08/09/2016

Quand la ville rasa les vestiges de l'église des Augustins en 1991

Dans les années 1980, le centre-ville de Carcassonne appelé de nos jours "Bastide Saint-Louis" n'est que grisaille et vieilles bâtisses non réhabilitées. Le maire Raymond Chésa entreprend alors un vaste chantier de rénovation urbaine avec le concours du Groupe Marcou afin de transformer une partie de cet habitat en déclin, par des H.L.M. Ainsi, de nombreux immeubles seront détruits et reconstruits afin d'offrir aux nouveaux locataires, hygiène et modernité. Ce centre-ville - pas encore classé en périmètre protégé - voit fleurir un habitat moderne avec fenêtres en PVC et façades colorées. Si l'action municipale qui coïncide avec la création de l'OPAH (Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat) s'inscrit dans une démarche d'amélioration du cadre urbain, elle ne s'est pas accompagnée d'une valorisation du patrimoine historique. Comme chacun peut l'imaginer, chaque coup de pioche mit au jour un site archéologique, à la grande satisfaction des chercheurs et scientifiques locaux. Le problème survint lorsque la ville ne voulut pas prendre à sa charge les frais inhérents à la recherche archéologique. Le plus souvent - comme lors du creusement du parking des Jacobins - les archéologues n'ont même pas été avisés. Tant et si bien que ce n'est qu'à la dernière minute qu'ils purent intervenir, une fois que la pelleteuse avait pratiquement terminée son oeuvre. A cet endroit, par exemple, la ville basse de Carcassonne s'étendait au Moyen-âge au-delà du périmètre actuel fondé par St-Louis. Nous étions donc sur l'emprise des maisons qui furent incendiées par le Prince noir de passage à Carcassonne en 1355. Rien ne put être étudié ou si peu, que c'est tout un pan de notre histoire qui ne sera jamais élucidé. Dans cette triste liste, nous ajouterons le parking de l'hôtel des trois couronnes en 1992 et plus récemment, la destruction des vestiges du couvent des cordeliers sous le square Gambetta en 2007.

L'église des Augustins

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Dans la rue des Etudes, ce bâtiment de couleur saumon du plus bel effet architectural, a écrasé l'abside de l'église des Augustins fondée au XIIIe siècle. Suite à la mise au jour de ces vestiges lors de la destruction d''immeubles au numéros 43 et 45 de la rue des Etudes, Marie-Elise Gardel et Marie-Chantal Ferriol alertent immédiatement M. Pellissier - Architecte des Bâtiments de France - et M. Massy - directeur des Antiquités. Les travaux de démolition avaient déjà endommagé une partie de l'abside. C'est donc en urgence que les scientifiques sont intervenus ; on peut les remercier.

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© Patrick Mangin

Ce que l'on a détruit sans autre forme de procès

Des structures visibles après les premiers travaux, il restait : 

- Le mur sud de l'abside conservé sur une élévation de 6,50 m comprenant une niche ogivale en parfait état.

- Le contrefort sud-est, conservé sur la même hauteur

- Le mur nord-est de la nef

- un reste de mur nord de l'abside

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© Patrick Mangin

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Les sépultures

Dans cette partie du choeur, une douzaine d'individus ont été prélevés. Cela représente une petite partie de l'ensemble des inhumations car seulement 50 % du choeur a pu être fouillé. Il semble qu'il y ait eu des ossements dans la partie superficielle déjà décaissée par la pelleteuse avant l'intervention des archéologues. La plupart des sépultures avaient été ensevelies dans des cercueils et les squelettes portaient au doigt des bagues en métal précieux. Ces objets ont peut-être été entreposés dans un dépôt du service de l'archéologie à Carcassonne. Il est bien dommage pour les Carcassonnais que notre ville soit incapable d'envisager la construction d'un musée archéologique, dans lequel figureraient tous ces objets de fouilles. On prêche dans le désert, sûrement... L'abside a été rasée après les fouilles malgré la demande des chercheurs ; on aurait pu simplement la préserver sous une dalle vitrée.

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Les restes de l'abside

Une statue polychrome

Un fragment de statue polychrome a été versé au Musée des Beaux-arts. Qu'est-il advenu de lui ? Se trouve t-il dans une vitrine parmi les collections permanentes ou en réserve ? 

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Plan de 1729

Ce qu'il reste de visible

Le couvent des Augustins s'étendait tout le long de la rue de Verdun. On peut encore en voir des vestiges dans les différents immeubles. Sur cette photo aérienne de 1954, nous avons dessiné grossièrement l'emprise de l'église des Augustins. Il faudrait ajouter le cloître et les bâtiments conventuels et nous aurions la dimension de ce site.

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Dans l'un d'entre eux, une partie de l'ancienne nef fut transformée en jardin (point rouge). Dans la boucherie Safon : un bénitier,  un morceau de rosace et d'une porte en ogive sur l'ancien mur ouest de l'église.

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© Le 104

Le restaurant bio "Le 104", rue de Verdun, est installé dans la nef de l'église des Augustins

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© Jacques Blanco

Dans le magasin Bio-Vivre - 104, rue de Verdun - les vieilles pierres de la nef de l'église des Augustins (XIIIe siècle) témoignent encore de ce riche passé religieux.

C'est là que le roi Louis XIV en 1660 s'arrêta  pour assister à la messe avant d'épouser l'Infante d'Espagne. Cette église abrita également la relique du Saint-Suaire sensée avoir recouvert le corps du Christ. Elle se trouve actuellement conservée à l'abri des regards dans la cathédrale Saint-Michel.

Deux de nos articles à lire

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive...

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29/08/2016

L'esclavage des Chrétiens par les Barbaresques du XIIIe au XVIIIe siècle

Voilà encore un épisode méconnu de notre histoire... Au Moyen-âge et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la mer Méditerranée n'était qu'une vaste étendue de pirates qui en avaient fait un vaste lac musulman. On les appelait les Barbaresques venant du mot Barbare qui a donné ensuite, celui de Berbères. Sur la côté Barbaresque ainsi dénommée, s'étendant de l'ouest de l'Egypte au Maroc, on s'adonnait à un marché aux esclaves des blancs retenus captifs. Les maghrébins retenaient hommes, femmes et enfants que les pirates leur avaient procurés en pillant les navires et lors de raids sur les villes côtières d'Espagne, du Portugal, de France, etc... Pour exemple, on citera le sac de Baltimore en Irlande, au cours duquel les pirates s'empareront de la toute la population. On estime à 1 290 000 le nombre d'européens réduits en esclavage entre le XVIe et la fin du XVIIIe siècle. La plupart des capitaines des galères n'étaient pas des maghrébins, mais des européens convertis à l'Islam. Les esclaves sexuelles pouvaient gagner leur affranchissement à condition de se convertir à l'Islam et de faire des enfants.

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Esclaves Chrétiens à Alger

Les navires de commerce Américains naviguant dans cette zone, commencèrent à subir à partir de 1783 le pillage, la capture des équipages et leur vente sur les marchés aux esclaves. Une douzaine de bateaux furent ainsi saisis en 1793. C'est depuis cette date que les Américains décidèrent la construction de navires de guerre afin de combattre ce type de trafic en Méditerranée. Afin de récupérer leurs citoyens, les états devaient payer une rançon ; c'est dans ce but que l'US Navy mit fin petit à petit à cette pratique. Les pays européens continuèrent à payer jusqu'en 1830. Précisément à partir du moment où la France se mit à conquérir les territoires musulmans bordant la Méditerranée. C'est le début de la colonisation de l'Algérie.

L'Ordre de la Merci

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Rachat des Chrétiens captifs

En 1218, le marchand drapier Pierre Nolasque né au Mas-Sainte-Puelle dans l'Aude, fonde à Barcelone l'Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci, afin de racheter les Chrétiens tombés aux mains des maures et réduits en esclavage. En Espagne, l'Ordre s'appelle Orden de la Merced. Ce n'est pas le premier chronologiquement constitué ; l'Ordre de la Sainte-Trinité et de la Rédemption des captifs l'a précédé. On retrouve son existence à Carcassonne en 1739, lorsque Alexis Roques notable à Villalbe, en devient un des marguilliers. Les Mercenaires, outre les voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, s'engageaient à se livrer en otage si besoin, pour délivrer un captif.

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Peu à peu, l'Ordre perdit son caractère militaire pour devenir un ordre missionnaire d'évangélisation du Nouveau monde. Il s'établit au XIIIe siècle à Carcassonne sur l'emplacement de l'actuel collège de Varsovie et devient le Couvent de la Merci. Dans le réfectoire de cet établissement subsistent des voûtes témoins de l'ancien couvent. Si l'Ordre de la Merci ne recueilla plus d'aumônes à Carcassonne après le Moyen-âge, il semblerait que l'Ordre des trinitaires et de la Rédemption des captifs perdura jusqu'à 1780.

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On s'interrogera sur la présence de Notre-Dame-de-l'esclavage à l'intérieur de l'église Saint-Vincent. La priait-on pour ramener les captifs Chrétiens des Barbaresques ? A Bordeaux, on faisait des dévotions à Notre-Dame-de-l’Esclavage jusqu'à la Révolution (Cf. Saugera, Bordeaux Port négrier, p. 319) 

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20/08/2016

Les magnifiques vitraux de l'église de Villalbe

Les hameaux de Carcassonne regorgent de trésors qui n'ont jamais été vraiment étudiés par les historiens locaux. Ce manque d'intérêt nous semble incompréhensible, car la capitale audoise ne s'arrête pas à la Bastide Saint-Louis ou à la Cité médiévale. Que pourrait-on écrire encore sur notre forteresse qui n'a jamais été révélé ? Quand on va aux mêmes sources (Mahul, Bouges ou Joseph Poux), on arrive très souvent aux mêmes conclusions ; seule diffère parfois l'interprétation. Alors avant d'acquérir la dernière étude sur la ville basse ou la Cité, allez directement vérifier les sources à l'intérieur du livre. Très souvent, il vaut mieux se procurer directement les anciens ouvrages de Poux, Foncin ou Fédié. 

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L'église de Villalbe érigée en 1784, possède en ses murs de superbes vitraux du XXe siècle. En août 1944, au moment de l'explosion par les Allemands du dépôt de munitions de Baudrigue (Roullens), l'onde de choc fut telle que les vitraux du XVIIIe siècle partirent en éclats. Ils seront remplacés le 20 novembre 1955 lors d'une inauguration en présence de Mgr L'évêque, de l'abbé Maurice Vidal et des petits chanteurs de Saint-Stanislas.

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Ces vitraux ont été réalisés par le R.P Ephrem Socard, moine Bénédictin de l'abbaye d'En-Calcat. Fils d'un maître verrier, le père Ephrem crée au début des années 1950 un atelier de dalles de verre. Cette technique perdure encore au sein de la communauté religieuse. Ephrem Socard a formé le Toulousain Henri Guérin, peintre-verrier reconnu dans le monde entier pour ses nombreuses réalisations.

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Nous sommes désolés de ne pouvoir vous présenter de meilleures photographies, mais il est très difficile pour un amateur comme moi de prendre des clichés de vitraux. Un inventaire de ce trésor artistique devrait être fait afin de protéger à l'avenir ce joyau contemporain. C'est dans ce but que nous avons décidé de vous transmettre son histoire.

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08/06/2016

L'orgue de l'église Saint-Gimer réhabilité grâce à Jean-Louis Bergnes

Monsieur Jean-Louis Bergnes

est un de ces trop rares musiciens Carcassonnais de grande valeur dont on ne parle pas assez. Le titulaire du Grand orgue de la Basilique Saint-Nazaire, il est à l'origine de la réhabilitation en 1999 de l'orgue de l'église Saint-Gimer au pied de la Cité. Ce lieu de culte édifié par Eugène Viollet-le-duc en 1850 sur l'emplacement de la grande barbacane possède en son sein, un instrument réalisé en 1873 par Théodore Puget.

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© basilique-saint-sernin.fr

Théodore Puget, fils de François Puget, professeur de musique, naît à Montréal d'Aude en 1799. Il apprend le violon, puis l’orgue auprès de l’organiste de Saint-Félix de Lauragais auquel il succèdera. On le retrouvera ensuite à Fanjeaux où il exerce les professions d’organiste et… d’horloger ! Ce n’est qu’après 1835 qu’il s’établira à Toulouse, où il fut tout d’abord représentant, avec un certain Jean Foch, de la manufacture d’orgues Milacor de l’abbé François Larroque, dont le siège était à Paris. Vers 1840, il fonde à Toulouse l’entreprise Puget & Fils. Celle-ci fut chargée notamment de la construction des orgues de l’église d’Aubagne (1842), du couvent de la Visitation à Marseille (1845), des révérends pères Carmes de Carcassonne (1851) et de Montpellier (1855). Très vite, l’atelier familial acquit une grande notoriété et fut chargé des relevages ou de la reconstruction des grandes orgues de plusieurs cathédrales du Midi de la France : Narbonne (1858), Alès (1862), Nîmes et Perpignan (1863), et Béziers (1870).

L’entreprise Puget & Fils, puis Puget Père & Fils, deviendra en 1866 Manufacture d’Orgues Théodore PUGET père et fils. Théodore y associera à divers titres l’ensemble de ses enfants, y compris ses deux filles. En 1877, âgé, il se retire et confie les rênes de l’entreprise à son fils Eugène. Il rédige son testament le 15 septembre 1880 et meurt le samedi 31 mars 1883 à 9 heures du matin.

(Source : Basilique Saint-Sernin de Toulouse)

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© L'Indépendant

Jean-Louis Bergnes à St-Gimer en 1999

Charles Sarélot - facteur d'orgue à la Manufacture Languedocienne de Lodève - a suivi les conseils de Jean-Louis Bergnes afin d'améliorer cet instrument qui à l'origine ne comportait qu'un pédalier de 18 notes ; il en compte désormais 30. Outre le pédalier, cet orgue possède 12 jeux ainsi qu'un double clavier de 54 notes. En 1999, quatre musiciens se partageaient l'instrument : MM. Jean Nicolas, Olivier Gastou, Florent Marmet et Jean-Louis Bergnes.

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© L'Indépendant

Le 15 mars 1999, le nouvel orgue était inauguré lors d'une messe en présence des élus de la municipalité et des membres de la communauté chrétienne. Mgr Jacques Despierre - évêque de Carcassonne - devait bénir l'instrument et lui souhaiter une longue vie.

"Chanter c'est prier deux fois"

(Saint-Augustin)

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20/05/2016

L'histoire du hameau de Montlegun

Le hameau

de

Montlegun

situé à 2 kilomètres à l'est de la Cité de Carcassonne doit son nom à deux montagnes au centre desquelles il est placé. L'une au sud-ouest est appelée Pech-Mary - couverte autrefois d'une forêt de chênes c'est là que Charlemagne aurait harangué l'armée qui allait assiéger Narbonne -, l'autre au nord-est nommée Montorgueil ou Montelonguel. Le nom Montlegun viendrait donc de Montelongo.

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© Coll. Martial Andrieu

Montlegun depuis Pech-Mary en 1900

La terre et la seigneurie de Montlegun ont appartenu jusqu'au XVIe siècle au Chapitre cathédral de Carcassonne, qui les vendit le 31 août 1577 pour 3000 livres tournois, au sieur Jean Pelatier, bourgeois de la Cité. Cette vente fut faite par le Chapitre pour fournir sa qualité du rachat de François 1er. Mais les vaillants habitants de Montlegun voulant s'affranchir de toute servitude, remboursèrent, dès 1580, le sieur Pelatier du montant de son acquisition et jouirent librement depuis cette époque de terres ayant dépendu de cette seigneurie. 

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Coll. Martial Andrieu

Le château seigneurial, ancien fief des Naucadéry, de la Cité s'élevait à l'entrée du village sur l'emplacement du château moderne appartenant à M. Louis Viguier. Le portail d'entrée en fer forgé provient de l'ancien château. La console en pierre sculptée à l'angle du château est le dernier vestige de la construction primitive.

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L'église est d'origine romane avec un sanctuaire gothique. Les reliques authentiques de Sainte-Cécile y sont conservées dans une châsse dorée, ornementée de deux têtes d'anges. Blason gravé de trois fleurs de lys, incrusté dans l'angle extérieur du mur de la nef, à un mètre environ au-dessus du sol. Sur la photo ci-dessus, l'église possède un clocher mur comme l'on en voit beaucoup dans le Lauragais. Il en existe un autre à Carcassonne, à l'église du hameau de Grèzes-Herminis.

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La villa Rey-Tastu, surmontée d'une tourelle de style oriental

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Le domaine de Marseillens - autrefois propriété du Dr Bousquet - était un fief et un village avec un église paroissiale dédiée à Saint-André. Cette église fut transformée en 1215 en prieuré uni au chapitre cathédrale de la Cité. La seigneurie de Marseillens fut possédée en 1050 par Bernard Guilhelmi, en 1319 par Pierre Roque de Montirat, en 1520 par la maison Dugué et de 1770 à la Révolution par la maison Lasset. La route secondaire romaine de la Cité à Largesse passait au sud de Marceillens. Y voit-on encore la borne portant le nombre VIII en chiffres romains ? Ce domaine est aujourd'hui un très beau gîte pour chambres d'hôtes.

Montlegun

Le domaine de Conardis sur le chemin de la Cavayère. C'est aujourd'hui un gîte avec chambres d'hôtes appelé Canardis - très probablement une mauvaise transcription orthographique.

Autres domaines de Montlegun

Portici, la Cavayère, Gaja, Sautès le haut et Sautès le bas.

La bastide del Porgé était un fief de la maison de Lasset. Les bâtiments s'élevaient entre Montlegun et Gaja. Il n'en reste aucune trace. Y voit-on encore le puits en pierres maçonnées ?

Sources

Cartulaire et archives de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne 

(Mahul / 1857)

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11/05/2016

Notre-Dame de la parade s'est fort mal rhabillée...

Pour ceux qui ne connaissent pas Notre-Dame de la parade, il s'agit d'une vierge à l'enfant qui veille sur la paroisse de Saint-Vincent depuis fort longtemps. Dans un passé pas si lointain, elle faisait l'objet de toutes les dévotions ; on la sortait les jours de processions à travers la ville. Pour se convaincre de son aura, il n'y a qu'à regarder le nombre d'ex-voto accrochés à côté d'elle dans l'église Saint-Vincent. Notre-Dame de la parade se trouvait protégée dans une alcôve avec ses riches habits offerts par l'impératrice Eugénie et Napoléon III - le couple impérial a ainsi fait de nombreux dons lors de son passage dans l'Aude en 1852.

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N-D de la Parade vers 1910

On ne sait trop pourquoi, ni comment la vierge s'est retrouvée dépourvue de ses beaux habits. Depuis l'ouverture de ce blog nous avons très souvent posé la question suivante : "Mais où donc se trouvent les parures de N-D de la Parade ? " Pas plus du côté du sacristain, que du curé ou que de la mairie qui a la charge de l'église, on a été dans la possibilité de me répondre. C'est que le sujet dérange... Ce ne sont pas n'importe quels habits, ce sont ceux offerts par Eugénie de Montijo.

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N-D de la parade dans sa nudité

Il y a tellement de choses qui ont été données provenant de cette église - comme un vitrail récemment restitué par un particulier de la Bastide... Doit-on s'étonner de ne plus retrouver les habits de la vierge ? Or, il arrive parfois à Carcassonne quelques miracles. Pardonnez-moi, il me faut rectifier deux lettres : mirages.

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Lors des travaux actuels dans l'église St-Vincent, on a sorti la vierge de son alcôve. Je pense que mon intervention auprès de madame la conseillère municipale en charge du patrimoine a porté ses fruits et je la remercie. Voilà donc N-D de la Parade qui s'est rhabillée. A un détail près... Ce ne sont pas - selon toute vraisemblance - les habits offerts par l'Impératrice Eugénie, si on les compare à la photographie de 1910. Il s'agit plutôt d'une belle chasuble de prêtre enroulée autour de la statue. A l'évidence, il n'a pas été possible d'en trouver une à la taille de l'enfant.

Le mystère reste entier...

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