06/07/2016

Les cycles Montoconfort, route Minervoise

Nous allons évoquer le magasin de cycles de la marque Montoconfort tenu dans les années 1950 par E. Baldelon. Ce commerce se trouvait au numéro 30 de la route Minervoise, à l'angle avec la rue Montpellier. Il y avait déjà un marchand de cycles au début du XXe siècle sur cet axe au numéro 20: M. Combes.

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J'ai scanné une de mes cartes postales au maximum et l'on voit bien l'immeuble avec l'enseigne Montoconfort sur la façade (au centre de la photo). Sur la droite, on remarque même l'enseigne du restaurant "A la grillade".

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Une Motoconfort U56C de 1954, vendue autrefois chez Baldelon

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Le magasin avait été repris dans les années 1960 par Pierre Pieters

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Au début des années 1970, la route Minervoise était endeuillée par le décès tragique de la famille Pieters dans un accident de la route.

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Le passage du Tour de France 1981 devant le magasin de cycles Motobécane - anciennement Motoconfort. Le commerce était alors tenu par Castex.

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02/04/2016

Les étalissements Capdeville, confort ménager

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Juste à côté de la pharmacie Coll située à l'angle des rues Courtejaire et Ramond, se tenait dans les années 60 le magasin de M. Capdeville. C'est là que l'on pouvait acquérir les nouveaux appareils ménagers pour le plus grand bonheur de ces dames. Nous voyons qu'il était par ailleurs possible de garer son véhicule devant le magasin, ce qui est de nos jours totalement impossible.

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La devanture a ensuite évolué vers un style plus moderne

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Le bâtiment est occupé aujourd'hui par un bijoutier

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04/03/2016

L'histoire du Grand hôtel Bonnet, rue A. Ramond

Le Grand hôtel Bonnet a été fondé vers 1824 dans l'un des deux immeubles qui furent choisi pour loger le comte de Peyre et sa suite, lors de la tenue des Etats du Languedoc en 1701 à Carcassonne.

Lettre de Louis XIV

Chers et bien aimés, ayant ordonné la convocation et l'assemblée des Etats de notre province de Languedoc pour l'année présente en notre ville de Carcassonne au dernier jour d'Aoust prochain et à cette fin fait expédier nos lettres et commissions requises et nécessaires, nous vous en avons bien voulu donner avis par celle-ci et vous dire que vous avez à vous y trouver pour ouir les remontrances et propositions qui y seront faites par nos députés et sur icelles nous donner la satisfaction  que nous nous sommes toujours promise de votre fidélité et dévotion au bien de nos affaires et repos de notre royaume, ainsi qu'avez ci devant fait en bons et loyaux sujets, et n'y faites faute. Car tel est notre plaisir.

Donné à Versailles le 10e jour de juillet 1701.

                                 Louis signé

Dans le Carron Danty - compris entre les rues Pelisserie (Ramond), Saint-Michel (Voltaire) et les traverses des Orfèvres (Courtejaire) et Saint-Michel (Chartran) - les deux maisons furent remises en l'état pour un coût total de 1500 livres. La première avait appartenu aux Roux de Puivert et à la présidente Danty ; au XIXe siècle c'est la famille de Dominique Laperrine - époux de Pauline d'Hautpoul - qui en prit possession. A l'intérieur, on trouve un escalier datant de la Restauration.

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Le N° 6 rue Chartran

Le N° 6 de la rue Chartran appartenait en 1729 à Gabriel Maurel - conseiller - de la même famille des Maurel de la Pujade dont le père était marchand. En 1701, on l'avait fait communiquer avec la maison du futur hôtel Bonnet, dans laquelle coucha Charles de Groslée Virville, premier chambellan de SAR Gaston de France et lieutenant-général pour le roi en la province du Languedoc. Il était accompagné de François de Vissec, gouverneur de la Cité de Carcassonne. M. de Danty, maire perpétuel, fut chargé d'organiser cet évènement.

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Au début du XIXe siècle, François Bonnet - traiteur de son état - fonde avec son épouse Marie Affigne, un hôtel de voyageurs au N°41 de la rue de la mairie, actuelle rue A. Ramond. Il transforme bien entendu l'ancien immeuble dans lequel, il offre également un service de bains. Le guide du voyageur de 1834 fait référence de l'établissement comme possédant bains, remises, écuries et bonne table. Le couple Bonnet peut compter sur l'aide d'Alphonse Bibent - Maître d'hôtel- marié à Victorine Bonnet et sur Irma Bonnet mariée à Achille Sarrail - le fils du Président du Tribunal de Commerce.

Le personnel en 1851

Montagné Pierre (Cuisinier / 24 ans)

Cammat Paul (Cuisinier / 19 ans)

Ourmet Paul (Garçon de salle / 30 ans)

Calvairac Louis (Garçon de chambre / 32 ans)

Galibert Guillaume (Garçon de salle / 24 ans)

Galibert Pierre (Garçon de salle / 19 ans)

Ruffié Raymond (Garçon d'écurie / 41 ans)

Bouscasse Marie, son épouse

Molinié (Fille de service / 65 ans)

Paul Eléonore (Fille de service / 20 ans)

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En 1854, l'hôtel Bonnet est dirigé par M. Rouan. En 1875, l'ensemble du mobilier et des voitures est venue aux enchères publiques.

Le 1er octobre 1892, la gérance de l'hôtel passe entre les mains de Lucien Nartus - ancien chef de cuisine des plus grandes maisons bourgeoises. L'établissement refait à neuf entre dans la modernité sous l'ère de M. Reillat qui se verra décerner par le Touring Club de France, le diplôme d'hôtelier avec médaille d'argent. C'est l'âge d'or de l'hôtel, qui après avoir accueilli des notabilités comme M. de Lagrénée - ambassadeur de France en Espagne en 1850 - verra passer le cinéaste Louis Feuillade avec sa troupe en 1908 et l'aviateur Jules Védrines en 1911.

Un an après, M. Fourcade rachète l'hôtel qui possède le chauffage central, des salles de bains, une grande salle de dîner, le garage et des omnibus pour tous les trains. Malheureusement, la Grande guerre va interrompre l'activité hôtelière, puis y mettre un terme. A partir du 23 avril 1915 et jusqu'au 20 décembre 1918, le Grand hôtel Bonnet et ses 118 lits sert d'abord d'annexe N°51 puis d'Hôpital de campagne.

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Aujourd'hui, les Affaires de sociales de la ville de Carcassonne occupent les locaux de l'ancien Hôtel Bonnet. Il reste encore dans la cour quelques vestiges de son prestigieux passé. Nous espérons contribuer à faire connaître l'histoire oubliée de Carcassonne qui mériterait bien autre chose que ce qu'elle est devenue...

Sources

La presse locale

Mémoires de la Soc des Arts et Sciences / 1909

ADA 11 (Etat-civil et recensement) 

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28/02/2016

Le Grand Café Grilhot au portail des Jacobins

La trace la plus ancienne que nous ayons retrouvée de cet établissement remonte aux années 1850. Situé contre l'ancien rempart de la bastide Saint-Louis à côté du portail des Jacobins, le

Grand Café Grilhot

faisait la fierté de la belle société Carcassonnaise. 

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© Coll. Patrice Cartier

De sa magnifique terrasse, placée sous les beaux platanes du boulevard Barbès, d'où tombe une douce fraîcheur, on domine le boulevard des Jacobins, avec ses tilleuls qui exhalent de suaves et enivrantes senteurs. En face, une splendide vue de la Cité et un long horizon.

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Il semblerait que les frères Bec aient créé le restaurant avant de passer la main à Pierre Rieux. En 1881, celui-ci annonce que le restaurant du grand café sera mis entre les mains de M. Cance - connu pour son habileté dans l'art culinaire - à partir du 1er août. Le 21 novembre 1885, MM. Maymou frères - ex limonadiers à Narbonne - font l'acquisition du Café Grilhot en remplacement de M. Rieux. Ils s'associeront ensuite avec M. Pouget.

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Le Grand Café Grilhot était le siège de plusieurs associations, dont le Cercle Républicain et le Cercle des fonctionnaires. On y jouait au billard ; en 1876, M. Léon Goffart le célèbre professeur de billard y a fait 117 carambolages de série. Initiés par les frères Maymou, les concerts devant la terrasse connaissent un très grand succès, grâce à la grande qualité des interprètes. L'établissement jouit également d'un bel emplacement pour les jours de foire sur le boulevard.

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Sur cette carte postale, on aperçoit à gauche, la façade du Café-Restaurant Grilhot au début du XXe siècle. L'établissement connut ensuite des transformations... De mémoire, on peut citer les restaurant de la Terrasse, la rôtisserie périgourdine (Bonnaure), Les Jacobins (M. Salmon), etc... Aujourd'hui, l'ancien Café Grilhot est défiguré par deux vérandas qui cachent la belle façade sur l'ancien rempart édifié sous Saint-Louis. Il faudra sans doute beaucoup de courage aux ABF pour exiger qu'il retrouve un jour son aspect originel.

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19/01/2016

Le logis de Trencavel, route de Narbonne

Parmi les très bonnes tables de Carcassonne des années 50-60, nous avons cité "La rôtisserie périgourdine" et "La croque sel", nous allons ajouter aujourd'hui un hôtel-restaurant dont il ne reste hélas plus rien, sinon le souvenir de son cassoulet.

Le logis de Trencavel

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Le logis de Trencavel est construit dans la seconde moitié des années 1950 à la sortie de la ville, en direction de Narbonne. C'est à cette époque une véritable gageure que d'aller s'installer si loin du centre-ville, à l'autre bout de l'avenue du général Leclerc. Comme nous pouvons l'observer sur la photo ci-dessus, la route est bordée de platanes ; il n'en reste plus aucun de nos jours. À gauche, la cité Ozanam n'est pas encore sortie de terre ; à droite, le champ dans lequel on bâtira Cité 2 en 1972.

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L'établissement vers 1955

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Sur la RN 113, le logis de Trencavel avec son hôtel affilié au Logis de France, se retrouvait recommandé dans les nombreux guides routiers. C'est l'époque où les sorties dominicales en voiture s'accompagnaient d'une halte dans les bonnes adresses de la région. La réputation du propriétaire M. Aymeric, traiteur de son état, dépassait largement les frontières du département.

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La rusticité du salon avec ses meubles de style Renaissance, sa cheminée et ses poutres à la Française.

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La grande salle à manger avec ses nombreux couverts. C'est dans cet établissement que deux de nos fameux cuisiniers actuels ont épluché les pommes de terres en tant qu'apprentis : André Pachon et Jean-Claude Rodriguez. Ce dernier reprendra même le logis de Trancavel en gérance. Ces deux ambassadeurs du cassoulet commencèrent donc à le cuisiner chez M. Aymeric. 

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Le logis de Trencavel a été rasé ; sur son emplacement on a bâti l'Hôtel 111. Hélas, la vie de cet établissement cinq étoiles n'aura pas duré plus de deux ans. Cet hôtel flambant neuf ouvert en mai 2011, est fermé depuis 2013. C'est bien dommage pour Carcassonne, incapable désormais d'offrir des prestations de luxe à des clients très fortunés. Pour rêver d'un palace avec la Cité, il faudrait déjà vouloir attirer une clientèle à qui l'on n'offrirait pas que des épées en plastique en souvenir... Or, la tendance est plutôt à la quantité des visiteurs qu'à la qualité de leur portefeuille. 

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03/12/2015

Souvenirs de l'Hôtel des voyageurs, allée d'Iéna

Un des plus vieil hôtel de la ville a mis la clé sous la porte en 2010. L'hôtel des voyageurs, situé allée d'Iéna en face de la place Davilla, a été vendu aux enchères avec l'ensemble de son mobilier. Sa plaque en émail a été enlevée et seul le nom subsiste encore. La société Eyraud qui le gérait depuis 1988 restera le dernier propriétaire de cet établissement.

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L'Hôtel des voyageurs en 1930

Quelle tristesse! À ma connaissance, il ne reste plus que l'hôtel Montségur sur cette longue avenue. N'oublions pas que cette artère était autrefois la zone industrielle de Carcassonne. Des usines, des fonderies avec leur cheminées donnaient à ce quartier un aspect industriel qui a aujourd'hui complètement disparu. L'hôtel des voyageurs avait son utilité tant que les représentants ou industriels de passage cherchaient dans le coin, un endroit pour passer la nuit. L'allée d'Iéna n'est de nos jours qu'un lieu délabré dont il serait urgent de rénover l'architecture urbaine. Avez-vous envie de vous y arrêter ? Déjà, un aménagement paysager avec plantation d'arbres rendrait cette artère un peu plus attractive et moins sale... C'est quand même le passage obligé depuis Toulouse vers le centre-ville.

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Ce qu'il reste de l'Hôtel des voyageurs, 41 allée d'Iéna

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