23/11/2015

Les docks méridionaux d'alimentation

Les Docks méridionaux d'alimentation avaient leur siège à Béziers et déservaient les denrées périssables tels que lait, beurre, fromage, salaisons en camions isothermes dans 150 points de vente de l'Aude et de l'Ariège. C'est le 15 septembre 1931 qu'ils s'implantent à Carcassonne où ils fondent un entrepôt, 16 avenue Pierre Sémard. Le but de l'entreprise est de contribuer à l'abaissement du coût de distribution pour un meilleur service à la clientèle:

Achetez mieux pour moins!

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L'entrepôt de l'avenue Pierre Sémard en 1966

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À gauche, une résidence a été construite sur l'emplacement de l'entrepôt des Docks méridionaux. Les succursales à Carcassonne étaient au nombre de dix en 1965: 12 av A. Mullot, 103 rue Barbacane, 10 av Bunau-Varilla, 104 et 105 av du général Leclerc, 54 rue Marceau-Perrutel, 53 rue du Pont-vieux, 47 av Roosevelt, 27 rue de la rivière et 8 rue de Verdun.

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Parmi elles, l'épicerie de Jany Rigail se trouvait 12 avenue A. Mullot et portait le n°338.

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L'épicerie Rigail, aujourd'hui.

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L'épicerie Pujol aux quatre chemins fonctionna de 1952 à 1957

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L'épicerie des quatre chemins, aujourd'hui

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22/11/2015

Les souvenirs gourmands de la pâtisserie Gau-Galinier

En 1928, Célestin Gau, ancien chef pâtissier de l'Hôtel de Paris à Monte Carlo originaire des hautes Corbières (Dernacueillette), installe sa pâtisserie à Carcassonne à l'angle des rues de la gare et du 4 septembre.

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Célestin Gau

Malheureusement en 1937, un accident de la route à la sortie de Limoux sur la route d'Alet-les-bains lui ôtera la vie ainsi qu'à son épouse.

C'est son beau-frère Émile Galinier qui reprendra cet artisanat en qualité de pâtissier, glacier et chocolatier jusqu'en 1975. Le flambeau est ensuite passé à Jacques qui a régalé les carcassonnais de son savoir faire inimitable, jusqu'à la fermeture définitive du magasin en 2003 et finalement sa vente.

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Célestin Gau ouvre alors une pâtisserie à l'angle des rues de la gare et du quatre septembre. Toute la façade est réalisée en marbre importé d'Italie.

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L'intérieur de la pâtisserie en 1930

Célestin Gau est l'inventeur d'un gâteau nommé "Le Carcassonnais" vendu dans sa pâtisserie le dimanche à la sortie de la messe. Un peu comme les Bêtises de Cambrai, c'est grâce à une recette ratée que cette réalisation vit le jour. Le brevet de fabrication est déposé mais Jacques Galinier l'a confié à sa retraite, à la pâtisserie Fuster (rue A. Ramond). On peut donc encore déguster son goût à l'orange dont beaucoup se souviennent encore.

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Chez Gau, on pouvait aussi acheter "les pavés de la cité" (bonbon au praliné) et bien d'autres pièces en chocolat à l'éfigie de notre monument préféré. Jamais on ne trouva chez Galinier de Lécitine de Soja ou d'huile de Palme dans le chocolat, que du beurre de cacao. C'est la marque des grands, fidèles à l'artisanat français de qualité.

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Le fond du magasin dans le style art déco. Si on avait été moins "idiot" dans cette ville, on aurait peut-être pu faire classer ce magasin qui aujourd'hui, a été complètement défiguré.

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La superbe devanture avec ses oeufs de Pâques

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C'est là, dans l'arrière boutique, que se fabriquaient les gâteaux. Sur la gauche, les pétrins actionnés par des courroies. Au fond, le frigidaire dans le pur style des années 1930.

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Une autre vue de l'atelier avec le four à droite

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L'ensemble du personnel

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Les boites de la pâtisserie servaient aussi la renommée de notre belle cité médiévale.

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La pâtisserie vue de nuit

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Jacques Galinier en 1993

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Quand Jacques Galinier a vendu la pâtisserie après 2003, l'ensemble du marbre de la façade a été enlevé. Une boutique de vêtements fabriqués en Chine s'est installée jusqu'en 2013. Depuis quatre ans, ce magasin est une coquille vide, comme beaucoup en centre ville...

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Célestin Gau et son épouse Jeanne se sont tués dans un accident de voiture en 1937, à la sortie de Limoux à la hauteur de l'usine Myris. Ils sont inhumés au cimetière Saint-Vincent de Carcassonne.

Merci à J. Galinier pour ses photos et ses souvenirs

Mise à jour janvier 2017

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21/11/2015

Avez-vous oublié le café Français, place Davilla ?

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Le café Français était situé sur la place Davila, au pied de l'immeuble du Dr Tomey. On ne trouve sa trace dans de vieux annuaires, qu'après la Grande guerre. Il était tenu dans les années 1950 par M. Bouc. Quand le lycée se trouvait dans la rue de Verdun, ce café accueillait les pions et les professeurs qui restaient manger à la cantine. Après le repas, ils se retrouvaient là pour boire un café et "taper le carton". 

Dans les années 1950 et 1960, les lignes des autobus des Courriers du Midi faisaient une halte devant le Café Français. Le trottoir devant le bistrot était encombré de sacs cageots et toutes sortes de choses « précieuses » achetées en ville et qui partaient avec les passagers embarquant pour les villages de la ligne Carcassonne, Bélesta. Des poules et des lapins prenaient part au voyage…Bref, un véritable inventaire à la Prévert. Dès que l’heure du départ approchait, les gens s’agitaient, s’interpellaient fébrilement comme si on allait partir pour un voyage lointain. Il y avait toujours un passager qui traînait au bar. Le chauffeur klaxonnait rageusement pour l’appeler…

Sur même trottoir en remontant, se trouvaient l'épicerie Crouzilles, Canavy, le marchand de graines Rieux et la boucherie Marcel. De l'autre côté de la place, il y avait M. Gleizes qui vendait des graines en gros. 

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C'est l'agence bancaire BNP qui succéda au café Français au début des années 1980.

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17/11/2015

Souvenirs de la station service Bosch, avenue Arthur Mullot

Il était une fois une petite station service tenue par Marthe et Raymond Bosch vers 1947. Elle était située sur l'avenue Arthur Mullot, juste avant le pont neuf et à gauche en allant vers Narbonne.

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Marthe, Constance et Raymond Bosch devant leur station service vers 1947

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Les pompes distribuaient de l'essence de la CIP

(Compagnie Internationale de pétrole)

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Voici un ancien bidon d'essence de la CIP datant de 1935. A cette époque on vendait l'essence dans des jéricanes. Le logo de la CIP était formé par des ancres de marine.

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La station service avec l'enseigne Motricine

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Affiche pour l'essence Motricine

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Un triste jour où Marthe Bosch descendait à bicyclette l'avenue du général Leclerc, elle fut percutuée par l'arrière par un camion de transport Batut. La petite Constance perdait ainsi sa pauvre maman dans des circonstances bien injustes. La famille fut expulsée de la station service et retrouva même ses meubles sur le trottoir. Fort heureusement, il y eut de la solidarité et on leur trouva un logement. Ainsi s'acheva la petite station Bosch de l'avenue Arthur Mullot.

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Le photographe Fichot est actuellement installé sur l'emplacement de la station service

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12/11/2015

Le bar-tabac de la poste, rue Jean Bringer

Le Nouveau bar s'installe dans les années 1930 à l'angle des rues Barbès et de la Préfecture. Il aurait été tenu par M. Jacquet. Sur la vitrine on peut lire une publicité pour la crème de noix Cabanel, fabriquée encore par cette maison sur l'allée d'Iéna. Ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que l'établissement prendra le nom de Bar-Tabacs de la poste. Ceci, en raison de sa proximité avec la poste centrale de Carcassonne. À cette époque son propriétaire est E. Dubreuil.

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À sa suite, M. Chavernac reprendra le commerce en faisant l'acquisition de l'ensemble de l'immeuble. En 1989, Laurence Doméné achète le fond de commerce puis tout le bâtiment en 1999. Aujourd'hui, le Bar-Tabac de la poste fait de la résistance dans ce quartier pour le plus grand plaisir des habitués.

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Bar-Tabac de la poste

36, rue Barbès

11000 Carcassonne

04 68 25 09 32

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28/10/2015

Le Grand café Not, place Carnot

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On ne retrouve pas trace du Grand café Not sur la place Carnot avant l'année 1896. Le Didot-Bottin de 1894 ne mentionne pas cet établissement parmi ceux de la ville. En revanche, Julien Not - son propriétaire, limonadier de son état - annonce que son café sera entièrement remis neuf et ouvrira le 1er janvier 1897. On y trouvera un salon de correspondance, le téléphone ainsi qu'une Académie de billard au premier étage. Les gens de la bonne société y pratiquent le billard français. Il semblerait qu'un parent de Julien Not soit également cafetier ; dans l'annuaire de 1904, E. Not tient le café du commerce sur le boulevard Omer Sarraut.

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© La bastide en poche / J-L Bonnet

L'établissement est rénové dans le style de la Belle époque. On peut encore voir des vestiges dans l'actuelle agence du Crédit agricole.

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Que fait-on au café Not ? On s'assoit en terrasse à la belle saison pour y déguster sa spécialité de sorbets ; pour y boire ses bières blondes issues de la brasserie Carcassonnaise Fritz Lauer ou importées de Munich (Bière Pschorr). C'était le lieu de rendez-vous de la jeunesse dorée, des courtiers en vins et des représentants de commerces autour d'un verre de quinquina ou de Carcasso.

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Le drap blanc à droite entre deux piquets

Le premier cinéma de plein air fut projeté à la terrasse du café Not. Un drap blanc était tendu entre deux platanes et moyennant le prix de consommations, les Carcassonnais pouvaient regarder un film muet. Ceux qui ne voulaient pas payer, le regardaient à l'envers de l'autre côté de la toile.

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À la terrasse de chez Not en 1934

Pendant l'occupation, le café était le lieu de rendez-vous des miliciens et des collaborateurs.  Ils n'avaient pas beaucoup de chemin à faire, le siège de la Milice Française se trouvaient 17, place Carnot. Autant dire qu'il valait mieux s'abstenir de parler politique. Après guerre, l'établissement compta quatre garçons de café : Auguste, Henri, Émilien et Sicki. Ce dernier était d'origine indochinoise et recueillait les animaux du quartier. Impossible pour les serveurs de s'en jeter un, alors ils allaient en douce chez Félix Bergèze déguster un Byrrh ; la boisson catalane de l'époque. Dans les années 50, il y aurait eu une salle de jeu clandestine de poker, baccara, roulette...

Les filles de Paulette - la madame Claude de Carcassonne - débarquaient en terrasse après leur visite médicale, les mardis et jeudis, jours de marché. Le jour du marché aux vins, on ne trouvait plus une place et le patron faisait appel à des extras. Dans ce bruit, les producteurs de vin étaient appelés au micro. 

Le premier étage abritait le siège de l'ASC au moment de la séparation du club en deux parties. On trouvait les quinzistes d'un côté et les treizistes de l'autre. Une bagarre qui ne date pas d'aujourd'hui...

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À droite, la supérette Carbasse

Dans les années 60, le café ferma ses portes définitivement à cause de la désaffection progressive de la clientèle. À sa place, on fit la supérette Carbasse qui devint ensuite Unico. Au début des années 90, c'est  l'agence du Crédit agricole telle qu'on la connaît aujourd'hui, qui s'y implanta. Qui sait si demain avec la fermeture annoncée des agences bancaires, ce lieu ne retrouvera pas un café sur cette place Carnot qui n'en manque pas.

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