27/06/2015

"Marching to Carcassonne", une oeuvre musicale d'Alexander Goehr

Parmi les britaniques qui participent par leurs talents artistiques à la promotion de notre belle Cité de Carcassonne, nous connaissions l'écrivain Kate Mosse à travers son best-seller "Labyrinth". Il y a fort à parier que vous n'ayez jamais entendu parler du compositeur anglais Alexander Goehr, auteur pourtant d'une oeuvre musicale intitulée "Marching to Carcassonne"...

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Alexander Goehr

Né à Berlin le 10 août 1932, il est le fils de Walter Goehr lui-même élève de Schönberg. Sa famille a déménagé en Angleterre alors qu'il n'avait que quelques mois. Il est d'abord un des fers de lance de l'école de Manchester puis il part étudier à Paris en 1955 avec Olivier Messiaen.

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En 2003, Alexander Goehr compose un autoportait qu'il nomme "Marching to Carcassonne op.75". Cette oeuvre est divisée en neuf mouvements: March, Introduction, Invention, Chaconne, March, Night, Burlesque, March et Labyrinth". Cet enregistrement vient de sortir en CD en février 2013 chez Naxos.

Marching to Carcassonne est une oeuvre de musique de pour piano et 12 instruments. Cet opus se compose d'une marche, qui agit presque comme un refrain de ritournelle dans sa réapparition constante, et d'une série d'autres mouvements pour diverses combinaisons d'instruments: une invention, une chaconne, une passacaille "libre", et un burlesque. Il se termine par le mouvement le plus long ("March to Carcasonne, Labyrinth") dans lequel le compositeur met en place une série de barrages routiers qui empêchent le mouvement de la pièce; des fragments de certaines parties réapparaissent et amenent vers la conclusion.

Suivez le lien ci-dessous pour écouter des extraits

http://www.prestoclassical.co.uk/w/217183

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12:23 Publié dans Musique classique | Tags : goehr | Lien permanent | Commentaires (1)

08/05/2015

Le festival de la Cité a bientôt 60 ans (Acte VII)

Le Festival de la Cité en cette année 1988 s'est trouvé un nouveau directeur, en la personne de Georges-François Hirsch, que Jacques Albarel (adjoint à la culture) est allé débaucher à Paris. Cet homme de spectacle administre à cette époque le Théâtre des Champs-Élysées, après un passage à la direction de l'Opéra de Paris. Ce n'est donc pas un perdreau de l'année, mais un homme de très grande qualité possédant un carnet d'adresse et un réseau dans le monde culturel français. Jean Deschamps avait installé Carcassonne dans l'univers du théâtre en concurrence avec Avignon ; Hirsch a pour idée de faire de la Cité une scène lyrique internationale comme Aix-en-Provence. Il se donne pour cela plusieurs années, car on ne fidélise pas un public sans la patience et le soutien financier de la ville. La saison estivale 1988 a été programmée par Jacques Miquel ; le nouveau directeur ne mettra sa pâte que dans celle de l'année suivante.

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Georges-François Hirsch

 

1988

 “Hamlet” 

de William Shakespeare,

 adaptation de Guy Vassal, mise en scène de Jean-Claude Sachot, assistant: Marc Baylet, interprété par le Théâtre Populaire des Cévennes, Compagnie Guy Vassal. Décors et costumes de Jean-Denis Vivien, musique de Christophe Martel avec le concours de Luc de la Ville, pantomime réglée par Pascal Elso, combats réglés par Roger Cornilhac, lumières de Christian Pinaud, régie générale: Vincent Van Tilbeurgh. Avec Philippe Herisson (Horatio), Benoist Brione (Claudius), Bruno Allain (Hamlet), François Gamard (Le Père d’Hamlet), Marie-Claude Mestral (La Reine), Pierre Dourlens (Laerte), Gaston Vacchia (Polonius), Béatrice Delavaux (Ophélie), Guy Vassal (Voltimand), Marc Baylet (Rosencrantz), Stéphane Russel (Guildenstern), Jacques Zabor (Premier Comédien), Bruno Karl Boës (La Reine des Comédiens), Bruno Darl Boës (Fortinbras), Thierry Lherault (Le Sergent), François Gamard (Le Fossoyeur), Mathieu Vassal (L’Apprenti), Guy Vassal (Le Prêtre), Thierry Lherault (Bernardo), Marc Baylet (Francisco), Bruno Karl Boës (Marcellus), Jacques Zabor (Osric), Jacques Bonnin (L’Amabassadeur Anglais). Grand Théâtre.

 

 “Le Roman Comique”

  de Guy Vassal, d’après Scarron.Mise en scène de François Gamard, assistante: Colette Kraffe; interprété par le Théâtre Populaire des Cévennes, Compagnie Guy Vassal. Décors et costumes de Jean-Denis Vivien, musique et illustration sonore de Christophe Martel, Combats réglés par Roger Cornilhac, Conseiller pour la Comedia dell’arte: Nicolas Serreau, lumières: Christian Pinauc, régie générale: Vincent Van Tilbeurgh. Avec Béatrice Delavaux (Etoile), Philippe Herisson (Destin), Jenny Bellay (Mme Rose), Léa Gabriele (Angélique), Marc Baylet (Bastien), Marc Zabor (M. Paul), Pierre Dourlens (La Rappinière), Atmain Khélif (Le Maçon), Bruno Allain (Léandre), Gaston Vacchia (La Rancune), Jean-Claude Sachot (Ragotin), Benoist Brione (Valleran), François Gamard (Saldagne), Colette Kraffe (Mme Saldagne), Bruno Karl Boës (Le Zanni), Thierry Lherault, Marc Baylet, Colette Kraffe, Mathieu Vassal, Atmain Khelif (Marquis et Serviteurs). Grand Théâtre.

 

 “Charles Aznavour”.

Grand Théâtre

 

 “Requiem, op.48”

  de Gabriel Fauré

  par l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, le Choeur Régional Midi-Pyrénées, les Choeurs de Carcassonne, les Choeurs du Lauragais. Direction: José Aquino. Première partie: 1°. Henri Purcell: Marche et canzona pour les funérailles de la Reine Mary; 2°. Fanfares liturgiques, de H. Tomasi; 3°. Suite pour deux cors et orchestre en Fa majeur, de Télémann. Grand Théâtre.

 

“Magnificat”

de Jean-Sébastien Bach. Ensemble Mosaïques, directeur: Christophe Coin, Choeurs Philippe Herreweghe, direction: Franz Brüggen. Au programme:  J.S. Bach: “Deutsches Magnificat BWV 10”; “Ouverture n° 3 en Ré majeur BWV 1068”; “Magnificat en Ré majeur BWV 243”. Basilique Saint-Nazaire.

 

“Carmina Burana”

 de Carl Orff, chorégraphie de John Buttler; “Le Boléro”, de Maurice Ravel, chorégraphie de Maurice Béjart. Avec Eric Vu An, danseur de l’Opéra de Paris. Les Solistes et les Artistes du Ballet du Rhin. Directeur: Jean Sarelli. Grand Théâtre. 

 

“Johnny Hallyday”

  Stade Albert Domec.

 

 “Patrick Dupond”

  danseur Étoile de l’Opéra de Paris, et le Ballet Français de Nancy. Au programme: “Faits et Gestes”, création d’Ulysses Dove,musique de Robert Ruggieri, chorégraphie d’Ulysses Dove, costumes de Jorge Gallardo; “Démago-Mégalo”, chorégraphie de Patrick Dupond, musique: Final de la 7ème Symphonie de Beethoven; “Symphonie en D”, musique de Joseph Haydn, chorégraphie de Jiri Kilyan, scénographie de Tom Schenk; “Don Quichotte pas de deux”, musique de Léon Minkus, chorégraphie d’après Marius Petipa; “Tchaikovsky pas de deux”, musique de Piotr Ilyich Tchaïkovsky, chorégraphie de George Balanchine. Grand Théâtre.

 

 “Michel Jonasz”.

Grand Théâtre.

 

 “Roméo et Juliette”

  d’Hector Berlioz, version Oratorio. Symphonie Dramatique opus avec Solistes, Orchestre National du Capitole de Toulouse, Choeur Régional de Midi-Pyrénées, Choeurs de Carcassonne, Choeurs du Lauragais, Choeurs de l’Armagnac, sous la direction de José Aquino. Direction: Michel Plasson.Solistes: Hanna Schaer, Alain Vanzo, Jules Bastin.

 

“Tango Mémoire de Buenos Aires”

  chorégraphie de la Compañia del Sol, costumes de Graciela Galan, mise en scène de Laura Yusem, coordination musicale : Juan Cedron, Miguel Praino. Avec 19 artistes musiciens et danseurs dont le Cuarteto Cedron. Avec Antonio Agri, Juan-Jose Mosalini, Gustavo Peytelman. Grand Théâtre

 

 “Miles Davis”. 

 Grand Théâtre.

 

1989

Dans cette saison 1989, l'opéra ouvre le Festival avec le chef d'oeuvre de Camille Saint-Saens qui fait son retour à la Cité après cent ans d'absence. A partir de cette date, à quelques exceptions près, un opéra lancera la programmation estivale. Nous le devons donc à G-F Hirsch. Notons le retour des petites scènes dans toute la ville (Tours Narbonnaises, Cour du Midi, place Carnot et Egenfelden, Cour du Musée...) avec des spectacles itinérants. Les spectacles de variétés n'apparaissent plus dans le programme pour revenir à l'essence même d'un festival, ayant une thématique motivée par des choix artistiques et créatifs. Le directeur a en ligne de mire les subventions dont pourrait bénéficier le Festival de la part du Ministère de la culture, auprès duquel il bénéficie de nombreux et solides appuis. Cette année 1989 est marquée par le bicentenaire de la Révolution française, avec "La bastille volante" et un embrasement de la Cité pour une fois mis en musique. Autre fait marquant, la création d'une Académie de danse durant le Festival animée par le danseur étoile Patrick Dupond.

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© Alain Machelidon

 

“Samson et Dalila” 

Opéra en 3 actes et 4 tableaux, poème de Ferdinand Lemaire, musique de Camille Saint-Saëns, direction musicale Michel Plasson, mise en scène de René Terrasson, chorégraphie de Joseph Russillo, décors et costumes d’Isabel Echarri et Diego Etcheverry, coproduction Festival de Carcassonne-Opéra du Rhin-Théâtre du Capitole. Avec Carlo Cossutta, ténor (Samson), Chantal Dubarry, mezzo contr’alto (Dalila), Alain Fondary, baryton (Le Grand Prêtre de Dagon), Vincent Le Texier, basse (Abimelech, Satrape de Gaza), Jean-Jacques Cubaynes, basse (Un vieillard Hébreu), Guy Gabelle, ténor (Un messager Philistin), Roger Trentin, ténor (Premier Philistin), Gérard Desroches, basse (Deuxième Philistin). Orchestre National du Capitole de Toulouse, Centre Chorégraphique National de Toulouse, Ballet Théâtre Joseph Russillo. Choeurs du Capitole, Choeurs de Carcassonne. Chefs de Choeurs: Marcel Seminara et Jacques Miquel (Grand Théâtre).

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Les choeurs de Carcassonne avec à l'extrême droite, Jacques Miquel et G-F Hirsch. A l'extrême gauche, on reconnaît Jean-Louis Bès, actuellement adjoint à la culture de Gérard Larrat.

  

"Mozart au chocolat"

 mise en scène Jacques Livchine et Hervée de Lafond, Scénographe-décorateur: Claude Acquart, direction technique: Didier Mandin. Distribution de l’ensemble des pièces du Théâtre de l’Unité: Mélanie Jackson, Pierre Benusiglio, Francis Vidal, Isabelle Caubere, Erik Thomas, Jacques Auffray, Luc Moreau, Gil Galliot, Jean-Philippe Hemery, SylvainDana Rappoport, Laurent Searle, Antoine Rosset, Bruno Travers (Jardin du Musée).

  

“Les Grooms”

  par le Théâtre de l’Unité 

 (Tours Narbonnaises).

  

“Cabinet de Curiosités”

 par le Théâtre de l’Unité 

 (Tours Narbonnaises).

  

“Le Réveil du Peuple”

  création, de Guy Vassal, mise en scène de Roger Cornillac, interprété par le T.P.C.Compagnie Guy Vassal, décors et costumes de Jean-Denis Vivien, musique de Jean-Louis Mechali. Avec Marc Bassler (Etienne), Bruno Allain (Jean), Benoist Brione (Paul), Jean-Claude Sachot (Barthélémy), Béatrice Delavaux (Catherine), Marie Henriau (Clémence), Joëlle Marelli (Emeline), Jean Turpin (Sigismond), Roger Cornillac (Gabriel), Jean-François Prevand (Lejeune), François Gamard (Favarel), Guy Vassal, Jacques Brun, Marc Baylet, Mathilda Petelot, Denise Boulet, Stéphane Facco (Grand Théâtre).

  

“La 2CV Théâtre”

  par le Théâtre de l’Unité

  (Place du Pilori).

 

“La Femme Chapiteau”

  par le Théâtre de l’Unité 

 (Douves Château Comtal).

  

“La Guillotine”

 (Place du Pilori).

 

“Frédéric et Voltaire” ou “Une Dispute de Rois”

 création, d’après l’oeuvre de Bernard Da Costa, mise en scène de Michel Boy, costumes Pierre Betoulle, musique Frédéric de Prusse. Avec Michel Boy (Frédéric de Prusse), Marc Chikly (Voltaire).  Tour Narbonnaise.

 

“Allons Enfants”

 création, nouvel embrasement de la Cité, spectacle pyrotechnique par la Société Ephémère et le Théâtre de l’Unité. Avec Jacky Poltri, cascadeur, et la montgolfière 

(Barbacane Château Comtal).

 

“Jacky Poltri”

  (Itinérant Gare SNCF à la Mairie).

 

“Le Mariage” 

 (Mairie et parcours dans la Ville).

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© Alain Machelidon

 

 “La Bastille Volante”

 création, en 16 tableaux, par le Théâtre de l’Unité, mise en scène de Jacques Livchine et  Hervée De Lafond (Grand Théâtre).

 

“Canta Brasil”

 avec Joao Bosco, Caetano Veloso, Joao Gilberto

  (Grand Théâtre).

 

“Patrick Dupond”

  Ballet Français de Nancy, chorégraphie: Ulysses Dove, musique: Ruggiéri, costumes: Jorge Gallardo. Avec Patrick Dupond, Alexandra Wells, Nancy Raffa, Isabelle Bourgeais, Françoise Baffioni, Gilles Stellardo, Thomas Klein, Jean-Philippe Alonso, Fabrice Lemire, Anthony Basile. Au programme: 1. “Vespers”, chorégraphie Ulysses Dove, musique “Quorum”, de Mikel Rousse, scénographie: Ulysses Dove, costumes: Ulysses Dove. Avec Thomas Klein, Anthony Basile, Jean-Philippe Alonso, Thierry Coutant, Gilles Stellardo. 2. “Bad Blood”, chorégraphie: Ulysses Dove, musique: Laurie Anderson, scénographie et costumes: Jorge Gallardo. Avec Thomas Klein, Alexandra Wells, Isabelle Horovitz, Valentina Spadoni, Lionel Tardieu, Jean-Philippe Alonso, Thierry Coutant. 3. “White Silence”, création, chorégraphie: Ulysses Dove, musique “The Art of Noise”, décors et costumes: Jorge Gallardo. Avec Patrick Dupond et toute la Compagnie (Grand Théâtre).

 

“Académie de Danse”

 direction artistique Patrick Dupond, danseur Étoile de l’Opéra de Paris, directeur artistique du Ballet Français de Nancy.

 

“L’Orchestre National de Jazz”

 direction musicale Antoine Hervé. 17 musiciens

  (Grand Théâtre).

 

“Concert Philippe Lefebvre et Jean Boyer”

  avec Philippe Lefebvre, Organiste titulaire de Notre-Dame de Paris, directeur du Conservatoire de Lille; Jean Boyer, Organiste titulaire de Saint-Nicolas des Champs à Paris, Professeur au Conservatoire de Lille; les étudiants participant aux cours internationaux d’interprétation, d’improvisation et de facture d’orgue (Basilique Saint-Nazaire).

  

“Académie d’Orgue”

 cours internationaux d’interprétation, d’improvisation et de facture d’orgue, direction Philippe Lefebvre, Jean Boyer, Jean-Loup Boisseau, Maître Facteur d’Orgue.

 

Le départ de G-F Hirsch

Quelques semaines après la fin du Festival 1989, Raymond Chésa prend la décision de ne pas renouveler le contrat qui liait la ville à M. Hirsch. Plusieurs explications sont à avancer...

Une vision comptable d'abord : Samson et Dalila n'a pas attiré les foules ; seuls 600 spectateurs à chaque représentations (deux au total) se sont déplacés. Malgré un spectacle d'une très grande qualité qui fit les gros titres de la presse spécialisée nationale et internationale, avec des stars de l'art lyrique comme Alain Fondary ou Carlo Cassuta, la mairie n'a eu qu'une vision comptable de la culture.  Elle n'a pas souhaité voir qu'un tel festival se construit dans la durée, mais qu'il aurait donné une autre renommée à Carcassonne sur le plan culturel. Le maire a désavoué son adjoint à la culture Jacques Albarel et l'a renvoyé, lui et son ami Georges-François Hirsch. 

Vox populi, vox dei, ensuite : Ce parisien n'a jamais été accepté, car tout ce qui parle pointu à Carcassonne est considéré comme suspect. Sûrement un héritage de Simon de Montfort. Dans le camp du maire, on utilisait comme argument son amitié personnelle avec le président François Mitterrand. Cela ne vole pas très haut à Carcassonne, mais cela hélas nous le savons... Les Carcassonnais on volontairement boudé le festival, prétextant que celui-ci avait été construit pour les étrangers et que par conséquent, ils en étaient exclus. Ils voulaient le retour de l'éclectisme et des variétés.

Georges-François Hirsch fut nommé quelques semaines plus tard à la tête de l'Opéra Bastille. Carcassonne nomma pour le remplacer Paul Barrière, fondateur de la Coupe du monde de rugby à XIII, passionné de tauromachie et entrepreneur de spectacles de variétés.

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14/01/2015

La Sainte-Cécile, patronne des musiciens, fêtée à Carcassonne.

Autrefois, l'abondance des sociétés musicales à Carcassonne donnait un relief tout particulier à cet évènement: concerts, repas, bal... Les hommes était unis par la fraternité grâce à la musique qui, c'est bien connu adoucit les moeurs. Aujourd'hui, tout semble si loin... Il semblerait que la fête de la musique à l'initiative de Jack Lang, les 21 juin de chaque années, ait durablement occulté cette tradition. Or, la véritable fête des musiciens est le 22 novembre. Carcassonne disposait au début du XXe siècle d'au moins cinq orchestres d'harmonie: La Société Ste-Cécile, dirigée par M. Mir (55 exécutants); La musique municipale, présidée par le maire Sauzède et dirigée par M. Argaing (80 exécutants); L'Union orphéonique, créé en 1851 et dirigé par M. Michel (45 exécutants, hommes seuls); L'harmonie de La Micheline, présidée par Michel Sabatier et dirigée par son fils Jacques (60 exécutants); L'orphéon de la ville, dirigé par M. Patau (45 exécutants).

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La Société Ste-Cécile

créée en 1867 devant le kiosque du square Gambetta. Elle était dirigée en 1896 par Joseph Bondouy et comptait 76 musiciens. Ce nombre déclina au début du siècle suivant.

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En 1923, la Société Sainte-Cécile était dirigée par M. Cazelles et avait par président M. Allary.

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Pour former ces musiciens, la ville comptait également une phlétore de professeurs de musique:

Madame Batut, Jane Bonnet, Justin Bonnet (organiste de St-Michel), Jean Escaffre (organiste de St-Vincent, demeurant 18 rue du quatre septembre), Mlle Estragon, Joséphine Ferrau, Madame Gillon, Michel Mir père (avenue du pont neuf), Michel Mir fils, Madame Moing, Alice et Eléonore Moing, Thérèse et Joséphine Padilla, Mlle Pitot (rue du marché), Joseph Roques (rue V. Hugo), Mlle Saulnier (rue de la République), Justin Scheurer (Square Gambetta), Mlle Marie Théron (28, bd Barbès), François Fargues (49, rue Voltaire) et Mlle Andrieu (21, bd Barbès).

Source:

Annuaire des artistes (Risacher / 1896)

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03/01/2015

L'école de piano de Mademoiselle Alay

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Isabelle Alay ou Mlle Alay — comme l'appelaient ses élèves — est un professeur de piano qui a formé pendant plus de trente ans à Carcassonne, un nombre impressionnant de jeunes musiciens. Née en 1927 dans une famille émigrée de la catalogne espagnole, elle perd son père dans un accident de moto en août 1931 ; elle n'a alors que quatre ans. Sa mère devra élever ses quatre enfants dans un pays dont elle ne maîtrise pas tout à fait la langue, en faisant le dur métier de couturière. À cette époque, point d'allocations familiales, d'allocation logement ou de Revenu de Solidarité Active... Quand on n'a pas le sou, difficile d'accéder aux loisirs de l'apprentissage musical comme l'ensemble de la bourgeoisie Carcassonnaise. Pourtant... Il est dans la rue du marché (Rue Tomey) une dame d'une grande générosité — Gabrielle Saulnier — qui va lui enseigner le piano gratuitement. Cette personne qui fut amie de Gabriel Fauré et de Paul Lacombe, tante de l'auteur Jean-Claude Brisville, dispense des cours aux familles bien nées de la ville. Ironie du sort, c'est à leurs enfants qu'Isabelle Alay enseignera le piano, plus tard...

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Après une rencontre avec le futur pianiste concertiste Michel Briguet — alors sous-lieutenant à la caserne Lapérine — Isabelle Alay fonde son école de musique en 1968 au 22, rue de la digue. Précisément dans l'ancien local d'une épicerie de l'Étoile du midi. Elle débute avec peu d'élèves, mais bientôt, la réputation de cette école va faire grossir les effectifs. Parmi ses tout premiers élèves, on retiendra les noms d'Anne-Marie Mazières, Brigitte et Sylvie Bochard, Isabelle de Rochette, Martine Laure...

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Dès l'année 1971, elle organise une audition de piano de ses élèves, au théâtre municipal de Carcassonne. Ce gala sera reconduit chaque année jusqu'au milieu des années 1990. Il ne s'agissait pas d'un simple récital, mais d'une représentation costumée dans laquelle les enfants évoluaient autour d'une histoire préalablement écrite. Isabelle Alay passait des nuits à dactylographier sur sa machine à écrire, le texte narratif de l'histoire et les dialogues que chaque élève devait apprendre. Ceci afin de présenter le morceau qu'il allait interpréter.

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Cette année-là, ce fut les musiques du monde. Les élèves, le drapeau d'un pays différent à la main, incarnaient un compositeur. Les auditions étaient enregistrées sur disque vynil par Georges Savi et chaque élève pouvait ainsi garder un souvenir de son passage.

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Ses élèves participaient également au concours national du Royaume de la musique, fondé en 1947 par Mme Raynaud-Zurfluh. Il passait chaque année par Carcassonne. Les meilleurs d'entre-eux étaient envoyés chez Mme Perrier à Toulouse où ils jouaient devant le concertiste Pierre Sancan. Isabelle Alay organisait également pour ses élèves des déplacements à l'opéra de Montpellier, aux ateliers de fabrication des pianos Rameau à Alès... Tout un univers musical dans une ambiance familiale et amicale.

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Dans cette école, les élèves évoluaient au milieu des chats — compagnons fidèles des artistes. Sur cette photo, on reconnaît Marion Charles et Sophie d'Arzac.

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Nous avons tenté de dresser la liste non-exhaustive des enfants qui furent élèves d'Isabelle Alay. Pensez-donc sur une période de trente ans, c'est quasi impossible...

Bruno Ferrisi, Michel Plasse, Michel Martin, Serge Portella, Frédéric Portella, Bernard de Rochette, Gérard de Rochette, Philippe Berger, Christian Berger, Olivier Martheleur, Arnaud Martheleur, Aude Martheleur, Philippe Cruchandeau, Sénagas, Georges Rives, Marie Rives, Olivier Roux, Jacques Martin, Philippe Dardier, Eric Garcia, Quentin Jaussan, Laurent Monnier, Benjamin Charles, Marion Charles, Brigitte et Sylvie Bochard, Isabelle de Rochette, Evelyne Berger, Catherine Pagès, Patricia Meyrous, Sandrine Lafitte, Laetitia Jollet, Martine Laure, Fanny Virelizier, Aude Buxeda, Elisabeth Morin, Laurence barrou, Laurence Cornet, Gersende Journet, Florence Gianesini, Joelle Loriot, Pascale Pous, Caroline Sawas, Géraldine Calmet, Evelyne Calmet, Brigitte Mauleau, Anne Masson, Laurence Zamith, Gilberte Olive, Hélène Bel, Sylvie Bel, Agnès le Corron, Mireille lestrade, François Luis, Sophie Merau, Sophie Denjean, Marie Parayre, Nathalie Parayre, Isabelle Coll, Véronique Diaz, Barbara Gatin, Bernard Roques, Josiane Barbe, Marie-Aude Dariscon, Cécile Roumiguières, Anouck Abadie, Françoise Gorroz, Cécile de Grenier, Brigitte Labécède, Bernadette Horcholle, C. Authier, Christine Pédron, M. Bisauta, R. Allard, Cathy Fages, Jean-Marie Lezcano, Arielle Thibout, Audrey Laraury, Cathy Subreville, Lionnel Andrieu, Martial Andrieu...

Aujourd'hui, Isabelle Alay vit encore au milieu de ses chats, de ses souvenirs et de son piano... Elle a 87 ans !

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19/12/2014

Le Théâtre municipal Jean Alary est un bijou de l'Art déco des années 1930

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Le théâtre municipal de Carcassonne à l'angle des rues Voltaire et Courtejaire, porte le nom de "Jean Alary", son ancien directeur. Sa construction est récente puisqu'elle s'est terminée en 1935 sous la conduite des architectes Marcel Oudin et Marius Esparseil. L'ensemble du bâtiment de style art déco est classé comme monument historique.

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Le hall d'entrée

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En haut de l'escalier desservant le foyer du public, une peinture du suisse Gustave Louis Jaulmes (1873-1959). Membre de l'Académie des beaux-arts, cet artiste est représentatif de la tendance néo-classique au sein du mouvement Art-déco.

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Le foyer du public au premier étage avec, sur sa gauche, les baies vitrées donnant sur la rue Courtejaire.

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Le détail du balcon du second étage: Une lyre.

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Dans le foyer, une scène champêtre de la Grèce antique que l'on doit à Jean-Noël Garrigues.

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La salle du théâtre est dans une configuration dite "à l'italienne". Elle possède un parterre et trois balcons (le dernier est appelé "le pigeonnier") pour une capacité totale de quelques 800 places. Sur chaque côté se trouvent des loges destinées autrefois aux représentants du conseil municipal ou de la préfecture. D'illustres comédiens et chanteurs ont signé de leur nom le brigadier du théâtre (le brigadier est le nom du bâton servant à frapper les trois coups). Malheureusement, cet objet a été dérobé et se trouve sûrement chez un carcassonnais. Tout comme d'ailleurs les affiches, photographies et autographes des vedettes depuis 1950, volées en 2001 dans le bureau du machiniste Jeannot Resplandy qui les conservait religieusement depuis des années. C'était juste au moment où une entreprise de maçonnerie a effectué des travaux dans le théâtre, l'année de la prise de fonction de l'ancienne directrice, Madame Romieu. Mais, ce n'était que des papiers... a rétorqué la direction, à ce pauvre "Jeannot" tout marri par cette perte inestimable. Sûrement pas perdu pour tout le monde...

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09/12/2014

La musique du compositeur Carcassonnais Paul Lacombe sera jouée prochainement aux États-Unis !

Nous n'avons bien sûr pas attendu l'an de grâce 2014 pour savoir que depuis presque un siècle, les salles de concerts en France boudent la musique romantique de leur pays. Si l'on compte que l'on a laissé peu à peu aux placards les partitions des plus illustres d'entre-eux comme Massenet, Saint-Saëns, Bizet, Chabrier ou Chausson, on trouvera alors normal de point y trouver de Paul Lacombe. Tant et si bien que ce sont presque à chaque fois les mêmes refrains que l'on nous sert dans les concerts... Je n'ai rien contre W.A Mozart mais comme l'a souligné le maître Jacques Charpentier : "on en a fait un alibi culturel". Le moindre trissotin à l'esprit de brochure développé par l'écoute approfondie de Radio Classique, nous vendra les vertus de la bienséance à propos du génie Mozartien. Ce ne sont que billevesées et mondanités de spécialistes des portes ouvertes ! Si l'on considère selon le vieil adage que nul n'est prophète, vous connaissez la suite...

Le pays de Lacombe qu'il a si bien immortalisé dans ces phrases orchestrales, le lui a rendu fort mal. Chabrier, lui, avait compris assez tôt qu'il n'y avait rien à attendre d'Ambert pour devenir célèbre. Si seulement l'auteur de l'Aubade printanière, qui lui valut un succès mondial, s'était attaché à penser à sa postérité, le Larousse qui sème à tous vents, n'aurait pas oublié sa semence musicale dans son encyclopédie. Avec des si, on referait le monde. Certes, mais alors nous supprimerions les critiques parisiens faiseurs de musique aseptisée, les directeurs de salle de concerts à l'âme portée uniquement sur la recette, les éditeurs fossoyeurs de partitions, sans compter les quelques influents argentés habitués aux airs de cocottes des Folies bergères. Ah! J'oubliais le principal... Lacombe aurait-il été Allemand, Anglais ou Italien qu'on l'aurait non seulement joué dans l'un de ses pays, mais grandement programmé dans le nôtre. Le génial Hector Berlioz n'avait-il pas écrit que les Français n'aimaient la musique qu'en fond sonore ?

On ne peut refaire le monde d'hier ; quant à celui d'aujourd'hui, il n'ira pas en s'arrangeant avec la dictature musicale — si l'on peut dire — de l'empirisme auditif galvanisé par les hurleurs de décibels. Aussi, nous ne boudons pas notre plaisir à vous faire savoir que Paul Lacombe sera joué à

Chamber music at the Scarab club

Grosse pointe

(États-Unis d'Amérique / Michigan),

 Dimanche 1er février 2015 à 15 heures.

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On jouera le 3e trio op.134

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Grosse pointe unitarian church

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Merci à la violoncelliste Nadine Deleury (à droite) de m'aider à ressusciter la musique de Paul Lacombe. Dommage qu'il faille aller si loin pour l'entendre...

En écoute ci-dessous une répétition

3e trio op.134

http://www.youtube.com/watch?v=mV1YMIrCX0U

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