20/10/2015

Philippe Soum (1888- 1968), un maire oublié des Carcassonnais.

Avez-vous vu une rue, une avenue ou encore un bâtiment municipal dans Carcassonne portant le nom de Philippe Soum ? À ma connaissance, il n'y en a pas et pas davantage pour Marcel Itard-Longueville et Gaston Faucilhon qui furent comme lui, maire de Carcassonne. Voilà donc trois anciens maires de la ville durant le XXe siècle, passés aux oubliettes de la reconnaissance publique, quand d'autres en ont été largement gratifiés : Henri Gout, Albert Tomey, Jules Fil, Antoine Gayraud et Raymond Chésa. Pourquoi donc cet oubli ? Notons que Philippe Soum et Marcel Itard-Longueville ont été des Résistants avec même pour le second, une déportation au camp de Neuengamme en juin 1944. Étrange donc que ces deux hommes aient été jetés dans les mêmes oubliettes de la renommée que Jules Jourdanne, maire nommé par le gouvernement de Vichy en 1941....

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Philippe Soum par Paul Manaut

Philippe Soum naît le 26 mai 1888 à Perpignan, d'Isidore et de Joséphine Jambert, originaire d'Estagel dans les Pyrénées-Orientales. Il effectue ses études secondaires au collège de Perpignan et en sort bachelier le 19 juillet 1904 à l'âge de 16 ans. Tout naturellement s'en suit une brillante carrière universitaire et professionnelle : études de médecine à la faculté de médecine de Bordeaux, puis interne en psychiatrie à Château Picon où il est l'élève du Professeur Régis. Après avoir présenté sa thèse, il prête serment le 6 juin 1912 et devient médecin.

 C'est au cours de son service militaire à Carcassonne qu'il rencontre sa future épouse Marguerite Durand, chez des amis communs. Il termine son service militaire le 21 mai 1914 avec le grade de médecin auxiliaire décerné le 3 juin 1913 et épouse Marguerite Durand née le 21 janvier 1889 à Carcassonne, fille de Joseph Durand officier de marine originaire de Cherbourg et de Marguerite Milles née à Carcassonne. Elle habite 12 rue d'Isly , sur l'emplacement de l'ancienne ferme Cailhau. Philippe Soum est mobilisé pour la première guerre mondiale et rentre à Carcassonne en 1919, après son affectation dans l'armée d'Orient. Il reçoit la Croix de guerre et s'installe à Carcassonne en 1919 comme médecin généraliste. 

Maire de Carcassonne

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Philippe Soum est élu maire de Carcassonne d'octobre 1947 à Mars 1950 sous la bannière Radical Socialiste. Son premier adjoint est Jules Fil, membre de la S.F.I.O. Les élections municipales du 19 octobre 1947 donnèrent les scores suivants : Parti communiste 32%, Radicaux 24%, S.F.I.O 16%, M.R.P 15% et R.P.F 13%. Les radicaux gérèrent la ville avec la S.F.I.O et le M.R.P  pour seulement deux ans et demi... Une discorde sur le budget de la ville en proie avec les difficultés financières de l'hôpital dont le maire était le médecin-chef le força à démissionner. Il fut mis en minorité au conseil municipal en raison du ralliement du M.R.P avec le P.C et le R.P.F .

Son mandat et son oeuvre     

Parmi les réalisations à mettre au crédit de la municipalité Soum, il faut compter le monument à la Résistance en 1948 ; oeuvre de René Iché dans le square Gambetta. Une urne contenant de la terre provenant du camp de Buchenwald avait été fixé à son pied.

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Le square Gambetta en 1950

L'inauguration de la station des eaux de Maquens en décembre 1949, à côté de l'Auberge des Chênes sur la route de Limoux. Les lettres accrochées sur des plaques de marbre ont disparu.

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La station des eaux de Maquens

Travaux de déblaiement des fossés de la cathédrale Saint-Michel avec mise à jour de vestiges des anciens remparts de la Bastide Saint-Louis.

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© medieval.mrugala.net

Tour médiévale dans les fossés de la cathédrale

 

Visites de personnalités 

Au cours de son mandat le Dr Philippe Soum rendit hommage le 9 décembre 1947 au général Leclerc de Hauteclocque, chef de la 2e DB ; libérateur de la France. La route de Narbonne (RN 113) prit à cette occasion le nom d'avenue du général Leclerc. Le 19 juin 1948, c'est le ministre de l'agriculture Pierre Pflimin qui est reçu à l'occasion de la foire exposition agricole. Le jeudi 24 juin 1948, le romancier américain Charles Morgan est à l'hôtel de ville. 

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Le 9 janvier 1948, son excellence l'honorable Jefferson Caffery, Ambassadeur des États-Unis d'Amérique est reçu à la mairie à l'occasion de l'inauguration de l'avenue Franklin Delano-Roosevelt. En bas, à droite, le général Revers, chef d'État-Major Général, représentant le gouvernement Français. 

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Messe solennelle en hommage au lieutenant Paul A. Swank (1921-1944) tué au combat près d'alet-les-bains, le 17 août 1944. En présence de Georges Guille (député), Philippe Soum (Maire), Jefferson Caffery (Ambassadeur).

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La tombe de Paul A.Swank en bordure de la route d'Alet-les-bains.

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Le livre d'or de la ville de Carcassonne

D'autres personnalités ont été reçues par Philippe Soum : Norman Reader, chef des relations publicitaires des USA avec la France, le 5 mars 1949 ; le docteur Charles Paul, médecin légiste des tribunaux de la Seine, le 9 juillet 1949 ; Edgar Faure, ministre secrétaire d'état aux finances, le 11 décembre 1949 à l'occasion de l'inauguration de la station de pompage d'eau brute de Maquens.

Distinctions 

Officier d'Académie (21 janvier 1931)

Croix de légion d'honneur (28 novembre 1936)

Chevalier de l'ordre de santé publique (23 juillet 1947)

Officier de la légion d'honneur (19 août 1952)

Officier de l'ordre de santé publique (21 janvier 1956)

Qualités

Président de la Société des arts et sciences

Juge au tribunal des pensions

Médecin légiste

Expert près des tribunaux

Médecin-chef de l'hôpital de Carcassonne

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© chroniques de Carcassonne

 Philippe Soum prend sa retraite le 31 décembre 1967 et meurt à son domicile, 15 rue Aimé Ramond à Carcassonne, le 21 Novembre 1968. Il a des obsèques très officielles. Le cortège se dirige à pied de son domicile à Saint-Michel, avec un arrêt devant la mairie où un jeune homme présente ses décorations sur un coussin de velours ; puis de l'église au cimetière Saint-Vincent. Sa tombe n°353 se trouve allée 09.

Il a eu deux fils, Pierre et Robert qui furent médecins généralistes à Carcassonne et élus municipaux. Un de ses petits fils, Philippe Soum, est lui-même médecin à Carcassonne.

Un grand merci à Madame Anne-Marie Picarel-Soum

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30/09/2015

La visite de S.A.R le prince Alphonse de Bourbon, duc d'Anjou.

La ville de Carcassonne reçut à l'occasion du "Millénaire capétien" le 24 octobre 1987, Monseigneur le duc d'Anjou, descendant de Louis XIV et héritier du trône de France. Ce dernier point étant vivement contesté par la famille d'Orléans...

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Alphonse de Bourbon fut accueilli par le maire Raymond Chésa à l'Hôtel de ville puis, au Musée des Beaux-arts, par Jean-François Mozziconacci - conservateur du musée. L'hôte de la ville était le descendant d'une longue lignée qui a donné 39 rois à la France (Capétiens, Valois et Bourbons). Cette visite fit néanmoins grincer des dents à de très nombreux anciens Républicains espagnols vivants à Carcassonne, en raison du mariage du prince avec la petite fille de Franco en 1972. Cela n'a pas gêné le maire, lui-même fils d'un émigré espagnol originaire de la province d'Aragon. Sachons gré au roi Juan Carlos 1er d'avoir assuré la transition démocratique de l'Espagne et d'avoir su résister au coup d'état phalangiste du 24 février 1981.

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Le livre d'or de la ville de Carcassonne

Alphonse Bourbon. 1987. Photo Patrice Cartier.jpg

Le prince alla visiter en toute simplicité visiter la Cité médiévale, sous la conduite de Nicole Bertrou (Première adjointe au maire) et de Jacques Albarel (Adjoint à la culture). Deux ans plus tard, il perdit la vie sur la piste de ski de Beaver Creek (Colorado). Lancé à pleine vitesse un cable tendu en travers lui sectionna la tête ; neuf jours après la date de la mort de Louis XVI et six mois avant le 200e anniversaire de la Révolution française. Étrange coïncidence, n'est-ce pas ?

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Pour les légitimistes, son fils Louis XX est l'actuel prétendant à la couronne de France.

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Louis de Bourbon

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Pour la Maison de France, Jean d'Orléans "Duc de Vendôme", revendique le titre de futur roi de France sous le nom de Jean IV.

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26/09/2015

Que va t-il rester bientôt des acquis sociaux de 1936 ?

En 1936, de mai à juin, la France gouvernée par le Front populaire de Léon Blum allait connaître un mouvement de grève sans précédent qui allait toucher peu à peu tous les secteurs d'activité. Les entreprises sont occupées par les grévistes qui remettent en cause le principe de la propriété privée des moyens de production. 2 millions de travailleurs ont débrayé, avec pour conséquence une paralysie totale du pays qui a fait craindre aux patrons une révolution Bolchévique. La France traversait depuis 1931 une grave crise économique en grande partie lancée par le crac boursier de 1929. Le chômage, la production, la consommation... tous les signaux étaient au rouge. Les accords Matignon sont signés par la CGT et le patronat à l'initiative du gouvernement le 7 juin 1936. Les ouvriers obtiennent 12% d'augmentation de salaire en moyenne, 2 semaines de congés payés (les premiers), la semaine de travail à 40h au lieu de 48h, une loi sur l'allocation chômage... Maurice Thorez (PCF) demanda alors l'arrêt de la grève: "Il faut savoir arrêter une grève dès que satisfaction a été obtenue."

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Les grévistes devant la Rotonde à Carcassonne

À Carcassonne, les travailleurs défilent le poing levé avec des étendards rouges en chantant l'Internationale.  Malheureusement, la hausse des prix allait bientôt annuler l'augmentation salariale prévue par les accords Matignon. Les difficultés économiques forcèrent le gouvernement Blum a dévaluer le Franc et devant les protestations, il décida une pose dans les réformes. Celle des retraites est notamment abandonnée, ce qui déçoit la gauche sans apaiser l'opposition de la droite. L'extrème droite et ses journaux teintés d'antisémitisme à l'endroit de Blum, s'en donnent à coeur joie. Le gouvernement Blum démissionne le 21 juin 1937.

La situation en 2015

Une crise économique depuis 2008 importée des États-Unis sur fond d'escroquerie immobilière et financière ; avec pour conséquence un taux de chômage sans précédent en France. L'élection d'un président socialiste qui fait campagne sur la solidarité et les réformes sociales mais qui les abandonne deux après en changeant de Premier ministre. L'idéologie socialiste fait place au pragmatisme hollandiste tourné vers l'économie social- libérale. Cette politique créée des désordres dans la majorité parlementaire, sans produire dans l'immédiat des effets positif sur le chômage. Pour la première fois dans la cinquième République, l'exécutif est fragilisé par les fissures au sein de sa majorité. On se croirait revenu aux temps de la IVe République, fort heureusement Michel Debré avait tout prévu... L'article 49/3 - héritage de la Monarchie absolue - cristallise encore davantage les frustrations d'une partie des députés tout en préservant les institutions. Ces lois votées sous la contrainte ne seraient pas passées si les centrales syndicales avaient su s'unir comme en 1936. Or, au sein des entreprises privées et de l'administration d'état, on a peu à peu cassé toute possibilité de rébellion. Comment ? En sectorisant les services afin que ceux-ci ne puissent pas se regrouper et défendre des intérêts communs. L'adage "diviser pour mieux régner" n'a jamais été aussi bien employé qu'aujourd'hui... Voyez que bientôt tout va être décidé par accord de branche... Simplification du code du travail ? Malin pour écarter tout mouvement social d'ampleur nationale...  Une invention bien plus efficace que les larges avenues Haussmaniennes de Paris construites sous Napoléon III pour mater la rébellion populaire.

Loin de pouvoir donc manifester leur désapprobation, certains salariés l'expriment clairement dans un vote protestaire, lors des élections. La CGT et son organe politique qu'était le Parti Communiste Français ne représentant plus grand chose, le vote ouvrier est passé à l'extrême droite. Celle qui fait croire à l'agneau, que le loup lui veut du bien. Quand on lit l'histoire sociale des années 30, on se rend compte qu'elle a toujours préféré les patrons qui faisaient donner la troupe contre la fronde des ouvriers. Qu'importe, la crise économique et la guerre ont toujours profité aux mêmes. Nous avons la première et bientôt la seconde pour repartir comme en 1940...

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02/09/2015

Le voyage de Sa Majesté le Roy Louis XIV à Carcassonne en 1660

En ce 300e anniversaire de la mort de Louis XIV qu'on ne célèbrera pas à Carcassonne - pas plus que l'on a célébré celui de Saint-Louis, alors même que cela aurait fait parler de notre ville en des termes bien plus élégants que les jeux du cirque de l'espace Jean Cau - nous allons évoquer le séjour du Roi soleil le premier jour de l'an de grâce 1660.

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Le voyage en Languedoc

Après la signature du traité des Pyrénées le 7 novembre 1659, le roi se rend le 8 novembre au Couvent des Augustins de Toulouse pour le Te Deum. Le lendemain, il reçoit en cette ville le duc Charles de Crécy porteur du traité de paix avec l'Espagne, ainsi que le texte du contrat de mariage avec l'infante Marie-Thérèse d'Autriche. Préparé à Saint-Jean-de-Luz, les documents officiels ont été signés par le cardinal Mazarin et Don Luis de Haro.

 Le  21 novembre, à l'occasion de la Présentation de la Vierge Marie, le Roi va faire ses Dévotions en l'église de St Etienne, puis le lendemain, à deux lieues de Toulouse à la rencontre du cardinal Mazarin qui arrive de St Jean de Luz. Le 24 novembre, Louis XIV accorde une audience aux Députés de la Cour des aides et de la Cour des comptes de Montpellier qui lui sont présentés par l'évêque d'Albi (Gaspard de Daillon de Lude).

28 novembre: le Roi fait la revue de son régiment des gardes françaises et suisses et accorde ensuite une audience aux députés de Montauban. 30 novembre: le Roi reçoit le maréchal duc Antoine III de Gramont de Toulonjon, de retour de son ambassade à Madrid. Le 2 décembre 1659: A l'occasion de la fête de St FRançois Xavier, le Roi va entendre la messe en l'église professe des Jésuites.

3 décembre: Le Roi assiste à la représentation d'une pièce intitulée "le siècle d'or captif mis en liberté par la paix, jouée par les écoliers de la maison professe des Jésuites de Toulouse. Toujours dans cette même ville, le Roi reçoit le 6 décembre des envoyés des villes de Mayence et de Cologne. 15 décembre: Le Roi accorde son audience de congé à l'ambassadeur de Venise, Francesco Giustiniani et reçoit les députés de Provence. 21 décembre: Le Roi fait faire l'exercice à ses mousquetaires dans le jardin de l'archevêché de Toulouse. 23 décembre: Le Roi reçoit le sieur Francesco Bellizani, résident du prince de Mantoue, Charles III de Gonzague, pour son audience de congé. Les 24 et 25 décembre: A Toulouse, le Roi commence par entendre les matines de Noël en l'église des Augustins déchaussés, puis assiste au même endroit aux trois messes. Le matin, il se rend à St-Etienne pour entendre celle qu'y célèbre l'archevêque pierre de Marca. L'après-midi, il y retourne pour la prédication du père Félix Cueillens, cordelier. Le 28 décembre: la famille royale quitte Toulouse et va coucher à Villefranche de Lauraguais. Le 29 décembre: La famille royale quitte Villefranche de Lauraguais et prend la route de Castelnaudary.

 À Carcassonne

La famille royale arrive au soir du 30 décembre 1659. Elle est accueillie par François de Roux, juge-mage de Carcassonne et passe la nuit en son hôtel particulier. 

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L'Hôtel Roux d'Alzonne (Collège André Chénier depuis 1922) dans lequel le Roi Louis XIV a dormi pendant ses deux jours à Carcassonne. Ne cherchez pas une plaque historique le rappelant c'est inutile... Juste en face se trouve la maison natale du poète révolutionnaire Carcassonnais Fabre d'Églantine ; même réflexion.

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© AAVCC

L'ancien Couvent des Augustins, construit en 1283 et rasé en 1792. S'y tinrent les  "États généraux du Languedoc" en 1569.

"Pendant le temps que ce Prince demeura dans cette ville, il entra plusieurs fois dans l'église des Augustins. Un jour il y entendit la messe, fit les dévotions ; visita avec toute la Cour le Saint Suaire* , et passa ensuite dans le cloître, où il toucha environ quatre cens malades, auxquels il fit distribuer une aumône considérable, mais plus grande aux étrangers qu'aux François." (R.P Bouges / 1741)

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© Google

Dans la rue des Études, sur l'actuel emplacement de la résidence "Les Augustins" a été mis à jour lors de sa construction dans les années 1990, l'ancienne église rasée à la Révolution dans laquelle le roi entendit la messe.

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Une plaque rappelle l'histoire du lieu 

 Le départ du Roi

Le 2 janvier: Le Roi quitte Carcassonne pour Pouzols. Le 3 janvier: La famille couche à Béziers. Le 4 janvier: La famille royale couche à Mèze. Le 5 janvier: La famille royale arrive à Montpellier. Le 8 mars 1660: La famille Royale quitte Marseille et retourne à Aix. Le 12 mars, il se rend à Aix où il fait la revue de 600 hommes choisis dans le régiment des gardes pour l'accompagner à St Jean de Luz. puis il se dirige vers Lambesc puis Saon. Il couche à Arles le 18 mars. Le 19 il arrive à Avignon. Le 27 mars, il part pour Orange et revient à Avignon. Le 1er avril, il est à Nîmes et le lendemain à Montpellier.

Le 7 avril il quitte Montpellier pour Pezenas. Le 8, il séjourne à Narbonne dans l'archevêché. Le 9 avril il entend la messe en la cathedrale St Just puis il quitte Narbonne pour Sigean. Le 10 il se rend à Perpignan. De perpignan le 14 avril, il repart à Sigean et Leucate. Le 15 avril, la famille royale repasse à Narbonne.

Retour à Carcassonne

Le 17 avril, le roi et son escorte repasse à Carcassonne.

 " Le dix-septième du même mois il passa une seconde fois à Carcassonne avec la Reine mère dans l'église des Augustins, d'où il partit pour se rendre à St-Jean de Luz." (R.P Bouges / 1741)

Le 18 il quitte Carcassonne et va coucher à Castelnaudary où il retrouve le cardinal Mazarin arrivé le jour précedent. Le 19 il quitte Castelnaudary pour Villefranche de Lauraguais et va à Toulouse. Le 23 avril, il quitte Toulouse et couche à Auch le lendemain. Le 25 à Vic Faisanzac. Le 26 à Naugaro. Le 27, le roi arrive à Mont de Marsan et couche à Tartas. Le 30 avril, il arrive à Dax. Le 1er mai, il quitte Dax pour Bayonne. Le 8 mai, il se rend à St Jean de Luz.

Le 27 mai 1660, c'est le mariage par procuration. Le 9 juin, Louis XIV épouse l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse d'Autriche.

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Mariage de Louis XIV à St-Jean de Luz

Le 14 juin, il quitte St Jean de Luz pour Bayonne. Le 16, il quitte Bayonne pour Dax. Le 18 juin il se rend à Bazas (Tartas) et le 19 juin il couche à Mont de Marsan. Le 20 juin, le roi quitte Mont de Marsan pour arriver à Bordeaux le 23 juin. Le 27 juin, il quitte Bordeaux passe à Bourg et Blaye. Le 28 juin il quitte Blaye, passe par Etauliers et Brie et couche à Saint-Fort. Le 29 juin il arrive à Brouage. Le 30, il dîne au château d'Oléron et retourne coucher à Brouage. Le 1er juillet, il quitte Brouage pour Saint Jean d'Angély puis couche le 2 juillet à Melle. Le 3, il arrive à Lusignan. Le 4 juillet, il arrive à Poitiers pour se rendre à Richelieu. Le 7 il quitte Richelieu et finit son périple à Amboise. 

* Carcassonne possède depuis le Moyen-âge un Saint suaire conservé par les Augustins. Ce linceul aurait servi, comme le suaire de Turin, a envelopper le corps du christ. Ce drap d'une dimension de 80 x 40 cm est actuellement dans une commode située dans la sacristie de la cathédrale Saint-Michel. 

Source

Histoire ecclésiastique et civile de la ville et du diocèse de Carcassonne

R.P Bouges / M.DCC.XLI

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01/09/2015

La visite officielle de Charles de Gaulle dans l'Aude en 1960

Le 25 février 1960, le général de Gaulle est en visite officielle en Languedoc. Le Président de la République appelé au secours d'une France enlisée dans le conflit Algérien, n'est au pouvoir que depuis deux ans. Le cortège présidentiel traverse le Tarn, l'Aude, l'Hérault et le Gard où plusieurs discours sont attendus sur L'Algérie, l'indépendance militaire et l'agriculture. Après son arrivée en train à 8h à Gaillac, le général passe par Carmaux, Albi puis Castres où devant un peuple acquis à sa cause, il prononce un important discours sur l'autodétermination de l'Algérie :

"L'avenir de l'Algérie appartient aux algériens" et "Il n'est plus possible de garder ce qu'hier on appelait encore l'Empire".

Aucun village n'échappe à son passage, dans lesquels sont déployés des arcs de triomphe ou des croix de Lorraine. En descendant par la Montagne noire il s'arrêtera même saluer la foule à Villegailhenc avant d'arriver à Carcassonne.

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Dans la rue de Verdun les motards ouvrent la voie et chacun attend d'apercevoir, plus que le Président, le libérateur de la France. Sur son passage, on crie Vive de Gaulle! A Carcassonne, il n'y aura pas de discours mais le général passera la nuit à la Préfecture. Dans sa chambre, on fera aménager un lit à sa mesure. On l'appelle aujourd'hui la chambre du Président ; le dernier a y avoir dormi est Hervé Morin, ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy. 

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© Jean Pidoux

Le salut au drapeau, place Carnot

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© René Roques / La dépêche du midi

Place Carnot, le général est accueilli par le maire Jules Fil

 Le général est accompagné de Madame de Gaulle mais qui se tient en retrait et qui ne s'affichera pas à ses côtés. Plusieurs de ses ministres sont aussi présents: MM. Guillaumat (Ministre délégué), Châtenet (Ministre de l'intérieur), Fontanet (Secrétaire d'état au commerce). Au cours du dîner à la Préfecture, servi par la maison Auter, rue Courtejaire, de Gaulle put goûter la première bouteille d'un cru de la région. Il s'agit du vin d'Ombres du château de Floure, au pied de l'Alaric dont le propriétaire était Gaston Bonheur. Le directeur de "Paris-Match" était également le biographe du général.

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© Antonia Reynès

Dans sa DS 19 toute neuve, le général en civil, prit la route à 7h45 tapantes en direction de Limoux avec un arrêt à Preixan. La réception officielle se fit par le conseil municipal et son député-maire M. Clamens, mais les producteurs de la région la boycottérent. En effet, la Confédération générale des vignerons avait invité ses membres a rester chez eux pour protester contre l'état de la viticulture. Les habitants ne furent cependant pas déçus car après qu'il eut prit la route en direction de Narbonne, une grande dégustation gratuite de Blanquette eut lieu sur la place de la république.

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© Costesèque

Le discours du maire de Lézignan, Jacques Ouradou

À Lézignan, capitale des Corbières, le maire rendit hommage :"Confiance et soutien au grand Français libérateur de la Patrie et mainteneur de l'autorité de toutes les institutions républicaines à travers les orages". Deux fillettes offrirent des fleurs aux couleurs de France ; il s'agit de Michèle Tournier (fille de Louis Tournier, adjoint au maire) et de Dominique Ribaud (petite fille du maire). La visite éclair de Charles de Gaulle à Lézignan n'aura duré que sept minutes...
 
À Villedaigne, un habitant interpelle De gaulle: "Pensez au vin, monsieur de Président! Il répondit: "Je n'y manquerai pas".

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© INA

C'est enfin à Narbonne sur la place de l'Archevêché à côté du député-maire Francis Vals, que Charles de Gaulle prononça un discours lourd de sens sur l'avenir militaire de la France. Vous pouvez visionner son intervention en cliquant sur le lien ci-dessous :
 
 
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28/08/2015

La visite officielle du Président de la République François Mitterrand en 1985

Au cours de son voyage en Languedoc-Roussillon du 24 au 25 juin 1985, le Président de la République s'arrêtera dans la capitale audoise. Il sera reçu à l'Hôtel de ville par le maire Raymond Chésa et au Conseil général, où l'attendra le président Courrière. François Mitterrand est le second chef d'état, après Charles de Gaulle en visite à Carcassonne après la Seconde guerre mondiale. Tout comme son illustre prédécesseur, il y prononcera un discours sur la place Carnot qui fera date dans la mémoire des Carcassonnais. 

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Dès 13 heures, les premiers supporters ont pris place ; le Président n'est attendu que vers 18h20, ce qui n'empêche pas son service de sécurité de passer au détecteur de métaux l'ensemble des bacs de fleurs de la place Carnot. Sur les toits, les tireurs d'élite du G.S.P.R (Groupement de Sécurité du Président de la République) sont déjà là... L'orchestre "Dixie Dizzy" de Limoux et le chanteur occitan Narbonnais "La Sauze", ont été engagés pour créer une animation musicale afin de faire patienter le public. À 15h30, les meilleures places sont prises et plusieurs malaises sont à déplorer dans l'assistance. On apprend que Mitterrand s'étant trop attardé à Narbonne, il aura une heure de retard sur l'horaire prévu par le protocole.

La sécurité

Le voyage présidentiel a nécessité la présence effective de 5000 forces de l'ordre. Rien que pour Mitterrand lui-même et sa sécurité, 75 hommes du G.S.P.R dont trois cercles de trois personnes autour de lui dans ses déplacements dans la foule. 45 hommes supplémentaires pour veiller son sur épouse et les membres du gouvernement l'accompagnant.

Son médecin personnel l'a suivi partout avec deux malettes. François Mitterrand, grand buveur d'eau, ne se désaltérait jamais avec des bouteille en plastique. Une aiguille aurait pu introduire un poison à l'intérieur de celles-ci. 

L'accueil à la mairie

Le Président de la République atterri sur l'aérodrome de Salvaza où l'attend un parterre d'élus du département ; le maire de Carcassonne et le président du Conseil général en tête. Le service d'ordre est tel qu'il est impossible de passer sans accréditation ; pareille mésaventure arrivera à Nicole Bertrou (1ère adjointe au maire), refoulée par des gorilles refusant de la reconnaître. Même pour aller aux toilettes, il faut montrer patte blanche. Mitterrand se rend à l'Hôtel de ville à l'invitation du maire RPR, qui doit y prononcer un discours d'accueil en présence du conseil municipal.

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Si la salle des mariages fut choisie, ce ne ce ne fut pas à l'évidence pour célébrer l'union politique entre les deux hommes. Raymond Chésa dans un style direct et très politique, dénonça avec force l'élargissement de l'UE à l'Espagne et au Portugal. Il tenta de retranscrire ainsi les craintes des viticulteurs audois en ce qui concerne leurs propres intérêts. N'écoutant que sa franchise, il évoqua le sort des 13.065 demandeurs d'emplois dont 1800 T.U.C (ancêtre du C.E.S) d'une Aude sinistrée. Et comme si cela ne suffisait pas, faisait porter à l'administration les échecs d'implantation à Carcassonne des entreprises Astre-Déco (bloquée par l'ANVAR) et Elscint (refusé par la DATAR) au profit de la ville de Decazeville (Aveyron).

Le Président ne voulant sûrement pas s'aventurer dans un dialogue partisan avec le maire, lança : "Nous ne sommes d'accord sur rien... Vous représentez votre formation politique. C'est bien, très bien !" En guise de fin de non recevoir, il donna rendez-vous au maire place Carnot pour les réponses à ses interrogations. Un peu estomaqué sans doute par l'aplomb de Chésa, il dira en apparté un peu plus tard : "S'ils avaient tous été comme cela !"

Consigne avait été donnée par le maire à tous les membres appartenant à la majorité municipale, de ne point applaudir Mitterrand après son discours à la mairie. Or, il en est un qui faisant fi de ces obligations, n'écouta que son respect pour la fonction et se mit à claquer des mains dans un silence quasi religieux. Il s'agit de Louis Andrieu, conseiller municipal au hameau de Villalbe. Mitterrand s'avança alors vers lui et lui serra la main ; il fut le seul. Il avait apprécié la réponse à fleuret moucheté du Président de la République. 

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François Mitterrand signe le Livre d'or sous les yeux de R. Chésa

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Le livre d'or

Au Conseil général

L'ambiance rue de la République où tous les Conseillers généraux firent acte de présence dans la salle des séances, fut en tous points différente. Raymond Courrière, secrétaire d'état chargé des rapatriés et Président du Conseil général, dévoila en présence de son invité une plaque inaugurale de son passage. Un tableau du peintre Max Savy lui fut remis en guise de cadeau de bienvenue, avant qu'un lunch dans les jardins ne clôture cette entrevue. On apprend qu'au Conseil régional à Montpellier, Mitterrand prit des engagements pour l'Aude : La rocade nord de Carcassonne, la création de magasins francs à Port-la-Nouvelle, l'aménagement de la basse vallée de l'Aude et la reconversion des industries de la Haute-vallée. 

Place Carnot

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Le discours porta sur l'élargissement de la CEE et l'unité nationale. Vous pouvez le lire en cliquant sur le lien ci-dessous :

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A la musique harmonieuse de l'après-midi, succéda les sifflets et les trompettes orchestrées par la C.G.T, le M.O.D.E.F, Païs Nostre (occitans) et le Parti Communiste. N'oublions pas qu'un an plus tôt, la nomination de Laurent Fabius comme Premier ministre avait fait fondre le programme commun de l'Union de la gauche. Les ministres communistes avaient démissionné du gouvernement. Mitterrand avait obtenu ce qu'il avait toujours souhaité, c'est-à-dire tuer le parti du camarade Marchais.

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