27/09/2013

Guillaume Almayrac, compositeur carcassonnais

Il y a maintenant six ans une dame me confiait un recueil de partitions pour piano: "Tenez" me dit-elle, "je vous le donne car je sais que vous le conserverez car mes enfants le mettront au feu, il appartenait à mon grand-père qui avait composé toutes ces musiques." "Votre grand-père?" dis-je avec circonspection. "Oui, il s'appelait Guillaume Almayrac. J'ai effectivement gardé ce recueil chez mes parents sans vraiment l'ouvrir pendant tout ce temps, puis mes recherches sur Paul Lacombe m'ont amené à me souvenir de lui. Dernièrement, je m'y suis penché avec davantage d'intérêt. J'ai découvert de nombreuses partitions manuscrites et des épreuves d'éditeur avec des dédicaces. Ainsi, la Valse en fa est-elle dédiée à Paul Lacombe et une autre œuvre à Michel Mir, chef des concerts symphoniques de Carcassonne. J'ai aussitôt lancé mon enquête à la recherche de ce Guillaume Almayrac, afin de connaître un peu sa vie...

1224565258.JPG

Guillaume Almayrac, rentier de son état, était propriétaire de la maison de tissus Almayrac-Canavy qui se trouvait à l'actuel café "Le Lonchamps". Sa famille détenait aussi le château de Villecarla sur la commune de Villedubert, propriété actuelle du chef cuisinier André Pachon.

Il est né dans la seconde moitié du XIXe siècle et est décédé en 1956 à Carcassonne à l'âge de 90 ans. Il est inhumé dans le caveau familial du cimetière Saint-Vincent. Titulaire d'une maîtrise de droit, il parlait couramment le latin et le grec. Je ne sais comment il apprit la musique, mais ses compositions attestent qu'il connaissait fort bien l'écriture musicale. Dans les familles bourgeoises de cette époque, fort nombreux étaient les musiciens amateurs. La vie de Guillaume Almayrac nous renseigne sur l'activité musicale carcassonnaise du début du XXe siècle. Il était cousin avec la famille Gastilleur, également marchand, dont Victor écrivit le texte da la cantate "La cité" composée par Déodat de Séverac pour le premier embrasement de la cité.

257759450.JPG

Sur la façade du "Longchamps", les initiales entrelacées d'Almayrac-Canavy.

3468471667.JPG

La valse en fa, dédiée à Paul Lacombe et éditée chez Decourcelle à Paris. Les partitions de G. Almayrac sont également conservées à la Bibliothèque Nationale de France.

3912142465.jpg

 L'illustration de cette partition de G. Almayrac porte la signature du peintre carcassonnais Jacques Ourtal (1868-1962)

_________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

02/09/2013

La musique de Paul Lacombe sur France 5

Quelle de fut pas ma surprise hier soir, lorsque regardant un documentaire sur France intitulé "Les artistes français sous l'occupation", j'entendis et je vis les élèves du conservatoire de Paris chanter en 1943 "l'Aubade printanière" de notre compositeur carcassonnais Paul Lacombe. Pour ceux qui seraient tentés de faire un raccourci facile avec cette triste période de l'histoire, ce compositeur est décédé en 1927. Voilà donc qui démontre une nouvelle fois aux plus septiques, la notoriété de la musique de Paul Lacombe en dehors de son Carcassonne natal. Carcassonne qu'il chérissait tant et pour laquelle il avait abandonné toute idée de postérité. Elle le lui a d'ailleurs rendu fort mal après sa mort et quatre vingt ans plus tard, rien n'a vraiment changé...

aubade.jpg

Vous pouvez entendre le passage concerné de ce documentaire en cliquant sur le lien ci-dessous.

C'est exactement à la 14'43 minute!

http://www.dailymotion.com/video/xk9f0g_l-occupation-sans...

Ci-dessous, l'Aubade printanière (Version orchestrale)

http://www.youtube.com/watch?v=RjtNoFEL3iI

_______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

03/07/2013

Les vents d'anges

couv.jpg

L'organiste Henri Ormières nous communique le programme estival des Vents d'anges.

Chaque samedi à 11h à l'église St-Vincent

6 juillet

Stéphane Bois

(oeuvres de Franck, Vierné, Alain)

13 juillet

Pzemysl Kfinca

(oeuvres de Dvorak, Janacek, Wiederman)

20 juillet

Isabelle Desert

(oeuvres de Franck, Vierné, Widor)

27 juillet

J-B Dupont

 (oeuvres de Wagner, Reger)

18/06/2013

Charles Saulnier (1828-1900), architecte

Charles Saulnier (1828-1900) décide après ses études à l'école spéciale de dessin et des Beaux-arts de quitter la capitale pour le département de l'Aude. Il est nommé vers 1850, architecte d'un département situé à 200 lieues de Paris et dont il ignore presque tout. Pour rejoindre Carcassonne, il lui fallut d'abord prendre le chemin de fer jusqu'à Orléans puis la diligence. Au total, une semaine de voyage avec de nombreux arrêts dans les relais de poste. C'est ce qui fera dire à sa mère: "Tu t'en vas, mais je ne te reverrai plus" et c'est précisément ce qu'il advint. En 1863 il se marie avec une carcassonnaise, Françoise Sarda dont il aura deux enfants Louise et Gabrielle. Nous reparlerons de cette dernière un peu plus tard. On doit à Carcassonne à l'architecte Saulnier, la Caisse d'épargne, la façade du musée des Beaux-arts et la poursuite de la construction du Palais de justice. Dans l'Aude, il a construit les écoles de Alzonne, Lézignan, Roquefère et Cupservies.

3445224078.jpg

En 1880, il est nommé comme architecte diocésain à la place de Cals et à ce titre procéde à la réhabilitation et à la construction, de nombreux édifices religieux dans le département. Les églises de Preixan, Peyrens, Luc sur Orbieu, Chalabre sont parmi ses réalisations. Il est décédé le 2 décembre 1900 à Carcassonne et inhumé à St-Vincent.

Gabrielle Saulnier

Seconde fille de Charles Saulnier, Gabrielle (1872-1964) est une pianiste et professeur de piano carcassonnaise. Elle a étudié avec Gabriel Fauré et dans les années 1890, elle interprète les pièces pour piano de Paul Lacombe lors des concerts du square Gambetta. Ce dernier lui dédiera même sa 2e valse en sib. Gabrielle Saulnier s'installe alors comme professeur de piano dans la rue du marché (à côté des tissus Henry) et partage l'immeuble avec une confrère, Madame Combes. Toute la bourgeoisie carcassonnaise, prend des cours chez mademoiselle Saulnier. Ne vous méprennez pas, elle donne aussi des cours à des élèves peu fortunés dont elle ne réclame rien. On tient salon chez Mlle Saulnier et au cours d'après-midi musicales, les élèves interprètent des pièces à deux ou quatre mains. Pendant la guerre de 1940, l'école sera le refuge d'intellectuels de passage qui avaient fui la zone occupée. Ce sera le cas de son neveu J-C Briville avec son ami Albert Camus. On y dansait également avec les élèves de l'école Topart dirigée par madame Chausson. Mlle Saulnier invitait aussi de grands pianiste comme Henriette Fauré, élève de Maurice Ravel et Simone Saulnier, élève d'Henrique Granados. Ce sérail artistique a marqué les esprits de beaucoup d'élèves aujourd'hui disparus, fort heureusement ma tante Isabelle Alay qui a fréquenté cette école a pu me rapporter ce témoignage. Elle a eu la chance d'y apprendre le piano malgré les petits moyens d'une mère espagnole, veuve à 24 ans avec quatre enfants à nourrir. A son tour, professeur de piano, elle a emprunté les méthodes et l'esprit de Mlle Gabrielle Saulnier, décédée à 92 ans et inhumée avec son père.

561931559.jpg

Le caveau de la famille Charles Saulnier au cimetière St-Vincent de Carcassonne

______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013

28/05/2013

Festival Léon Escalaïs

PROGRAMME festival2.jpg

Léon Escalaïs fut un grand ténor d'opéra, né à Cuxac d'Aude en 1859. Un site internet fait revivre sa légende et son parcours à travers les plus grandes scènes lyriques internationales.

http://opera.escalais.pagesperso-orange.fr/leon/biographi...

10:44 Publié dans Musique classique | Tags : musique | Lien permanent | Commentaires (1)

16/05/2013

L'opéra et le Carnaval de Limoux

Voilà le sujet d'une thèse en musicologie et sociologie qu'il pourrait être intéressant d'étudier, si cela n'a jamais été fait auparavant. Parmi les nombreux airs musicaux qui accompagnent pendant trois mois les danses des bandes carnavalesques de Limoux, nous avons découvert que certains d'entre-eux étaient tirés du répertoire lyrique. Si ceci n'est évidemment pas propre à cet évènement folklorique, cela témoigne néanmoins du passage de la musique classique, classée à tort comme élitiste, dans la culture populaire. Une chose qui va vous paraître surprenante, c'est que la réciprocité est la plus courante. En effet, de nombreux compositeurs ont utilisé les chants traditionnels comme thèmes principaux dans leurs symphonies, suites pastorales...etc. On retrouve dans l'opéra italien, surtout dans l'orchestration de Guiseppe Verdi, les fanfares qui rythmaient la vie joyeuse des fêtes populaires. Ecoutez donc Rigoletto, Traviata ou Trovatore. Aujourd'hui, c'est le cinéma et la publicité qui reprennent les thèmes de l'opéra. Par exemple, la célèbre marche de Star Wars (La guerre des étoiles) est un copié-collé de celle composée par Prokofiev dans "L'amour des trois oranges". La chanson de Gainsbourg "Lemon incest" est copiée sur le thème de l'Etude en mi mineur de Frédéric Chopin...

France-Carnaval_Limoux_2.jpg

Revenons au Carnaval de Limoux

img243.jpg

Les danses des groupes folkloriques sont accompagnées par une harmonie d'une dizaine d'instrumentistes qui les suit.

img244.jpg

Dans leur répertoire, nous avons retrouvé un air tiré de Fra diavolo, opéra-comique de Daniel François Esprit Auber (1782-1871) composé en 1830. Il s'agit de l'air de Zerline (Acte I, Scène IV): "Voyez sur cette roche..."

img245.jpg

Cet air, écrit par le compositeur sur un rythme de barcarolle et dans la tonalité de sol majeur, donne un aspect champêtre à l'action voulue par le librettiste Eugène Scribe.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour entendre l'extrait

http://www.youtube.com/watch?v=0VlEQwz_mv8

img246.jpg

J'ai réalisé ci-dessus la version que l'on entend au fécos de Limoux. C'est toujours ce rythme de barcarolle, mais cette fois en fa majeur et dans un tempo plus rapide. Cela donne à cet air, une impression bien plus festive que dans l'opéra original.

Cliquez ci-dessous pour entendre l'extrait joué Limoux

http://www.youtube.com/watch?v=8Wk8vWEiJc8

_______________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2013