès 1904 sur les annuaires. Les numéros des rues évoluèrent avec le temps. Pas étonnant donc, si on la trouve successivement aux 41, 37 puis 39 de l'actuelle rue G. Clémenceau.

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Ci-dessus, un garde ordonnance offert par la pharmacie, vantant les mérites digestifs du Grain d'Evian.

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A. Taillefer et ses employés posent devant la devanture

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C'est là, sur l'emplacement de ce magasin d'optique que se trouvait la pharmacie. Remarquez la ferronerie sur l'imposte de la porte, elle n'a pas changée. Si je ne dis pas de bêtise, il me semble que cette officine a déménagé depuis peu devant le cinéma "Le Colisée", Bd Sarraut.

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19/06/2014

La corseterie Bover

La maison Bover est fondée en 1889 dans la Grand rue (actuelle rue de Verdun) par deux soeurs. La boutique au nom évocateur "A la taille élégante" vend des corsets sur mesure et des jupons. Nous sommes encore bien loin des jupes de Coco Chanel...

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Le corset est un sous-vêtement qui sera porté par les femmes jusqu'au début du XXe siècle. Il affinait la taille tout en maintenant la poitrine. Il faut noter qu'à cette époque les canons de la beauté étaient tout en rondeur. La belle femme devait avoir des formes; de nos jours c'est plutôt l'inverse. Les corsetières fabriquaient bien entendu ces sous-vêtements, après avoir pris les mesures des clientes dans l'arrière-boutique. Ils se laçaient dans le dos en s'ajustant en fonction du serrage, si bien que certaines élégantes sont mortes suite à une perforation costale pour avoir voulu trop affiner leurs tailles.

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Sur l'annuaire de l'Aude de 1904, on retrouve la boutique Bover dans la rue du Marché (rue Armagnac). Peut-être est-ce une erreur ou un déménagement, car c'est au numéro 29 (aujourd'hui 35) de la rue de la gare qu'elles s'établiront ensuite (photo ci-dessus).

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Les héritiers de la famille reprendront l'affaire jusqu'à la fin des années 80.

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L'ancienne maison Bover en 2013 à côté de la librairie Breithaup-Cariven

Merci à Madame et monsieur Martinet

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27/05/2014

Le premier café PMU de Carcassonne

C'est en 1950 que sont apparus les premiers paris sur les courses hippiques dans un café de Carcassonne; ce fut le Pari Mutuel Carcassonnais. Ceci, six ans avant la création du tiercé au niveau national. On doit cette révolution au Café Biscans, situé à cette époque au numéro 13 de la rue Victor Hugo. L'établissement a déjà une longue histoire lorsque Lucien Biscans en fait l'acquisition en novembre 1927.

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Autrefois, Café du Centre, l'établissement appartint à la famille Sénet depuis la fin du XIXe siècle. Lucien Biscans est déjà dans le métier lorsqu'il l'achète en 1927. Il avait déjà débuté sa carrière comme garçon de café au Grand Café Continental (Bd Omer Sarraut) avec Marius Calmet dans les années 1910, chez M. Vincent. Après avoir tenu un troquet à Montlaur, il revint s'installer à Carcassonne jusqu'à son décès en 1966.

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Le Café Biscans devint sans doute le plus populaire de la ville. On y jouait à la Poule... Les clients misaient l'apéritif au 109. Il fallait faire tomber dix quilles et faire neuf carambolages. C'est dire, si on levait le coude! Côté table, c'était les parties de bézi (ancètre du rami), de belote ou encore la manille.

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L'affluence était telle les jours de tiercé que l'on dû enlever le billard, qui prenait trop de place. Sur cette photo, on aperçoit Anna Biscans, son mari Lucien et leur fils André. Les clients faisaient la queue pour faire enregistrer leurs paris. Ce café fut également l'un des premiers a posséder un poste de télévision. Pour la coupe 1958 en Suède, ils durent installer des haut-parleurs dans la rue, tellement il y avait de monde. Une antenne de 20 mètres sur le toit permettait de capter les retransmissions. L'établissement fut vendu en 1966 à Jean Ferrando et prit le nom de Longchamp en 1973. Puis, ce dernier déménagea en 1988 sur la place Carnot, où il se trouve aujourd'hui, et l'ancien café devint un commerce de tissus.

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L'ancien café Biscans est maintenant devenu un pub irlandais. La bière a remplacé le Pernod...

Merci à Mme Bernard pour ses souvenirs

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10/05/2014

De la Coiffure parisienne à Jennyf'hair, 80 ans de coups de peigne!

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Le salon de coiffure pour dames et messieurs "Vila et Henri" se tenait en haut de la rue Courtejaire, tout près du portail des jacobins. C'était dans les années 1930 et il est dommage que la façade Art déco ait disparu. Elle était assortie avec le théâtre et la mairie, toutes deux construites dans le même style.

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C'est encore aujourd'hui un salon de coiffure, tout près du portail des Jacobins

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07/05/2014

Le café Calmet

Sur l'actuelle place Gaston Jourdanne, située au pied du Pont vieux, existaient plusieurs bâtiments jusqu'au 1er mars 1967 dont un carrossier (M. Sarda), un marchand de cycles (M. Marson), un peintre en bâtiment (M. Thévenot), un vendeur de voitures (José Marson) et le café Calmet. L'ensemble des ces artisans ont été expropriés le 1er juillet 1966 et les bâtiments rasés sous la municipalité de Jules Fil, l'année suivante. En lieu et place, on a créé une voie d'accès depuis le Pont neuf et le parking de la Cité administrative.

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Une vue du café Calmet avant 1966

(Collection Martial Andrieu)

Véritable institution, le Café Calmet a fait danser des générations de carcassonnais. Dans son dancing, combien de génerations de jeunes hommes et femmes se sont rencontrés sur un air de java, de tango, ou de rumba?

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Albert Authier, Oscar Teisseire, Beaute, Ernest Philoctète, Colomiès et Oussin

Marius Calmet (ancien garçon de café au Continental) acheta ce café dancing dans les années 1920-1930. Pendant la seconde guerre, il servit de dortoir aux soldats français. Son fils Jeannot prit la relève jusqu'à l'expropriation de 1966. Il était devenu un nom éponyme,"on allait chez Calmet" ou "entre les 2 ponts", et tout était dit. Le siege du reveil Carcassonnais(musique), du boxing club, d'un club de XV, du club nautique Carcassonnais, d'une association bouliste et de la Sardane (dans la salle de bal) y avaient pris leurs quartiers.

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Dans la grande salle du café Calmet

MM. Rives (pâtissier), Lucien Geynes (Marchand de matériaux), Bès (président de la Carcasonnaise gymnastique), Merlane (Chef du Reveil carcassonnais). Madame Simone Denjean (épouse Louis Calmet) et Jean Calmet servent leurs invités.

(Collection J-F Vivès)

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Gilbert Pujol, champion cycliste, gagne un sprint devant le café en mars 1955. 

(Collection J. Blanco avec l'autorisation de Gilbert Pujol) 

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Derrière le comptoir

Claude Teisseire (ancien joueur à XIII) et son fils, Puig-Aubert dit Pipette (International de rugby à XIII)

Devant le comptoir:

Jeannot Calmet (patron du bar), Henri Galou (serveur) et leurs épouses

(Collection J. Blanco avec l'autorisation d'Alain Teisseire)

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La place Gaston Jourdanne est aujourd'hui un parking

 

Un grand merci à Jacques Blanco

Sources

La trivalle de ses origines à nos jours/ Monographie de J-F Vivès

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