08/11/2014

L'arlequin de Jean Camberoque mériterait une restauration

Le 16 mars 1907, le magasin de vêtements

"Au pont neuf"

ouvre ses portes à grand renfort publicitaire, pour se distinguer de son concurrent "La belle jardinière" situé en face (Office du tourisme). Le commerce est alors tenu par Ange Bénédetti qui disparaît dans un accident de voiture en 1932. Le commerce est alors vendu puis repris par

Paul Chonier.

Originaire de Clermont-Ferrand, il transforme l'établissement dans la forme qu'on lui connaît aujourd'hui. Le "sur mesures" a été remplacé par la "confection" et l'établissement a même été réquisitionné pendant la seconde guerre mondiale pour réaliser les uniformes des soldats français. A la libération, c'est André, son fils, qui a pris la relève puis aujourd'hui, Bertrand et sa soeur Anne. Ainsi trois générations se succèdent dans ce commerce de grande qualité.

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Une publicité qui exagère volontairement l'importance du commerce, en le calquant sur les grands magasins parisiens.

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Le magasin Au pont neuf au moment de son rachat par Paul Chonier. Il avait alors encore son aspect "Belle époque", avec son imposte au-dessus de la porte donnant dans la rue de la préfecture.

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Dans les années 60, la devanture sera cassée et refaite dans un style moderne. À l'angle, apparaît une mosaïque réalisée par le peintre Jean Camberoque.

Voici le récit de son fils Charles :

Mon père avait réalisé cette céramique lorsque Monsieur Chonier a rénové son magasin dans les années 60. La boutique s'appelant alors l'Arlequin. Chonier lui avait par conséquent commandé un arlequin. Ce personnage était alors récurant dans sa peinture et ses créations. Cette céramique est donc une commande. Je me souviens lorsque dans son atelier mon père dessinait cet arlequin sur les carreaux de céramique, j'avais une dizaine d'années et pis lorsqu'il a été installé, j'étais fier quand je passais rue de Verdun...
Jean Camberoque était un artiste qui créait des oeuvres, utilisant plusieurs techniques, de la peinture en passant par la céramique, la gravure, la lithographie, la sculpture... Les grincheux le lui repprochaient parfois alors que de nos jours les artistes placticiens utilisent sans problème plusieurs médiums. Il était en avance sur son temps !

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Sur la façade de l'actuel magasin à l'angle des rues Bringer et Verdun, l'Arlequin attend une restauration méritée. Quand on regarde de plus près, c'est là que l'on s'aperçoit qu'il s'agit d'une oeuvre d'art. Plus encore, avec l'accord du propriétaire cette oeuvre devrait être inventoriée et classée.

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La signature de l'artiste

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Jean Camberoque dans son atelier en 1993

© Charles Camberoque

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05/11/2014

Carcassonne aime t-elle ses oeuvres d'Art contemporain ?

En passant l'autre jour au rond-point du lycée agricole Charlemagne, je fus intrigué par une oeuvre d'art située en bordure de la route de Saint-Hilaire. Je m'arrêtais alors pour en prendre connaissance. Fort heureusement et chose unique dans Carcassonne — nous le verrons plus tard — la sculpture portait non seulement le nom de l'artiste mais également le titre de l'oeuvre. Je pouvais donc en rentrant chez moi, chercher avec la facilité que procure désormais internet, la biographie de Jean Suzanne et de sa sculpture intulée "Le signe méditerranéen". Cela ne me suffisait pas, il me fallait connaître le fil de l'histoire qui avait pu l'amener à cet endroit. Je décidais de téléphoner à Jean-Marc Tilcke, galeriste d'art contemporain bien connu à Carcassonne. Il administre "La maison du chevalier" dans la rue Trivalle.

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L'oeuvre de Jean Suzanne

J'apprends que ce sont en fait six oeuvres qui ornent les rond-points de Carcassonne depuis 20 ans. Au début des années 1990 eut lieu dans notre ville un symposium de sculpture, piloté par Jean-Marc Tilcke en collaboration avec la ville de Carcassonne représentée par Raymond Chésa, le ministère de la culture représenté par le préfet et le Conseil régional représenté par Jacques Blanc. D'après J-M Tilcke, la mairie devait à l'issue de la manifestation faire l'acquisition des sculptures. Ce qu'elle ne fit pas. Le directeur de la Maison du chevalier décida alors d'emprunter pour pouvoir les conserver à Carcassonne, pour une somme totale de 20 millions d'anciens francs (30.000 €). Finalement, un arrangement fut trouvé avec Raymond Chésa afin que les six oeuvres prennent place dans Carcassonne. Contractuellement, un commodat ou prêt à usage fut signé entre les parties. Il oblige la ville à assurer, entretenir et protéger les sculptures.

Les six sculptures

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La nef de pierre d'Ariel Mocovici

Cette oeuvre se trouvait jusqu'en 2003 dans le square Gambetta. Depuis dix ans, elle est entreposée en extérieur aux serres municipales dans les conditions que vous voyez ci-dessus. Notons que dernièrement une sculpture d'Ariel Moscovici a été achetée par Taïwan pour 300.000 dollars.

http://arielmoscovici.free.fr/

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La fracture de Jean Suzanne

Cette oeuvre conçue en acier et inox a été débaptisé sans le consentement de l'artiste. Elle porte sur son socle le titre de "Signe méditerranéen".

http://www.jeansuzanne.com/

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Tcherban Gabréa

Cette sculpture se trouve sur le rond-point Maurice Ancely, avant d'arriver à Géant Cité 2. Elle ne porte aucune mention ni sur l'artiste, ni sur l'oeuvre.

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Bata Marianov

Cette oeuvre en bois se trouve route de Saint-Hilaire, à l'entrée de la rue Barbacane. Elle ne porte aucune mention.

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Nicolas Cleissig

Cette sculpture se trouve sur le rond-point Maurice Ancely, avant Géant Cité 2. Aucune mention n'y figure.

Michel Argouge

Je n'ai pas retrouvé sur le rond-point de l'aéroport, une trace de son oeuvre.

Quel avenir pour ses sculptures ?

Il est évident que très très peu de personnes connaissent l'histoire de ces oeuvres et qu'un jour, on pourrait imaginer qu'un inculte en mal artistique se prenne à les repeindre en bleu. On l'a vu ailleurs récemment... Néanmoins, elles semblent plutôt en bon état au milieu d'espaces verts entretenus. C'est tout et pas plus, car pour le reste l'art contemporain ne semble pas émouvoir nos élus. Moi-même qui suis totalement profane dans ce domaine, je ne me hasarderais pas à en faire la critique. Toutefois, n'est-il pas intellectuellement dommage pour la culture dans cette ville de posséder des sculptures d'artistes mondialement reconnus et de s'en désinteresser ? N'est-il pas économiquement idiot de les conserver ainsi, alors même que leur valeur a été multipliée par dix en 20 ans ? Quand bien même la ville n'en serait que le dépositaire, ne devrait-elle pas réaliser des panneaux pour indiquer le nom de l'oeuvre et celle de l'artiste ?

Bonne nuit Carcassonne ! L'ombre s'abat sur toi.

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12/09/2014

Une oeuvre de Barry Flanagan cachée dans Carcassonne

Barry Flanagan est un sculteur britannique dont les oeuvres ont atteint une notoriété internationale à partir des années 80. Elles sont tour à tour exposées dans les plus grands musées du monde: New-York, Paris, Tokyo. En 1982, il représente la Grande-Bretagne à la biennale de Venise et deux ans plus tard, il participe au Liverpool Garden Festival. Au début des années 1990, il fonde avec Louise Romain et John Cockin, le Centre de sculpture de Montolieu (Aude).

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Barry Flanagan

(1941-2009)

© The Gardian

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Thinker on a rock

National gallery of art (New-York)

© Wikipédia

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© Martial Andrieu

Carcassonne possède une oeuvre de Barry Flanagan. Elle se trouve dans le petit jardin de la capitainerie du port du Canal du midi. Ce petit jardin est beaucoup trop méconnu et retiré pour qu'une majorité de personnes puisse y prêter une attention quelconque. Notons que l'oeuvre possède aucune inscription permettant d'en identifié l'auteur. Pourtant, elle a une histoire...

 Après une expostion d'art contemporain, inaugurée en 1998 dans les jardin de la préfecture par le maire Raymond Chésa. Monsieur Decharrière, préfet de l'Aude, décida de conserver cette oeuvre. Elle fut donc exposée en ce lieu, le temps du passage de ce préfet. Une fois muté, son successeur ne voulant pas ce type de scupture, tenta d'y trouver une autre destination. C'est ainsi que ce bronze arriva dans le jardin de la capitainerie.

Ainsi avons-nous à Carcassonne comme dans les plus grandes villes du monde, une sculture de Barry Flanagan sans que l'on le sache, ni qu'on y prête la moindre attention. Autant donner du lard, aux cochons... et de l'art, au poltrons!

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01/09/2014

Le monument à la résistance audoise révèle un secret...

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© Chroniques de Carcassonne

Le monument à la résistance audoise sculpté par René Iché (1897-1954) en 1948 garde en lui, le secret de l'artiste qui lui-même fut résistant de la première heure...

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Au centre de l'oeuvre, on peut lire:

À la mémoire de Jean Bringer Myriel et de ses compagnons, héros qui périrent suppliciés dans la lumière d'août 1944.

Le buste sur lequel est burinée cette épitaphe est censé représenter le chef départemental des FFI de l'Aude, Jean Bringer. Or, il n'en est rien...

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© Académie des Arts et des Sciences

C'est le peintre Max Savy (1918-2010), lui-même résistant tarnais, qui a servi de modèle au sculpteur qui n'avait pas à ce moment-là de photographie de Jean Bringer.

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Jean Bringer (1916-1944)

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02/08/2014

Le "Petit faune" d'Hubert Lavigne est à la mairie de Carcassonne

Sur combien de photographies de mariages prises en bas des marches de l'escalier d'honneur de l'ancienne mairie, figure cette sculpture, énigmatique, aux yeux des jeunes époux ? Que représente t-elle et d'où vient-elle ? Voilà quel fut le sujet de ma recherche...

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Le "Petit faune" est une oeuvre en marbre du sculpteur français Hubert Lavigne (1818-1882) qui obtint la troisième place au Prix de Rome en 1843. La date de création (1865) et le nom de l'artiste sont gravés au dos de cette pièce. D'après le Catalogue interministériel des dépôts d'oeuvres d'art de l'état, elle fut acquise en salon de 1866 et déposée dans les collections du Musée des Beaux-arts de Carcassonne, deux plus tard. Par déduction, nous avançons l'hypothèse tout à fait raisonnable, qu'elle fut placée à la mairie lors de sa construction au début des années 1930.

À quel salon participa Lavigne ? Au salon des artistes français de Paris:

"Quant à M. Lavigne, on peut lui dire, sans craindre
de lui tourner la tète, que son Petit faune à la vipère
est une des pièces intéressantes de notre exposition
de sculpture; non-seulement parce que le sujet est
spirituellement conçu, et que ce petit sauvageon
d'enfant fait une grimace comique en secouant la
vermine rampante qui s'entortille à son pied. Il ne
faudrait rien de plus, je le sais, pour éveiller l'atten-
tion du public et pour assurer à ce faune une place
d'honneur à l'étalage des marchands de bronze;
mais j'ai autre chose à louer dans l'ouvrage de
M. Lavigne. La petite tête est d'une finesse remar-
quable, sous ses cheveux de marcassin effarouché ; le
ventre est bien modelé, et le dos fait un bon revers
à la médaille ; il y a de jolis morceaux dans les bras,
et le genou, que j'ai gardé pour la bonne bouche,
ne déparerait pas l'œuvre d'un homme fait."

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08/01/2014

Le Musée Jean Beaubois

Le 17 mai 2001, le maire Raymond Chésa inaugurait à Maquens le musée consacré au peintre local Jean Beaubois. Ce dernier fut pendant de nombreuses années très actif dans le domaine culturel de la ville, à travers notamment ses cours d'art plastique qu'il dispensaient à l'école municipale de dessin.

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Jean Beaubois entouré par ses élèves dans l'école municipale de dessin en 1973. Les cours avaient lieu dans l'ancien lycée de garçons de la rue Littré, tous les mardis de 21h à 23h et les samedis de 14h à 16h. Les 170 élèves étaient répartis par groupes selon leur âge (120 enfants, 30 adolescents et 20 adultes). L'enseignement était gratuit et le matériel était fourni par la municipalité. L'animation était assurée par M. Beaubois, son épouse Michelle, M. Gervais Bataille et Sylvie Berman.

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Vous pouvez découvrir le peintre et son oeuvre dans ce livre rédigé par son épouse Michelle.

Il est en vente sur Priceminister.com (Cliquez le lien ci-dessous)

http://www.priceminister.com/offer/buy/62534934/Beaubois-...

Musée Jean Beaubois

5, impasse des écoles

11090 Maquens

04 68 71 42 62

(Visites sur Rendez-vous)

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