28/02/2015

André Bonnaure, c'est le roi du foie gras

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La rue Courtejaire n'était pas encore piétonne et l'on pouvait se garer à proximité. Un policier passait par là... A gauche, le restaurant

La Rotisserie périgourdine.

 D'après de vieux carcassonnais, c'était l'une des meilleure table de la ville.

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André Bonnaure a dirigé après son père, le restaurant "La rôtisserie périgourdine". Cet établissement se trouvait sur l'emplacement actuel du restaurant "La terrasse" près du Portail des Jacobins. Il exerce ses talents depuis les années 1970 en Catalogne (à Gérone) où il est mondialement reconnu pour être un spécialiste du foie gras.

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Plusieurs ouvrages culinaires sont signés par André Bonnaure. Parmi eux, le plus célèbre de chez nous "La cuisine en Languedoc", publié par les éditions Collot en 1988 dont la préface est d'Huguette Couffignal.

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La bible du foie gras en 352 pages par André Bonnaure (Editions Montagud, 94,50€). Cet ouvrage a reçu le prix du meilleur livre du monde de la cuisine française aux Gourmand World Cook Awards de Pékin.

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21/02/2015

L'épicerie Louis Canavy

En 1894, Théodore Canavy fonde une épicerie située à cheval entre les rues Chartran et de Verdun. Son fils lui succède en 1927 et pour moderniser le bâtiment, il achète le magasin de l'ancien marchand de parapluie Valarcher et fait démolir l'ensemble des bâtiments pour les reconstruire.

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En dépit du plan d'alignement qui prévoyait de dégager les deux côtés de l'escalier monumental des halles, construites en 1783 sur l'emplacement de l'église Sainte-Marie du Bourg neuf, le nouvel immeuble fut élevé au même endroit. L'architecte Belin (père de madame Canavy) à qui l'on doit l'Hôtel Terminus, mena les travaux dans le style de l'époque art déco.

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Florentin Belin

© Claude Marquié

La presse n'a pas été tendre

"Comme nous l'avions prévu, l'affaire d'alignement de l'immeuble situé à l'angle de la rue de Verdun et de la rue Chartran est tout simplement venue s'ajouter à la liste, déjà longue, des scandales que tolère notre municipalité. Notre protestation qui a seulement trouvé un écho dans la presse socialiste a laissé complètement indiffrents les élus de ce parti qui siègent au conseil municipal, en qualité de soviets du sérail (...) Notre docteur-maire, M. Tomey, aurait actuellement une occasion unique de parfaire l'oeuvre que ces prédécesseurs n'ont pu réaliser. Mais il est aujourd'hui démontré qu'à l'intérêt de l'embellissement de la ville, notre premier magistrat préfère, et de beaucoup, les intérêts particuliers d'un grand électeur radical. "

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L'immeuble aujourd'hui

Source

Alfred Raucoules / La rue de Verdun

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18/02/2015

La droguerie Bugnard

Un petite droguerie comme il en existait autrefois, dans laquelle on trouvait de tout, se tenait en face de l'actuel Monoprix. Plus exactement, là où se trouve maintenant le magasin "Blue Box". La patrone, madame Bugnard, était toute dévouée à sa clientèle pour laquelle elle n'hésitait pas à proposer un produit moins cher si c'était nécessaire. Ce commerce abritait également une entreprise de peinture et de vitrerie. Les conditions de travail bien que très familiales (donc humaines), laissaient de côté à l'époque les plus élémentaires consignes de sécurité. Comme cela, sans se soucier du danger, on servait directement dans les bouteilles des clients des produits extrèmements corrosifs (acides, ammoniaques...) à partir de grandes bonbonnes placées en hauteur. Il n'y eu pourtant aucun accident... un miracle!

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Madame Bugnard (à gauche) et ses employées, dans la droguerie à la fin des années 1950.

Merci à Antonia Reynès

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13/02/2015

La bijouterie Jaurès

Situé au numéro 59 de la rue Clémenceau, l'horloger-bijoutier

Jaurès

était dépositaire des plus grandes marques Françaises et Suisses. On trouve la présence de ce commerce des années 1930 aux années 1960.

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Il sera ensuite remplacé par le débit de tabac "La régence". Ce dernier ayant cessé son activité voilà deux ans, c'est aujourd'hui un marchand de bonbons en vrac.

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La Régence en 2010

(Google maps)

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My bonbec en 2013

(Photo : Chroniques de Carcassonne)

Difficile de comprendre la raison pour laquelle l'ABF n'a pas exigé une devanture en bois, comme c'est l'usage dans la Bastide depuis longtemps.

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16/12/2014

Artozoul : chasse, pêche et traditions

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Le magasin d'articles de pêche et de chasse 

Jean-Baptiste Artozoul

fut fondé en 1866 à Carcassonne

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Grandes fabrique de filets en tous genres. Verveux. Spécialité de roseaux et bambous. Filets de cailles. Balances et écrevisses. Lignes et hameçons Milward. Cordonnets et bouchons. Mouches. Racines Anglaises...etc.

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L'immeuble qui abritait le commerce Artozoul est actuellement occupé par Yves Rocher, 66 rue Clémenceau. Le changement de numérotation des rues explique sans doute qu'il soit passé du 14 au 66 au cours du XXe siècle. Au dessus d'une niche qui devait accueillir sans doute une statue, on peut lire le millésime de l'année 1895.

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Dans les souvenirs de Carcassonnais, les chasseurs venaient se ravitailler chez Artozoul en plomb et en poudre pour les fusils. Dans un dépôt mitoyen à sa boutique, situé dans la rue de la liberté, M. Artouzol avait de quoi faire sauter tout le quartier avec ses barils de poudre. À cette époque, on ne se soucait semble t-il pas de la sécurité comme de nos jours où parfois, cela en devient ridicule. Les articles vendus au détail étaient soigneusement fermés avec le document ci-dessus attestant de l'origine du produit et la quantité délivrée. Notez que Jean-Baptiste Artozoul conservait le titre d'arquebusier, un métier fort ancien avec les arbéalétriers, les archers, les artilliers. L'arquebuse se développa en Europe à partir de 1515 et vient du nom allemand Hakenbüchse.

Dans un passé moins lointain, d'autres Carcassonnais vous diront que sur la vitrine d'Artozoul on pouvait lire la programmation des séances de cinéma. Quand le magasin cessa son activité, une vitrine donnant les sorties aux cinémas Odéum, Colisée, Boléro, Rex fut installée sur le mur d'en-face, de l'autre côté de la rue.

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25/11/2014

Les aventures rocambolesques d'un pionnier Carcassonnais de l'automobile

Henri Alaux

Né le 21 janvier 1885, débute en 1897 à l'âge de 12 ans comme apprenti au garage Loubié cycles, machines à coudre, tricycles à pétrole.

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De Dion Boutton

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Lorsqu'il quitte l'atelier Loubié, il reçoit un certificat attestant de ses bons services et de ses aptitudes à conduire les voitures, bien qu'il ne soit pas en âge de passer son permis. Ce n'est que le 31 décembre 1902 qu'il obtiendra le précieux sésame portant le n°249 délivré par la préfecture de la Haute-Garonne. Il habitait à cette époque, 19 rue de l'Orient à Toulouse.

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La course automobile Paris-Madrid

Après son départ le 21 mai, elle fut arrêtée à Bordeaux par le gouvernement suite à de nombreux accidents mortels. Marcel Renault se tua à Couhé-Vérac. Touraud eut un grave accident à la sortie d'Angoulème. Madame Camille du Gast sur sa voiture 40 cv de Dietrich (moteur Turcat Méry) rallia Bordeaux avec Henri Alaux qui fut son mécanicien. Elle décida de continuer jusqu'à Madrid. La voiture fut mise sur un wagon jusqu'à la frontière espagnole. Après plusieurs étapes et diverses péripéties, ils arrivèrent à Madrid tirés par deux mulets. La traversée de l'Espagne par une femme fut un grand évènement. Pour le retour la voiture fut rapatriée en train, mais également pillée pendant son voyage.

(Témoignage d'Émile Alaux, fils d'Henri)

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Camille du Gast en 1903

De 1904 à 1906, il travaille chez Touraud à Suresnes sur les quais de la Seine sur des voitures encore à vapeur et fait les essais côte de Suresnes. Ces véhicules sont munis d'une béquille que l'on est obligé de laisser tomber à l'arrêt d'une forte côte pour empêcher les voitures de reculer. Ils n'ont pas à cette époque de frein avant. Pour l'anecdote, un examinateur collera un chauffeur qui ne mettra pas la béquille en côte — on appelait chauffeur, le conducteur d'un véhicule à vapeur. En 1909, Alaux procède à des essais d'autobus à vapeur de Paris à Anvers.

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© BNF

Les essais de la première balayeuse arroseuse eurent lieu aux Halles de Paris sous la protection de la police. Les Forts des Halles le traitaient de "briseur de bras".

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Lorraine Dietrich 1911

© Patrimoineautomobile.com

Après la vapeur, le moteur à essence fit son apparition. Alaux transforme alors les voitures Lorraine Dietrich à courroie en les dotant  de boite à vitesse dès 1911. Il travaille ensuite chez Renault Saurer et s'installe à Aurillac, avant d'être mobilisé dans le 3e d'artillerie pendant la Grande guerre.

À Carcassonne...

Il fonde dès son arrivée le garage International au 25, rue des Jardins (actuel 35, rue Antoine Marty). Il reprend d'abord des véhicules aux armées pour les remettre en état (Nach, Pierce Arrow, Wait, Latil...), puis devient agent Ford (Modèle T) et ensuite Chevrolet. La société Alaux frères est dissoute en 1925 et devient Alaux Henri. C'est un garage Ford, Fordson, Rosengart, Général Motors, Chevrolet, Opel, Erskine, Delage, Laffly, Salmson jusqu'en 1931.

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Henri Alaux et son épouse à la Cité sur une Ford T en 1925

En 1926, il dépose un brevet de pont porteur pour Ford. Comme à cette époque les voitures étaient rares, les stations services n'existaient pas. Il fallait avoir dans les voitures ce que l'on appelait "le lot de bord". Cela comprenait l'outillage, une pompe à air pour les pneus, un cable, un entonoir ainsi que bidons à essence et eau. Henri Desgranges, patron du journal "L'Auto" et créateur du Tour de France cycliste avait créé un petit fanion jaune triangulaire, vendu 5 centimes. Il était fixé avec une hampe sur l'aile avant de la voiture. Ainsi, tout véhicule se croisant pouvait se porter assistance en cas de panne.

Deux anecdotes d'Émile Alaux

" J'ai pris place à côté de mon père à bord d'une Torpédo à capote à courroie (Une DFP : Doriot, Flandrin, Parent...) Nous revenions de Mazamet pour retourner à Carcassonne. une expédition ! Cette voiture n'avait pas de bouteille à gaz comprimé permettant d'allumer les phares. Pour celà, elle possédait un petit générateur dans lequel on mettait du carbure et de l'eau qui faisaient l'acétylène. En descendant la côte de Villegailhenc, la nuit nous surprend ; il faut allumer les phares. Stupeur ! Mon père a oublié le bidon d'eau. Qu'à cela ne tienne, en mettant le carbure dans le générateur, nous avons remplacé l'eau par notre urine. Et la mulière fut !"

"En 1923, j'ai douze ans et mon père me lâche sur la route avec ma soeur de treize ans, au volant d'une voiture G.E.P (véhicule fabriqué en 1913-1914 à Gennevilliers). Si notre arrivée à Villeneuve-Minervois (8 kms) constitua un attroupement, le retour se passa sans rencontrer une seule voiture !"

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Fabriquant et carossant les châssis en autobus, Henri Alaux lance les lignes du Mas-Cabardès, de Rieux, de la Malepère, de Laure-Minervois et de Lagrasse.

La société Alaux et Gestin

Henri Alaux s'associe avec M. Gestin en 1932 et le garage devient une concession Renault, Alfa Roméo et Lambretta. Les deux dernières marques seront abandonnées au profit de Renault qui voulait l'exclusivité.

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Le garage Alaux et Gestin en 1940

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L'ancien garage Renault aujourd'hui, rue Antoine Marty

Émile Alaux (1912-2000) reprit l'affaire de son père à la tête de la société Alaux et Gestin avant de céder définitivement la concession.

Je remercie vivement Madame Marie Saleun, artiste peintre, pour m'avoir très cordialement ouvert sa boite aux souvenirs.

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