03/06/2016

11 novembre 1942 : De Lattre de Tassigny en résistance armée dans les Corbières

La commission d’armistice avait laissé à la France une armée de 100 000 hommes. Quand la Wehrmacht envahit la zone libre, cette armée ne réagit pas. Pourtant une stratégie avait été prévue : Les troupes devaient s’établir en position défensive dans des réduits montagneux afin de harceler l’ennemi. Les Divisions Militaires de Marseille et Montpellier, devaient s’adosser à la mer pour établir des têtes de pont, en vue d’éventuels débarquements alliés.

Seul,

 Jean Joseph Marie Gabriel De Lattre de Tassigny,

Général de Brigade depuis le 22 mars 1939, va tenter de s’opposer à l’invasion en concentrant ses troupes dans les Corbières.

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Le 10 novembre, à 1h30, les Etats-Majors de Région reçoivent un télégramme chiffré (N°128), émanant du 3ème Bureau de l’État-major :

"En vue d’éviter le contact entre les troupes de l’armistice et les troupes étrangères, les généraux commandants les régions militaires doivent être prêts, en cas d’avance allemande au-delà de la ligne de démarcation, à exécuter le déplacement des troupes et États-Majors en dehors des garnisons et des axes principaux de pénétration. Toutes munitions seront prises. Mesures d’exécution décidées à l’initiative des Commandant de Division Militaire, uniquement sur renseignement certain de franchissement de la ligne de démarcation".


Le général De Lattre de Tassigny convoque alors ses officiers d’État-major et fait parvenir également aussitôt aux autres commandants de corps une directive dans ce sens, ses troupes devront se rendre dans le massif des Corbières, en emportant le maximum de munitions. Les éléments de Montpellier, Sète, Castres, Albi et Rodez seront dirigés dans la région sud-ouest de Narbonne, à Thézan et plus au sud. Les unités de Carcassonne et de Castelnaudary se regrouperont à Axat, celles de Perpignan à la Tour-de-France. Le 11 novembre, à 7 heures, les troupes allemandes franchissent la ligne de démarcation. De Lattre en est aussitôt avisé. Une heure après, il arrive à l’État-major et fait donner l’ordre d’exécuter les instructions de sa directive. A 9 heures, le général Langlois, commandant du 1er Groupe de Divisions Militaires à Avignon, lui téléphone : ordre de surseoir à tout mouvement de troupes. De Lattre répond :

"Les Allemands ont franchi la ligne. A partir de cet instant, chaque commandant de division a son initiative !"

Or, vers 10 heures, lui parvient un télégramme selon lequel, par ordre du Secrétaire d’Etat à la guerre (Eugène Marie-Louis Bridoux), aucun mouvement de régiment ne doit être exécuté et que les troupes et Etats-Majors doivent rester dans leurs casernements normaux. Le général De Lattre est consterné par cette nouvelle décision qui est contraire à sa conception de l’Honneur Militaire. Il décide donc d’ignorer le contre-ordre pour s’en tenir strictement aux directives du télégramme chiffré. Simone De Lattre approuve son mari. Elle non plus, ne veut pas subir.

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Le carrefour de Fabrezan d'où il enverra chercher de l'essence à l'aérodrome de Lézignan

A 11h30 le même jour, il quitte Montpellier avec son État-major en direction des Corbières. Il est accompagné de ses plus proches collaborateurs. Le convoi se rend à la caserne du 8ème Régiment d’Infanterie et récupère deux canons de 75 et une dizaine de camions de munitions. Après une halte à Saint-Pons, il réussit à passer la route de Carcassonne à Narbonne. Il passe par Moux où il utilise un passage en dessous de la route. Toute l’après-midi, il attend à Villerouge-Termenes des nouvelles de ses troupes. Puis il prend la direction de Padern avec seulement deux véhicules et s’arrête vers 19h à Cucugnan chez le maire Clovis Gauch. Là, il fait le point sur sa carte avec son aide de camp. A 21 heures 30 le général demande à entendre les informations, puis à 22 heures il prend la direction de Padern où il restera à attendre en vain, jusqu’à 2h45, des nouvelles de ses troupes dans la nuit du 12 au 13 novembre. Celles-ci ne viendront pas. Les chefs de Corps ont en effet reçu directement du général Langlois, l’ordre de rester sur place et les routes sont barrées.

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De Lattre dans la clandestinité


Alerté, le Gouvernement de Vichy réagit très rapidement en donnant l’ordre d’intercepter le général qui retourne alors à Saint-Pons où il se livre à l’adjudant de gendarmerie de la brigade locale. Il est emprisonné à la prison militaire de Toulouse. Dans une lettre du 18 novembre qu’il écrit depuis sa cellule toulousaine, le général De Lattre écrit au maréchal Pétain : 

"Ce que j’ai fait ne relève point de la dissidence à laquelle je n’ai jamais songé. Mon acte n’a été inspiré que par l’amour de la France et de l’Armée. Je vous demande, parce que mon devoir de chef me l’impose, de vouloir bien considérer qu’en dehors de moi seul, il ne saurait y avoir de responsables. Quatre de mes officiers, qui sont aujourd’hui mes compagnons de captivité sont, je le crois, inculpés au même titre. Ils n’ont fait qu’exécuter mes instructions et leurs actes ne relèvent que de l’obéissance qu’ils devaient à leur chef."

Le 11 décembre 1942, le général De Lattre est escorté jusqu’au fort Montluc à Lyon. Poursuivi pour abandon de poste et tentative de trahison, il comparaîtra le 9 janvier 1943 devant le Tribunal d’Etat et sera transféré à la maison d’arrêt de Riom le 2 février 1943, où l’administration pénitentiaire lui attribue la cellule (exigüe) qui avait été occupée, un temps, par le député de Narbonne Léon BLUM. Par la suite il occupera une cellule plus vaste qui avait été celle d’Edouard DALADIER. Il s’en évadera dans la nuit du 2 au 3 septembre 1943 et, avec l’aide de résistants de l’Ain, le 17 octobre 1943 un avion l’emmènera en Angleterre d’où il gagnera l’Algérie et la France Libre. Il prendra alors les responsabilités qu’on lui connaît maintenant pour " Ne pas Subir ".

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Cimetière de Mouilleron en Pareds

Sources :


La Fondation Maréchal De Lattre
Archives Départementales de l’Aude
"Jean De Lattre mon mari" / Simonne De Lattre / Presses de la Cité 1972
"De Lattre de Tassigny" Bernard Michal / Editions Famot 1974
"La 2ème guerre mondiale dans l’Aude" Julien Allaux / Editions du sapin d’or 1986


Cet article
a été rédigé M. Sylvain le Noach - spécialiste audois de la Seconde guerre mondiale - que nous remercions pour cet échange.

(Tous droits réservés)

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© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2016

 

01/06/2016

Le tourisme germanique en pays Cathare entre 1942 et 1944

Il sont arrivés le 11 novembre 1942 à Carcassonne et ont de suite réquisitionné les casernes, les hôtels, les belles demeures et les administrations afin de loger l'ensemble de leurs troupes. Au moment de leur départ forcé et non amical - grâce aux valeureux soldats F.F.I considérés comme terroristes - ces touristes germaniques n'ont pas laissé de bons souvenirs à la population locale. Certes, parmi elle, certains Carcassonnais accompagnèrent leurs chers "amis" jusqu'au bunker d'Hitler au moment de la retraite ; ils le défendirent avec hardiesse au sein de la division de Waffen SS "Charlemagne". Le bureau de recrutement de la rue Chartran enrôla parmi la "Franc-garde" - organe militaire de la Milice - quelques hommes, futurs héritiers des châteaux pinardiers entourant Carcassonne. Ce vin que l'on boit aujourd'hui et devant lequel nos élus font maintes courbettes et salamalecs, a le goût du sang versé par les patriotes.

Alors même si l'on passa par les armes, les lampistes de la Milice pour faire croire à la population avide de vengeance que justice avait été rendue, les gros bonnets en fuite - condamnés par contumace - rentrèrent après la loi d'amnistie de 1953. D'autres depuis la Cité, s'exilèrent dans la pampa du régime péroniste. Mais oui, bien sûr, Müller et Dupont sont argentins !

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Pour ceux qui revinrent, On les retrouva au moment de la vendange - fiers comme artaban - le portefeuille bien garni, expliquant n'avoir jamais torturé que des lapins dans la garrigue soviétique. Le sot piqué à vif mange depuis à la gamelle des chasseurs ; moultes réceptions en l'usage accoutumé suffisent à endormir l'ancien gibier sur le solde du passé. Souvenons-nous que dans l'Aude, le vin n'a jamais manqué même quand il était rationné...

Nos amis d'aujourd'hui, hier, nous ont fait trois guerres. Le moins que l'on puisse admettre c'est qu'ils ne furent pas très chevaleresques, même s'il est encore un breton cachochyme pour soutenir le contraire. "Les détails de l'histoire" se perdent en conjecture quand il ne reste que les anciens de l'autre camp pour les renier ; ils se concentrent en haut des miradors d'une opinion manipulable sur l'autel sécuritaire. Ces gardiens vont lâcher les chiens et un jour, cela fera mal. On vous aura prévenu.

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C'est pour cela que retranscrivons ci-dessous un liste de Germains qui - vous le verrez - n'avaient absolument rien à se reprocher durant l'Occupation à Carcassonne - ils faisaient simplement du tourisme. "Nous n'avons fait fait qu'obéir aux ordres", disaient-ils. Aujourd'hui, Dieu sait où ils sont... Cela n'a plus guère d'importance, mais afficher le nom de ces voyageurs, c'est leur faire rendre gorge. Que leurs petits enfants sachent qui ils étaient, que les nôtres mettent un nom sur les tortionnaires de leurs parents.

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© Coll. Sylvain le Noach

 

La liste ci-dessous a été établie en 1945. Les services secrets avaient leurs noms et adresses et n'ont rien fait. Certains d'entre-eux auront fini leur vie paisiblement en touchant une pension d'anciens combattants.

Colonel Bodo-Gieche
Le colonel Bodo-Gieche, commandant du Flughafenbereich I/VII à Carcassonne est le principal responsable des opérations entreprises contre le maquis de la Montagne-noire, et plus particulièrement des opérations du 20 juillet 1944.
Il avait pour maîtresse la nommée Ginette Payre, demeurant à Carcassonne.
Le colonel Bodo était un ami personnel du Maréchal Goering. Auparavant, il habitait Berlin ; son adresse en 1945 : Prien Am Chimsee Hans Deffrer – Oberbayern 

Commandant (Major) Fritz Hoefer

Nationalsozialistscher Führunge Officier au Kdo Flughafenbereich I/VII à Carcassonne, s’occupait du contre-espionnage ; il est décoré de la médaille des insignes de la N.S.D.A.P.
C’est un des principaux coupables des entreprises contre les patriotes français. C’est aussi un grand responsable des crimes de guerre.
Adresse : Karlsruhe. Hochenzollernstrasse 10.

Colonel Dischler

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Le colonel Dischler, commandant de la place de Carcassonne de la Feldkommandantur 734, de la Feldgendarmerie et du SD de la Gestapo.
Il est le principal responsable de toutes les actions et les arrestations des membres de la Résistance française du département de l’Aude. Il demeurait à Wiesbaden, mais il aurait changé d’adresse à cause des bombardements aériens.

Capitaine Georg Reinhard

Le capitaine Georg Reinhard Führungoffizier à la Feldkommandantur 734, s’occupait d’espionnage et de contre-espionnage et travaillait en collaboration intime avec le chef de la Gestapo de Carcassonne.
Il est responsable de toutes les actions entreprises contre les patriotes français. Impitoyable pour les exécutions, il est le principal responsable des atrocités de Baudrigue (Roullens)
Il aurait eu pour domicile : Hannfurt (Main). Hitiestrasse 65 et Salzbrug.

Capitaine Nordstern

Le capitaine Nordstern était chef de la 5e compagnie du 2e bataillon Landesachützenregiment der Luftwaffe Lisieux. Officier très actif dans les opérations entreprises contre les maquis (Opérations Limoux et Couiza) de Saint-Hilaire et de Chalabre. Travaillait en collaboration avec le chef de la Gestapo.

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© Coll. Serge Fourié

Ce qu'il reste d'Auguste Cathala (19 ans) affreusement mutilé par les touristes germaniques avec la complicité de cinq cicérones français de Chalabre, à la ferme du Roudier (Chalabre).

Capitaine Herm

Chef de la 9e compagnie, au régiment, sous les ordres du colonel Maier à la caserne Laperrine à Carcassonne. A pris part aux opérations dirigées contre les patriotes et le maquis de Villebazy (maison forestière à Rabassier). A incendié avec ses hommes le bois de Crausse.
Adresse : Wrunzburg

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Colonel Maier

Commandeur du 7e régiment d’infanterie de l’air à la caserne Laperrine à Carcassonne. Travaillait en étroite collaboration avec la Gestapo. Avait sous ses ordres les prisons à la caserne Laperrine où étaient les détenus politiques. Très connu pour avoir maltraité les détenus politiques, les prisonniers du maquis, brutalisé le Lieutenant Cave et ses camarades arrêtés en même temps que lui. Le lieutenant Cave a été ligoté et ainsi maintenu jour et nuit dans la cellule. A frappé lui-même les femmes à coups de cravache et donné l’ordre d’incendier le bois de Crausse.

Lieutenant Müller

Officier du Ministère de l’aviation à Berlin. Chef de compagnie L.N. Compagnie (Mot) 8 à Villemoutaussou. Haut fonctionnaire du NSDAP. A pris part avec l’assistance du Lieutenant Paquet à toutes les opérations dirigées contre le maquis. Responsable de beaucoup d’arrestations.
Adresse : Hannovre

Lieutenant Frank Raith

Officier Z.B.V bei Kodo. Fl. H. Ber I/VII (était officier à l’Etat-Major de l’air à Carcassonne).
Très dangereux !
Avait comme maîtresse Marthe Daguenau, originaire du Mans (Sarthe). Appelée par les allemands Martha Daguemann. Cette femme a eu son de 100.000 francs, bloqué au comptoir National d’Escompte à Carcassonne. Elle avait un appartement privé, rue du 4 septembre n°27 à Carcassonne. 
Frank Raith et sa maîtresse étaient en contact direct avec Lamand « Le parisien ». Ce dernier leur faisait parvenir de grosses sommes d’argent. Le lieutenant Frank par le très bien le français, il sortait toujours en civil et était en relation avec la haute bourgeoisie de Carcassonne. Cet officier est sorti de l’Ecole supérieure de National Socialisme, sur le Ordensburg, officier de mission dans toute la France occupée avec la Werhmacht, Gestapo, SD, NSDAP et les administrations françaises.
Vivait avec sa maîtresse 27 rue du 4 septembre à Carcassonne.
Adresse : Regenalrug. Donau – Bayern.

 

Obertfeldwebel (Adjudant chef) Paul Dibrichen

Paul Dibrichen, adjudant chef à l’Etat_Major de l’aviation à Carcassonne, chef de la S.A. A commandé le camp de concentration de Leipzig – W – 19 Sachsen.
Spécialiste dans le travail des affaires secrètes dans le Kommando de la Lufwaffe – Hôtel Terminus à Carcassonne.

Adresse : Plegau (Sachsen). Krensgasse.

Chef artificier, Franz Diebkes

Spécialiste artificier au Kdo Fl. H. Ber. I/VII (Z.B.V. à Carcassonne)
S’est signalé odieusement au cours des opérations du 17 août 1944 à Limoux, Alet et Couiza.
D’après certaines personnes, il aurait abattu un capitaine américain et amené comme otages, le maire, le curé et le secrétaire de mairie d’Alet. Il aurait miné le château de Baudrigue (Roullens) ; assiste et aide très probablement à l’exécution des Français arrêtés par la Gestapo.
Grand ennemi des F.F.I, membre actif de la NSDAP et chef d’une formation S.A
Il avait pour maîtresse Elisabeth Sinitzine, demeurant rue de Verdun à Carcassonne qui est partie avec les allemands en abandonnant son enfant chez Mme Page à l’écluse St-Jean, au Pont Rouge.

Adresse : Bocheim – Laugendreer Westfalen. Monsfelderstrasse 12.

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Baudrigue où périrent une vingtaine de patriotes

Feldwebel (adjudant) Schwandner

Schwandner était pilote du colonel Bodo-Gieche, commandant du Flughafenbereich.
A fait tous les vols de reconnaissance pour les opérations dirigées contre le maquis.
Adresse : Eger (Sudetengan)

Feldwebel (adjudant) Heinz Schröder

A photographié à bord de l’avion de reconnaissance du colonel Gieche, les cantonnements du maquis en vue des opérations qui ont été entreprises contre eux. Membre du NSDAP
Par suite de ses tournées cinématographiques dans tout le sud de la France, il donnait à la Gestapo tous les renseignements qu’il obtenait par ses relations en qualité de chef de Marché noir. Etait au service du Kodo Fl.H.Ber. I/VII
Adresse : Hombrug (Saar). Palastheater – Kino

Major Vein Stabe (Commandant adjoint Ludwig Schmidt)

A aidé l’organisation des opérations contre le maquis. Est aussi responsable des arrestations par suite de la collaboration intime avec la Gestapo.
Industriel à Nürmberg – Fütherstrasse.

Oberstleutenant (lieutenant colonel) KOEHLER

Officier nazi 100%. Membre de la NSDAP. Officier chef de renseignement. Principal responsable des opérations contre les maquis.
Adresse : Upyever (Prusse)

Oberbaurat (Commandant du génie) Wilhelm Eifert ou Rifert

Chef du Luftwaffen Feldbauem 13 à l’Hôtel Bristol à Carcassonne. Ami intime du colonel Gieche, du Kdo Fl.H.Ber I/VII
A aidé à la mise en action des opérations entreprises contre les maquis
Avait sa maison de week-end à Saint-Ferréol (Tarn)
Adresse : Mannheim am Rhein

Technischer Pherinspektor (Inspecteur principal) Hans Kohl

Limogeait tout officier ou soldat qui était contre le régime national socialiste. Pendant son séjour à Carcassonne, il était surtout spécialisé dans le marché noir en gros pour la Werhmacht.
Adresse : Rudolstadt. Kraftfahrtechnishes Schule

 

Stabsahlmeister (Employé militaire avec rang de capitaine), Assenmacher

Ennemi fanatique de la France.
Adresse : Breitengueschach (Franken)

Major (Commandant) Karl Liebermann

Fonctionnaire et représentant fanatique de la NSDAP. Est aussi un des peincipaux coupables des opérations entreprises contre le maquis et des arrestations (Limoux – Couiza –St-Hilaire…)
Travaillait en collaboration avec le colonel Dischler de la Feldkommandantur 734 et le capitaine Reinhard, le colonel Gieche et le commandant Hoefer de la Gestapo. Agitateur contre la population française.
Adresse : Sonneberg – Thühingen

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La voiture d'André Riffaud

Inspecteur Technicien pour les renseignements Karl Moser

Travaillait intimement avec le Z.B.V. officier Raith, dans tous les renseignements contre la Résistance française de l’intérieur. Avait des relations parmi les bourgeois. Il sortait toujours en civil. Membre de la NSDAP et indicateur de la SS.
Adresse : Goswig – bei. Dresden Sachsen. Genossenschaftstrasse 13

Inspecteur technique du parc-autos Julius Adams

S’occupait peincipalement des achats de pneus d’autos et de pièces de rechange au marché noir.
Il avait une maîtresse à Carcassonne. Des recherches sont nécessaires pour des renseignements plus détaillés. Affameur et grand chef du marché noir. Avait des relations dans toute la France, parmi la bourgeoisie française.
Parle très bien le français et l’anglais. Toujours en civil. Avant la guerre, il a été pendant plusieurs années aux usines Citroën à Paris.
Adresse : Hormef am Rhein

Meyer

Bereichsohnenn (Haut fonctionnaire et représentant de la NSDAP et D.A.F au sud de la France) 

Haut fonctionnaire du corps diplomatique du NSDAP en mission spéciale pour la propagande du National Socialisme en France. Travaillait en étroite collaboration avec la Gestapo et le bureau de placement allemand dans toute la région sud de la France.
Adresse : Vendehein bei Strasbourg

 

Oberleutenant (lieutenant) Major Vein Stabe

Adjudant du colonel commandant le Kdo.Fl.H.Ber I/VII à Carcassonne. Avocat, membre important à la S.A et haut fonctionnaire dans les tribunaux nazi de la NSDAP. Membre actif du SD. Officier de justice dans l’armée. Sujet fanatique. Impitoyable envers les patriotes français.
Adresse : Schwaudorf – Niederbayern

Oberfeldwebel (adjudant chef) Hans Batliner

Né le 26 juin 1916 à Munich. Sujet très dangereux. Nazi convaincu. Ami intime du lieutenant Dr Alois Ruhland du Kdo. Fl.H.Ber I/VII. Dernièrement à Perpignan
Adresse : München. Nymphenburgerstrasse. 187/111

Oberfeldwebel (adjudant chef) Ernest Batliner

Né le 7 juillet 1920 à Munich, frère de Hans Batliner, chef dans une formation de S.A. Nazi dangereux. Ami intime du lieutenant Dr Alois Ruhland.
Adresse : München. Nymphenburgerstrasse. 187/111

Leutnant Wilhelm Reif

Nazi
Adresse : Greffen Krei Buhl – Baden

Feldwebel (adjudant) Konrad Forster

Né le 15 août 1898. Nazi convaincu
Adresse : Saallfeld – Bayern

Oberfeldwebel (adjudant chef) Walter Hïntze

Grand ennemi des organisations de la Résistance de l’intérieur. Très souvent en mission spéciale pour information dans la Montagne noire.
Adresse : Oberlahnstein – zu Rhein

Unteroffizier (Sous-officier) Adam Bohn

Fonctionnaire de la NSDAP. Militant de la formation SD. Grand ennemi des traditions françaises.
Adresse : Klotten au der Vussel bei Trier

 

Unteroffizier Hans Herold

Fonctionnaire de la NSDAP. Sujet radical et impitoyable dans toutes les questions contre les patriotes français.
Adresse : Kulmach

Felswebel (adjudant) Kruener

Informateur et homme de liaison – Toulouse Carcassonne – Par suite des ses affaires de marché noir pour la Werhmacht et le contact qu’il a pu avoir avec la population française, il a donné beaucoup de renseignements sur la résistance française. Nazi 100% et dénonciateur des éléments antinazis et antimilitaristes.
Adresse : Münster – Westfalen

Oberfeldwebel (adjudant chef) Wilhelm Preuss

Adjudant de compagnie de Kdo.Fl.H.Ber I/VII à Carcassonne. Chef dans une formation SA. Membre de la NSDAP. Sujet haineux à l’égard des Français.
Adresse : Guetersloh – Westfalen

Oberfeldwebel (adjudant chef) Alfried Soth

Ressortissant lorrain expulsé en 1918 appartenant à une formation SA. Membre fanatique de la NSDAP. Grand ennemi de la France. Parle très bien le Français. Etait employé comme indicateur contre la Résistance française.
Adresse : Darmstadt – Soderstrasse 34

Soldat Friedrich Coeppert

Service ingénieur Hôtel Terminus à Carcassonne. Surveillait les sabotages.
Adresse : Boebligen bein Stuttgart

Unteroffizier (Sous-officier) Jupp Ropertz

Membre fanatique de la NSDAP. S’occupait des renseignemnts sur le personnel de l’Etat-Major
Adresse : München – Gladbach – Rheinland

Feldwebel (adjudant) Edouard Lang

Chef armurier
Adresse : Anch – Sudchugen

Major (commandant) Klingelhveffer

Officier du Kdo. Fl.H.Ber. I/VII à Carcassonne par la suite à Montpellier. S’occupait beaucoup de la Résistance française de l’Intérieur dont il était un grand ennemi.
Adresse : Endorf am Chiemale. Oberbayern

Major Muehlbauer

Ancien chef au Kommando Flughafenbereich I/VII à Carcassonne au service des renseignements
Adresse : Endorf am Chiemale. Oberbayern

Oberstabserat (Médecin Major) Dr Mucha

S’est surtout occupé au départ de l’armée allemande et de la Milice de mettre les miliciens blessés en sécurité dans les hôpitaux. Grand ennemi des soldats Tchécoslovaques, Autrichiens et Polonais. Mobilisé dans l’armée allemande.
Adresse : Trossingen – Württenberg

Onno Hollrichs

Reichengestellter (employé civil dans l’armée allemande)

Fonctionnaire du parti NSDAP et chef de la formation SA. A dénoncé les employés Autrichiens (Antihitlériens et antimilitaristes)

Adresse : Scebad – Nordernerf. Rosenstrasse 1

Fahnenjuker Otto Hierich

Oberfeldwebel (adjudant chef)

Régiment 71. Caserne Laperrine à Carcassonne. 10e compagnie.
A brutalisé les jeunes alsaciens recrutés de force dans l’armée allemande. Chef dans une formation de SA.
Adresse : St-Georgen. Kreis Vöeklulruch (Autriche)

Paul Reinhard

Feldwebel (adjudant) 

Né le 29 janvier 1910. Sujet dangereux. Avait beaucoup de relations parmi la population française et a fait beaucoup de dénonciations à la Gestapo.
Adresse : Frankfurt am Main. Arndstrasse 3

Dr Kurt Schmidt

Oberleutnant (lieutenant) 

Commandant de la Feldgendarmerie à Carcassonne. Travaillait en collaboration étroite avec la Gestapo à toutes les opérations contre la Résistance et le maquis. Responsable de beaucoup d’arrestations et surtout des tortures infligées aux victimes. Type brutal de l’officier prussien. Représentant fanatique du régime hitlérien et grand agitateur contre les juifs.
Adresse : Wüersburg am Main

Lorenzen

Oberstalserat (Médecin Major) 

Haut fonctionnaire de la NSDAP et de la SA. Ami intime du SS Obersturmführer, Colonel Otto Vahle. Collaborait avec ce dernier pour les mesures et opérations à entreprendre contre les maquis dans le département de l’Aude.
Parlait français et avait des agents de renseignements parmi la haute bourgeoisie française. A fait arrêter beaucoup de français qui ont été déportés par la suite. Selon ses propres paroles, les Allemands n’étaient pas assez durs et beaucoup trop humains envers la population française.
Adresse : Simmern – Hunnück

Hesbert Pobok

Feldwebel (adjudant) 

Feldkommandantur 734 à Carcassonne. Membre de la NSDAP et de la SA. Nazi très dangereux.
Adresse : Berlin – Treptow Rega

Werschke

Hautfeldwebel (adjudant de compagnie) 

Nazi très dangereux. Chef de la formation SA

Josef Hofmann

Unteroffizier (Sous-officier) 

Nazi très dangereux, menaçait toujours les Français à la caserne Laperrine. Contrôlait ces derniers à la sortie pour qu’ils n’emportent pas des provisions. Menaçait toujours l’aide cuisinier de la « Cuisine Roger Petasse » ainsi que les détenus à la prison, caserne Laperrine.
Chef dans la SA, responsable de beaucoup de dénonciations et condamnations des personnes antinazies.
Adresse : Employé de quincaillerie à Nürnberg

Inspecteur Matthes.

Un des principaux responsables du marché noir en gros. A fait beaucoup d’affaires avec l’escroc Lamant à Paris. Etait en traitement à Bordeaux pour une maladie grave. Très dangereux.
Adresse : Cassel – Hessen

Berend Goos

Feldwebel (adjudant) 

S’est principalement occupé pour les réquisitions des voitures françaises. Impitoyable envers la population française. Représentant fanatique du militarisme hithérien. Chef d’une formation SA

Alfred Flemning

Unteroffizier (Sous-officier) 

Haut fonctionnaire de la NSDAP. Volontaire de guerre. Freicharledensle corps nationaliste des états baltes contre le bolchévisme.
Adresse : Leipsig

Colonel Otto Vahle

Officier supérieur de SS. Chef du Kdo.Fl.H.Ber I/VII à Chartres, à Carcassonne. Travaillait en collaboration amicale avec la Gestapo. Avec le lieutenant Schneider à Lézignan.
Le colonel Otto Vahle est aussi un des principaux responsables des opérations organisées contre le maquis et de nombreuses arrestations de français.
Adresse : München

Otto Mauske

Feldwebel (adjudant) 

Sujet très dangereux. Chef d’une formation de SA. Avait comme maîtresse ; la nommée Cozak Jeannine, à la Bauleitung de Lézignan.

Fritz Beyer

Feldwebel (adjudant) 

Fonctionnaire nazi ; gradé dans une formation de SA. Grand agitateur contre le maquis. Dénonciateur des patriotes français qui ont été arrêtés par la Gestapo.
L’espagnol Amantegui, à Albi, rue de l’hôpital a été dénoncé par Beyer et arrêté par Bach
Adresse : Oschsenfurt. Badgasse 126

Heinarch Scruch

Oberfeldwebel (adjudant chef) 

Fonctionnaire de la NSDAP. Sujet répugnant et espion. Interrogeait les Français sur la Résistance ; menaçait souvent de son révolver les détenus politiques à la caserne Laperrine. Nazi très dangereux.
Adresse : Wien XII. Laängenfeldeplatz 16 IV/18

Karl Bauger

Oberfeldwebel 

Adjudant chef du groupe de garde à Baudrigue. Aurait exécuté avec son groupe les ordres de destruction de Baudrigue donnés par les officiers de la Gestapo.
Adresse : Frankfurt am Mein. Grüneburgweg 162

Albert Honsberg

Feldwebel (Officier aspirant)

Chef de la colonne transport stationnée au château de Tisseron, près de Carcassonne. Nazi fanatique, grand ennemi des libertés françaises. Donnait des renseignements à la Gestapo sur les maquis.
Adresse : Kollin am Rhein

Richard Wellinger

Feldwebel 

Travaillait en collaboration intime avec les officiers Mueller et Paquet responsables des crimes de guerre et des opérations contre les maquis
Adresse : Garmisch Partenkirchen. Griengartenstrasse 13/1

Vinzene Paquet

Lieutenant 

Luftnacheichten – Compagnie (Mot) 8 à Villemoutaussou. Poste secteur L. 45836 – Lgps – Paris.
A pendant les réquisitions à Villemoutaussou insulté et menacé la population de la faire emprisonner. S’est vanté de la façon dont il traitait les prisonniers du maquis. Officier de l’école supérieure du NSDAP
Adresse : Nalbach. Adolf Hilerstrasse 57

Henn

Hauptmann (Capitaine) 

Chef de la 10e compagnie et adjudant au 71e régiment de l’infanterie de l’air à la caserne Laperrine à Carcassonne. Participait avec sa compagnie aux opérations contre le maquis.

Bonnet

Hauptmann

Chef de la 9e compagnie du 71e régiment d’infanterie de l’air à la caserne Laperrine à Carcassonne.
Participait avec sa compagnie aux opérations contre le maquis (St-Hilaire, forêt de Crausse, Loubet…)
Adresse : Berlin

Fritz Jahrmarkt

Feldwebel 

Né le 21 novembre 1911 à Grubnitz. A été fait prisonnier par le maquis de Saissac en juillet 1944. A été libéré avec huit autres allemands prisonniers par un arabe traitre du maquis. Cet arabe qui est inconnu, a été incorporé dans l’armée allemande par la Gestapo, par mesure de sécurité à son égard.

Auguste Grollscheifes

Brigadier chef 

Né le 20 septembre 1918 à Nürnberg, a été arrêté par le maquis de Saissac en juillet 1944. Libéré avec Jahrmarkt
Adresse : Nürnberg

Muchleisen

Hauptmann 

Commandant le camp d’aviation de Perpignan. Fonctionnaire de la NSDAP. Grand agitateur des opérations contre le maquis des P.O
Adresse : Bamberg

Bodo Krüger

Obergfreiter (Brigadier chef) 

Fait prisonnier par le maquis de Saissac en juillet 1944. Libéré le 20 juillet 1944 dans les mêmes conditions que Jahrmarkt
Adresse : erfurt – Marbach

Fritz Schneider

Feldwebel 

Officier de la SA. Metteur au point des documents secrets du Kdo. Fl.H.Ber I/VII à Carcassonne Hôtel Terminus. Très dangereux.
Adresse : Frankfurt am Mein

Maierhofer

Oberwachtmeister aux fortifications 

Officier dans la SA. Ennemi dangereux de la France. Informateur de la Gestapo et du SD.
Adresse : St-Wendel Saar

Armuri Thomas

Né le 19 décembre 1889. Employé au bureau de placement allemand. Nazi très dangereux
Adresse : Heilbronn – Necker. Freidborpstrasse 26

Georg Reimers

Sonder Führer 

Né le 11 avril 1911. Chef du bureau de placement allemand à Carcassonne. Délégué spécial
Adresse : Tornesch – Holstein. Ueterenerstrasse 51

Ernest Schurtz

Employé au bureau de placement allemand. Nazi très dangereux
Adresse : Danibruck Keis Siegen. Sonneinferterstrasse 11

Dr Robert Ornetz

Lieutenant 

Haute personnalité étant en contact direct avec la Gauleiter à Graz. Chef dans la formation SS. Membre très actif agressif de la NSDAP et grand dénonciateur
Adresse : Graz Helberstrasse. Styrie

Joseph Eck

Unteroffizier 

Lieutenant fanatique NSDAP et du militarisme hitlérien. Il disait toujours que les opérations entreprises et le régime d’occupation n’étaient pas suffisants pour torturer les français et que les allemands étaient beaucoup trop humains.
Adresse : München

Fritz Ballannger

Chef artificier au grade d’adjudant chef 

Nazi redoutable – travaillait en collaboration intime aux préparatifs de Baudrigue avec Oberfenweker Franz Dierkes du Kdo Flughafenbereich I/VII, était précédemment à Chartres. Etait souvent en état d’ivresse. Torturait les Français.
Adresse : Gresner


Oberleutnant Georges

Prédécesseur du colonel Dischler. Ancien commandant de la place de Carcassonne. Commandant de la Feldkommandantur 734. Commandant de la Feldgendarmerie, du SD et de la Gestapo.
Principal responsable des opérations contre le maquis

Willi Stein

Oberfeldwebel et pilote du commandant 

Membre de la NSDAP. Après sa mutation de Carcassonne dans une ville des Balkans, s’est vanté dans une lettre de quelle façon barbare l’armée allemande traitait les populations balkaniques. Chef dans une formation de SA
Adresse : Eckerstrausen – Kreis Holznuden An Kreur – 2

Alois Bickel

Oberfeldwebel und Schinsneiter 

Né le 21 juin 1914 à Bentlage. Sujet très dangereux par suite de ses opinions nazies. Décoré des insignes en or de la jeunesse hitlérienne.
Adresse : Rheine Westfalen. Bentlage 7

Rudolphe Schildein

Employé en qualité de chef du bureau de placement allemand

Principal responsable de la « chasse à l’homme » pour envoyer les travailleurs en Allemagne. Impitoyable envers les ouvriers français. Travaillait en étroite collaboration avec le SD et la Gestapo. Ami intime du Oberleutenant Frank Rath. Haut fonctionnaire de la SS. Grand ami du chef de la Gestapo de Carcassonne Eckfellner et de l’interprète Bach. 
Adresse : Zorgen – Schlesien

Bach René

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interprète de la Gestapo. Tortionnaire criminel de guerre.

Né le 11 juillet 1921 à Voellerdingen (Bas-Rhin), marié depuis 6 mois environ, interprète à la Gestapo, soi-disant titulaire du brevet supérieur, ayant demeuré 1 rue Barbès à Carcassonne, était un agent redoutable au service des allemands.
Bach a accompli 4 ans de service militaire comme engagé volontaire dans les équipages de la flotte à Toulon. Libéré comme quartier maître, il était en congé d’armistice à la solde de 1500 francs par mois au moment de l’occupation de la zone sud par les troupes allemandes.
Détenu à la maison d’arrêt de Carcassonne à la disposition de la police politique. A semé la terreur à Carcassonne pendant l’occupation. Fusillé après son procès en avril 1945.

Josef Plendl

 Oberfeldwebel 

Nazi dangereux
Adresse : Rothenberg Ob. Der Tauber

Friedrich Schmidt

Feldwebel 

Nazi fanatique
Adresse : Pforshein – Baden

Wilhelm Jockel

Feldwebel

Impitoyable
Adresse : Frankfurt am Mein

Auguste Selzer

Brigadier chef 

Fonctionnaire de la SA. Armurier. Très dangereux
Adresse : Sachsen

Paul Wadewitz

Oberfeldwebel 

Nazi de premier ordre
Adresse : Machrisch – Ostrau. Mahren

Le commandeur de la Sipo et du SD à Montpellier – Ausrendienstelle –

Carcassonne 67 route de Toulouse – Feldpost 13035.

Eckfellner

Commandant des services de la Gestapo de la région de Carcassonne SS Sturmsharführer. Ami intime de Rudolphe Schildein et de Thomas de l’Office du bureau de placement allemand à Carcassonne.

Adresse : München

Oskar Schiffner

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Sous-chef de la Gestapo à Carcassonne : SS Scharführer  

Responsable de beaucoup de crime de guerre.
Adresse : Hof. An Dieshale

Arrêté et condamné à Bordeaux le 18 mars 1953

http://musiqueetpatrimoine.blogs.lindependant.com/archive/2013/09/18/maison-de-la-gestapo-le-proces-d-oskar-schiffner-178181.html

Franz Schienberk

SS Unterscharführer (chauffeur de la Gestapo) : 
Adresse : Issum Rheinland. Geldernastre strasse 70

KarlWenzel

SS Unerscharführer

Responsable de beaucoup d’arrestations
Adresse : Lauscha Taüragen

A. Hoffmann

SS Unerscharführer 

Très dangereux et responsable de beaucoup d’arrestations. 
Hoffman était à Zurich (Suisse) en 1939

Sources

Nous ne les donnerons pas pour des raisons évidentes. Il y a actuellement un pilleur Carcassonnais d'informations et de photographies volées sur ce blog qui rédige un livre pour son propre compte. Il s'abstient bien sûr de citer d'où lui viennent ces clichés. Vous comprenez le temps et l'argent que nous passons à vous offrir ce type de renseignements. Nous savons - bien entendu - son nom. Qu'il sache que nous n'hésiterons pas une seule seconde à lui faire un procès si d'aventure, cette liste et des photos de notre collection se retrouvaient ultérieurement dans son ouvrage sans nous citer.

Pour les reste, l'histoire doit avancer et l'on ne doit pas priver la communauté honnête dans son ensemble, de ce que nous diffusons.

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25/05/2016

Albert Picolo : le premier Résistant du département de l'Aude.

L'histoire de la Résistance locale a enterré Albert Picolo sous les lauriers posés, après la guerre, sur la tête d'hommes qui s'étaient au départ montrés frileux à la Résistance. Non pas qu'ils ne fussent pas en désaccord avec le maréchal Pétain - Henri Gout refusa de voter les pleins pouvoirs à Pétain -, mais plutôt qu'ils préfèrent opter pour un position attentiste. Nous avons récemment évoqué les difficultés de Roger Stéphane - envoyé par Rénouvin - pour rallier des élus tels que le député Henri Gout et le Dr Lacroix - maire de Narbonne - à la cause du mouvement "Combat". Albert Picolo, lui, n'hésita pas une seule seconde à se montrer ouvertement dans Carcassonne, opposé à la collaboration. En se plongeant dans les archives des journaux locaux d'après-guerre, nous avons observé que Louis Amiel - maire par interim, nommé par le Comité de Libération - glorifie l'action du Dr Henri Gout comme ayant été le tout premier Résistant de l'Aude. Au regard de ce que nous avons découvert, ceci n'est pas tout à fait exact... Si Picolo n'a même pas été honoré d'un nom de rue dans Carcassonne, le nom du Dr Gout est gravé sur l'une des plus belles avenues de la ville. Les manoeuvres politiciennes pour attribuer à la S.F.I.O la gloire de la libération du pays, alors même que plusieurs de ses cadres s'étaient confondus dans le radicalisme d'avant 1944, aura eu sans doute raison des plus vertueux des Résistants. Albert Picolo - candidat S.F.I.O - arrivé en tête au premier tour des législatives s'était pourtant désisté en 1936 en faveur du Dr Gout, dans le cadre des accords du Front populaire... Sans Picolo, pas de députation pour le futur maire de Carcassonne ; mais, on a sans doute fait payer à l'électron libre après la Libération, de s'être fait élire Conseiller général avec l'étiquette des M.U.R (Mouvements Unis de Résistance), contre l'avis de la S.F.I.O.

La genèse d'un héros

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Albert Picolo, sa femme et son fils en 1932

Albert Joseph Justin Picolo naît à Batna (Algérie) au numéro 30 de la rue d'Alger le 4 octobre 1899, de Jules Picolo - peintre - et d'Émilie Pico - sans profession. D'abord surveillant d’internat au lycée Bugeaud à Alger en 1918 puis répétiteur au lycée de Constantine en 1921. Il vient ensuite en métropole et y occupe diverses fonctions : répétiteur au collège de Castelsarrasin (Tarn-et- Garonne) en 1921-1922, maître d’internat au lycée de Toulouse (Haute-Garonne) de 1922 à 1927. C'est à cette époque qu'il se marie le 2 septembre 1925 à Castelnau-Magnoac avec Odette Angèle Justine Bastiment (1904-1984), pharmacienne de son état. Le couple aura deux garçons.

Après un séjour, au collège de Condom (Gers) en 1927, il retourne au lycée de Constantine comme répétiteur en 1928-1929, avant d’être titularisé comme professeur adjoint au collège de Bizerte (Tunisie) en 1928-1929. Il rentre en France et obtient un congé entre 1930 et 1934 qu’il passe à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). Il est ensuite professeur adjoint de physique et de chimie au lycée de Carcassonne (Aude) en 1934 et l’occupe jusqu’à la guerre.

Le militant

En 1936, Picolo est secrétaire de la section S.F.I.O de Carcassonne et créée un comité d'intellectuels antifascistes. Il se présente aux élections législatives de 1936 ; malgré son succès au premier tour, il se désiste en faveur d'Henri Gout. Malgré ses convictions, Albert Picolo n'a jamais été initié en Franc-maçonnerie. Une forte personnalité sans compromission, notent ceux qui l'ont connu.

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© ADA 11

L'opposant à Vichy

Nos conclusions ne peuvent avoir de valeur que si elles s'exposent à l'appui de témoignages rédigés par des personnalités de valeur. Lucien Roubaud - un grand Résistant et ami de Picolo - expose les faits suivants :

"Il a sans doute été le premier organisateur de la Résistance dans l'Aude. Le magasin de sa femme, pharmacienne, était devenu un lieu de rendez-vous. Je me souviens que, le fusil de chasse à la main, nous partions avec lui reconnaître des endroits où ultérieurement nous pourrions tendre des embuscades. Plus sérieusement, nous faisions aussi de la propagande orale et nous menions campagne contre les quelques pétainistes de l'endroit. Nos propos trouvaient un écho certain auprès des petits commerçants du quartier : le réparateur de vélos, le menuisier, le tonnelier, etc... C'était limité, mais c'était très net. Nous nous sommes manifestés plus ouvertement lors de la cérémonie du 11 novembre 1940... Ainsi, au fil des mois, avons-nous monté plusieurs manifestations, dont celle où Picolo a arraché le bouquet qu'on venait de remettre à un allemand (Le SS Dr Grimm, NDLR) qui venait faire une conférence à Carcassonne. Peu à peu ces manifestations ont pris de l'ampleur." (Léon Roubaud)

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Friedrich Grimm

(1888-1959)

Le 12 juin 1942, le théâtre municipal de Carcassonne avait fait le plein pour écouter la conférence du Dr Grimm - bras droit de Josef Goebbels. Picolo eut à ce moment-là la hardiesse d'arracher le bouquet de fleurs, que les collaborateurs allaient tendre à cette éminence grise du parti nazi. Ceci en pleine rue Courtejaire... Il venait ainsi de se signaler auprès des autorités préfectorales.

Albert Picolo recevait par kilos des exemplaires du journal "Combat" dans des emballages pharmaceutiques, dans l'officine de sa femme, avenue Buneau-Varilla. Il recruta pour la distribution des tracts et fonda l'Action ouvrière au sein de la mine de Salsigne. Le 14 juillet 1941, il dessine un grand V sur la vitrine de la pharmacie de sa femme.

Son arrestation

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© ADA 11

Le 14 juillet 1942, à l'initiative d'Albert Picolo une manifestation à lieu à la statue de Barbès ; elle réunit 2000 à 3000 personnes. Parmi les personnalités, on compte Henri Gout, Georges Bruguier et son fils, René Nelli... pris à partie par le S.O.L (Service d'Ordre Légionnaire). Picolo n'y est pas car la veille, il a été arrêté par la police.

"J'avais admiré les manifestants antipétainistes de 1942, devant le monument aux morts, bien moins nombreux, certes, que ceux du 1er mai d'après la Libération (et à cette cérémonie-là on n'avait pas amené les enfants) : une manifestation organisée par notre ami Albert Picolo, qui lui avait valu d'être arrêté par la police vichyste et exilé, en résidence surveillée."

Le 15 septembre 1942, la section spéciale de la cour d'appel de Montpellier condamne avec sursis Albert Picolo, professeur de chimie, jugé par le tribunal de Carcassonne pour menées antinationales, détention et distribution de tracts. (Archives Nationales / côte BB/18/7064 n°35)

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© ADA 11

La résistance en Lozère

Brûlé à Carcassonne, Picolo poursuit son action clandestine en Lozère.

À Langogne, il devint le responsable de l’AS. Convoqué à une réunion des cadres de l’AS de Lozère à Marvejols le 30 août 1943 à 21 h, et présidée par Henri Cordesse alias « Robert ». Picolo, étant à Mende, ne put être prévenu. Son adjoint, un agent de la police allemande, ancien journaliste à Montpellier le fut à sa place. La Gestapo, interrompant la réunion de l’AS put capturer la plupart de ses membres. Picolo fut arrêté à son retour à Langogne. Comme ses compagnons d’infortune il fut transféré à la villa des Rosiers au siège de la Siecherheitspolizei de Montpellier où il fut torturé. (Le maîtron)

La déportation vers Buchenwald

Le 23 octobre 1943, le convoi part de Compiègne en direction de Buchenwald. Le matricule 31267 se trouvera là-bas avec d'autres compagnons d'infortune Carcassonnais comme Charles Lespinasse. Le 20 avril 1945, lors de l'évacuation du camp de Flössenburg il réussit à s'évader et à rejoindre les alliés, cinq jours plus tard.

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© ADA 11

"Albert Picolo dès son arrivée fut incorporé dans le "troupeau" conduit sous une pluie de coups que leur distribuait les bergers. Ces hommes accomplissaient 12 heures de labeur. Seul, le hasard fut qu'il fut affecté bientôt à un Kommando. La blanchisserie fut dès lors son lieu de travail. Et ses journées employées au raccommodage ou au nettoyage des vêtements n'étaient troublées que par les longs appels que faisaient les gardiens. Parfois 20 minutes suffisaient à appeler les hommes, parfois trois heures ne suffisaient pas à leur besogne. Et si l'un deux s'effondrait c'était la mort et l'inévitable four crématoire."

Le retour des "musulmans"

A l'intérieur des camps, les SS appelaient "Musulmans" ceux qui ne tenant plus debout étaient en passe d'être choisis pour la sélection - autrement dit la chambre à gaz. Picolo revint de cet enfer, mais dans quel état !

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© Coll. Claude Marquié

Quelques temps après son retour de déportation

En avril 45, les premiers déportés survivants des camps nazis commencèrent à arriver. Et ceux qui étaient à peu près capables de tenir debout étaient reçus à l'hôtel Lutetia où leurs familles, ou leurs amis proches, venaient les reconnaître (il fallait, parfois, les reconnaître, comme on vient à la morgue dire d'un noyé, d'un suicidé : c'est lui), et les ramener parmi les vivants. Et c'est ainsi (et disons que c'était  dans le beau mois de mai) qu'un jour mon mère apprit qu'Albert Picolo était parmi ceux-là. il est allé à l'hôtel Lutetia. Il m'a emmené avec lui. Il voulait que je voie. J'ai vu. (Jacques Roubaud)

La reconstruction

Le 23 septembre 1945, il est élu comme conseiller général du canton ouest de Carcassonne en devançant  le candidat de la S.F.I.O, le Dr Philippe Soum. Albert Picolo quitta définitivement l'Aude en 1946 pour un poste d'Inspecteur de la Jeunesse et des Sports dans la Drôme, puis dans les Pyrénées-Orientales. C'est là qu'il s'éteignit à l'hôpital de Perpignan le 4 août 1975.

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Albert et Odette en 1958

Sources

Jacques Roubaud / La boucle / 1993 

Le maîtron

Archives de l'Aude

Archives Nationales 

Remerciements

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M. Jean-Pascal Picolo, petit-fils d'Albert

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23/05/2016

Le Carcassonnais Joseph Dufils emmuré vivant par les nazis le 13 juillet 1944

Parmi les nombreux compagnons de la Résistance exécutés par les nazis, il y eut surtout des héros sans grades tombés aujourd'hui dans l'indifférence et l'anonymat. Fort heureusement il demeure encore sur les bords des routes et des chemins de France, une stèle pour rappeler le sacrifice de ces hommes de l'armée des ombres pour notre liberté. À Saint-Pierre de Quiberon dans le Morbihan - bien loin du département de l'Aude - on nous a signalé une plaque sur laquelle est gravé le nom de Joseph Dufils de Carcassonne.

À la mémoire des cinquante patriotes des Forces Françaises de l'Intérieur martyrisées et lâchement assassinées par les Allemands le 13 juillet 1944 et découverts dans cette fosse le 16 mai 1945.

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Nous ignorons pour le moment les raisons pour lesquelles ce jeune combattant de 18 ans, né le 3 octobre 1925 à Carcassonne s'est retrouvé aux côtés des F.F.I de Bretagne. Est-il inhumé à Saint-Pierre de Quiberon, loin de son Languedoc natal ? Voilà des questions auxquelles ce blog tentera de répondre - nous l'espérons - très prochainement.

Que s'est-il passé le 13 juillet 44 au Fort de Penthièvre ?

Les horribles forfaits perpétrés par les Allemands au Fort de Penthièvre dans la commune de Saint-Pierre Quiberon dépassent toute imagination. Les occupants l'aménagèrent pour en faire une prison nazie. Et quelle prison ? Outre les tortures habituelles : pendaison par les pieds, bras et jambes brisées à coups de bâton, tête plongée dans la baignoire jusqu'à l'asphyxie, testicules serrés dans un étau, pieds brûlés, ongles arrachés, etc... ici cinquante deux prisonniers furent emmurés vivants.

Ces exécutions préméditées, sans jugement préalable, ont laissé un sentiment d'horreur et d'indignation. D'après les documents d'époque, ce fut l'Oberlieutenant Suling qui commandait les batteries du Bégot près de Plouharnel (rappelez-vous que les obus de 340 qui tombèrent aux environs de la gare de Vannes avaient été tirés depuis cette batterie) et, la garnison du Fort de Penthièvre depuis trois ans qui aurait ordonné les exécutions. Arrêté après la reddition de la poche de Lorient, il fut accusé d'avoir assassiné lui-même trois personnes dont les corps furent retrouvés dans les dunes, tué deux autres personnes en les arrosant d'essence et en y mettant le feu, avoir donné l'ordre d'emmurer les cinquante deux résistants.

(Amis entends-tu... / Journal de la Résistance Morbihannaise / 1971)

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Le 16 mai 1945, les autorités constatent l'odieux crime

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L'entrée du Fort de nos jours

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Si vous avez des renseignements sur Joseph Dufils, merci de contacter ce blog

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16/05/2016

Le foyer du soldat Carcassonnais au temps de la coloniale

La création du

Foyer du soldat Carcassonnais

coïncide avec l'arrivée le 4 mai 1928 de deux bataillons constituant le 51e Régiment de Tirailleurs Indochinois à Carcassonne. Il s'agit des bataillons de Montélimar et de Compiègne qui défileront autour des boulevards devant une foule enthousiaste. Le colonel Berthomé, commandant le régiment, prendra l"initiative de solliciter auprès de Mgr de Beauséjour - évêque de Carcassonne - la désignation d'un prêtre pour les militaires. Ce fut l'abbé Gabriel Sarraute. L'évêque donna un local de fortune dans un ancien patronage, situé 2 rue neuve du mail (actuelle rue Marceau Perrutel) dans le quartier des Capucins. Il fut agrandi en ajoutant à une grande salle, des pièces d'une maison voisine puis à tout le bâtiment. Ainsi s'organisa un ensemble familial et colonial sous la responsabilité de Paul Guilly et de l'adjudant Paul Vu-Ngoc-Truong.

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Le foyer du soldat

La façade ressemblait à un fortin et à un bateau avec un hublot à la porte, la bouée portant le nom du navire et le drapeau qui flottait le dimanche et les jours fériés. Au fond maison on trouvait un petit jardin avec sa treille. À l'intérieur, une salle au rez-de-chaussée avec une cuisine campagnarde et un bar. Au premier étage, on trouvait le salon meublé par le colonel Mignot, la bibliothèque avec sa Soupe Chinoise, le journal du foyer, le bureau de l'aumônier, la chambres des plantons.

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La salle du trône pour le roi élu par la fève du 6 janvier. Celui-ci nommait des ministres chargés des diverses services du foyer. Selon Gabriel Sarraute, il y avait même une pagode à l'intérieur de la caserne Laperrine avec des dessins annamites sur les murs. Il l'indique dans son ouvrage "la contrition de Joë Bousquet".

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Écoutons le récit du chanoine Sarraute :

"Nos soldats Indochinois avaient l'agrément de journaux en leur langue, envoyés par les missionnaires d'Hanoï. Il eurent aussi le bienfait de retraites et de prédications assurés par les pères des Missions étrangères. Aucun apartheid... Et le dimanche, la chapelle réunissait "Européens' et "Annamites". Nous avions commencé notre oeuvre en la réservant aux catholiques. Nous l'ouvrîmes bientôt à tous. Affiliés à la Fédérations des Foyers du soldat et du Marin, constituées en association déclarée en 1934, nous fûmes grâce au colonel Masse et au légendaire colonel Lelong, agrées par le Ministère de la guerre."

L'association intitulée "Foyer du soldat Carcassonnais" est déclarée le 24 avril 1934. Elle a pour objet de "s'intéresser au bien-être matériel et moral des soldats de la garnison de Carcassonne, de leur fournir un ou plusieurs locaux de réunion dans lesquels ils puissent trouver des avantages, des délassements et des distractions honnêtes, compatibles avec leurs obligations militaires." Son administration est confiée à MM. Alphonse Durand-Roger (Industriel), Jules Jourdanne (NDLR : il sera maire nommé par Vichy de 1941 à 1944), Gabriel Sarraute (Curé), Emile Aybram (Industriel), Jacques Palau (Négociant), Marcel Auzias (sous-officier de réserve), Marceau Dedieu (Négociant), Alphonse de la Soujeole (Propriétaire) et Auguste Lalanne (Président du Souvenir Français).

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"Il y avait depuis peu à la caserne Laperrine, un Foyer de la Croix rouge dont les directrices, et en particulier Mlle Faure étaient en contact permanent avec l'aumônier. Il y avait donc deux Foyers, l'un pour ceux qui ne voulaient pas s'habiller pour sortir le soir, l'autre pour ceux qui voulaient aller en ville."

À partir de 1935, M. Durand-Roger céda la présidence du Foyer au général de division Jean Guizard, ancien sous-chef d'état-major de l'armée. Ce dernier venait de prendre sa retraite près de Carcassonne et demeura au sein de l'association jusqu'en 1965 - année de sa mort. Durant l'Occupation, ce général sera en charge du Secours National.

"Il y aurait des pages à écrire pour expliquer comment, grâce à un caporal-chef qui mourut sous-lieutenant, Henri Le Curieux-Belfond, né au Morne-vert (Guadeloupe), nous avons pris l'esprit colonial authentique. Grâce à lui et à Georges Quiclet, premier président de la J.O.C (NDLR : Jeunesses Ouvrières Chrétiennes) en France, nous avons fondé un journal - l'Ancre Colonial - ouvert à tous, avec une feuille pour les catholiques, puis une pour les légionnaires qui nous demandèrent de les adopter. Il parut mensuellement à partir de mars 1937 et quand fut imprimé son dernier numéro, en août 1939, il était lu dans les cinq parties du monde."

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Le Foyer du soldat

Au début de la Seconde guerre mondiale, l'aumônier fut chargé de la Ve division d'infanterie coloniale. Après l'armistice de juin 1940, le 2e RI.C de Brest se partagea la caserne Laperrine avec le 15e Régiment d'artillerie de Douai. Des Carcassonnais accueillirent chez eux ces soldats dont les familles étaient en zone occupée. Quand les Allemands occupèrent Carcassonne à partir du 11 novembre 1942, la caserne fut cernée par le tanks et le Foyer occupé par des SS l'espace d'une nuit. Jusqu'à la Libération - d'après Gabriel Sarraute - il devint le refuge des juifs pourchassés et des Alsaciens-Lorrains. 

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Ceci expliquerait qu'une plaque ait été posée le 9 mai 1945 par ces Alsaciens-Lorrains au pied de la statue de Jeanne l'Arc qui se trouvait dans un enfeu du Foyer du soldat, donnant sur le boulevard Barbès. La statue et la plaque sont désormais dans le jardin attenant à la cathédrale Saint-Michel.

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Pendant l'Occupation, le Soldatenheim (Foyer du soldat Allemand) se trouvait sur la place Joseph Poux, à l'ancien patronage Jeanne d'Arc appartenant à l'évêché. C'est aujourd'hui, l'école privée Saint-Michel. Nous savons cela grâce à ma tante qui - comme beaucoup de Carcassonnais affamés - se sont rendus dans cet endroit à la Libération pour prendre des boîtes du singe (boeuf en gelée) laissées par les troupes nazies. C'est à cet endroit que s'installera plus tard - nous le verrons - le Foyer du soldat Carcassonnais.

"Lorsque Carcassonne fut libérée, le Foyer était dans un piteux état. Il fut restauré par les soins de notre évêque Mgr Pays. Après avoir reçu des soldats du 173e R.I, commandés par un marsouin, le colonel Bousquet. Aaprès une période trouble où les Indochinois influencés par le futur Viet-Minh massacrèrent certains de leurs camarades fidèles à la France, nous eûmes le 24e R.T.S qui partit en Indochine avec son chef, le colonel Runner. Le 24e R.I.C lui succéda avec le colonel, depuis général Waymel. Période de grande activité sous ce chef et ses successeurs, les futurs généraux Daboval, Jaumes, Rives, le colonel Rouanet : l'organisation de l'aumônerie nous faisait avoir une paroisse militaire. Des excursions, à l'aide des camions de la caserne permettaient aux marsouins de mieux connaître notre région. Un groupe de sous-officiers de carrière animait nos réunions."

Selon Jeannot Lapasset, la présence des soldats Indochinois au café des Américains (Bd Barbès) se terminait toujours par une belle série châtaignes. Parfois, c'était au café des colonies (Bd Jean Jaurès). L'usage un peu trop poussé de la boisson les rendait colériques...

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La guerre d'Algérie prendra la plupart des soldats du 24e RI ; l'aumônier Gabriel Sarraute qui officiait depuis 1928 décida de passer la main à Bruno de Monts de Savasse, petit neveu de Laperrine. En 1962, l'évêque de Carcassonne Mgr Pierre-Marie Puech, souhaite agrandir l'actuel lycée Saint-François mitoyen du Foyer du soldat. En échange, il offrit un local au 8 de la rue Joseph Poux. C'est ainsi que le premier Foyer du soldat fut rasé avec ses souvenirs.

Le nouvel aumônier n'eut pas le temps d'installer le nouveau foyer qu'un incendie le ravagea le 15 juillet 1962 faisant 500 000 francs de dégâts. Bruno du Monts de Savasse fut remplacé par MM. Perrin, Rambeaud, Martinez et enfin, Petiot qui aménagea une chapelle au rez-de-chaussée de la caserne, à côté des transmissions. Elle sera inaugurée par l'aumônier Trublet à qui succèdera les pères Lallemand et Gonin.

Le déclin

Quatre années après, un luxueux Foyer était installé à la caserne Laperrine. Les temps changeaient avec les habitudes des soldats qui pour la plupart rentraient chez eux en fin de journée. L'aumônier ne pouvait plus les suivre les manoeuvres du 3e RPIMA ; cependant, une salle du 2 rue Joseph Poux restait disponible pour ceux qui souhaitaient rencontrer l'aumônier. 

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Le commandant Adroit et Gabriel Sarraute

En 1984, le Foyer du soldat est administré par le colonel Robert Depardon, Jean Auzias et Pierre Sarraute. Deux ans plus tard, l'abbé Mazières au nom de "La famille diocésaine audoise" met à disposition gratuitement à disposition l'immeuble 2, rue J. Poux à disposition du Foyer du soldat Carcassonnais.

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Le 2 novembre 1987, l'association "Foyer du soldat Carcassonnais" devient "Anciens du Foyer du soldat Carcassonnais" avec dont l'objet est désormais de "maintenir les liens d'amitié entre les personnes ayant fréquenté dans le passé le Foyer du soldat Carcassonnais ainsi que les sympathisants". Cette association est définitivement dissoute le 20 novembre 1991 après 57 ans d'existence.

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L'abbé Gabriel Sarraute (1893-1991) à qui nous devons d'avoir laissé ces mémoires avait été aumônier militaire de la 45e division d'infanterie coloniale. Grand érudit et photographe amateur, le chanoine a été le confesseur du poète Joë Bousquet qui, bien que s'étant éloigné de la religion, avait toujours gardé le souvenir du capitaine Houdard, aumônier de son régiment durant la Grande guerre - tué sous ses yeux. Nous remercions également Pierre Sarraute pour ses souvenirs...

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13/05/2016

Il n'y a plus aucun chat dans Carcassonne entre 1942 et 1945...

Les historiens locaux ont-ils un jour traduit l'extrême misère dans laquelle s'est retrouvée la majorité des Carcassonnais au cours de l'occupation Allemande ? En consultant les quelques livres de référence nous n'avons pas trouvé de chapitre dédié à l'histoire tragique de ces corps amaigris, de ces enfants dont la croissance a été stoppée par les carences alimentaires, etc... Nous nous sommes alors mis en quête de témoignages sur ce triste épisode de la guerre qui fut le quotidien de milliers de Carcassonnais et d'Audois.

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Conséquence directe de l'armistice de 1940, les denrées alimentaires sont d'abord détournées pour nourrir l'armée du Reich. À partir de 1941, la pénurie se fait cruellement sentir en France ; les échanges commerciaux vers les colonies et d'autres pays comme l'Angleterre ou les États-Unis sont irrémédiablement freinés par le blocus maritime. L'acheminement de nourriture en métropole entre les régions est rendu extrêmement difficile à cause de la ligne de démarcation qui sépare le pays en deux zones : occupée et libre. Le gouvernement de Vichy met en place des tickets de rationnement échangeables chez les commerçants - quand il y a un approvisionnement. Ceci donne très souvent lieu à des files d'attente interminables au bout desquelles, les gens reviennent parfois bredouille.

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© Paola Bourrel

Tickets d'alimentation d'une famille Carcassonnaise

Si l'on prend en compte que le nombre de calories nécessaires pour un adulte sont comprises entre 2000 et 2500 par jour, les rations alimentaires ne dépassaient pas les 1300 calories en France en 1943. En Allemagne, on mangeait à son aise à la même époque - jusqu'à 3295 calories / jour.

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©Paola Bourrel

Un petit Carcassonnais pendant la guerre

L'État Français répartit la pénurie en divisant la population en huit catégories selon son âge et son statut : E (enfants de moins de 3 ans), à V (personnes de plus de 70 ans), J1 (jeunes de 3 à 6 ans), J2 (6 à 13 ans), J3 (13 à 21 ans) et A (adultes de 21 à 70 ans). Les travailleurs de force et le femmes enceintes ou qui allaitent ont droit à des rations supplémentaires. En 1938, un adulte consomme en moyenne 3,4 kg de bœuf par mois ; en mai 1941, un adulte A n’a le droit qu’à 350g par mois et en 1943, à 260g par mois). Les quantités prévues, déjà faibles au départ, diminuent au cour des années ; en Avril 1943, la ration de viande est de 120g par semaine. En 1944, elle n'est plus que de 60g.

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© Musée de la Résistance de Limoges

À gauche, la ration mensuelle de viande d'un J2 et T en 1941 (1kg).

À droite, la ration mensuelle d'un J2 et T en 1943 (480g)

Dans ces conditions de sous-alimentation, la première des préoccupations fut la recherche de nourriture. Ceux qui vivaient à la campagne n'eurent pas trop à souffrir des restrictions, contrairement à ceux de la ville qui crevaient de faim. Nous allons voir ci-dessous à travers des témoignages que nous avons recueillis, comment ils réussirent à lutter contre la famine.

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© Musée de la Résistance de Limoges

Plus aucun chat dans Carcassonne...

Si les animaux de compagnie aux pattes de velours avaient déjà disparu du paysage Carcassonnais - pour les raisons que vous comprenez -, les pigeons leur emboitèrent le pas. Les derniers survivants de cette espèce nichaient sur les hauteurs de l'église Saint-Vincent. Lorsqu'on réussit à mettre au point quelques frondes pour les atteindre, leur sort fut scellé. Les Carcassonnais se mirent ensuite à élever des lapins dans leurs caves. Pour les nourrir, les gens ramassaient les maigres fanes au pied des platanes de la place Carnot laissés après le marché, où déjà il n’y avait pas grand chose à emporter.

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© Musée de la Résistance de Limoges

On récupérait la peau des lapins pour confectionner des cols de vêtements, des pantoufles avec semelles en carton.

Pinard contre fayots

Le département de l'Aude - grand producteur de vin - avait du pinard en grande quantité malgré le racket des troupes allemandes qui l'envoyaient outre-Rhin. Le ravitaillement général distribuait une infâme piquette à raison d'un litre et demi par quinzaine et par individu, alors les habitants allaient chercher clandestinement dans le Minervois, la Malepère ou les Corbières, un breuvage de bien meilleure qualité. Ce vin constituait une bonne monnaie d'échange pour les Audois débrouillards.

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Les Allemands dans une cave audoise

Le Haut-Limousin récoltait des haricots en abondance, ainsi que d'autres légumes secs ; mais il manquait de vin. Après avoir planqué la majeure partie de leur récolte à cause de la réquisition allemande, les Limousins voyaient arriver les Audois par le train chargés de bonbonnes. Ainsi le Minervois était-il accueilli à bras ouvert du côté de Limoges, malgré les risques d'un contrôle. La gare de Limoges et de La Souterraine n'attendaient que les braves paysans locaux viennent chercher "les pèlerins de la faim". Une fois arrivés à la ferme et fort bien reçus par ces rudes Limousins, le pinard était vidé et rempli de bons haricots. Ils serviraient a être cuisinés en ragoûts accompagnés d'une couenne et d'un os de jambon pour y donner du goût. Oh ! certes, un goût de rance, mais en période de guerre on ne fait pas la fine bouche.

Comment les Audois connaissaient-ils les fermiers du Limousin ? Les adresses se passaient oralement avec la prudence d'un secret d'état. Le vin arrivait un peu "tréboul" par le voyage, mais les Limousins en faisait le une spécialité locale : le mijo. Il s'agit de pain trempé dans du vin avec du sucre. C'est paraît-il désaltérant. Là-bas, les Audois faisaient un véritable festin avec le ragoût de mouton, les châtaignes, le fromage maison ou le civet de lapin pris au collet. Le lendemain les voyageurs reprenaient les chemins boueux du retour vers la gare en direction de Carcassonne. Le miracle de Canna avait transformé cette fois, le vin en haricots !

La queue devant les magasins

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Les ménagères avaient été informées la veille dans la presse locale de la distribution de denrées alimentaires. À partir d'une heure du matin, déjà les premières clientes attendaient l'ouverture du magasin prévue aux alentours de 8 heures. Certaines fois, il a été observé des files d'attente depuis 20 heures du soir ; soit douze heures avant l'ouverture ! En été, comme en hiver... Ces courageuses mères de familles patientaient sous la pluie et le froid pour espérer 50 grammes de viande par personne, quelques patates, un quart d'huile ou 25 grammes de graisse de cheval.

Entre amies, elles se gardaient la place et devisaient sur ce qui pourraient être acheminé prochainement.  La rumeur prétend que demain, il y a aura des châtaignes mais seulement pour le ticket des J3. Le plus embêtant était le manque de pain - pourtant aliment de base. Quand il y en avait, il était coupé avec du son, de la fécule de pommes de terre ou de fèves. Bref, une espèce de repasse distribuée à raison de 60 grammes par jour. Chez ma grand-mère qui avait cinq enfants, on coupait le pain si fin chaque jour que l'on pouvait y voir la Cité au travers : "On léchait ses doigts pour ramasser les miettes sur la table, tellement on avait faim." Je n'ai jamais vu mes tantes - même après la guerre - jeter du pain. Quant à mes oncles, ils ont conservé l'esprit de récupération et de transformation.

Le marché, place Carnot

Les autorités municipales avaient mis en place une procédure de sécurité les jours de marché. Personne ne devait accéder sur la place avant le coup de sifflet donné par le policier Mallabiau. Il paraît qu'il ne plaisantait guère avec la discipline. Tout cela pour quelques fanes de carottes... Au coup de sifflet donc, une nuée de femmes se précipitait sur la marché en jouant des coudes - on rapporte qu'un femme enceinte fut même piétinée. Enfin d'éviter les accidents, il fut décidé de séparer les femmes en trois groupes : cartes rouges, vertes et bleues. Tantôt les rouges pouvaient entrer les premières, tantôt les autres. Autant dire qu'une fois les premières passées, les autres devaient se contenter des épluchures... Les plus "privilégiées" restaient les femmes enceintes bénéficiant de cartes spéciales ; ceci, non sans créer des jalousies au sein des autres groupes.

Le système D

Avec un peu de farine de maïs récupérée à la campagne, on faisait du millas. Ma grand-mère avait essayé de faire bouillir les cosses des petits-pois, sans grand succès gustatif. Quelques topinambours, du rutabaga... Sur les berges de l'Aude, les nèfles faisaient un peu passer la faim. À la belle saison, la nature offre des mûres, du raisin et des figues.

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© Musée de la Résistance de Limoges

 Pour faire un bon usage des pommes de terre, on garde les épluchures et un petit morceau de chaque pomme de terre utilisée pour le repas (si possible avec un œil), pour le replanter aussitôt et assurer à bon compte les prochaines récoltes. Quant au café, celui que l’on peut se procurer est imbuvable : il sent la merde. On confectionne un appareil pour torréfier de l’orge...  

Le Marché noir

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Il ne faut pas hésiter à dénoncer hélas, les commerçants (bouchers, boulangers ou épiciers) Carcassonnais qui se sont enrichis sur le dos de la famine en faisant du marché noir. Comment ? En détournant une partie des produits de la répartition arrivés par wagons, qu'ils revendaient sans tickets à des prix faramineux. Après la guerre, l'indignité nationale et la confiscation d'une partie de leurs biens ne les a pas ruinés, puisque beaucoup d'entre eux ont été amnistiés au début des années 1950. Quant à certains autres subitement fortunés, l'argent leur est tombé du ciel en parachute dans des caissons destinés aux maquis. Pour faire fortune pendant la guerre, il n'y avait pas trente-six mille solutions : la collaboration ou le marché noir. Parfois les deux...

Nous attendons vos témoignages pour enrichir cet article

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