03/11/2015

La folle épopée du jazz au temps des zazous Carcassonnais...

Le Hot-Club de jazz de Carcassonne est né grâce à l'intervention en 1940 de Jean Osmont auprès de Hugues Panassié, le Président fondateur du Hot-Club de France. En 1943, un premier orchestre se constitua au sein du club de la ville et fit ses gammes, clandestinement. 

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Le quintette du Hot club de Carcassonne en 1943 est constitué par Dominique Orlanducci (guitare), René Miquel (clarinette), Pierre Palau (Batterie), Big Boyer (Contrebasse) et Jean Osmont (trompette). D'autres, comme Jean Pidoux ou Cazaux, vinrent rejoindre ce quitte historique jouant à la barbe de l'occupant. Cette formation fut plusieurs fois primée au consours Pleyel, grâce au concours de Pierre Louise (Père du célèbre organiste Eddy Louiss). Eh! oui, Les Louise étaient réfugiés pendant la guerre à Carcassonne, comme bon nombre d'artistes et d'intellectuels. Voilà ce qui explique bien des choses... Le Hot club était hébergé par M. Miailhe, patron du Café des colonies, qui prenait des risques. L'occupant n'appréciant guère cette musique de "Nègres", il fallut prendre des précautions.

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L'accès à la cave clandestine du Café des colonies en 1943

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A la libération, tout alla nettement mieux et le Hot-Club sortit de la clandestinité. Le 8 janvier 1946, les activités de l'association nommée Hot-Club de Carcassonne devinrent officielles et le siège s'établit au premier étage du café des Colonies. Pendant une dizaine d'années, pas une cave ou un cabinet n'échappa aux concerts, jam-sessions ou conférences sur le jazz. En 1948, il défile même lors d'une parade sur les boulevards avec Jean Pidoux, André Malacan, Claude Alay...

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Présentation du magazine Swing Time à l'Hôtel Terminus

Les nouveaux membres du Hot-Club répètent leurs standards dans la maison du Dr Buscail, route Minervoise. C'est aujourd'hui la demeure de Pascal Dupont, directeur du Festival de Carcassonne. On peut citer : Claude Alay, Orlanducci, Loulou Boyer, Jubillard, Buisan, Grente, Canavy... Ces jeunes pousses sans formation musicale reçurent l'aide précieuse de Jean Ormont, leur aîné. Dès lors, pendant plus de dix ans, la ville devint un pôle majeur dans l'univers du swing. Les cabarets ouvrirent leurs portes aussi bien aux jeunes jazzmen locaux qu'aux pointures venues d'ailleurs comme Rex Stewart, Marcel Zanini, Ted Ameline, Jacques Hélian...

Le Congo

En 1945, le café Lagarde dans la rue de l'Aigle d'or est acheté par MM. Rigail et Bouysset. Ils le baptisent du nom de la colonie dans laquelle ils ont fait fortune. Le Congo se décore dans le style de la Revue Nègre des Années folles et compte 130 places.

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Les membres du Hot-Club avec Jenny Alpha en 1948

Baptiste Reilles alias Mac-Kac s'occupe de l'animation musicale ; excellent batteur, pionnier du rock-and-roll en France, il attira de grandes vedettes en ce lieu.

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© Jazz classique / Avril 2006

Mac Kac devant le Congo en 1945

Le petit Saint-Germain Carcassonnais reçoit Bill Coleman, Guy Lafitte, Mezz Mezzrow, Michel Warlop... Les musiciens du Hot-Club Carcassonnais y tenaient leurs jam-sessions tous les mercredis ; on y dansait jusqu'à une heure du matin.

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Sur cette photo au Congo de Carcassonne en 1949, de gauche à droite: James Moody, Georges Arvanitas, Albert Maïoli, Jean Osmont, patron du Congo, Raymond Buisan et Marcel Zanini.

 Au début des années 1950, Jean Osmont devint président d'honneur et laissa les rênes de l'exécutif à Fernand Grente, André Malacan, Claude Alay et Raymond Buisan. ce nouveau bureau oeuvra pour une meilleure connaissance du jazz et fut à l'origine de la création des Hot-Clubs de Castelnaudary, Lézignan-Corbières et Limoux.

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Une soirée au Congo avec Jean Pidoux (clarinette) et André Malacan (trompette)

Au début de 1952, les musiciens du Hot-Club disposaient d'une cave tous les mardis au café des Américains jusqu'à une heure du matin. L'association comptait 70 membres et organisa la venue de grandes vedettes américaines : Bill Coleman, Kam Davenport, Nelson Williams, Ernie Royal...

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La nuit du jazz du 19 mars 1953 au Congo fut un véritable succès mais, l'engouement décroissant peu à peu, le Hot-Club faute de repreneur fut dissous le 2 février 1954.

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L'ancien cabaret "Le Congo" en 2015

 

J'ai fait don des archives du Hot-Club de Carcassonne, confiées par mon oncle Claude Alay, aux Archives départementales de l'Aude. Elles sont consultables dans la série 2J

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© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

10/05/2013

Le "New excentric jazz"

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Le "New Excentric Jazz" était le premier des orchestres de ce type à Carcassonne.
Il rassemblait autour de lui de nombreux musiciens, membres des nombreuses sociétés musicales de la ville.
Son siège social était le café des Américains, aujourd'hui disparu, sur le boulevard Barbès.
Cette photo de 1927 a été prise devant l'escalier d'honneur de l'ancienne Maison consulaire détruite en 1934.
Elle est sûrement unique et je l'ai trouvé par hasard dans un vieil album de mon grand-père (Martial Andrieu), que l'on voit debout en plein milieu du troisième rang. A ce sujet, grâce à mon livre un petit fils a reconnu également son grand père (Jean Barrabès), assis au second rang avec un banjo (2e de gauche à droite). Joseph Munich est assis au premier rang (1er à gauche).
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Collection Martial Andrieu