09/12/2016

Petites chroniques de la Seconde guerre mondiale dans l'Aude (3)

Après l'échec de la campagne de Russie, l'armée Allemande perd du terrain et de son prestige. En 1944, les maquis de l'Aude sont de plus en plus actifs dans leur tactique de harcèlement de l'ennemi. Les exactions de la Milice française contre la Résistance s'amplifient avec l'appui des troupes d'occupation. Après le débarquement allié le 6 juin 1944, les maquis de l'Aude voient arriver un très grand nombre d'hommes volontaires pour combattre à leurs côtés. Il y en a tant que beaucoup sont renvoyés chez eux faute de pouvoir les équiper. C'est ce que l'on peut désigner comme les Résistants de la dernière heure. 

Carcassonne

1er août 1944

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5 impacts de balles sur la voiture d'André Riffaud

Au cimetière de la Cité ont lieu des obsèques du jeune André Riffaud, maquisard blessé par les Allemands et décédé à l'hôpital de Carcassonne. Une foule de 2000 personnes a assisté à l'enterrement. Il y avait une dizaine de gerbes de fleurs aux couleurs nationales.

Aragon

11 août 1944 à 16 heures

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Le village est encerclé par une colonne allemande. Tous les hommes sont parqués sur la place publique. Toutes les maisons sont fouillées. Aucune arme est découverte. Les Allemands procèdent à des interrogatoires et gardent un certain temps le maire comme otage. Elles repartiront sans dommages. S'il avait été trouvé des armes, le village aurait été peut-être incendié et des villageois fusillés.

La Combe du Sault

Nuit du 7 au 8 juin 1944

Un avion a mitraillé l'usine des mines de Salsigne qui occupait 1000 ouvriers, sans faire de victimes.

Montirat et Monze

17 juin 1944 à 17 heures

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Un soldat allemand essaie d'entraîner Mme Lliagone. Le mari s'interpose. Le soldat le tue d'un couple fusil. Ensuite, il essaie de se faire remettre des effets civils pour déserter et part en direction de Monze. Ce même soldat déserteur rencontre sur la route une jeune fille : Mlle Fabre Marie-Paule. Il la contraint à la suivre. Les gendarmes allemands, alertés, rejoignent les deux personnes à 400 mètres du village et tirent sur elles. La jeune fille est tuée. Le soldat est arrêté.

Carcassonne

19 juillet 1944

La demoiselle Vidailhac Baptistine surnommée Titine, chargée du service du bâteau qui fait la traversée de l'Aude entre la rue Achille Mir et la rue Paul Sabatier, refuse à des Allemands de leur faire effectuer le passage parce qu'elle est en train de prendre son repas. Un moment après, alors qu'elle assure son passage, ces soldats interviennent. Pendant que l'un d'eux tient en respect les personnes sur le bâteau au moyen de sa mitraillette, les autres jettent à terre Mlle Vidailhac et la rouent de coups. A cette époque, le pont de l'avenir n'était pas construit et le seul moyen de passage d'une rive à l'autre de l'Aude était d'emprunter le Bac dirigé par Titine.

Chalabre

19 juillet 1944 à 12 heures

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© Avec l'aimable autorisation de David Mallen

Soldats Allemands à Chalabre

Six hommes dont trois armés de mitraillettes se présentent chez M. Canet, industriel. Se disant de la Gestapo, ils coupent le fil du téléphone, enferment la famille dans une pièce, fouillent l'appartement et s'emparent de 65 000 francs en billets de banque, de trois montres en or, de deux bracelets et de bagues. Le tout évalué à 300 000 francs. A 19h30, six hommes armés se font remettre par M. Folchet, buraliste, 50 paquets de cigarettes et 4 boites de cigares. Un reçu a été délivré.

Pezens

19 juillet à 8h30

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  Une trentaine d'hommes de la Résistance vêtus d'uniformes bleu marine et kaki armés de fusils et fusils mitrailleurs attaquent un petit convoi allemand qui perd un soldat et cinq blessés. Une section allemande (1 adjudant et 5 hommes) est capturée. De 8h30 à 11h30, le Corps Franc de la Montagne noire mitraille les camions passant sur la route 113. Les allemands tombent morts ou blessés. Le Corps franc se retire avec six prisonniers et un important butin. 

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06/12/2016

Petites chroniques de la Seconde guerre mondiale dans l'Aude (2)

Second épisode de nos petites chroniques suite au succès rencontré par celles publiées hier. Entre 1940 et 1942, le pouvoir politique répressif du gouvernement de Vichy et la collaboration de celui-ci avec l'Allemagne hitlérienne se met peu à peu en place. La ville de Carcassonne est le théâtre de nombreux attentats ; les partisans du maréchal Pétain se heurtent à leurs opposants. Des deux côtés, on n'hésite pas à briser des vitres, maculer les murs d'inscriptions, repérer les républicains contre la Révolution nationale... Partout dans le département se constitue le Service d'Ordre Légionnaire afin de faire réprimer les opposants. Il est l'avant-garde de ce que sera la Milice à partir de février 1943 et s'inspire des SS de Hitler. Là, ne nous sommes qu'en janvier 1942, lorsque dans l'Aude le SOL s'organise avec les partisans de Pétain. Il n'est toutefois pas encore reconnu par le préfet mais ne prend aucun ordre de la police. C'est une organisation para-militaire indépendante, soutenue par le régime. Le 14 juillet 1942, alors qu'est organisée malgré les interdictions de Vichy une manifestation en faveur de la République, Carcassonne va vivre un début de guerre civile. Le SOL après avoir cherché à en découdre avec héritiers politiques de 1789, va générer une véritable bagarre près de la statue de Barbès.

Quelques temps après, le SOL qui avait repéré les personnes présentes à ce défilé, les fera arrêter. Pour le moment on se querelle entre français en zone libre, mais à partir de novembre 1943, l'arrivée des Allemands dans l'Aude va changer radicalement la partition de musique. Deux camps vont s'affronter... D'un côté l'extrême droite luttant contre le bolchévisme et les juifs, rejetant l'héritage de 1789 ; de l'autre, les Républicains organisés en réseaux de Résistants dont les objectifs politiques divergent. On y trouve des communistes, des gaullistes, des socialistes, quelques monarchistes... Les Pétainistes se disent patriotes et considèrent leurs opposants comme des anti-nationaux, collabos avec l'étranger - les Anglais. Ils sont favorables à une nouvelle Europe - celle d'Hitler, de Mussolini et de Franco. Au centre de ce combat, se trouve la population audoise ; certains seront neutres, d'autres collaboreront par idéal politique ou le plus souvent pour s'enrichir et en tirer profit.

Tout ceci créé un climat délétère dans lequel les audois s'épient, se dénoncent mais aussi s'entraident ou refusent dans le secret le destin de leur pays. La société a évolué en 75 ans, mais l'homme restera toujours jaloux, lâche, indifférent, vaniteux, vénal ou droit, altruiste, généreux, impliqué. Ce qui déplace le curseur ce sont les situations politiques auxquelles il est confronté. En période de crise politique et économique et à fortiori en guerre civile, ces phénomènes forment des métastases hideuses.

Carcassonne

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19 avril 1942

La Légion des Volontaires Française contre le Bolchévisme fait distribuer des tracts expliquant ce qu’est la LVF et comment son action aidera la Révolution Nationale.

Carcassonne

24 juin 1942

7, rue Georges Clémenceau : les glaces de la devanture du magasin de maroquinerie Salze sont brisées par jets de pierre. Les auteurs de cet acte étaient des membres de l’U.P.J.F, disciples de Jacques Doriot fondateur du PPF (ancien communiste devenu favorable à Hitler). Identifiés par la police, ils furent condamnés à des amendes de 600 et 1200 francs par le tribunal.

Carcassonne

23 mars 1943 à 21 h

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L'ancien cinéma Le Rex

La Légion Française des Volontaires Français contre le Bochévisme a tenu une réunion  dans la salle du cinéma Rex , rue de la liberté. Elle a été présidée par le préfet. Orateur : capitaine de Messine. Il y avait 500 personnes.

Limoux

Nuit du 7 au 8 juillet 1942

Des inconnus jettent de l’encre sur la façade du bureau de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme.

Cépie

29 janvier 1943

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Arrestation de Péchou François, de sa femme née Ségal et de Jean Tisseyre pour complicité de désertion d'un soldat allemand. Condamnés le 19 mars 1943 à des peines privatives de libertés, ces personnes furent par la suite déportées. Les deux hommes moururent en déportation.

Narbonne

25 mars 1943

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Le général Giraud

Arrestation par les Allemands de Hérail Simone. On suppose qu'elle aurait aidé le général Giraud à s'enfuir en Afrique du Nord en l'hébergeant chez elle.

Villemoustaussou

1er avril 1943

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Une compagnie radio de la Wehrmacht s'installe dans la localité. Elle partira le 18 juillet 1943.

Carcassonne

Nuit du 18 au 19 juillet 1943

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Le siège de la Milice, place Carnot

18, place Carnot au siège de la Milice, le milicien qui est de garde reçoit un coup de téléphone lui annonçant que le siège sauterait vers 5 heures du matin et un moment après, un coup de téléphone lui annonçait que l'affaire était reportée à plus tard.

Berriac

12 août 1943 à 6h55

Tentative de sabotage par explosif à la sortie du tunnel. Il n'y a pas eu de dégâts et la circulation des trains n'a pas été interrompue.

Arzens

1er novembre 1943

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Au domaine des Allanges. La Gestapo accompagnée de six voitures remplies de soldats est venu chercher un jeune homme qui apprenait depuis trois jours à tailler les arbres fruitiers. Dans sa chambre, les Allemands ont trouvé un poste radio de marque américaine et 200 billets de mille francs.

Carcassonne

Nuit du 9 au 10 décembre 1943

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L'ancien café Continental, boulevard O. Sarraut

Une bombe explose au Café Continental, siège du Parti Radical Socialiste. Le tambour a volé en éclats. On suppose que les auteurs sont des membres du Parti Populaire Français.

Villardonnel

9 juin 1944

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Route de Carcassonne à Mazamet, au cours d'une embuscade attaque d'un détachement allemand. Bilan : trois tués et six blessés côté allemand. C'est un seul véhicule. Une camionnette qui est tombée dans l'embuscade. On le retrouve 2 km plus loin, criblé des balles avec six allemands tués à bord. Un paysan qui l'a vu s'écraser dans le fossé, a aperçu un allemand parte en courant. Il ne sera pas retrouvé.

Blomac

23 août 1944 à 18h30

Les allemands tirent sur une voiture automobile occupée par des civils : M et Mme Colomb de Carcassonne qui venaient de rendre visite à des parents à Blomac et qui avaient à leur bord M. Castans. Les deux hommes sont tués, la femme sérieusement blessée.

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05/12/2016

Petites chroniques de la Seconde guerre mondiale dans l'Aude (1)

Nous inaugurons aujourd'hui une nouvelle rubrique de petites chroniques, racontant des événements qui se sont produits durant l'occupation dans l'Aude. Il ne s'agit pas de la Grande histoire telle que vous la lirez dans de sérieux ouvrages ou telle que l'on vous voudra bien vous la raconter d'une façon édulcorée. Non, nous n'avons pas cette prétention. Ce sont juste des faits réels retrouvés dans des archives ou que nous avons enregistrés auprès de témoins. 

Conques-sur-Orbiel

(1942-1944)

L'ensemble du village est occupé par des troupes allemandes qui ont réquisitionné plusieurs bâtiments. À la ferme de la Tuilerie, des soldats de l'armée de terre pas très nombreux mais gradés occupent de grandes salles. Il bénéficient de la proximité du terrain de sport sur lequel ils pratiquent leurs entraînements. Dans les bâtiment de droite, vivent les propriétaires de la ferme ; à gauche, les troupes d'occupation. Dans le château des Saptes comme d'ailleurs celui de la Vernède, résident les officiers de la Wehrmacht. Celles-ci ont évacué le village après la tragédie de Trassanel.

Le 23 août 1944, vers 17 heures une colonne allemande arriva par la côte de Villegailhenc, à pied et avec des camions. Le chef de la gendarmerie du village alla à leur rencontre avec un drapeau blanc. Afin d'éviter d'éventuels problèmes, il leur indiqua qu'ils pouvaient traverser Conques-sur-Orbiel sans problèmes. D'après le témoin, la colonne s'étendait sur une distance d'un kilomètre. Après avoir passé la nuit dans le village à boire, ils violèrent trois femmes. Puis, cherchèrent des bicyclettes pour s'enfuir. D'autres postés à la sortie de Conques, tiraient sur les gens qui allaient travailler à la mine de Salsigne.

La ferme de Valmy

Août 1944

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La ferme de Valmy avant le carrefour de Bezons

Cet endroit était un immense dépôt de ravitaillement pendant l'occupation. Au moment de la débâcle allemande, ceux-ci y mirent le feu. Ça pétait de partout le 20 août 1944, mais les Carcassonnais affamés par quatre années de privations s'y rendirent en nombre. Chacun ramena chez lui de grosses quantités de boites de singe. C'est ainsi que l'on appelait ces conserves de Corned-beef...

Le château de Pech-Redon à Pezens

1942-1944

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Les Allemands malgré leur visite à la famille Saint Exupéry - propriétaire du château - décidèrent de ne pas réquisitionner la bâtisse. Il faut dire que la patronne avait tout fait pour les en dissuader, d'après un des héritiers. Le château fut pendant l'occupation équipé d'un émetteur radio en relation avec Londres. Deux résistants du nom de Barde et Alégri de Pezens furent arrêtés ; le parc était devenu un lieu de résistance. Au mois d'août 1944, au-dessus du château des aviateurs Anglais et Allemands se livrèrent à une bataille aérienne des plus spectaculaires. Des colonnes allemandes traversèrent Pezens en direction de la vallée du Rhône et les habitants allèrent cacher leurs chevaux au château de Pech-Redon, afin qu'il ne soient pas pris par les troupes en déroute. Un char allemand perforé d'obus resta de nombreuses années après la guerre près du château. 

Carcassonne

25 mars 1942

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Le siège de la L.V.F à Carcassonne

La Légion Française de Volontaires Français contre le Bolchévisme installe ses bureaux à Carcassonne, 14 rue de l'Aigle d'or.

Limoux

18 novembre 1942

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Collège moderne de garçons

Les troupes allemandes occupent la ville de Limoux et s'installent dans le collège moderne des garçons. Elles quitteront cette ville le 6 mars 1943.

Carcassonne

Oct-Nov 1943

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Affiche de recrutement en français

Le 7 octobre 1943, le centre de recrutement de la Waffen SS est inauguré, rue Chartran. Le mois suivant, Carcassonne est choisie comme lieu de rassemblement pour les Waffen SS de la région de Montpellier. La cadence des départs est de 10 par semaine. Depuis la création du bureau de recrutement SS, la L.V.F a une activité presque nulle.

Carcassonne

24 février 1944

Réquisitions de la Milice pour les miliciens appelés à servir en Haute-Savoie. Les Francs-gardes de la Milice de l'Aude sont acheminées vers la Haute-Savoie. Ceci afin de la combattre la Résistance dans les combats du maquis des Glières.

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Carte de la Franc-Garde organe militaire de Milice.

Carcassonne

13 juillet 1944

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Jean Bringer

Message cablé envoyé par "Sultan" depuis Londres : "Bringer nommé définitivement chef FFI dans l'Aude avec accord FTP". (Service de renseignements)

Carcassonne

10 décembre 1945

Dix prisonniers allemands travaillant au déblaiement des casernes incendiées par les troupes d'occupation en retraite, le 19 août 1944, ont découvert dans les décombres un crâne, quelques ossements et divers objets, des lunettes et des ciseaux, une clé. Après examen par le docteur Soum, médecin légiste, les inspecteurs de la police locale ont réussi à identifier le cadavre. Ces restes sont ceux d'une Espagnole. Pilar Boix y Jil, née en 1921, habitant Carcassonne, disparue depuis le 19 août 1944. On pense qu'elle réussit, malgré une interdiction rigoureuse et des barrages de police, à pénétrer dans les casernes et qu'elle fut victime de l'explosion à retardement des dépôts de munitions. Le cadavre fut brûlé par l'incendie qui survint.

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26/10/2016

La libération de la ville de Limoux, le 20 août 1944

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Le 20 août 1944, la ville de Limoux est libérée des Allemands. Ses enfants engagés dans les maquis de la Haute-vallée ont payé un lourd tribu à la liberté. Beaucoup d'entre eux furent pourchassés, tués ou envoyés en déportation par les Nazis avec le concours de la Milice Française. Dans ses rangs, figuraient un nombre conséquent de Limouxins engagés aux côtés des Allemands. Au total, ils étaient trente... 

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Les libérateurs Américains de Salvezines, dans le canton d'Axat le 14 août 1944.

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Le tambour de ville annonce sur la place de la République que la ville est libérée!

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La place de la République avec le Comité de libération et les maquisards autour. Les couleurs sont levées et au premier plan, on aperçoit la bannière étoilée des Etats-Unis.

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Les FTP et les FFI défilent en libérateurs autour de la place de la République. La foule est immense en ce jour de fête, après tant de privations et de contrôles du peuple par la police politique de Vichy et de l'occupant Allemand.

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La population Limouxine rassemblée sur la place de la République, qui retrouve là tout son sens. C'est le retour des drapeaux français... Ici, commence la chasse aux Miliciens et Collaborateurs chasseurs de Résistants et de juifs. Une seule parole à la terrasse d'un café en faveur du général de Gaulle pouvait vous faire arrêter et interner. Une époque où les murs avaient des oreilles...

Crédit photos

ADA 11

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14/10/2016

Voilà comment le maquis de Trassanel a été dénoncé aux Allemands...

Nous avons très souvent évoqué sur ce blog les opérations allemandes contre les maquis de l'Aude pendant la Seconde guerre mondiale. Chaque année, on commémore aux quatre coins du département le massacre de jeunes français défendant la liberté. La plupart d'entre eux avaient rejoint la lutte armée car réfractaires au S.T.0 (Service du Travail Obligatoire) ; ils ne voulaient pas partir en Allemagne fabriquer des bombes pour tuer leurs compatriotes. D'autres, firent un autre choix... Ce dont on se garde bien de parler même 72 ans après, c'est la façon avec laquelle les Allemands purent retrouver ces maquisards cachés dans les bois. On peut légitimement penser qu'il est illusoire pour une troupe étrangère munie d'une seule carte d'Etat major, de mettre la main sur un campement perdu au milieu de la Haute-vallée ou de la Montagne noire. Bien sûr tout n'aurait pas été possible sans le soutien de quelques autochtones, dénonçant un maquis parfois pour quelques milliers de francs. Un tel, qui avait simplement besoin d'argent pour se marier a proposé ses services à la Police allemande en entrant comme agent rémunéré. Les plus gros délateurs furent très souvent passés par les armes à la Libération ; les occasionnels des petits village de l'Aude s'en sortirent sans trop de dommages. Dans un dossier conservé aux archives départementales de l'Aude, René Bach - agent du S.D - consigna en guise de testament ses souvenirs contre les maquis. On y apprend de pas très jolies choses sur la cupidité ou la haine d'une petite population locale. Retenez surtout que la Gestapo de Carcassonne, installée 67 route de Toulouse, croulait sous les lettres de dénonciation. Et comme René Bach l'a si bien dit le jour de son procès :

"Toutes ses affaires n'auraient pas été faites si les Français ne s'étaient pas dénoncés eux-mêmes."

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Concernant les maquis de Fournes, Trassanel et Citou, René Bach indique comment s'est passé leur dénonciation au siège de la Gestapo de Carcassonne. Nous avons bien entendu modifié le nom de l'individu mis en cause dans cette triste affaire. Ce blog n'est pas un juge, ni un tribunal. Toutefois, il considère que 72 ans après les familles des malheureux de Trassanel, ont enfin le droit de savoir.

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René Bach - interprète du S.D - à son procès en 1945

"Roger Jean (Nom modifié. NDLR) de Lastours ou Conques est venu à la Police Allemande se présentant sous ce nom, et n'ayant aucune pièce d'identité sur lui, il indiqua que les nommés Busque et Combrié de Fournes et Agnel faisaient partie de l'Armée Secrète ; et qu'un maquis se trouvait à la ferme de Montredon à Fournes. Qu'il y avait urgence d'agir, ce maquis devant changer de place. Il dit même avoir assisté à une réunion de Busque. 

Afin de contrôler ses dires, la Police Allemande se rendit à Fournes, en passant par Lastours et afin de prendre quelques renseignements complémentaires, elle essaya de voir Roger qui fut introuvable. Celui apprit-il qu'il avait été recherché ? Toujours est-il qu'il ne se présenta plus à la Police Allemande mais fit plusieurs rapports écrits qu'il lança par-dessus la porte après avoir sonné au 67, route de Toulouse (Siège de la Gestapo, rasé depuis février 2015. NDLR).

Fin juillet, un nouveau rapport vint de lui. Il renfermait des renseignements sur le maquis de Trassanel et sur celui de Citou. Comme Fau (agent de la Gestapo. NDLR) devait partir en mission à Salsigne et environs, la première partie lui fut remise pour lui faciliter la tâche. La deuxième partie me fut remise aux fins de traduction, il s'agissait de l'instituteur Piquemal de Citou (René Piquemal, capitaine du maquis du Minervois. NDLR).

Roger avait 165 à 170 cm, cheveux blonds sur châtains clairs, barbe rousse, portait des lunettes. Parlait très rapidement, sans accent méridional."

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La villa de la Gestapo détruite par décision municipale en février 2015.

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03/10/2016

Dans l'intimité de Jean Bringer...

Il est des photographies qui valent mieux que de trop longs discours. Aussi, aujourd'hui ai-je décidé de vous faire partager un cliché totalement inédit de Jean Bringer - chef de la Résistance Audoise, assassiné à Baudrigue le 19 août 1944. C'est le moment heureux d'un papa de 27 ans avec son fils sur ses épaules. Ce bambin prénommé Jean-Marie qui à l'âge d'un an deviendra orphelin de guerre, à cause de la barbarie d'hommes fanatisés, au service d'une idéologie extrême. La paix est le bien le plus précieux ; comme la santé, c'est quand on l'a perdu qu'on s'en aperçoit. 

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Jean Bringer

(1916-1944)

Jean-Marie Bringer

(1943-2011)

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