15/05/2017

Les grands travaux de l'automne 1975 dans la Basilique St-Nazaire et St-Celse

À l'initiative de la Direction des Monuments historiques placée sous la responsabilité de MM. Bourély et Hermitte, d'importants travaux de restauration son engagés à partir d'octobre 1975. Il s'agit de rendre son caractère original à un édifice qui, comme bien d'autres, a été restauré selon les conceptions de Viollet-le-duc.

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Le chœur de la basilique Saint-Nazaire

L'entreprise Sèle de Nîmes qui est chargée des travaux, entreprend de reconstituer le chœur afin de lui rendre sa configuration en "anse de panier". Pour se faire, on utilisera des matériaux nobles comme le marbre de Caunes-Minervois. 

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© TripAdvisor 

Dans le même temps, on procède au décrépissage des voûtes et des parements. Les réfections des installations électriques et l'installation d'un nouveau système de chauffage sont au programme. Cette dernière permettra la tenue de concerts d'orgue pendant l'hiver. L'ensemble de ces travaux d'un montant de 400 000 francs dureront plusieurs mois durant l'année 1976. Une somme de 300 000 francs sera affectée à la restauration des façades de la basilique.

D'autres édifices religieux dans l'Aude profiteront du généreux financement de l'état : Restauration des chapelles et de la sacristie de la collégiale Saint-Michel de Castelnaudary (170 000 francs), restauration de la voûte et de la charpente de la chapelle N-D du Colombier à Montbrun (150 000 francs), restauration des façades latérales de l'église Saint-Paul de Narbonne (300 000 francs), restauration de la couverture et le dégagement du chevet de l'église de Peyriac-de-mer (146 000 francs), réfection des couverture du cloître de Saint-Hilaire (185 000 francs).

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© musiqueorguequebec.ca

L'orgue de la basilique

Depuis 1962, l'Association des Amis de l'Orgue, présidée par le commandant Adroit, demandait la restauration de l'illustre instrument. La Commission des orgues de Paris finit par accepter et choisit pour l'exécution des travaux un facteur d'orgue italien, M. Barteloméo Formentelli. On remonta avec soin les 2000 tuyaux pendant huit jours et l'ensemble de la machinerie fut expédiée à Vérone. Seul le buffet d'orgue resta sur place où il subit quelques aménagements. Au XIXe siècle, il avait été peint d'une couleur marron peu esthétique dissimulant les sculptures qui la décorent.

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 Cet orgue existait déjà en 1522. En 1614, l'instrument comptait sept jeux. Vers la fin du XVIIe siècle, le facteur d'orgue parisien Jean de Joyeuse, en devint le titulaire. Il le restaura et proposa un projet d'agrandissement. Le 13 octobre 1696, l'orgue est réparé par le sieur Just Boat, facteur d'orgue. Il le sera également en 1704. Vingt ans plus tard, l'état de l'instrument s'aggrave. Le Chapitre met un crédit de 400 livres à la disposition du sieur Jean-Baptiste Lanes, facteur d'orgue demeurant à Carcassonne et organiste à Saint-Nazaire. C'est ensuite Jean-Baptiste Nicot, facteur d'orgue à Paris et demeurant à Toulouse, qui s'en occupa.

Entre 1751 et 1766, l'orgue n'est pas restauré mais en 1772, Jean Pierre Cavaillé est chargé de la réparation et de l'agrandissement de l'instrument. C'est lui qui place le dispositif actuel sur l'avant de la tribune et dote l'orgue de jeux de pédales, change la voix humaine et ajoute deux plate-faces et deux tourelles au buffet. Il semble que Jean Pierre Cavaillé se soit inspiré du projet de Jean de Joyeuse. Pendant la Révolution de 1789 et après, l'orgue se détériore, l'église étant transformée en écurie par les régiments de cavalerie. De 1810 à 1831, l'instrument est entretenu par Bidaux qui en est l'organiste.

Pendant la restauration de la basilique par Viollet-le-duc, il fut constaté que sur les trente-deux jeux d'alors, seize étaient muets ; d'autres étaient endommagés par des essaims de papillons ou leurs tuyaux étaient brisés ou oxydés. Seul l'organiste Milhet qui connaissait les défauts de l'instrument pouvait en tirer des sons relativement harmonieux. L'orgue semblait quand même voué à la ruine.

À la fin du XIXe siècle, l'abbé Antoine Falcou consacra son temps et sa peine à le faire restaurer. Une réparation complète est alors effectuée par Michel Roger, facteur d'orgue à Bordeaux. Les travaux portèrent principalement sur la soufflerie, sur la mécanique des claviers. Les leviers et mécanismes sont remis à neuf. Une machine 'barker" pour le grand orgue est ajoutée. Des tuyaux endommagés sont remplacés ou réparés. Quelques timbres d'inspiration romantique sont ajoutés.

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© Irène Randrianjanaka

La console

En 1925, la soufflerie est électrifiée. Pendant l'Occupation, l'orgue n'est plus utilisé régulièrement. Des vitraux ayant été extraits des ouvertures de 1939 jusqu'en 1951, l'orgue mal protégé est soumis à de grandes variations de température et subit les effets de la sécheresse et de l'humidité. L'instrument se dégrade jusqu'en 1962. Cette année-là, est fondée la Société des Amis de l'orgue de la Basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse pour sauver de l'abandon complet ce magnifique témoin de la facture d'orgue française des XVIIe et XVIIIe siècles. Grâce aux cotisations des membres, aux dons ou recettes des concerts organisés chaque année, il a été possible de faire effectuer des réparations urgentes. C'est ainsi que des tuyaux de montre du buffet Grand Orgue ont été réparés en 1963-1964 et d'autres en 1965. En 1968, un trémolo est redevenu utilisable. En 1969, le jeu de hautbois est refait en partie.

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17/04/2017

Ce que l'Arbre de vie de la Basilique St-Nazaire et St-Celse nous révèle...

La théorie la plus répandue et admise comme vérité absolue serait que 18 panneaux du vitrail "Arbre de vie", situés dans le chœur de la Basilique St-Nazaire, auraient été refaits par le maître verrier parisien Alfred Gérente. D'après les nombreux ouvrages consultés, Viollet-le-duc demanda à Gérente de réparer le bas du vitrail. Lily Devèze indique que la maître verrier " a substitué aux quatre fleuves du Paradis l'image d'Adam et Ève, entourés de l'arche de Noé et de l'arche d'alliance, ainsi changeant l'arbre de vie en arbre de mort.

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© C. Desneux

Au-dessous d'Adam et Ève, on peut lire cette inscription en latin tentant de réparer l'erreur 

"Que ligno vetus Adam mortem protulit novus Adam vitam retulit"

À cette théorie, s'oppose vigoureusement l'affirmation de l'abbé Bruno de Monts de Savasse selon laquelle, Gérente n'aurait pas refait les 18 panneaux en les disposant dans le mauvais ordre. C'est dans un texte manuscrit, rédigé à l'issue des Journées du patrimoine du mois de septembre 1998, que nous avons trouvé les objections de l'abbé. Dans une salle du Château comtal avaient été exposés 18 panneaux du haut du vitrail de l'Arbre de vie de la Basilique St-Nazaire. La note explicative délivrée aux visiteurs avait fait bondir le curé :

"Le vitrail a subi une restauration importante en 1860, par A. Gérente qui a refait dans le bas de la verrière, 18 panneaux manquants. Il semble que l'ordre des panneaux, qui doit normalement suivre le texte de Saint-Bonaventure, n'ait pas été respecté".

Selon le prêtre, on retrouve en entier et sans aucune exception, toutes les sentences inscrites dans l'Arbre de vie de Saint-Bonaventure. Toutefois, elles ne sont pas toujours dans le même ordre. Le vitrail "Arbre de vie" de Carcassonne est la copie conforme de la fresque peinte par Taddeo Gaddi dans le réfectoire de la Basilique Santa Croce de Florence (Italie).

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L'Arbre de vie de Santa Croce à Florence

La restauration de l'Arbre de vie par Gérente portait sur le bas de la verrière. Il mit sur le toit rouge de l'arche de Noé l'encart suivant :

"Cette fenêtre a été restaurée et complétée en l'an 1860, par Alfred Gérente, peintre verrier à Paris."

"Beaucoup de parties, dans cette fenêtre et notamment les dix-huit panneaux au bas manquaient au lecteur, salut - Alfred Gérente."

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Encart noir sur le toit rouge de l'arche de Noé

L'abbé Monts s'appuie sur la virgule qui suit dans le texte "parties". Sa lecture et son analyse indique que  "manquaient des parties aussi bien dans la fenêtre que "notamment" dans les 18 panneaux au bas". Ce qui permet d'affirmer sans hésitation que ces "parties" ont été aussi bien restaurées en bas qu'en haut et donc, que Gérente n'a pas refait les 18 panneaux au bas.

Ces panneaux existaient avant leur restauration, car Viollet-le-duc dans son livre sur la Cité (p.435), écrit en 1855 (cinq ans avant la restauration) : "Le vitrail de la première chapelle du transept de droite représente, le christ en croix avec la tentation d'Adam et Éve". Le baron de Guilhermy lors de sa visite en 1855 précise que "la verrière est complète et remplit trois baies ainsi que leur tympan". Il y a une "mandorle avec rétable, un Christ en croix et plusieurs personnages" au-dessous de la croix.

Un grand tableau peint par Pierre Gaston Rigaud représente le vitrail, tel qu'il était avant la restauration. A savoir : 3 baies complètes avec la croix, l'arche de Noé, l'Arche d'alliance, Adam et Éve autour de l'Arbre du Paradis.

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© Pinterest

L'abbé met ses affirmations en contradiction avec Joseph Poux (archiviste de la Cité) lorsqu'il prétend dans son ouvrage, que Gérente a tracé le dessin de l'Arche de Noé, l'Arche d'alliance et Adam et Éve.

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16/04/2017

La Roseraie : Histoire d'un gâchis social et financier

La congrégation religieuse des Petites soeurs des pauvres fut fondée en 1839 par Jeanne Jugan (1792-1879) à Saint-Servan sur mer (Ille et Villaine). Elle participe à l'acceuil et aux soins des personnes agées isolées et dans le besoin sans distinction de nationalité ou de croyance.

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Les religieuses s'installent à Carcassonne le 21 novembre 1879 dans une maison inhabitée de l'avenue du Pont neuf (Arthur Mullot), où elle fondent l'asile des Petites soeurs de pauvres. (Source: Henri Alaux)

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Un peu à l'étroit, la congrégation fait construire en 1883 un nouvel établissement en bordure de la route de Narbonne (flèche rouge).

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Cet ouvrage est l'oeuvre de l'architecte Charles Emile Saulnier (1828-1900). Il se présentait à cette époque sous la forme d'un U ; une chapelle à l'arrière du bâtiment principal et de chaque côté l'aile des hommes et celle des femmes.

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La chapelle des Petites soeurs des pauvres au début du XXe siècle

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© J. Blanco

L'entrée à droite avant qu'elle ne soit entièrement refaite.

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Les soeurs vont ensuite faire construire un bâtiment reliant les deux ailes, dont la façade et l'entrée donneront sur la route de Narbonne. Elles resteront à Carcassonne jusqu'en 1973, année où l'ensemble immobilier sera vendu à la ville.

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En début d'année 1977, la municipalité Gayraud décide la transformation de l'ancien Asile des Petites soeurs des pauvres, en 53 logements-foyer pour personnes âgées. Le bâtiment est acquis par le Conseil général de l'Aude qui le vend à la ville pour le franc symbolique. Celle-ci le rétrocède à l'Office H.L.M. Le montage financier s'établit comme suit :

Caisse des prêts aux organismes HLM : 2.818.00 frs

E.P.R : subvention de 170.000 frs

O.R.G.A.N.I.C : 141.000 frs

B.A.S : 500.000 frs

H.L.M Aude : autofinancement 150.000 frs

Ville de Carcassonne : 500.000 frs

La restructuration des bâtiments et leur transformation est confiée à l'architecte Mlle Cailhau. La gestion est placée sous la responsabilité de Mlle Brieu, sous l'égide du Bureau d'aide sociale de la ville.

La Roseraie dispose d'une superfine totale de 2905 m2 dont 1575 sont réservés aux logements. À l'intérieur, les aménagements collectifs comprennent une salle à manger de 72 places située dans l'ancienne chapelle, 4 salons, une salle de jeux (46 m2), une cuisine collective (63 m2), une salle polyvalente pour 99 personnes (232 m2) et un jardin de 12 000 m2. 

Ce sont au total 55 logements qui sont construits pour des personnes âgées non dépendantes. Il s'agit de studios avec cuisine et chambre à l'exception de neuf type F1 et d'un type F2. Chaque pensionnaire bénéficie d'une buanderie équipée de machines individuelles et d'un service de restauration, qu'il peut prendre en salle ou dans son appartement. Les loyers vont de 480 à 890 francs (allocation logement comprise). Selon le maire, tout a été fait pour que l'on puisse se loger et se nourrir même avec le minimum vieillesse de 916,66 francs. En 2015, il est de 800 euros. Le jour de l'inauguration 60% des  logements avaient déjà été pourvus ; un succès qui ira croissant dans les mois suivants.

Au dessus du portail, le dessin en faïence est l'oeuvre du peintre Jean Camberoque (1917-2001).

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La chapelle est visible depuis la rue Alexandre Guiraud et servirait, parait-il, de gymnase. Elle a été désacralisée, mais l'abbé Jean Cazaux à son grand regret ne sait pas ce que sont devenus les objets du culte. Ciboires, calices, maître autel, chemin de croix, confessionnal, statues, etc... ont disparu à jamais.

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Le maître autel dans le choeur de la chapelle, autrefois...

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© Jean-Luc Bibal / La Dépêche

Au moins de décembre 2010, la Communauté d'Agglomération du Carcassonnais présidée alors par Alain Tarlier, fait l'acquisition des bâtiments de la Roseraie au bailleur social Habitat Audois, représenté par Robert Alric. Habitat Audois avait obtenu les bâtiments pour l'euro symbolique de la ville de Carcassonne. La valeur vénale estimée par France domaine, s'élève à 2,29 millions d'euros. Le président indique son souhait d'y installer les bureaux de l'Agglo ; le déménagement coûterait 8 millions.

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Finalement après cet achat onéreux pour les finances publiques, la Communauté d'Agglomération abandonnera son projet. Elle s'installera dans les locaux de l'ancien EDF, dans lequel elle avait promis de créer la médiathèque. La Roseraie restera sa propriété mais à l'abandon (voir photo ci-dessus). Depuis ce temps, l'administration territoriale cherche à se débarrasser de ce bien. On apprend cette semaine qu'elle vient de trouver un acquéreur. 

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© Nathalie Amen-Vals / L'Indépendant

C'est la société immobilière Nexity qui vient de réaliser une belle affaire. En effet, elle emporte la Roseraie pour 1,1 millions d'euros afin d'y réaliser une résidence privée pour séniors. La Communauté d'agglomération viendrait de perdre en sept ans 1,19 millions d'euros : 2,29 M acquis en 2010 - 1,10 M vendu en 2017. Elle s'enorgueillit quand même d'avoir réussi à se dessaisir de ces bâtiments, en ayant réussi à récupérer 1 millions d'euros pour ses finances. La belle affaire ! Sans compter que si elle en avait pris soin depuis ce temps, le prix aurait peut-être pu être négocié à la hausse. 

Sur le plan purement social, nous sommes passés d'un asile et une maison de retraite publique pour personnes âgées désargentées en 1977, à une résidence privée pour séniors fortunés. Quand on sait le coût actuel des maisons de retraites, on se demande dans quel établissement iront les "vieux" qui n'ont pas le sou. Pire encore, ce sont les contribuables qui viennent de perdre 1,1 millions d'euros en faveur d'une société immobilière privée. 

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16/03/2017

La Passion du Christ : Une vieille tradition théâtrale Carcassonnaise disparue

Le 16 octobre 1900, on apprend dans Le courrier de l'Aude qu'une "oeuvre artistique et moralisatrice" est offerte aux spectateurs par le Musée vivant de passage à Carcassonne. "La troupe de M. Kétorza-Drumont fait revivre avec une réelle perfection le sacrifice du Fils de l'Homme. Les principaux rôles : Jésus, la Vierge Marie et Marie-Magdeleine sont remplis d'une façon admirable. Tout Carcassonne ira voir ces scènes de la Passion qui ont surtout le mérite de jeter une douce impression sur l'âme des spectateurs." Salomon Kétorza, né en Tunisie, est un homme de spectacle propriétaire d'un cinéma ambulant. Il mourra en 1928.

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La Passion aux Carmes

 Un autre article de presse paru dans L'Eclair le 16 mars 1910, nous informe que plusieurs représentations de la Passion du Christ ont lieu durant la Semaine Sainte au chevet de la chapelle Notre-Dame des Anges, derrière l'église des Carmes. "Les nombreux figurants mériteraient chacun un éloge particulier". 

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Jean-Marie Cazaux (Jésus Christ)

Le mystère de la Passion fut créé à Carcassonne au sein de "L'Oeuvre des Carmes" en 1906. Pour la circonstance, plusieurs paroissiens de St-Vincent interprétaient les rôles de Judas (René Stark), Marie-Magdeleine (J. Pradelles), Jean-Marie Cazaux (Jesus). Ce dernier serait un lointain cousin de l'abbé Jean Cazaux, ancien curé de Saint-Vincent. C'est donc vers lui que nous nous sommes tournés.

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D'après l'abbé, cette représentation théâtrale aurait été organisée chaque année par la paroisse de St-Vincent, propriétaire des Carmes. Sur l'actuel parking de l'Evêché se tenait autrefois une salle "Le Familia" dans laquelle seront projetés des films ayant passé la censure religieuse. Nous nous souvenons d'une précédente chronique dans laquelle M. Ouliac racontait que des parties de la bobine du film étaient parfois coupées. Selon l'autorité épiscopale, elles présentaient des scènes trop dénudées ; comprenez pour l'époque qu'il s'agissait d'une jupe au-dessus du genou. Selon l'abbé Cazaux, l'église a toujours eu un problème avec le sexe des hommes.

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La cène dans la salle du Familia

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Les Rameaux

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Les adieux de Béthanie

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Le Baiser de Judas

Il est fort probable que ces représentations se soient arrêtés avec le début de la guerre de 1914. Toutefois, elles reprendront après la Seconde guerre mondiale dans le quartier des Capucins. A l'époque du père Augustin - Très Révérend Père Supérieur du Couvent des Capucins - une représentation de la Passion était donnée dans l'actuelle salle du Secours Catholique, rue du 24 février. Elle attirait beaucoup de monde de Carcassonne et des alentours.

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Père Augustin, Gabriel Langlès

(1906-1983)

Mlle Canellas qui habitait rue Fortuné, s'occupait des accessoires. Georgette et ses amies cousaient les habits dans des morceaux de draps blancs, garnis de rubans et de macarons de toutes les couleurs. M. Philoctête avec son visage émacié et une barbe volontairement laissée poussée, interprétait le Christ. On peut également citer M. Mousseigne de la famille Chonier.

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© P. Hyvert

M. Philoctête alias Jesus Christ

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15/02/2017

Quand l'évêque de Carcassonne fut expulsé de l'évêché par l'armée

Il est des épisodes historiques totalement ignorés ou plus exactement rarement relatés dans les livres de notre département. Aussi, lorsque nous avons la chance de tomber sur un témoignage dactylographié et inédit, émanant d'une personnalité comme celle de la soeur de Joë Bousquet, il ne faut surtout pas passer à côté. Henriette Bousquet épouse Patau, relate avec un vrai talent littéraire l'expulsion de Mgr de Beauséjour, évêque de l'Aude. Il s'agit là d'un évènement dont elle fut l'un des témoins oculaires.

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Mgr de Beauséjour

Au début de ce siècle (1906, NDLR), de profonds remous politiques aigrissaient les rapports entre l'église et l'état. Après bien des tentatives infructueuses, le concordat fut dénoncé ; les écoles religieuses, les communautés de soeurs, obligées de subvenir à leurs besoins, fermèrent leurs portes ou furent chassées de leurs couvents. Certaines trouvèrent un asile en Espagne. Il y eut une grande émotion dans le public. Des scènes douloureuses éclatèrent dans la rue, et les catholiques pratiquants aidèrent le clergé spolié à résister. Ils s'enfermèrent dans l'enceinte de la maison qu'on leur enlevait (l'évêché, NDLR) et résistèrent à toutes les sommations. La troupe fut mobilisée et on décida d'employer la force. Le premier représentant du clergé expulsé fut l'évêque Monseigneur de Beauséjour.

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© AAVC

Hôtel Murat (CCI de l'Aude), ancien évêché de 1826 à 1906

Une foule immense, prévenue du drame qui se préparait se massait sur l'avenue qui desservait l'évêché. Au milieu d'un silence de mort, un juge frappa trois fois à la porte avec des menaces. Le portail s'ouvrit tout grand et Monseigneur parut, applaudi par les fidèles, qui criaient "Vive Monseigneur". Très droit, regardant avec une immense dignité le magistrat gêné qui lui faisait face, grandi, vraiment en cette minute, consacré "prince de l'église", il sortit, suivi de ses prêtres et la foule l'accompagna en chantant sans regarder l'armée : de jeunes soldats pleuraient. Je pleurais, moi aussi ; j'étais petite, mais tante Lucie avait voulu me prendre. Elle me donnait la main, son autre bras brandissait belliqueusement  un grand parapluie qui aurait pu faire une arme redoutable (elle ne s'en servit pas).

Monseigneur avait loué un grand appartement près de la cathédrale, au 67 rue Voltaire. Un jardin séparait le nouvel évêché de la partie de l'immeuble occupée par des membres de notre famille.

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D'après l'abbé Cazaux - ancien curé de St-Vincent - que j'ai contacté, sa cousine Henriette s'est trompée de rue. Mgr de Beauséjour habita chez les Bousquet, au 67 rue Aimé Ramond. C'était l'ancien Hôtel de Saix de Polignan (à gauche sur la photo ci-dessus). Il devint l'évêché de Carcassonne pour un temps. Mgr de Beauséjour a ensuite acquis une maison dans la rue Jean-Jacques Rousseau, où il habita et fit ses bureaux.

Une grande intimité s'établit très vite entre les arrivants et la famille Cazaux. Monseigneur venait les voir souvent. D'une vive intelligence, d'une admirable dignité il se plaça moralement au-dessus des spoliateurs et commença à réorganiser son diocèse. Bientôt la maison fut appelée "Le petit évêché" à la grande fierté de notre tante qui passait une grande partie de sa vie à surcharger d'ornements et de cierges, la chapelle St-Roch, confiée à se soins.

Puis, les communautés furent chassées de chez elle. Les religieuses, qui n'avaient pu partir en Espagne, revinrent dans leurs familles. Le couvent des Capucins fut fermé le dernier après un siège de trois jours ; ils sortirent de chez eux, avec leurs amis de la ville, en voitures découvertes pour gagner la gare d'où ils partirent en exil. La ville entière était dehors. Son passage était salué de vivats, un cantique, avec un bruit de tonnerre déferlait à mesure au passage des capucins qui nous bénissaient.

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St-Joseph de Cluny (aujourd'hui, collège André Chénier)

La préfecture et la mairie étaient fermées ; on ne rencontra pas d'hommes politiques... Le tribunal était au passage, vide de juges, qui avaient dû obéir aux ordres, ou renoncer à leurs places. A ce moment, le couvent de Cluny fut fermé également ; mon frère (Joë Bousquet, NDLR) dut rentrer au Petit lycée et j'eus une institutrice Mlle Evelyne, qui me fit travailler, en attendant pour mon entrée dans une institution religieuse.

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18/01/2017

Une très belle fresque réalisée dans l'église du Sacré-coeur de Carcassonne

Depuis le mois de septembre 2016, Thibault Remaury - curé desservant l'église du Sacré-coeur de Carcassonne - peut s'enorgueillir de la réalisation d'une belle fresque à l'intérieur de ce lieu de culte construit en 1955. 

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A partir d’une maquette du Père Angelico Surchamp, faite pour une fresque en 1955 dans l’église du Sacré-Cœur de La Chapelle Saint Luc, fresque disparue depuis, les Passeurs de fresques ont réalisé une fresque de 7m sur 2.5m pour l’église du Sacré-Cœur de Carcassonne.

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© Les passeurs de fresque

Cette réalisation est l'oeuvre de l'association "Les passeurs de fresque" située dans le département de l'Aube. Les artistes avaient déjà par le passé dessiné de petites fresques sous le porche de l'église. 

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© Les passeurs de fresque

Pendant leur travail in situ, ils ont reçu très gentiment les personnes intéressées, tout en expliquant le principe de la fresque. Le résultat est à la hauteur et permet d'ajouter une nouvelle oeuvre d'art au patrimoine religieux de Carcassonne.

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© Les passeurs de fresque

La fresque et l'autel en marbre de Caunes-Minervois

Merci à Maryse Audouy

http://lespasseursdefresques.fr

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