04/10/2015

Des témoignages inédits sur l'occupation allemande à Carcassonne

Pendant plusieurs mois j'ai tenté d'interroger les anciens Carcassonnais dont les souvenirs, encore bien vivants dans leur mémoire, permettent de connaître une autre facette de la vie ordinaire pendant l'occupation que celle des archives. Il était à mon avis intéressant d'entendre ces gens à travers leurs anecdotes.

Le couvre feu

Claude Alay et André Malacan, âgés à peine de 16 ans, étaient sortis pendant le couvre-feu lorsqu’ils furent arrêtés à l’entrée de la Cité par une patrouille allemande. Halt ! leur intima un de ces vieux gradés de la Wehrmacht chargés de veiller sur l’antique monument transformé en Quartier général. Que faites-vous dehors pendant le couvre-feu ? Terroristes ?… répliqua le militaire en élevant la voix d’un façon inquiétante laissant peu de place à la négociation. Sans se démonter et le plus naturellement du monde, Claude rétorqua :

- Nous faisions une promenade digestive.

- Papiers, Papiers, bitte ! leur intima l'officier vert-de-gris

Si André Malacan put justifier sans crainte son identité, en revanche Claude Alay tira de sa poche le seul document qu’il avait en sa possession. C’est-à-dire une carte de séjour de ressortissant Espagnol.

 - Vous, désignant le jeune imprudent, pas français. Étranger ! Terroriste ! Grave, très grave. Aller avec moi Kommandantur et partir en Allemagne.

 

      Claude expliqua alors que sa mère avait fait une demande de naturalisation qui était en attente de décision. Après bien des explications, l’allemand décida de les laisser partir :

 - Fichez le camp et que je ne vous revois plus.

Selon Claude Alay, ils ont eu de la chance de tomber sur un viel allemand qui devait lui aussi avoir des enfants. Ils en ont été quitte pour une belle peur ; l’affaire aurait très bien pu mal tourner.

Jeux dangereux

Georges Savi, André Malacan, Jean Jordy et Claude Alay avaient été suffisamment bricoleurs pour confectionner à partir d’un vieux poste à galène, un émetteur. Placé et caché dans le grenier de l’un des amis habitant rue de la digue, ils s’étaient mis dans l’idée par amusement, de faire fonctionner cet appareil illicite :

"L’Allemagne a perdu la guerre. Hitler est un salaud."

À plusieurs reprises ce message passa sur les ondes radio, jusqu’au jour où ils furent avertis in-extremis qu’un véhicule militaire équipé d’un radar mobile cherchait à intercepter l’émission du poste radio. Il fut aussitôt camouflé et entièrement démantelé. Les apprentis résistants venait d’échapper au pire…

Un peu trop près...

Un jour que je jouais dans la rue, mon père me surpris dans les bras d'un soldat allemand qui sûrement s'était pris de tendresse pour moi. j'avais six ans à peu près...  Il devait avoir, je le suppose, lui aussi un enfant qui l'attendait en Allemagne. Après qu'il m'a reposé, mon père, de la peur me flanqua une paire de gifle dont je me suis longtemps souvenu.

Les tickets de rationnement

Nous étions quatre enfants et ma mère était veuve pendant la guerre. Aussi, avions-nous droit à des tickets rationnés en fonction de notre âge : J1, J2 ou J3. Chaque jour mon petit frère de 13 ans allait chercher le pain en rusant la boulangère, qui n'était pas dupe. Il faisait parfois la comédie en pleurant : Ma mère m'avait donné des tickets et je les ai perdus... Ainsi revenait-il quelque fois avec le pain et sans avoir dépensé les tickets. A la maison, j'étais passée experte pour couper des tranches si fines qu'on y voyait la Cité à travers. Tellement nous avions faim, du bout des doigts nous ramassions les miettes sur la table, tels des moineaux. Je ne comprends pas les gens qui aujourd'hui, mettent du pain à la poubelle. 

Ma mère essayait d'accommoder les plats. Nous mangions les cosses de fèves et de petit-pois... Je sais qu'il n'y avait plus aucun rat dans la rue pendant la guerre... Les chats étaient rares. Heureusement, ma soeur travaillait à la Croix-rouge ; grâce à elle, le quotidien était un peu meilleur. La faim quand on est adolescent et en pleine croissance c'est terrible.

Les bretzels

J'apprenais le métier de boulanger chez un artisan, rue Barbès. Malgré qu'ils étaient du côté des bôches, voici comment la patronne m'a sauvée la vie. Hiver comme été j'allais travailler avec un grand manteau dont j'avais décousu la poche intérieur. Ceci me permettait d'y faire tomber des bretzels que je dérobais pour nourrir ma famille. Nous avions tellement faim ; les patrons étant collabos, je n'avais aucun scrupule. Un jour le fils me surpris ; mon manteau était si lourd qu'il était devenu suspect. Il y avait dans la boutique ce jour-là des soldats allemands venant se ravitailler. Le patron fit un scandale devant eux : "Regardez comme il me vole, ce vaurien..." Les allemands qui n'étaient pas prêts à rigoler m'ont dit qu'ils allaient m'envoyer en Allemagne. Je n'ai dû mon secours qu'à la patronne qui ayant besoin de moi, les détourna de leur entreprise. Et sûrement aussi au fait qu'ils faisaient des affaires avec la kommandantur.

Place Carnot

Les jours de marché tout était réglementé. Pas question d'accéder à la place librement ; les clients devaient se tenir autour et entendre le coup de sifflet de d'un agent de police pas très commode. À une heure bien précise était donné le signal et gare à celui qui tentait de se faufiler.

Le faux résistant 

À la Libération de Carcassonne, le 20 août 1944, des coups de feu retentirent dans le centre-ville. Claude Alay qui venait de se faire opérer des végétations, portait un large turban autour de la tête. Il se cacha sous une charrette à proximité de l’ancienne mairie, dans l’actuelle rue Aimé Ramond. Lorsqu’il en sortit, des Carcassonnais le prirent pour un résistant blessé durant les combats contre l’occupant en fuite. Il eut du mal à expliquer le contraire à la foule béate d’admiration pour ce si jeune patriote.

Un quartier épargné

Nous sommes le jour du départ de l'armée allemande de Carcassonne, quand devant la clinique Delteil, deux soldats qui avaient posé leurs bicyclettes se les sont fait voler. Ceci explique qu'aussitôt, la rue de la digue soit gardée à ses extrémités par des soldats en armes. Ils descendent des deux côtés et soulèvent les stores des fenêtres avec leurs mitraillettes. C'est sûr, si un civil sort de chez lui ou passe dans la rue ils vont le descendre. À ce moment-là, une personne va sauver le quartier. Il s'agit de madame Colomine. Elle ouvre sa porte aux soldats et les fait entrer chez elle, où ils prendront le café. Ainsi l'affaire se tassera sans sang versé, mais après la guerre on accusera cette femme d'avoir fricoté avec les bôches.

Quai Riquet

Un dimanche du 20 août 1944 mon père ayant été réquisitionné comme chauffeur pour transporter les troupes allemandes, ma mère se rendit chez mes grands parents à Grazailles "villa Beaumont".

Après le déjeuner mon grand-père m'amena faire une partie de pèche au bord du canal (face à la route minervoise) à hauteur de l'épicerie 'l'Etoile du Midi' - ce qu'il ne faisait jamais. Habituellement, nous allions au fresquel (pont troué).
Aux environs de 15 heures il y avait beaucoup de mouvements sur la route minervoise et nous entendions des tirs de fusils.
Mon grand père me mit à l'abri sous une pierre servant d'accès à des jardins derrière nous, nous étions trés protégés.
Au bout de longues minutes et n'entendant plus tirer, mon grand père sortit de notre abri. Il fut mis en joue par un allemand qui était en poste derrière ces blocs de pierre qui bordaient le canal (toujours présents actuellement).
Par réflexe mon grand père prit sa casquette et la brandit à l'adresse du soldat. Celui-ci lui intima de la main de se cacher à nouveau.
Aprés de longues minutes mon grand père entendant la sirène de la Croix rouge, me dit : "il faut sortir" . nous ramassons à la hâte notre attirail de pèche et nous sommes remontés à hauteur de l'épicerie. Là, j'ai pu observer un homme criblé de balles, qui s'était adossé au gros platane face à l'Etoile du Midi. Plus loin, deux autres gisaient à terre. La Croix rouge intervenant se mit à relever les morts et nous recommanda de se mettre à l'abri. Ce que nous fîmes en nous glissant derrière les bâtiments qui longeaient l'épicerie et qui brûlaient.
Là, au bout d'un long moment mon grand père me dit:" tu vas entendre dans un moment le toit qui va s'éffondrer, ce qui arriva dans un fracas.
Entendant à nouveau la Croix rouge, mon grand père me dit:" il faut sortir". Là encore un cadavre qui était relevé... nous ne nous sommes pas attardés, nous sommes repassés devant l'épicerie et pris le tournant pour remonter sur Grazailles. Nous ne risquions plus rien!

Les fusillés

J'avais sept ans quand mon père me fit monter par une échelle posée contre le mur de la caserne Laperrine, rue basse. Nous n'étions pas les seuls ; il y avait tout Carcassonne. Les miliciens condamnés descendirent en camion depuis le boulevard Barbès. Des cercueils étaient soigneusement alignés. Chacun son tour, firent le même chemin... Confession à l'abbé Pierre-Pont, mise en joue devant le mur du manège de la caserne, les balles crépitent et le condamné tombe, il est déposé dans le cercueil après le coup de grâce. Au suivant... Cette scène a hanté toute mon existence et j'en ai voulu à mon père, car ce n'était pas un spectacle pour un enfant de cet âge. 

Le procès Bach

J'habitais dans la rue des chalets en 1945, au moment du procès de l'agent de la Gestapo Bach. Ma mère me dit alors cette phrase :

"Si tu n'est pas sage, tu n'iras pas au procès"

Voilà qui doit bien résumer l'humeur du moment...

Si vous avez également des témoignages de vos familles, laissez-les dans les commentaires de cet article.

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15/09/2015

Les agents de police de Carcassonne en 1949

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Nous reconnaîtrons sur cette photo

Madame Lacombe (3e au premier rang), MM. Justin Labarre (8e dernier rang), Antoine Labarre (6e dernier rang), M. Cambe (6e au trosième rang), M. Rossi (7e au troisième rang), Pierre Anies (3e au troisième rang), M. Chambon (4e rang au troisième rang), Fort, Maynadié, Guiraud, Anglade, Llanes, Oustric, Combes...etc

A cette époque, point d'ordinateurs mais des machines à écrire de marque Underwood ou Remington. A l'heure où il est décidé qu'un nouveau commissariat sera construit à la périphérie de la ville, rassemblons les souvenirs de ces agents de la force publique.

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01/09/2015

La visite officielle de Charles de Gaulle dans l'Aude en 1960

Le 25 février 1960, le général de Gaulle est en visite officielle en Languedoc. Le Président de la République appelé au secours d'une France enlisée dans le conflit Algérien, n'est au pouvoir que depuis deux ans. Le cortège présidentiel traverse le Tarn, l'Aude, l'Hérault et le Gard où plusieurs discours sont attendus sur L'Algérie, l'indépendance militaire et l'agriculture. Après son arrivée en train à 8h à Gaillac, le général passe par Carmaux, Albi puis Castres où devant un peuple acquis à sa cause, il prononce un important discours sur l'autodétermination de l'Algérie :

"L'avenir de l'Algérie appartient aux algériens" et "Il n'est plus possible de garder ce qu'hier on appelait encore l'Empire".

Aucun village n'échappe à son passage, dans lesquels sont déployés des arcs de triomphe ou des croix de Lorraine. En descendant par la Montagne noire il s'arrêtera même saluer la foule à Villegailhenc avant d'arriver à Carcassonne.

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Dans la rue de Verdun les motards ouvrent la voie et chacun attend d'apercevoir, plus que le Président, le libérateur de la France. Sur son passage, on crie Vive de Gaulle! A Carcassonne, il n'y aura pas de discours mais le général passera la nuit à la Préfecture. Dans sa chambre, on fera aménager un lit à sa mesure. On l'appelle aujourd'hui la chambre du Président ; le dernier a y avoir dormi est Hervé Morin, ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy. 

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© Jean Pidoux

Le salut au drapeau, place Carnot

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© René Roques / La dépêche du midi

Place Carnot, le général est accueilli par le maire Jules Fil

 Le général est accompagné de Madame de Gaulle mais qui se tient en retrait et qui ne s'affichera pas à ses côtés. Plusieurs de ses ministres sont aussi présents: MM. Guillaumat (Ministre délégué), Châtenet (Ministre de l'intérieur), Fontanet (Secrétaire d'état au commerce). Au cours du dîner à la Préfecture, servi par la maison Auter, rue Courtejaire, de Gaulle put goûter la première bouteille d'un cru de la région. Il s'agit du vin d'Ombres du château de Floure, au pied de l'Alaric dont le propriétaire était Gaston Bonheur. Le directeur de "Paris-Match" était également le biographe du général.

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© Antonia Reynès

Dans sa DS 19 toute neuve, le général en civil, prit la route à 7h45 tapantes en direction de Limoux avec un arrêt à Preixan. La réception officielle se fit par le conseil municipal et son député-maire M. Clamens, mais les producteurs de la région la boycottérent. En effet, la Confédération générale des vignerons avait invité ses membres a rester chez eux pour protester contre l'état de la viticulture. Les habitants ne furent cependant pas déçus car après qu'il eut prit la route en direction de Narbonne, une grande dégustation gratuite de Blanquette eut lieu sur la place de la république.

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© Costesèque

Le discours du maire de Lézignan, Jacques Ouradou

À Lézignan, capitale des Corbières, le maire rendit hommage :"Confiance et soutien au grand Français libérateur de la Patrie et mainteneur de l'autorité de toutes les institutions républicaines à travers les orages". Deux fillettes offrirent des fleurs aux couleurs de France ; il s'agit de Michèle Tournier (fille de Louis Tournier, adjoint au maire) et de Dominique Ribaud (petite fille du maire). La visite éclair de Charles de Gaulle à Lézignan n'aura duré que sept minutes...
 
À Villedaigne, un habitant interpelle De gaulle: "Pensez au vin, monsieur de Président! Il répondit: "Je n'y manquerai pas".

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© INA

C'est enfin à Narbonne sur la place de l'Archevêché à côté du député-maire Francis Vals, que Charles de Gaulle prononça un discours lourd de sens sur l'avenir militaire de la France. Vous pouvez visionner son intervention en cliquant sur le lien ci-dessous :
 
 
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25/08/2015

Taratata fête la musique à Carcassonne en juin 1993

Nous étions tous... à un détail près : plusieurs heures de queue devant le Syndicat d'Initiatives pour obtenir le fameux sésame et seulement quelques invitations disponibles pour les jeunes Carcassonnais, non privilégiés. Des élus qui passent devant tout le monde et ressortent avec des invitations pour leurs amis et leurs familles, pendant que d'autres attendent et ne récoltent que des miettes, cela ne se fait pas. Si à Carcassonne... Eh ! oui, les temps n'ont pas changé depuis. Mis à part cette fâcheuse polémique, le ciel était bleu au-dessus de Carcassonne en ce début d'été 1993 et promettait d'offrir aux 2500 chanceux ayant pris place dans le Grand théâtre de la Cité, un moment inoubliable.

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Pour la première fois, la fête de la musique diffusée sur France 2 s'exportait en province. Nagui, qui dit-on avait une amourette du côté de Caunes-Minervois, connaissait un peu Carcassonne et avait choisi sa Cité avec ses vieilles rues ; elle représentait l'âme des villages de France. En dehors du théâtre des lieux comme la place Marcou ou le parvis de la Basilique St-Nazaire furent utilisés. Afin de ne pas monopoliser longtemps l'espace des cafetiers, le passage musical de six vedettes avait été enregistré le samedi 19 juin.

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Les Pow-Wow et Nagui sur la place St-Nazaire.

Nagui arriva sur place par avion le mercredi 16 juin et ses invités arrivèrent la veille du direct pour la répétition générale, soit le dimanche 20 juin. Parmi eux : Claude Nougaro, Liane Foly, The Christian's, Stéphane Eicher, Véronique Samson, Pauline Ester, Laurent Voulzy, Julien Clerc, Patrica Kaas, Mauranne, Patrick Bruel... 32 artistes et 52 musiciens.

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©  La dépêche / Bérangère Robinet

C'est également le dimanche qu'eurent lieu les prises de vues pour le générique auquel participa la société Vision-sud de Carcassonne. Un hélicoptère filma la Cité et son théâtre ; Nagui voulait mettre en valeur ses vieilles pierres. De ce point de vue,  ce fut impressionnant à la télévision.

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Le jeune public dut se mettre en place dans le Grand théâtre deux heures avant le direct. Interdiction de se lever même pour aller aux toilettes. L'ambiance n'en était pas moins surchauffée ; Alvaro, le chauffeur de salle de Taratata, eut beaucoup de mal à apprivoiser ce public qui ne cessait de crier "Car-cas-son-ne" en l'accompagnant de claquements de mains. 

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Gérard Pullicino en véritable chef-d'orchestre de la réalisation pilotait 280 techniciens, 12 caméras et une louma (grue articulée) alimentés par 350.000 watts en son et 40.000 watts en lumière.

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La cantine de toute l'équipe de Taratata a été assurée pendant une semaine par le traiteur Carcassonnais Pierre Hille. Ici, devant sa paella géante.

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En marge de Taratata, Stéphane Eicher improvisa un concert gratuit accompagné par des musiciens Carcassonnais, au Bar à vins du regretté Philippe Calvet. L'artiste suisse devait ensuite acheter une maison dans la Montagne-noire et enregistrer son album "Carcassonne" dans l'Hôtel de la Cité.

Au final, une superbe publicité pour Carcassonne avec 7,4 points d'audience (3 724 980 téléspectateurs) et 20 % de part de marché. Nagui reviendra l'année suivante en juin 1994.

Sources

La dépêche

Merci à A. Machelidon pour ses photos

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13/07/2015

La fabuleuse histoire de la guinguette du Païchérou

Le mot Païchérou vient de l'occitan "paissiera" (prononcez païssiéro") - en français païchère- qui désigne un ouvrage en pierre sèche destiné à la régulation des crues et à l'irrigation des terres agricoles. Il n'est donc pas étonnant de retrouver la célèbre guinguette portant ce nom, au bord de l'Aude et près de la chaussée construite en 1873.

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Le barrage et la route vers 1880

Auguste Brémond

En 1885, Auguste Brémond, limonadier natif d'Aix-en-Provence, fonde un café-restaurant : Au beau séjour du Païchérou.

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Parmi les habitués de l'établissement, dont la spécialité est la friture de goujons (Lo grognou) pêchée à deux pas de là, on compte le cuisinier Prosper Montagné, le félibre Achille Mir et le poète Achille Rouquet. Tous ces fins gourmets sont servis par Madame Brémond : "Uno fenno de forto coustitutiou" (une femme corpulante). C'est de cet endroit que nos amis verrons les feux de bengale du premier embrasement de la Cité en 1898 ; évènement que l'on doit à l'idée d'Achille Rouquet.

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La chaussée du Païchéou est connue pour être un lieu de baignades près duquel on plongeait dans les enfers. C'est l'endroit le plus dangereux du barrage où de nombreux Carcassonnais perdront la vie en s'y noyant.

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Le Païchérou sera célèbre grâce au passage du bac qui faisait la liaison entre les deux rives, au moyen d'un cable d'acier tendu quand l'Aude ne faisait pas trop de remous. Cette tradition se poursuivra avec Florent Quintilla jusqu'en 1971.

La famille Quintilla

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Dans les années 1920, Florent Quintilla reprend l'affaire Brémond et transforme le lieu en guinguette où l'on vient danser. Combien de couples se sont formés et mariés à cet endroit ?

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Les époux Sicre devant l'entrée du Païchérou en 1946. Ils viennent sans doute de danser quelques paso-doble ou tango accompagné par l'orchestre Jeannoely, dans lequel on trouvait les frères Marson.

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Un bal juste après la Libération

Après Florent, c'est Roger Quintilla qui dans les années 1950 fit danser une nouvelle génération de carcassonnais. Les 3000 chaises ne suffisant pas, on installait des caisses de bouteilles pour faire asseoir les gens. De la Trivalle, des Capucins ou de la Barbacane on venait à vélo. C'était l'époque où la télé n'enfermait pas les gens chez eux, passivement en regardant Drucker. Les orchestres Marson, Cadrès ou Rambaud faisaient résonner "Adios muchachos campaneros", "Arrivederci Roma" ou "Perles de cristal". On dansait à deux et parfois, on repartait sous le bras avec la future femme ou homme de sa vie... Aujourd'hui, il y a "Meetic" où sur internet  un catalogue expose les prétendants à la vie à deux! Autre moeurs, autre époque... Dans la décennie suivante, certains se souviendront des soirées du Bac ; le vrai, pas celui qui passait la rive de l'Aude.

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Roger Quintilla (au centre). On reconnaît un des serveur avec sa moustache, surnommé Pep ou Brassens. Il s'appelait Pierre Olivier.

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Les serveurs en noeud papillon

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Le païchérou c'était aussi la piscine naturelle et son plongeoir. Parmi les plus aguerris, on nommera M. Gastou qui fut à l'origine du Club nautique Carcassonnais.

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© La Midi-Libre

Aujourd'hui, la troisième génération des Quintilla avec Hélène en chef d'orchestre continue à faire vivre la guinguette. A plusieurs reprises, le journal de TF1 a consacré des reportages sur ce lieu hors du temps ; c'est le "Chez Gégène" de Carcassonne. Pardon... je voulais dire "Chez Hélène". Ah ! J'oubliais... Un dernier mot pour les nouveaux Carcassonnais. On dit ici le Païch'

Le Païcherou

2, quai du païcherou

11000 Carcassonne

04 68 25 12 05

Photos

Collection Martial Andrieu

Hélène Quintilla

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13/04/2015

Jean-Charles Tolza, l'itinéraire d'un baroudeur de la communication

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Jean-Charles Tolza

faisait partie du staff de Pierre Pavanetto, à la discothèque "Le privé" dans les années 80. Cette brève introduction doit sûrement suffire à rappeler des souvenirs  à toute une génération de noceurs Carcassonnais. L'ex-enfant terrible de ces nuits de fêtes dont il ne subsiste plus rien, s'est même marié pour rire avec son patron, en septembre 1987 sur la place Marcou avec la bénédiction de Louis Pech, faisant office de maire. Tout comme l'avaient réalisé Coluche et Thierry Le luron, ils arrivèrent en calèche aux portes de la Cité avec tambours et confettis. Cette joyeuse bande de potes - qui ne suçait pas que des glaçons - acheva son périple au Dôme, où l'attendait l'orchestre de René Coll.

La communication tolzienne

Tolza ? C'est monsieur une idée à la minute ! En l'espace de cinq ans, il organise à Carcassonne l'élection de miss, La nuit du Bac, la corrida pédestre, un match de football américain le jour des élections européennes en 1984. Il devient attaché de presse de XIII magazine et fonde la Pena de Carcassonne du FC Barcelone en 1985. Lors du match de Barcelone contre la Juventus de Michel Platini, ce sont 120 Carcassonnais qui font le voyage au Camp nou.

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"J'avais eu un entretien avec M. Samaranch, président du Comité olympique international et sur ses conseils, j'ai pu rencontrer le président Nunez et le vice-président Casaus. Ils ont été ravis et m'ont aidé à monter cette Pena qui est la seconde de France."

A 24 ans en 1986, Jean-Charles Tolza monte sa propre agence de communication. Elle s'intitule "J.C Top" et ouvre au 91 de la rue Aimé Ramond. Le jeune ambitieux détaille dans la presse ses propositions de service.

"Les directeurs d'entreprises ou les propriétaires de commerces n'ont pas le temps de s'occuper des relations avec la presse ou avec le public. Et c'est là que j'interviens. Quelqu'un fait l'ouverture d'un salon de coiffure, je m'occupe de tout. Pour l'inauguration, je fais venir des hôtesses, j'organise le lunch...etc. Mon but est de satisfaire le client."

St-Tropez à Carcassonne

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A la fin des années 80, Jean Segui - patron de la discothèque La tuilerie - laisse les clés de son affaire à JC Tolza. Ce dernier débaptise la boite du Minervois et lui donne le nom de "La Scatola". Pour l'inauguration, le vendredi 13 octobre 1989 c'est presque tout Saint-Trop' qui débarque à Villeneuve-Minervois : Philippe Corti, Carlos, Thierry Ardisson, Stéphane Collaro et Eddy Barclay. Celui-ci accompagné de sa très jeune épouse Caroline débarquera de Salvaza en avion privé, puis sera reçu à la mairie de Carcassonne avec Fécos et jets de confettis. A cette époque, Tolza anime également les soirées du Papagayo à Saint-Tropez. 

L'Aude à Bruxelles

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Depuis Bruxelles où il rejoint sa compagne, J-C Tolza est mandaté par la Communauté de communes du Minervois pour faire la promotion de ce terroir. C'est donc tout naturellement que lui sont confiées les clés de la Maison du Minervois en 2010. Après sa fermeture, deux ans plus tard, il monte "Le sud à Bruxelles" dont le but est de faire connaître aux Belges, le sud de la France depuis Menton jusqu'au Pays-Basque.

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