15/01/2015

Raymond Esparseil, architecte

Raymond Esparseil

né le 8 mars 1876 à Carcassonne, est le fils Marius Esparseil, inventeur de l'or de la mine de Salsigne. Après des études d'Ingénieur civil, il va suivre tout naturellement le même chemin que son père dans l'étude géologique et minérale du département de l'Aude.

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Sur cette photo de 1896

En haut de gauche à droite:

M. Azibert (Vétérinaire à Trèbes), Raymond Esparseil, Jean Biau

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Dans les pas de son père, Raymond entre à la

Société d'études scientifiques de l'Aude

en 1893 avant d'en prendre la vice-présidence en 1904, puis la présidence en 1905. Cette année là, il est élu en remplacement de C. Renoux (président sortant) avec 52 voix.

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Il est mobilisé durant la grande guerre au 19e dragon de Castres. Il reprendra la présidence de la SESA en 1932, dernière année où il occupera cette charge.

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La ville de Carcassonne doit à Raymond Esparseil la construction de l'actuel théâtre Jean Alary à partir de 1933. En collaboration avec un autre architecte nommé marcel Oudin, il est chargé de transformer l'ancienne église des Jacobins en salle de spectacle. L'ouvrage sera livré en 1935 dans un style Art déco; il est depuis 2002 inscrit à l'inventaire des Monuments historiques.

Raymond Esparseil est décédé le 13 juillet 1966 à Carcassonne. Comme pour son père, pas une rue de la ville ne porte son nom...

Parmi ses écrits:

L'église des jacobins à Carcassonne, p 196-212. Etude sur l'ancien couvent des Dominicains, qui vient d'être complétement détruit pour faire place au nouveau théâtre. (Bulletin de la SESA, Tome XXXVIII, 1934)

Recherches sur la présence de l'or dans les gîtes métallifères de la Montagne noire (extrait des compte- rendus de la Société de l'industrie minérale de St-Etienne), Juin 1915.

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04/12/2014

Philippine Crouzat (1886-1974) au Panthéon des femmes de l'Aude

Philippine Crouzat

Ce nom n'évoque aujourd'hui rien à la grande majorité des carcassonnais. Si une avenue de Villalbe ne portait pas son nom, l'histoire aurait injustement oubliée cette femme exemplaire. Institutrice, résistante et finalement première femme audoise à accéder à une fonction élective au sein du conseil municipal en 1947, c'était une personne aux convictions en acier trempé. Militante de la justice sociale, des libertés, de la laïcité, de la condition des femmes et de la lutte contre le fascisme.

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Philomène, Catherine Bataillé dite Philippine (au centre) née à Carcassonne le 14 novembre 1886 est la fille d'un vannier. Elle se marie à Brézilhac dans l'Aude en 1908 et la grande guerre vient lui arracher trop tôt l'affection de son époux. D'abord institutrice à Villegly, elle est ensuite nommée à l'école de la cité de Carcassonne. Stricte et sévère pour elle-même comme pour ses élèves, tous lui reconnaissent ses grandes qualités d'éducatrice. Après la guerre de 14, les jeunes instituteurs estimant que leur rôle social était de travailler au milieu des ouvriers créèrent un syndicat (illégal) des instituteurs: le SNI. En 1924, elle adhère à ce syndicat et en 1940, elle en devient le secrétaire général par intérim. En 1926, elle avait été élue secrétaire départementale par 504 voix sur 530 votants.

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Dès 1934, elle appartient au comité antifasciste. Mise à la retraite pendant l'occupation, elle ne restera pas inactive. Elle s'engage dans la résistance sous le nom de "Rose" et collecte des fonds pour venir en aide aux familles de maquisards privés de leurs salaires. Une opération délicate en cette époque troublée.

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"Beaucoup de ces tickets m'ont permis de ravitailler le camp d'internés de Saint-Sulpice"

Se trouvaient dans ce camp des communistes et syndicalistes "individus dangereux pour la défense nationale", des russes puis des juifs étrangers qui seront déportés vers les camps de la mort.

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Durant l'occupation, elle collecte des fonds pour aider les familles dont les hommes sont partis dans le maquis combattre les allemands.

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Elle appartient ensuite au Comité départemental de libération et est décorée en 1945 de la médaille de la résistance.

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Philippine Crouzat était membre de la section socialiste de l'Aude depuis 1924, lorsqu'elle est présente sur la liste pour les élections législatives en 1945 puis de juin et novembre 1946 (dernière de la liste S.F.I.O). Elle devint ainsi la première audoise à briguer un mandat parlementaire. Le 19 octobre 1947, elle est élue conseillère municipale de Carcassonne.

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P. Crouzat que l'on voit ici inaugurer l'agrandissement de l'école du hameau de Villalbe le 10 mai 1952, était devenue adjointe au maire chargée de l'action sociale depuis 1950. On reconnaît à gauche au premier rang, le maire M. Itard-Longueville. Elle occupa cette fonction élective jusqu'en 1965.

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En 1957, elle reçoit la Légion d'honneur

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Le maire de Carcassonne, Jules Fil, lui remet la légion d'honneur

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Philippine Crouzat repose depuis le 16 août 1974, après 88 années d'une vie bien remplie, dans le petit cimetière du hameau de Villalbe.

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La maison de Philippine Crouzat à Villalbe, dans l'avenue qui porte son nom. Dommage qu'aucune plaque n'indique qui était cette grande dame.

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La mairie devrait changer le panneau et inscrire :

Philippine Crouzat

1886-1974

Résistante

Maire-adjointe de Carcassonne

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03/12/2014

Quand Henri Gougaud chantait "A Carcassonne"

On connaît le poète et conteur Henri Gougaud, né à Carcassonne en 1936. Savez-vous que dans les années 1960, il a enregistré plusieurs chansons gravées sur des disques vinyles portant le label Polydor? Ces chansons sont de véritables perles soutenues par des textes d'un grand intérêt mélodique. Elle sont signées par Henri Gougaud et Henri Bertola. Les arrangements musicaux de François Rauber et l'accompagnement de son orchestre illuminent ces chansons de mille tonalités pastélisées dont l'éclat n'a point vieilli. Il faut noter que Rauber avait également travaillé avec Jacques Brel. La concomitance harmonique entre le répertoire du grand Jacques et celui du poète occitan est telle, que l'un pourrait chanter l'autre sans que l'on y trouvât une quelconque anomalie.

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"A Carcassonne"

Grand prix de la critique Rose d'or d'Antibes 1964

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Les paroles

Dominique mange des figues
Elle en a les doigts tout confits

Elle tache sa robe angélique
Sous l’œil de la mère Fifi
Le gros chien poursuit des abeilles
Il s’écorche à la roseraie
Les raisins mûrs dans la corbeille
Reluisent de chaleur sucrée
Les raisins mûrs dans la corbeille
Reluisent de chaleur crée
C’est le mois d’aout qui va sans veste
Le soleil tombe tout d’un bloc
A l’ombre on fait un peu la sieste
C’est le mois d’aout en Languedoc

A CARCASSONNE
A CARCASSONNE

Les vieux sur le pas de la porte
Papotent comme des grillons
En douce, Dominique emporte
La corbeille et les grapillons
Le gros chien un peu l’examine
D’un air mi-figue mi-raisin
Puis s’en va dans les aubergines
Du potager dormir un brin
Puis s’en va dans les aubergines
Du potager dormir un brin
Et c’est le mois d’aout qui mijote
La terre, les herbes, les rocs
En ont des couleurs de compote
C’est le mois d’aout en Languedoc

A CARCASSONNE
A CARCASSONNE

Histoire de cette chanson

Tous les étés au début des années 60, Henri Gougaud venait passer un mois dans la maison de ses parents, située dans la rue T. Gautier. Dominique est la fille de son frère, Jean Gougaud. Elle est née en 1958. La mère Fifi est Joséphine Sipra, la maman d'Henri. Les "vieux" sont ses grands parents maternels, Aurélie et Joseph Sipra, qui habitaient aussi cette maison. Le chien c'est "Bobby"... Pierre, le papa, aimait beaucoup jardiner.

Écoutez ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=krWBt2mu5tw

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25/11/2014

Les aventures rocambolesques d'un pionnier Carcassonnais de l'automobile

Henri Alaux

Né le 21 janvier 1885, débute en 1897 à l'âge de 12 ans comme apprenti au garage Loubié cycles, machines à coudre, tricycles à pétrole.

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De Dion Boutton

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Lorsqu'il quitte l'atelier Loubié, il reçoit un certificat attestant de ses bons services et de ses aptitudes à conduire les voitures, bien qu'il ne soit pas en âge de passer son permis. Ce n'est que le 31 décembre 1902 qu'il obtiendra le précieux sésame portant le n°249 délivré par la préfecture de la Haute-Garonne. Il habitait à cette époque, 19 rue de l'Orient à Toulouse.

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La course automobile Paris-Madrid

Après son départ le 21 mai, elle fut arrêtée à Bordeaux par le gouvernement suite à de nombreux accidents mortels. Marcel Renault se tua à Couhé-Vérac. Touraud eut un grave accident à la sortie d'Angoulème. Madame Camille du Gast sur sa voiture 40 cv de Dietrich (moteur Turcat Méry) rallia Bordeaux avec Henri Alaux qui fut son mécanicien. Elle décida de continuer jusqu'à Madrid. La voiture fut mise sur un wagon jusqu'à la frontière espagnole. Après plusieurs étapes et diverses péripéties, ils arrivèrent à Madrid tirés par deux mulets. La traversée de l'Espagne par une femme fut un grand évènement. Pour le retour la voiture fut rapatriée en train, mais également pillée pendant son voyage.

(Témoignage d'Émile Alaux, fils d'Henri)

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Camille du Gast en 1903

De 1904 à 1906, il travaille chez Touraud à Suresnes sur les quais de la Seine sur des voitures encore à vapeur et fait les essais côte de Suresnes. Ces véhicules sont munis d'une béquille que l'on est obligé de laisser tomber à l'arrêt d'une forte côte pour empêcher les voitures de reculer. Ils n'ont pas à cette époque de frein avant. Pour l'anecdote, un examinateur collera un chauffeur qui ne mettra pas la béquille en côte — on appelait chauffeur, le conducteur d'un véhicule à vapeur. En 1909, Alaux procède à des essais d'autobus à vapeur de Paris à Anvers.

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© BNF

Les essais de la première balayeuse arroseuse eurent lieu aux Halles de Paris sous la protection de la police. Les Forts des Halles le traitaient de "briseur de bras".

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Lorraine Dietrich 1911

© Patrimoineautomobile.com

Après la vapeur, le moteur à essence fit son apparition. Alaux transforme alors les voitures Lorraine Dietrich à courroie en les dotant  de boite à vitesse dès 1911. Il travaille ensuite chez Renault Saurer et s'installe à Aurillac, avant d'être mobilisé dans le 3e d'artillerie pendant la Grande guerre.

À Carcassonne...

Il fonde dès son arrivée le garage International au 25, rue des Jardins (actuel 35, rue Antoine Marty). Il reprend d'abord des véhicules aux armées pour les remettre en état (Nach, Pierce Arrow, Wait, Latil...), puis devient agent Ford (Modèle T) et ensuite Chevrolet. La société Alaux frères est dissoute en 1925 et devient Alaux Henri. C'est un garage Ford, Fordson, Rosengart, Général Motors, Chevrolet, Opel, Erskine, Delage, Laffly, Salmson jusqu'en 1931.

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Henri Alaux et son épouse à la Cité sur une Ford T en 1925

En 1926, il dépose un brevet de pont porteur pour Ford. Comme à cette époque les voitures étaient rares, les stations services n'existaient pas. Il fallait avoir dans les voitures ce que l'on appelait "le lot de bord". Cela comprenait l'outillage, une pompe à air pour les pneus, un cable, un entonoir ainsi que bidons à essence et eau. Henri Desgranges, patron du journal "L'Auto" et créateur du Tour de France cycliste avait créé un petit fanion jaune triangulaire, vendu 5 centimes. Il était fixé avec une hampe sur l'aile avant de la voiture. Ainsi, tout véhicule se croisant pouvait se porter assistance en cas de panne.

Deux anecdotes d'Émile Alaux

" J'ai pris place à côté de mon père à bord d'une Torpédo à capote à courroie (Une DFP : Doriot, Flandrin, Parent...) Nous revenions de Mazamet pour retourner à Carcassonne. une expédition ! Cette voiture n'avait pas de bouteille à gaz comprimé permettant d'allumer les phares. Pour celà, elle possédait un petit générateur dans lequel on mettait du carbure et de l'eau qui faisaient l'acétylène. En descendant la côte de Villegailhenc, la nuit nous surprend ; il faut allumer les phares. Stupeur ! Mon père a oublié le bidon d'eau. Qu'à cela ne tienne, en mettant le carbure dans le générateur, nous avons remplacé l'eau par notre urine. Et la mulière fut !"

"En 1923, j'ai douze ans et mon père me lâche sur la route avec ma soeur de treize ans, au volant d'une voiture G.E.P (véhicule fabriqué en 1913-1914 à Gennevilliers). Si notre arrivée à Villeneuve-Minervois (8 kms) constitua un attroupement, le retour se passa sans rencontrer une seule voiture !"

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Fabriquant et carossant les châssis en autobus, Henri Alaux lance les lignes du Mas-Cabardès, de Rieux, de la Malepère, de Laure-Minervois et de Lagrasse.

La société Alaux et Gestin

Henri Alaux s'associe avec M. Gestin en 1932 et le garage devient une concession Renault, Alfa Roméo et Lambretta. Les deux dernières marques seront abandonnées au profit de Renault qui voulait l'exclusivité.

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Le garage Alaux et Gestin en 1940

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L'ancien garage Renault aujourd'hui, rue Antoine Marty

Émile Alaux (1912-2000) reprit l'affaire de son père à la tête de la société Alaux et Gestin avant de céder définitivement la concession.

Je remercie vivement Madame Marie Saleun, artiste peintre, pour m'avoir très cordialement ouvert sa boite aux souvenirs.

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31/10/2014

Raymond Chésa (1937-2005)

L'année prochaine 10 ans se seront écoulés depuis le 11 janvier 2005, où disparaissait celui qui fit le plus long mandat de maire de Carcassonne depuis le Dr Tomey. Pendant près de 22 ans Raymond Chésa ce stratège politique, tant redouté mais aussi respecté par ses adversaires, présida à la destinée des carcassonnaises et des carcassonnais. A travers une maxime, il avait tracé sa ligne politique: "Le plus dur, c'est de durer" disait-il. Il aura défié l'usure du pouvoir avec une idée toute simple, celle d'occuper le terrain en allant toujours à la rencontre des habitants.

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Raymond Chésa était né le 10 février 1937 à Carcassonne dans une famille d'immigrés espagnols. Afin de parodier la chanson d'André Dassary, nous pourrions chanter "Ramuntcho c'était le roi de la Trivalle". C'est de ce quartier populaire et cosmopolite de la ville où se côtoyaient gitans, espagnols et français qu'il s'est sûrement inspiré pour gérer plus tard sa ville. L'envie politique n'est pas venue de suite. Après ses études primaires puis secondaires, une licence et un CAPES de physique-chimie, il devint professeur au lycée agricole Charlemagne à partir de 1965. Isabelle, sa fille, naîtra le le 7 avril de cette année là.

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Après un passage au PSU (parti socialiste unifié), Raymond Chésa se range très vite derrière le général de Gaulle. Il milite à l'UNR-UDT, mais ce n'est qu'en 1971 qu'il est candidat sur la liste Grossetête contre Antoine Gayraud. En 1976, il est battu de très peu aux élections cantonales contre le député-maire socialiste de Carcassonne. L'année suivante, la liste "Carcassonne demain" qu'il conduit pour les municipales est battue (46% contre 54%) face au maire sortant. Son unique tentative à la députation est un échec en 1978, contre Joseph Vidal (PS). Finalement, c'est le 21 mars 1982 qu'il remporte son premier scrutin en devenant le Conseiller général du canton centre contre le sortant Pierre Moffre (PCF). Un succès que le président du RPR audois, amplifie avec le basculement de Carcassonne de la gauche vers la droite en mars 1983. Contre toute attente, la liste PS-PC-MRG perd la préfecture de l'Aude à cause de ses divisions. Raymond Chésa est désormais incontournable.

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Les années suivantes, Raymond Chésa devient Conseiller régional (1986) sous la présidence de Jacques Blanc. Sous sa direction, le RPR local enregistre plusieurs victoires aux cantonales. Si bien qu'en 1992, la droite compte un nombre de conseillers généraux (une dizaine) jamais atteint auparavant dans l'assemblée départementale. A Carcassonne, seul le canton ouest restera à gauche. En mars 1989, il est réélu comme maire au premier tour. Ceci, malgré un lac qui ne se remplit pas et l'affaire Orta qui plongea les finances de la ville dans le rouge. En 1993, c'est toute la droite locale qui est bénéfiaire de l'effet Chésa : La vague bleue déferle sur la France et Gérard Larrat est élu député de la 1ère circonscription de l'Aude. Quant au maire, on pense à lui à Paris pour occuper le secrétarait d'état à l'agriculture et à la pèche. Finalement, il sera élu comme Député européen jusqu'en 1999 avec sa fille, comme attachée parlementaire. La liste "Carcassonne avance" est réélue en 1995 pour un troisième mandat, malgré une liste DVD de Jacques Albarel portée par d'anciens colistiers devenus opposants.

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LE COUP DE POKER DE CHÉSA

En 1992, rien ne va plus dans la majorité municipale ! Les frondeurs amenés par Nicole Bertrou, Didier Jocteur-Monroziers, Charles Domas, Michel Sampietro, Jacques Albarel... dénoncent la dictature du maire et entendent bien le renverser au sein du Conseil municipal. Le mesures de retortions ne vont pas tarder. Chésa commence par enlever leurs délégations aux adjoints frondeurs avant de provoquer une nouvelle élection du maire au sein du conseil. Après avoir consulté et compté ses soutiens, il démissionne de son poste de maire et redevient pour quelques heures, simple conseiller municipal. Lors du conseil municipal du 12 mai 1992 particulièrement houleux, une nouvelle élection a lieu au cours de laquelle se présentent au poste de : Nicole Bertrou (UDF), Raymond Chésa (RPR) et Simon Peyras (PC). Chésa va t-il réunir sur son nom le nombre suffisant de suffrages ? Le suspense est à son comble. Le premier tour donne 24 voix à Chésa, 15 à Bertrou, 3 à Peyras et 1 blanc. Finalement, Chésa l'emporte ensuite au second tour ce qui lui permet de placer désormais les 7 frondeurs dans l'opposition municipale. Trois démissionneront : MM. Sampietro, Monrozier et Albael. Ces mêmes frondeurs présents sur une liste de droite menée Jacques Albarel, n'empèchera pas Chésa de se faire réélire pour un troisième mandat consécutif en mars 1995.

LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE DE 1995

Au moment de la cohabitation de 1993 qui porte Édouard Balladur, l'ami de 30 ans de Jacques Chirac, comme premier ministre, une large partie de la droite gaulliste amenée par Charles Pasqua et les centristes, choisit de soutenir le chef du gouvernement comme candidat à la présidentielle de 1995. Le fondateur du RPR après deux échecs (1981 et 1988) n'a plus la côte auprès d'une partie de ses "amis". Chacun s'accorde à penser que Balladur est le plus capable pour remporter l'élection. À cette époque, Chirac ne dépasse les 15% d'intentions de vote, mais entend se présenter quand même. Raymond Chésa, fidèle à sa sensibilité gaulliste et à son amitié, ne se laissera pas bercer par les appels de Pasqua à soutenir Balladur. D'emblée, il décide de faire campagne pour un Chirac au fond du trou. Soulignons tout de même que Chésa n'aimait guère les centristes qu'il jugeait incapables de se déterminer sur leurs positions ; toujours prêts à planter une épine dans le pied du RPR. Ce coup de Trafalgar de Balladur poussé par Sarkozy et Bayrou, le maire de Carcassonne l'avait senti en fin politique comme la revanche sur la défaite de Giscard, provoquée par Chirac lui-même en 1981. Le RPR audois fera campagne donc pour Chirac avec la suite que nous connaissons tous.

LA DISSOLUTION DE 1997

La gauche pense très fort en 2001 que son tour en venu, car le contexte politique national est propice. En effet, le gouvernement de Lionel Jospin se porte plutôt bien dans les sondages et Chirac, est isolé. Carcassonne restera à droite, contre toute attente et l'on sentira la frustration chez ses opposants. Cette élection ne sera que le reflet de la future défaite du PS le 21 avril 2002 aux élections présidentielles. Raymond Chésa est atteint par la maladie au cours de son quatrième mandat et tout en restant maire, il passe ses pouvoirs de signature à son premier adjoint Gérard Larrat. Emporté par le mal, il décède le 11 janvier 2005. La foule est immense à ses obsèques célébrées à la cathédrale St-Michel, puis Ramon de la Trivalla est inhumé au cimetière de la cité.

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11/10/2014

Achille Bertrand (1884-1960)

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Achille Bertrand naît à Thézan-des-Corbières le 4 juillet 1884 et commence sa carrière dans l'enseignement comme professeur d'allemand au lycée de Carcassonne. Son ascension est fulgurante... En 1914, il rédige sa thèse de doctorat "Cervantès et le romantisme allemand" publiée chez F. Alcan. Il démontre l'influence de l'auteur de Don Quichotte sur les auteurs romantiques allemands. Dans les années 1920, il est nommé directeur de l'Institut français de Barcelone, puis directeur de l'Instruction publique en Indochine et enfin, Recteur de l'Université de Besançon en 1938. Durant la seconde guerre mondiale, il encourage les étudiants à fuir le S.T.O (Service du travail obligatoire). À la fin du conflit, on le retrouve comme Secrétaire général de l'éducation nationale jusqu'à sa retraite en 1946. Achille Bertrand s'éteint à Carcassonne le 14 décembre 1960 à l'âge de 76 ans. 

Parmi ses écrits

La littérature catalane contemporaine / Paris Belles lettres/ 1933

Barcelone, cité d'art et de sciences/ Éditions françaises de Barcelone/ 1933

Cervantes et le romantisme allemand/ Alcan/ 1914

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