04/02/2015

Le quartier Saint-Martin est-il tombé dans l'oubli ?

Tout commence par de vieilles photographies aériennes tirées de ma collection personnelle, prises par la TAM (Transports Aériens du Midi) au début des années 1950. Dans un coin, il est indiqué :

" Carcassonne, quartier Saint-Martin"

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N'ayant jamais entendu parler d'une partie de la ville portant ce nom, j'en conclus d'abord qu'il s'agit sûrement d'une erreur. Quelques mois plus tard, les clichés me retombant entre les mains, je décide d'examiner plus profondément les photographies. À l'aide d'une loupe et d'un plan de Carcassonne, j'essaie les comparaisons et là, je me rends à l'évidence. Le quartier Saint-Martin n'est ni plus ni moins que le quartier Pasteur, dénommé ainsi par les habitants en raison de la rue du même nom qui le traverse.

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La construction du quartier St-Martin vers 1950

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Le quartier Pasteur en 2015

Jaune : Rue Albert

Rouge : Rue Rodin

Vert : Rue d'Isly

Bleu : Rue Pasteur

Violet : Daumier

Restait à connaître les raisons pour lesquelles il portait autrefois ce nom et celles pour lesquelles, il ne le porte plus aujourd'hui.

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Ainsi ai-je appris l'existence d'une chapelle édifiée en 1953 dans la rue Pasteur, numéro 82. Elle a été placée sous le vocable de Saint-Martin et se trouve à l'arrière de l'actuelle maison de retraite Béthanie. Ceci explique qu'elle servit à de nombreuses reprises pour les sépultures des prêtres ayant fini leurs jours à Béthanie. Cette chapelle, selon un témoin, pourrait être menacée de destruction car l'évêché n'a plus les moyens d'entretenir son patrimoine sacré. L'achat du terrain par un promoteur et un coup de bulldozer auront raison de ce lieu de prières. En lieu et place, je vous laisse imaginer ce qu'on pourrait y faire... Aussi est-il très important de ne pas laisser tomber dans l'oubli l'origine de ce quartier Saint-Martin devenu... Pasteur.

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19/01/2015

La peinture sous le Dôme tombe en ruine !

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La municipalité d'Antoine Gayraud décidait en 1977 de raser l'ancien hôpital de la ville (Hôtel Dieu) pour ne conserver que la porte d'entrée (rue Brassens) et le dôme de la chapelle. Ce dernier vestige est le plus remarquable du bâtiment disparu. L'aspect extérieur trompe le public sur le réel état de conservation de l'ensemble car il est une partie de toute beauté totalement laissée à l'abandon depuis trop longtemps déjà.

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Si vous vous placez sous le Dôme, levez donc les yeux au ciel. L'accès est libre et chacun peut si rendre sans problèmes. Je trouve scandaleux qu'une telle beauté, même si ce n'est pas la chapelle sixtine, soit dans cet état. Carcassonne n'aura jamais une chapelle sixtine, en revanche ce qu'elle possède doit être conservé.

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Une voie d'eau dans la toiture a endommagé d'une manière irréversible, les peintures en plusieurs endroits. Je vous laisse juge de la beauté, ci-dessous, de chaque détails.

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Le blason de la ville de Carcassonne

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Hélas, les pigeons nichent sur la corniche en bois et personne ne se soucie des dégâts qu'ils occasionnent. Il suffirait de placer des tiges en métal tout autour afin qu'ils ne puissent pas se poser et cela règlerait un des problèmes. Cela se fait sur bien des bâtiments historiques qui sont ainsi préservés des fientes.

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L'espace F. Mitterrand est maculé par la fiente des pigeons qui nichent sous le dôme!

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25/12/2014

Les oeuvres du sculpteur Jean Augé menancées par la destruction d'Ozanam

Le journal l'Indépendant dans son édition de ce matin nous apprend la destruction programmée de la cité Ozanam, dont les premiers coups de pioche débuteront le 15 janvier 2015 sur le bâtiment Cabardès. La préfecture audoise et le bailleur social Habitat Audois se sont mis d'accord pour raser ce quartier devenu "sensible". Ont-ils pris en compte que chaque bâtiment posséde sur sa façade une oeuvre du sculpteur Jean Augé ? Franchement, je l'ignore mais nous avons diffusé sur ce blog plusieurs articles les recensant. Le peu de cas porté par Carcassonne aux respects de la mémoire et des oeuvres artistiques, nous amène légitimement à penser que si nous ne faisons rien, tout sera détruit sans autre forme de procès. Il appartient donc à chacun de prendre ses responsabilités et d'avertir le préfet et Habitat Audois.

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Saint-Vincent de Paul

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Saint-Georges terrassant le dragon

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Sainte-Thérèse de Lisieux

Ci-dessous l'article sur Jean Augé

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive...

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13/12/2014

Dans la cour de l'évêché...

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En 1910, on jouait la Passion du christ avec de nombreux figurants. Sur cette carte postale, nous apercevons l'enfeu situé à l'arrière de l'église des Carmes. Plus précisément dans la cour de l'actuel évêché.

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Caché derrière une rangée de lauriers roses de deux mètres de haut, on découvre cet enfeu. Ne pourrait-on pas raser ces fleurs, certes très jolies mais qui ne permettent pas d'admirer ce qui se trouve à l'intérieur?

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Dans une alcôve, se trouve la statue de la vierge Marie sculptée par Cabrol en avril 1876. Qui était ce Cabrol ? Elle est en marbre de Caunes. Un jour elle peut très bien disparaître dans l'indifférence générale, comme tant d'autres objets dans Carcassonne...

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05/11/2014

Carcassonne aime t-elle ses oeuvres d'Art contemporain ?

En passant l'autre jour au rond-point du lycée agricole Charlemagne, je fus intrigué par une oeuvre d'art située en bordure de la route de Saint-Hilaire. Je m'arrêtais alors pour en prendre connaissance. Fort heureusement et chose unique dans Carcassonne — nous le verrons plus tard — la sculpture portait non seulement le nom de l'artiste mais également le titre de l'oeuvre. Je pouvais donc en rentrant chez moi, chercher avec la facilité que procure désormais internet, la biographie de Jean Suzanne et de sa sculpture intulée "Le signe méditerranéen". Cela ne me suffisait pas, il me fallait connaître le fil de l'histoire qui avait pu l'amener à cet endroit. Je décidais de téléphoner à Jean-Marc Tilcke, galeriste d'art contemporain bien connu à Carcassonne. Il administre "La maison du chevalier" dans la rue Trivalle.

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L'oeuvre de Jean Suzanne

J'apprends que ce sont en fait six oeuvres qui ornent les rond-points de Carcassonne depuis 20 ans. Au début des années 1990 eut lieu dans notre ville un symposium de sculpture, piloté par Jean-Marc Tilcke en collaboration avec la ville de Carcassonne représentée par Raymond Chésa, le ministère de la culture représenté par le préfet et le Conseil régional représenté par Jacques Blanc. D'après J-M Tilcke, la mairie devait à l'issue de la manifestation faire l'acquisition des sculptures. Ce qu'elle ne fit pas. Le directeur de la Maison du chevalier décida alors d'emprunter pour pouvoir les conserver à Carcassonne, pour une somme totale de 20 millions d'anciens francs (30.000 €). Finalement, un arrangement fut trouvé avec Raymond Chésa afin que les six oeuvres prennent place dans Carcassonne. Contractuellement, un commodat ou prêt à usage fut signé entre les parties. Il oblige la ville à assurer, entretenir et protéger les sculptures.

Les six sculptures

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La nef de pierre d'Ariel Mocovici

Cette oeuvre se trouvait jusqu'en 2003 dans le square Gambetta. Depuis dix ans, elle est entreposée en extérieur aux serres municipales dans les conditions que vous voyez ci-dessus. Notons que dernièrement une sculpture d'Ariel Moscovici a été achetée par Taïwan pour 300.000 dollars.

http://arielmoscovici.free.fr/

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La fracture de Jean Suzanne

Cette oeuvre conçue en acier et inox a été débaptisé sans le consentement de l'artiste. Elle porte sur son socle le titre de "Signe méditerranéen".

http://www.jeansuzanne.com/

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Tcherban Gabréa

Cette sculpture se trouve sur le rond-point Maurice Ancely, avant d'arriver à Géant Cité 2. Elle ne porte aucune mention ni sur l'artiste, ni sur l'oeuvre.

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Bata Marianov

Cette oeuvre en bois se trouve route de Saint-Hilaire, à l'entrée de la rue Barbacane. Elle ne porte aucune mention.

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Nicolas Cleissig

Cette sculpture se trouve sur le rond-point Maurice Ancely, avant Géant Cité 2. Aucune mention n'y figure.

Michel Argouge

Je n'ai pas retrouvé sur le rond-point de l'aéroport, une trace de son oeuvre.

Quel avenir pour ses sculptures ?

Il est évident que très très peu de personnes connaissent l'histoire de ces oeuvres et qu'un jour, on pourrait imaginer qu'un inculte en mal artistique se prenne à les repeindre en bleu. On l'a vu ailleurs récemment... Néanmoins, elles semblent plutôt en bon état au milieu d'espaces verts entretenus. C'est tout et pas plus, car pour le reste l'art contemporain ne semble pas émouvoir nos élus. Moi-même qui suis totalement profane dans ce domaine, je ne me hasarderais pas à en faire la critique. Toutefois, n'est-il pas intellectuellement dommage pour la culture dans cette ville de posséder des sculptures d'artistes mondialement reconnus et de s'en désinteresser ? N'est-il pas économiquement idiot de les conserver ainsi, alors même que leur valeur a été multipliée par dix en 20 ans ? Quand bien même la ville n'en serait que le dépositaire, ne devrait-elle pas réaliser des panneaux pour indiquer le nom de l'oeuvre et celle de l'artiste ?

Bonne nuit Carcassonne ! L'ombre s'abat sur toi.

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22/10/2014

Une colonne destinée au Petit Trianon du château de Versailles est à Carcassonne.

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Cette colonne en marbre de Caunes-Minervois qui orne le Square André Chénier était destinée au "Petit Trianon" du château de Versailles. Le roi Louis XIV en avait passé commande, mais elle resta finalement dans la carrière dans l'oubli général. Quand la ville voulut au moment de la Restauration rendre hommage à Louis XVIII en érigeant une colonne à sa gloire, celle-ci ressortit de l'ombre. Elle prit place au centre du Jardin Royal en 1826 (Jardin des plantes; actuel Square Chénier).

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Aujourd'hui, elle se trouve dans un état déplorable de saleté qui gâche la beauté du marbre. La ville s'en sert de panneau d'affichage pour les animations de la Féria ou du Festival off. La municipalité qui vient de rendre sa splendeur passée à la fontaine de Neptune située place Carnot, devrait songer sérieusement à faire de même sur cette colonne.

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Si vous remarquez bien, vous vous apercevrez que le haut de la colonne était surmontée d'une boule avec une pique. Aujourd'hui, elle a disparu. Pourquoi? Pendant la seconde guerre mondiale, un allemand posté dans l'immeuble en face (Chez Fred, aujourd'hui) s'amusa lors d'un pari à atteindre la colonne avec un fusil Garand. La boule touchée par les projectiles et la pique rouillée ne furent jamais remplacées.

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