28/02/2016

Le Grand Café Grilhot au portail des Jacobins

La trace la plus ancienne que nous ayons retrouvée de cet établissement remonte aux années 1850. Situé contre l'ancien rempart de la bastide Saint-Louis à côté du portail des Jacobins, le

Grand Café Grilhot

faisait la fierté de la belle société Carcassonnaise. 

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© Coll. Patrice Cartier

De sa magnifique terrasse, placée sous les beaux platanes du boulevard Barbès, d'où tombe une douce fraîcheur, on domine le boulevard des Jacobins, avec ses tilleuls qui exhalent de suaves et enivrantes senteurs. En face, une splendide vue de la Cité et un long horizon.

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Il semblerait que les frères Bec aient créé le restaurant avant de passer la main à Pierre Rieux. En 1881, celui-ci annonce que le restaurant du grand café sera mis entre les mains de M. Cance - connu pour son habileté dans l'art culinaire - à partir du 1er août. Le 21 novembre 1885, MM. Maymou frères - ex limonadiers à Narbonne - font l'acquisition du Café Grilhot en remplacement de M. Rieux. Ils s'associeront ensuite avec M. Pouget.

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Le Grand Café Grilhot était le siège de plusieurs associations, dont le Cercle Républicain et le Cercle des fonctionnaires. On y jouait au billard ; en 1876, M. Léon Goffart le célèbre professeur de billard y a fait 117 carambolages de série. Initiés par les frères Maymou, les concerts devant la terrasse connaissent un très grand succès, grâce à la grande qualité des interprètes. L'établissement jouit également d'un bel emplacement pour les jours de foire sur le boulevard.

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Sur cette carte postale, on aperçoit à gauche, la façade du Café-Restaurant Grilhot au début du XXe siècle. L'établissement connut ensuite des transformations... De mémoire, on peut citer les restaurant de la Terrasse, la rôtisserie périgourdine (Bonnaure), Les Jacobins (M. Salmon), etc... Aujourd'hui, l'ancien Café Grilhot est défiguré par deux vérandas qui cachent la belle façade sur l'ancien rempart édifié sous Saint-Louis. Il faudra sans doute beaucoup de courage aux ABF pour exiger qu'il retrouve un jour son aspect originel.

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19/01/2016

Le logis de Trencavel, route de Narbonne

Parmi les très bonnes tables de Carcassonne des années 50-60, nous avons cité "La rôtisserie périgourdine" et "La croque sel", nous allons ajouter aujourd'hui un hôtel-restaurant dont il ne reste hélas plus rien, sinon le souvenir de son cassoulet.

Le logis de Trencavel

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Le logis de Trencavel est construit dans la seconde moitié des années 1950 à la sortie de la ville, en direction de Narbonne. C'est à cette époque une véritable gageure que d'aller s'installer si loin du centre-ville, à l'autre bout de l'avenue du général Leclerc. Comme nous pouvons l'observer sur la photo ci-dessus, la route est bordée de platanes ; il n'en reste plus aucun de nos jours. À gauche, la cité Ozanam n'est pas encore sortie de terre ; à droite, le champ dans lequel on bâtira Cité 2 en 1972.

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L'établissement vers 1955

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Sur la RN 113, le logis de Trencavel avec son hôtel affilié au Logis de France, se retrouvait recommandé dans les nombreux guides routiers. C'est l'époque où les sorties dominicales en voiture s'accompagnaient d'une halte dans les bonnes adresses de la région. La réputation du propriétaire M. Aymeric, traiteur de son état, dépassait largement les frontières du département.

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La rusticité du salon avec ses meubles de style Renaissance, sa cheminée et ses poutres à la Française.

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La grande salle à manger avec ses nombreux couverts. C'est dans cet établissement que deux de nos fameux cuisiniers actuels ont épluché les pommes de terres en tant qu'apprentis : André Pachon et Jean-Claude Rodriguez. Ce dernier reprendra même le logis de Trancavel en gérance. Ces deux ambassadeurs du cassoulet commencèrent donc à le cuisiner chez M. Aymeric. 

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Le logis de Trencavel a été rasé ; sur son emplacement on a bâti l'Hôtel 111. Hélas, la vie de cet établissement cinq étoiles n'aura pas duré plus de deux ans. Cet hôtel flambant neuf ouvert en mai 2011, est fermé depuis 2013. C'est bien dommage pour Carcassonne, incapable désormais d'offrir des prestations de luxe à des clients très fortunés. Pour rêver d'un palace avec la Cité, il faudrait déjà vouloir attirer une clientèle à qui l'on n'offrirait pas que des épées en plastique en souvenir... Or, la tendance est plutôt à la quantité des visiteurs qu'à la qualité de leur portefeuille. 

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03/12/2015

Souvenirs de l'Hôtel des voyageurs, allée d'Iéna

Un des plus vieil hôtel de la ville a mis la clé sous la porte en 2010. L'hôtel des voyageurs, situé allée d'Iéna en face de la place Davilla, a été vendu aux enchères avec l'ensemble de son mobilier. Sa plaque en émail a été enlevée et seul le nom subsiste encore. La société Eyraud qui le gérait depuis 1988 restera le dernier propriétaire de cet établissement.

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L'Hôtel des voyageurs en 1930

Quelle tristesse! À ma connaissance, il ne reste plus que l'hôtel Montségur sur cette longue avenue. N'oublions pas que cette artère était autrefois la zone industrielle de Carcassonne. Des usines, des fonderies avec leur cheminées donnaient à ce quartier un aspect industriel qui a aujourd'hui complètement disparu. L'hôtel des voyageurs avait son utilité tant que les représentants ou industriels de passage cherchaient dans le coin, un endroit pour passer la nuit. L'allée d'Iéna n'est de nos jours qu'un lieu délabré dont il serait urgent de rénover l'architecture urbaine. Avez-vous envie de vous y arrêter ? Déjà, un aménagement paysager avec plantation d'arbres rendrait cette artère un peu plus attractive et moins sale... C'est quand même le passage obligé depuis Toulouse vers le centre-ville.

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Ce qu'il reste de l'Hôtel des voyageurs, 41 allée d'Iéna

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29/11/2015

"La croque sel" au temps des vedettes de la chanson française

Le motel-restaurant "La croque sel" fondé par Anne-Marie Pavernès en bordure de la RN113, a reçu de nombreuses vedettes de la chanson et du cinéma entre 1960 et 1970. Loin de l'agitation du centre-ville et des regards, ils se sentaient à l'abri chez une dame qui savait les recevoir. Le cuisinier Jean-Louis Richardis concourrait également à faire de cet établissement, une des meilleures tables de la région.

Le Motel

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Anne-Marie Pavernès

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L'entrée de la Croque sel en 1960, route de Trèbes

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Le salon richement décoré

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Anne-Marie Pavernès, sa maman, Renée F, Annie Jubilar

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Cette peinture murale avait été réalisée par Claude Tarlier. Elle a été détruite par le propriétaire qui a succédé à Mme Pavernès.

Les Vedettes

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Les compagnons de la chanson 

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Annie Cordy et François-Henri Bruno, son mari

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Anne-Marie Pavernès et Alain Barrière

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Bernard Blier et Guy Tréjan

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Eddy Aguilar et Frank Alamo

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Dick Rivers

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Luis Mariano

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Raymond Devos

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Joe Dassin

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Johnny Hallyday

Crédit Photos

Annie Jubilar et Eddy Aguilar

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23/11/2015

Les docks méridionaux d'alimentation

Les Docks méridionaux d'alimentation avaient leur siège à Béziers et déservaient les denrées périssables tels que lait, beurre, fromage, salaisons en camions isothermes dans 150 points de vente de l'Aude et de l'Ariège. C'est le 15 septembre 1931 qu'ils s'implantent à Carcassonne où ils fondent un entrepôt, 16 avenue Pierre Sémard. Le but de l'entreprise est de contribuer à l'abaissement du coût de distribution pour un meilleur service à la clientèle:

Achetez mieux pour moins!

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L'entrepôt de l'avenue Pierre Sémard en 1966

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À gauche, une résidence a été construite sur l'emplacement de l'entrepôt des Docks méridionaux. Les succursales à Carcassonne étaient au nombre de dix en 1965: 12 av A. Mullot, 103 rue Barbacane, 10 av Bunau-Varilla, 104 et 105 av du général Leclerc, 54 rue Marceau-Perrutel, 53 rue du Pont-vieux, 47 av Roosevelt, 27 rue de la rivière et 8 rue de Verdun.

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Parmi elles, l'épicerie de Jany Rigail se trouvait 12 avenue A. Mullot et portait le n°338.

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L'épicerie Rigail, aujourd'hui.

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L'épicerie Pujol aux quatre chemins fonctionna de 1952 à 1957

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L'épicerie des quatre chemins, aujourd'hui

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22/11/2015

Les souvenirs gourmands de la pâtisserie Gau-Galinier

En 1928, Célestin Gau, ancien chef pâtissier de l'Hôtel de Paris à Monte Carlo originaire des hautes Corbières (Dernacueillette), installe sa pâtisserie à Carcassonne à l'angle des rues de la gare et du 4 septembre.

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Célestin Gau

Malheureusement en 1937, un accident de la route à la sortie de Limoux sur la route d'Alet-les-bains lui ôtera la vie ainsi qu'à son épouse.

C'est son beau-frère Émile Galinier qui reprendra cet artisanat en qualité de pâtissier, glacier et chocolatier jusqu'en 1975. Le flambeau est ensuite passé à Jacques qui a régalé les carcassonnais de son savoir faire inimitable, jusqu'à la fermeture définitive du magasin en 2003 et finalement sa vente.

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Célestin Gau ouvre alors une pâtisserie à l'angle des rues de la gare et du quatre septembre. Toute la façade est réalisée en marbre importé d'Italie.

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L'intérieur de la pâtisserie en 1930

Célestin Gau est l'inventeur d'un gâteau nommé "Le Carcassonnais" vendu dans sa pâtisserie le dimanche à la sortie de la messe. Un peu comme les Bêtises de Cambrai, c'est grâce à une recette ratée que cette réalisation vit le jour. Le brevet de fabrication est déposé mais Jacques Galinier l'a confié à sa retraite, à la pâtisserie Fuster (rue A. Ramond). On peut donc encore déguster son goût à l'orange dont beaucoup se souviennent encore.

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Chez Gau, on pouvait aussi acheter "les pavés de la cité" (bonbon au praliné) et bien d'autres pièces en chocolat à l'éfigie de notre monument préféré. Jamais on ne trouva chez Galinier de Lécitine de Soja ou d'huile de Palme dans le chocolat, que du beurre de cacao. C'est la marque des grands, fidèles à l'artisanat français de qualité.

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Le fond du magasin dans le style art déco. Si on avait été moins "idiot" dans cette ville, on aurait peut-être pu faire classer ce magasin qui aujourd'hui, a été complètement défiguré.

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La superbe devanture avec ses oeufs de Pâques

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C'est là, dans l'arrière boutique, que se fabriquaient les gâteaux. Sur la gauche, les pétrins actionnés par des courroies. Au fond, le frigidaire dans le pur style des années 1930.

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Une autre vue de l'atelier avec le four à droite

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L'ensemble du personnel

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Les boites de la pâtisserie servaient aussi la renommée de notre belle cité médiévale.

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La pâtisserie vue de nuit

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Quand Jacques Galinier a vendu la pâtisserie après 2003, l'ensemble du marbre de la façade a été enlevé. Une boutique de vêtements fabriqués en Chine s'est installée jusqu'en 2013. Depuis deux ans, c'est une friche commerciale en plein centre-ville...

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Célestin Gau et son épouse Jeanne se sont tués dans un accident de voiture en 1937, à la sortie de Limoux à la hauteur de l'usine Myris. Ils sont inhumés au cimetière Saint-Vincent de Carcassonne.

Merci à J. Galinier pour ses photos et ses souvenirs

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