05/11/2015

Dans la terreur du Logis de l'Inquisition...

A l'angle de la rue du Four St-Nazaire et de la porte d'Aude, se trouvait la Maison de l'Inquisition dans un quartier connu autrefois sous le nom d'Ilot de l'Inquisition. C'est là que la justice de Dieu jugeait les impies et les hérétiques.

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Après quoi ils étaient condamnés au mur et placés dans une Meure à l'extérieur de la cité. Il y avait le mur strict où les prisonniers étaient reclus et enchaînés, puis le mur large (plus indulgent); dans les deux cas, les punis étaient nourris au pain et à l'eau.

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Le logis de l'Inquisition

Le 9 février 1544, les inquisiteurs céderont l'Ilot de l'Inquisition à plusieurs bénéficiaires de la cathédrale. Mgr de Grignan achète la maison aux frères prêcheurs le 19 mars 1704 sur acte de Me Larose, notaire. À sa mort le 1er mars 1722, elle passera entre les mains du Chanoine Murailhe. 

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Ouvrage écrit par Antoine Sarraute et publié en 1914

C'est en 1912 qu'Antoine Sarraute en fait l'acquisition et après bien des travaux de restauration, l'ouvre au public le 11 mars 1913. L'ancien logis est alors transformé en musée et meublé avec des objets provenant de son magasin d'antiquités, situé plus haut dans la rue.

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De la mémoire de ce musée, il reste une série de cartes postales qui nous permettent de mesurer l'étendue de la richesse mobilière et historique de ce lieu. 

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Jardin du musée

Blason d'Henri II de Montmorency provenant du château de Leucate.

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Le salon

Les toiles peintes sont dues à l'initiative de Mgr de Grigan, évêque de Carcassonne.

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Le parloir

Teintures et plafond à la Française qui lors de la restauration étaient recouverte d'une épaisse couche de plâtre.

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Mobilier de 1540 qui avait été prêté par A. Sarraute pour la représentation d'Hernani (Victor Hugo) au théâtre de la Cité.

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Le siège de cette stalle du XVIe siècle se relève et est désigné sous le nom de Miséricorde.

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Coffre de mariage du XVIe siècle. La serrure représente un homme d'un côté et une femme, de l'autre.

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Coffre fort du XVIe siècle. Huit pênes sont actionnés simultanément par une même clé. La serrure est dissimulée sous une plaque à ressort.

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Bahut de sacristie du XIIe siècle

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Cuisine d'époque médiévale

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Salle de torture

Des fouilles pratiquées durant l'hiver 1912-1913 ont mis au jour un premier étage où se pratiquait la question et un sous-sol qui servait de cachot.

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Banc de torture

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Cachot des prévenus 

Squelette d'homme de 2 mètres découvert le 15 avril 1913 au cours de fouilles.

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© Roger Garcia

Les frères Sarraute en 1990

Le logis de l'Inquisition appartient encore aujourd'hui à la famille Sarraute. Il accueille des artistes plasticiens et leurs expositions. Qu'est devenu l'ensemble de ce mobilier inestimable ? Mystère...

Cartes postales

Collection M. Andrieu

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11:02 Publié dans La Cité | Tags : inquisition | Lien permanent | Commentaires (2)

31/10/2015

Un secret bien gardé dans la Cité médiévale de Carcassonne

Lors de vos promenades à l'intérieur des remparts de la cité médiévale, n'avez-vous jamais remarqué cette porte à droite en descendant la porte d'Aude ? Votre oeil d'enfant n'a t-il pas imaginé ce qu'il pourrait découvrir si seulement il trouvait la clé de cette vieille serrure rouillée ? Le trésor de Blanche de Castille ou le cul-de-basse-fosse dans lequel Simon de Montfort jeta le bon Vicomte Trencavel ? 

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Au risque de décevoir les amateurs de chauve-souris et de sorcières en ce jour où nos enfants les vénèrent, il ne s'agit pas de trésor ou de cachot. Pour autant, ce qui se cache derrière cette porte va sans doute vous émerveiller l'esprit... Vous savez bien qu'aucune serrure ne saurait résister à la puissance de ce blog dans sa quêté de vérité... alors, suivez-moi. Attention les marches sont poussiéreuses !

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© J. Blanco

Cherche et tu trouveras... La terre est tellement basse qu'il te faudra te baisser, mais au bout tu seras purifié. Voilà l'énigme que seuls les plus humbles pourront résoudre. Si tu as peur, tu peux partir. Tu restes ? Parfait ! Comme les cathares, tu vas recevoir ton consolamentum.

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Sous la voûte se trouve un trésor...

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© J. Blanco

La font celada

Cette fontaine porte bien son nom que l'on doit prononcer "foun celada" ; cela signifie en occitan "la fontaine cachée". Pourquoi a t-on muré et de ce fait, protégé cette source, lors de la construction de la Cité ? L'eau sur un site défensif élevé sur un promontoire est à l'époque médiévale, un bien précieux. Par exemple, lors d'un siège... Le manque d'eau poussera inévitablement les troupes assiégées, à l'intérieur d'une place forte, à se rendre. Ce fut une des raisons de la reddition de Raymond-Roger Trencavel en 1209.

Buvez à cette source et vous rajeunirez de mille ans !

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Depuis la margelle située à 20 mètres de l'entrée de la porte d'Aude, on pouvait tirer de l'eau du puits.

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L'accès à la citerne

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L'écoulement du trop plein s'effectue vers l'extérieur de la Cité

Merci à J. Blanco pour les compléments d'informations

 

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09:42 Publié dans La Cité | Tags : foun celada | Lien permanent | Commentaires (5)

28/09/2015

Une secte a t-elle investi dans la cité médiévale?

Depuis près de vingt ans c'est l'omerta à la cité sur l'homme tout de blanc vêtu comme Raël, qui a peu à peu, aurait acheté des maisons pour les transformer en musées, commerces de vêtements et auberges. Ses employés seraient des adeptes au service de ce mouvement. Selon les services des RG, il pourrait s'agir d'anciens adeptes de Georges Roux, fondateur en 1952 de l'Alliance Universelle. Georges Roux était persuadé d'être lui-même la réincarnation du Christ et prétendait pouvoir guérir par l'imposition des mains.

Cliquer ci-dessous

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Ce mouvement spirituel est classé comme secte, dans le rapport n°2468 de la commission parlementaire du 22 décembre 1995.

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Ces gens se seraient lancés dans l'activité touristique et la restauration dans la cité médiévale. L'histoire aurait commencé le 26 juin 1992 à travers une association "Les enfants de la muse" en lien avec la fondation Azazel Institute Inc (Boston, Etats-Unis) avec l'inauguration d'un musée médiéval à connotation ésotérique.

Cliquer ci-dessous

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Source

 Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui

Vernette et Monelon)

Editions  PUF / 1995

Azazel, épinglé dans le rapport parlementaire sur les sectes, s'était aussi implanté au château de Pauligne en 1992, toujours selon cette source. Au delà de la pratique religieuse et de la liberté de conscience que la loi de 1905 sur la laïcité protège, se pose bien d'autres questions. Si ce que nous révélons est ici fondé, que financent ces mouvements religieux sous couvert de fondations ou de mécénats ? Existe t-il un risque de voir des demandeurs d'emploi ou des stagiaires envoyés dans ces commerces et finalement enrôlés comme nouveaux adeptes ? Les agents de l'URSSAF ont a plusieurs reprises constaté dans plusieurs de ces mouvements tenant commerce en France, que le travail dissimulé était bien souvent la règle puisque les adeptes travaillent pour la communauté. Il semblerait enfin qu'à l'instar de "l'Église de Scientologie", ces associations bénéficient de soutiens au sein de l'administration. Sinon, comment alors expliquer qu'elles aient encore pignon sur rue et que leurs richesses croissent sans cesse ?

Soulignons que ces personnes sont parfaitement intégrées dans la Cité médiévale et n'ont jamais créé de problèmes autour d'elles. Nous souhaitons simplement informer sur l'opacité des sources d'investissement dans ce haut lieu touristique.

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27/09/2015

The yankees in the walled city

Notre cité n'a pas attendu d'être classée Patrimoine mondial par l'UNESCO pour attirer des visiteurs du monde entier. Les fêtes du bi-millénaire en juillet 1928 avaient déjà donné un élan indiscutable à l'essor touristique de Carcassonne. Nous en reparleront dans une prochaine chronique. A l'issu de cet évènement, les américains ne tardèrent pas à pointer leurs objectifs sur "The walled city of Carcassonne". La légende dit même qu'ils voulaient acheter la cité médiévale et pierre par pierres, la transporter aux Etats unis comme ils le firent avec une partie du cloître de St-Guilhem le désert.

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"The mentor"

publié

par

"The crowell publishing company at Springfield (Ohio)"

consacre six pages à la cité, en novembre 1928.

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The "Medieval Silhouette" of the city of Carcassonne. A view of such unique and perfect loveliness as to create a feeling that the onlooker has been transported afar to a world of dreams".

Voilà une impression qui n'a pas changé depuis, si j'en juge par cette anecdote. Un soir d'été, alors que je revenais vers la ville par le pont-vieux, comme à l'accoutumée je me retournais pour admirer notre belle cité illuminée. Comme si je la voyais pour la dernière fois. Une personne de nationalité américaine s'avançant vers moi me dit alors avec son délicieux accent: "C'est plus beau que le château de la belle au bois dormant" Il est vrai que la jeune nation américaine, ne peut avoir d'autres références.

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Une brochure éditée par l'imprimerie Roudière pour l'hôtel de la cité, dans laquelle on apprend notamment le nom de ses hôtes prestigieux: La Reine Victoria d'Espagne, La princesse de Battenberg, Le Roi et la Reine du Portugal, Le Sultan du Maroc, Anne et Françoise de France, Prince Charles de Bourbon, Princesse Louise d'Orléans, Le grand Duc Boris de Russie...

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"No more perfect setting for such a pictorial chronicle could be chosen. Everything that learned works on medieval fortifications describe can be seen on and about these walls. Nowhere in the world is there a rival of romance in reality, that splendid blending of fact and fancy called Carcassonne."

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24/09/2015

Michael Jackson a dormi à l'Hôtel de la Cité, le 15 septembre 1992

"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître".... et pourtant vous ne rêvez pas, car la star interplanétaire de la pop est bien venue à Carcassonne le 15 septembre 1992.

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"Thriller live"

© La dépêche

Le lendemain au soir elle se produit au stadium de Toulouse devant 40 000 fans en délire, mais la veille - après envoyé de fausses pistes aux paparazzi - c'est à l'Hôtel de la Cité de Carcassonne qu'elle ira dormir. Michael Jackson ne voulait pas partager le même hôtel que sa famille qui l'avait suivi en tournée. D'après Michel del Burgo qui tenait les cuisines du restaurant "La barbacane" à cette époque :

"Il était tel qu'on le voyait à la télé, avec son chapeau, ses lunettes noires et son foulard sur le visage. Il était venu avec son cuisinier indien, coiffé d'un turban. Dans les cuisines de l'hôtel, je l'ai regardé lui préparer son repas végétarien, avec des produits à nous, et d'autres qu'il avait emmené avec lui. Le lendemain, tout le personnel de l'hôtel a été invité à son concert."

Toujours selon le chef étoilé,  il a eu un comportement exemplaire avec le personnel malgré une nuit mouvementée :

"Sa famille est venue le rejoindre à Carcassonne. Du coup, il est parti se réfugier dans son van, sur le parking de l'hôtel, avec des caisses d'Orangina et de Coca-Cola. Finalement, la police est intervenue pour faire partir ses proches, et il a réintégré sa suite".

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Le van de Michael Jackson devant l'Hôtel de la Cité

© Bruno Courrière

Arrivé à 20 heures, le chanteur a quitté l'établissement à 3H30 du matin avec l'ensemble de son équipe occupant les seize chambres du premier étage.

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La chambre de Michael Jackson

© Hôtel de la Cité

C'est seulement l'avant-veille que Christophe Luraschi - responsable de l'hébergement - a appris la venue de Jackson à l'hôtel. Très vite les craintes sur les exigences démesurées de la star ont été dissipées. Il a demandé seulement à ne pas avoir de ligne téléphonique directe, ni climatisation, de l'eau minérale et du Pepsi, deux employés de l'hôtel pour garder l'entrée de sa chambre.

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Toujours selon M. Luraschi, il a déclaré à propos de la Cité que c'était le plus bel endroit qu'il ait vu depuis son arrivée en France et est resté de longues minutes sur la terrasse de l'hôtel à contempler les remparts.

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21/09/2015

Une famille retrouvée 100 ans après sur une carte postale de la Cité

A la fin du XIXe siècle paraissent les premières cartes postales sur la cité de Carcassonne. C'est ce qu'on appelle dans le jargon des collectionneurs: "des précurseurs". Elles se distinguent des autres par le fait qu'au verso, il n'y a la place que pour écrire l'adresse du destinataire. Il était interdit dans un premier temps d'écrire du texte, puis petit à petit on a pris la liberté de mettre les messages sur le recto de la carte. Ainsi, certaines d'entre elles sont surchargées à tel point qu'on ne voit plus de paysage. Vers 1910, le verso sera séparé en deux pour permettre l'insersion des messages et de l'adresse.

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L'adresse était souvent succincte comme ci-dessus :

 "Mlle Amandine Sournies. Dans sa famille à Montlaur". 

Si vous envoyez aujourd'hui une adresse aussi peu renseignée (même pour un petit village des Corbières), le facteur aura t-il le temps de faire le tour pour chercher la bonne boite à lettre? Avec le minutage imposé par sa direction sur des tournées de plus en plus longues, c'est plus difficile...

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Les cartes postales carcassonnaises ressemblent à celle-ci. D'abord ce sont des éditeurs parisiens, puis les commerçants de la ville se lancent dans l'édition: Victorine Cals, Jordy, Piquemal, Abadie, Rouan, Editions du Paris-carcassonne, Roudière... Ci-dessus on voit un groupe de personnes dans une des rues, formées par les maisons ventouses qui occupaient encore les lices au début du XXe siècle. Cette carte, outre son aspect historique, a énormément de valeur. Pourquoi? Un homme au début du siècle dernier (M. Cousin) a pris soin de noter au verso, le nom des gens sur la photo. Nous avons donc retrouvé les visages d'une famille Carcassonnaise en 1903.

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De gauche à droite:

Henri Salatché, François Salatché, Adèle Salatché épouse d'Henri, Marie de Teulé, Mimi Haener, Mme Haener, Nenette Haener.

Crédit photo

Coll. David Scagliola

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