10/10/2014

Rita Valli (1920-1999), une cantatrice Carcassonnaise.

Nous connaissions Suzanne Sarroca, née dans le quartier de la Trivalle en 1927, qui fit une carrière de soprano sur les plus belles scènes du monde. Voilà maintenant que nous découvrons par un heureux hasard l'existence d'une autre cantatrice Carcassonnaise de sept ans son aînée:

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Émilienne Gleizes naît à Carcassonne le 28 juillet 1920 et se prend de passion pour l'opéra. À cette époque, les phonographes résonnent des airs de Caruso et la musique d'opéra est au firmament de sa popularité. On s'habille d'une manière élégante pour entendre les grands opéra donnés lors des fêtes de Pâques au théâtre de Carcassonne. Dans l'ancien couvent des Jabobins, détruit au début des années 1930 pour construire l'actuel théâtre Jean Alary, on joue Le Trouvère (Verdi), Les huguenots (Meyerbeer), Guillaume Tell (Rossini)...

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Rita Valli à l'opéra Garnier

C'était une époque où même les plus modestes grâce uniquement à leurs dons et beaucoup de travail, pouvaient arriver au sommet de leur art. La classe de chant du conservatoire de Toulouse avait une réputation européenne et sortait de grandes voix de l'art lyrique. Dans cette institution à l'implacable rigueur technique, Émilienne Gleizes obtient un premier prix de chant. La petite Carcassonnaise prend alors un pseudonyme italien et devient Rita Valli, la cantatrice que l'on entendra désormais sur la scène de l'Opéra de Paris. Elle s'éteint à Carcassonne dans sa 79e année, le 19 octobre 1999.

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09/09/2014

Paul Barrière (1920-2008), fondateur de la coupe du monde de rugby à XIII

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Paul Barrière était né à Espéraza (Aude) le 8 juin 1920, à une époque où l'US Quillan allait être sacrée Championne de France de rugby à XV. Il chausse comme tous les jeunes de son âge les crampons et dès 1936, se retrouve dans l'équipe d'Espéraza puis de Carcassonne. Ce que l'on ignore c'est que Paul Barrière fut un grand résistant pendant la seconde guerre mondiale. Responsable du bureau de renseignement et d'action à Alger, il participe aux actions du maquis de Picaussel. A ce titre, il obtient en 1945 la Croix de guerre et la médaille de la résistance en 1947. Dans c'est dans ce creuset de patriotes, qu'il noue des liens afin de réhabiliter le rugby à 13 interdit par Vichy pendant l'occupation. Le 16 septembre 1944, à l'hôtel Regina de Toulouse, il est propulsé Vice-président de la fédération de jeu à 13. Il en sera le président le 2 juillet 1947 à Bayonne. Il est le fondateur de l'International board et à l'origine de la coupe du monde de rugby à XIII, mais refuse qu'elle porte son nom.

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Paul Barrière devint par la suite organisateur de spectacles. En 1990, après Georges-François Hirsh, il est nommé par Raymond Chésa à la tête du Festival de la cité / Languedoc-Roussillon. La programmation de cet évènement devient alors plus éclectique et si Paul Barrière en est le coordonnateur, il n'en demeure pas moins que les décisions sont validées par un Conseil d'administration. Durant cette période, on créee des opéras, des pèces de théâtre en conformité avec le lieu en s'appuyant sur les forces vives de la ville. On entendra la contralto Valérie Pavanetto (fille du regretté Pierre) dans l'église des Carmes, la troupe de Thierry Almon, les choeurs de Carcassonne, le théâtre Magritte de M. Galaup... Quant aux spectacles de variétés, grâce à Paul Barrière et à ses connaissances, bien des artistes comme son ami Charles Aznavour venaient à un tarif inférieur à celui qu'ils pratiquaient ailleurs. D'autres, ne seraient peut-être jamais venu à Carcassonne comme Ray Charles. Pour l'avoir connu, je peux dire que M. Barrière était un homme droit, humain, franc, fidèle et compétent... Il est décédé le 29 mai 2008 à Biarritz

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07/08/2014

Ladislas Levavasseur, ce Carcassonnais chirurgien-major de l'empereur Napoléon 1er

Un chirurgien, ayant perdu l'usage de la vue et presque paralysé, dicte quatre ans avant sa mort à son neveu, le récit de ses aventures au sein de la Grande Armée de Napoléon. Cet éminent médecin qui côtoiera sur les champs de bataille, Larrey et Broussais, s'appelle Ladislas Levavasseur. C'est le grand-père maternel du compositeur Paul Lacombe, dont nous avons longuement parlé sur ce blog. Au milieu du fracas de la guerre, ce chirurgien l'empereur fera major sur une simple décision orale: "Berthier, notez!" Il soigna la fièvre jaune à Saint-Domingue, amputa les membres inférieurs des soldats et finalement, on ne sait par quel miracle, revint sain et sauf de cette boucherie. Franc-maçon comme l'usage en était auprès des maréchaux de l'empire, il tutoyait Massena. Il rencontrait à maintes reprises Napoléon et Roustan, son mamelouk. Républicain convaincu, Ladislas levavasseur échappa de peu à la mort au moment de la Restauration. Il fut même banni pour un temps de l'exercice de la médecine. C'est à Carcassonne qu'il trouva refuge où il se maria avec Lucie Marisy, une jeune fille de Trausse-Minervois. Après la mort de Louis XVIII, il reprit du service à l'Hôtel Dieu de Carcassonne et mourut en 1864.

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Maison de Ladislas Levavasseur, square Gambetta

© Chroniques de Carcassonne

Avec l'aimable autorisation de M. Digonnet, j'ai décidé de réaliser la publication de ce manuscrit totalement inédit. Il apporte des éléments surprenants à l'histoire des batailles de l'Empire, sans concessions car non romancés. À la lecture de ce livre, vous serez au plus près de ces hommes dont le but était de porter les valeurs de la Révolution à l'extérieur de la France. Car en dehors des conquêtes des territoires, ne s'agissait-il pas de cela?

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Vous trouverez ce livre à Carcassonne

Librairie Breithaupt

Maison de la presse

Vous pouvez le commander par correspondance

17€ + 3,50€ (frais de port)

Martial Andrieu

5, rue de la Brégère

87100 Limoges

andrieu-martial@wanadoo.fr

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28/06/2014

La mémoire du Dr Célestin Galy, chirurgien, évincée du nouvel hôpital de Carcassonne!

C'est un véritable scandale pour nous, amoureux et défenseurs du patrimoine de cette ville, qui vient de se produire lors du déménagement de l'ancien Centre hospitalier Antoine Gayraud vers le nouveau, situé au hameau de Montredon. Il montre tout l'intérêt des dirigeants du nouvel établissement pour la mémoire de leurs anciens confrères et plus largement, pour celle de l'histoire de notre ville.

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Le Docteur GALY Célestin, chirurgien, est né en 1869 et meurt en 1928. En 1902, il fonde à Carcassonne un centre hospitalier moderne sur l'emplacement de l'ancien Hôtel-Dieu, actuel Dôme. Très impliqué auprés des classes populaires, il anime les oeuvres médico-sociales et se fait le défenseur des pupilles de la nation. À sa mort en 1928, une souscription est organisée pour installer un buste dans le hall d'entrée de l'Hôtel-Dieu. Ancien hôpital général jusqu'en 1977, il se trouvait sur l'emplacement actuel du Dôme. Au milieu des années 1970, lors du déménagement vers futur Centre hospitalier Antoine Gayraud, le buste est installé à l'exterieur vers l'accès du public.

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Le buste en bronze sur son socle d'origine portait la mention suivante: 

"Ses malades, ses confrères, ses amis"

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Le bronze est signé du sculpteur Jean-Baptiste Malacan (1875-1958). On lui doit les monuments aux morts de Castelnaudary, d'Azilhe et de Villasavary, entres autres. Croyez-vous que les dirigeants de l'hôpital se soient souciés de la valeur artistique et mémoriale de ce buste?

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En Mai dernier, Jacques Blanco (secrétaire des Amis de la Ville et de la Cité) s'aperçoit de la disparition du buste de son piédestal. Pensant qu'il avait dû être mis dans le nouvel hôpital, il s'y rend. Il apprend qu'il ne s'y trouve pas car la direction ne l'a pas voulu en son sein. Heureusement, dans un éclair de lucidité, une bonne âme a demandé à la famille de l'illustre chirurgien de venir reprendre possession de l'objet. Ils ne manquent pas d'aplomb à l'hôpital ! Espérons qu'ils ne traitent pas leurs malades, comme la mémoire de leurs illustres confrères...

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18/06/2014

François Pastour (1899-1948)

Le 13 mai 1948 disparaissait en pleine Cour d'assises de l'Aude, François Pastour, Procureur de la République de Carcassonne. Au moment où il pronoçait ses réquisitions lors d'un procés, le magistrat s'effondrait sur sa chaise sans qu'il fut possible de le ramener à la vie. François Pastour avait succédé à A.E Morelli, procureur de Carcassonne envoyé en déportation et mort à Dachau le 17 février 1945 (le jardin à l'entrée du Palais de justice porte son nom).

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François Pastour naît le 16 avril 1899 à Antibes dans un milieu d'universitaires. Après de brillantes études secondaires, il s'inscrit à la faculté de droit d'Aix en provence. Le 9 mars 1923, il est membre du barreau de Nice puis deux ans plus tard, il est reçu parmi les premiers au concours d'entrée de la magistrature. Il est nommé comme juge suppléant du ressort d'Aix le 10 mai 1925, puis est affecté au tribunal de Tarascon. Substitut à Perpignan le 9 août 1931 et à Bordeaux le 30 mai 1935, il participe ensuite à la guerre avec le grade de Capitaine. Ses faits d'armes lui vaudront deux citations à l'ordre de son régiment. Ce n'est qu'après l'armistice qu'il prendra ses fonctions le 22 janvier 1941, à la cour d'assises de l'Aude comme procureur.

François Pastour était très apprécié pour son humanisme. C'est grâce à lui que furent organisés dans le département des centres pour mineurs, afin que ceux-ci n'aillent pas en prison avec de dangereux malfrats. Au moment de l'épuration, c'est le procureur Pastour qui jugea en qualité de commissaire du gouvernement, les collaborateurs comme René Bach, par exemple.

Il est décédé dans l'exercice de ses fonctions le 13 mai 1948. De nombreux hommages lui furent rendus par ses pairs en la cathédrale Saint-Michel. Parmi eux: René Pech (Président la chambre des huissiers de l'Aude, Me Frontil (Bâtonnier de l'ordre des avocats), M. Barradat (Président de la cour d'assises), M. Rouvière (Président du tribunal civil)et M. Hugues (Procureur général). Il est inhumé à Antibes.

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09/05/2014

Antoine Labarre (1910-1995), défenseur du patrimoine carcassonnais

Comme aime à me le répéter l'ami Blanco: "Ne nous sommes que des passeurs de témoin de l'histoire locale!" Cette phrase démontre, s'il le fallait, l'humilité avec laquelle les amoureux du patrimoine travaillent souvent dans l'ombre et toujours avec peu de moyens, à la défense de l'héritage de nos ancètres. Ne confondons pas la satisfaction personnelle du devoir accompli, avec l'outrecuidance d'un petit nombre à vouloir s'attribuer les travaux des autres et garder les leurs, pour eux-mêmes. Les historiens fondent leurs nouvelles recherches, très souvent à partir de celles de petites chevilles ouvrières, non patentées. Celles-ci débusquent les détails sur le terrain; elles font du porte à portes et finalement apportent des éléments tout à fait inédits à l'oeuvre collective. Alors, bien sûr, l'histoire (la vraie) ne retient que ceux qui publient oubliant ces forçats de l'ombre malgré l'immense tâche effectuée. À Carcassonne, ils sont légion: Gustave Mot, Henri Alaux, le chanoine Sarraute... et Antoine Labarre.

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Antoine Labarre (1910-1995), agent de la sécurité publique de son état, savait faire parler les vieilles pierres. On aurait dit qu'il leur murmurait à l'oreille je ne sais qu'elle romance, pour qu'aussitôt elles ne lui révèlent leurs secrets. Alors, cet expert des filatures et des interrogatoires, dressait ses rapports dans le journal local l'Indépendant tous les dimanches. Au lieu d'y lire comme aujourd'hui, les crimes et les méfaits d'une population détournée de la culture, le lecteur goûtait aux récits vulgarisés de son histoire locale. Ne croyez pas pour autant, que cet érudit ne garnissait point les rangs des illustres institutions de la ville. Non, il donnait des conférences à la Société d'études scientifiques de l'Aude où l'on retrouve encore ces communications dans les bulletins archivés.

Son oeuvre

Carcassonne doit beaucoup à Antoine Labarre et cet article ne suffirait pas à en faire la liste. Nous allons vous donner deux exemples

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Cette croix élevée sur une ancienne borne d'octroi matérialise l'emplacement de l'ancienne chapelle Sainte-croix, rasée en 1966 au bout du chemin du même nom près de la Cité. On le doit à Albert Blanc et à Antoine Labarre.

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La France blésée, oeuvre du sculpteur Villeneuve, a été retrouvée dans des entrepots municipaux par Antoine Labarre après plusieurs années d'oubli. Des abrutis ont cassé l'épée en marbre qui a été remplacée par du métal par les établissements Audabram. Elle se trouve dans le carré militaire du cimetière St-Michel.

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Cette statue avait été sculptée après la défaite de 1870. À l'origine, elle était sur un socle au carrefour de la rue Antoine Marty et du boulevard Omer Sarraut.

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On l'a ensuite déplacée pour la mettre dans le bassin du square Gambetta. Après la destruction du jardin par l'occupant allemand en 1944, la statue était considérée comme perdue.

Voici un peu l'aspect du travail de M. Labarre qui mériterait comme Henri Alaux, qui attend toujours, d'avoir une rue de Carcassonne à son nom.

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