31/01/2017

Ces célébrités sont passées par le lycée de Carcassonne

1530717926.jpg

Gustave Téry (1870-1928) est né à Lamballe (Cotes d'Armor). Après des études à l'Ecole Normale Supérieure avec une agrégation de philosophie, il enseigne pendant sept ans. C'est durant ces années qu'il est professeur de 6e au Lycée de Carcassonne pour 300 francs mensuels. Il fait entre autre la connaissance de Paul Lacombe pour lequel il écrira le texte de plusieurs de ses mélodies. En 1904, Téry fonde L'Oeuvre, un journal pamphlétaire dénonçant le favoritisme, l'arrivisme et les scandales. Téry est l'auteur de Aristide le cynique (Aristide Briand). En 1915, il imprime à son journal une tendance pacifiste et milite pour la Société des Nations. En 1924, il soutient le Cartel des Gauches et meurt quatre ans plus tard.

345062651.jpg

Henri Bergson (1859-1941), philosophe célèbre. Il a été nommé le 21 septembre 1883 comme professeur au Lycée de Carcassonne, mais refusa ce poste. Il préféra celui de Clermont-Ferrand.

2149043003.png

Alfred Dodds (1842-1922), Général français, commandant les troupes françaises au Sénégal à partir de 1890. Il mène la conquête du Dahomey de 1892 à 1894. Il fait ses études au Lycée de Carcassonne puis entre à Saint-Cyr, le 10 novembre 1862.

60401907.jpg

Pierre François Charles Foncin (1841-1916), Géographe Français né à Limoges. Agrégé d'histoire, il enseigne au Lycée de Carcassonne en 1863. Il est l'auteur de Guide à la cité de Carcassonne (Imprimerie Pomiès / 1866)

255885516.jpg

Alfred Jules Emile Fouillée (1838-1912), philosophe français. Après son agrégation, il enseigne notamment au Lycée de Carcassonne en 1864. Maître de conférence à l'Ecole Normale Supérieure en 1872, il est ensuite Docteur en philosophie. Parmi ses écrits: La liberté et le déterminisme ou encore La démocratie politique et sociale en France.

725077593.jpg

Noël Auguste Delpech (1846-1935), professeur puis Sénateur de L'Ariège. Il enseigne au Lycée de Carcassonne vers 1878. Il est élu sous l'étiquette du Parti Républicain-Radical. Anticlérical et profondément républicain. Il est Co-fondateur de la Ligue des droits de l'homme et Président du Conseil de l'ordre du Grand-Orient de France. Noël Delpech, né le 22 décembre 1846 à Bonnac (Ariège),
décédé à Toulouse le lundi 11 mars 1935 à Toulouse, également vice-président du Conseil Général de l'Ariège, Conseiller Général du Canton de Quérigut.Président National du Parti Républicain Parti Radical et Radical Socialiste. Egalement Ecrivain et Journaliste à La Dépêche de Toulouse sous le pseudonyme de Nivodo. Ses deux fils sont Morts pour la France pendant la guerre 14-18. Il est inhumé à Foix.

2093513740.jpg

Eugène Terraillon, philosophe né en 1873. Il fut professeur de philosophie au lycée de Carcassonne. Parmi ses ouvrages: L'honneur, sentiment et principe moral; La morale de Geulincx dans ses rapports avec la philosophie de Descartes (1912).

3168326366.jpg

Raymond Gourg, Dr ès-lettres et professeur au Lycée de Carcassonne.

1095071909_3.jpg

Seules des recherches parallèles m'ont permis de vous présenter cet article.

En 1887, le petit et grand Lycée de Carcassonne comptait 757 élèves

79 pour l'enseignement classique primaire

494 pour l'enseignement classique

184 pour l'enseignement classique spécial

Parmi les autres enseignants moins célèbres, ma recherche m'a indiqué :

M. Filippi, en 1888

Campagnac Joseph, en 1881-1883 (1, rue Bellevue à Carcassonne)

Lebègues Jacques (51, Bd Barbès)

Duvafi Placide, Inspecteur d'Académie en 1883-1885

Peytraud Lucien, licencié ès-lettres et agrégé d'histoire en 1887

Henri Girard, en 1903

M. Robert, Abbé et Aumonier du Lycée en 1870

Sources:

G. Roustan, Les parlementaires français 1900-1914, 1914

Gustave Téry, Cahiers de la quinzaine, Sorbonne, 1902

Henri Bergson, Exposition du centenaire, 1959

F. Desplantes, le Général Dodds, Rouen, Mégard, 1894

G. Vapereau, Dictionnaire des contemporains, 1893

La grande encyclopédie, inventaire raisonné, Lamirault, 4e tome, 1887

____________________________________

© Tous droits réservés /Musique et patrimoine / 2017

26/01/2017

Coco Alvarado : l'argentin de Carcassonne qui a du soleil au bout des doigts.

Quand on possède le talent et la grâce artistique, on se dit parfois qu'il vaut mieux aller se perdre dans la pampa plutôt que de rester à Carcassonne. Au moins là-bas, les rancheros dansent le tango et chantent Carlos Gardel. Ici, ils préfèrent plutôt faire tourner les serviettes en s'égosillant sur la chanson des sardines.

Qu'est donc venu faire l'homme aux doigts de soleil dans notre ville ? Montrer qu'ailleurs la musique populaire est un art de vivre que l'on pratique avec distinction.

16105998_10210845158595748_4134312478866631913_n.jpg

© Christophe Barreau

Hector Alvarado voit le jour à Buenos Aires en 1949. A neuf ans, sa grand-mère l'envoie chez un professeur de piano où il restera sept années à faire ses gammes. Il conjugue alors sa passion pour la musique avec celle pour le football en supportant le club de Boca junior.

Capture d’écran 2017-01-26 à 09.25.57.png

"Le King" à Buenos Aires. Rodriguez Pena 1062

En somme, comme tout argentin qui se respecte il a pour idoles Gardel, Fangio, Maradona et le tango. Lorsqu'il s'affranchit enfin de la technique du piano, il rejoint la formation "Los Martinicos" comme contrebassiste. Il joue au King ; un club aux 70 hôtesses située dans la capitale argentine.

los-martinicos-tropicalisimo-cumbia-vinilo-lp-D_NQ_NP_451701-MLA20375042633_082015-F.jpg

 A 23 ans, Coco - surnom donné par sa mère - s'envole pour le Japon. Avec la formation orchestrale "The latinos stones", il fera le tour du monde : Hong Kong, Macao, Séoul, l'Europe... En 1978, il débarque à Carcassonne avec "Los chicos" et presque comme toujours, il y restera pour l'amour d'une femme : Babeth.

benson.jpg

Avec le guitariste et chanteur américain Georges Benson

Pendant plusieurs années, Coco Alvarado jouera de toute sa classe partout où il y a un piano dans Carcassonne. Il enseignera et prodiguera des conseils à de jeunes pianistes, toujours avec cette amabilité et cette simplicité naturelle. A l'époque où Jean-Michel Signoles et M. Hamburger étaient les directeurs, il fut engagé comme pianiste dans l'hôtel de la Cité ; un établissement prestigieux qui travaillait comme un palace. La nouvelle direction s'est séparée de son pianiste il y a deux ans. Pour avoir entendu el Maestro Alvarado jouer, je peux vous dire que cet homme a bien du soleil dans les doigts.

_____________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

16/01/2017

François Teysseyre (1821-1887), fondateur de l'école de musique de Carcassonne

Lorsque François Tesseyre arrive à Carcassonne après de sérieuses études musicales au conservatoire de Paris, seuls les enfants issus de famille les plus fortunées de la ville prennent des cours de chant payants dispensés par les Frères de écoles chrétiennes. L'initiative qu'il va alors prendre en direction de la classe ouvrière va révolutionner durablement la vie musicale carcassonnaise et faire émerger un certain nombre de futurs grands compositeurs locaux comme Paul Lacombe ou Armand Raynaud. Si Lacombe est resté un peu dans les mémoires, en revanche Raynaud qui fut 1er Chef d'orchestre de Gand puis du Capitole de Toulouse a été injustement oublié.

1302248957.jpg

Le 10 mai 1849, François Tesseyre écrit au Conseil municipal: "Monsieur Teysseyre, professeur de chant à l'honneur de soumettre à votre examen le projet qu'il a formé de fonder dans Carcassonne, une classe de chant destinée aux ouvriers, aux enfants indigents, à tous ceux enfin, qui avec des dispositions naturelles pour la musique n'ont ni le temps ni les moyens d'en apprendre même les éléments." Dans cette lettre il indique que des villes comme Narbonne ou Castres ont déjà une école municipale et détaille avec force, l'intêret d'un tel projet pour "les enfants du peuple". Il propose que l'inscription des élèves se fasse sur la présentation d'un certificat de vaccination et après avoir établi qu'il savent écrire et lire. Leur admission se fera après un petit examen devant le directeur. Ce dernier qu'il se propose d'être en même temps que professeur serait nommé par M. le maire. En contrepartie, François Teysseyre s'engage contractuellement à donner tous les ans un concert au bénéfice des pauvres dont le produit moyen s'élèverait à 500 francs environ.

1687121325.jpg

Le Conseil municipal dans sa séance du 27 février 1850, enterrine la proposition de François Teysseyre. La première école municipale de musique de Carcassonne est ainsi créée! Elle comprend trois classes: Solfège élémentaire, Chant, Solfège élémentaire pour adultes. Les cours à partir du 1er avril 1850 sont dispensés dans une classe de la rue du Séminaire (rue Victor Hugo) et chez le directeur, rue du 24 février.

1599833489.jpg

La liste des élèves va passer de 16 en 1850 à 35, trois ans plus tard. Sur sa lancée, Teysseyre va créer en 1851 la Société Philharmonique grâce au vivier des élèves de l'école et ainsi, porter aux programmes des concerts, la musique symphonique et d'opéra. Pendant une quinzaine d'année François Teysseyre sera de tous les combats pour initier de nouveaux élèves à l'art musical. Malheureusement, un changement de municipalité et de jalouses querelles venant de ceux-là même qu'il avait instruits, évinceront en 1867 ce professeur méritant, de la direction de son école. François Teysseyre s'éteint à Carcassonne le 27 mars 1887. Il est inhumé au cimetière St-Michel.

Cherchez donc le nom de François Teysseyre dans Carcassonne. Tiens ! Même pas dans le conservatoire de la ville... Cela vous étonne t-il ?

___________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2017

10/01/2017

Jacques Hippeau (1925-1996), artiste peintre Carcassonnais

C'est à Hiersac dans le département de la Charente que Jacques Hippeau voit le jour en 1925. Sa passion pour le dessin l'amène tout naturellement à fréquenter l'école des Beaux-Arts de Tours, Bourges et Paris, avant de s'installer à Carcassonne en 1960. Il est alors nommé comme professeur de dessin au lycée Paul Sabatier ; il le quittera ensuite pour le collège du Bastion où il restera quinze années.

7a.jpg

Jacques Hippeau

Son atelier se trouve dans le quartier de l'Estagnol. Là, sous la verrière, ce virtuose de la couleur et du mouvement s'adonne à son art avec passion. De ce lieu sortiront ces plus belles oeuvres exposées au Salon d'Automne de Paris et dans d'autres villes en France et en Europe. 

j-hippeau.jpg

A partir de 1980 il s’intéresse à la tapisserie. Toutes les siennes ont été tissées à l’atelier de Madame Annie Clochard, ancienne élève de l’école d’arts décoratifs d’Aubusson, sur métier de basse lisse.
Dans ses tapisseries il réduit le nombre des couleurs à une trentaine, presqu’aussi peu qu’au Moyen Age. Il obtient les nuances et demi-tons par la très grande variété du tissage. Dans la Maison des sports (ancienne Ecole normale, avenue général Leclerc), sont accrochées quatre oeuvres sur bois peint acquises par le Conseil général vers 1981.

rugby.jpg

Une mêlée de rugby

15934190_1356634794367766_195369497_o.jpg

C'est lors de l'exposition du mois de décembre 1996 au restaurant l'Ecurie, bd Barbès à Carcassonne, qu'est décédé Jacques Hippeau. Il avait réalisé lui-même l'affiche et signé le livre d'or. Eddy Aguilar a eu l'amabilité de ma faire une copie de cette signature.

Capture d’écran 2017-01-10 à 20.09.00.png

Affiche de l'exposition

Hippeau.jpg

Nous remercions Pierre Villac, Anne Hippeau et Eddy Aguilar

Pour davantage de renseignements, nous vous conseillons la lecture du site consacré à Jacques Hippeau. Sa fille Anne perpétue le souvenir artistique de son père, à travers de nombreuses expositions.

http://hippeau.net/index.php

______________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

Inédit ! La lettre d'adieu de Marceau Perrutel (1908-1944) à son père

Marceau Perrutel naît à Castelnaudary en 1908. Pendant l'occupation, il rejoint la clandestinité et organise le maquis de l'Aveyron, dont il sera le chef départemental FFI. Ce patriote avait été arrêté le 26 juillet 1944 à Millau Plage en compagnie de ses deux camarades Henri Froment et René Verdier. Trouvé par un berger au ravin de la Canebière situé à proximité de la Borie Blanque, il avait été torturé puis froidement abattu par la Milice française le 6 août 1944 à coups de révolver.

marceau.jpg

© ADA 11

Lettre inédite 

Monsieur le commissaire de Millau,

Je vous fais parvenir cette lettre, d'abord pour vous dire que la plupart des pièces qui ont été produites dans mon affaire sont fausses. J'ai un nom et un matricule des F.F.I. Monsieur le commissaire, je vous saurais gré de bien vouloir faire parvenir cette lettre à mon père 7, enclos St-Louis. Route de Montréal à Carcassonne.

Bien cher père et toute la famille,

Je vais mourir. C'est pour la France, mais je t'assure que je ne compte pas mourir dans des circonstances aussi odieuses. Ici, on m'accuse de tout, de l'armée de Staline, alors que je n'ai jamais servi que dans les Forces Françaises de l'Intérieur. Ceci leur permet de me tuer comme un chenapan, sans patrie ni drapeau. Sans doute, je vais mourir écharpé, mais qu'à cela ne tienne, ma conscience est propre. Ici on me reproche les sabotages ; à mon avis, il vaut bien mieux cela que l'aviation qui détruit tout et manque souvent le but.

Pour ma part, de toutes les actions auxquelles j'ai participé, aucune vie humaine n'est à regretter, et cela me réconforte. Eux, font comme s'ils ne faisaient pas de victimes. Voilà huit jours que j'attends la mort ; enfin elle vient, je l'en remercie, mais c'est sous la forme du martyre. Rose est certainement morte aussi.

La foule a manifesté pour moi, c'est tout ce qui me réconforte car elle ne croit pas aux mensonges et me prend pour un de ses fils. Cher père, tu ne peux comprendre combien de loin j'ai pensé à toi. Encore, lorsque la foule manifestait, je pensais à toi, je te voyais traîner dans la foule. C'est avec cette pensée que je vais mourir. Ici, on refuse à me prendre pour un soldat des F.F.I. Pourtant c'est bien avec honneur que j'ai servi pour la France ; car les sabotages que l'on nous reproche nous ont été enseignés par des officiers parachutés d'Algérie. Ceci c'est pour te mettre au courant de ce faisait ton fils. Je termine en t'embrassant bien fort ainsi que toute la famille. N'oublie pas d'aller apporter la nouvelle aux parents de Rose.

Pour la France - Pour le drapeau - Adieu mon père.

Marceau Perrutel

 

07022013.jpg

© Maquisards de France

Stèle commémorative située à Milhau au "Haut du Crès"

marceau perrutel

La rue Marceau Perrutel depuis le 23 novembre 1944

Située dans le quartier des Capucins, cette rue porte d'abord par arrêté municipal du 28 décembre 1868, le nom de rue Neuve du Mail. Elle conduisait au jeu du mail qui se partiquait sur des terrains aménagés pas très loin de là.

_____________________________________

© Tous droits réservés/ Musique et patrimoine/ 2017

09/01/2017

Armand Raynaud (1847-1900), compositeur Carcassonnais oublié

Carcassonne fourmille de noms de rues pour lesquelles on ignore parfois tout, de celui ou de celle qui les porte. Les plaques ne nous renseignent que trop peu et seuls les mots poète, musicien ou écrivain apparaissent en dessous du nom. Il en est ainisi de la rue Armand Raynaud située perpendiculairement à l'ancienne route de Montréal (Avenue Henri Gout), juste en face du petit supermarché des quatre chemins. Cette artère s'appelait rue du Foyer Carcassonnais jusqu'au 25 février 1910, en raison des habitations à bon marché situées tout le long. Ce n'est que le 25 août 1922 qu'elle prit le nom d'Armand Raynaud.

2574134930.JPG

Armand Raynaud est né à Carcassonne le 8 décembre 1847 et décédé à Toulouse le 3 avril 1900. Il a appris la musique auprès de François Tesseyre, le fondateur de la première école municipale de musique en 1851. Il commence sa carrière comme Cor solo dans l'orchestre de la Société Sainte-Cécile de Carcassonne, puis il en devient le chef en 1875. Très estimé pour ses musiciens pour son talent, il laisse Carcassonne pour d'autres cieux à la hauteur de ses compétences. Il est nommé en 1885 comme chef d'orchestre du Théâtre Royal de Gand (Belgique). Sur l'insistance de son ami Delrat, alors directeur de la scène, il quitte Gand pour Toulouse où il dirigera juqu'à son mort l'Orchestre du Théâtre du Capitole. Armand Raynaud a composé un certain nombre d'oeuvres dont une symphonie; elles sont conservées à la Bibliothèque Nationale de France. Il était un ami d'enfance de Paul Lacombe qui lui fit connaître Jules Massenet. A ce propos, c'est grâce à Raynaud que l'on créera l'opéra Cendrillon de Massenet au Capitole.

musique

Le 28 août 1910, la ville vote une subvention de 200 francs pour la réalisation d'un buste à l'effigie d'Armand Raynaud, à la demande d'un comité constitué pour l'occasion et dont le président est G. Lacroix. Où est passé ce buste ? Etait-il dans le square Gambetta qui fut détruit en 1944 ? Le mystère veut qu'on s'y attarde...

Quelques oeuvres

A sylvie ! / Madrigal / 1879

Le ciseleur de Tolède / Mélodie / 1879

Andalousie / Rêverie poétique / 1877

The Nightingale / Polka pour piano / 1878

Quatre chansons provençales / 1882

_________________________________

© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017