12/06/2015

Le Centre de séjour du Pont-vieux est une coquille vide

L'ancien hospice devenu Centre de séjour du Pont vieux est actuellement fermé, depuis l'ouverture d'une nouvelle structure d'accueil des personnes agées, située en bordure de la route de Limoux. On s'est longuement interrogé sur le devenir des bâtiments, offrant une vue panoramique sur la Cité médiévale. Qui allait s'en porter acquéreur ? Plusieurs groupes hôteliers pouvaient prétendre emporter l'affaire, mais le député-maire de Carcassonne indiquait d'emblée qu'il souhaiterait plutôt que la ville gardât l'ancien hospice pour y réaliser un Centre des congrès. Ceci a t-il refroidit les investisseurs ? En tout état de cause, la mairie ne disposant pas des sommes nécessaires, abandonna peu à peu le projet du premier magistrat. Après trois ans, le Centre de séjour du Pont vieux n'a toujours pas trouvé d'acquéreur, malgré une situation immobilière de premier ordre.

Carcassonne voit double

L'administration Carcassonnaise a une particularité dont les contribuables se passeraient bien. C'est peut-être une des rares villes de France a construire de nouvelles structures, sans avoir auparavent pris soin de vendre ce qui les précédait. Ainsi avons-nous : deux mairies (rue A. Ramond), deux hôpitaux (Gayraud et Montredon), deux EHPAD (Pont vieux et Prat Mary), deux Agglo (Pierre Germain et la Roseraie)... Sans compter bien d'autres bureaux ou annexes qui pourraient être vendues et constituent des doublons administratifs. Y avait-il urgence à faire bâtir un nouvel hôpital et un nouveau Centre de séjour ? Le premier datait de 1976 et le second de 1986...

L'ancien hospice

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Sur la rive gauche de l'Aude, l'hôpital est construit en 1686. Une statue de Saint-Vincent de Paul orne sa façade dont l'entrée s'ouvre sur la chapelle, bénie en 1783. Elle a été rasée lors des travaux de construction du Centre de séjour du Pont vieux vers 1985. Seule la façade sera conservée...

Plans

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Rez-de-chaussée en 1963

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L'ancien hospice était pour ainsi dire une espèce de mouroir où les vieux Carcassonnais pas très fortunés, finissaient leurs jours dans conditions d'hygiène indignes. Cette annexe de l'hôpital général Antoine Gayraud manquait de lits, si bien que les pensionnaires étaient également logés dans l'ancienne maternité. Celle-ci se trouvait sur l'emplacement actuel du parking de l'hôtel des trois couronnes.

La réfection

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La réfection et l'humanisation de l'hospice, futur Centre de séjour du Pont-vieux sera réalisée en trois tranches successives mises en chantier en juin 1982, mars 1983 et juillet 1986. Ce programme avait été arrêté par le préfet de l'Aude, le 8 novembre 1978. Il faudra donc attendre sept ans et une subvention de 7 500 000 francs du Ministère des Affaires sociales pour financer la 3e tranche à hauteur de 40% des travaux estimés à 18.750.000 francs. Par délibération du Conseil municipal en date du 10 juillet 1986, la ville de Carcassonne se porte garant de l'emprunt de 1.680.000 contracté par le Centre hospitalier Antoine Gayraud.

La capacité totale des lits était fixée à 288 : 90 en 1982, 105 en 1983 et 90 en 1986. Toutefois, lors de la dernière tranche le nombre passa de 90 à 66. En effet, le directeur de la DDASS fit savoir qu'il convenait de faire passer les lits de long séjour en lits de Maison de retraite. La mesure fut ainsi enterrinée par le maire avec l'édification de services médico-techniques (balnéothérapie, cabinet dentaire, salle de radiologie, kinésithérapie).

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Les nouveaux bâtiments sont l'oeuvre de deux architectes : Mlle Cailhau et Monsieur Tran Huy Loc. On peut largement s'interroger sur l'étude menée par ce cabinet en matière d'harmonisation architecturale dans un périmètre historique avec vue sur la Cité médiévale.

Quel avenir ?

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© Roger Garcia

Opération "qui n'en veut" ? Avec 10.000 m2, on pourrait en faire des choses... Tiens, à commencer par loger des familles en attente de logements à loyer modéré. Au lieu de cela, Habitat Audois poursuit à grand renfort de subventions provenant de nos impôts son programme de constructions de logements sociaux. Pourtant, il y en a plus de 4000 dans Carcassonne qui ne sont toujours pas pourvus. A qui donc profite cette manne financière dans une cité minée par les impôts ? Le centre hospitalier propriétaire de l'ancien Centre de séjour aimerait bien le vendre pour apurer les dettes contractées lors de la construction du nouvel hôpital. Sans compter que plus le temps passe, plus le bâtiment décline faute d'entretien et sa valeur immobilière se déprécie. Mais on est riche dans la capitale audoise, n'est-ce pas ?

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09/11/2014

Les archives de l'ancien Lycée Impérial de Carcassonne jetées aux ordures

Comme nous vous l'annoncions vendredi, l'administration du lycée Paul Sabatier placée sous la responsabilité de Monsieur Mercadal — proviseur de l'établissement — avait jeté jeudi à la benne à ordures, un grand nombre d'archives et d'anciens manuels scolaires. Ce dépotoir de la mémoire collective se trouvait devant les bureaux du proviseur situés à l'entrée du lycée à la vue des futurs universitaires. Un beau symbole, en somme ! Sans la curiosité et la présence d'esprit de Julien Llamas — élève à Sabatier et excellent jeune citoyen Carcassonnais — cet évènement serait passé aux oubliettes. Julien a d'abord demandé l'autorisation à M. Mercadal de pouvoir fouiller et prendre des photographies de la benne. Ce qu'il fit. Ensuite, s'apercevant que les documents constitués par des listes d'appels, des fiches, des croquis de travaux dataient pour les plus anciens de 1884, il entreprit d'en sauver le plus qu'il pourrait à pied emporter chez lui. Aujourd'hui, ce sont autant de preuves visant à démontrer la faute de ces fonctionnaires de l'Éducation nationale.

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Alerté par l'élève qui avait posté la photo ci-dessus sur Facebook en expliquant le problème, je décidais de rendre publique ce désherbage sauvage des archives du lycée. Jusqu'à présent, je m'en remettais aux dires de Julien quant à la qualité des archives vouées au pilon, considérant le fait comme grave. On imagine aisément l'effet produit sur la toile et les répercutions dans la ville. Aussi, le vendredi matin Julien vit deux hommes de l'administration descendre dans la benne pour d'après lui, en extraire les documents les plus anciens sous les yeux d'un proviseur faisant l'étonné. La benne fut ensuite bâchée, ce qu'elle n'était pas la veille. Il semblerait que l'on ait pris conscience des conséquences, en tentant de réparer l'erreur. Enfin, il faut l'espérer.

Le vendredi à 14 heures, je décidais d'appeler la directrice des archives départementales. Elle m'indiqua ne pas avoir été mise au courant de ce déserherbage par le proviseur du lycée. La procédure veut qu'en pareil cas, les archivistes procèdent au tri des documents en vue de leur conservation. La directrice m'assura alors qu'elle allait dépêcher sur place ses agents. À 16 heures, elle me confirma qu'ils s'y étaient rendus en me remerciant vivement pour ma démarche. Nous savons que l'on tentera par tous les moyens de minimiser les responsabilités en racontant qu'il n'y avait rien dans cette benne de bien important. Aussi, avons-nous rassemblé les preuves du contraire, grâce aux documents récupérés par Julien.

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Il s'agit purement et simplement des archives du Lycée Impérial de Carcassonne qui fonctionna jusque dans les années 1960, avant la construction du lycée Paul Sabatier. Notons que l'historien Claude Marquié faute d'archives pour réaliser une conférence à la SESA, pensait qu'elles avaient été détruites lors du déménagement. En fait, elles ont transité par le lycée Sabatier qui les détient depuis 50 ans, avant de les jeter aux ordures dernièrement. Il me semble que les administrations ont l'obligation passé un certain délai, de verser leurs papiers aux archives départementales.

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L'ancien Lycée Impérial de Carcassonne, rue de Verdun

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Une liste d'appel des élèves pour l'année 1891

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Les réparations effectuées au lycée en 1902

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Une liste des fonctionnaires du Lycée Impérial

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Les professeurs de années 50-60 dont René Nelli

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Les services et émoluments du personnel pour 1947, mais également les provisions pour la cantine en période de guerre et la comptabilité.

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Un dossier du XIXe siècle

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Exposés au regard des élèves, les fiches individuelles des anciens avec leurs noms, adresses, téléphone et filiation. Ici les années 1970...

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Là, l'année scolaire 2003-2004. Nous avons masqué les renseignements confidentiels, mais ils ne l'étaient pas. Certaines fiches contiennent même l'exclusion et le parcours disciplinaire.

Nous espérons que les Archives départementales auront pu récupérer l'ensemble de ces dossiers, car Julien n'en a sauvé que 5%. Sur mes conseils, il déposera aux Archives de l'Aude ce qu'il a pu extraire de la benne. L'administration du lycée n'admettra jamais sa faute ; au moins, donnera t-elle en secret ce qu'elle a récupéré à l'intérieur de la benne le vendredi matin... Je remercie beaucoup Julien Llamas et tous les historiens devraient en faire de même. Pour ma part, je désespère chaque jour de voir cette ville aux mains de gens si peu concernés par le patrimoine.

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09:43 Publié dans Carton rouge, Écoles | Tags : lycée | Lien permanent | Commentaires (19)

04/06/2014

Le baccalauréat de 1935 au lycée de Carcassonne

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Le lycée de Carcassonne était situé en haut de la rue de Verdun et ne dérogeait pas chaque année, à la coutume de la distribution des prix. Sous la bienveillance de Maître Georges Soum, Président de l'association des parents d'élèves, et de l'ensemble du coprs enseignant dont je donne la liste ci-dessous.

Administration

MM. Bailly (Proviseur), Fauroux (Censeur), Parayre (Econome), Testas (Sous économe)

Enseignants

MM. Pochard et Vigné (Mathématiques), Planavergne et Césari (Sciences physiques), Butel (Sciences naturelles), Ferdinand Alquié (Philosophie), Leblanc et Chaintron (Histoire et géographie), Virebayre (Première), Molino (Seconde), Cellier (Troisième), Clos (Quatrième), Genestet (Lettres), Caminade (Cinquième), Rey (Sixième), Jalabert et Castanier (Allemand), Tiburce et Léopold (Anglais), Suran (Espagnol), Bessot (Septième), Sire (Huitième), Lacroix (Dessin), Sans (Gymnastique), Mesadames Garriguet (Classes préparatoires) et Clos (Classes enfantines)

Culte et instruction religieuse

Le chanoine Cals (Aumonier)

Musique

MM. Pouillès et Scheurer (Piano), Michel Mir (Violon)

Surveillance

M. Sirvent (Surveillance générale), MM. Calmels, Doumeng, Goutal, Miaille, Signoles, Vaissiaire, Pech (surveillant d'internat)

Architecte du lycée

M. Combis

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Elèves reçus au Baccalauréat 1935

Arnaud Camille, Barbut Jean, Cahuzac Pierre (Très bien), Cassignol Charles (Très bien), Castel Jean, Combéléran Antoine, Dusseau Jacques, Guilhaumou Jean (Assez bien), Labaste Pierre (Assez bien), Bastide Marcel (Assez bien), Bonnemaison Piere, Boutet Maurice, Bru André (Assez bien), Cabrol Paul (Assez bien), Castanier René (Bien), Castres Jacques, Escaffre Antoine, Garros Louis, Pech Antoine, Puel Pierre, Rech Jean, Revel René, Verdier Eugène, Ferriol Jean, Guillarmenc Bernard (Assez bien), Pistre Georges, Pornon Charles, Abram Armand, Fages Henri (Assez bien), Richard Claude, Guilhem Louis, Maurin Jean (Assez Bien), Perdigou Gaston, Soucaille René (Assez bien) et Vidal Guy.

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On retrouve dans ce bulletin bien d'autres noms bien connus à Carcassonne...

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Le Proviseur M. Bailly est ici entouré par une partie des élèves du lycée en 1934

Le total des élèves reçus au Baccalauréat pour l'année 1935 dans l'enseignement public s'élève à 35.

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08:04 Publié dans Écoles | Tags : Écoles | Lien permanent | Commentaires (2)

04/09/2013

L'école Victor Hugo

Les plus anciens se souviennent sûrement de l'école Victor Hugo dans la rue des Études. Elle a été démolie en 1983 pour construite un immeuble d'habitation dans l'actuelle cour des Augustins. Je me souviens de la salle Michel Mir dans laquelle l'Harmonie municipale faisait ses répétitions. Il y avait de nombreux instruments fixés au mur et de longues bibliothèques dans lesquelles on entreposait les partitions. Ah! Elle avait une âme cette salle et elle en a vu passer des musiciens carcassonnais: Gorry, Andrieu, Mir, Clayton, Mattéo, Lécina, Rajol, Miquel...

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La classe des premières dans les années 1930. L'enseignant était M. Cammam

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Témoin de ce passé, seul le porche de l'école a été conservé.

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09/07/2013

Les élèves du Petit lycée de Carcassonne (1884-1885)

Je viens de mettre la main sur une photographie de classe du lycée de Carcassonne pour l'année scolaire 1884-1885. Ce qui la rend encore plus intéressante, c'est qu'il y a inscrit au crayon le nom des élèves...

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1er rang (assis):

Antoine Rousseau, ?, Bouffet, Xiffre, Pitarre, Joseph Ambry, ?, Roussel, Magné, Sempé, Cazanou.

2e rang (assis):

?, Dhers, ?, Polère, Vidal, Bouteillé, ?, Cau, ?, ?

3e rang (debout):

Carretier, Etienne Embry, ?, Raucoule ou Rancoule, Yan, Jean Arthozoul, Devèze, Raymond Esparseil, Justin Farge, Le Bourhis, ?, Jonca.

Parmi ceux qui devinrent célèbres ou eurent une acrtivité reconnue à Carcassonne, on peut noter:

Raymond Esparseil (architecte et fils de Marius Esparseil, inventeur de la mine de Salsigne), Jean Sempé (Docteur, adjoint au maire et créateur du théâtre de la cité en 1908), Pierre Polère (Imprimeur).

On retrouve d'autres noms:

Cazanou (commerçant à la cité, rue St-Louis?), Arthozoul (Commerçant en articles de pêche, rue de la liberté?), Ambry (Droguiste, rue de Verdun?).

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