10/01/2014

Georges-François Hirsch, directeur du Festival de Carcassonne

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Comme chacun le sait, les choeurs de Carcassonne dirigés par Jacques Miquel ont participé à toutes les éditions du festival de la cité depuis 1979. Ils ont été amenés à renforcer les choeurs professionnels pour les opéras (Carmen en 1990, Faust en 1991...) ou pour les oratorios (Requien de St-Saens, de Mozart, La création de Haydn...). En 1989, la municipalié Chésa nomme Georges-François Hirschà la direction du festival. Ce dernier va vouloir impulser une dynamique lyrique, ayant pour ambition de créer un évènement de renommée internationale semblable à Aix en Provence ou aux Chorégies d'Orange. Le théâtre de la cité est un formidable lieu qui se prête aux plus belles mises en scène et le nouveau direc teur est sous le charme. Il considère, à juste raison, qu'il est sous exploité.

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Georges-François Hirsch est l'homme qui peut tout apporter dans ce Carcassonne où les "estrangers" de la langue d'Oil sont perçus comme des envahisseurs. Simon de Montfort à laissé des traces... Dans ses bagages, le nouveau directeur du festival est à ce moment là l'administrateur de l'Opéra Bastille et à occupé le poste de directeur de l'Opéra de Paris de 1981 à 1983.

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Les 5 et 7 juillet, on donnera l'un des plus beaux opéras du répertoire français: "Samson et Dalila" de Camille Saint-Saens. La distribution est prestigieuse avec Carlo Cossuta, Chantal Dubarry, Alain Fondary, Vincent le Texier, Jean-Jacques Cubaynes... Le metteur en scène est René Terrasson de l'opéra de Strasbourg. Les décors sont créés sur place pour la scène du théâtre et au moment où Samson fait écrouler le temple, les colonnes s'effondrent grâce à un système de vérins. Tout ceci est d'une grande majesté; digne des plus belles scènes lyriques du monde. Le magazine "Opéra international" parlera de ce succès venu de cette petite ville de province. Mais, car il y a toujours un "mais" à Carcassonne....

L'ambition était trop belle et le spectateur n'a rempli la salle qu'au tiers seulement. Soit, environ 600 places par représentations. Il faut du temps pour construire la renommée d'un tel festival et savoir parfois perdre 100 francs pour en gagner plus tard 2000 ou 200000... Quand Raymond Chésa vit les comptes déficitaires et le mécontentement de la majorité de ses administrés, il ferma les robinets. Pourquoi, certains carcassonnais n'étaient pas contents (enfin, toujours les mêmes c'est à dire ceux qui critiquent alors qu'ils ne servent à rien)? Plusieurs raisons à cela... La première, M. Hirsch avait supprimé tous les spectacles de variétés et les habitants n'y ont vu qu'un festival élitiste. La seconde, ce Hirsch était un parisien mondain et parlait avec l'accent pointu dans l'esprit des pleutres. Enfin la troisième, M. Hirsch était forcément un homme de la gauche parisienne, dans l'esprit des fanatiques militants de l'époque. Aussi, G-F Hirsch est reparti et fut nommé par la suite directeur de l'Orchestre de Paris et du Théâtre des Champs-Elysées. Aujourd'hui, il est le directeur du spectacle vivant au Ministère de la culture.

Que serait aujourd'hui notre festival? A vous d'en juger...

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Crédit photo n°3: Alain Machelidon

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

31/10/2013

Henri Daraud, facteur de pianos

La récente fermeture du magasin "Piano Porchez" dans la rue A. Tomey, a sonné le glas du métier de facteur-accordeur de piano dans notre ville. A la fin du XIXe siècle, ils étaient trois à Carcassonne (Gillon, Cauvet et Barbot). Au milieu du XXe, ce fut Henri Daraud (rue Courtejaire) puis Jean-Jacques Trinques (Pianos Porchez) et dans une moindre mesure Claude Serrano (Claude musique, Bd Omer Sarraut), M. Reta (SOS musique, Allée d'Iéna). Il ne s'agit pas de vendre seulement des instruments, faut-il encore avoir été formé pour les réparer et les accorder sans l'aide d'un diapason numérique comme beaucoup aujourd'hui. Un vrai accordeur dispose uniquement d'une clé et de son oreille pour ajuster les cordes du piano à la bonne fréquence. C'est ce qui s'appelle avoir l'oreille absolue; ce qui permet de chanter par exemple un la, sans avoir eu aucune référence harmonique auparavant. Il faut 1h à 1h30 à un accordeur pour équilibrer harmoniquement un piano (75 euros en moyenne) et 3h à un bricoleur qui vous prendra bien plus cher. Ne faites pas accorder vos pianos en cadre bois, cela ne sert à rien! Il y avait autrefois des écoles comme des pianos Pleyel ou Erard qui formaient en 10 ans des facteurs-accordeurs, mais ce temps est révolu... Aujourd'hui la dernière manufacture de pianos se trouve à Alès (Gard), ce sont les pianos Rameau, mais pour combien de temps? Rameau possède l'ancienne marque française Pleyel. Sachez donc que si vous achetez Rameau ou Pleyel, vous faciliterez la production française sérieusement concurrencée par les pianos chinois ou coréens.

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Henri Daraud s'installe comme facteur-accordeur de piano dans la rue A. Ramond (en face Stanislas) où il a son atelier. Le magasin de vente ouvert en 1955, se trouvait à l'angle des rues Ramond et Courtejaire. On y trouvait des partitions et divers autres instruments de musique. Henri Daraud qui était diplômé de chez Erard et Gaveau, était très demandé par tous les artistes qui se produisaient dans le sud de la France. Il est décédé en 1989 et sa fille a repris à sa suite le magasin, pour assurer la vente de disques jusqu'en 2000.

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Une séance de dédicaces chez Daraud, où sont passés de nombreux artistes. Jean-François Daraud est ainsi tombé tout petit dans ce milieu artistique qui fait de lui, le carcassonnais détenteur du plus beau carnet d'adresse d'artistes. C'est lui et J-J Trinques qui ont fondé le musée du piano à Limoux, que la ville de Carcassonne n'a pas souhaité accueuillir à l'époque. Une exposition d'anciens instruments, unique en Europe.
 
A lire:
 
Le piano Pleyel d'un millénaire à l'autre (J-J Trinques / Editions L'Harmattan / 2003)
 
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© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

03/07/2013

Les vents d'anges

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L'organiste Henri Ormières nous communique le programme estival des Vents d'anges.

Chaque samedi à 11h à l'église St-Vincent

6 juillet

Stéphane Bois

(oeuvres de Franck, Vierné, Alain)

13 juillet

Pzemysl Kfinca

(oeuvres de Dvorak, Janacek, Wiederman)

20 juillet

Isabelle Desert

(oeuvres de Franck, Vierné, Widor)

27 juillet

J-B Dupont

 (oeuvres de Wagner, Reger)

18/06/2013

Charles Saulnier (1828-1900), architecte

Charles Saulnier (1828-1900) décide après ses études à l'école spéciale de dessin et des Beaux-arts de quitter la capitale pour le département de l'Aude. Il est nommé vers 1850, architecte d'un département situé à 200 lieues de Paris et dont il ignore presque tout. Pour rejoindre Carcassonne, il lui fallut d'abord prendre le chemin de fer jusqu'à Orléans puis la diligence. Au total, une semaine de voyage avec de nombreux arrêts dans les relais de poste. C'est ce qui fera dire à sa mère: "Tu t'en vas, mais je ne te reverrai plus" et c'est précisément ce qu'il advint. En 1863 il se marie avec une carcassonnaise, Françoise Sarda dont il aura deux enfants Louise et Gabrielle. Nous reparlerons de cette dernière un peu plus tard. On doit à Carcassonne à l'architecte Saulnier, la Caisse d'épargne, la façade du musée des Beaux-arts et la poursuite de la construction du Palais de justice. Dans l'Aude, il a construit les écoles de Alzonne, Lézignan, Roquefère et Cupservies.

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En 1880, il est nommé comme architecte diocésain à la place de Cals et à ce titre procéde à la réhabilitation et à la construction, de nombreux édifices religieux dans le département. Les églises de Preixan, Peyrens, Luc sur Orbieu, Chalabre sont parmi ses réalisations. Il est décédé le 2 décembre 1900 à Carcassonne et inhumé à St-Vincent.

Gabrielle Saulnier

Seconde fille de Charles Saulnier, Gabrielle (1872-1964) est une pianiste et professeur de piano carcassonnaise. Elle a étudié avec Gabriel Fauré et dans les années 1890, elle interprète les pièces pour piano de Paul Lacombe lors des concerts du square Gambetta. Ce dernier lui dédiera même sa 2e valse en sib. Gabrielle Saulnier s'installe alors comme professeur de piano dans la rue du marché (à côté des tissus Henry) et partage l'immeuble avec une confrère, Madame Combes. Toute la bourgeoisie carcassonnaise, prend des cours chez mademoiselle Saulnier. Ne vous méprennez pas, elle donne aussi des cours à des élèves peu fortunés dont elle ne réclame rien. On tient salon chez Mlle Saulnier et au cours d'après-midi musicales, les élèves interprètent des pièces à deux ou quatre mains. Pendant la guerre de 1940, l'école sera le refuge d'intellectuels de passage qui avaient fui la zone occupée. Ce sera le cas de son neveu J-C Briville avec son ami Albert Camus. On y dansait également avec les élèves de l'école Topart dirigée par madame Chausson. Mlle Saulnier invitait aussi de grands pianiste comme Henriette Fauré, élève de Maurice Ravel et Simone Saulnier, élève d'Henrique Granados. Ce sérail artistique a marqué les esprits de beaucoup d'élèves aujourd'hui disparus, fort heureusement ma tante Isabelle Alay qui a fréquenté cette école a pu me rapporter ce témoignage. Elle a eu la chance d'y apprendre le piano malgré les petits moyens d'une mère espagnole, veuve à 24 ans avec quatre enfants à nourrir. A son tour, professeur de piano, elle a emprunté les méthodes et l'esprit de Mlle Gabrielle Saulnier, décédée à 92 ans et inhumée avec son père.

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Le caveau de la famille Charles Saulnier au cimetière St-Vincent de Carcassonne

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28/05/2013

Festival Léon Escalaïs

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Léon Escalaïs fut un grand ténor d'opéra, né à Cuxac d'Aude en 1859. Un site internet fait revivre sa légende et son parcours à travers les plus grandes scènes lyriques internationales.

http://opera.escalais.pagesperso-orange.fr/leon/biographi...

10:44 Publié dans Musique classique | Tags : musique | Lien permanent | Commentaires (1)

16/05/2013

L'opéra et le Carnaval de Limoux

Voilà le sujet d'une thèse en musicologie et sociologie qu'il pourrait être intéressant d'étudier, si cela n'a jamais été fait auparavant. Parmi les nombreux airs musicaux qui accompagnent pendant trois mois les danses des bandes carnavalesques de Limoux, nous avons découvert que certains d'entre-eux étaient tirés du répertoire lyrique. Si ceci n'est évidemment pas propre à cet évènement folklorique, cela témoigne néanmoins du passage de la musique classique, classée à tort comme élitiste, dans la culture populaire. Une chose qui va vous paraître surprenante, c'est que la réciprocité est la plus courante. En effet, de nombreux compositeurs ont utilisé les chants traditionnels comme thèmes principaux dans leurs symphonies, suites pastorales...etc. On retrouve dans l'opéra italien, surtout dans l'orchestration de Guiseppe Verdi, les fanfares qui rythmaient la vie joyeuse des fêtes populaires. Ecoutez donc Rigoletto, Traviata ou Trovatore. Aujourd'hui, c'est le cinéma et la publicité qui reprennent les thèmes de l'opéra. Par exemple, la célèbre marche de Star Wars (La guerre des étoiles) est un copié-collé de celle composée par Prokofiev dans "L'amour des trois oranges". La chanson de Gainsbourg "Lemon incest" est copiée sur le thème de l'Etude en mi mineur de Frédéric Chopin...

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Revenons au Carnaval de Limoux

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Les danses des groupes folkloriques sont accompagnées par une harmonie d'une dizaine d'instrumentistes qui les suit.

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Dans leur répertoire, nous avons retrouvé un air tiré de Fra diavolo, opéra-comique de Daniel François Esprit Auber (1782-1871) composé en 1830. Il s'agit de l'air de Zerline (Acte I, Scène IV): "Voyez sur cette roche..."

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Cet air, écrit par le compositeur sur un rythme de barcarolle et dans la tonalité de sol majeur, donne un aspect champêtre à l'action voulue par le librettiste Eugène Scribe.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour entendre l'extrait

http://www.youtube.com/watch?v=0VlEQwz_mv8

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J'ai réalisé ci-dessus la version que l'on entend au fécos de Limoux. C'est toujours ce rythme de barcarolle, mais cette fois en fa majeur et dans un tempo plus rapide. Cela donne à cet air, une impression bien plus festive que dans l'opéra original.

Cliquez ci-dessous pour entendre l'extrait joué Limoux

http://www.youtube.com/watch?v=8Wk8vWEiJc8

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10:32 Publié dans Musique classique | Tags : limoux | Lien permanent | Commentaires (3)