15/05/2014

Raymond Poincaré à Carcassonne, le 1er avril 1928

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Le 1er avril 1928, Carcassonne recevait le Président du Conseil des ministres. Raymond Poincaré à la veille des élections législatives des 22 et 29 avril était en déplacement dans la capitale audoise, où son discours était très attendu par la presse française et européenne. Il était accompagné par les membres de son cabinet et par les parlementaires du département et de la région.

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À l'extérieur de la salle du manège de la caserne dans laquelle Poincaré tient son discours, la foule l'écoute à travers les haut-parleurs. Après avoir fait occuper la Ruhr à cause d'une Allemagne réticente à payer les réparations de la guerre 14-18, son message est à l'apaisement et à la pacification des relations.

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M. Poincaré (au centre) regarde vers les tours, de la terrasse de l'Hôtel de la cité. A sa gauche, tourné vers le photographe, le ministre de l'intérieur Albert Sarraut.

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01/10/2013

Les élections municipales du 6 mai 1900

Au soir du 6 mai 1900, trois listes brigaient la majorité absolue au conseil municipal de la ville de Carcassonne: Radicale-Socialiste (sortante), Républicaine libérale et progressiste, Socialiste. Le maire Jules Sauzède se représentait après son succès obtenu quatre ans plus tôt (Les municipales avaient lieu tous les quatre ans au lieu de six aujourd'hui). Face à lui, les candidats de la liste libérale et progressiste étaient amenés par M. Oustric, ancien Conseiller général et chef d'une entreprise de transport située sur le boulevard Omer Sarraut (Le nom est encore sur la façade).

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Jules Sauzède (Maire sortant)

 

Découpage des bureaux de vote

(6667 inscrits en 1896)

Selon l'initiale du nom de l'électeur

Hôtel de ville: A à C

Ecole des garçons du Musée: D à M

Asile Saint-Michel: N à Z avec Grèzes, herminis, Maquens et Villalbe

Ecole maternelle de la Trivalle: Canton est, Montlegun et Montredon

 

Liste Radicale-Socialiste

Maurice Augé (Professeur au lycée, officier d'académie), Auguste Beautey (Inspecteur des chemins de fer en retraite), Charles Casties (Négociant), Vincent Cazenave (Marbrier), Edouard Charvot (Représentant), Alexandre Coll (Pharmacien), Marius Durand (Représentant), Charles Fabre (Négociant, 2e adjoint sortant), Gaston Faucilhon (1er adjoint sortant), Pascal Gachel (Propriétaire), Bertrand Gril (Caissier), Georges Hyvert (Ingénieur civil), Vincent Jordy (Président de la Société des employés de commerce), Martin Laron (Adjudant en retraite), Justin Lignères (Négociant), Paul Mailhe (Chef d'escadron en retraite), Antoine Maneville (propriétaire à Montlegun), Jacques Marty (Propriétaire), Jean-Jacques Pacou (Propriétaire), Edmond Reverdy (Propriétaire à Maquens), Marc Rigaud (Limonadier), Antoine Roumens (Mégissier), Baptiste Saurel (Propriétaire à Villalbe), Jules Sauzède (Propriétaire, Conseiller général, Maire sortant), Jean Sibra (Fabriquant de futailles à Montredon), Léon Suberville (Propriétaire), Antoine Vidal (Propriétaire à Grèzes)

Liste Républicaine Libérale et Progressiste

Oustric (Entrepreneur de transports, ancien Conseiller général, Barut (Représentant), Hippolyte Barral (Négociant), Bédrines (Négociant à la cité), Blanc (Jardinier), Brenguier (Maison Durand et Augé), Chauzy (Entrepreneur de Matériaux, Bd Sarraut), Chosset (Chef d'institution), Costesèque (Maison Azibert), Dapot (Propriétaire à Montlegun), Depaule (Marchand de fers), Dusseau (Agent d'assurances), Gayraud (Propriétaire à Maquens), Jeanjean (Maison Fritz Lauer), Jordy (ancien huissier à la cité), Martignol (Entreprise de fonderie), Martrou (Négociant à la cité), Plasse (Négociant), Poccard (Négociant), Pollin (Capitaine en retraite, Président de l'Atacienne), Puel (Entrepreneur de Charpente), Rey (Marchand de fer), Sicard (Vétérinaire), Vialade (Boulanger à Villalbe), Valent (Tonnelier), Vaichère (Marchand de cuirs)

Etude comparative des listes

La liste Radicale-Socialiste est presque constituée que de représentants du monde viticole, c'est dire l'importance de ce secteur dans la vie de Carcassonne en 1900. Voilà une confiance que Jules Sauzède paiera aux élections de 1908 après la révolte vigneronne de 1907 qui poussera son ancien premier adjoint et dissident, Gaston Faucilhon, au poste de maire. 60% des bulletins seront raturés... Revenons à 1900; la liste Sauzède est l'ancien conseil municipal de 1896 à quelques exceptions près: Bauville (décédé) et Darzens, Lignères, Mestre, Puel, Estève et Escande (débarqués). Notons que Puel a rejoint la liste Libérale. Celle-ci fait la part belle aux entreprises (Fonderies, Brasseries, Matériaux) qui ne sont toutefois pas toutes représentées par leurs patrons. La classe ouvrière est totalement absente sur les deux listes.

Profession de foi de la liste Libérale et Progressiste

Chers concitoyens,

Profondément attachés à Carcassonne et à la République, absoluments indépendants, dégagés de toute passion politique et de tout esprit sectaire, nous venons solliciter vos libres suffrages.

Au point de vue politique:

Nous sommes des Républicains libéraux et progressistes. Libéraux, c'est à dire respectueux de toutes les convictions, partisans de toutes les libertés, dans le domaine politique comme dans celui de la conscience. Progressistes, c'est à dire décidés à rechercher et à appliquer toutes les améliorations possibles et désireux de voir introduire dans les lois et dans les moeurs toujours plus de justice sociale et de solidarité démocratique. Nous voulons une République basée sur une politique d'apaisement, de tolérance, de concorde. Nous voulons assurer l'union de tous les honnêtes gens dans la pleine et entière liberté de l'exercice de leurs droits de citoyens. Nous voulons le respect des décisions de la justice. Nous voulons l'armée grande, forte et respectée; nous affirmons hautement notre attachement à son drapeau, qui est le symbole de la patrie. Notre devise sera toujours: Patrie, Justice et Liberté.

Au point de vue économique:

Arrêt complet de l'augmentation des impôts et des centimes additionnels. Nous trouverons dans les économies à faire dans la gestion municipale- et non pas dans les emprunts- les fonds nécessaires à la continuation des travaux, à l'embellissement de la ville et à assurer du travail aux ouvriers dans les moments de crise ou aux jours pénibles de l'hiver. Nous réviserons et réduirons les taxes d'octroi, principalement les droits qui grèvent les boissons hygièniques et les objets de première nécessité. Nous nous occuperons immédiatement de l'alimentation de la ville en eau filtrée. Nous améliorerons les service d'hygiène piblique, de l'arrosage et de l'entretien des rues et des promenades. Nous défendrons les intérêts des hameaux en ce qui concerne les travaux et les réparations. Nous demanderons pour eux que les journées de prestations puissent être faites en nature. Nous accorderons les secours du conseil municipal à tous, jeunes ou vieux. Les secours s'étendrons à tous les enfants de la commune sans distinction: ils seront équitablement répartis en respectant le culte et la croyance des parents et l'instruction que ceux-ci voudront leur faire donner. Nous nous appliquerons au développement de la Bourse du travail, des oeuvres de prévoyance, d'assistance et de mutualité qui sont le patrimoine de la démocratie.

Vive la république! Vive Carcassonne!

Des journaux très orientés

Article de l'Express du Midi

Au moment où paraîtront ses lignes, le moment sera venu de nous prononcer entre les deux groupes qui sollicitent aujourd'hui nos suffrages. Nous avons dit hier ce que nous pensions des listes en présence: d'un côté, les sectaires, les dreyfusards, les francs-maçons, les amis du ministère de trahison; de l'autre, des libéraux, des patriotes, de braves gens; les uns mèneront le pays à la révolution, notre cité à la ruine; les autres nous promettent d'être toujours avec les défenseurs de la société et d'assurer à notre ville une sage administration [...] Nous leur avons dit où était le devoir. Nous leur ferons pas l'injure d'insister. Pénétrés du sentiment de leurs responsabilités, ils penseront avec nous que l'abstention serait une faute impardonnable, et français et catholique d'abord, ils voteront tous sans hésitation pour les hommes dont les noms et le programme leurs donnent les garanties nécessaires.

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Après l'éloge de Jaurès, à Carcassonne, M. Herriot s'apprête à faire celui de Combes à La Rochelle... Nous retrouvons dans le Pélerin d'il y a vingt ans ces deux complices malfaisants, le premier répétant son "Internationale"... le second retapant le fameux "spectre clérical"... Tous deux ont bien vieilli!...

Résultat du scrutin du 6 mai 1900

Liste Sauzède (Radicale-Socialiste): 3500 voix (élue au 1er tour)

Liste Oustric (Libérale et progressiste): 2095 voix

Liste Cros (Socialiste): 75 voix

Le Conseil municipal a été installé le 13 mai 1900 "à grand renfort de musique et de bombes, selon un usage particulièrement cher aux Radicaux-Socialistes, amis du bruit." (L'express du Midi)

Election du maire:

25 voix, 1 nul (Sauzède élu)

Election du 1er adjoint:

Faucilhon (21 voix), Laron (1), Coll (1), Nuls (3)

Election du 2e adjoint:

Fabre (24 voix), Nuls (2)

 

Contestions et Fraudes

La liste perdante a déposé une réclamation pour fraudes auprès de la Préfecture de l'Aude

" La Dépêche a beau crier pour faire croire qu'elle n'a pas peur, la protestation de nos amis repose sur des faits précis indiscutables. On prouvera que les 1200 voix de majorité attribuées à la liste radicale-socialiste sont venus des quatre coins du monde. Puis, lors même qu'on aurait surveillé tant que cela nos adversaires, tout le monde sait combien qu'il est facile, quand on est du clan qui détient le pouvoir, d'opérer des fraudes dont on les accuse. D'ailleurs, attendons; on peut être patient quand on est fort." (Le télégramme)

"Quelques journaux laissent entendre que les conseillers municipaux élus à une à une formidable majorité, auront bientôt à s'asseoir que les bancs de la correctionnelle ou des assises, pour y répondre du délit ou de crime de fraude ou de faits tellement graves que la plume des rédacteurs se cabre et refuse de préciser. Il ne faudrait que nos confrères de la réaction et aussi de l'opportunisme, pour si aigris qu'ils soient par l'échec de leurs candidats, s'imaginent qu'on va les laisser inpunément continuer. Si quelqu'un doit comparaître devant les tribunaux répressifs, ce ne sera pas M. le maire, mais les auteurs de ces allégations calomnieuses." (La Dépêche)

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