30/12/2016

Les cars Bourdier, excursions et transports scolaires

Malgré le peu d'informations historiques que je possède sur cette entreprise, il m'a paru indispensable d'en évoquer le souvenir. La plus ancienne trace des cars Jean Bourdier, nous la trouvons dans un annuaire de 1950 au n°22 de la rue Pierre Sémard. C'est d'ailleurs à cet endroit que se trouvait le dépôt des autobus effectuant les excursions et les transports scolaires vers les différents villages autour de Carcassonne.

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Le dépôt des cars Bourdier dans les années 70

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Au même endroit en 2016

L'entreprise possédait au moins de deux agences dans Carcassonne pour ce qui concerne les excursions :  voyages à Lourdes, en Andorre ou à travers l'Europe grâce à l'agence de voyage FRAM dont elle était le correspondant.

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En 1976, l'agence Bourdier se trouvait sur l'emplacement de l'ancien garage Daydé à l'hôtel Terminus, 1 avenue Joffre. 

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Si l'on remonte le temps, l'agence Bourdier était dans la rue de la gare. La boutique resta longtemps fermée tout en conservant son aspect d'origine. C'est aujourd'hui la bijouterie Secrets d'or.

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Prenez votre ticket ! 

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Un autobus Berliet de l'entreprise Bourdier

Les transports scolaires partaient de l'autogare ; d'abord située sur le boulevard Omer Sarraut, puis boulevard de Varsovie en face de la passerelle du Canal du midi. Les courriers du Roussillon et du Languedoc effectuaient également ce type de transports. Leur dépôt se trouvait boulevard Paul Sabatier.

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Les cars Bourdier ont été repris par l'entreprise Teissier en 2004. Désolé d'avoir rédigé cet article avec si peu d'informations, mais j'invite toute personne ayant des renseignements permettant de l'enrichir à se mettre en rapport avec ce blog.

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26/12/2016

Des meubles Rouger à l'imprimerie Gabelle, rue Barbès

Nous allons vous montrer de quelle manière il est possible de retrouver après un siècle, l'emplacement d'un ancien commerce dans Carcassonne, avec juste pour indice une carte postale publicitaire. N'étant pas en ce moment sur place, j'ai fait appel à Jacques Blanco afin de tenter de reconnaître les lieux. Ainsi a t-il pu me confirmer avec exactitude ce que mon annuaire de 1904 indiquait à cent mètres de là... La numérotation des rues dans Carcassonne ayant changé depuis, seul l'oeil avisé du secrétaire des Amis de la ville et de la Cité était à même de spécifier l'endroit avec précision. Je me chargeais ensuite de remonter le temps grâce aux archives départementales consultables en ligne (registres d'Etat-civil, recensement civil et militaire) et à mes propres documents. Aujourd'hui, nous sommes en mesure de retracer l'aventure des meubles Rouger, qui précéda l'imprimerie Gabelle, au n°44 rue Barbès.

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Orens Rouger - tourneur, de son état - se marie le 19 octobre 1859 avec Charlotte Canis, sans profession. De cette union, naîtront : Jean Rouger le 3 novembre 1867, Charles Marius Rouger le 16 mai 1870 et Marius Rouger en 1886. Les frères Rouger exerceront tous le métier de tapissier d'ameublement.

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En 1901, la famille Rouger demeure au n°7 de la rue Barbès. Elle a perdu Orens, le patriarche décédé depuis. Ce sont donc les enfants qui ont la charge d'une affaire de fabrication et de vente de meubles. Elle s'appelle "Au grand chandelier" et occupe un vaste bâtiment à l'angle des rues Barbès et Pinel. Les frères Rouger seront dispensé de service pendant la Grande guerre ; l'aîné de la fratrie a la charge de l'entreprise. En 1927, une publicité dans le programme du carnaval de Carcassonne nous informe que la Maison Jean Rouger vend des Chambres à coucher, des salles à manger, des sommiers, des matelas ainsi qu'un grand assortiment de meubles de Provence.

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L'ancienne Maison de meubles Jean Rouger

André Gabelle, imprimeur né en 1844, tient son entreprise en 1904 au n° 64 de la rue de la gare. Avec sa famille, il loge au 8 rue Victor Hugo : Gabelle Elise (son épouse) née en 1858 à Burlatz, leurs deux filles Jeanne (1887) et Cécile (1890) et la domestique Salvaire Eugénie née en 1873 à Pezens. L'imprimerie Gabelle avait repris l'affaire de Pierre Polère. En 1897, elle partageait son activité au n° 50 rue de la mairie, avec Bonnafous et Thomas.

Reste à comprendre quand Rouger a vendu son magasin à Gabelle. Pour cela, nous avons plusieurs indices... La publicité du programme de 1927, nous informe encore de son existence. Il n'est pas présent dans l'annuaire de 1931 ; en revanche, l'imprimerie Gabelle se trouve mentionnée au n° 44 rue Barbès. C'est donc qu'entre 1927 et 1931, Gabelle a pris l'emplacement de Rouger. On peut également en déduire que la façade Art-déco avec l'enseigne "Les imprimeurs Gabelle" date de cette époque.

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© Jacques Blanco

L'imprimeur Gabelle s'est retiré de la rue Barbès en 2008, mais l'enseigne demeure. Actuellement, on refait la façade et espérons qu'elle sera conservée. Voilà comment avec presque rien comme informations, on arrive à retracer l'histoire de ce bâtiment.

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23/12/2016

Le café Roldan, siège de la jeunesse de la Trivalle

Voilà un café de quartier comme il en existait tant dans Carcassonne ; ils ont presque tous disparu. Le café Roldan se tenait au n° 54 de la rue Trivalle. Autrefois, café et pension de famille, l'affaire fut reprise jusqu'en 1940 par Manuel et Maty Roldan avant qu'il ne prenne définitivement le nom de "Café Roldan".

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Né le 2 février 1899, Manuel Roldan débuta sa vie professionnelle comme cimentier et la termina comme chef de chantier dans l'entreprise Subias. On lui doit notamment la construction du château d'eau de Bram en 1936, selon les plans dressés par l'architecte Enderlin. Il s'occupera ensuite de son café en compagnie de son épouse Clémentine (1894-1962), née Mathissart.

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Le café Roldan vers 1936

La famille Roldan gérait plusieurs affaires en ville. D'abord, la buvette du stade de la pépinière (A. Domec) entre 1948 et 1966 ; elle passa ensuite entre les mains du limonadier Guilhem. Ensuite, la buvette sous les halles où l'on dansait au rythme des orchestres Maravella ou Eddie Warner.

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Dans ce quartier cosmopolite de Carcassonne dans lequel se côtoyaient émigrés espagnols, italiens et gitans, la jeunesse avait fait du café Roldan le rendez-vous des fêtards. Au 1er étage, la salle servait pour les réunions de la fête de St-Saturnin (15 août) et de penderie pour le carnaval. Les ouvriers de la brasserie Fritz Lauer, de l'usine Farge et de la distillerie Sabatier y venaient déjeuner. 

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L'orchestre Carcassonnais Jeanoely des frères Marson

Outre les fêtes de la Trivalle, du café Roldan partait le Tour de l'âne, la "Java vache" sous l'impulsion de Gualdo et de Gimenez. Cet établissement ferma ses portes en 1963 et Manuel Roldan s'éteignit le 23 février 1972.

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© Google maps

L'ancien café Roldan aujourd'hui

Cet article n'aurait pas pu être rédigé sans le travail remarquable sur la Trivalle de Jean-François Vivès. Les photos du café Roldan m'ont été prêtées par René Roldan ; celle de l'orchestre Jeanoely, par Madame Marson.

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17/12/2016

Le café français, place Davilla

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Jusque dans les années 1980, le Café Français se tenait sur la place Davilla dans l'immeuble Tomey. Cet établissement était tenu dans les années 1950 par M. Bouc. Sur même trottoir en remontant, se trouvaient l'épicerie Crouzilles, Canavy, le marchand de graines Rieux et la boucherie Marcel. En face (aujourd'hui un restaurant), il y avait Gleizes, graines en gros. les lignes des autobus des Courriers du Midi faisaient une halte devant le Café Français. Le trottoir devant le bistrot était encombré de sacs cageots et toutes sortes de choses « précieuses » achetées en ville et qui partaient avec les passagers embarquant pour les villages de la ligne Carcassonne, Bélesta. Des poules et des lapins prenaient part au voyage… Le chauffeur connaissait tout le monde. Dès que l’heure du départ approchait, les gens s’agitaient, s’interpellaient fébrilement comme si on allait partir pour un voyage lointain. Il y avait toujours un passager qui traînait au bar. Le chauffeur klaxonnait rageusement pour l’appeler…

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Le Café Français était tenu par M. Flanzy au début du XXe siècle

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Sur la photo ci-dessus datant de la fin du XIXe siècle, le café Français n'existe pas encore.

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Le café français a disparu de cette place Davilla qui manque cruellement d'animations. Une rénovation avec un peu de verdure s'imposerait...

Mise à jour de l'article le 17/12/2016

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21/10/2016

La mercerie Bénédetti, souvenirs d'un commerce familial

Marguerite Bénédetti ouvrit une mercerie dans les années 1930 au 22 rue Courtejaire, juste en face des Nouvelles Galeries (Monoprix). Ce commerce occupé autrefois par l'armurier Belloc ferma ses portes en 1996. C'est aujourd'hui, un marchand de sandwichs à emporter.

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Marguerite Bénédetti

Au 41 de la rue Clémenceau - à 100 mètres de là - M. Bénédetti tenait le magasin Tricoton dans lequel on se fournissait en laines à tricoter. Avant la Seconde guerre mondiale, la boutique se nommait "Au chic féminin".

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Le magasin Tricoton dans les années 1950

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L'intérieur de la boutique

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Monsieur Bénédetti et sa fille

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Dans les années 1960, les publicitaires rivalisaient d'imagination pour faire connaître les produits. Quoi de plus simple que de faire atterrir un hélicoptère au portail des Jacobins pour impressionner le chaland ?

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L'ancien Tricoton s'agrandit et se rénova ; il prit le nom des laines Pinguoin. 

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On savait fabriquer en France...

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Les clients faisaient la queue dès l'ouverture 

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En 2008, l'ancienne mercerie Bénédetti a été vendue à une enseigne nationale de prêt-à-porter masculin. On rénova la façade, ce qui permit de mettre au jour des arcades et des fenêtres à meneaux. La mercerie venait de tirer un trait sur plus d'un demi-siècle d'existence.

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19/10/2016

Le Café des Colonies, boulevard Jean Jaurès

Déjà en 1897, le Café des colonies figurait sur les annuaires de l'époque comme un établissement de premier ordre entièrement restauré en neuf. François Lassere, le propriétaire, avait entièrement transformé cet affenage pour les chevaux en café. A la belle saison, il proposait des glaces et des sorbets et la vente de la bière Müller dont il était le dépositaire exclusif. Le seul établissement ouvert la nuit jusqu'au passage des rapides.

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François Lassere et sa famille

Cet établissement vit se succéder de nombreux propriétaires. Après la Seconde guerre mondiale, il était fréquenté par les soldats du régiment indochinois cantonné à la caserne Laperrine. Le plus célèbre de ses patrons fut M. Lopez, donateur de la Coupe de l'Aude de football. 

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Le café des colonies resta longtemps le siège du District de l'Aude de football, puis celui du R.A.C (Racing Athétic Carcassonnais), ancêtre de l'actuel F.A.C. Les équipes qui jouent chaque année dans notre département la Coupe Lopez, sauront désormais à qui il la doivent.

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En 1967, le café des colonies devint la propriété de la famille Santandreu qui le modernisa. ils sont actuellement les patrons du café "Le Carnot" sur la place du même nom ; là même où tous nos politiques se font voir à la terrasse, les jours de marché. En 1980, le café des colonies est vendu à M. Armengaud.

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Aujourd'hui, l'établissement a changé de nom marquant la fin d'une histoire avec nos anciennes colonies. Autres temps, autres moeurs... C'est désormais la Brasserie du Palais. Les vieux Carcassonnais continuent à l'appeler le Café des colonies....

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