29/12/2016

René Cadrès : une icône des bals populaires Carcassonnais

Cet enfant de la balle qui deviendra plus tard celui de la balloche naît en 1928 dans le quartier de l'artichaud à Carcassonne. Qu'es aco, l'artichaud ? Ainsi, appelait-on autrefois les maisons comprises dans un périmètre allant de l'église Saint-Vincent au bastion Saint-Martial. C'est d'ailleurs dans un autre bastion bien connu des mioches de cette Carqueyrolles si chère au poète Joë Bousquet, que René Cadrès va faire ses études secondaires. L'autorité des hussards de la République ne se discutait pas comme de nos jours ; MM. Nicolau, Germa ou Dellac veillaient à tenir le respect et la droiture dans leurs classes.

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Avec un père déjà dans l'embouchure, puisque ce dernier jouait du clairon au Réveil Carcassonnais, le jeune René se retrouvait avec un coup de piston à prendre des cours avec Michel Mir. Pas n'importe qui ce musicien, ancien violon solo des concerts Lamoureux et ami personnel de Paul Lacombe. Tout comme les cours de solfèges distillés par MM. Rancoule ou Guiraud (viloncelliste au Capitole). Quand viendra le choix de l'instrument, c'est vers le Carcassonnais Gustave Bocquet (1er prix de trompette de Toulouse) qu'il se tournera. En quelque sorte son maître, qu'il remplacera plus tard à la direction de l'harmonie municipale. Afin de pousser son art vers l'excellence, René Cadrès entre au Conservatoire de musique de Toulouse et en sort en 1949, avec un 1er prix de trompette.

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Le Maurice André de Carcassonne devait-il garnir les rangs cuivrés d'un orchestre symphonique ? Disons qu'il choisira de ne point suivre le parcours tracé des lauréats du conservatoire. Déjà en 1945, après les années noires de l'occupation durant laquelle Vichy avait interdit les bals populaires pour soi-disant ne pas manifester de joies par solidarité envers les prisonniers de la débacle de 1940, Réné avait fondé un orchestre de bals avec ses copains André Joulia (saxophone), Jean Saury (batterie) et Jacques Sabathé.

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Du premier bal des conscrits aux meetings politiques, la formation ne manquait pas de travail. Bientôt, les fêtes de quartier allaient reprendre force et vigueur avec cette fois, une ardeur inégalée. Les fêtes de Saint-Gimer avec son tour de table interminable, du Pont d'Artigues, de la Trivalle, des Capucins employaient les cadors du bal à papa : René Cadrès, Jeannoely, José Marson, Teddy Rambaud, Pierre Alay... Route de Narbonne on arrêtait les véhicules qui ne repartaient qu'après avoir reçus une bonne poignée de confettis. Le moment très attendu des organisateurs était quand l'orchestre annonçait la danse des sucettes. À ce moment, les musiciens faisaient durer une série de slows pour permettre au comité des fêtes de vendre des sucettes, ressources indispensables pour la recette. Dommage, en revanche, pour celui ou celle qui avait choisi un mauvais cavalier... Alors, quand José Marson, se mettait à envoyer: "Oh, Cathy, Cathy" de Marc Aryan...

Pour les nostalgiques, la chanson ci-dessous:

http://www.wat.tv/audio/marc-aryan-oh-kathy-kathy-1h3mb_2...

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Puis... la télévision avec La piste aux étoiles de Roger Lanzac et les émissions de Guy Lux, vinrent ternir la fête. Confortablement assis sur leurs canapés, les valseurs restèrent un peu chez eux. Dans les années 1950, l'orchestre de René Cadrès était constitué par Antoine et André Baillaugues, André Touya, Angel Marson et Jean Noely.

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René Cadrès prit alors la direction de l'harmonie municipale peu avant le décès de Gustave Bocquet dans les années 1970, puis celle de l'école municipale de musique. On entendait sous le kiosque du boulevard Roumens, juste en face de l'ancien théâtre l'Eden les grands airs du répertoire classique: La fille du régiment (Donizetti), Les saltimbanques (Ganne) ou encore l'Aubade printanière (Paul Lacombe). Les anciens tenaient encore la route ; ils se nommaient Anicet, Gorry, Lécina, Journet, Rajol...

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Ensuite René dut s'éclipser pour laisser la place à Jacques Miquel à la tête des deux institutions. Il se retira dans son ermitage de Bouilhonnac au milieu du Minervois. Jamais il ne délaissa son instrument ! Il y a encore quelques années, il animait les bals de l'âge d'or du club du Dôme.

René Cadrès qui vivait retiré à Port-la-Nouvelle est décédé au mois de mars 2015.

Mise à jour 29 décembre 2016

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28/12/2016

Gustave Bocquet, chef d'orchestre et musicien Carcassonnais oublié

Gustave Bocquet était né en 1884 à Castelreng dans l'Aude. Après des études de musique, il sortait avec un premier prix de trompette du conservatoire de Toulouse. Par la suite, il entrait dans l'orchestre du théâtre municipal de Carcassonne qui accompagnait tous les chanteurs de passage, les opéras, les opérettes et les revues. Cet ensemble orchestral était dirigé par Michel Mir.

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© Mme Aniort

L'orchestre des fêtes du bimillénaire de la Cité en 1928

Assis au 1er rang : Michel Mir père (à droite), Mme Combes (professeur de piano rue A. Tomey)

Assis au 2e rang : M. Rancoule (Trombone)

Debout au dernier rang : Gustave Bocquet (à droite avec la trompette)

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© Mme Aniort

Gustave Bocquet et Michel Mir à l'extrême droite en 1950

Gustave Bocquet comme c'était l'usage à cette époque, en contrepartie de sa participation à l'orchestre se vit proposer une place d'employé à la mairie où il finit sa carrière comme chef du personnel. A la mort de Michel Mir en 1958, c'est lui qui prit la charge de lui succéder à la tête de l'harmonie municipale. Sa manière de diriger était précise, ses observations lui permettaient d'obtenir de ses musiciens d'excellents résultats. En 1968, soit dix années plus tard, Gustave Bocquet était dirigé vers la sortie - malgré ses états de service - en raison de son âge. C'est son élève René Cadrès qui le remplaça. Il finit sa vie à l'hôpital de Limoux d'où il décéda le 16 mars 1973. Le manque de musique et l'ingratitude de ses anciens collègues l'avaient sans doute tué...

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Gustave Bocquet dirigea l'harmonie municipale de 1958 à 1968

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21/12/2016

Michel Mir (1882-1958) où symbole d'une culture musicale Carcassonnaise jetée aux oubliettes

Ne cherchez pas un nom de rue ou d'établissement portant le nom de cet illustre musicien dans Carcassonne. Et pourtant la culture musicale de cette ville doit énormément à Michel Mir... La faute n'incombe pas seulement aux élus, mais aux musiciens Carcassonnais actuels qui se fichent de cet héritage. Que fait-on de tout cela à la Fabrique des Arts de Carcassonne, à l'Harmonie municipale ? Ces directeurs, croient-ils que le siège sur lequel ils posent leurs fesses, n'a pas été bâti grâce aux efforts de leurs prédécesseurs ? Y a t-il seulement un département de musique régionale au Conservatoire de Carcassonne ? Que fait-on du millier de partitions cartonnées qui étaient conservées précieusement dans la salle Michel Mir de l'Harmonie municipale ? Les a t-on archivées ou numérisées ? Si vous n'en faites rien M. Jean-Marc Miquel, donnez-les aux archives départementales avant qu'un incendie ne les ravage !

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 Michel Mir est né à Lodève (Gard) le 27 mars 1882. Il débute sa carrière comme violon solo à Paris dans l'Orchestre des concerts Charles Lamoureux - cet orchestre existe encore à Paris. C'est là qu'il fait la connaissance de son ami et maître Paul Lacombe dont il transcrira les oeuvres pour orchestre d'harmonie. Il prend ensuite en 1906 à Carcassonne, la direction des Concerts symphoniques, de la Société lyrique Sainte-Cécile qui deviendra ensuite Harmonie municipale.

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Il se retrouvera à la tête de tous les concerts au kiosque du Square Gambetta, mais aussi des revues et opérettes jouées par l'orchestre du théâtre municipal entre les deux guerres. Oui ! Carcassonne possédait sa propre formation musicale ; elle accompagnait Mistinguet, Fernandel, lorsqu'ils se produisaient dans notre ville. Afin de sédentariser les musiciens, nombreux firent carrière dans l'administration municipale. C'est le cas par exemple de Gustave Bocquet - 1er prix de trompette du conservatoire de Toulouse - qui finira comme Secrétaire général de mairie. Cet homme dont nous reparlerons bientôt, fut le professeur et le mentor de René Cadrès.

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L'harmonie municipale dirigée par Michel Mir en 1954

Bien entendu nous n'avons pas pu retrouver les noms de tous les éléments continuant cette harmonie. Parmi elle : Gustave Bocquet (Trompette), Martial Andrieu (Baryton), Lécina (Bugle), Ernest Daniel (Trompette), Edouard Gorry (Trombone) - 1er prix du conservatoire de Versailles-, Rouzié (Hautbois), Serra (Saxophone), Sauvage (Saxophone basse), Murat (Saxophone ténor), Gazel (Flûte), Pierre Rajol (Clarinette), Solano (Soubassophone), Anicet (Clarinette), Clayton (Trompette), Mattéo (Trompette), Reverdy, Rivière, Ouliac (Percussions et violon), etc...

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© Bibliothèque municipale de Carcassonne

Dédicace de Paul Lacombe à Michel Mir 

Il enseigna également à l'école de musique de la ville et au lycée St-Stanislas et forma bon nombre d'élèves comme Jacques Miquel. Michel Mir a composé de nombreuses oeuvres qui ont été "conservées" à la bibliothèque municipale, sous forme de manuscrits.

Le témoignage de Pierre Mir, son petit-fils

"On lui avait proposé plusieurs emplois de niveau national, voire international (orchestre symphonique de Genève) mais sa famille très attachée à Carcassonne et à notre maison familiale ne fut pas favorable à ces projets. Mon grand père qui était un homme peu contrariant et d'une grande gentillesse resta donc à Carcassonne où son amour de la musique et son désir de la faire connaitre à un maximum de gens fit qu'il s'impliqua fortement dans la vie carcassonnaise par de nombreux concerts et aussi par son enseignement qui lui valut d'être décoré de la Légion d'Honneur."

Le témoignage de Pierre-Baptiste Rey, ancien élève.

"J'ai bénéficié d'un long enseignement musical de Mr. Michel MIR, Directeur de l'Ecole Municipale de musique, qui m'a formé avec patience en me conseillant de suivre les cours de solfège donnés par Mr. Rancoule, et ensuite passer au cours de Mr. Anicet pour savoir jouer d'un instrument la clarinette.
Et surtout aimer la "bonne" musique en comprenant qu'elle n'est pas réservée à l'élite.....ce qui m'a permis d'apprécier les nuances dans mes écoutes musicales.
Tout ses conseils dans une simplicité, que j'admire encore, merci Mr. Michel MIR.
Carcassonne, et certain Carcassonnais, dans le milieu dit "culturel" oublient...qu'ils sont redevables envers lui. Il a oeuvré, avec simplicité dans l'ombre, pour la culture musicale dans notre ville."


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Michel Mir habitait dans cette maison du boulevard de Varsovie à côté de l'ancien bar "Le rugby". Il est décédé le 18 janvier 1958 à Carcassonne. 

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19/12/2016

Qui est donc Jacques Charpentier, compositeur de musique ?

Jacques Charpentier est un pianiste, chef d'orchestre, professeur et conférencier, né à Paris le 19 octobre 1933 au n°10 de la rue Claude Debussy. Fils de Georges Charpentier - gérant de société - et de Paulette Genillier - secrétaire -, le jour de son cinquième anniversaire ses parents l'installent devant le piano du professeur Maria Cerati-Boutillier. En 1948, l'organiste Henri Büsser le met en relation avec Janine Rueff (1922-1999), compositrice et Grand prix de Rome. 

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© Roger-Viollet

Jacques Chapentier en 1961

Il effectue ses débuts comme organiste suppléant à la chapelle St-Benoît d'Issy-les-Moulineaux, à l'âge de 18 ans. L'année suivante, pour gagner sa vie il devient le pianiste accompagnateur dans les salles de la société de cinéma Gaumont, notamment au "Gaumont Gambetta" à Paris. C'est entre 1953 et 1954 qu'il se prend de passion pour la musique traditionnelle de l'Inde qui nourrira ses futures compositions ; il est alors pianiste au Grand hôtel de Calcutta et reçoit les conseils du musicologue Alain Daniélou.

De retour à Paris, il entre au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris dans les classes de composition de Tony Aubin et d'analyses d'Olivier Messiaen. On lui octroie un 1er prix de philosophie de la musique pour sa thèse "Introduction à l'étude des lois de la Musique de l'Inde" et un 1er prix de composition pour sa "Symphonie brève pour cordes". Après un passage aux Jeunesses Musicales de France comme conférencier, pianiste et chef d'orchestre, il est nommé Maître de chapelle et organiste de la chapelle St-Benoît d'Issy-les-Moulineaux. Le grand organiste Marcel Dupré (1886-1971), lui prodigue de précieux conseils.

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© A. Machelidon

C'est au cours d'un voyage avec les JMF qu'il découvre Carcassonne au début des années 1960 et où il s'installera, d'abord à la Cité puis près de la place Carnot. En 1964, à la demande de Jean Deschamps il compose pour le Festival d'Art dramatique de Carcassonne, la musique pour la pièce "Les mouches" de Jean-Paul Sartre.

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© Archives J. Deschamps / ADA 11

Partition manuscrite J. Charpentier (Les mouches)

En juillet 1966, suite à une proposition de Marcel Landowski et une recommandation écrite d'Olivier Messiaen, Jacques Charpentier est nommé Inspecteur Principal de la Musique par André Malraux. Inspecteur Général de Musique en 1975, puis Directeur de la Musique de l'Art lyrique et de la Danse en 1979 ; fonction qu'il quitte en octobre 1981. L'année suivante, c'est à Nice que Jacques Charpentier pose ses bagages comme Directeur de la Musique et professeur de composition au conservatoire. En 1989, Il devient professeur d'instrumentation et d'orchestration au CNSM de Paris.

L'oeuvre musicale du compositeur se compose d'environ 200 pièces instrumentales et vocales, Sept musiques de scène, deux musiques de film.

Les élèves lauréats de sa classe

Estéban Benzecry, Régis Campo, Sylvain Dieudonné, Thierry Escaich, Joachim Jousse, Bruno Mantovani, Jorge Torres Saenz, Marie-Jeanne Serero, Héléna Tulve...

Distinctions

Commandeur de la légion d'honneur (2016)

Commandeur dans l'ordre National du Mérite (2006)

Commandeur dans l'Ordre des Arts et des Lettres (1975)

Officier des Palmes Académiques (1993)

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© La dépêche / Roger Garcia

Jacques Chapentier est Commandeur de la légion d'honneur en 2016

Cette biographie qui n'a pas vocation a être complète a pu être réalisée grâce aux liens amicaux que j'entretiens avec Jacques Charpentier depuis quelques années. Il est par ailleurs l'auteur de la préface de mon livre sur la vie et l'ouvre du compositeur Paul Lacombe. J'avoue en toute humilité ne pas être particulièrement sensible à ce que j'ai écouté de Jacques Charpentier, c'est sûrement parce que mon oreille n'est pas encore en mesure de comprendre cet univers harmonique. En revanche, je passerais des heures en sa compagnie, tant l'homme est riche intellectuellement et spirituellement. Pour le reste, je n'aime pas trop les mondanités du microcosme Carcassonnais, qui lui, j'en suis convaincu, comprend et apprécie cette musique si particulière, mais snobe celle de Paul Lacombe.

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27/10/2016

La Cité médiévale sujet d'illustration pour les partitions de musique

Nous avons trouvé une partition piano-chant de la compositrice Augusta Holmès éditée en 1900 : Ogier le Danois. La cité médiévale de Carcassonne dessinée par Gaston Bussière (1862-1928) illustre la première page.

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"Holà ! Ho ! Gardiens de ces tours !
Ogier le Danois réclame sa ville !
Je viens d'Avallon, la merveilleuse île
Où vivent les Preux dans de clairs séjours !
Hola ! Ho ! Ho ! ouvrez-moi ma ville,
Gardiens de ces tours!"

Cavalier géant, plus haut que nos chênes,
Que clâmes-tu donc en levant les bras ?
Es-tu le Héraut des luttes prochaines ?
Nous sommes petits et nous parlons bas,
Nous sommes vaincus, nous aimons nos chaînes !
Passe ton chemin ! Nous n'ouvrirons pas.

"Holà ! Ho ! Gardiens de ces tours !
Ogier le Danois, c'est moi, votre maître !
Vous ne voulez donc pas me recconaître ?
Je ne suis parti que depuis trois jours !
Holà ! Ho ! Holà ! Ho !
C'est moi, votre maître,
Gardiens de ces tours !"

Ogier le Danois ? Etranger, tu rêves !
Il a disparu depuis trois cents ans !
Nous ne voulons plus de guerres sans trêves...
Nous avons de l'or, des palais luisants,
Et pour nos plaisirs les nuits sont trop brèves...
Et nous oublions les héros absents !

"Adieu donc gardiens de ces tours !
Vous n'entendrez plus ma voix qui vous crie:
Gloire! Honneur ! Vertu ! Devoir et Patrie !
O mon seul désir, mes seules amours,
O France ! O France ! O France fleurie !
Adieu ! Adieu ! Adieu pour toujours !"

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Augusta Holmès

(1847-1903)

Née à Paris le 16 décembre 1847, Augusta Holmès est l'une des très rares compositrices de son temps. D'origine britannique, elle obtient sa naturalisation française en 1873. C'est également la filleule d'Alfred de Vigny dont on pense qu'il fut son père naturel. Elle entretiendra une liaison avec le poète Catulle Mendès dont elle aura cinq enfants. Les trois filles seront peintes par Auguste Renoir.

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"Les trois filles de Catulle Mendès"

(Auguste Renoir)

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24/06/2016

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, pour une autre politique culturelle chez nous.

  • Trop peu d'Audois connaissent la brillante et savoureuse musique de

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville,

né à Narbonne le 25 décembre 1711. Son père est musicien à la cathédrale Saint-Just et prodigue à son fils les premiers enseignements, avant que ce dernier ne s'installe à Paris en 1738.

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Violoniste virtuose et compositeur, Jean-Joseph entre au Concert spirituel et est promu l'année suivante, musicien du roi. En 1744, il occupe les fonctions de sous-maître de la Chapelle royale. Son oeuvre compte de nombreux motets, ballets, opéras et oratorios. Mondonville s'éteint à Belleville, le 8 octobre 1772.

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Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville 

(Maurice Quentin de la Tour / 1749)

Il existe de nombreux enregistrements des ces oeuvres réalisés par William Christies et les Arts florissants, Choeur du collège d'Oxford, Centre musique baroque de Versailles.

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Dans son numéro de juin, Opéra magazine nous apprend la sortie pour 2017 de l'enregistrement sur Cd de l'un de ses opéras. Isbé, d'après un livret d'Henri François de la Rivière, fut créé en 1742 à l'Académie Royale de Musique. Cet ouvrage a déjà été donné le 6 mars dernier au Palais des arts de Budapest en version concert. C'est dire si la musique de Mondonville qui trouve sans doute son inspiration dans la lumière de notre Languedoc, s'exporte à travers l'Europe.

"Même en version de concert (mais au juste, qu’aurait apporté de plus – à part la restitution visuelle des ballets et des divertissements, une production scénique?), l’ouvrage de Mondonville captive de bout en bout. Isbé créé en 1742 est contemporaine de la reprise d’Hippolyte et Aricie de Rameau (créé en 1733), avec la restitution du fameux Trio des Parques aux impossibles vertiges harmoniques. Mondonville curieux et scrupuleux de ce que faisaient ses contemporains, met en scène lui aussi un trio de voix masculines. Inévitablement comparé à Rameau, Mondonville se distingue pourtant sans difficultés : son écriture apporte un autre type d’éclat, un autre point d’accomplissement d’une exceptionnelle cohérence. C’est cette unité de la vision globale qui fusionne mieux qu’ailleurs (Ballets, divertissements, intermèdes…) la continuité du drame, qui surprend et convainc totalement. En cela, Mondonville annonce Gluck, par son souci du drame, avant l’essor des tableaux pris séparément."

(Classiquenews.com)

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Classiquenews.com

Il est dommage que notre département et notre ville ne sachent pas profiter de cette richesse musicale. Ouvrir des horizons et signer des partenariats avec un moteur tel que, par exemple, le Centre baroque de Versailles permettrait d'impulser une véritable politique culturelle dans nos festivals et de gagner en visibilité. Posons-nous les vraies questions ! Que faire d'un festival de Carcassonne qui n'est plus qu'un assemblage hétéroclite d'artistes "vus à la Tv" comme autant de barils de lessive dans un supermarché ; ceci sans aucune cohérence, ni identité culturelle ? Il est temps de rêver à des jours où l'on élèverait un temps soit peu, le niveau. L'ouvrier a aussi le droit d'aller goûter à l'opéra à des prix abordables - avec moins de places gratuites distribuées à des fonctionnaires du Conseil général et de la mairie, on y arriverait ; cela n'est pas l'affaire d'une catégorie aisée ou bien pensante qui pour le maintenir dans son milieu, ne lui proposerait que Patrick Sébastien ou la féria. Bien sûr, je caricature à dessein mais tout le monde aura compris, qu'il y a une autre voie. Encore faut-il en avoir le courage politique et les idées pour la mettre en oeuvre.


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