03/07/2014

Le buste du Dr Gally se trouve bien au nouvel hôpital

Contrairement aux informations que des responsables de l'accueil du nouveau Centre hospitalier de Carcassonne avaient données à Jacques Blanco, la preuve nous est maintenant donnée que le buste du Dr Gally s'y trouve bien. Ne lisant pas dans la boule de cristal, nous ne pouvions que conclure à sa disparition.

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L'oeuvre d'art signée Jean-Baptiste Malacan

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Le buste a été placé dans la Salle du conseil d'administration de l'hôpital. Dès lors, peu de personnes pouvaient être raisonnablement au courant de son placement à cet endroit. Nous appelons encore de nos voeux qu'une commission municipale chargée de répertorier l'ensemble des oeuvres d'art dans l'espace public de la commune, se mettre en place.

Nous remercions le Dr Lazarovici de nous avoir transmis ces clichés

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30/06/2014

Les anciennes colonnes de remplissage de la fonderie Marsal

Je vous parle d'un temps où les nombreuses vignes aux alentours du carcassonnais n'étaient pas encore transformées en lotissements sous la forme de cages à poules. Les vignerons venaient remplir leurs comportes à des colonnes de remplissages installées dans les villages. Certaines d'entres elles subsistent encore et sont fonctionnelles. Nous avons le devoir de les conserver avec le plus grand soin, car bientôt ce seront les derniers vestiges de la viticulture en milieu périurbain.

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Cette colonne en fonte à potence tournente avait pour fonction de remplir rapidement en eau propre les récipients, barriques ou demi-muids placés sur les charrettes ou tombereaux. Les communes devaient par cela être équipées d'un château d'eau. Ce procédé révolutionnaire allait faciliter la vie des viticulteurs, qui devaient autrefois puiser l'eau des auges au moyen de seaux, puis les déverser manuellement dans les barriques. Autre inconvénient, les impuretés s'infiltraient dans les appareils de sulfatage.

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Description du matériel

Une colonne de fonte à l'aspect décoratif, est traversée par un tuyau d'amenée d'eau à la potence tournante. Un robinet de commande R, supprimant les coups de bélier, se trouve à mi-hauteur du fût. Un deuxième robinet V facultatif, peut être placé à la base de la colonne. Il permet aux municipalité soucieuses d'économies de donner l'eau à la colonne ou de la supprimer de leur gré. De plus, il met la colonne à l'abri de la gelée. Il suffit pour cela pendant l'hiver de fermer le robinet V et d'ouvrir le robinet R. Sur demande ces colonnes peuvent être livrées soit avec un robinet servant de bornes fontaines, soit avec un raccord de prise incendie. La pose est effectuée en quatre heures par un plombier, un maréchal ou un ouvrier. Scellement sur socle en béton par trois boulons.

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Il reste deux de ces colonnes au hameau de Villalbe en plus ou moins bon état. Celle-ci fonctionne encore pour le cantonnier et le dernier vigneron, Olivier Ormières.

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L'autre se trouve à proximité du premier réservoir d'eau potable du hameau (détruit depuis). Elle mériterait un coup de peinture.

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Sur la colonne est gravé le nom du successeur de la fonderie Marsal: Durand-Roger. Cette usine se trouvait au square Gambetta et faisait angle avec l'avenue Arthur Mullot.

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13/06/2014

Il faut sauver "las Montjoias" de Maquens!

"Las montjoias" sont des espèces de capitelles en pierres maçonnées servant à capter l'eau de plusieurs drains. Le nom viendrait du latin " Montus juveus" (c'est une hypothèse). Elles possèdent toutes un toit à double pente et une porte en fer; leur origine remonterait au premier empire. Aujourd'hui, elles ne servent plus à rien sinon à interroger les curieux que nous sommes et finalement à essayer de les protéger. Pourquoi? Tout simplement, car elles font partie du patrimoine culturel comme la cité médiévale de Carcassonne qui, dans l'esprit d'une majorité, ne représentait plus rien d'utile au début du XIXe siècle. Alors, avant que les engins de chantiers ne viennent les détruire pour agrandir la route ou construire un lotissement, il nous appartient de tirer la sonnette d'alarme. Ces "Montjoais" méritent une restauration et une mise en valeur...

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En bordure du chemin allant de la zone de la Bourriette au hameau de Maquens.

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À l'intérieur, une citerne

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En bordure du chemin de l'argentier à Maquens

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Le travail des hommes... vu de l'intérieur.

Si vous doutez encore du bien fondé de la démarche, voici:

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Le château d'eau de Maquens construit en 1885 à l'entrée du hameau. Il fut détruit sans concertation en septembre 2008, sous le regard bienveillant de la municipalité de l'époque. Gênait-il? Point du tout!

Source: Au centre, il est une mémoire (Laleman / 2011)

Crédit photos: J. Blanco (sauf, la dernière)

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11/06/2014

Les passerelles de l'île au Moulin du Roy

Il ne vous aura pas échappé qu'on accède à l'île à partir de l'ancien Moulin du Roy, par deux passerelles jetées au dessus du béal, qui servait autrefois à alimenter la motricité du moulin.

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Vous apercevez la première en longeant l'arrière du jardin Pierre et Maria Sire et après être passés sous l'arche du Pont vieux.

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Elle figure sur cette carte postale du début du XXe siècle, dont la photographie a été prise de l'autre côté de sorte que les bâtiments à droite ont disparu depuis.

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Un peu plus loin, au niveau du bâtiment des anciennes fontaines de la Cité, l'autre passerelle est soutenue en son centre par un pilier en pierre. Ces constructions sont typiques de la fin du XIXe siècle dans le style Eiffel, c'est à dire rivetées et sans soudures.

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Les passerelles ont été réalisées par A. Deleu, serrurier à Carcassonne, demeurant 61 rue de la République. On retrouve son nom et son activité dans un annuaire de 1897. Nous pouvons conclure que la ville de Carcassonne savait faire travailler ses artisans. Ainsi ne retrouvons-nous pas les plaques d'égouts, de seuil ou encore les fontaines aux noms de Fafeur, Durand-Roger...etc.

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Sur cette carte, au loin nous apercevons la passerelle telle que les anciens nous l'ont léguée. Tâchons de l'entretenir et de la conserver!

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31/05/2014

Contrevents et... marrez-vous!

Tout le monde connaît désormais l'effort des pouvoirs public afin de rénover la bastide St-Louis. On ne peut plus faire n'importe quoi quand on souhaite réhabiliter son logement. Un cahier des charges drastique soumet le maître d'oeuvre à l'administration compétente, qui renvoie souvent l'entrepreneur à ses chères études. Il est normal que l'on ne puisse apercevoir l'ombre d'une antenne parabolique, d'une climatisation, d'un volet roulant en PVC. Le plus souvent, le contrevenant dénoncé par le voisin voit arriver sur le chantier les inspecteurs et là, une belle amende est dressée en bonne et due forme avec convocation au tribunal. Là, où intervient le côté absurde c'est que les bâtiments de France vont à refuser une fenêtre si à défaut de chêne (par exemple), le menuisier s'avisait à vouloir la monter en bois exotique (moins cher) même verni couleur chêne. Les artisans nous expliquent que le responsable de ce service de l'état qui avait d'abord refusé de vous recevoir pour vous expliquer ce qui est interdit — arguant qu'il n'a pas que ça à faire — vous signifiera que tout doit être comme à l'origine une fois la fenêtre commandée. Comprenez au Moyen-âge ou à la Renaissance... Tout ceci fait considérablement augmenter les devis et malgré les aides, cela dissuade les propriétaires d'entreprendre les travaux fort coûteux. Aussi, si vous passez dans la rue piétonne, il vaut mieux regarder droit devant que de lever les yeux, à défaut priez pour que le contrevent ne vous tombe pas sur la tête!

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À l'angle des rues Clémenceau et de la liberté

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Rue Clémenceau, des magasins réhabilités dans leur architecture primitive et en levant les yeux, le bailleur a préféré s'arrêter là.

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Rue Victor-Hugo

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Face à la Maison de la presse, rue Clémenceau

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Quand vous aurez des menuiseries à refaire, faites comme ici... Murez-les, c'est nettement plus médiéval! Les exemples étant multiples, nous vous invitons à visiter la Bastide St-Louis sur cette thématique.

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24/05/2014

Le bastion Montmorency, en vente pour l'euro symbolique!

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Le groupe Korian propriétaire de l'ancienne clinique du Dr Delteil — actuelle maison de retraite — aurait cherché depuis des années à céder l'ancien bastion Montmorency, à la ville de Carcassonne. Selon nos informations, la proposition pour l'euro symbolique aurait été faite à la majorité municipale avant 2009. Celle-ci aurait tout bonnement décliné l'offre pour des raisons que nous ignorons. Mettons tout ceci par précautions au conditionnel. Il n'en demeure pas moins que cette idée est loin d'être farfelue, puisque la directrice de la maison de retraite ne dément pas vouloir céder ce monument historique de Carcassonne. L'information que j'ai largement diffusée hier sur les réseaux sociaux, comme à mon habitude quand il s'agit de mobiliser les troupes, s'est propagée comme une traînée de poudre.

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Le bastion montmorency est l'un des bastions qui, situés au quatre points cardinaux, protégeaient la Bastide St-Louis au XVIe siècle. Il n'en reste que trois: Le Jardin du calvaire (bd Marcou), le bastion St-Martial (Bd Sarraut) et le bastion Montmorency (Bd Roumens); le dernier a été rasé et se trouvait sur l'emplacement de l'ancienne clinique St-Vincent (Bd Jean Jaurès). La ville était alors entourée de remparts dont on peut imaginer la hauteur quand on se place au pied d'un des bastions. Ils furent rasés à la fin du XVIIIe siècle, les fossés comblés et remplacés par les boulevards que nous connaissons aujourd'hui.

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Dans la rue de la liberté, inséré entre deux bâtiments et bien mal mis en valeur, se trouve l'unique vestige des remparts médiévaux.

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Le bastion Montmorency à la vue imprenable sur la Cité a appartenu au milieu du XXe siècle au Dr Delteil qui y a implanté une clinique. C'est à cet endroit que fut arrêté par la Gestapo en 1944, le chef de la résistance audoise Jean Bringer. C'est à cet endroit que peu de temps après la fin de la seconde-guerre mondiale fut empoisonné et occis le Dr Cannac (ancien résistant), qui devait en savoir trop sur certaines pratiques peu avouables de son hôte. C'est un lieu chargé d'histoires...

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J'ai voulu en savoir davantage sur les intentions de l'actuel propriétaire; j'ai donc interrogé la directrice de la maison de retraite. Une personne charmante et ayant un réel attrait pour le patrimoine. De son propre aveu, le groupe Korian n'a pas pour vocation de conserver un tel monument à sa charge. À sa demande, elle a fait intervenir les services du patrimoine et de la Maison de l'habitat. La semaine dernière une délégation conduite par Marie-France Pauly s'est donc rendue sur place. L'intention de la directrice était de faire procéder au débroussaillage du jardin, mais d'une manière adequate pour ne pas dénaturer, ni fragiliser le site.

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Tout comme le Jardin du calvaire, ce bastion possède des essences d'arbres remarquables: Pin parasols, eucalyptus... La directrice voudrait les faire répertorier. Je lui ai donc proposé de contacter la DIREN (Direction Régionale de l'Environnement) qui pourra faire classer le site, comme elle le fit avec le Calvaire. La plupart de ces arbres ont été plantés par le Dr Delteil.

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Émile Delteil avait comme marotte de collectionner les oeuvres d'art et autres curiosités. Ainsi dans le parc, on peut trouver des pierres ou des blasons en réemploi, provenant de d'anciens châteaux ou de belles demeures.

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Au milieu du parc, la maison du docteur, aujourd'hui, ne sert plus à grand chose.

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L'ancienne fontaine de Carcassonne appelée "le dauphin" vient d'être achetée par l'Association des Amis de la Ville et de la Cité", après de longues et fructueuses négociations avec le groupe Korian. Elle va bientôt retrouver un emplacement dans Carcassonne, peut-être dans la cour du Musée des Beaux-arts. Nous voyons ici, toutes les bonnes volontés affichées par cette société privée pour le patrimoine de la ville.

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La ville de Carcassonne va t-elle répondre à l'offre de Korian? Il est pour l'heure trop tôt pour le dire. Toutefois, nous savons qu'Isabelle Chésa (Première adjointe en charge du patrimoine) et qu'Annie Barthès (Conseillère déléguée au patrimoine) ont demandé audience auprès de Korian pour la semaine prochaine. Voilà donc ce qui semble être de bons signaux. Ce qui sûr c'est que l'ancienne clinique du Dr Delteil n'a pas fini de livrer tous ses secrets...

La plupart de ces photos proviennent du blog Chroniques de Carcassonne.

http://chroniquesdecarcassonne.midiblogs.com/tag/bastion+...

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