03/01/2017

Disparition du patrimoine communal dans la rue Armagnac

Nous avions signalé en 2014 la disparition soudaine d'une plaque commémorative en l'honneur de l'académicien Fortunat Strowski, au 22 rue Antoine Armagnac. On peut dire sans crainte, que cet acte de malveillance ne suscita pas d'émoi auprès des autorités en charge du patrimoine communal. Il est vrai que cet historien de la littérature, essayiste et critique littéraire, professeur à la faculté des lettres de Paris n'est pas le plus connu des Carcassonnais. C'est pourtant dans notre ville qu'il vit le jour le 16 mai 1866, au 20 rue du Port (22, rue Armagnac). Si nos édiles d'aujourd'hui ne connaissent pas Fortunat Strowski, leurs prédécesseurs en revanche avaient pris soin d'honorer sa mémoire en 1952. Nous verrons comment...

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La plaque en l'honneur de l'académicien

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© ADA 11

Acte de naissance

Alexandre - le père du jeune Joseph Fortunat - était professeur d'Anglais au Lycée Impérial de Carcassonne. Son fils entra en 1885 à l'Ecole Normale Supérieure à 19 ans. L'année suivante, il devint docteur es-lettres. Successivement professeur aux lycées d'Albi, Montauban, Nîmes, il exerça ensuite à la Faculté des Lettres de Bordeaux, puis à la Sorbonne. Envoyé en mission en Italie en 1919, en Pologne en 1920 et au Canada en 1921, il fut chargé de mission et de cours à l'Université de Colombia en 1924-1925. En 1926, il a été élu membre de l'Institut de France au titre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques. Il est décédé à Neuilly-sur-Seine le 11 juillet 1952.

Je vous rassure la biographie ci-dessus n'a pas été copiée sur Wikipédia.

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La maison natale de Fortunat Strowki, actuellement sans la plaque

On pourrait polémiquer à loisir sur l'indigence du petit patrimoine Carcassonnais, mais nous n'en ferons rien. En vérité, c'est bien plus grave que cela. On pourrait s'entendre dire que cette plaque avait dû être posée par quelques admirateurs, membres d'une quelconque société savante de la ville. Or, cette fois ce chapelet d'objecteur des mauvaises consciences ne peut être soutenu. Il s'agit ni plus ni moins d'un acte répréhensible par loi, qui envoie au tribunal toute personne s'en prenant aux biens municipaux. Oui ! le propriétaire de l'immeuble - si, c'est lui - doit restituer l'objet déposé.

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Joseph Fortunat Strowski

 Par délibération du Conseil municipal de Carcassonne en date du 26 décembre 1952, la ville de Carcassonne décide d'honorer la mémoire de Fortunat Strowski et de Joë Bousquet. Elle fait apposer deux plaques : l'une au 22 rue Armagnac et l'autre, rue de Verdun sur la maison du poète J. Bousquet. Voilà donc ce que j'ai découvert lors de mes recherches dans les annales des délibérations municipales. 

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La plaque à Joë Bousquet est encore en place sur la façade de sa maison.

Bien entendu, nous demandons à la municipalité de Carcassonne - si cela n'est pas fait - de faire procéder à la remise en place de cette plaque. Sûrement en pure perte, car il probable qu'elle ait déjà visité la poubelle.

Source

Délibération Conseil municipal / 26 décembre 1952

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13/12/2016

Les premiers voyages en ballon au-dessus de Carcassonne

A Carcassonne, au XIXe siècle, sous la monarchie, le Second Empire et la IIIe République eurent lieu plusieurs ascensions d'aéronefs toujours suivies avec enthousiasme par la population. Mme Lartet, jeune aéronaute, de passage dans notre ville annonce par voie de presse son intention de présenter une de ses expériences aérostatiques. Le dimanche 13 octobre 1844, dans la matinée, nombreux sont les carcassonnais qui attendent dans la cour du collège que le spectacle commence; celui-ci est payant: 1frs les premières, 50 centimes les secondes et 25 centimes pour les enfants. L'aéronaute monte dans la nacelle; le ballon libéré de ses entraves s'élève rapidement sous les applaudissements de la foule. Le beau temps et une légère brise d'ouest favorisent l'ascension du ballon qui prend de la hauteir et survole la ville. Les carcassonnais sortent de leurs maisons et envahissent les rues levant leurs regards ébahis par la nouveauté de l'évènement. Après avoirt plané au dessus de l'hôtel de la Préfecture, le ballon est arrêté par la haute frondaison des platanes de la promenande, ce qui oblige Mme Lartet à poser non sans difficulté son aéronef. Un cabriolet attend l'aéronaute qui est entourée par les curieux massés sur le boulevard et sur la grande route et qui l'acclament.

14 mai 1859

Dans le cadre de l'exposition florale et du concours régional agricole mettant en valeur les produits de l'agriculture audoise, de grandes fêtes eurent lieu au cours du mois de mai 1859. Une des attractions, très appréciée par les visiteurs de l'exposition fut l'ascension le 14 mai d'un ballon gonflé au gaz d'éclairage fourni par l'usine à gaz. l'aérostat était piloté par M. Godard.

21 novembre 1869

(Toulouse - Limoux)

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Eugène Godard par Nadard

Le dimanche 21 novembre 1869, le ballon "Ville de Florence" dirigé par Eugène Godard partit de Toulouse pour rejoindre 100 kilomètres plus loin, la ville de Limoux. Dans sa nacelle avaient pris place M. de Séverac, Louis Aristide et A. Duportal, journaliste à "La fraternité". Voici ci-dessous le récit de cette aventure :

" Ce fut un avertissement pour l'aéronaute qui comprit que, pour éviter le vent qui soufflait du nord-ouest, il y avait nécessité d'enlever son ballon aussi rapidement et aussi verticalement que possible. Il le lesta en conséquence, et à peine avions-nous pris place dans l'étroite nacelle avec nos compagnons de voyage, que nous fûmes enlevés avec la rapidité de la flèche. Je m'inclinai vers la terre pour répondre aux acclamations de nos amis ; mais je les avais déjà perdus de vue ; quinze cents mètres d'élévation nous séparaient, te l'immense panorama de Toulouse et de la vaste plaine qui l'entoure se développaient au-dessus de nous.

En trois minutes, nous étions au-dessus du Grand-Rond ; en six, nous planions sur le Pont des Demoiselles. La place du Capitole nous paraissait bien grande comme mon salon ; l'allée Lafayette, dont nous ne distinguions même pas les arbres, aurait pu facilement être confondue avec une de ces rues étroites que nous nous sommes pris à tant aimer depuis qu'on nous en fait, à Toulouse, de monumentales. Le Boulingrin, enfin, avec ses allées convergentes se manifesta à nous pour ce qu'il est en réalité, une des dépendances de cet inutile palais du maréchal, qui lui-même avait bien l'apparence d'un gâteau de Savoie réussi.

Nous prîmes donc la direction que nous imprima le vent de nord-ouest, avec une vitesse d'environ un kilomètre par minute, et du même coup nous nous élevâmes à une hauteur de deux mille mètres environ. Nous suivions la ligne du Canal du midi, qui serpentait au-dessous de nous comme un ruban vert et dont les barques ne nous semblaient pas dépasser la dimension de petits navires que les babys parisiens livrent à la navigation douteuse des bassins des Tuileries ou du Palais-Royal. Nous aperçûmes bientôt, serpentant péniblement sur la voie-ferrée, un train qui ressemblait à s'y méprendre à ces chemins de fer qui illustrent les coucous d'Allemagne. Nous l'atteignîmes et le dépassâmes avec fanfaronnade sans avoir, hélas ! rien fait pour cela. 

Arrivés au-dessus de l'écluse de Castanet à 3h30, c'est-à-dire 49 minutes après notre départ, nous pûmes, grâce à quelques rayons de soleil, contempler à l'aise la splendeur du paysage. On se ferait difficilement une idée de la douceur des tons que prend, à cette distance, la terre si bien cultivée des plaines du Lauragais. Toutes les aspérités du sol disparaissent et ses confondent d'harmonieux polygones aux milles nuances diverses les plus fantaisistes, les plus chatoyantes. La terre elle-même, vue à 2500 mètres de hauteur tourne visiblement au joujou. 

A 3h45, nous passions sur Baziège ; à 3h52 en face de Villenouvelle ; à 3h58 sur Gardouch ; à 4h10 en face d'Avignonet. De la plupart de ces villages, nous aperçûmes grouiller comme des points noirs quelques grains de poussière, c'était la population qui se pressait dans les rues, sur les places pour nous voir passer.Nous montions, en effet, dans ce  moment à une vitesse très grande. Nous nous en aperçûmes au froid très vif qui pénétra tous nos membres, et qui devint surtout très sensible aux pieds, directement en contact avec le plancher à jour de la nacelle. J'interrogeai l'horizon et j'aperçus simultanément les clochers de Toulouse et de Castelnaudary, pendant que, dans une direction perpendiculaire, j'entrevoyais d'un côté Sorèze et de l'autre, la plaine de Pamiers. Nous étions en regard d'Avignonet. A compter de ce moment, nous quittâmes la ligne du Canal du midi et fûmes dirigés vers les montagnes de l'Ariège et du Haut-Razès.

Laissant Castelnaudary à notre gauche vers 4h20, nous nous trouvâmes planer sur des régions totalement inconnues à chacun de nous et dont le relief, évidemment très accidenté, apporta un attrait inattendu à notre pérégrination aérienne. Je ne crois pas qu'il existe un meilleur moyen de se rendre compte des phénomènes qui ont présidé à la configuration de la terre que de s'élever à une hauteur suffisante pour en saisir matériellement la forme, non plus par des instruments de la science, mais de visu et avec la brutalité parlante du fait lui-même. 

"Je n'aperçois pas, nous dit Godard, à travers ce pays montagneux, désert et désolé, où je pourrai trouver un petit plateau pour opérer notre descente." Le vent nous poussait heureusement avec une force nouvelle, et lorsque à 4H40 nous passâmes au-dessus d'une petite ville que nous avons su depuis être Mirepoix ; nous comprîmes, ou plutôt avec le flair qui le sert si bien, M. Godard comprit qu'à l'abri des montagnes qui s'élevaient devant nous, nous rencontrerions les conditions d'une bonne descente.

"Voilà notre affaire ! dit Godard. Nous allons toucher terre dans cette petite plaine qui longe ce fleuve." Et soulevant par deux ou trois fois la soupape, après avoir progressivement jeté tout son lest, - avec la même rapidité qui nous avait enlevés, avec la précision scrupuleusement exacte du point désigné - la Ville de Florence s'abattit doucement dans un champ à 25 mètres de l'Aude.

Là nous attendait la seule émotion un peu sérieuse de notre navigation. La descente est toujours la grosse affaire d'un voyage en ballon. La nôtre se compliqua d'un rafale. La nacelle avait à peine touché terre sous la double influence du câble de frein et de l'ancre, que notre ballon, violemment agité et presque ramené à une situation horizontale, comme il l'avait été, avant le départ, dans la cour des Jacobins, s'éleva de nouveau et rasant terre nous porta à une trentaine de mètres, où une secousse, plus violente que la première, mit fin à notre intéressante et très heureuse navigation. Il était 4h49 et la nuit commençait à tomber.

Les paysans du voisinage accoururent. Plusieurs traversèrent l'Aude à gué pour venir à nous. Notre premier soin fut de leur demander où nous étions - A Pieusse, à deux kilomètres de Limoux, nous fut-il répondu. Et quand en échange de ce précieux renseignement, nous racontâmes à ces braves gens que nous venions de Toulouse, que nous en étions partis depuis 1 heure 40 à peine, leur étonnement fut tel, qu'ils restèrent longtemps à considérer cette vérité comme une mystification de citadins.

Nous courûmes à Limoux et au télégraphe ; et le soir, la ville de Limoux, aguerrie contre les émotions et l'imprévu depuis les élections dernières, comptait une légende de plus dans son histoire. Quelques amis réunis à notre occasion festoyaient en même temps que le voyageur et le journaliste dont le nom est au bas de ces lignes. Le lendemain matin, au point du jour, nous faisions le voyage irréalisable de la chanson de Nadaud, et partis de Limoux sans attendre l'heure extrême de son héros, nous pouvions juger des contrastes en passant deux grosses heures dans un omnibus apocalyptique... Mais nous avions vu Carcassonne.

Eugène Godard fut un constructeur de ballon de grande renommée. Jules Verne d'accompagna dans ses voyages. Surnommé l'aéronaute de l'Empereur, il créa les ballons postaux qui survolèrent la capitale pendant le blocus de la guerre de 1870. En 1886, il inventa le dynamiteur des airs. Il s'agissait d'un dirigeable capable de s'élever suffisamment haut pour éviter les balles ennemies.

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Gonglement des ballons à l'usine à gaz

2 janvier 1870

Le dimanche 2 janvier 1870, M. Eugène Godard propose aux Carcassonnais un voyage aérien ; les amateurs de sensations fortes "pour faire une visite aux étoiles" sont nombreux. Les premiers inscrits auront le privilège de monter dans la nacelle du ballon "Ville de Florence". Le grand jour arrive, les curieux se rendent en foule place Sainte-Cécile (Square Gambetta). La musique de la ville anime catte attraction. M. Godard fait monter dans la nacelle MM. Miquel, Bastouil, Jules Sauzède, Paul Lacombe et Déodat de Séverac. Après s'être débarassé des sacs de sable excédentaires, M. Godard ordonne le "lâchez tout" et le ballon libéré de ses attaches s'élève majestueusement au-dessus de la ville. Un des passagers raconte: "La terre semble nous fuir et un panorama splendide s'agrandit progressivement à nos yeux. la foule qui couvre la place Sainte-Cécile, la route et le Pont-Neuf ressemble à de vraies fourmilières".

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Photomontage réalisé par Malbret, photographe.

"L'aérostat, poussé par un léger vent d'ouest, se dirige vers la Cité; il passe successivement au-dessus de l'Aude et du faubourg de la Barbacane; à 1000 mètres environ d'altitude, il aborde la forteresse par la tour carrée de l'Évêque et la quitte passant entre la tour du Moulin du Midi et la tour Saint-Nazaire. L'aérostat descend à 50 mètres du sol, remonte à 800 mètres; le vent pousse le ballon vers Palaja et au-delà vers la Cavayère. M. Godard décide de se poser. Apercevant un paysan dans un pré, il lui crie de saisir la corde qu'il lui lance; l'homme tire si fort que la nacelle touche les branches d'un arbre, le ballon remonte et va tout doucement se poser au milieu d'un grand champ. Le ballon se dégonfle petit à petit et se couche sur le flanc; les passagers descendus de la nacelle voient arriver un cavalier; c'est un colonel du 7e chasseurs qui vient saluer les courageux aéronautes. Il leur propose de les reconduire dans la voiture qui les attend à Palaja. La ballon et la nacelle sont chargés sur une charette tirée par des boeufs. De retour à Carcassonne, un banquet réunit tous les acteurs de cette équipée à l'Hôtel Bernard; repas au cours duquel de nombreux toasts sont portés en l'honneur de M. Godard." (H. Alaux / Carcassonne, ta ville / 2002)

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© ADA 11

A Carcassonne, d'autres ascensions eurent lieu au cours de la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle; citons en deux: Le dimanche 31 mai 1885, le ballon "Le Zéphire" gonflé au gaz d'éclairage, piloté par le capitaine Théodore Armand, s'éleva de la place d'armes (actuelle place de Gaulle); enfin le dimanche 13 août 1902, fut lancé le ballon "Pont d'Artigues" à l'occasion de la fête du quartier du même nom.

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01/12/2016

Le bureau de l'Octroi près de la gare SNCF

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A l'instar de nombreuses villes françaises, Carcassonne possédait ses bureaux de l'Octroi. Cette contribution indirecte hérité de l'Ancien régime, permettait aux municipalités de prélever un impôt sur les marchandises transitant sur leur commune. L'Octroi a l'architecture plus ou moins réussie, était placé à l'entrée des villes, mais la suppression de cette taxe par décret le 2 juillet 1943 entraînera le plus souvent la destruction de ces bâtiments.

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A Carcassonne, l'un des bureaux de l'Octroi se trouvait à l'entrée devant la gare de chemin de fer. Il a été rasé après la Seconde guerre mondiale.

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Employés de l'Octroi de Carcassonne vers 1900

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09:11 Publié dans Patrimoine disparu | Tags : octroi | Lien permanent | Commentaires (0)

30/11/2016

Le nivellement des savoirs conduit au nivellement des esprits

Après l'édition 1978 du Festival de la Cité de Carcassonne, la municipalité ne renouvela pas le contrat qui la liait avec avec Jacques Echantillon, alors directeur de cet évènement culturel estival et des Tréteaux du Midi.

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Affiche du Festival 1978

Il fut fondé le 30 octobre 1978, un Conseil communal de la culture chargé des mettre sur pied les programmations en relations avec l'ensemble des acteurs de la culture locale. La mission de cette association avait pour buts de :

Favoriser la pratique culturelle des citoyens dans une activité artistique ou scientifique; offrir aux associations des lieux de travail et d'expression; associer les associations à la programmation de certaines opérations culturelles d'envergure; aider les associations techniquement, et parfois financièrement, pour la réalisation de manifestations; agent de développement culturel et force pour obtenir de l'Etat et des collectivités leur contribution à ce développement.

L'idée de confier l'élaboration des projets culturels de Carcassonne à une structure de type associatif regroupant l'ensemble des promoteurs artistiques locaux, germait depuis 1976. Cette année là, la municipalité évoquait la création d'un service d'intervention culturel et de coordination. Le 30 novembre 1977, le conseil municipal entérine sa création. Le 30 mars 1978, une assemblée générale constitutive est chargée de rédiger les statuts du Conseil communal de la culture. Quinze jours après, le conseil d'administration est élu et le 9 juin 1978, M. Léon Collot désigné comme Président.

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Gilles Durupt

En septembre 1978, le Conseil communal de la culture recrute Gilles Durupt comme directeur ; le 12 octobre, il entre en fonction et un programme d'activités sera mis en place le mois suivant.

Conseil d'administration

MM. Léon Collot, Julien Arletaz, Gérard Clavet, Jean Planson, Daniel Iché, Jean Guilaine, Jacques Miquel, Jean-Pierre Sarret, Jean Valdeyron, Simon Peyras, Jean Auzias, Joseph Dovetto, René Martimort, André Deville, Eric Mandicourt.

Mesdames Aimée Delpy, Ketty Dolbert-Dubois, Suzanne Carbou, Régine Callat.

Direction culturelle

MM. Gilles Durupt, Charles Bourely, Jean-Robert Grozay, Jean Alary, René Descadeillas.

Associations membres du C.C.C

Auberge de jeunesse, FLEP de Grèzes-Herminis, FJEP du Viguier, Francs et Franches camarades, MJC, Association des amitiés franco-chinoises, Centre d'études médiévales du Midi, Foyer Léo Lagrange, Groupe Audois d'Etudes Préhistoriques, Société d'Etudes Folkloriques, Amicale laïque, Les amis de la FAOL, Les amis des rives des Corbières, Les amis de la Sardane, Cercle occitan, Culture et bibliothèque pour tous, FEP de Montlegun, Groupe philatélique, Laouseto del Carcassès, Mouvement contre le racisme, Bouffons du Midi, Chorale à Coeur joie, Comité des fêtes de Bienfaisance, Groupe Regard, Harmonie municipale, Music-Fool, Recherches et Essais Chorégraphiques, Rencontre des Arts Audois, Le Réveil Carcassonnais, Théâtre et Culture, Ciné-Club, Comité de jumelage, Los Auzelets, Syndicat d'initiative, Tourisme et travail, Foyer des élèves du CEG André Chénier, Foyer Socio-éducatif de Grazailles, Foyer socio-éducatif de La Conte, Foyer socio-édicatif du Viguier, CFDT, CFTC, CGC, CGT, CSCV, FO et Viuire a l'Escolà.

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Festival de la Cité 1979

L'année suivante - du 2 février au 3 mars - le Conseil communal de la culture mit en oeuvre le carnaval et son roi Carcassus. On put assister également à UBU Roi d'Alfred Jarry dans une mise en scène de Peter Brook, "Ils" mis en scène par Andrei Wajda, "La maison d'Anna".

Les tarifs

Les tarifs du Festival 1979 allaient de 15 francs à 50 francs. Si l'on prend comme base de calcul le smic qui était de 2066 francs bruts mensuels, un ouvrier voulant se payer une place au premier rang à 50 frs devait débourser 2,42% de son salaire.

Effectuons pour le Festival 2016, le même calcul... Une place au premier rang coûte 70 euros environ. Le smic mensuel brut en 2016 est de 1466 euros. Un ouvrier devra débourser 4,77 % de son salaire.

Bien entendu, les différences restent les mêmes quand il s'agit d'une place au dernier rang.

Les partenaires

En 1979, le Conseil communal de la Culture était dirigé par l'ensemble des acteurs locaux et artistiques. Aujourd'hui, le Festival de Carcassonne est soutenu par NRJ, W9, Rock and Folk, M6 Music, SACEM. Ce n'est pas une critique, c'est juste un constat - Carcassonne vit avec son temps. Nous sommes passés d'une programmation locale jugée ringarde ou trop orientée politiquement, à une programmation pilotée par les majors internationales de l'industrie du disque...

Le Conseil Communal de la Culture a été dissous le 9 juillet 1986

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01/11/2016

Où est passée l'oeuvre du sculpteur François Sicard ?

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Le 7 juillet 1901, Jacques Hilaire Théophile Marcou était honnoré dans sa ville natale par l'érection d'un monument à sa gloire dans la Cité de Carcassonne. Sénateur de l'Aude, il se lia d'amitié avec Armand Barbès et combattit avec tenacité le gouvernement de Louis-Philippe et plus tard, la présidence autoritaire de Louis-Napoléon Bonaparte. Condamné par contumace à la déportion, Marcou s'était réfugié en Espagne jusqu'en 1867. A son retour, il fonde le journal "La fraternité" à Carcassonne et deviendra maire de la ville le 22 août 1870.

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Le buste en bronze qui aujourd'hui, comme tant d'autres choses mériterait un nettoyage, trône sur l'actuelle place Marcou au milieu de la terrasse des cafés. L'oeuvre est du sculpteur Théophile Barrau à qui l'on doit de nombreuses réalisations dans Carcassonne.

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Ce buste est soutenu par un emmarchement de plan carré avec des quatre côtés du socle, un bassin de fontaine demi-circulaire avec mascaron en bronze.

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Le mascaron en bronze

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En 1910, un comité se forme pour la construction d'un monument plus important. Une subvention municipale de 15 000 francs est accordée le 5 juin 1911 et l'oeuvre est confiée au sculpteur

Sicard

François Sicard (1862-1934),

1er Grand prix de Rome en 1891. L'emplacement choisi est le jardin des plantes (Square Chénier) en lieu et place de la statue "Héléna", puis finalement sur le boulevard Marcou. La sculpture en marbre de Sicard présentée au Salon de Paris en 1914 sera livrée à Carcassonne, mais remisée dans les caves du Musée des Beaux-arts de Carcassonne en 1930.

Plusieurs questions se posent :

Pourquoi l'oeuvre de Sicard a-t-elle été mise aux oubliettes en 1930? La municipalité Radical-socialiste d'Albert Tomey voulait-elle rompre avec une décision politique prise par celle de Gaston Faucilhon en 1911?

L'oeuvre de François Sicard est-elle toujours dans les caves du musée? Seule madame Maynard, la conservatrice pourrait peut-être y répondre. Il est à craindre toutefois que l'opacité d'un siècle de gestion du musée des Beaux-arts, ait eu raison d'une oeuvre d'art que d'autres villes auraient sûrement préservé. Puisse ce blog une nouvelle fois lever le mystère, sur une histoire que j'ignorais jusqu'à l'achat de cette carte postale...

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27/09/2016

Les statues de la vierge cachées ou disparues de la Bastide Saint-Louis

La vierge du Saint-Suaire

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A l'angle de la rue Pinel et de la rue de Verdun se trouve une élégante niche. Au XIVe siècle, il y avait à cet endroit l'oratoire du Saint-Suaire et la statue qui l'ornait était appelée "La vierge du Saint-Suaire". Cela n'a rien d'étonnant puisque les R.P Augustins conservaient dans leur couvent, un suaire sensé avoir enveloppé le corps du Christ. Ce drap attirait une foule de pèlerins à Carcassonne et Louis XIV en personne visita le couvent des Augustins à cet effet. Le suaire a été conservé ; il se trouve dans le trésor de la cathédrale Saint-Michel. Vous ne le verrez jamais, car le curé desservant le garde pour lui. S'il avait un tant soit peu le sens du commerce, ce suaire pourrait à lui seul faire des miracles. Comme par exemple, recueillir des fonds pour la restauration de l'église des Carmes. On vénère bien le suaire de Turin ; celui de Carcassonne n'a rien à lui envier.

Revenons à cette statue, car elle a une histoire... En 1568, pendant la première période des luttes entre catholiques et huguenots, elle fut un jour trouvée de bon matin dans le ruisseau. Elle était mutilée et souillée de boue. Les catholiques crièrent à la profanation, et traitèrent les huguenots d'iconoclastes. Ils prirent les armes et les attaquèrent, non seulement dans les rues mais aussi dans leurs demeures. Il y eut des morts et des blessés. A la suite de ce pugilat, on organisa une grande procession en expiation de la profanation qu'on reprochait aux disciples de Calvin. Elle se termina par la pose d'une nouvelle statue dans la niche. Qu'est-elle devenue ? Mystère...

La statue de la Merci

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Au n° 22 du boulevard de Varsovie, cette maison est appelée communément "Maison de la vierge". Elle marque l'emplacement du couvent des pères de la Merci. Ces religieux recueillaient les aumônes pour délivrer les catholiques esclaves des Barbaresques.

Notre-Dame du Sauveur

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A l'angle de la rue de Verdun et de la rue Chartrand, on distingue une magnifique statue en marbre blanc. Le sculpteur serait Barata fils, à qui l'on doit la fontaine de Neptune de la place Carnot. Monsieur H. Bourbon était propriétaire de cette maison ; il acheta cet oeuvre d'art et la fit placer à cette niche qui abritait autrefois la statue votive de Notre-Dame du Sauveur. Celle-ci avait été placée à cet endroit dans un oratoire, afin de matérialiser l'emplacement de l'ancienne église du N-D du Sauveur qui fut supprimée lors de la construction de l'Officialité au XIVe siècle. Le magasin - aujourd'hui, la Ferme - s'est très longtemps appelé "A la vierge". Les vieux Carcassonnais le nomment encore ainsi.

Notre-Dame de Lourdes 

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A l'angle de la rue du 4 septembre et Jules Sauzède, dans le quartier dit "de l'artichaut" on distingue une statue dédiée à Notre-Dame de Lourdes. Ce lieu de dévotion était régulièrement fleuri, ce qui bien sûr n'est plus le cas. En dessous, se trouvait la fontaine de l'artichaut.

Sainte-Eulalie

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Au Moyen-âge, la commanderie de Saint-Eulalie occupait ce terrain. La vierge que l'on aperçoit dans une alcôve de la façade de Monoprix se trouvait à l'angle de cette rue, dans un bâtiment aujourd'hui détruit. L'immeuble actuel date de la fin du XIXe siècle ; c'était le Bazar Combéléran. La statue a été sauvée et ainsi déplacée.

Notre-Dame de Pitié

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Provenant de l'église de Peyriac-Minervois, la statue de Notre-Dame de Pitié fut vendue par un antiquaire à Mme Delteil - épouse du Dr fondateur de la clinique. Cette vierge ornait le jardin de l'établissement - aujourd'hui, maison de retraite Montmorency. On la plaça à l'intérieur du bâtiment pour la protéger. 

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© M-C Ferriol

D'après M-C Ferriol - Conservatrice des objets d'art sacré - cette statue se trouve dans l'église Saint-Vincent. Madame Delteil en avait fait don à l'abbé Jean Cazaux.

Source

Le culte de Notre-Dame à Carcassonne / Louis Cros / 1978

Cette brochure dactylographiée de 30 pages et jamais éditée, a été sauvée par mes soins de la décharge publique. Louis Cros fait partie de ses passionnés Carcassonnais, auxquels on n'accorde aujourd'hui aucune reconnaissance. Pourtant, leurs travaux auront fait considérablement avancer la connaissance du patrimoine de notre ville. Nous ne sommes tous que les dépositaires d'un héritage...

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