06/02/2016

Le 25 octobre 1891, la crue du siècle fait 20 morts à Limoux et Carcassonne

Le 25 octobre 1891, le département de l'Aude a été entièrement dévasté par de terribles inondations semant la destruction, la ruine et la mort. Les quantités les plus abondantes de pluie sont tombées dans le massif des Corbières en suivant la ligne de faite qui sépare le bassin de l'Orbieu à celui de l'Aude et de ses affluents situés en amont de Carcassonne. Le vent très modéré de Nord-Ouest a poussé les nuages au-dessus des massifs ; leur séjour a été très long, ce qui explique les forts cumuls de pluie en ces endroits.

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Carcassonne

L'orage a grondé dès le 24 octobre à 8 heures et demi du matin avec une pluie dense et régulière, coïncidant avec une rapide dépression barométrique atteignant son maximum de 732mm8, le 25 octobre. Elle ne tarda pas à transformer les rues de la ville en torrent dans lesquelles 45mm d'eau étaient déjà relevés. Après une accalmie à 12h45, le vent se remit à souffler. A 15h20, il tomba une averse d'une extrême violence accompagnée des éclairs et du tonnerre. Vers 17h, on mesurait dix millimètres d'eau supplémentaire dans les rues. La pluie ne cessa qu'à 4 heures du matin ; on mesurait 180mm de sorte qu'en moins de 20 heures, il était tombé 281 millimètres.

L'Aude débordait à 2 heures du matin, s'élevant à 8 mètres au-dessu de l'étiage. Elle avait envahi tous les quartiers de la ville semant le désordre et la panique parmi les habitants.

"C'est entre onze heures et deux heures de la nuit que l'Aude, extraordinairement grossie par la pluie tombant sans interruption, a commencé à se répandre largement hors de son lit. Les faubourgs sont envahis : tous les quartiers qui longent le fleuve sont, en peu de temps, transformés en ilots ceinturés de canaux profonds, formés par l'eau rousse et limoneuse de l'Aude. L'eau se précipite dans les caves, dans les corridors, dans les appartements, voire même dans les lits, éveillant brutalement ceux qui s'étaient paisiblement endormis quelques heures auparavant. Beaucoup se hâtent de quitter leur demeure, emportant quelques effets de linge, qu'ils revêtent dans leur fuite éperdue. D'autres, cernés dans leurs appartements par un courant violent et incessant, pousser des cris désespérés pour appeler à l'aide, et pendant ce temps, le fleuve continue ses ravages, en vagissant les champs cultivés, rompant les arbres et les clôtures, démolissant les murailles et entraînant tout sur son passage. Et il pleut...

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La crue de l'Aude a atteint et dépassé toutes les crues précédentes marquées à l'étiage. Les eaux se sont avancées à l'intérieur de la ville, jusqu'à la rue de la préfecture. C'est-à-dire à près de 500 mètres au moins en dehors de son lit. Les quartiers les plus éprouvés ont été, d'abord, ceux des jardins potagers, puis ceux du Palais, du Pont-Neuf et du Pont-Vieux, de la Digue, ainsi que les faubourgs avoisinant la rive du fleuve, en remontant au-delà de Montplaisir et Patte-d'oie. Les jardins potagers ont été submergés ; des maisons qu'ils contenaient se sont écroulées ou sont endommagées, les habitants ont été obligés de monter sur les toits en attendant les secours. 

Tout au long du fleuve, depuis le Pont-Vieux, jusqu'au-delà de l'abattoir, on ne voit que des murs démolis, effondrement de terrains, grilles enfoncées ; le chalet de Montplaisir a été enlevé et balayé par le flot ; l'atelier d'électricité de la Société Méridionale, le moulin de l'île, les manufactures avoisinantes, l'usine à gaz, l'usine Sainte-Marie, l'usine Guilhem, la propriété Poitevin, la propriété St-jean, etc... Tout cela a reçu la visite des eaux causant des dégâts considérables.

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On voit par intervalles, passer, dans le remous des flots, vagues objets qui sont des meubles, des tronçons d'habitation, des cadavres de chevaux morts... A l'Hôpital général, les sous-sols et la chapelle ont été brusquement envahis par l'eau qui s'élevait au niveau des arches du Pont-Vieux, et a occasionné à cet endroit un effondrement de 7 à 8 mètres carrés. Aussitôt, on fait évacuer les enfants logés à cet hôpital, ainsi que les autres hôtes ; M. Delsol, avocat, membre de la Commission des hospices, Mme Delsol et M. Sauzède organisent les secours et cherchent à préserver les habitants de cet établissement de charité. La maternité est évacuée à l'Hôtel-Dieu où l'eau n'atteint pas les chambres.

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Dans la rue Bellevue, c'est M. Lhuilier, professeur de gymnastique, qui est éveillé par l'arrivée de l'eau ; il saute par la fenêtre et se sauve à la nage. Près de l'abattoir, c'est la famille Arbiade qui est sauvé par un pêcheur. Dans la rue de la Digue, un capitaine de cavalerie, réfugié sur le toit avec sa femme, est tiré du danger par des cavaliers du 17e dragons. Entre le Pont-Neuf et le Pont-Vieux, c'est le sauvetage dramatique de toute la famille Lasserre de d'autres personnes, secourues par des barques montées par des gendarmes.

Dans le prolongement de la rue Basse, deux femmes sont mortes : Marie Rigaud (née Andrieu) de 51 ans ; Adeline Andrieu épouse de Jean Rigaud, 17 ans, de Montréal. Les époux ont pu se sauver mes leurs épouses ont été étouffées par le flot.

Toutes les rues sont bloquées par des pompes qui vident les caves remplies d'eau. La perte des habitants est considérables ; plusieurs familles sont sans abri. Il n'y a plus de communications télégraphiques. La boulangerie Maymou a énormément souffert ; des chevaux de prix, des charrettes et des véhicules divers, des sacs de blé, des monceaux de pains ont été emportés. Tout le matériel de la Brasserie Lauer est sous les eaux. Dans la Société Méridionale d'électricité, les machines neuves sont cassées et une partie du béal construite pour la conduite des eaux, s'est éboulé. Dans les quartiers de la Trivalle et de la Barbacane, les petites maisons abritant des  familles d'ouvriers laborieux ont été détruites.

Selon des expertises menées par la ville, le montant du préjudice s'élève à 1.100.000 francs.

Limoux

Toute la journée du 24 a été pluvieuse ; les ruisseaux collecteurs sont infranchissables. Dans la nuit, l'orage redouble et la foudre tombe sur le séchoir de la Brasserie. Il met le feu à une poutre. Pendant ce temps l'eau monte et envahit tous les quartiers.

"A 2 heures, les vagues houleuses submergeant le Pont-Vieux ; les rues Blanquerie, Gourg d'En Gasc, du Palais et Saint-Victor sont déjà ravinées. Une demi-heure plus tard, ce sont les rues Paussifile, Pont-Vieux, Saint-Martin et Carrasserie. A trois heures, les 3/4 de Limoux sont sous les eaux.

Presque tout le quartier de l'Aragou et des rues Goutine, de la Brèche, de l'Officialité, Fusterie, Grammatique, Toulzane, de l'Orme, la Place au Bois, l'Esplanade... Ce sont des maisons qui s'écroulent et qui ensevelissent des malheureux, ce sont des familles qui se sauvent par les toits et ces cris partent de partout. Impossible de porter secours à ces martyrs ; la pluie tombe par torrents et l'Aude grossit toujours. Enfin, le jour apparaît... 

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Le pont vieux de Limoux après l'inondation

Ce n'est plus Limoux, c'est une ville bombardée. Les rues inondées sont remplies de vase gluante et encombrées d'épaves. La maison dite l'Arche du Pont-Vieux, est complètement effondrée. Deux vieilles femmes sont enfouies sous les décombres. Un arc-boutant artificiel les a protégées. Des hommes déboutés les sauvent.

La maison Cadenat, cordonnier, et Constans, propriétaire, rue St-Antoine, Petite-Ville, sont totalement écroulées. La maison de M. Lamouroux, rue Saint-Martin, louée à M. Denat Cadet (boucher) a toute la partie donnant sur la rue Paussifile effondrée. Le côté de la rue St-Martin menace de s'effondrer. Les maisons de MM. Bouchère et Estève sont emportées. Les moulins de Maynard et de Sournies sont détruits. Le Pont-Vieux est presque en ruine. Les jardins de la Sous-préfecture, de l'Hospice et du Presbytère sont emportés. L'usine à soufre est démolie en partie. Chez M. Peyre, l'eau a emporté 500 muids de vin. Les cafés Castéra et Moula sont détruits.

La maison de M. Numa Trauque et une partie de celle de M. Clercy, rue Blanquerie, ne forment qu'une montagne de ruines et sous ce bouleversement se trouvent 12 victimes. Cette maison était habitée par M. Trauque, sa dame, M. Ducasse, sa admet leur fillette, par la famille Raynaud (métayer) composée de cinq personnes, par M. Cabanes (plâtrier) et sa fille, par Mme veuve Saint-Loup et son fils. En entendant les craquements de la maison et ne pouvant se sauver par la rue, ils montent sur le toit de M. Clercy, leur voisin. M. Ducasse monte le premier, M. Renier dit Tillet (maçon), leur voisin, est à ses côtés et au moment où ils vont opérer le sauvetage, un craquement épouvantable, accompagné de grands cris de détresse, retentit ; M. Ducasse se penche dans le vide pour saisir au vol ceux qui lui sont chers ; il va disparaître à son tour ; Renier le retient et l'éloigne du lieu de l'horrible sinistre.

M. Ducasse allait sauver sa femme, il lui tendait la main; la maison s'écroule, Mlle et Mme Ducasse sont brisées par l'éboulement. M. Ducasse était fou de douleur. Dans la matinée, on a procédé à l'enlèvement des victimes : M. Trauque (50 ans) et sa femme (29 ans) ; Mme Raynaud tient enlacés les cadavres de son fils et de sa petite fille, âgée de 9 ans.

Les désastres furent si grands à Limoux que l'autorité militaire vient au secours de la ville. La garnison de Carcassonne fournit deux pelotons de dragons et celle de Montpellier, une forte équipe de soldats du génie.

Quelques exemples dans le département

La voie ferrée est détruite à hauteur de la gare de Madame sur une longueur de 160 mètres, sur l'axe Carcassonne-Quillan. A Puichéric, la moitié du village est inondée ; plusieurs pont sont détruits et 300 personnes sont à la rue. Certaines d'entre-elles ont trouvé refuge dans l'église.

A Lagrasse, deux hommes sont portés disparus. La caserne et les maisons sont démolies. Pertes énormes.

A Lastours, les bâtiments d'exploitation des mines de plomb-argentifère ont été rasés.

A Conques, l'Orbieu et le Rieussec ont débordé. Les maison de la partie basse du village sont sous 1,50 mètres d'eau. Le pont de Villalier est en partie détruit.

A Trèbes, l'Orbiel s'est jeté dans le Canal du Midi, en renversant les parapets du pont-canal

A Luc, le pont s'est affaissé et le remblai du pont de Fabrezan s'est effondré.

Sources

- Bulletin météorologique 

Imprimerie Polère à Carcassonne (1892)

- L'express du Midi 

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02/02/2016

Louis-Napoléon Bonaparte à Carcassonne, le 2 octobre 1852

C'est un Louis-Napoléon Bonaparte conquérant, tout auréolé d'avoir réussi à prendre le pouvoir par la force militaire d'un coup d'état le 2 décembre 1851, qui arrive dans Carcassonne en ce début d'octobre 1852. Arrivé à la fin de son mandat de Président de la République, la constitution ne lui permettait plus de se représenter. La répression contre les opposants au futur monarque sera féroce : 27 000 arrestations, des centaines de tués et une presse aux ordres. Après avoir rétabli le suffrage universel masculin, Louis Napoléon Bonaparte provoque une élection les 20 et 21 décembre 1851 afin que le peuple se prononce sur les réformes du Prince-président - seule la presse favorable au régime est autorisée. Les civils se prononcent à bulletin secret... Le Oui est imprimé, le Non doit être écrit à la main ; le bulletin est ensuite donné à la main à président du bureau de vote pour qu'il le mettre lui-même dans l'urne. Les militaires, eux, votent à bulletin ouvert. Les résultats publiés par décret en janvier 1852, donnent près de 80% de Oui. A ce sujet, Vladimir Poutine n'a pas fait mieux... Se considérant de fait plébiscité par le vote populaire, plus rien n'empêche le couronnement du futur Empereur qui interviendra le 2 décembre 1852, jour d'anniversaire du sacre de Napoléon 1er et de la bataille d'Austerlitz.

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Auparavant, le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte entreprend une tournée à travers la France dès le 1er septembre 1852. Persigny, ministre le plus favorable au rétablissement de l'Empire veille à museler toute tentative d'opposition sur le parcours. Partout où passe le futur Napoléon III - d'Orléans à Marseille - ce n'est que liesse populaire et distribution d'argent et de cadeaux aux autorités locales.

Nous avons retrouvé dans un vieux livre le récit du passage de Louis-Napoléon Bonaparte à Carcassonne, le 3 octobre 1852. 

"À dix heures, le prince quitte Narbonne et tous les coeurs, tous les bras se lèvent vers lui. Dans toutes les localités que traverse le Prince, à Cruscades, à Moux, à Barbaira, il trouve des arcs de triomphe, des guirlandes de verdure, des estrades drapées avec élégance et richesse. Les maisons sont pavoisées, les rues sont ornées de faisceaux de l'aigle, portant des écussons où l'ont lit :

A Louis-Napoléon ! A Napoléon III ! Vive l'Empereur !

Carcassonne a reçu le Prince avec cet éclat de fêtes et cette chaleur d'enthousiasme, que nous avons trouvé dans tout le Midi. Aux portes de la ville S.A.I est attendue par M. Edouard Bosc, maire de la ville, entouré du conseil municipal et du Conseil général de l'Aude, du conseil d'arrondissement, de la magistrature, du clergé et de tous les fonctionnaires. Sa voiture s'étant arrêté M. Bosc, maire, lui a adressé les paroles suivantes :

La ville de Carcassonne est heureuse de vous recevoir dans ses murs. Chef du corps municipal, je suis fier d'un titre qui naguère me permettait d'être auprès de vous l'interprète de ses sentiments, et me donnent aujourd'hui le droit d'offrir à Son Altesse Impériale les clefs de notre Cité.

Entrez, Prince, les voeux de nos concitoyens vous appellent  ; continuez, au milieu de nous, cette marche triomphale qui, sur votre passage, fait éclater les transports les plus vifs, résumés dans ce cri, symbole de l'ordre et de la gloire :

Vive Napoléon ! Vice l'Empereur !

Ces paroles et la réponse du Prince ont été suivies d'une vive acclamation

Vive L'Empereur !

À deux heures, le Prince a fait son entrée à cheval, au bruit de l'artillerie, au son des cloches, au milieu des cris d'enthousiasme de toute la population. À la Préfecture, il avait été attendu par cent jeunes filles qui lui ont offert des fleurs ; l'une d'elle lui a adressé un compliment auquel il a répondu par les paroles les plus gracieuses. Après quelques instants de repos, le Prince est sorti par la porte du jardin, il parcouru les boulevards du Palais et du Cours, où il a trouvé rangés les délégués des communes et les anciens militaires de l'Empire, ces dignes descendants des braves que César signalait comme les "hommes forts et vaillants de Carcassonne, qui vinrent lui prêter l'appui de leurs bras."

Les délégués des communes étaient conduits par les maires, adjoints et conseillers municipaux. Les quatre cent trente-cinq communes du département avaient répondu à l'appel pour se rendre au chef-lieu ; on en cite plusieurs où tout le a marché, et où on a dû tirer au sort le nom des deux ou trois hommes valides qui resteraient pour avoir soin des troupeaux.

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Louis-Napoléon Bonaparte devant la caserne de Carcassonne

Après la revue des communes, le Prince a passé celle de l'armée. Le 2e hussards, une batterie du 3e d'artillerie, un autre bataillon du 67e et du 20e léger, rangés en bataille ont offert un superbe spectacle, et ont défilé aux cris de : Vive l'Empereur ! Un arc de triomphe élégant, élevé devant la porte d'une caserne, portait ces mots : Fiat Imperium.

En rentrant, le Prince a reçu les différents corps, toutes les autorités et tous les fonctionnaires du département. Il a remis la croix de la légion d'honneur à M. Bosc, maire de Carcassonne, et Champeaux, sous-préfet de Limoux. 

Le général comte d'Hautpoul, grand référendaire du Sénat et président du Conseil général, a présenté les membres du conseil à S.A.I. Le Prince s'est entretenu avec eux et leur a dit : " Je sais que les intérêts du Midi ont été depuis longtemps sacrifiés : il ne tiendra pas à moi que cet oubli-là ne soit réparé."

Mgr de Bonnechose qui était allé au-devant à du Prince jusqu'à Narbonne, était revenu à Carcassonne pour présenter son chapitre et le clergé de la ville épiscopale. Il a rappelé au Prince que la cathédrale de Narbonne est inachevée et qu'on lit sur les murs de la façade ce distique latin, qui ne manquait certainement pas d'à-propos pour la visite du Prince-Président :

Interrupta utinam tandem haec sacra maenia surgant imperio fiat quod cogitate pietas !

(Plaise à Dieu que ces saintes murailles inachevées s'élèvent, que cette oeuvre s'accomplisse par un ordre que la piété réclame.)

Le soir, la ville est toute entière illuminée. Spectacles gratis, danses publiques, feu d'artifice. Le Prince se rend à un bal qui lui est offert par la ville.

La journée avait commencée par un acte de bienfaisance de la municipalité, qui avait décidé qu'une distribution de pain et de viande serait faite aux pauvres de la ville. Le Prince voulut qu'elle se terminât de la même manière, et il a laissé une somme pour être distribuée aux moins heureux des vieux soldats de l'Empire.  

En quittant Carcassonne, le Prince a chargé M. E. Fugué, préfet de l'Aude, de remercier les habitants de ce département de l'accueil  qu'ils lui avaient fait.

(Voyage de S.M Napoléon III, empereur des Français / F. Laurent / 1853)

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Napoléon III

La tradition orale locale raconte que la future impératrice -Eugénie de Montijo"- a laissé de nombreux cadeaux aux églises de Carcassonne.

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À Saint-Vincent, elle aurait offert la parure et les habits pour la statue Notre-Dame de la parade. À l'église paroissiale de Villalbe, c'est le superbe lustre qui orne le centre de la nef.

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Lustre de l'église de Villalbe

Le plus beau des cadeaux de Napoléon III à la ville de Carcassonne est sans aucune contestation la restauration de la Cité médiévale. 

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"Il examina les dessins de Carcassonne qui accompagnaient un rapport de Viollet-le-duc pendant une heure, raconta Mérimée, et parla avec lui de la cathédrale de Laon." 

(Prosper Mérimée / Correspondance générale Vol.8)

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© Ministère de la culture

Ce rapport, daté du 15 mars 1853, sur les restes de l'ancienne Cité de Carcassonne, a été adressé à son excellence Monsieur le ministre d'état. Il était accompagné d'un atlas de 29 feuillets et fut imprimé.

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01/02/2016

Janvier 1914 : le département de l'Aude est coupé du monde par le gel et la neige.

L'hiver de 1913 avait été particulièrement doux avec une moyenne de 10° pour le mois de janvier enregistrée à Carcassonne. La population commençait à commenter ce radoucissement général en des termes que personne ne renierait aujourd'hui :

"Quel sale temps ! Nous n'avons plus d'hiver, il y a quelque chose de détraqué"

On se souvenait alors - faisant appel à la mémoire des anciens - des épisodes hivernaux les plus marquants ; ceux des Grands hivers de 1709, 1830 et 1870. L'espoir de retrouver le gel et la neige si nécessaires à l'équilibre du cycle des saisons, allait dépasser de loin tous les scénarios en ce mois de janvier 1914. L'année d'une nouvelle guerre, comme si le début de l'année d'une météo catastrophique en était le mauvais présage... 27 jours de gel consécutifs à Toulouse sous une température minimale de -27°

Situation météorologique

Une dépression couvre le sud de l'Europe et de la méditerranée ; son centre se trouve à Livourne (Italie). Une autre passe au nord de la Russie. En France, le vent souffle fort sur les côtes nord-est de la Manche et du golfe du lion. Des chutes de neige se produisent dans toutes les régions. La station de Toulouse indique -2,5° dans la nuit et -6,5 en journée.

14 Janvier 

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Dans la nuit du 15 au 16 janvier, la température s'est abaissée à 6° en dessous de zéro. À Narbonne, une tempête de neige a déposé un manteau de plus d'un mètre dans les rues de la ville. La circulation est interrompue ; les trains sont à l'arrêt et le vent continue à souffler. La ligne de chemin de fer de Puichéric  est ensevelie sous la neige et deux locomotives équipées de chasse-neige sont réquisitionnées pour dégager les voies.

15 janvier

 À Sallèles d'Aude, depuis 18 heures la neige n'arrête pas de tomber et le vent du nord est glacial. Plus de 70 centimètres de poudreuse dans les rues et par endroit, les congères atteignent les quatre mètres de hauteur. Pas de courrier, de communications, de journaux, de tramways...

16 Janvier

La station d'essai agricoles de Carcassonne signale qu'il est tombé jusqu'à 2m80 de neige dans le Narbonnais dans la nuit de jeudi à vendredi et que la moyenne générale dans le département est d'un mètre. La circulation des trains est toujours interrompue entre Moux et Sète et entre Quinlan et Rivesaltes. En ville, plusieurs équipes d'ouvriers s'occupent activement de déblayer le milieu des rues pour permettre tout du moins la circulation des piétons.

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Le Canal du Midi est gelé à Carcassonne

À Bram, le froid est très vif, le vent du nord-ouest souffle toujours et rien en dégèle. Les courriers entre Villasavary et Villepinte ont repris du service. Dans la Montagne noire, les tramways sont à l'arrêt à cause d'une couche de neige atteignant un mètre par endroits. Le canal du midi est glacé.

À Narbonne, une couche uniforme d'un mètre couvre le sol. Dans certaines rues, accumulée par le vent, la neige atteint presque le premier étage. Les gens sortent par les lucarnes des toits et les cheminées pour tenter de se ravitailler. Plus de 800 voyageurs sont pris au piège ; ceux ne trouvant pas de place dans les hôtels sont logés chez l'habitant. Depuis vendredi, le rapide de Perpignan est arrêté à trois kilomètres de Narbonne. On ravitaille les voyageurs restés dans le train. La température ne dépasse -4° en journée. La Canal de la Robine est complètement glacé.

17 janvier

À Lézignan, la hauteur de neige en ville est d'un mètre et atteint le premier étage avec les cumuls poussés par le vent. Des équipes d'ouvriers déblayent les rues, mais toute communication avec l'extérieur est interrompue. Le train de messagerie 187 et une machine de secours sont bloqués en gare. Pas de trains entre Carcassonne et Sète.

Dans la tranchée de Montredon des Corbières, la hauteur dépasse quatre mètres sur une distance de 500 mètres. Le train 119 qui porte les journaux est en panne en gare de Moux. 

18 janvier

À Carcassonne la situation s'est radoucie et l'épaisse couche commence à fondre. Les trains vers le Narbonnais sont toujours à l'arrêt ; on forme des convois vers Toulouse. À Narbonne, c'est le statu-quo. Les températures sont de -8° et des boulangers ont fermé leurs fours. On manque de vivre et la situation fait craindre la famine. Le bois de chauffage commence à manquer et la ville est privée d'eau. À Gruissan, on n'a pas vu une telle neige depuis 1876 : soixante centimètres dans les rues.

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Les voies à hauteur de Narbonne

Le ministre des Travaux publics, M. Fernand David, s'est entretenu de la situation avec le directeur de la Compagnie des chemins de fer du Midi. Les préfets de l'Aude, de l'Hérault, du Tarn et des Pyrénées-Orientales ont été appelés à requérir la main d'oeuvre militaire pour les travaux de déblaiement. Ce n'était pas le cas jusqu'à présent...

Dans la nuit du 18 au 19 janvier, il fera -10,4° à Toulouse.

La polémique

Les journaux se déchaînent contre l'incurie lamentable de la Compagnie des chemins de fer du Midi, responsable du retard des trains. On se moque de la compagnie incapable de se prémunir contre l'obstruction des voies par la neige. Aussitôt qu'il tombe 50 centimètres, c'est la paralysie totale de la vie économique. Comment fait le nord de la France, là où il en tombe fréquemment plusieurs mètres ?

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"Depuis mercredi, tous les courriers venant de Toulouse sont entassés en gare de Carcassonne : lettres, valeurs, journaux de Paris, de Bordeaux, de Bayonne et de Toulouse empilés, forment d'immense ballots au dépôt de Carcassonne attendant qu'un mauvais plaisant guise par-dessus une allumette. Les voyageurs bloqués aussi manquent leurs rendez-vous d'affaires, perdent non pas seulement leur temps, mais aussi, quelques-uns, de grosses sommes, et s'ils ont le malheur de réclamer ou simplement de demander la date où leur détention prendra fin, ils sont obligés d'encaisser les sourires gouailleurs du chef de gare de Carcassonne ou de subir la description des beautés roussillonnaises exposées par le chef de gare de Perpignan.

Nous voulons relater ici, parmi cent autres, un exemple du je m'en foutisme de la compagnie.

Hier au soir, dimanche, trois de nos amis sont venus dans nos bureaux nous raconter leurs aventures. Elles valent d'être publiées. A Quillan où ils se trouvaient bloqués depuis trois jours, on voulut bien leur faire savoir avant-hier samedi, que le lendemain un train serait formé pour Carcassonne à 7h du matin. A 7 heures, nos camarades étaient en gare. Mais le train n'y était pas. Il n'y était pas non plus à 8 h : pas davantage à 9 heures. Mais à 9 heures et demi, il appareilla et partit à une allure que vous devinez. A chaque station arrêts interminables. Nos amis qui sont du nord, protestaient énergiquement au grand ahurissement des autres voyageurs qui trouvaient cette lenteur normale.

Arrivés en gare de Pomas, station qui compte parmi les moins importantes, on vit la locomotive se détacher du train et faire la manoeuvre pendant 20 minutes ! Finalement le train atteignit Carcassonne à 3 heures de l'après-midi ! On était parti à 9 h du matin. Six heures pour 55 kilomètres. Et où déjeunèrent les voyageurs ???

 A Carcassonne, une trentaine de victimes allèrent protester et signer le registre des villes. Mais cela ne leur donna pas à manger et le chef de gare ne leur en donna pas davantage. C'est là que nos amis virent un pitoyable spectacle...

Une foule d'ouvriers espagnols venant de Cerdane, appelés en France pour des travaux de terrassement pour de grandes entreprises ont été arrêtés dans la vieille Cité et se sont trouvés dans l'impossibilité absolue d'avancer ni de reculer. Voilà quatre jours que ces miséreux encombrent les trottoirs de Carcassonne, sans provisions, sans argent, sans crédit. Là, un de nos trois amis - de qui nous tenons ces détails - navré de tant d'insouciance - se rendit à la Préfecture pour savoir les mesures qu"on prenait pour mettre fin à cette situation. Il ne put joindre le préfet, qui sans doute solutionnait la question au coin du feu. Mais il trouva le chef de cabinet.

- Eh ! quoi, lui dit-il, vous êtes isolé depuis trois jours et vous ne faites rien ?

- Ne pourriez-vous pas télégraphier ou téléphoner au ministère pour lui demanderl'autorisation de réquisitionner la troupe afin de déblayer ? La troupe reste dans les casernements. Elle ne peut pas manœuvrer. En l'utilisant vous n'interrompez pas son instruction.

- Qu'attendez-vous donc ?

- Bah ! répondit enfin le chef de cabinet du préfet, la population ne dit rien. Déjà, il ne neige plus. Bientôt le soleil brillera ou la pluie tombera et la neige finira bien par fondre toute seule. Et vous même de quoi vous plaignez-vous ? Carcassonne est une agréable cité ; on y vit bien. Que vous importe d'y passer trois jours de plus que vous ne l'aviez prévu ?

Ces propos candides et les sombres tableaux qui le précèdent ne sont pas inventés. Ils sont authentiques. Et on n'aura pas de peine à croire qu'ils ne sont pas exagérés lorsque nous aurons dit que nous les tenons des citoyens Durre, député du Nord et Laudier, délégué permanent du Parti. Ils sont venus hier au soir dimanche dans nos bureaux en débarquant du train nous conter leur mésaventure. Ils s'étonnèrent de me voir sourire. Je leur expliquai que la compagnie est coutumière du fait. Je leur racontai comment il y a quelques jours, le froid ayant empêché les disques de tourner, des trains s'arrêtaient en pleine campagne. Je leur dit que lorsque les trains n'avaient pas plus de 50 minutes de retard, on s'estimait ici très heureux.

- Ah ! m'affirma Durre, ce n'est pas dans le Nord qu'on supporterait pareille inconscience. D'abord, ajouta Laudier, si on s'avisait chez nous de détacher une locomotive du train comme on l'a fait aujourd'hui à Pomas, tout le monde serait descendu pour l'empêcher de manoeuvrer. Et si des voyageurs bloqués avaient constaté qu'on ne faisait rien pour les débloquer ; que ni la troupe, ni les cantonniers n'étaient appelés, on saccagerait la gare.

(L'express du Midi)

20 janvier

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À Carcassonne, Après une journée de répit, le froid a redoublé d'intensité ; le thermomètre est descendu hier matin, à -12°8. Il y avait du givre sur tous les arbres ; le soleil en s'est pas montré de la journée. En ville, de rares véhicules se hasardent dans les rues et sur les boulevards, où une épaisse couche de glace recouvre le sol. On transporte les vivres et le charbon sur des charretons à bras. Le bois de chauffage est complètement épuisé chez les marchands de combustible depuis plusieurs jours. La circulation des trains est rétablie depuis hier entre Carcassonne et Moux.

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À Narbonne, -10° la nuit dernière. Cet après-midi sous le soleil, le dégel s'est produit légèrement. Le maire a fait appel aux marchands pour ne point augmenter le prix des denrées de première nécessité. Il a convoqué le comité permanent des fêtes pour lui demander de renoncer aux fêtes de carnaval et de provoquer des souscriptions destinées à parer à la misère présente.

22 janvier

À la Livinière, qui compte 1200 habitants, les boulangers n'ont plus de farine. Le village est coupé du monde depuis huit jours. Laure, Rieux-Minervois et Peyriac-Minervois sont isolées depuis vendredi. Le chasse-neige a dégagé une voie dans le sens Carcassonne-Narbonne. Dans le Lauragais, le charbon, le coke et le bois de chauffage commencent à manquer. Les boulangers sont obligés de demander du bois aux usines de poterie pour pouvoir chauffer leurs fours. Les villages de montagne sont isolés ; Verdun-en-Lauragais est le plus touché par le manque de bois.

23 janvier

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La situation du ravitaillement à Narbonne est à son point critique. La neige tombe encore, mais les trains circulent à la vitesse de 40km à l'heure. Il fait -10° et le rapide de Perpignan vient de dérailler, sans faire de victimes.

25 Janvier

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Place Carnot, les soldats déblayent la neige

La neige fond grâce au radoucissement des températures. Des équipes d'ouvriers sont à l'oeuvre à Carcassonne et l'autorité militaire a réquisitionné certaines quantités de charbon dans les divers entrepôts de la ville pour approvisionner la manutention. À Narbonne, la situation s'améliore mais il faudra plusieurs jours pour faire disparaître les traces de cet épisode hivernal. Les températures maximales enregistrées à Toulouse sont de +3,5°

Sources

L'express du Midi

Le Midi Socialiste

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31/01/2016

Le 3 février 1814, le pape Pie VII traverse Carcassonne avec son escorte.

Le 15 août 1801, la ratification du Concordat par le pape Pie VII visait à normaliser - si l'on peut dire - les relations entre le Saint-siège et le gouvernement français. Or, les soixante-dix-sept articles organiques promulgués le 18 avril 1802 entendent faire de l'église de France une église nationale, indépendante de Rome. Dans un souci de diplomatie et pour faire abroger ces articles, le pape Pie VII accepte le 2 décembre 1804 de venir sacrer Napoléon Bonaparte, Empereur des Français. Non seulement il n'obtiendra pas ce qu'il était venu chercher, mais l'Empereur exigera que Rome se range à ses côtés contre l'Angleterre. Pie VII ne peut s'y résoudre arguant qu'il est un pasteur universel empreint de neutralité politique. L'Empereur engage alors des mesures coercitives contre Rome, dont le point culminant sera l'occupation militaire du Vatican et l'enlèvement du pape Pie VII par le général Radet dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809.

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© BNF

Le pape est arrêté au Quirinal et conduit à Savone. Pendant cinq années, il va refuser les demandes de Napoléon 1er, malgré l'envoi de nombreux émissaires pour lui arracher une signature. Avant de partir pour la campagne de Russie, le petit caporal fait transférer secrètement Pie VII vers Fontainebleau.

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L'hospice du Mont-Cenis (Savoie) avant la construction du Barrage

À l'hospice du Mont-Cenis - aujourd'hui, englouti sous le barrage du même nom - le pape, malade et épuisé par le voyage reçoit l'extrême onction, le 12 juin 1812. Il est sauvé par les bons soins du Dr Balthazar Claraz ; il arrive huit jours plus tard à Fontainebleau. Pendant dix-neuf mois de captivité, il appellera Napoléon "Mon fils" : "Un fils un peu têtu mais un fils quand même."

Sous la pression, le pape finit par signer le 25 janvier 1813 le Concordat de Fontainebleau, par lequel il abdique sa souveraineté temporelle et consent à venir s'installer en France. Il se rétracte trois mois après et redevient prisonnier d'état. Forcé par la situation politique en Europe, Napoléon 1er restitue ses Etats au pape. Ce dernier repart libre de Fontainebleau à bord d'une voiture tirée par six chevaux, le 23 janvier 1814 et traverse la France pour rejoindre Rome. Deux autres voitures de quatre chevaux, composent l'escorte. Le voyage est secret mais dès Orléans le pape est reconnu. Avertis par les maîtres de poste, le clergé, les autorités et les fidèles se massent sur son passage. L'escorte interdit alors le passage dans les grandes villes.

Après Limoges, Uzerche (29 janvier), Pie VII couche à Cahors (31 janvier) et Grisolles (1er février). À Villefranche-de-Lauragais, il effectue une halte à 16h devant la maison de Bernard Marty. Le 2 février, il passe la nuit à Castelnaudary.

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Dans la maison de M. Denille à Alzonne, il se repose avant de repartir pour Carcassonne. Il pleut à verse quand le pape passe en direction de Narbonne.

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Pie VII par Jacques Louis David

"L'évêque avait envoyé au devant de Sa Sainteté son séminaire, qui avait à sa tête un de ses directeurs. Le colonel fit arrêter les voitures et le Saint Père se rendit aux désirs ardents de ces jeunes Lévites qui reçurent sa bénédiction. La moitié des habitants de Carcassonne était sur la route. Le Saint Père accueillit de la manière la plus distinguée le digne évêque de cette ville. Il s'était présenté devant sa voiture et lui avait demandé la permission de l'accompagner jusqu'à Moux. Arrivé à Moux, le pape l'ayant reçu dans sa chambre, il le fit assoir près de lui et lui ouvrit son coeur. Pendant la demi-heure d'audience qu'il lui donna, il lui témoigna le grand étonnement où il était de voir qu'il y avait encore en France un si grand nombre de jeunes candidats à l'état ecclésiastique. L'évêque bénissant le seigneur de la faveur qu'il avait eue, n'arriva à Carcassonne qu'après minuit.

Le préfet de Carcassonne était absent lorsque le pape y passa. Étant arrivé à dix heures du soir, et apprenant qu'il couchait à Moux, il prit des chevaux de poste, et partit aussitôt dans une voiture avec sa famille. Après avoir passé la nuit dans l'auberge, auprès du feu, ils purent entrer le matin dans la chambre du Saint Père. M. le Préfet s'étant jeté à ses genoux, lui fit un compliment auquel le Saint Père fut très sensible ; tous furent admis au baisement des pieds et de l'anneau. Quand Sa Sainteté eut béni les chapelets et les croix que la femme du préfet avait présentés à bénir, le préfet présenta son épée au Souverrain Pontife, le priant de vouloir la bénir. C'est, lui dit le Saint Père en riant, un instrument de guerre, et non de paix. Saint Père, lui répondit le préfet, j'assure Votre Sainteté que je n'en ferai pas mauvais usage. Sa Sainteté mit ses deux mains sur l'épée, et la bénit."

(Précis historique du voyage et de la captivité de Pie VII / 1814)

Il s'agit du Baron Trouvé, préfet de l'Aude qui, sentant le vent tourner se rangera bientôt de côté de la Restauration. Au moment où il apprit le passage du pape, il se trouvait à Castelnaudary pour des manoeuvres militaires. Il arriva à Moux à trois heures du matin. Dans ce village, le pape Pie VII passera la nuit dans le logis d'Antoine Robert Théron, maître de poste, situé sur le Grand chemin. Né à Mirepeisset, il était le fils de François Théron.

De cet évènement, la tradition populaire aura gardé ce dicton :

A Mos, an Papas et papillons

A Sant Coat, avèm d'aïga.

(À Moux, ils ont le pape et les papillons. À Saint-Couat, nous avons l'eau)

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06/01/2016

Souvenirs du quartier des Capucins (Acte 2)

Les modes de consommation

Les mères de famille se rendaient chaque jour à l'épicerie, afin d'acheter les denrées indispensables à la réalisation du repas du midi. On ne faisait pas de réserves à l'époque ; cette visite permettait de faire un brin de causette. Les produits étaient le plus souvent vendus en vrac et en petites quantités. On trouvait les légumes secs dans de grands sacs de jute, posés au sol ; l'huile dans un baril avec un robinet ; le sucre, dans un tonneau ; le café, dans un bocal. La ménagère n'avait pas besoin de grandes quantités : 1/4 de litre d'huile, 1/4 de café, 1/2 livre de sucre. Une moulinette servait à raper les 50 grammes de gruyère et parfois, on se retrouvait avec des morceaux de la croute... Le beurre était protégé des mouches par un tulle  ; il était débité au moyen d'un fil de fer tendu entre deux tiges de bois. Une fois à la maison, on le conservait dans un bol à l'abri de l'air recouvert d'eau qu'il fallait remplacer tous les jours. Les frigidaires n'existaient pas encore et les quelques glacières contenant de la glace étaient rares dans les maisons.

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Une grosse boite contenait des sardines vendues à l'unité. On apportait une assiette et on en demandait une ou plusieurs : "Si tu veux, mets un peu d'huile en plus, ça fera saucer le pain." Un jour une maman dit à son fils : "Tiens, va t'acheter une sardine. Fais attention !" L'enfant achète sa sardine que l'épicière lui enveloppe dans du papier ; il revient, triomphant à la maison serrant précieusement son achat dans sa main, mais, hélas, la mère, dans le papier ne trouve rien. La sardine avait glissé et s'était sauvée... dans le ruisseau.

Dans ces épiceries, on y trouvait aussi du savon de Marseille, de la soude, de l'eau de Javel, du cirage, des bougies, etc...

La morue

Le vendredi, dans de nombreux foyers, on mangeait de la morue. Le matin, ce poisson très bon marché était vendu séché et salé trempant pour le dessaler depuis la veille dans une bassine d'eau. Elle était installée bien en vue à l'étal du magasin.

Le laitier

À la tombée de la nuit, paraissait chaque soir le laitier. M. Dedieu arrivait à la porte en s'annonçant : Me voilà ! Me voilà ! Parfois c'était Madame Pujol, aidée par sa fille Georgette et une copine.

Les boulangeries

Dans les années 1930, il y avait quatre. Trois dans la rue Neuve du mail : Bonnafil, Alazet et Castel. Une rue des Arts qui disparut suite à l'incendie de sa maison : Lannes. 

Qu'elles étaient aimables et souriantes nos boulangères Mesdames Bonnafil et Castel. Par contre, Mme Alazet, grande silhouette sèche comme un sarment, était peu affable et ses pains pâlots ; il est vrai qu'avec son mari malade et le magasin vétusté, rien ne pouvait porter à la gaité. Que dire de nos boulangers, auréolé de cheveux flamboyants et Joseph Castel, affichant une certaine corpulence, presque toujours en tenue de travail : tricot de flanelle sans manche, ceint autour des reins d'un pagne lui servant de tablier. Son rituel cri de ralliement en frappant ses mains enfarinées : "Juju ! Il y a du monde." Et les pains ! Boules de 2 kg - jusqu'en 1939 - achetées surtout par les ouvriers agricoles du quartier. Il allaient  travailler à la plaine Mayrevieille et emportaient le pain pour le casse-croute. 

Après la Seconde guerre mondiale, les pains ont diminué de poids. Un travailleur de force avait droit à 550 grammes par jour en 1942. On consommait aussi la fougasse ou fouasse, puis le Charleston. Les fours était chauffés au bois. En 1932, arriva le mazout qui, bien que pratique incommodait le voisinage. Bonnafil fut le premier à utiliser le gaz pour son four, mais la nationalisation de la compagnie du gaz fit augmenter les tarifs. On revint alors au mazout. 

S'ajoutaient quelques pâtisseries boulangères : gâteaux à l'anis, gâteaux aux fritons, gâteaux à la courge. Enfin n'oublions pas la procession des plats que les mères de famille apportaient, en fin de matinée, chez le boulanger : macaroni au gratin, tomates farcies, etc... Ceci afin qu'ils les mettent au four encore chaud, plats que l'on venait rechercher religieusement à l'heure du repas. Il faut aussi rappeler que sous le four, se trouvait une étuve : on apportait dans un sac du duvet de canard ou de pie, pour faire sécher et empêcher les mites de s'y installer. Le duvet servait par la suite à garnir des coussins et même des oreillers.

Les fêtes

Si dans les années 1932-1933, organisées par les membres de la Boule joyeuse, avaient lieu des festivités au Café des Américains (boulevard Barbès), c'était uniquement la fête du boulevard Barbès. C'est après la guerre que fut créée la fête du quartier des Capucins grâce à Antonin et Lucie Lavigne (habitant rue des Rames), Camarasa et son épouse aidés par les prisonniers libérés et les jeunes des Chantiers de jeunesse. Il faut également compter sur Alliaga dit "Le pacha" qui habitait dans la rue Fortuné avec sa femme et sa fille.

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Outre la fête en elle-même avec son orchestre, dont nous avons évoqué le souvenir dans l'acte 1, d'autres réjouissances burlesques s'ajoutaient à l'évènement. 

Une pittoresque noce avec des invités déguisés avec dans les premiers rôles, Marius Ramon, Antoine Rouzaud et d'autres gais lurons ; un numéro de cirque avec Aliaga en dompteur juché sur une plate forme, face à Franco  en bête sauvage crachant du feu. Une autre année, toujours Aliaga, en Pacha et auprès de lui, chargé de l'éventer avec une grande feuille de palmier, Lucien, vêtu d'un pagne et barbouillé de noir de la tête aux pieds. Le cheval de Castel transformé en zèbre dont la pluie, malheureusement, détruisit le chef d'oeuvre pictural. Il y eut Joseph, recroquevillé et couché ans un landau, habillé en bébé, coiffé d'un bonnet brodé et à la bouche, une sucette géante. Il fut promené dans les rues par Ségura, déguisé en nounou.

Une fois, une tombola fut organisée dont le lot était un petit cochon, qu'un brave homme, un peu naïf, promenait dans une petite carriole, dans les rues du quartier et dont il avait la surveillance. Un matin, on lui fit une petite plaisanterie en lui disant : "Pobro amic, nous ont panat lé porc ! D'émotion, le pauvre gardien tomba par terre, raide... disons... dans les pommes. Les plaisantins n'avaient plus envie de rire, heureusement, tout se termina bien. La fête fut interrompue une année ; il y avait eu un décès. Me Pailhès, huissier, habitant rue Alba, s'était noyé en faisait de la plongée sous-marine. Il régnait dans ses soirées, une chaleureuse et amicale ambiance entre toutes les générations ; tous s'en donnaient à coeur joie, dans une gaieté générale.

Ces souvenirs sont extraits du travail de Simone Dariscon

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04/01/2016

Souvenirs du quartier des Capucins (Acte 1)

Difficile aujourd'hui de faire comprendre aux nouveaux habitants de ce quartier de la ville, la raison pour laquelle on le nomme "Les capucins". Le père Anselme, le dernier capucin à la robe de bure de ce couvent - est décédé depuis plusieurs années. Quant aux bâtiments monastiques fondés en 1867, ils ont été rasés en 2002 avec le concours de la municipalité de l'époque.

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Le couvent avant 2002

On trouve en lieu et place, une résidence d'un béton déjà ravagé par treize années d'intempéries. Cette destruction attira la foudre des riverains du quartier, mais rien ne sut empêcher l'appât du gain d'un promoteur immobilier, qui n'avait que faire des kermesses de charité du secours catholique... Imaginez-vous la Trivalle sans Notre-Dame de l'abbaye, la Barbacane sans Saint-Gimer ou encore la Pierre blanche sans le Sacré-coeur ?

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En 1962, un projet avait déjà mobilisé la population du quartier. La municipalité Fil souhaitant réhabiliter les vieilles bâtisses, devait les raser l'ensemble des Capucins. La mode était au immeubles en béton confortables et modernes, dans le style de Saint-Jacques - le Viguier. Pendant six mois, les habitants menés par M. Manceret se sont battus contre ce projet. Grâce aux manifestations, aux pétitions et au fusil de Mme Milhès devant sa porte, la ville rendit les armes. Il faut dire que ce quartier depuis l'attaque du fort du mail au début du XXe siècle, connaît très bien le mot Résistance.

La naissance du quartier

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Bordé par l'allée d'Iéna, le boulevard Barbès, la place d'armes et la rive gauche de l'Aude, ce quartier s'est construit entre le Pech Lagastou et la route impériale 119 ; en partie sur les terres de M. Laraignon. D'ailleurs de nombreuses rues portent le nom d'anciens propriétaires de terrains agricoles. On peut comparer le dessin urbain des Capucins à celui de la Bastide St-Louis, en raison de ses rues à angle droit et perpendiculaires. Il y a 100 ans, on compte 502 maisons abritant 1005 ménages pour 3592 habitants ; la population totale de la ville est de 28 868 habitants. Après la Grande guerre, des familles d'immigrés espagnols s'y sont installées, entassées parfois dans une seule et même maison.

La vie sociale

 Dans ce petit village, les gens vivaient chichement des travaux agricoles ou du traitement des chiffons. D'autres, étaient matelassiers, bourreliers, charbonniers ou tailleurs de pierre, comme Vidallet. Lefarré et Izquierdo avaient choisi la tonnellerie. Pierre et Robert Campagnaro réparaient leurs voitures dans un garage de la rue Alba. À Patte d'oie - le dépôt d'ordures du quartier - accueilli à partir de 1934 la base de production de mortier destinée aux grands travaux de construction de la ville.

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La jeunesse des années 30

 Le couvent donnait du réconfort moral aux épreuves de la vie et la soupe populaire y était servie. Cependant, la plus grande force aux Capucins, c'était la solidarité entre les habitants de toutes conditions, de toutes confessions, de toutes origines.

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La jeunesse des années 60

Le clochard Esquive appelé de son vrai prénom Georges, faisait partie de la famille.

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Personne n'a oublié Pierre Moffre, le coordonateur de cet élan humaniste. Si vous avez suivi Gino Cervi et Fernandel dans Don Camillo, il est inutile d'en dire davantage...

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La famille Loustot (Café de l'Industrie)

On ne se rencontrait pas dans d'austères hypermarchés, mais dans l'une des vingt-cinq épiceries, quatre boulangeries, deux cafés (Industrie et Lapasset). 

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La boulangerie Bonnafil

Les loisirs

Le samedi soir, tout ce petit monde dansait chez Quintilla au Païcherou en sifflant un "blanc" sous la tonnelle. À l'époque, Florent Quintilla ou Paul Chapeau te faisaient passer sur l'autre rive grâce au bac et son fil d'acier, tendu d'un bout à l'autre. Monplaisir d'été - une autre guinguette - attendait les amoureux qui se bécotaient pas sur les bancs publics mais dans le foin d'une grange, à l'abri des regards. D'autres, un peu plus grands, fréquentaient le lupanar du Chat noir, rue Laraignon. Ils y rencontraient les bidasses du 51e bataillon indochinois, en garnison à la caserne Laperrine.

Les écoles

Les garçons allaient à l'école publique, située à l'angle des rues du Mail et du 24 février - l'école Barbès l'a remplacé ensuite. L'immeuble appartenait au directeur M. Poux. Les instituteurs s'appelait Tarbouriech, Déjou, Sirven, Bès, Poux... Certains ont connu la règle en fer sur les doigts, la privation de la récré... À une autre époque, le corps enseignant c'était MM. Montech (directeur), Fages, Sadourni, Massine, Calvairac et Mme Avizou. Les filles étaient obligées d'aller à André Chénier.

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La plaque de l'école Sainte-Marie se trouvait sur le couvent de la place Davilla. Elle a été sauvée par J. Blanco.

Il y avait également des écoles privées comme celle des Frères de la doctrine chrétienne, rue des Amidonniers. Elle était vulgairement nommée, l'école des frères quatre bras. Ceci à cause de leur tenue vestimentaire : paletot sur les épaules porté en satinette, à grandes manches non enfilées flottant au vent. Les filles allaient à l'ancien patronage Jeanne-d'arc devenu écoles Sainte-Marie et Saint-Michel. Notons également une l'école maternelle des soeurs de Saint-Aignan, à l'angle de la rue des amidonniers et de la rue neuve du mail. Elle a fermé avant 1930.

Au moment de la construction de la nouvelle école Barbès, des préfabriqués avaient été installés à Patte d'oie pour le filles. Le jeudi, il n'y avait pas classe - c'est maintenant, le mercredi - on allait piquer une tête dans la païchère à Aude. Oui ! Quand tu es des Capucins, tu vas à Aude (le fleuve). On y croisaient ceux du club nautique ; les Crochemore, Septours, Lamy, Séguy, etc... D'autres écoliers se rendaient au patronage (école Saint-Michel), au cinéma "Les Capucines " (rue des Amidonniers), ou chez le scalp des coiffeurs Pécal et Bosc.

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© Claude Marquié

Le cinéma "Les Capucines" était tenu par Marcel-Yves Toulzet. C'était une ancienne chapelle... Tout a été rasé pour une résidence immobilière.

Le catéchisme

À la sortie de l'école les enfants allaient au catéchisme chez Mlle Pelouze, rue des amidonniers. L'abbé Gironce avait une voix de stentor et ne plaisantait guère, contrairement à l'abbé Lapalu.

Le Cagadou

Dans la descente de la rue Marceau Perrutel jusqu'au jardin de Bièche, était le cagadou. Malheur à celui, incapable de parcourir la pente en patin à roulettes sans réussir à se tenir debout. À vélo, l'exploit se résumait à descendre sans user des freins. Le manque de courage excluait tout participant de la bande à "Pichule" alias Gérard Almerge et de ses copains Fanfe, Rigadens, Titan, Baluchon, Villeuch, Guéga, Nano, Escudéro, Boutiole, etc...

Le sport

Les soirs d'été, on sortait les chaises devant les portes pendant que les gosses rêvaient aux exploits de l'ASC XIII, en tapant dans le ballon ovale au jardin de Bièche (ASPTT Tennis). Ce dernier était aussi les rendez-vous des embrassades sur la bouche. Les associations sportives animées par des bénévoles comme Alex Lagarde, ne transformaient pas les enfants en voyous des rues. Elles leur donnaient l'esprit de discipline et de camaraderie. On jouait également à la pétanque sur les terrains de Laperrine ou de Macao. Pour le jeu lyonnais, les champions de la boule joyeuse se nommaient Loustot, Ferrer, Fourès ou Fuzier.

Les fêtes

Personne n'a oublié la fête du quartier des Capucins avec l'orchestre José Marson, sur la place Joseph Poux. Les farandoles dans les rues, les lampions, les bals... Elle durait deux week-end consécutifs. On allait chercher le buis dans les bois pour la décoration de l'orchestre. Des mains bénévoles réalisaient des guirlandes... "La placette" n'étant pas goudronnée, il fallait aplanir le sol avec de la terre, de la sciure et des planches de bois. Autour de la piste de bal, le cafetier Loustot installait la buvette. Des glaces et des friandises étaient vendues par des marchands ambulants comme MM. Soler, Coma-Pérez ou Alcas. 

Pendant que José Marson chantait "Oh ! Cathy, Cathy", les gens entamaient la danse des sucettes. 

Le jeudi après-midi précédant la fête, il y avait le tour de table chez les commerçants et artisans. Le dimanche matin entre 9h et 15h, il se faisait chez les habitants du quartier. En échange d'un morceau de musique joué par l'orchestre, les riverains donnaient un peu d'argent pour financer les festivités.

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Cet article a été réalisé grâce aux témoignages d'anciens qui ne sont plus là... Citons l'excellent travail de mémoire de Mme Dariscon, tragiquement disparue. Je vous prie de m'excuser si par hasard, il devait y avoir quelques erreurs ou oublis, car je n'ai pas connu cette époque et je n'ai jamais habité ce quartier. Je lance un appel à toutes les bonnes volonté afin d'enrichir ces témoignages. Envoyez-moi vos souvenirs et vos vieilles photos, car il y aura d'autres épisodes à cet article.

andrieu-martial@wanadoo.fr

Remerciements

Alex Lagarde, Jean Lapasset 

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