20/01/2016

Honneur à Jacques Charpentier !

Vendredi dernier 15 janvier 2016 avait lieu à l'hôtel de la Cité, la remise de la cravate de commandeur de la légion d'honneur à Jacques Charpentier. Ce grand compositeur, élève d'Olivier Messiaen et ancien directeur de la musique sous le ministère d'André Malraux, a choisi depuis les années 1960 d'être citoyen Carcassonnais. Son oeuvre musicale est immense ; des Études  karnatiques inspirées par ses voyages en Inde, à son unique opéra - Béatrice de Planisolas - dont le livret en occitan est d'un certain René Nelli. Jacques Charpentier a également composé de la musique pour le Festival d'art dramatique de Carcassonne, dirigé jusqu'à la fin des années 1960 par son ami Jean Deschamps.

201504061285-full.jpg

© La dépêche

Aussi, ai-je bondi sur ma chaise lorsque je vis en photographie dans la presse, ce cortège d'élus s'incliner les uns après les autres devant lui, comme une procession ferait la génuflexion devant un reliquaire. Ils ont tous le pouvoir - ou l'ont eu - de faire jouer son opéra en langue occitane au Festival de la Cité. Qu'attendent-ils, son jubilé ? Les promesses rendent les enfants joyeux, mais cet homme de 88 ans n'a plus l'âge de l'enfance. N'est-il pas honteux d'avoir entendu cette oeuvre au Festival d'Aix-en-provence ou au Théâtre du Capitole, quand Carcassonne reste sourd à cette histoire dans l'action se passe en Pays cathare. Oui, je sais, vous allez me dire... celui de l'agneau Cathare, du miel cathare et du pain cathare ! 

Que pense t-il Jacques Charpentier du massacre chaque été du mur antique du Grand théâtre de la Cité, avec une structure en aluminium supportant des ventilateurs pour refroidir les gélatines des éclairages ? On ne peut plus jouer phèdre ni Britannicus, ni même un concert symphonique... Que pense t-il du soi-disant anniversaire des 10 ans d'un festival, qui a été créé par son ami Jean Deschamps voilà 60 ans, tirant ainsi un trait sur toute l'histoire dramatique du lieu ? Que pense t-il de l'abandon pur et simple de la tradition de la musique française, au profit de l'abêtissement général des masses ? Lui, qui avec Malraux ont inventé les Centres culturels, promu les conservatoires régionaux et démocratisé la musique classique au sein de formations comme les Jeunesses musicales de France ?

Qu'à fait Carcassonne pour Jacques Charpentier ? Rien du tout, elle tire partie d'une situation valorisante pour elle, au travers de cet illustre musicien qu'elle ne mérite pas. Depuis 80 ans, elle fait la même chose avec Paul Lacombe ; à une différence près, c'est que lui est déjà mort.

12362844_10207846096458009_79739434647603883_o.jpg

J'ai l'honneur à titre privé de connaître ce maître de la musique depuis cinq ans ; il a même accepté d'écrire la préface de mon livre sur le compositeur Paul Lacombe. C'est dire si cet homme d'un grand savoir devant lequel on se tait lorsqu'il parle de culture, aime à échanger avec des petits musiciens comme moi. Je le remercie de m'avoir personnellement invité à cette réception ; mes obligations à l'opéra ne m'auront pas permis d'y assister. Je le regrette vivement car j'ai beaucoup appris à son côté.

___________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

02/10/2015

Gustave Bocquet (1884-1973), un chef d'orchestre oublié...

Bien avant la Fabrique des Arts et ses professeurs de musique, Carcassonne connut une vie intense d'un point de vue musical. Il est dommage que la nouvelle génération faute de curiosité ne porte pas d'intérêt à ce passé sans lequel nous ne serions que peu de choses. On ne peut certes pas vivre avec un rétroviseur, mais tourner le dos à ce point, à tout ce qui constitue la tradition musicale française, est-ce raisonnable ? N'avoir aucun regard vers nos illustres compositeurs régionaux et pour tout ce qui fait l'originalité de notre Languedoc, est-ce bien digne de la mission culturelle qui vous a été confiée ? A moins que vous n'ayez que dédain et mépris pour ceux qui vous ont précédé...

2029199337.jpg

 

Gustave Bocquet est né en 1884 à Castelreng dans l'Aude. Après des études de musique, il obtient un premier prix de trompette du conservatoire de Toulouse. Par la suite, il est incorporé dans l'orchestre du théâtre municipal de Carcassonne qui accompagne tous les chanteurs de passage, les opéras, les opérettes et les revues. Cet ensemble est dirigé par Michel Mir qui est également le chef de l'harmonie municipale. Gustave Bocquet comme c'était l'usage à cette époque, en contrepartie de sa participation à l'orchestre se vit proposer une place d'employé à la mairie où il finit sa carrière comme chef du personnel. A la mort de Michel Mir en 1958, c'est lui qui prit la charge de lui succéder à la tête de l'harmonie municipale. Sa manière de diriger était précise, ses observations lui permettaient d'obtenir de ses musiciens d'excellents résultats. En 1968, soit dix années plus tard, Gustave Bocquet est dirigé vers la sortie, malgré ses états de service, en raison de son âge... C'est son élève, René Cadrès qui le remplace. Il finit sa vie à l'hôpital de Limoux, oublié de tous. Il est décédé le 16 mars 1973.

_________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

04/09/2015

Michel Briguet (1918-1997), pianiste concertiste et musicologue

Michel Briguet naît à Bordeaux le 23 août 1918 et fait ses études de piano au conservatoire de cette ville où il commence à donner des concerts.

Concert 1968 .jpg

Il est alors appelé sous les drapeaux comme sous-officier à la caserne Laperrine de Carcassonne le temps de son service militaire ; il a alors une vingtaine d'années. Comme tout militaire de son rang, il peut loger en dehors de la caserne et s'installe dans chambre située chez madame Sigé, rue Andrieu. Il a sans doute fait amener son piano puisqu'il donne quelques conseils à Isabelle Alay, une toute jeune pianiste qui enseignera plus tard cet instrument à de nombreux Carcassonnais. C'est dans la capitale audoise que Michel Briguet fait la connaissance de sa future épouse, Jeannine Mons qui habite cette ville avec sa famille. Pendant la guerre, il est réfugié en Creuse avec sa femme Jeanne et son fils Bernard.

Photo de presse en 1965 devant Tour Eiffel.jpg

A partir de 1949, Michel Briguet entame une longue collaboration avec les Jeunesses Musicales de France. Il présente plus de 2000 concerts, intervient à la radio, écrit des ouvrages pédagogiques.

livre.jpg

Il organise des visites musicales dans les entreprises, les centres de loisirs, les villages... Partout où l'on peut faire connaître la musique classique. À ce sujet, le compositeur Carcassonnais Jacques Charpentier que j'ai interrogé se souvient parfaitement de Michel Briguet :

"Cela devait être en 1958, quand je participais avec Michel Briguet dans le cadre des J.M.F à des concerts de piano à la ferme. Nous arrivions en train, mais le piano à queue avec l'accordeur était acheminé en camion ; c'est alors que nous donnions des concerts en milieu rural, dans des fermes pour exporter la musique classique."

M. Briguet pianiste Conférencier vers 1970 .jpg

C'est également un conférencier hors de pair qui vulgarise la musique et la rend familière aux oreilles des auditeurs les plus profanes.

Et ce fut la révélation : il existait donc une musique capable de convaincre, de combler, de soulever ceux-là même qui en ignorent tout ! Michel Briguet n’allait pas par quatre chemins, il ne parlait que de musique mais il en parlait comme on parle des choses de la vie. Bref, il parlait d’évidence et il jouait de même. Avec lui, tout devenait si naturel, si profondément nécessaire ! Aujourd’hui, à quelque trente ans de distance, je salue en Michel Briguet un prédicateur, un musicien apôtre comme il y en a peu et qui met tout son talent à faire partager sa passion. Car on ne sait ce qu’il faut admirer le plus, de ses qualités d’interprète ou de son pouvoir de persuasion. Sans doute, dans tout le pays, sont-ils nombreux ceux qui, comme moi, lui doivent ce qui a donné sens et richesse à leur vie. (Maurice Fleuret - Directeur de la musique au Ministère de la Culture)

Michel BRIGUET 1974 à son domicile.jpg

En sa qualité de pianiste concertiste, Michel Briguet vouait une admiration sans bornes à Frédéric Chopin dont il enregistrera sur disque plusieurs de ses Polonaises. Il apparaît même dans un film de Robert Bresson ayant pour titre "L'argent" en 1983, dans lequel il joue la "Fantaisie chromatique et fugue" de J.S Bach.

Michel Briguet avec Olivier Messiaen.jpg

Olivier Messiaen et Michel Briguet

M. Briguet avec Marcel Landowski.jpg

Michel Briguet et Marcel Landowski

2014-11-07 16.24.59.jpg

Michel Briguet repose au cimetière Saint-Michel de Carcassonne dans le caveau de sa belle-famille avec son épouse. Il est décédé à Paris le 5 mai 1997.

Sources

Je remercie M. Christian Briguet (son fils) et ma tante Isabelle Alay.

Wikipédia

___________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015 

27/06/2015

"Marching to Carcassonne", une oeuvre musicale d'Alexander Goehr

Parmi les britaniques qui participent par leurs talents artistiques à la promotion de notre belle Cité de Carcassonne, nous connaissions l'écrivain Kate Mosse à travers son best-seller "Labyrinth". Il y a fort à parier que vous n'ayez jamais entendu parler du compositeur anglais Alexander Goehr, auteur pourtant d'une oeuvre musicale intitulée "Marching to Carcassonne"...

3572009006.jpg

Alexander Goehr

Né à Berlin le 10 août 1932, il est le fils de Walter Goehr lui-même élève de Schönberg. Sa famille a déménagé en Angleterre alors qu'il n'avait que quelques mois. Il est d'abord un des fers de lance de l'école de Manchester puis il part étudier à Paris en 1955 avec Olivier Messiaen.

2428439800.jpg

En 2003, Alexander Goehr compose un autoportait qu'il nomme "Marching to Carcassonne op.75". Cette oeuvre est divisée en neuf mouvements: March, Introduction, Invention, Chaconne, March, Night, Burlesque, March et Labyrinth". Cet enregistrement vient de sortir en CD en février 2013 chez Naxos.

Marching to Carcassonne est une oeuvre de musique de pour piano et 12 instruments. Cet opus se compose d'une marche, qui agit presque comme un refrain de ritournelle dans sa réapparition constante, et d'une série d'autres mouvements pour diverses combinaisons d'instruments: une invention, une chaconne, une passacaille "libre", et un burlesque. Il se termine par le mouvement le plus long ("March to Carcasonne, Labyrinth") dans lequel le compositeur met en place une série de barrages routiers qui empêchent le mouvement de la pièce; des fragments de certaines parties réapparaissent et amenent vers la conclusion.

Suivez le lien ci-dessous pour écouter des extraits

http://www.prestoclassical.co.uk/w/217183

____________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

12:23 Publié dans Musique classique | Tags : goehr | Lien permanent | Commentaires (1)

08/05/2015

Le festival de la Cité a bientôt 60 ans (Acte VII)

Le Festival de la Cité en cette année 1988 s'est trouvé un nouveau directeur, en la personne de Georges-François Hirsch, que Jacques Albarel (adjoint à la culture) est allé débaucher à Paris. Cet homme de spectacle administre à cette époque le Théâtre des Champs-Élysées, après un passage à la direction de l'Opéra de Paris. Ce n'est donc pas un perdreau de l'année, mais un homme de très grande qualité possédant un carnet d'adresse et un réseau dans le monde culturel français. Jean Deschamps avait installé Carcassonne dans l'univers du théâtre en concurrence avec Avignon ; Hirsch a pour idée de faire de la Cité une scène lyrique internationale comme Aix-en-Provence. Il se donne pour cela plusieurs années, car on ne fidélise pas un public sans la patience et le soutien financier de la ville. La saison estivale 1988 a été programmée par Jacques Miquel ; le nouveau directeur ne mettra sa pâte que dans celle de l'année suivante.

hirsch.jpg

Georges-François Hirsch

 

1988

 “Hamlet” 

de William Shakespeare,

 adaptation de Guy Vassal, mise en scène de Jean-Claude Sachot, assistant: Marc Baylet, interprété par le Théâtre Populaire des Cévennes, Compagnie Guy Vassal. Décors et costumes de Jean-Denis Vivien, musique de Christophe Martel avec le concours de Luc de la Ville, pantomime réglée par Pascal Elso, combats réglés par Roger Cornilhac, lumières de Christian Pinaud, régie générale: Vincent Van Tilbeurgh. Avec Philippe Herisson (Horatio), Benoist Brione (Claudius), Bruno Allain (Hamlet), François Gamard (Le Père d’Hamlet), Marie-Claude Mestral (La Reine), Pierre Dourlens (Laerte), Gaston Vacchia (Polonius), Béatrice Delavaux (Ophélie), Guy Vassal (Voltimand), Marc Baylet (Rosencrantz), Stéphane Russel (Guildenstern), Jacques Zabor (Premier Comédien), Bruno Karl Boës (La Reine des Comédiens), Bruno Darl Boës (Fortinbras), Thierry Lherault (Le Sergent), François Gamard (Le Fossoyeur), Mathieu Vassal (L’Apprenti), Guy Vassal (Le Prêtre), Thierry Lherault (Bernardo), Marc Baylet (Francisco), Bruno Karl Boës (Marcellus), Jacques Zabor (Osric), Jacques Bonnin (L’Amabassadeur Anglais). Grand Théâtre.

 

 “Le Roman Comique”

  de Guy Vassal, d’après Scarron.Mise en scène de François Gamard, assistante: Colette Kraffe; interprété par le Théâtre Populaire des Cévennes, Compagnie Guy Vassal. Décors et costumes de Jean-Denis Vivien, musique et illustration sonore de Christophe Martel, Combats réglés par Roger Cornilhac, Conseiller pour la Comedia dell’arte: Nicolas Serreau, lumières: Christian Pinauc, régie générale: Vincent Van Tilbeurgh. Avec Béatrice Delavaux (Etoile), Philippe Herisson (Destin), Jenny Bellay (Mme Rose), Léa Gabriele (Angélique), Marc Baylet (Bastien), Marc Zabor (M. Paul), Pierre Dourlens (La Rappinière), Atmain Khélif (Le Maçon), Bruno Allain (Léandre), Gaston Vacchia (La Rancune), Jean-Claude Sachot (Ragotin), Benoist Brione (Valleran), François Gamard (Saldagne), Colette Kraffe (Mme Saldagne), Bruno Karl Boës (Le Zanni), Thierry Lherault, Marc Baylet, Colette Kraffe, Mathieu Vassal, Atmain Khelif (Marquis et Serviteurs). Grand Théâtre.

 

 “Charles Aznavour”.

Grand Théâtre

 

 “Requiem, op.48”

  de Gabriel Fauré

  par l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, le Choeur Régional Midi-Pyrénées, les Choeurs de Carcassonne, les Choeurs du Lauragais. Direction: José Aquino. Première partie: 1°. Henri Purcell: Marche et canzona pour les funérailles de la Reine Mary; 2°. Fanfares liturgiques, de H. Tomasi; 3°. Suite pour deux cors et orchestre en Fa majeur, de Télémann. Grand Théâtre.

 

“Magnificat”

de Jean-Sébastien Bach. Ensemble Mosaïques, directeur: Christophe Coin, Choeurs Philippe Herreweghe, direction: Franz Brüggen. Au programme:  J.S. Bach: “Deutsches Magnificat BWV 10”; “Ouverture n° 3 en Ré majeur BWV 1068”; “Magnificat en Ré majeur BWV 243”. Basilique Saint-Nazaire.

 

“Carmina Burana”

 de Carl Orff, chorégraphie de John Buttler; “Le Boléro”, de Maurice Ravel, chorégraphie de Maurice Béjart. Avec Eric Vu An, danseur de l’Opéra de Paris. Les Solistes et les Artistes du Ballet du Rhin. Directeur: Jean Sarelli. Grand Théâtre. 

 

“Johnny Hallyday”

  Stade Albert Domec.

 

 “Patrick Dupond”

  danseur Étoile de l’Opéra de Paris, et le Ballet Français de Nancy. Au programme: “Faits et Gestes”, création d’Ulysses Dove,musique de Robert Ruggieri, chorégraphie d’Ulysses Dove, costumes de Jorge Gallardo; “Démago-Mégalo”, chorégraphie de Patrick Dupond, musique: Final de la 7ème Symphonie de Beethoven; “Symphonie en D”, musique de Joseph Haydn, chorégraphie de Jiri Kilyan, scénographie de Tom Schenk; “Don Quichotte pas de deux”, musique de Léon Minkus, chorégraphie d’après Marius Petipa; “Tchaikovsky pas de deux”, musique de Piotr Ilyich Tchaïkovsky, chorégraphie de George Balanchine. Grand Théâtre.

 

 “Michel Jonasz”.

Grand Théâtre.

 

 “Roméo et Juliette”

  d’Hector Berlioz, version Oratorio. Symphonie Dramatique opus avec Solistes, Orchestre National du Capitole de Toulouse, Choeur Régional de Midi-Pyrénées, Choeurs de Carcassonne, Choeurs du Lauragais, Choeurs de l’Armagnac, sous la direction de José Aquino. Direction: Michel Plasson.Solistes: Hanna Schaer, Alain Vanzo, Jules Bastin.

 

“Tango Mémoire de Buenos Aires”

  chorégraphie de la Compañia del Sol, costumes de Graciela Galan, mise en scène de Laura Yusem, coordination musicale : Juan Cedron, Miguel Praino. Avec 19 artistes musiciens et danseurs dont le Cuarteto Cedron. Avec Antonio Agri, Juan-Jose Mosalini, Gustavo Peytelman. Grand Théâtre

 

 “Miles Davis”. 

 Grand Théâtre.

 

1989

Dans cette saison 1989, l'opéra ouvre le Festival avec le chef d'oeuvre de Camille Saint-Saens qui fait son retour à la Cité après cent ans d'absence. A partir de cette date, à quelques exceptions près, un opéra lancera la programmation estivale. Nous le devons donc à G-F Hirsch. Notons le retour des petites scènes dans toute la ville (Tours Narbonnaises, Cour du Midi, place Carnot et Egenfelden, Cour du Musée...) avec des spectacles itinérants. Les spectacles de variétés n'apparaissent plus dans le programme pour revenir à l'essence même d'un festival, ayant une thématique motivée par des choix artistiques et créatifs. Le directeur a en ligne de mire les subventions dont pourrait bénéficier le Festival de la part du Ministère de la culture, auprès duquel il bénéficie de nombreux et solides appuis. Cette année 1989 est marquée par le bicentenaire de la Révolution française, avec "La bastille volante" et un embrasement de la Cité pour une fois mis en musique. Autre fait marquant, la création d'une Académie de danse durant le Festival animée par le danseur étoile Patrick Dupond.

img057.jpg

© Alain Machelidon

 

“Samson et Dalila” 

Opéra en 3 actes et 4 tableaux, poème de Ferdinand Lemaire, musique de Camille Saint-Saëns, direction musicale Michel Plasson, mise en scène de René Terrasson, chorégraphie de Joseph Russillo, décors et costumes d’Isabel Echarri et Diego Etcheverry, coproduction Festival de Carcassonne-Opéra du Rhin-Théâtre du Capitole. Avec Carlo Cossutta, ténor (Samson), Chantal Dubarry, mezzo contr’alto (Dalila), Alain Fondary, baryton (Le Grand Prêtre de Dagon), Vincent Le Texier, basse (Abimelech, Satrape de Gaza), Jean-Jacques Cubaynes, basse (Un vieillard Hébreu), Guy Gabelle, ténor (Un messager Philistin), Roger Trentin, ténor (Premier Philistin), Gérard Desroches, basse (Deuxième Philistin). Orchestre National du Capitole de Toulouse, Centre Chorégraphique National de Toulouse, Ballet Théâtre Joseph Russillo. Choeurs du Capitole, Choeurs de Carcassonne. Chefs de Choeurs: Marcel Seminara et Jacques Miquel (Grand Théâtre).

Festival, Hirsch

Les choeurs de Carcassonne avec à l'extrême droite, Jacques Miquel et G-F Hirsch. A l'extrême gauche, on reconnaît Jean-Louis Bès, actuellement adjoint à la culture de Gérard Larrat.

  

"Mozart au chocolat"

 mise en scène Jacques Livchine et Hervée de Lafond, Scénographe-décorateur: Claude Acquart, direction technique: Didier Mandin. Distribution de l’ensemble des pièces du Théâtre de l’Unité: Mélanie Jackson, Pierre Benusiglio, Francis Vidal, Isabelle Caubere, Erik Thomas, Jacques Auffray, Luc Moreau, Gil Galliot, Jean-Philippe Hemery, SylvainDana Rappoport, Laurent Searle, Antoine Rosset, Bruno Travers (Jardin du Musée).

  

“Les Grooms”

  par le Théâtre de l’Unité 

 (Tours Narbonnaises).

  

“Cabinet de Curiosités”

 par le Théâtre de l’Unité 

 (Tours Narbonnaises).

  

“Le Réveil du Peuple”

  création, de Guy Vassal, mise en scène de Roger Cornillac, interprété par le T.P.C.Compagnie Guy Vassal, décors et costumes de Jean-Denis Vivien, musique de Jean-Louis Mechali. Avec Marc Bassler (Etienne), Bruno Allain (Jean), Benoist Brione (Paul), Jean-Claude Sachot (Barthélémy), Béatrice Delavaux (Catherine), Marie Henriau (Clémence), Joëlle Marelli (Emeline), Jean Turpin (Sigismond), Roger Cornillac (Gabriel), Jean-François Prevand (Lejeune), François Gamard (Favarel), Guy Vassal, Jacques Brun, Marc Baylet, Mathilda Petelot, Denise Boulet, Stéphane Facco (Grand Théâtre).

  

“La 2CV Théâtre”

  par le Théâtre de l’Unité

  (Place du Pilori).

 

“La Femme Chapiteau”

  par le Théâtre de l’Unité 

 (Douves Château Comtal).

  

“La Guillotine”

 (Place du Pilori).

 

“Frédéric et Voltaire” ou “Une Dispute de Rois”

 création, d’après l’oeuvre de Bernard Da Costa, mise en scène de Michel Boy, costumes Pierre Betoulle, musique Frédéric de Prusse. Avec Michel Boy (Frédéric de Prusse), Marc Chikly (Voltaire).  Tour Narbonnaise.

 

“Allons Enfants”

 création, nouvel embrasement de la Cité, spectacle pyrotechnique par la Société Ephémère et le Théâtre de l’Unité. Avec Jacky Poltri, cascadeur, et la montgolfière 

(Barbacane Château Comtal).

 

“Jacky Poltri”

  (Itinérant Gare SNCF à la Mairie).

 

“Le Mariage” 

 (Mairie et parcours dans la Ville).

FEST89-08.jpg

© Alain Machelidon

 

 “La Bastille Volante”

 création, en 16 tableaux, par le Théâtre de l’Unité, mise en scène de Jacques Livchine et  Hervée De Lafond (Grand Théâtre).

 

“Canta Brasil”

 avec Joao Bosco, Caetano Veloso, Joao Gilberto

  (Grand Théâtre).

 

“Patrick Dupond”

  Ballet Français de Nancy, chorégraphie: Ulysses Dove, musique: Ruggiéri, costumes: Jorge Gallardo. Avec Patrick Dupond, Alexandra Wells, Nancy Raffa, Isabelle Bourgeais, Françoise Baffioni, Gilles Stellardo, Thomas Klein, Jean-Philippe Alonso, Fabrice Lemire, Anthony Basile. Au programme: 1. “Vespers”, chorégraphie Ulysses Dove, musique “Quorum”, de Mikel Rousse, scénographie: Ulysses Dove, costumes: Ulysses Dove. Avec Thomas Klein, Anthony Basile, Jean-Philippe Alonso, Thierry Coutant, Gilles Stellardo. 2. “Bad Blood”, chorégraphie: Ulysses Dove, musique: Laurie Anderson, scénographie et costumes: Jorge Gallardo. Avec Thomas Klein, Alexandra Wells, Isabelle Horovitz, Valentina Spadoni, Lionel Tardieu, Jean-Philippe Alonso, Thierry Coutant. 3. “White Silence”, création, chorégraphie: Ulysses Dove, musique “The Art of Noise”, décors et costumes: Jorge Gallardo. Avec Patrick Dupond et toute la Compagnie (Grand Théâtre).

 

“Académie de Danse”

 direction artistique Patrick Dupond, danseur Étoile de l’Opéra de Paris, directeur artistique du Ballet Français de Nancy.

 

“L’Orchestre National de Jazz”

 direction musicale Antoine Hervé. 17 musiciens

  (Grand Théâtre).

 

“Concert Philippe Lefebvre et Jean Boyer”

  avec Philippe Lefebvre, Organiste titulaire de Notre-Dame de Paris, directeur du Conservatoire de Lille; Jean Boyer, Organiste titulaire de Saint-Nicolas des Champs à Paris, Professeur au Conservatoire de Lille; les étudiants participant aux cours internationaux d’interprétation, d’improvisation et de facture d’orgue (Basilique Saint-Nazaire).

  

“Académie d’Orgue”

 cours internationaux d’interprétation, d’improvisation et de facture d’orgue, direction Philippe Lefebvre, Jean Boyer, Jean-Loup Boisseau, Maître Facteur d’Orgue.

 

Le départ de G-F Hirsch

Quelques semaines après la fin du Festival 1989, Raymond Chésa prend la décision de ne pas renouveler le contrat qui liait la ville à M. Hirsch. Plusieurs explications sont à avancer...

Une vision comptable d'abord : Samson et Dalila n'a pas attiré les foules ; seuls 600 spectateurs à chaque représentations (deux au total) se sont déplacés. Malgré un spectacle d'une très grande qualité qui fit les gros titres de la presse spécialisée nationale et internationale, avec des stars de l'art lyrique comme Alain Fondary ou Carlo Cassuta, la mairie n'a eu qu'une vision comptable de la culture.  Elle n'a pas souhaité voir qu'un tel festival se construit dans la durée, mais qu'il aurait donné une autre renommée à Carcassonne sur le plan culturel. Le maire a désavoué son adjoint à la culture Jacques Albarel et l'a renvoyé, lui et son ami Georges-François Hirsch. 

Vox populi, vox dei, ensuite : Ce parisien n'a jamais été accepté, car tout ce qui parle pointu à Carcassonne est considéré comme suspect. Sûrement un héritage de Simon de Montfort. Dans le camp du maire, on utilisait comme argument son amitié personnelle avec le président François Mitterrand. Cela ne vole pas très haut à Carcassonne, mais cela hélas nous le savons... Les Carcassonnais on volontairement boudé le festival, prétextant que celui-ci avait été construit pour les étrangers et que par conséquent, ils en étaient exclus. Ils voulaient le retour de l'éclectisme et des variétés.

Georges-François Hirsch fut nommé quelques semaines plus tard à la tête de l'Opéra Bastille. Carcassonne nomma pour le remplacer Paul Barrière, fondateur de la Coupe du monde de rugby à XIII, passionné de tauromachie et entrepreneur de spectacles de variétés.

__________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2015

14/01/2015

La Sainte-Cécile, patronne des musiciens, fêtée à Carcassonne.

Autrefois, l'abondance des sociétés musicales à Carcassonne donnait un relief tout particulier à cet évènement: concerts, repas, bal... Les hommes était unis par la fraternité grâce à la musique qui, c'est bien connu adoucit les moeurs. Aujourd'hui, tout semble si loin... Il semblerait que la fête de la musique à l'initiative de Jack Lang, les 21 juin de chaque années, ait durablement occulté cette tradition. Or, la véritable fête des musiciens est le 22 novembre. Carcassonne disposait au début du XXe siècle d'au moins cinq orchestres d'harmonie: La Société Ste-Cécile, dirigée par M. Mir (55 exécutants); La musique municipale, présidée par le maire Sauzède et dirigée par M. Argaing (80 exécutants); L'Union orphéonique, créé en 1851 et dirigé par M. Michel (45 exécutants, hommes seuls); L'harmonie de La Micheline, présidée par Michel Sabatier et dirigée par son fils Jacques (60 exécutants); L'orphéon de la ville, dirigé par M. Patau (45 exécutants).

2922806824.jpg

La Société Ste-Cécile

créée en 1867 devant le kiosque du square Gambetta. Elle était dirigée en 1896 par Joseph Bondouy et comptait 76 musiciens. Ce nombre déclina au début du siècle suivant.

2120093566.jpg

En 1923, la Société Sainte-Cécile était dirigée par M. Cazelles et avait par président M. Allary.

cécile.jpg

Pour former ces musiciens, la ville comptait également une phlétore de professeurs de musique:

Madame Batut, Jane Bonnet, Justin Bonnet (organiste de St-Michel), Jean Escaffre (organiste de St-Vincent, demeurant 18 rue du quatre septembre), Mlle Estragon, Joséphine Ferrau, Madame Gillon, Michel Mir père (avenue du pont neuf), Michel Mir fils, Madame Moing, Alice et Eléonore Moing, Thérèse et Joséphine Padilla, Mlle Pitot (rue du marché), Joseph Roques (rue V. Hugo), Mlle Saulnier (rue de la République), Justin Scheurer (Square Gambetta), Mlle Marie Théron (28, bd Barbès), François Fargues (49, rue Voltaire) et Mlle Andrieu (21, bd Barbès).

Source:

Annuaire des artistes (Risacher / 1896)

________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2014