12/09/2014

Une oeuvre de Barry Flanagan cachée dans Carcassonne

Barry Flanagan est un sculteur britannique dont les oeuvres ont atteint une notoriété internationale à partir des années 80. Elles sont tour à tour exposées dans les plus grands musées du monde: New-York, Paris, Tokyo. En 1982, il représente la Grande-Bretagne à la biennale de Venise et deux ans plus tard, il participe au Liverpool Garden Festival. Au début des années 1990, il fonde avec Louise Romain et John Cockin, le Centre de sculpture de Montolieu (Aude).

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Barry Flanagan

(1941-2009)

© The Gardian

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Thinker on a rock

National gallery of art (New-York)

© Wikipédia

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© Martial Andrieu

Carcassonne possède une oeuvre de Barry Flanagan. Elle se trouve dans le petit jardin de la capitainerie du port du Canal du midi. Ce petit jardin est beaucoup trop méconnu et retiré pour qu'une majorité de personnes puisse y prêter une attention quelconque. Notons que l'oeuvre possède aucune inscription permettant d'en identifié l'auteur. Pourtant, elle a une histoire...

 Après une expostion d'art contemporain, inaugurée en 1998 dans les jardin de la préfecture par le maire Raymond Chésa. Monsieur Decharrière, préfet de l'Aude, décida de conserver cette oeuvre. Elle fut donc exposée en ce lieu, le temps du passage de ce préfet. Une fois muté, son successeur ne voulant pas ce type de scupture, tenta d'y trouver une autre destination. C'est ainsi que ce bronze arriva dans le jardin de la capitainerie.

Ainsi avons-nous à Carcassonne comme dans les plus grandes villes du monde, une sculture de Barry Flanagan sans que l'on le sache, ni qu'on y prête la moindre attention. Autant donner du lard, aux cochons... et de l'art, au poltrons!

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01/09/2014

Le monument à la résistance audoise révèle un secret...

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© Chroniques de Carcassonne

Le monument à la résistance audoise sculpté par René Iché (1897-1954) en 1948 garde en lui, le secret de l'artiste qui lui-même fut résistant de la première heure...

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Au centre de l'oeuvre, on peut lire:

À la mémoire de Jean Bringer Myriel et de ses compagnons, héros qui périrent suppliciés dans la lumière d'août 1944.

Le buste sur lequel est burinée cette épitaphe est censé représenter le chef départemental des FFI de l'Aude, Jean Bringer. Or, il n'en est rien...

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© Académie des Arts et des Sciences

C'est le peintre Max Savy (1918-2010), lui-même résistant tarnais, qui a servi de modèle au sculpteur qui n'avait pas à ce moment-là de photographie de Jean Bringer.

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Jean Bringer (1916-1944)

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02/08/2014

Le "Petit faune" d'Hubert Lavigne est à la mairie de Carcassonne

Sur combien de photographies de mariages prises en bas des marches de l'escalier d'honneur de l'ancienne mairie, figure cette sculpture, énigmatique, aux yeux des jeunes époux ? Que représente t-elle et d'où vient-elle ? Voilà quel fut le sujet de ma recherche...

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Le "Petit faune" est une oeuvre en marbre du sculpteur français Hubert Lavigne (1818-1882) qui obtint la troisième place au Prix de Rome en 1843. La date de création (1865) et le nom de l'artiste sont gravés au dos de cette pièce. D'après le Catalogue interministériel des dépôts d'oeuvres d'art de l'état, elle fut acquise en salon de 1866 et déposée dans les collections du Musée des Beaux-arts de Carcassonne, deux plus tard. Par déduction, nous avançons l'hypothèse tout à fait raisonnable, qu'elle fut placée à la mairie lors de sa construction au début des années 1930.

À quel salon participa Lavigne ? Au salon des artistes français de Paris:

"Quant à M. Lavigne, on peut lui dire, sans craindre
de lui tourner la tète, que son Petit faune à la vipère
est une des pièces intéressantes de notre exposition
de sculpture; non-seulement parce que le sujet est
spirituellement conçu, et que ce petit sauvageon
d'enfant fait une grimace comique en secouant la
vermine rampante qui s'entortille à son pied. Il ne
faudrait rien de plus, je le sais, pour éveiller l'atten-
tion du public et pour assurer à ce faune une place
d'honneur à l'étalage des marchands de bronze;
mais j'ai autre chose à louer dans l'ouvrage de
M. Lavigne. La petite tête est d'une finesse remar-
quable, sous ses cheveux de marcassin effarouché ; le
ventre est bien modelé, et le dos fait un bon revers
à la médaille ; il y a de jolis morceaux dans les bras,
et le genou, que j'ai gardé pour la bonne bouche,
ne déparerait pas l'œuvre d'un homme fait."

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08/01/2014

Le Musée Jean Beaubois

Le 17 mai 2001, le maire Raymond Chésa inaugurait à Maquens le musée consacré au peintre local Jean Beaubois. Ce dernier fut pendant de nombreuses années très actif dans le domaine culturel de la ville, à travers notamment ses cours d'art plastique qu'il dispensaient à l'école municipale de dessin.

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Jean Beaubois entouré par ses élèves dans l'école municipale de dessin en 1973. Les cours avaient lieu dans l'ancien lycée de garçons de la rue Littré, tous les mardis de 21h à 23h et les samedis de 14h à 16h. Les 170 élèves étaient répartis par groupes selon leur âge (120 enfants, 30 adolescents et 20 adultes). L'enseignement était gratuit et le matériel était fourni par la municipalité. L'animation était assurée par M. Beaubois, son épouse Michelle, M. Gervais Bataille et Sylvie Berman.

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Vous pouvez découvrir le peintre et son oeuvre dans ce livre rédigé par son épouse Michelle.

Il est en vente sur Priceminister.com (Cliquez le lien ci-dessous)

http://www.priceminister.com/offer/buy/62534934/Beaubois-...

Musée Jean Beaubois

5, impasse des écoles

11090 Maquens

04 68 71 42 62

(Visites sur Rendez-vous)

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02/12/2013

Jacques Tissinier et les chevaliers cathares de l'A61

Connaissez-vous les Chevaliers cathares ? Mais non, cela n'a rien à voir avec le catharisme ! Je veux parler de l'oeuvre qui orne depuis plus de trente ans l'aire de repos de Pech-Loubat, sur l'autoroute A61 en arrivant sur Narbonne.

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J'ai voulu en savoir davantage sur l'artiste qui en était l'auteur et je me suis livré à une enquête de détective pour remonter jusqu'à lui. Après quelques coups de téléphone au pif, j'ai pu retrouver cet artiste originaire de l'Aude dans la région parisienne où il vit depuis 40 ans. Avec une extrême gentillesse, il m'a livré tous ses secrets ou presque...

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Jacques Tissinier est né le 23 juillet 1936 à Molandier, village du Lauragais dans l'Aude.Le nom de Tissinier dérive du mot tisserand "Tesseyres en languedocien". Au XIIe siècle, à l'époque de la croisade contre les Albigeois, les Cathares étaient communément appelés les tisserands à la robe de lin blanc, propageant les idées de l'hérésie. Depuis le XVIIe siècle, la descendance du patronyme Tissinier vit toujours à Molandier.

Etudes

En 1957, Jacques Tissinier entre à l'Ecole des beaux-arts de Toulouse. Il remporte le prix Suau de la ville de Toulouse. Entre 1961 et 1962, il est à l'Ecole des arts décoratifs de Paris et travaille avec Michel Grommaire. Son passage sera l'occasion de nombreuses rencontres avec Georges Braque, André Malraux, Bernard Dorival et Jean Cassou. L'année suivante, il passe les portes de l'Ecole des beaux-arts de Paris avant d'être logiste au Prix de Rome de peinture. En 1963, il devient pensionnaire à La casa Velasquez de Madrid et expose au Musée d'art moderne de Madrid et Biennale de Paris.

Expositions des années 1960

1965: Exposition Shemes au Musée d'art moderne de Paris. 1966: Lauréat de la fondation de la vocation. 1967: Musée des arts décoratifs de Paris. 1968: Ecole des beaux-arts de Paris

Principales oeuvres

Tissignalisation des abattoirs de Pamiers (1968)

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Les abribus de Port-Barcarès (1968), réalisés en acier émaillé au four à 950°.

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Les crayons libertaires (1972): collège Papus de Toulouse, collège Jean Moulin d'Aubervilliers...

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Les sémaphores écritoires et le crayon libertaire "J'écris ton nom liberté" ont été exposés sur le parvis du centre Georges Pompidou de décembre 1977 à avril 1978.

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Sémaphores épigraphes au Centre Pompidou en 1977

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Porte-étiquète de 9 mètres de haut

(Collège Triolo à Villeneuve d'Asq)

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La Tissignalisation n°14 orne depuis 2003 le plafond de la station de métro Pyramides à Paris. Il s'agit de disques colorés en acier émaillé de 16cm de diamètre. Ils figurent une feuille de papyrus rouge, blanc, bleu et orange.

Les chevaliers cathares

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Solheil d'Oc enlusis el eime dels felibres"

Soleil d'Oc illumine l'âme des fois libres

Ce projet fut l'objet d'une commande lancée par Hubert Mouly en 1977, maire de Narbonne, pour occuper la future aire de repos de Pech-Loubat sur l'autoroute 61. Conceptualisée en 1978-1979, l'oeuvre devait représenter des regards scrutant l'horizon. On ne parlait pas encore de Chevaliers cathares, mais ces formes de 13 mètres de hauteur tournées vers la mer, seront constituées de ciment et de quartz sablé. Au niveau des yeux, Jacques Tissinier achète dans une brocante d'anciens canons lunettes de la Kriegsmarine. Le public pourra ainsi monter à l'intérieur et apercevoir la cathédrale St-Just de très prés. Six mois après l'inauguration en 1980, les lunettes seront volées et serviront à la chasse aux canards dans l'étang de Bages. En 1982, les ASF se porteront acquéreur de ces Chevaliers cathares pour 190 000 francs (source: Rue89)

La polémique

Les défenseurs du catharisme vont bientôt crier haro sur le sculpteur, pour avoir désacralisé l'image des "bons hommes". Il est accusé d'hérésie! "Il n'y a jamais eu de chevaliers chez les Cathares...etc". La presse régionale fait les gros titres, de ce qui est considéré dans le midi comme un véritable scandale. La chanson de Francis Cabrel "Les chevaliers cathares" donne une ampleur sans précédents à cette affaire en lui donnant un écho national.

Les chevaliers Cathares pleurent doucement au bord de l'autoroute, quand le soir descend comme une dernière insulte, comme un dernier tourment..."

Jacques Tissinier lance un défi par courrier à Francis Cabrel:

"Je vous donne rendez-vous à l'aube du 21 juin, jour des feux de la St-Jean, sur le site même, de l'autoroute avec les armes de votre choix"

Le 29 octobre 1983, la Dépêche du midi titre:

"Le chanteur n'a pas relevé le défi du sculpteur"

Mes remerciements à Jacques Tissinier pour son aimable coopération

Crédit photos:

Jacques Tissinier

Blog: Bagnolet en vert

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25/11/2013

Charles Marville (1816-1879) croqua les ruines de la Cité de Carcassonne

On connaît Charles François Bossu, dit Marville, comme "Photographe de la ville de Paris" dont il s'évertua à immortaliser les rues avant leurs destructions sous le Second Empire à partir de 1858. Sait-on qu'il fut d'abord comme tous les pionniers de la photographie, peintre-graveur ?

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Autoportrait de 1861

Marville fut également "Photographe du musée impérial du Louvre" et, fait intéressant pour nous, collabora avec Eugène Viollet-le-duc aux grands chantiers de restauration. Nous avons découvert dans une gravure représentant les ruines de la porte d'Aude, sa signature à côté de celle de Andrew Best et Leloir. En poussant plus loin notre recherche, nous avons appris que ces derniers possédaient un atelier de gravure dans lequel ils étaient associés. Cette piste, nous permit de faire le lien avec un magazine historique qui parut de 1833 à 1838, appelé "Le magasin pittoresque". Restait à retrouver la date exacte de parution pour la gravure ci-dessous.

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Le magasin pittoresque (Octobre 1838)

Bien avant Le Gray, qui photographia officiellement les ruines de la cité médiévale en 1851, un autre photographe en fit un dessin en 1838. Viollet-le-duc s'est-il servi des dessins primitifs de Marville? Ce qui est certain c'est que ce dernier a bénéficié de l'apport photographique qui, vers 1855 n'était utilisé qu'à des fins essentiellement archéologiques. Toutefois, il serait naïf de penser que l'architecte pût baser sa réflexion sur cette nouvelle science qui en l'état, ne permettait pas des prises de vues d'une extrême précsion. Le croquis de l'architecte avait de beaux jours devant lui.

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