28/06/2015

La bijouterie et joaillerie Millet

La bijouterie Millet

est sûrement le plus ancien commerce de ce type encore en activité à Carcassonne. On retrouve son existence dans le vieil annuaire de 1897, dans lequel il est fait état de deux enseignes sur la place Carnot. Au numéro 1, se trouve la bijouterie Chrestia (Eugène Millet) et juste à côté, l'horlogerie de Vincent Millet. Ce dernier est le successeur de M. Peyraudel.

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Aujourd'hui, le chocolatier Thuries occupe l'ancienne boutique Chrestia

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Eugène Millet jouit d'une grande renommée dans le métier de joailler-orfèvre dans lequel il s'est distingué en obtenant la Médaille d'or du Palais-Royal à Paris. Il ouvre une nouvelle boutique juste en face des Galeries de Paris, au numéro 18 de la rue Clémenceau à Carcassonne. Elle sera inaugurée en juilet 1928 pendant les fêtes du bi-millénaire de la Cité de Carcassonne.

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"C'est fait. Le magasin de M. Millet est ouvert et nos compatriotes n'ont pas été déçus ; c'est vraiment une surprise que nous réservait le maître joailler. M. Millet, grand connaisseur d'art, a, en effet, donné à notre ville un magasin neuf et dans la note d'aujourd'hui, où s'allient harmonieusement la décoration et l'architecture modernes avec les objets qui y sont exposés. Nous ne pouvons que remercier notre compatriote de l'initiative qu'il a prise et de sa réalisation."

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"C'est désormais dans un cadre ravissant que l'on admirera les délicieux sujets d'art de Lalique, de Daum, de Susse... que M. Millet a introduits dans nos régions. Et, à côté de ces créations, sont exposés de délicieuses pièces d'orfèvrerie et de bijouterie, métiers d'art où notre compatriote est passé maître. Et dans cette tâche, il est aidé d'un personnel affable et compétent, son fils même ne s'est -il point vu décerner le 1er prix à l'exposition du meilleur ouvrier de France ; l'une de ses oeuvres sera exposée dans la vitrine de la rue de la Gare."

(La dépêche du midi / 19 juillet 1928)

Bijouterie Millet

20 rue Clémenceau

11000 Carcassonne

04 68 25 07 17

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16/04/2015

Les anciens garages de l'Hôtel Bernard

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L'hôtel Bernard

fondé en 1856

par Louis Bernard se trouvait sur l'actuel emplacement de la résidence de l'Officialité, à l'angle de la rue Tomey et de la rue de Verdun. Cet établissement dont il ne reste que le bâtiment extérieur était l'un des plus réputés et importants de la ville. Son activité cessa au cours des années 1980.

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Ce que nous ignorions jusqu'à présent, c'est que l'hôtel possédait ses garages en face de l'actuelle place Eggenfelden. Raphael Romi, originaire de Constantinople et dont la famille avait un magasin à Toulouse, acheta dans les années 1930 les anciens garages pour y monter son magasin de nouveautés. Nous apercevons l'enseigne au dessus de l'entrée.

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Pendant la guerre les biens de M. Romi seront spoliés par l'Etat Français. Il les récupérera une fois le conflit terminé. Son affaire s'étendait jusqu'à l'actuel volailler Mounié (Mexicots) à qui la famille vendit une partie des locaux après 1957. Au-dessus du commerce, on distingue "Grand Hôtel Bernard" et une belle verrière de style Art-nouveau. Il semblerait qu'à la transformation de l'hôtel en résidence locative, ceci ait disparu.

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La résidence de l'Officialité en 2015

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09/03/2015

La blanchisserie Roumens

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A l'angle de la rue Andrieu et de la rue du Manège situées dans la quartier du Paîcherou, se trouvait

la blanchisserie Roumens.

Là, une quinzaine d'employés sur une superficie de 430 m2 lavaient et repassaient le linge des industriels et des particuliers. Il était ensuite mis à sécher sur de grands étendoirs, de l'autre côté de la rue. A cet endroit aujourd'hui, il y a de grosses plaques d'égout. Fondée par Jacques Roumens (1871-1955), cette affaire passa entre les mains de Georges Reiss (1898-1973), son neveu, puis de Michel Fuséro jusqu'à la fermeture en 1975. 

Je ne dispose pas hélas de photographies valables de cette entreprise et je fais appel pour cela à ceux qui y ont travaillé. Lors d'une exposition dans la salle Joë Bousquet, sur le passé industriel de Carcassonne il y a maintenant dix ans, des photos prêtées par Michel Fuséro avaient été exposées. Ayant contacté ce monsieur, il me déclara que rien de ce qu'il avait mis à disposition ne lui a été restitué. Pas perdu pour tout le monde, sans doute... Je vous fais partager quand même ce qu'il y avait inscrit sur le panneau de l'exposition :

Le linge sale à l'arrivée de l'usine, était réparti selon sa catégorie (draps, serviettes, torchons, mouchoirs), puis marqué à l'encre sur l'ourlet à l'envers du tissu, avec un code client. Le linge était envoyé dans de grandes lessiveuses rotatives, puis séché sur des cintres dans une immense chaufferie alimentée par des chaudières. Ce travail, qui exigeait une grande force physique était exercé par deux ou trois hommes.  Le linge propre et sec était ensuite amené dans l'atelier ou les femmes assuraient le repassage en le glissant dans les "calandres". De l'autre côté de la machine, le linge ressortait entre les mains d'autres ouvrières qui dans un geste constamment reproduit procédaient au pliage ; le coin supportant le marquage à l'encre replié pour que l'ouvrière de l'atelier suivant puisse repérer la quantité de linge d'un même client et en effectuer l'emballage précis qui conditionnait l'établissement de la facture correspondante par la secrétaire-comptable. Un chauffeur-livreur effectuait ensuite au domicile de chaque client la livraison de son linge. Quinze à vingt ouvrières entetenaient ainsi le linge de la presque totalité des hôtels, restaurants et autres particuliers de Carcassonne.

Merci à Isabelle Alay et Claude Marquié

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04/03/2015

Les maraîchers de la place Carnot

L'ancien nom de la place Carnot (Place aux herbes) est à lui seul évocateur des nombreux maraîchers qui s'y installèrent pour vendre les produits de leurs récoltes. S'il s'agit aujourd'hui majoritairement de revendeurs de légumes et de fruits, hier l'ensemble des producteurs carcassonnais se partageaient depuis des générations les emplacements. Tant et si bien que l'on pourrait reconstituer ce marché au centimètre près avec les noms de chacun.

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À ma connaissance, il ne doit rester qu'une poignée de vrais maraîchers historiques sur la place Carnot. Il n'y avait point d'étals, les légumes étaient disposés dans des pannières et pesés à la main avec un poids. Notons au passage sur cette photo, les anciens bureaux de la Dépêche du midi qui occupaient l'actuelle parfumerie de la place.

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Les mardis, jeudis et samedis c'était jour de marché bien que celui de fin de semaine fusse le plus important. De nos jours, il s'agit d'un folklore où ceux qui veulent être vus se mettent à la table d'un café dès 11 heures du matin. Les vrais acheteurs se lèvent tôt pour éviter la foule et font leur marché avant 10 heures. Quant aux maraîchers, qu'il pleuve ou qu'il vente, ils sont là à l'aube. Dans le fond de ce cliché, le magasin Prénatal (aujourd'hui, Esprit), le primeur Mayol (Pizzeria Pepone qui a brûlé) et l'Indépendant.

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Les maraîchers cultivaient leurs légumes sur des terrains dont la plupart sont devenus des lotissements. C'est le cas pour les jardins de la plaine Saint-Nazaire (La Prade). Voici quelques noms: L'île (Près de la Barbacane), Mayrevieille, Montplaisir, Païcherou, Pont rouge...etc.

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J'ai constitué ci-dessous une liste des maraîchers de Carcassonne dans la années 1950. Elle est classée par lieux d'exploitation

Pont rouge

A.Cubérès, Fumanal, A. Joseph, Sablayrolles

Plaine Mayrevieille

G. Andurand, M. Bigot, L. Bourdel, Couroux, Daynes, Farenc, Gellis, F. Pech, M. Pech, M. Pera, F.Sablayrolles, Jh. Sablayrolles, J-B. Tailhan, Vassal, Jh. Vordy

L'île

H. Andurand, Bonnaure, H. Bourdy, A. Brunel, M. Cappel, H. Cubérès, Th. Fernandez, Fourcade, Jh. Garric, C. Issanchou, L. Pinel, Ch. Salvetat.

Route de Berriac

Belmas, Fort, S. Murat, H. Rauzy, Rosa, Santaliestra

La Prade

Bièche, E. Bourges, L. Brunel, V. Clavero, F. Cubérès, B. Daraud, M. Jamma, Jh. Maran, Mouchon, A. Pourhomme, Jh. Teichère.

Av Roosevelt

Blanc, J. Cubérès, M. Gondal, Marvejouls, H. Péres, A. Pujol, J. Tudel.

Salvaza

V. Jamma, Julia, Pinel

Route de Saint-Hilaire

Jh. Authier, P. Jean, B. Taillant

Saint-Jean

J-B Teissère

Av Général Leclerc

Bordes, D. Malherbe, A. Piéri.

Cucurnis

Blanc, J. Cubérès

Route Minervoise

J. Brunel, Noustens

Montlegun

J. Solano

Montredon

Bessière, M. Gout.

4 chemins

Ventresque

Quartier des capucins

Authier-Assens, J. Fourcade.

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28/02/2015

André Bonnaure, c'est le roi du foie gras

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La rue Courtejaire n'était pas encore piétonne et l'on pouvait se garer à proximité. Un policier passait par là... A gauche, le restaurant

La Rotisserie périgourdine.

 D'après de vieux carcassonnais, c'était l'une des meilleure table de la ville.

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André Bonnaure a dirigé après son père, le restaurant "La rôtisserie périgourdine". Cet établissement se trouvait sur l'emplacement actuel du restaurant "La terrasse" près du Portail des Jacobins. Il exerce ses talents depuis les années 1970 en Catalogne (à Gérone) où il est mondialement reconnu pour être un spécialiste du foie gras.

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Plusieurs ouvrages culinaires sont signés par André Bonnaure. Parmi eux, le plus célèbre de chez nous "La cuisine en Languedoc", publié par les éditions Collot en 1988 dont la préface est d'Huguette Couffignal.

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La bible du foie gras en 352 pages par André Bonnaure (Editions Montagud, 94,50€). Cet ouvrage a reçu le prix du meilleur livre du monde de la cuisine française aux Gourmand World Cook Awards de Pékin.

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21/02/2015

L'épicerie Louis Canavy

En 1894, Théodore Canavy fonde une épicerie située à cheval entre les rues Chartran et de Verdun. Son fils lui succède en 1927 et pour moderniser le bâtiment, il achète le magasin de l'ancien marchand de parapluie Valarcher et fait démolir l'ensemble des bâtiments pour les reconstruire.

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En dépit du plan d'alignement qui prévoyait de dégager les deux côtés de l'escalier monumental des halles, construites en 1783 sur l'emplacement de l'église Sainte-Marie du Bourg neuf, le nouvel immeuble fut élevé au même endroit. L'architecte Belin (père de madame Canavy) à qui l'on doit l'Hôtel Terminus, mena les travaux dans le style de l'époque art déco.

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Florentin Belin

© Claude Marquié

La presse n'a pas été tendre

"Comme nous l'avions prévu, l'affaire d'alignement de l'immeuble situé à l'angle de la rue de Verdun et de la rue Chartran est tout simplement venue s'ajouter à la liste, déjà longue, des scandales que tolère notre municipalité. Notre protestation qui a seulement trouvé un écho dans la presse socialiste a laissé complètement indiffrents les élus de ce parti qui siègent au conseil municipal, en qualité de soviets du sérail (...) Notre docteur-maire, M. Tomey, aurait actuellement une occasion unique de parfaire l'oeuvre que ces prédécesseurs n'ont pu réaliser. Mais il est aujourd'hui démontré qu'à l'intérêt de l'embellissement de la ville, notre premier magistrat préfère, et de beaucoup, les intérêts particuliers d'un grand électeur radical. "

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L'immeuble aujourd'hui

Source

Alfred Raucoules / La rue de Verdun

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