20/08/2013

Café de l'Avenir, la fin d'une institution

Le Midi-Libre nous annonce aujourd'hui dans ses colonnes que deux cafés emblématiques de la ville viennent de fermer définitivement leurs portes. Il s'agit du Café de l'industrie (quartier des Capucins) et du café de l'Avenir (Route de Toulouse). Nous avons choisi de retracer l'histoire de ce dernier.

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Le 4 août 1934, le café de l'Avenir ouvrait ses portes sur la route de Toulouse (avenue F. Roosevelt). L'aventure avait commencé lors de l'union d'une provinciale montée à Paris à l'école des Cordons bleus pour y apprendre la pâtisserie et la cuisine, et un ancien sous-chef de gare d'une ville d'Afrique. Après l'acquisition d'un fond de commerce au pont d'Artigues, il l'ont transféré sur la route de Toulouse. Le patron de ce nouvel établissement était monsieur Louis Théron. Son épouse a tenu le restaurant jusqu'à son décès en 1976, travaillant aux côtés de sa fille unique et de son gendre, Gérard Pesez.

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Le café fut adhérent de l'association "Les Routiers", ce qui lui amena une belle clientèle. En effet, en 1934 c'était à cet endroit la sortie de la ville. Elle était traversée par des camions, qui aujourd'hui passent par l'autoroute. Malheureusement, M. Théron décéda dix ans plus tard. Le débit de tabac fut adjoint au café en 1955 puis l'hôtel, dix années après. L'année 1969 vit l'agrandissement de la salle, le déplacement de la cuisine et la suppression de la terrasse en raison d'un trafic trop dense sur la 113. Quelques anecdotes: Un jour un chanteur pas encore vedette qui venait de passer la veille à la télévision s'arrêta déjeuner. C'était Enrico Macias !

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L'année prochaine, le café de l'Avenir allait fêter ses 80 ans d'existence...

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24/06/2013

La station service Mobil, avenue du général Leclec

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Jean Dousse et son épouse prennent en gérance la nouvelle station service Mobilgas en 1955. Celle-ci est construite sur l'emplacement des anciens bâtiments de la distillerie de Michel Sabatier. On voit un peu la bouteille de 7 mètres de haut, témoin du passé de la distillerie. Il ne subsistera que l'immeuble de style Art-nouveau (à gauche sur la photo) qui mériterait aujourd'hui une bonne restauration.

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C'est en 1967 que la station sera reprise par Roger et Elina Gironis, habitants de Conques sur Orbiel. Auparavant, Roger Gironis avait travaillé dans ce même lieu pendant deux ans pour M. Pont. Il sera désormais le gérant pendant dix ans avant de passer la main.

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Une vue de la station prise le 3 octobre 1968. En face, il s'agit de l'ancien garage Fiat de M. Courtois.

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L'ancien garage Fiat, aujourd'hui. C'est le témoin d'une architecture dans le style des stations de la Nationale 7.

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Jeanne Danjard, Léonce Brard, Nadine Gironis, Elina et Roger Gironis.

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La station en 1970 avec Elie Fonguetti, Justin Sacristan et Claude Gironis

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La station Mobil s'occupait de la réparation et de l'entretien mécanique des véhicules.

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On vous servait de l'essence, ce n'était pas en libre service comme maintenant. Sur cette photo de 1970: Justin Sacristan, un ouvrier de chez Fiat (garage Courtois) et Elie Fonguetti.

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La station service est restée pendant plusieurs années à l'abandon

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Depuis peu de temps, elle a été totalement rasée laissant à nouveau apparaître le somptueux bâtiment Art-nouveau de l'Or-Kina Sabatier. Espérons que ce lieu historique reprenne vie très rapidement.

Un grand merci à Claude Gironis

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20/06/2013

La maison Auter

Fondée probablement en 1897, la maison Auter était fort réputée à Carcassonne. François Auter, restaurateur et traîteur, accueillait sa clientèle au 22 et 24 rue Courtejaire. A l'étage, dans le salon on servait de grands dîners composés de foies gras, de truffes... Seuls les carcassonnais les plus fortunés, pouvaient se permettre de déjeuner chez Auter. Pour les autres, ils pouvaient toucher des yeux à travers la vitrine les mets les plus exquis...

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Une facture de chez Auter en 1912. C'était l'époque où l'on trouvait encore des perdrix, faisans et autres gibiers au menu des restaurants.

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Rue courtejaire, la Maison Auter, là où se trouve de nos jours le maroquinier Gérard Stalric.

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La maison Auter avait une excellente réputation sur Carcassonne. Ce n'est pas tout le monde qui pouvait aller dîner chez Auter, si vous voyez ce que je veux dire... Cette maison avait préparé et servi le menu à la préfecture, pour la venue du général de Gaulle le 25 février 1960. Ensuite, ils ouvrirent un hôtel-restaurant avec trois étoiles, au 26 de la rue Antoine Marty.

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Un autocollant publicitaire sur les bagages

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L'ancienne Résidence est aujourd'hui occupée par la Maison de la région Languedoc-Roussillon

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04/06/2013

La course des garçons de café

Qui se souvient de cette tradition aujourd'hui disparue dans notre ville? Je veux parler de la course des garçons de café... Chaque année sur les boulevards se massait la foule, pour encourager les serveurs qui s'employaient à faire gagner le café pour lequel ils travaillaient. Au départ chaque garçon avait sur son plateau le même nombre de verres et de carafes remplis de liquide. Habillés à l'ancienne d'un pantalon, gilet et noeud noir avec une chemise blanche, ils devaient sans renverser leur plateau, arriver les premiers à l'arrivée. Les garçons des plus grands établissements concourraient souvent pour la gloire mais avec une telle ardeur que la compétition aurait pu figurer aux jeux olympiques! Les cafés Not, Lapasset, du nord, des colonies, continental, la rotonde... et j'en passe, tous étaient au rendez-vous. Cette fête populaire a disparu et c'est bien dommage. Pourquoi ne pas l'organiser à nouveau? Chiche pour l'année prochaine soutenue par Chérie FM, le Mag évasion, Tv Carcassonne... Vous ferez plaisir à bien des gens tout en défendant une belle et noble profession.

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Le 6 juillet 1946, François Sanchez terminait en tête et remportait l'épreuve carcassonnaise.

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Le ravitaillement au café Lapasset (aujourd'hui, le St-Germain) sur la place d'armes (place de Gaulle). Devant le serveur, on reconnaît René Lapasset, le patron de ce café.

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30/05/2013

La manufacture de chaussures Fidel Perxachs

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Fidel Pexachs né en 1855 à Ripoll en Catalogne, s'installe à Carcassonne à la fin du XIXe siècle avec son épouse Dolorès Fuste et fonde une manufacture d'espadrilles au n°30 de la rue du marché (actuelle rue Tomey). On retrouve cette entreprise dans le Guide de l'Aude de 1897 avec celles de Albouze (49, Grand rue), Audouy (67, Grand rue), Coux (16, place Carnot), Fontvieille (26, rue de la gare), Lalanne (9, rue du port), Larregola (24, rue de la préfecture), Madaule (46, rue du 4 septembre), Pastre (32, Grand rue) et Salles (17, rue V. Hugo).

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En 1904, on retrouve la manufacture sur le boulevard Omer Sarraut au rez-de-chaussée de l'hôtel St-Jean Baptiste (Photo: J. Blanco). Les magasins faisaient face à l'actuelle Rotonde; précisément sur l'emplacement du cinéma le Colisée. Pour bien comprendre, sachez que cet hôtel a été détruit vers 1912 pour construire le Grand hôtel Terminus et par conséquent, le Colisée n'existait pas encore. C'est juste pour donner sa position.

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A gauche, l'entrée de l'ancien hôtel St-Jean Baptiste. Dans son prolongement, on aperçoit le store tiré du magasin Perxachs. L'entreprise d'espadrilles compte une quinzaine d'ouvriers, mais il faut également compter avec des familles entières qui travaillent à leurs domiciles pour Perxachs. Ainsi par exemple, au hameau de Villalbe, j'en ai dénombré moins de cinq.

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Au moment de la construction de l'hôtel Terminus, c'est à dire en 1914, Fidel Perxachs ira s'établir à l'angle de la rue Pinel et de la rue de Verdun. L'ancien hôtel particulier de St-Martin dont il prendra possession, devient lieu d'habitation, atelier et magasin. A la morte du père fondateur en 1922, l'hôtel est vendu. Il y aura désormais deux lieux de vente.

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Le premier, dans l'actuelle Maison des mémoires 53 rue de Verdun est géré par la veuve et l'un de ses fils. Une espadrille de plus d'un mètre était accrochée à la façade pour attirer le client. Le second, au n°34 de la rue de Verdun est géré par l'autre fils, Louis Perxachs. Là, un atelier produit des espadrilles et des bottes de cuir pour les vignerons. L'ensemble de la production est arrêtée vers 1950 en raison d'une trop forte concurrence, mais la vente se poursuivit en faisant une affaire plus que centenaire.

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Aujourd'hui, c'est Paul Appaix qui vend des chaussures sur l'emplacement du magasin Perxachs.

Source

 Claude Marquié / La dépêche /17 septembre 2000.

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21/05/2013

Les quatre chemins et ses anciens commerces

De nombreux quartiers de Carcassonne, comme dans d'autres villes ont vu leurs commerces de proximité fondre comme neige au soleil. Ce lien social, culturel et fraternel entre des personnes de diverses origines créait une richesse et une animation aujourd'hui disparues. Les supermarchés ont fait naître des automates aux réflexes pavloviens devant une rangée de boîtes de conserves. Il faut bien reconnaître que les dernièrs humains avec lesquels on peut esquisser deux phrases minimum (bonjour et au revoir) ce sont encore les hôtesses de caisse. Plus pour longtemps car la mécanisation humaine du passage des codes barres va être remplacée par des portiques qui calculeront au centime nos achats. Pensez-donc, c'est celui qui va payer ses courses qui sera tenu de faire le travail de la caissière, comme dans certains hyper où l'on scanne soi-même ses achats. Si ça c'est pas chic ! C'est comme la télé réalité, on recrute des candidats (souvent idiots) que l'on expose comme des bêtes de cirque et ce sont eux qui font l'émission, à la place d'animateurs ou d'artistes qu'il aurait fallu rémunérer. C'est tout bénéfice, puisque des millions de téléspectateurs se marrent devant un miroir qui leur renvoit leur propre image. Au 4 chemins, les nouveaux commerces essaient de résister et d'autres ont fermé. Etat des lieux...

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Le garage "Gayraud" sur l'avenue Henri Gout avait une piste de distribution d'essence. C'est maintenant une magasin d'optique.

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L'ancien café "Chez Gaston" (Banque), vendu depuis peu le nouveau propriétaire s'est établi sur l'avenue Bunau Varilla.
En pointe, il y avait la mercerie Dedieu.

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Le pressing à l'angle de l'impasse dans lequel résidait la famille Salvetat (colporteur et rempailleur de chaises). Juste à côté en descendant, les "Docks méridionaux" tenus par Manuel et Jeanne Pujol de 1956 à 1975.

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Le magasin de Léon Rivière, marchant de graines et de charbon. A côté, un limonadier. En face et à l'angle de la rue de Chateaudun, il y avait le primeur Mestre-Sarroca (famille de la célèbre cantatrice), puis en descendant un cordonnier dont l'échoppe a été détruite pour faire le parking.

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L'épicerie "L'étoile du midi"

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Le bureau de tabac du joueur de rugby "Mazon"

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La menuiserie que Marius Azéma installa dans un ancien affenage, en face de l'ancienne station Gayraud. L'immeuble date de 1880.

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Les établissements Ferrand avec la statue ornée d'une roue d'engrenage, du marteau et d'une enclume représentant l'industrie.

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Tout ce joli quartier s'animait la semaine et laissait ses commerces fermés le dimanche. Eh oui! Le dimanche certains allaient à la messe puis chercher des gâteaux chez le pâtissier Promet. Et l'après-midi, on était au stade pour jouer ou encourager l'équipe de St-Jacques XIII avec l'Abbé Vaquier. La troisième mi-temps c'était au café "Chez Gaston".

Merci à Chantal Pujol-Puissant pour sa précieuse et indispensable collaboration

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