05/01/2017

Ketty Dolbert, artiste dramatique et professeur de diction

Les premiers cours municipaux d'Art dramatique furent créés le 20 mars 1951 sur proposition d'Armand Tarrès, comédien natif de Carcassonne. La municipalité lui en confia la responsabilité. Dans les années 1970, ces cours municipaux furent dispensés par Ketty Dolbert, grâce à Jean Alary - directeur du théâtre municipal.

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Ketty Dolbert

Cette artiste dramatique donnait ses cours dans une des salles du théâtre municipal. C'était, diront certains, la vieille école... Loin de la déclamation qui était la règle jusqu'au milieu du dernier siècle, Ketty Dolbert prônait l'usage d'une parfaite diction. Il fallait projeter le texte pour être compris et utiliser correctement les règles du français. Point de "les Zharicots", "les zhandicapés" ou "les machines za laver"... De même espèce, qui est féminin: Une espèce d'idiot ! Pour la diction, il fallait apprendre les dentales, les guturales, les palatales, les labiales et s'exercer avec BA, PA, DA, TA, GA, KA que l'on devait dire autant de fois que l'on avait encore du souffle. Si vous ajoutez à cela les phrases: "le fisc fixe exprès chaque taxe fixe au luxe et à l'exquis", vous sortiez de là avec une belle correction du langage. Pour avoir été son élève, j'ai vu une personne bègue corriger son petit handicap avec ses méthodes.

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Knock de Jules Romain

Laurence Bouisset et Martial Andrieu

Ketty Dolbert, c'était aussi l'association "Théâtre et culture" qui permettait à ses élèves de se produire dans les villages de l'Aude. On apprenait à rentrer à "Cour" et à sortir à "Jardin" et vice versa. A marcher en scène et à ne pas tourner le dos au public. Le répertoire c'était les pièces classiques de Molière, Racine, Corneille mais également de boulevard avec Courteline, Roussin, Feydeau...
Dans les années 1990, l'arrivée de Thierry Almon avec une autre conception d'un théâtre moderne basé sur le jeu de l'acteur, a créé une petite rivalité bien compréhensible entre les deux enseignants. Rivalité, mais respect mutuel !

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Ketty Dolbert s'en est allée dans l'indifférence générale en 1997 et ce n'était pas cette fois, une fausse sortie. Elle a rejoint Thalie, sa muse; elle, qui appartenait à la "libre pensée", ne croyait pas en Dieu. Il serait juste qu'une salle ou une loge du théâtre municipal portât son nom en mémoire de tous les artistes qu'elle a formés comme Ana Yerno, Blandine Peroteau, Jean-Manuel Florensa, Nicolas Sievic... et votre serviteur. Ketty Dolbert avait dans le métier de nombreux amis comme Robert Manuel ou Jean le Poulain.
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03/01/2017

Disparition du patrimoine communal dans la rue Armagnac

Nous avions signalé en 2014 la disparition soudaine d'une plaque commémorative en l'honneur de l'académicien Fortunat Strowski, au 22 rue Antoine Armagnac. On peut dire sans crainte, que cet acte de malveillance ne suscita pas d'émoi auprès des autorités en charge du patrimoine communal. Il est vrai que cet historien de la littérature, essayiste et critique littéraire, professeur à la faculté des lettres de Paris n'est pas le plus connu des Carcassonnais. C'est pourtant dans notre ville qu'il vit le jour le 16 mai 1866, au 20 rue du Port (22, rue Armagnac). Si nos édiles d'aujourd'hui ne connaissent pas Fortunat Strowski, leurs prédécesseurs en revanche avaient pris soin d'honorer sa mémoire en 1952. Nous verrons comment...

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La plaque en l'honneur de l'académicien

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© ADA 11

Acte de naissance

Alexandre - le père du jeune Joseph Fortunat - était professeur d'Anglais au Lycée Impérial de Carcassonne. Son fils entra en 1885 à l'Ecole Normale Supérieure à 19 ans. L'année suivante, il devint docteur es-lettres. Successivement professeur aux lycées d'Albi, Montauban, Nîmes, il exerça ensuite à la Faculté des Lettres de Bordeaux, puis à la Sorbonne. Envoyé en mission en Italie en 1919, en Pologne en 1920 et au Canada en 1921, il fut chargé de mission et de cours à l'Université de Colombia en 1924-1925. En 1926, il a été élu membre de l'Institut de France au titre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques. Il est décédé à Neuilly-sur-Seine le 11 juillet 1952.

Je vous rassure la biographie ci-dessus n'a pas été copiée sur Wikipédia.

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La maison natale de Fortunat Strowki, actuellement sans la plaque

On pourrait polémiquer à loisir sur l'indigence du petit patrimoine Carcassonnais, mais nous n'en ferons rien. En vérité, c'est bien plus grave que cela. On pourrait s'entendre dire que cette plaque avait dû être posée par quelques admirateurs, membres d'une quelconque société savante de la ville. Or, cette fois ce chapelet d'objecteur des mauvaises consciences ne peut être soutenu. Il s'agit ni plus ni moins d'un acte répréhensible par loi, qui envoie au tribunal toute personne s'en prenant aux biens municipaux. Oui ! le propriétaire de l'immeuble - si, c'est lui - doit restituer l'objet déposé.

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Joseph Fortunat Strowski

 Par délibération du Conseil municipal de Carcassonne en date du 26 décembre 1952, la ville de Carcassonne décide d'honorer la mémoire de Fortunat Strowski et de Joë Bousquet. Elle fait apposer deux plaques : l'une au 22 rue Armagnac et l'autre, rue de Verdun sur la maison du poète J. Bousquet. Voilà donc ce que j'ai découvert lors de mes recherches dans les annales des délibérations municipales. 

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La plaque à Joë Bousquet est encore en place sur la façade de sa maison.

Bien entendu, nous demandons à la municipalité de Carcassonne - si cela n'est pas fait - de faire procéder à la remise en place de cette plaque. Sûrement en pure perte, car il probable qu'elle ait déjà visité la poubelle.

Source

Délibération Conseil municipal / 26 décembre 1952

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31/12/2016

Pierre Germain (1817-1891), un grand compositeur Carcassonnais oublié

Pierre Germain est un compositeur de musique né à Castelnaudary le 24 décembre 1817 et décédé à Carcassonne, le 3 janvier 1891.

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Dès son plus jeune âge, Pierre Germain quitte la région chaurienne pour s'installer à Carcassonne. Il présente de sérieuses dispositions pour la musique et son père, violoncelliste, l'inscrit au conservatoire de musique de Paris. Il est alors admis en 1833 dans la classe prépartoire de M. Guérin puis le 9 décembre 1835 dans la classe de violon de M. Habeneck jusqu'en novembre 1839. Il étudia également le piano et l'harmonie avec M. Barbereau auquel il présentera des Fantaisies (Piano et violon), un trio (piano, violon et violoncelle), un quatuor et un quintette pour cordes. Un grand destin s'ouvrait à lui à Paris. Cependant, son père très fatigué et ne pouvant plus exercer son métier de professeur, fit appel à lui pour subvenir aux besoins d'une très grande famille (onze enfants). Pierre Germain vint au secours de son père, devint professeur au lycée et finalement demeura à Carcassonne où il épousa la fille du peintre Honoré Prache.

En 1841, il est nommé organiste de l'église St-Vincent et compose plusieurs messes, quatre ouvertures pour orchestre symphonique et une cantate sur la prise de Sébastopol. Au mois de mars 1859, Pierre Germain fait la connaissance de Louis Metge - né à Pezens en 1829 - qui va écrire pour lui le livret de son futur opéra "Simon de Montfort". Le compositeur tire le sujet des "Annales de Carcassonne", ville pour laquelle il destinait son oeuvre. Après quelques semaines Metge lui propose un livret en 4 actes et les premières scènes de son drame; il accepte sans réserves le travail de son ami. Germain va consacrer tous ses moments de libre à la composition de son opéra et pour s'en faire une idée, invite quelques chanteurs pour l'essayer. L'ouvrage est achevé au printemps 1860 et toutes les parties (orchestre, choeur et solistes) sont copiées par lui-même. L'orchestre de la Société philharmonique de Carcassonne et l'Union vocale, dirigées par Charles Scheurer vont apprendre l'ensemble de l'opéra. Restait à distribuer les rôles de solistes... Une subvention de mille francs est votée par le conseil municipal destinée "à faciliter les moyens de faire représenter cette oeuvre sur le théâtre de la ville".

Monsieur Roques-Salvaza, maire et député, écrit de Paris une lettre en date du 20 mai 1860 à Pierre Germain: "Soyez certain que nul plus que moi n'est sympathique à vos efforts. Je m'associerai toujours et de tout coeur à ceux qui seront tentés par des hommes tels que vous, dont l'élan généreux, soutenu par une organisation supérieure et d'une application persévérante, poursuit avec énergie l'amélioration d'une position personnelle en faisant rayonner sur notre ville l'éclat du talent et l'honorabilité du caractère..."

Pierre Germain engagea alors les solistes, recruta pour les choeurs tout le personnel des cafés concerts, loua les costumes de la troupe, fit dresser les décors par son beau-père le peintre, Honoré Prache. Les répétitions commencèrent et la première représentation fut fixée au 12 septembre 1860. La veille de la répétition générale, quelques solistes manquaient à l'appel. Ils étaient allés faire leurs débuts à Béziers et Germain et Metge durent aller les récupérer manu-militari avec le commissaire de police et une lettre du procureur impérial. Le retour de "Roger Trencavel" et de "Simon de Montfort" se fit par train et sous les huées des carcassonnais. La répétition fut faite sur le champ et la représentation eut lieu le soir même.

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Ce jour là, le théâtre était comble ! C'est le compositeur qui dirigea l'orchestre et le librettiste qui se mit dans la cage du souffleur pour redresser les artistes qui s'égarèrent. Plusieurs rédactions avaient envoyées leurs journalistes sur place. "L'aiglon" de Toulouse rendit un vibrant hommage au compositeur. La ville de Carcassonne alloua même une bourse d'externant à ses deux fils, en remerciement de son investissement. La nouvelle du succès parvint jusqu'à Paris, si bien que le Ministère de la maison de l'Empereur et le Ministère d'état versèrent respectivement la somme de 1000 et 500 francs pour faire graver la partition. A Toulouse, le théâtre du Capitole dirigé par M. Lafeuillade programma l'ouvrage pour le 12 février 1862. A cette occasion, les auteurs y ajoutèrent un acte et un ballet. Le journal de Toulouse écrivit: "La partition de M. Germain est une oeuvre sérieuse, qui mérite à juste titre l'ovation qu'on lui a faite (...) Constatons aujourd'hui que jamais le théâtre du Capitole n'avait enregistré au succès aussi grand, obtenu par une oeuvre d'un compositeur de province.

Le compositeur et son librettiste partirent à Paris afin de proposer l'ouvrage à l'Opéra. Le directeur Alphonse Boyer leur promis de faire examiner la partition par une commission. Entre temps, Germain avait malgré les demandes, suspendu toute représentation afin de donner toutes ses chances à Simon de Montfort d'être représenté dans la capitale. Germain et Metge se mirent à créer un nouvel opéra: Jeanne d'Arc. Finalement, Alphonse Boyer en disgrâce fut remplacé par Emile Perrin qui mit définitivement l'oeuvre de Germain au placard. Jeanne d'arc fut achevée en un an au mois de juin 1863. L'opéra trouva un protecteur en la personne du Comte Bacciochi, mais il se heurta à nouveau au refus d'Emile Perrin prétextant qu'une scène d'amour "Amour chaste et pudique" serait mal vue au théâtre.

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 Jeanne d'arc tenta une nouvelle fois sa chance grâce à Bacciochi devant le directeur, cette fois du Théâtre lyrique: M. Carvalho. Ce dernier le refusa car un pareil sujet avait été traîté par Duprez. Louis Metge proposa alors Simon de Montfort, mais Carvalho refusa à nouveau un ouvrage qui avait été "défloré" en province. Afin de ne pas vexer Bacciochi, le directeur proposa à Metge d'écrire un livret et il s'engaerait à lui trouver un compositeur parisien. Metge dit qu'il était hors de question de sacrifier son ami Pierre Germain. L'entrevue se termina ainsi. Ce que Metge ne put obtenir des influences officielles, il allait l'obtenir des influences financières. En effet, M. Numa Guillou, ancien négociant à Carcassonne et banquier à Paris vint en aide à Jeanne d'arc. Ainsi, la lecture de celle de Duprez fut remplacée par celle de Germain. Ce résultat avait été obtenu par l'intermédiaire de M. Edouard Alexandre, facteur d'orgues, ami personnel de M. Carvalho et principal actionnaire de son théâtre. Le compositeur put s'assurer les services de Charles Bataille, de Mlle Rignault, de Victor Capoul et de M. Bonnetrée de l'Opéra. L'auditoire composé le 10 avril 1864 de représentants de la presse, de chefs d'orchestre et de directeurs fut convaincu de la grande qualité de l'oeuvre. Malgré cela, Carvalho prétexta que le risque financier était trop important de faire jouer en cinq actes un opéra d'auteurs inconnus à Paris. Il leur proposa de composer un ouvrage moins dispendieux et s'engagea par lettre à le faire représenter dans son théâtre.

Un an après, Pierre Germain mit sur le bureau de Carvalho sa nouvelle partition en trois actes, quatre personnages et sans aucun luxe de décors. Il s'agit du "Batard de Cerdagne" selon la légende du même nom. Carvalho fit d'abord mine d'avoir oublié les bonnes impressions qu'avaient produites à la lecture, Jeanne d'Arc ; Germain repartit avec la promesse d'une représentation pour janvier 1866. Il tenait vraiment à ce qu'un de ses opéras fusse exécuté à Paris. Metge échaudé par les pratiques du directeur du Théâtre lyrique, obtint par traîté que celui-ci s'engageât à faire jouer "Le bâtard de Cerdagne" dans un délai de quinze mois. Passé ce délai, le directeur ne tint pas son engagement et les auteurs intentèrent un procés le 30 novembre 1867, rendu en leur faveur le 20 janvier 1868. Il contraint le fautif à payer 750 francs à chaque auteur et de représenter l'ouvrage d'ici à deux mois. Le 14 mai 1868, Carvalho se retrouva en faillite et ne put honnorer ni ses créances, ni ses engagements. Germain et Metge ne reçurent que 295, 50 francs. La partition demeura au sein du théâtre qui fut détruit par un incendie déclenché par les communards en mai 1871. Elle partit en cendre... Pierre Germain resconstitua alors toutes les parties d'orchestre, les rôles et les choeurs grâce à la partition piano qu'il avait gardée. L'ouvrage fut représenté sur la scène du théâtre de Brest avec le concours de madame Geraizer (soprano), le 23 novembre 1880. L'Europe artiste écrivit: "Ce drame est émouvant. C'est une belle légende racontée avec art. On y rencontre des vers délicieusement tournés et l'ensemble est d'une élégance digne d'éloges (...) Chacun a tenu à prendre soin d'une partition d'un grand avenir". Malheureusement, Pierre Germain n'avait pas de chance. L'opéra fut arrêté à la troisième représentation à Brest car un des solistes se retira après la perte de son épouse. A Montpellier, où il devait être donné, le théâtre brûla. Le bâtard de Cerdagne vint alors sur la scène de Carcassonne en 1885; le succès fut analogue à celui de Simon de Montfort.

Pierre Germain fut un grand compositeur acharné au travail. Il composa 13 actes d'opéras, copia les paries d'orchestre et la réduction pour piano (deux fois pour le Batard de Cerdagne), deux messes, deux cantates d'orchestre, un volume de cantiques... Un de ses cantaques a été jouée pour l'inauguration de la statue d'Armand Barbès à Carcassonne. Son unique récompense fut d'être nommé Officier d'Académie en 1890. Il est mort sans fortune le 3 janvier 1891. A la demande de la Société des arts et sciences de la ville, ses partitions ont été conservées à la Bibliothèque municipale de Carcassonne.

Le bâtard de Cerdagne

Opéra en 2 actes (Livret de Louis Metge)

Laplace Sanchez et Cie éditeurs/ 1877

Louis Metge né à Pezens en 1829 - juge de paix du canton d'Alzonne - était auteur dramatique et poète. Il fut également maire de la ville de Pezens de 1858 à 1860. On lui doit : Le batard de Cerdagne (Opéra en 2 actes de 1873), Jeanne d'Arc (Opéra en 5 actes de 1874), Histoire de la la reine Galeswinthe (1876), Les cauchemars contemporains (1878), Simon de Montfort devant Carcassonne ( Opéra en 5 actes de 1862), Le messie de la France (1876), etc... Louis Metge meurt à l'âge de 69 ans au mois de septembre 1898. Il n'y a aucune rue portant ce nom à Pezens. 

Cet article est le fruit de recherches personnelles inédites 

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29/12/2016

René Cadrès : une icône des bals populaires Carcassonnais

Cet enfant de la balle qui deviendra plus tard celui de la balloche naît en 1928 dans le quartier de l'artichaud à Carcassonne. Qu'es aco, l'artichaud ? Ainsi, appelait-on autrefois les maisons comprises dans un périmètre allant de l'église Saint-Vincent au bastion Saint-Martial. C'est d'ailleurs dans un autre bastion bien connu des mioches de cette Carqueyrolles si chère au poète Joë Bousquet, que René Cadrès va faire ses études secondaires. L'autorité des hussards de la République ne se discutait pas comme de nos jours ; MM. Nicolau, Germa ou Dellac veillaient à tenir le respect et la droiture dans leurs classes.

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Avec un père déjà dans l'embouchure, puisque ce dernier jouait du clairon au Réveil Carcassonnais, le jeune René se retrouvait avec un coup de piston à prendre des cours avec Michel Mir. Pas n'importe qui ce musicien, ancien violon solo des concerts Lamoureux et ami personnel de Paul Lacombe. Tout comme les cours de solfèges distillés par MM. Rancoule ou Guiraud (viloncelliste au Capitole). Quand viendra le choix de l'instrument, c'est vers le Carcassonnais Gustave Bocquet (1er prix de trompette de Toulouse) qu'il se tournera. En quelque sorte son maître, qu'il remplacera plus tard à la direction de l'harmonie municipale. Afin de pousser son art vers l'excellence, René Cadrès entre au Conservatoire de musique de Toulouse et en sort en 1949, avec un 1er prix de trompette.

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Le Maurice André de Carcassonne devait-il garnir les rangs cuivrés d'un orchestre symphonique ? Disons qu'il choisira de ne point suivre le parcours tracé des lauréats du conservatoire. Déjà en 1945, après les années noires de l'occupation durant laquelle Vichy avait interdit les bals populaires pour soi-disant ne pas manifester de joies par solidarité envers les prisonniers de la débacle de 1940, Réné avait fondé un orchestre de bals avec ses copains André Joulia (saxophone), Jean Saury (batterie) et Jacques Sabathé.

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Du premier bal des conscrits aux meetings politiques, la formation ne manquait pas de travail. Bientôt, les fêtes de quartier allaient reprendre force et vigueur avec cette fois, une ardeur inégalée. Les fêtes de Saint-Gimer avec son tour de table interminable, du Pont d'Artigues, de la Trivalle, des Capucins employaient les cadors du bal à papa : René Cadrès, Jeannoely, José Marson, Teddy Rambaud, Pierre Alay... Route de Narbonne on arrêtait les véhicules qui ne repartaient qu'après avoir reçus une bonne poignée de confettis. Le moment très attendu des organisateurs était quand l'orchestre annonçait la danse des sucettes. À ce moment, les musiciens faisaient durer une série de slows pour permettre au comité des fêtes de vendre des sucettes, ressources indispensables pour la recette. Dommage, en revanche, pour celui ou celle qui avait choisi un mauvais cavalier... Alors, quand José Marson, se mettait à envoyer: "Oh, Cathy, Cathy" de Marc Aryan...

Pour les nostalgiques, la chanson ci-dessous:

http://www.wat.tv/audio/marc-aryan-oh-kathy-kathy-1h3mb_2...

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Puis... la télévision avec La piste aux étoiles de Roger Lanzac et les émissions de Guy Lux, vinrent ternir la fête. Confortablement assis sur leurs canapés, les valseurs restèrent un peu chez eux. Dans les années 1950, l'orchestre de René Cadrès était constitué par Antoine et André Baillaugues, André Touya, Angel Marson et Jean Noely.

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René Cadrès prit alors la direction de l'harmonie municipale peu avant le décès de Gustave Bocquet dans les années 1970, puis celle de l'école municipale de musique. On entendait sous le kiosque du boulevard Roumens, juste en face de l'ancien théâtre l'Eden les grands airs du répertoire classique: La fille du régiment (Donizetti), Les saltimbanques (Ganne) ou encore l'Aubade printanière (Paul Lacombe). Les anciens tenaient encore la route ; ils se nommaient Anicet, Gorry, Lécina, Journet, Rajol...

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Ensuite René dut s'éclipser pour laisser la place à Jacques Miquel à la tête des deux institutions. Il se retira dans son ermitage de Bouilhonnac au milieu du Minervois. Jamais il ne délaissa son instrument ! Il y a encore quelques années, il animait les bals de l'âge d'or du club du Dôme.

René Cadrès qui vivait retiré à Port-la-Nouvelle est décédé au mois de mars 2015.

Mise à jour 29 décembre 2016

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28/12/2016

Gustave Bocquet, chef d'orchestre et musicien Carcassonnais oublié

Gustave Bocquet était né en 1884 à Castelreng dans l'Aude. Après des études de musique, il sortait avec un premier prix de trompette du conservatoire de Toulouse. Par la suite, il entrait dans l'orchestre du théâtre municipal de Carcassonne qui accompagnait tous les chanteurs de passage, les opéras, les opérettes et les revues. Cet ensemble orchestral était dirigé par Michel Mir.

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© Mme Aniort

L'orchestre des fêtes du bimillénaire de la Cité en 1928

Assis au 1er rang : Michel Mir père (à droite), Mme Combes (professeur de piano rue A. Tomey)

Assis au 2e rang : M. Rancoule (Trombone)

Debout au dernier rang : Gustave Bocquet (à droite avec la trompette)

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© Mme Aniort

Gustave Bocquet et Michel Mir à l'extrême droite en 1950

Gustave Bocquet comme c'était l'usage à cette époque, en contrepartie de sa participation à l'orchestre se vit proposer une place d'employé à la mairie où il finit sa carrière comme chef du personnel. A la mort de Michel Mir en 1958, c'est lui qui prit la charge de lui succéder à la tête de l'harmonie municipale. Sa manière de diriger était précise, ses observations lui permettaient d'obtenir de ses musiciens d'excellents résultats. En 1968, soit dix années plus tard, Gustave Bocquet était dirigé vers la sortie - malgré ses états de service - en raison de son âge. C'est son élève René Cadrès qui le remplaça. Il finit sa vie à l'hôpital de Limoux d'où il décéda le 16 mars 1973. Le manque de musique et l'ingratitude de ses anciens collègues l'avaient sans doute tué...

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Gustave Bocquet dirigea l'harmonie municipale de 1958 à 1968

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27/12/2016

Georges Cotte, peintre et compositeur Carcassonnais oublié

Georges Cotte, outre ses activités de professeur de mathématiques au lycée St-Stanislas dans lequel il avait été nommé à l'âge de 18 ans, était un musicien et un peintre carcassonnais. Excellent violoniste, il avait pris après le décès de Michel Mir, la direction de la Société des concerts symphoniques.

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Il dirigeait également les choeurs de la cathédrale St-Michel dont il était à l'origine. Sur cette photo en 1944, on reconnaîtra: Georges Cotte (pupitre), M. Tournié (orgue) puis MM. Jean Amiel, Laffargue, Chabert, Colombiès et Mesdames Ollier, Malacan, Maillard, Bel, Bonnafous, Perremarti, etc...

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Répétition à la cathédrale Saint-Michel

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© Collection Jacques Miquel

Georges Cotte était aussi compositeur. On lui doit plusieurs oeuvres dont certaines furent diffusées par Radio-Toulouse. Au premier rang desquelles, un "Notre père", des mélodies et surtout une messe de Requiem pour choeurs, solistes et orgue. Elle sera jouée et chantée à Carcassonne par G. Roquefort (Basse) et G. Colomiès (Ténor) accompagnés à l'orgue par M. Tournié qui était aveugle. Elle reçut un très bel accueil et il serait justice que l'on veuille bien dans cette ville où pas plus qu'ailleurs on est prophète en son pays, jouer à nouveau cette oeuvre. Encore un voeu pieu, sans doute... Georges Cotte présida en 1976 la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne. Il est quand même étrange que même dans cette illustre institution, l'on ait oublié la mémoire de cet homme.

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Un pastel de Georges Cotte.

L'artiste peintre, quant à lui, signait ses toiles sous le pseudonyme de G. Leka. Elle furent maintes fois primées au salon des artistes français. Georges Cotte s'est éteint voilà une vingtaine d'années et il est bon de ne pas oublier cet artiste de grand talent qui donna tant à sa ville.Georges Cotte. Musicien.jpg

© Dominique Brunon

Georges Cotte (premier plan) et ses amis chanteurs carcassonnais.

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La maison natale de Georges Cotte dont les parents étaient bandagistes, rue de Verdun

Mise à jour de l'article du 6 janvier 2014

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