25/12/2014

Les oeuvres du sculpteur Jean Augé menancées par la destruction d'Ozanam

Le journal l'Indépendant dans son édition de ce matin nous apprend la destruction programmée de la cité Ozanam, dont les premiers coups de pioche débuteront le 15 janvier 2015 sur le bâtiment Cabardès. La préfecture audoise et le bailleur social Habitat Audois se sont mis d'accord pour raser ce quartier devenu "sensible". Ont-ils pris en compte que chaque bâtiment posséde sur sa façade une oeuvre du sculpteur Jean Augé ? Franchement, je l'ignore mais nous avons diffusé sur ce blog plusieurs articles les recensant. Le peu de cas porté par Carcassonne aux respects de la mémoire et des oeuvres artistiques, nous amène légitimement à penser que si nous ne faisons rien, tout sera détruit sans autre forme de procès. Il appartient donc à chacun de prendre ses responsabilités et d'avertir le préfet et Habitat Audois.

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Saint-Vincent de Paul

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Saint-Georges terrassant le dragon

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Sainte-Thérèse de Lisieux

Ci-dessous l'article sur Jean Augé

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive...

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13/12/2014

Dans la cour de l'évêché...

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En 1910, on jouait la Passion du christ avec de nombreux figurants. Sur cette carte postale, nous apercevons l'enfeu situé à l'arrière de l'église des Carmes. Plus précisément dans la cour de l'actuel évêché.

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Caché derrière une rangée de lauriers roses de deux mètres de haut, on découvre cet enfeu. Ne pourrait-on pas raser ces fleurs, certes très jolies mais qui ne permettent pas d'admirer ce qui se trouve à l'intérieur?

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Dans une alcôve, se trouve la statue de la vierge Marie sculptée par Cabrol en avril 1876. Qui était ce Cabrol ? Elle est en marbre de Caunes. Un jour elle peut très bien disparaître dans l'indifférence générale, comme tant d'autres objets dans Carcassonne...

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05/11/2014

Carcassonne aime t-elle ses oeuvres d'Art contemporain ?

En passant l'autre jour au rond-point du lycée agricole Charlemagne, je fus intrigué par une oeuvre d'art située en bordure de la route de Saint-Hilaire. Je m'arrêtais alors pour en prendre connaissance. Fort heureusement et chose unique dans Carcassonne — nous le verrons plus tard — la sculpture portait non seulement le nom de l'artiste mais également le titre de l'oeuvre. Je pouvais donc en rentrant chez moi, chercher avec la facilité que procure désormais internet, la biographie de Jean Suzanne et de sa sculpture intulée "Le signe méditerranéen". Cela ne me suffisait pas, il me fallait connaître le fil de l'histoire qui avait pu l'amener à cet endroit. Je décidais de téléphoner à Jean-Marc Tilcke, galeriste d'art contemporain bien connu à Carcassonne. Il administre "La maison du chevalier" dans la rue Trivalle.

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L'oeuvre de Jean Suzanne

J'apprends que ce sont en fait six oeuvres qui ornent les rond-points de Carcassonne depuis 20 ans. Au début des années 1990 eut lieu dans notre ville un symposium de sculpture, piloté par Jean-Marc Tilcke en collaboration avec la ville de Carcassonne représentée par Raymond Chésa, le ministère de la culture représenté par le préfet et le Conseil régional représenté par Jacques Blanc. D'après J-M Tilcke, la mairie devait à l'issue de la manifestation faire l'acquisition des sculptures. Ce qu'elle ne fit pas. Le directeur de la Maison du chevalier décida alors d'emprunter pour pouvoir les conserver à Carcassonne, pour une somme totale de 20 millions d'anciens francs (30.000 €). Finalement, un arrangement fut trouvé avec Raymond Chésa afin que les six oeuvres prennent place dans Carcassonne. Contractuellement, un commodat ou prêt à usage fut signé entre les parties. Il oblige la ville à assurer, entretenir et protéger les sculptures.

Les six sculptures

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La nef de pierre d'Ariel Mocovici

Cette oeuvre se trouvait jusqu'en 2003 dans le square Gambetta. Depuis dix ans, elle est entreposée en extérieur aux serres municipales dans les conditions que vous voyez ci-dessus. Notons que dernièrement une sculpture d'Ariel Moscovici a été achetée par Taïwan pour 300.000 dollars.

http://arielmoscovici.free.fr/

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La fracture de Jean Suzanne

Cette oeuvre conçue en acier et inox a été débaptisé sans le consentement de l'artiste. Elle porte sur son socle le titre de "Signe méditerranéen".

http://www.jeansuzanne.com/

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Tcherban Gabréa

Cette sculpture se trouve sur le rond-point Maurice Ancely, avant d'arriver à Géant Cité 2. Elle ne porte aucune mention ni sur l'artiste, ni sur l'oeuvre.

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Bata Marianov

Cette oeuvre en bois se trouve route de Saint-Hilaire, à l'entrée de la rue Barbacane. Elle ne porte aucune mention.

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Nicolas Cleissig

Cette sculpture se trouve sur le rond-point Maurice Ancely, avant Géant Cité 2. Aucune mention n'y figure.

Michel Argouge

Je n'ai pas retrouvé sur le rond-point de l'aéroport, une trace de son oeuvre.

Quel avenir pour ses sculptures ?

Il est évident que très très peu de personnes connaissent l'histoire de ces oeuvres et qu'un jour, on pourrait imaginer qu'un inculte en mal artistique se prenne à les repeindre en bleu. On l'a vu ailleurs récemment... Néanmoins, elles semblent plutôt en bon état au milieu d'espaces verts entretenus. C'est tout et pas plus, car pour le reste l'art contemporain ne semble pas émouvoir nos élus. Moi-même qui suis totalement profane dans ce domaine, je ne me hasarderais pas à en faire la critique. Toutefois, n'est-il pas intellectuellement dommage pour la culture dans cette ville de posséder des sculptures d'artistes mondialement reconnus et de s'en désinteresser ? N'est-il pas économiquement idiot de les conserver ainsi, alors même que leur valeur a été multipliée par dix en 20 ans ? Quand bien même la ville n'en serait que le dépositaire, ne devrait-elle pas réaliser des panneaux pour indiquer le nom de l'oeuvre et celle de l'artiste ?

Bonne nuit Carcassonne ! L'ombre s'abat sur toi.

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22/10/2014

Une colonne destinée au Petit Trianon du château de Versailles est à Carcassonne.

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Cette colonne en marbre de Caunes-Minervois qui orne le Square André Chénier était destinée au "Petit Trianon" du château de Versailles. Le roi Louis XIV en avait passé commande, mais elle resta finalement dans la carrière dans l'oubli général. Quand la ville voulut au moment de la Restauration rendre hommage à Louis XVIII en érigeant une colonne à sa gloire, celle-ci ressortit de l'ombre. Elle prit place au centre du Jardin Royal en 1826 (Jardin des plantes; actuel Square Chénier).

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Aujourd'hui, elle se trouve dans un état déplorable de saleté qui gâche la beauté du marbre. La ville s'en sert de panneau d'affichage pour les animations de la Féria ou du Festival off. La municipalité qui vient de rendre sa splendeur passée à la fontaine de Neptune située place Carnot, devrait songer sérieusement à faire de même sur cette colonne.

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Si vous remarquez bien, vous vous apercevrez que le haut de la colonne était surmontée d'une boule avec une pique. Aujourd'hui, elle a disparu. Pourquoi? Pendant la seconde guerre mondiale, un allemand posté dans l'immeuble en face (Chez Fred, aujourd'hui) s'amusa lors d'un pari à atteindre la colonne avec un fusil Garand. La boule touchée par les projectiles et la pique rouillée ne furent jamais remplacées.

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05/07/2014

Une merveille cachée dans Carcassonne!

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Vous êtes vous demandé qu'elle merveille pouvait bien se cacher derrière ce mur que l'on aperçoit face à la gendarmerie, avenue du général Leclerc?

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Ce bâtiment abrite actuellement la Structure Aceuil Enfance du Conseil général de l'Aude. Tour à tour Direction départementale des PTT (1906), puis celle de la Jeunesse et des Sports. Au XVIIe siècle, c'était le fond du parc de la Manufacture Royale de la Trivalle dont on vient d'achever la restauration de la façade au pied du Pont vieux.

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En empruntant le trottoir du Pont neuf, on distingue une partie de la merveille cachée

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Mais lorsqu'on se trouve à l'intérieur, c'est Versailles à Carcassonne!

Cette fontaine monumentale fut batie au XVIII siècle. En pierre de grés, sculpté, et abritée dans une grande niche surmontée d'un fronton circulaire. Elle était alimentée par le surplus des eaux provenant de la source de la Gravette (INFO:Antoine Labarre) et servait à la teinturerie. Les eaux de la riviere Aude faisaient tourner les machines (INFO: Claude Marquie)

Nous devons ces clichés à Jacques Blanco et à sa perspicacité puisque ce bâtiment est toujours fermé. Encore une splendeur de notre ville, bien mal exposée, entretenue et fermée aux publics!

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04/07/2014

Une maison templière découverte à Villalbe

Au hameau de Villalbe, parmi les fresques que l'on peut encore apercevoir sur la façade d'une maison de la rue des Peirous... Une croix de Malte a retenu mon attention. Est-ce une ancienne maison templière ou un simple décor? J'ai alors interrogé un specialiste de la question. Il s'agit de l'historien Charles Peytavie, ancien président de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude. Après des recherches aux archives de Toulouse où sont conservés, parait-il, les documents sur cet ordre, il confirma l'existence d'une maison templière à cet endroit.

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Cette bâtisse figure sur le plus ancien des compoix du hameau, celui de 1714. Il est cependant très difficile de déchiffrer le millésime peint sur la façade. Nous savons qu'à côté d'elle une chapelle fut édifiée au XVIIIe siècle par Jean-Jacques Utrolly, curé de la paroisse.

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Le hameau de Villalbe était dépendant de la commanderie de Douzens mais l'ordre de Malte n'y avait que de petites possessions terriennes. On retrouve sur le Cartulaire des templiers de Douzens, une note du 3 novembre 1182 dans laquelle Pierre d'Escau lègue à la milice du temple, toutes ses possessions dont un bien situé à Villalbe.

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