05/09/2016

Le domaine de Baudrigue meurt-il à petit feu ?

Baudrigue 

situé sur la commune de Roullens à un kilomètre du hameau de Villalbe, revient tristement chaque été sur le devant de la scène, lors de la commémoration du massacre d'août 1944. C'est là, dans la clairière du château - tout le monde le sait - que furent exécutés les résistants Jean Bringer, Aimé Ramond, Christophe Roquefort avec une vingtaine d'autres personnes.

Quelle est l'origine de ce château ? 

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L'origine du château de Baudrigue est antérieure au XVIIIe siècle. Le village de Roullens auquel se trouve rattaché le domaine, fut au XIIIe siècle une dépendance de la baronnie de Couffoulens, puis Guillaume de Voisins l'échangea en 1296 avec le roi. Roullens resta en possession de cette famille jusqu'à la fin du XVIe siècle.

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Pierre David, dit David-Baudrigue, lieutenant du Présidial de Carcassonne, détient le château en 1709, au moment de son assassinat le 3 décembre de la même année à Villalbe. Dans l'ordre des propriétaires viennent ensuite, la Famille Castanier d'Auriac et la marquise de Poulpry - elle émigra à la Révolution -, le sieur Berlan de Villalbe, Jean Dominique La Perrine-Baudrigue en 1813, Guillaume Dominique La Perrine -d'Hautpoul (député de l'Aude en 1827).

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En 1847, c'est à Charles La Perrine que l'on doit l'embellissement du château et du parc. A La mort de la dernière descendante des La Perrine, le domaine entre en possession des Soeurs de St-Vincent-de-Paul. La défunte légua le château et ses dépendances à la congrégation de religieuses.

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Avant et pendant la Seconde guerre mondiale, l'administration du domaine avait été confiée à Jules Jourdanne - futur maire de Carcassonne nommé par Vichy - par les soeurs de St-Vincent-de-Paul.

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Pendant l'occupation, le domaine fut réquisitionné par les troupes allemandes comme dépôt de munitions. Après l'explosion des munitions (grenades, mortiers, torpilles...) en août 1944, le domaine deviendra une colonie de vacances, alors même que son le sol regorgeait encore de débris.

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Les enfants de la colonie de vacances

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Vue aérienne de Baudrigue vers 1953

Qu'est devenu Baudrigue aujourd'hui ?

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La Communauté d'Agglomération du Carcassonnais aurait souhaité acquérir le domaine, mais la transaction ne put se faire. Elle acheta donc la Bastide de Madame qu'elle aménagea en Centre de loisirs du CIAS. Le domaine de Baudrigue n'est pas pour autant sans propriétaire, puisqu'il appartient à l'Institut Saint-Joseph de Limoux et à l'Ecole supérieure de la Raque. Outre le château, il s'étend sur 150 ha : vignes en AOC Malepère (35 ha) et grandes cultures (55 ha). Le domaine est dévolu à la formation sur la forêt et la conduite d'engins agricoles.

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Oui, mais voilà ! Le nerf de la guerre ce sont les moyens financiers pour remettre sur pied et entretenir une bâtisse de cette importance... Plus les années passent et plus le domaine dépérit, à tel point que des intrusions dans le parc, en proie à des feux de camp et autres barbecues sauvages mettent en péril la survie patrimoniale du domaine. Un bâtiment aurait flambé cette année...

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Pourtant ce domaine est un petit bijou qui pourrait être exploité pour des réceptions de mariages, des séminaires d'entreprises ou en chambres d'hôtes. Bien entendu n'étant pas le propriétaire, je me garderais bien de faire la morale à quiconque. 

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Une autre vue du château

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La piscine n'accueille plus que des batraciens et leurs amourettes estivales

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Les anciens cours de tennis

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27/08/2016

L'oeuvre Carcassonnaise des Bains-douches à bon marché

A l'arrière du Groupe scolaire Jean Jaurès dans de la rue de Lorraine, se trouve un bâtiment à l'architecture particulière construit en 1910. Il s'agit des anciens

Bains-douches de Carcassonne

qui aujourd'hui logent une crèche de ce quartier. En 1907, le Dr Peyronnet fonde l'Oeuvre Carcassonnaise des Bains-douches dont le but est "de répandre le goût de la propreté du corps et de faciliter les moyens de prendre des bains à des prix réduits." Cette société avec le concours du Foyer Carcassonnais, société d'habitations à bon marché, permettra la construction d'un établissement de Bains-Douches.

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© Google maps

Au mois de juin 1909, le conseil municipal vote le principe de la cession d'un terrain de 250 m2 - sur lequel se tenait l'ancienne prison - afin que la société des Bains-douches puisse demander une subvention au Pari-mutuel. Le Conseil d'état s'y opposera en faisant prévaloir qu'une municipalité ne peut céder de terrain à titre gratuit ; un arrangement sera trouvé pour que l'Oeuvre des Bains-douches ne paie que la moitié de la somme estimée sur le prix total du terrain. La question de subvention agite le Conseil général quand M. Fondi de Niort au nom de la droite Républicaine expose son refus des Bains-douches : "Les gens n'ont qu'à faire comme dans les campagnes. Aller se baigner dans la rivière du Rebenty." 

M. Gauthier, sénateur de l'Aude, informe le 28 décembre 1909 le maire, de la décision d'Aristide Briand - ministre de l'intérieur et des cultes - d'accorder une subvention de 10 000 francs provenant d'un fonds des produits des jeux. La caisse d'épargne a consenti un prêt de 20 000 francs. Grâce à une somme totale de 30 000 francs, l'établissement sera inauguré le 23 décembre 1910.

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Plan des Bains-douches de Carcassonne

© Archives de Rennes / 2FI 2898

L'établissement comprenait 8 cabines pour les hommes et 6 pour les femmes. La première formant un carré de 1m20 de côté était pour se déshabiller. Elle renfermait un siège fixe, une tablette, une glace, des porte-manteaux, un caillebotis pour éviter que les pieds ne reposent sur un sol froid. La seconde de même dimension était la salle d'aspersion, séparée de la première par un rideau en toile. Le sol incliné permettait au baigneur de prendre un bain de pieds. Les parois étaient revêtues de briques blanches, biseautées, en grès. C'est à l'architecte Léon Vassas qu'avait été confiée la réalisation de cet bâtiment - il est également le maître d'oeuvre du Grand théâtre de la Cité.

Un progrès sanitaire 

En ce début de XXe siècle, seules les familles aisées possèdent l'eau courante chez elles. L'hygiène quotidienne n'est encore qu'un luxe dans bien des foyers. M. Hauser dans la Revue politique et parlementaire de juillet 1902, indique que "ce bain est plus efficace que le bain par immersion. A moins d'être dans une eau abondante et courante, par l'immersion le corps reste dans la même eau et en contact par conséquent, avec les impuretés mises en suspension. Par aspersion, au contraire, l'eau enlève les souillures et les emporte au fur et à mesure."

M. Arnoult assure que "le seul fait de se plonger pendant 20 minutes à une heure dans un bain chaud ne saurait suffire à réaliser un nettoyage sérieux de la peau là surtout où elle est très riche en glandes sébacées. Il faut encore durant que l'on se baigne, aider à l'élimination mécanique de la crasse par des frictions et par l'emploi du savon qui dissout les matières grasses étalées à la surface de la peau et englobent les poussières, les débris épidermiques, les microbes, etc..."

On ne se rend pas bien compte aujourd'hui du progrès que représentaient les Bains-douches pour l'hygiène et la santé des Carcassonnais à cette époque. 

"Le bain-douches convient à tous les sexes et à tous les tempéraments. Mais c'est surtout aux ouvriers que les bains sont les plus nécessaires en raison même de la nature de leurs travaux, de la transpiration qui en résulte, des poussières qui s'accumulent sur eux et de l'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de changer de linge aussi souvent qu'il le faudrait. (...) L'enfant ne se lave pas, il faut qu'on le lave. Mais arrivé à un certain âge, il faudrait qu'il se lave. Nous le voyons bien tous les jours quand les enfants se présentent à l'école. L'examen de propreté révèle des malpropretés souvent très apparentes que nous ne pouvons supporter et on prie alors les enfants de passer à la fontaine pour faire disparaître ce qui choque par trop notre vue. C'est dans ce but que le comité a établi un prix spécial de 10 centimes pour les enfants des écoles avec une salle spéciale.

Le règlement des bains-douches

Le local était ouvert tous les jours de 5 heures du matin à 7 heures du soir en été, de 7 heures à 5 heures su soir en hiver. Fermé entre midi et 2 heures. Le ticket est prix avant d'entrer en cabine et le savon fourni au prix de 5 centimes. Interdiction de faire du bruit et de chanter. Vingt minutes suffisent pour se déshabiller, prendre le bain et s'habiller.

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© Martial Andrieu

La façade de ce bâtiment, témoin architectural de l'Art nouveau, mériterait un classement comme Monument historique du XXe siècle. La presse locale faisait écho dernièrement du projet de classement de l'école Jean Jaurès, à laquelle s'adossent les anciens Bains-douches. Voilà l'occasion de faire d'une pierre deux coups, car un jour fatalement on pourrait avoir envie de la raser.

Sources

Notice Bains-douches / Roudière / 1910

Archives départementales de Rennes

La fraternité de l'Aude / 1909 et 1910

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30/06/2016

Carcassonnais, vous n'avez pas honte ? Et pendant ce temps, férias et corridas ?... Olé !

C'est un choc, un véritable sentiment d'horreur ! Le poids des mots, le choc des photos ; pour reprendre le slogan du plus connu des magazines de reportages. Comment a t-on pu laisser faire cela dans une ville comme Carcassonne dont le nom historique résonne de l'orient à l'occident ? On vous aura parlé sans doute de ces prédateurs immobiliers étrangers sans foi, ni loi, connus pour avoir pillés nos châteaux.

Vous a t-on expliqué que dans notre ville, on a laissé faire les mêmes pratiques ? Là, à deux pas de la place Carnot et du centre historique que l'on appelle La bastide Saint-Louis... Oui, nous sommes coupables de ne pas nous y être intéressés, comme tous ceux ayant eu en charge cette ville qui, à des degrés divers, auront fermé les yeux sur ce saccage. Mais bon sang, à qui profite le crime ? Car, on n'en est pas ici à un coup d'essai; on pourrait d'ailleurs dresser la liste exhaustive des bâtiments historiques laissés à l'état de ruine par le fait d'une escroquerie ou d'un je m'en foutisme général. Oh ! bien sûr, on ne sait que trop qu'il ne faut pas gêner les personnes au sein de relations politiques. Ah ! C'est lui le propriétaire ? On ne va pas l'emmerder, toute sa famille vote pour nous. Voilà, comment pendant des décennies le patrimoine de Carcassonne s'est retrouvé ruiné et aux mains de marchands de sommeil bourgeois qui vont à la messe le dimanche et logent la semaine, de pauvres hères dans des conditions indignes de salubrité. La C.A.F leur règle l'addition, mais eux ne manquent jamais de pester en public contre toutes ces aides sociales que l'on distribue aux assistés et aux immigrés. Pourtant, on trouve des roumains dans leurs bobinards désaffectés qui, pris de saturnisme remplissent la salle d'attente de leurs cabinets.

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Au n°77 de la rue de Verdun, caché par des moellons du plus bel effet, se trouve un hôtel particulier du XVIIIe siècle construit par Guillaume Castanier, propriétaire de la manufacture royale de la Trivalle.

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Guillaume Castanier

Si ce bâtiment est actuellement fermé de la sorte, c'est qu'il a été squatté à la suite d'un projet immobilier qui a mal tourné - un de plus à Carcassonne. En fait, il s'agirait même d'une escroquerie d'après les journaux locaux.

Les faits remontent à 2000.
La société montpelliéraine CTMO (groupe Quarate) est spécialisée dans la réhabilitation d'’immeubles situés dans des centres-villes sauvegardés, à des fins de défiscalisation. Vingt-sept personnes, disséminées dans la France entière, ont ainsi été démarchées pour un investissement de type “loi Malraux” concernant l’'hôtel particulier Castanier-Laporterie, au 77 de la rue de Verdun.

"On nous proposait des affaires clefs en mains avec toute l’apparence de la légalité", explique Jean-Pierre Ghilini, qui aurait perdu 170 000 euros dans l’opération. Problème, les travaux n'’ont jamais commencé malgré le déblocage des sommes. Pire, la société a été mise en liquidation judiciaire en 2007.
Face à l’ampleur de l’affaire (Ndlr : 18 chantiers du groupe Quarante seraient concernés), le dossier a finalement été confié à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille en 2006. Depuis, l’'affaire est toujours en cours. "Plusieurs juges d’instruction se sont succédés et il a été extrêmement difficile de rassembler tous les papiers", raconte Me Renucci-Pepratx.

(Le Midi-libre)

Ainsi, pendant des années l'immeuble est resté ouvert aux courants d'airs. Qui s'en souciait ? Fort heureusement, la Bastide étant en secteur préservé, l'hôtel particulier ne pouvait être rasé. Vous savez qu'à Carcassonne, nous avons des experts ; ils laissent pourrir un bâtiment jusqu'à ce qu'il soit ruiné.  C'est à ce moment-là qu'intervient un bailleur social pour raser et édifier quatre étages de béton avec le concours d'architectes, spécialisés dans la construction de cages à poules. Au mois d'octobre dernier, il a pu être visité par des particuliers dans le cadre d'une future vente aux enchères publiques. C'est grâce à la contribution de l'un d'entre eux que nous diffusons ces photographies, non pas pour dénoncer mais pour alerter sur l'état de péril imminent de l'Hôtel Castanier-Laporterie.

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Dans les années 1990...

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Au même endroit en 2016

Suivez le guide, attention à vous...

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L'entrée par la rue de Verdun

A entrée cour intérieure accès aux étages murée Photo MHM.jpg

Cour intérieure, accès aux étages

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Façade donnant sur la cour

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Vue sur la cour depuis le 1er étage

B terrasse du premier etage Photo MHM.jpg

Le balcon du 1er étage

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Escalier d'accès avec ses tomettes d'origine

C Cage escalier plafons eventrés du deuxieme etage Photo MHM.jpg

Une partie du plancher écroulée

C cage escalier premier etage porte donnant sur terrasse Photo MHM.jpg

C'est pour un très gros chat, sûrement

C poutres et gravas tombent de la charpente à travers le deuxieme etage sur le premier etage Photo MHM.jpg

Les infiltrations d'eau font des ravages

C poutres et gravas venus du toit sur le premier etage Photo MHM.jpg

Accès aux salons XVIIIe

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Une très belle pièce ajourée

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Ici, on a emporté la cheminée

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Là, les ornements en plâtre...

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Même la tuyauterie en cuivre...

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Les stucs n'ont pas été épargnés

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L'arrière du bâtiment donne dans la rue Aimé Ramond. C'est par là que rentrait le carrosse tiré par des chevaux, remisé ensuite dans les écuries.

Venez avec moi à Albi...

Un autre patrimoine mondial de l'UNESCO met en valeur ses hôtels particuliers et les propose à la visite dans le cadre de l'Office du tourisme.

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Hôtel de Castelnau

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Hôtel de Gorsse

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Hôtel de Reynes

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Hôtel de Saunal

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Hôtel Decazes

 

Albi, chef-lieu du Tarn (49 342 habitants) - Patrimoine UNESCO

Carcassonne, chef-lieu de l'Aude (46 724 habitants ) - Patrimoine UNESCO

20 ans de retard ! au moins...

Crédit photos pour Albi

La dépêche

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25/06/2016

L'arbre de la liberté au hameau de Villalbe

Il est toujours là depuis 27 ans, mais qui s'en souviens et surtout qui le sait ? Cet arbre de la liberté, planté comme des milliers d'autres à travers la France afin de commémorer le bicentenaire de la Révolution française. Nous avons retrouvé ce tilleul dans le jardin d'enfants situé derrière l'église de Villalbe. Hélas, aucun cartel à son pied n'indique l'origine de son existence à cet endroit. C'est devenu un arbre comme les autres qui pourrait un jour être abattu dans l'anonymat.

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Voici un texte que nous proposons

Cet arbre de la liberté a été planté par les élèves de la l'école de primaire de Villalbe en 1989 afin de commémorer le bicentenaire de la Révolution française, en présence de Raymond Chésa, maire de Carcassonne.

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Cet arbre a été inauguré en même temps que la cantine de l'école, qui comptait alors 40 élèves.

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Le beau tilleul de la liberté au milieu des pins, derrière l'église de Villalbe. Au moment où la République vacille sur ses fondements, il est temps de rappeler à nos enfants que la liberté peut s'arrêter du jour au lendemain. Que c'est une valeur à entretenir chaque jour ; si l'on ne prend soin de bien l'arroser, elle se fane et finit par périr.

On peut reprocher certaines choses à Raymond Chésa, mais pas celles de n'avoir pas cherché à transmettre l'héritage fondamental du symbole républicain. Au moment où nous avons le plus besoin de nous réconcilier et de nous fédérer, les responsables politiques actuels portent une lourde responsabilité dans la banalisation des valeurs et de leur transmission. Il ne suffit pas de parler, il faut agir en Républicain et s'élever en exemple au-dessus de la mêlée. Reprendre à leur compte des idées des ennemis de la liberté à des fins purement électorales, ce n'est pas servir l'idéal de l'époque des lumières. C'est tout simplement donner raison à ceux qui préfèrent l'obscurité.

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04/05/2016

Les vestiges de la porte de Toulouse, rien que pour vos yeux...

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Au XVIIIe siècle, la Bastide construite sous Saint-Louis possède encore ses remparts et ses quatre bastions. La porte de Toulouse (en rouge sur le plan) avec ses deux tours veille sur l'entrée ouest de la ville. Les fortifications seront ensuite détruites et les fossés comblés. Aujourd'hui, seuls subsistent trois des quatre bastions.

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On pensait jusqu'en 2009 qu'il ne restait plus rien des vestiges des tours de la porte de Toulouse, située jadis en haut de la rue de Verdun. Or, lorsque le propriétaire de l'immeuble (au premier plan à gauche) voulut faire procéder à sa restauration, les Bâtiments de France sous la conduite de M-F Pauly firent une découverte d'importance. Jacques Blanco n'était pas loin et grâce à son zèle, voici ci-dessous quelques photographies.

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Les travaux mirent à jour l'ancienne porte d'accès à une des tours de la porte de Toulouse. Grâce à la technicienne des ABF, ce vestige a pu être conservé et il faut s'en féliciter. Mais pas seulement...

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Le premier étage de l'immeuble a mis à nu des peintures sur les chevrons de ce plafond "à la française". Une pareille découverte avait été déjà faite dans un ancien hôtel particulier, situé plus bas dans la rue de Verdun. A l'évidence, notre ville regorge de secrets archéologiques et architecturaux tenus à l'ombre du public. Eh ! oui... A l'ombre, comme le bassin des eaux sous la place Davilla, le bastion Montmorency, la chapelle Radulphe, le vestige des anciennes cellules de la prison sous l'école Jean Jaurès, etc. C'est bien connu qu'à Carcassonne, mis à part la Cité... le reste n'a que peu d'importante aux yeux de certains.

Crédit photos

1. Collection Claude Marquié

2. Google maps

3 et 4. Jacques Blanco

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28/04/2016

L'église Saint-Martin dans le quartier Pasteur va être rasée

Voilà une décision qui ne va pas manquer de raviver de tristes et déchirants souvenirs auprès des habitants du quartier des Capucins. Ils savent dans quelles conditions on a rasé leur couvent en 2002... Quatorze ans après, c'est cette fois le quartier Pasteur qui devrait s'émouvoir de voir disparaître son église la semaine prochaine paraît-il, sous les coups des bulldozers.

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L'église Saint-Martin

fut édifiée par les soins du chanoine Andrieu - curé de St-Vincent - et consacrée le 19 octobre 1953 peu de temps après l'émergence de ce nouveau quartier. D'ailleurs, son vrai nom est le quartier Saint-Martin ; c'est l'usage familier qui, au cours du temps, lui donna le patronyme du célèbre savant. Il y a 63 ans, les terrains n'étaient que marécages et appartenaient à la famille Garric. Peu à peu des pavillons sortirent de terre en même temps que se dessinaient de nouvelles artères. L'église trouva naturellement sa place, comme ses semblables dans d'autres nouveaux quartiers de la ville.

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Selon nos renseignements, le lieu de culte - situé derrière la maison de retraite Béthanie - était tombé en déshérence depuis quelques temps. Comme tout bâtiment non entretenu, il devint la proie des méfaits des intempéries ; tant et si bien que l'on décida de ne plus y dire l'office. Il semble que pour des raisons de sécurité, l'évêché se soit résolu à le détruire. Cela devrait être fait la semaine prochaine... Nous connaissons actuellement les problèmes rencontrés par les paroisses pour maintenir les prêtres en place et réhabiliter les lieux de cultes. A ce titre, l'exemple le plus marquant est celui de la chapelle des Carmes, rue Clémenceau. 

Toutefois, nous trouvons regrettable de devoir en arriver à de telles extrémités. Certes, cette église n'a pas actuellement de valeur patrimoniale. Qu'en dira t-en dans 50 ans ? Les goûts d'aujourd'hui ne sont pas ceux de demain. Qui détruirait maintenant la Tour Eiffel alors qu'après l'Exposition Universelle de Paris en 1900, les parisiens la jugeaient immonde ? 

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A l'intérieur de cette église se trouve un maître autel du XIXe siècle provenant de la chapelle Saint François-Xavier (ci-dessus) ; elle accueille actuellement le Cercle Taurin Carcassonnais dans la rue Barbès. Il semblerait que lui aussi soit destiné au pilon.

Si l'on prend comme référence les travaux de Claude Seyte sur les cloches du département, on notera ce qu'il dit au sujet de celles de Saint-Martin :

La cloche de gauche, encore munie de son joug de bois, provient de la chapelle des Carmes. Elle est datée de 1822. La cloche à l'anse trilobée a été fondue par De Besse en 1727 ; elle provient de l'hospice des vieillard qui est allé à Leucate.

Espérons que l'on prendra soin de ces cloches, si elles y sont encore. On peut regretter que l'on n'ait pas tenu les riverains du quartier au courant de cette destruction prochaine. Peut-être auraient-ils pu lever une souscription pour la sauver...

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