01/09/2015

La visite officielle de Charles de Gaulle dans l'Aude en 1960

Le 25 février 1960, le général de Gaulle est en visite officielle en Languedoc. Le Président de la République appelé au secours d'une France enlisée dans le conflit Algérien, n'est au pouvoir que depuis deux ans. Le cortège présidentiel traverse le Tarn, l'Aude, l'Hérault et le Gard où plusieurs discours sont attendus sur L'Algérie, l'indépendance militaire et l'agriculture. Après son arrivée en train à 8h à Gaillac, le général passe par Carmaux, Albi puis Castres où devant un peuple acquis à sa cause, il prononce un important discours sur l'autodétermination de l'Algérie :

"L'avenir de l'Algérie appartient aux algériens" et "Il n'est plus possible de garder ce qu'hier on appelait encore l'Empire".

Aucun village n'échappe à son passage, dans lesquels sont déployés des arcs de triomphe ou des croix de Lorraine. En descendant par la Montagne noire il s'arrêtera même saluer la foule à Villegailhenc avant d'arriver à Carcassonne.

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Dans la rue de Verdun les motards ouvrent la voie et chacun attend d'apercevoir, plus que le Président, le libérateur de la France. Sur son passage, on crie Vive de Gaulle! A Carcassonne, il n'y aura pas de discours mais le général passera la nuit à la Préfecture. Dans sa chambre, on fera aménager un lit à sa mesure. On l'appelle aujourd'hui la chambre du Président ; le dernier a y avoir dormi est Hervé Morin, ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy. 

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© Jean Pidoux

Le salut au drapeau, place Carnot

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© René Roques / La dépêche du midi

Place Carnot, le général est accueilli par le maire Jules Fil

 Le général est accompagné de Madame de Gaulle mais qui se tient en retrait et qui ne s'affichera pas à ses côtés. Plusieurs de ses ministres sont aussi présents: MM. Guillaumat (Ministre délégué), Châtenet (Ministre de l'intérieur), Fontanet (Secrétaire d'état au commerce). Au cours du dîner à la Préfecture, servi par la maison Auter, rue Courtejaire, de Gaulle put goûter la première bouteille d'un cru de la région. Il s'agit du vin d'Ombres du château de Floure, au pied de l'Alaric dont le propriétaire était Gaston Bonheur. Le directeur de "Paris-Match" était également le biographe du général.

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© Antonia Reynès

Dans sa DS 19 toute neuve, le général en civil, prit la route à 7h45 tapantes en direction de Limoux avec un arrêt à Preixan. La réception officielle se fit par le conseil municipal et son député-maire M. Clamens, mais les producteurs de la région la boycottérent. En effet, la Confédération générale des vignerons avait invité ses membres a rester chez eux pour protester contre l'état de la viticulture. Les habitants ne furent cependant pas déçus car après qu'il eut prit la route en direction de Narbonne, une grande dégustation gratuite de Blanquette eut lieu sur la place de la république.

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© Costesèque

Le discours du maire de Lézignan, Jacques Ouradou

À Lézignan, capitale des Corbières, le maire rendit hommage :"Confiance et soutien au grand Français libérateur de la Patrie et mainteneur de l'autorité de toutes les institutions républicaines à travers les orages". Deux fillettes offrirent des fleurs aux couleurs de France ; il s'agit de Michèle Tournier (fille de Louis Tournier, adjoint au maire) et de Dominique Ribaud (petite fille du maire). La visite éclair de Charles de Gaulle à Lézignan n'aura duré que sept minutes...
 
À Villedaigne, un habitant interpelle De gaulle: "Pensez au vin, monsieur de Président! Il répondit: "Je n'y manquerai pas".

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© INA

C'est enfin à Narbonne sur la place de l'Archevêché à côté du député-maire Francis Vals, que Charles de Gaulle prononça un discours lourd de sens sur l'avenir militaire de la France. Vous pouvez visionner son intervention en cliquant sur le lien ci-dessous :
 
 
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25/08/2015

Taratata fête la musique à Carcassonne en juin 1993

Nous étions tous... à un détail près : plusieurs heures de queue devant le Syndicat d'Initiatives pour obtenir le fameux sésame et seulement quelques invitations disponibles pour les jeunes Carcassonnais, non privilégiés. Des élus qui passent devant tout le monde et ressortent avec des invitations pour leurs amis et leurs familles, pendant que d'autres attendent et ne récoltent que des miettes, cela ne se fait pas. Si à Carcassonne... Eh ! oui, les temps n'ont pas changé depuis. Mis à part cette fâcheuse polémique, le ciel était bleu au-dessus de Carcassonne en ce début d'été 1993 et promettait d'offrir aux 2500 chanceux ayant pris place dans le Grand théâtre de la Cité, un moment inoubliable.

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Pour la première fois, la fête de la musique diffusée sur France 2 s'exportait en province. Nagui, qui dit-on avait une amourette du côté de Caunes-Minervois, connaissait un peu Carcassonne et avait choisi sa Cité avec ses vieilles rues ; elle représentait l'âme des villages de France. En dehors du théâtre des lieux comme la place Marcou ou le parvis de la Basilique St-Nazaire furent utilisés. Afin de ne pas monopoliser longtemps l'espace des cafetiers, le passage musical de six vedettes avait été enregistré le samedi 19 juin.

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Les Pow-Wow et Nagui sur la place St-Nazaire.

Nagui arriva sur place par avion le mercredi 16 juin et ses invités arrivèrent la veille du direct pour la répétition générale, soit le dimanche 20 juin. Parmi eux : Claude Nougaro, Liane Foly, The Christian's, Stéphane Eicher, Véronique Samson, Pauline Ester, Laurent Voulzy, Julien Clerc, Patrica Kaas, Mauranne, Patrick Bruel... 32 artistes et 52 musiciens.

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©  La dépêche / Bérangère Robinet

C'est également le dimanche qu'eurent lieu les prises de vues pour le générique auquel participa la société Vision-sud de Carcassonne. Un hélicoptère filma la Cité et son théâtre ; Nagui voulait mettre en valeur ses vieilles pierres. De ce point de vue,  ce fut impressionnant à la télévision.

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Le jeune public dut se mettre en place dans le Grand théâtre deux heures avant le direct. Interdiction de se lever même pour aller aux toilettes. L'ambiance n'en était pas moins surchauffée ; Alvaro, le chauffeur de salle de Taratata, eut beaucoup de mal à apprivoiser ce public qui ne cessait de crier "Car-cas-son-ne" en l'accompagnant de claquements de mains. 

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Gérard Pullicino en véritable chef-d'orchestre de la réalisation pilotait 280 techniciens, 12 caméras et une louma (grue articulée) alimentés par 350.000 watts en son et 40.000 watts en lumière.

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La cantine de toute l'équipe de Taratata a été assurée pendant une semaine par le traiteur Carcassonnais Pierre Hille. Ici, devant sa paella géante.

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En marge de Taratata, Stéphane Eicher improvisa un concert gratuit accompagné par des musiciens Carcassonnais, au Bar à vins du regretté Philippe Calvet. L'artiste suisse devait ensuite acheter une maison dans la Montagne-noire et enregistrer son album "Carcassonne" dans l'Hôtel de la Cité.

Au final, une superbe publicité pour Carcassonne avec 7,4 points d'audience (3 724 980 téléspectateurs) et 20 % de part de marché. Nagui reviendra l'année suivante en juin 1994.

Sources

La dépêche

Merci à A. Machelidon pour ses photos

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13/07/2015

La fabuleuse histoire de la guinguette du Païchérou

Le mot Païchérou vient de l'occitan "paissiera" (prononcez païssiéro") - en français païchère- qui désigne un ouvrage en pierre sèche destiné à la régulation des crues et à l'irrigation des terres agricoles. Il n'est donc pas étonnant de retrouver la célèbre guinguette portant ce nom, au bord de l'Aude et près de la chaussée construite en 1873.

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Le barrage et la route vers 1880

Auguste Brémond

En 1885, Auguste Brémond, limonadier natif d'Aix-en-Provence, fonde un café-restaurant : Au beau séjour du Païchérou.

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Parmi les habitués de l'établissement, dont la spécialité est la friture de goujons (Lo grognou) pêchée à deux pas de là, on compte le cuisinier Prosper Montagné, le félibre Achille Mir et le poète Achille Rouquet. Tous ces fins gourmets sont servis par Madame Brémond : "Uno fenno de forto coustitutiou" (une femme corpulante). C'est de cet endroit que nos amis verrons les feux de bengale du premier embrasement de la Cité en 1898 ; évènement que l'on doit à l'idée d'Achille Rouquet.

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La chaussée du Païchéou est connue pour être un lieu de baignades près duquel on plongeait dans les enfers. C'est l'endroit le plus dangereux du barrage où de nombreux Carcassonnais perdront la vie en s'y noyant.

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Le Païchérou sera célèbre grâce au passage du bac qui faisait la liaison entre les deux rives, au moyen d'un cable d'acier tendu quand l'Aude ne faisait pas trop de remous. Cette tradition se poursuivra avec Florent Quintilla jusqu'en 1971.

La famille Quintilla

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Dans les années 1920, Florent Quintilla reprend l'affaire Brémond et transforme le lieu en guinguette où l'on vient danser. Combien de couples se sont formés et mariés à cet endroit ?

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Les époux Sicre devant l'entrée du Païchérou en 1946. Ils viennent sans doute de danser quelques paso-doble ou tango accompagné par l'orchestre Jeannoely, dans lequel on trouvait les frères Marson.

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Un bal juste après la Libération

Après Florent, c'est Roger Quintilla qui dans les années 1950 fit danser une nouvelle génération de carcassonnais. Les 3000 chaises ne suffisant pas, on installait des caisses de bouteilles pour faire asseoir les gens. De la Trivalle, des Capucins ou de la Barbacane on venait à vélo. C'était l'époque où la télé n'enfermait pas les gens chez eux, passivement en regardant Drucker. Les orchestres Marson, Cadrès ou Rambaud faisaient résonner "Adios muchachos campaneros", "Arrivederci Roma" ou "Perles de cristal". On dansait à deux et parfois, on repartait sous le bras avec la future femme ou homme de sa vie... Aujourd'hui, il y a "Meetic" où sur internet  un catalogue expose les prétendants à la vie à deux! Autre moeurs, autre époque... Dans la décennie suivante, certains se souviendront des soirées du Bac ; le vrai, pas celui qui passait la rive de l'Aude.

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Roger Quintilla (au centre). On reconnaît un des serveur avec sa moustache, surnommé Pep ou Brassens. Il s'appelait Pierre Olivier.

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Les serveurs en noeud papillon

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Le païchérou c'était aussi la piscine naturelle et son plongeoir. Parmi les plus aguerris, on nommera M. Gastou qui fut à l'origine du Club nautique Carcassonnais.

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© La Midi-Libre

Aujourd'hui, la troisième génération des Quintilla avec Hélène en chef d'orchestre continue à faire vivre la guinguette. A plusieurs reprises, le journal de TF1 a consacré des reportages sur ce lieu hors du temps ; c'est le "Chez Gégène" de Carcassonne. Pardon... je voulais dire "Chez Hélène". Ah ! J'oubliais... Un dernier mot pour les nouveaux Carcassonnais. On dit ici le Païch'

Le Païcherou

2, quai du païcherou

11000 Carcassonne

04 68 25 12 05

Photos

Collection Martial Andrieu

Hélène Quintilla

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13/04/2015

Jean-Charles Tolza, l'itinéraire d'un baroudeur de la communication

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Jean-Charles Tolza

faisait partie du staff de Pierre Pavanetto, à la discothèque "Le privé" dans les années 80. Cette brève introduction doit sûrement suffire à rappeler des souvenirs  à toute une génération de noceurs Carcassonnais. L'ex-enfant terrible de ces nuits de fêtes dont il ne subsiste plus rien, s'est même marié pour rire avec son patron, en septembre 1987 sur la place Marcou avec la bénédiction de Louis Pech, faisant office de maire. Tout comme l'avaient réalisé Coluche et Thierry Le luron, ils arrivèrent en calèche aux portes de la Cité avec tambours et confettis. Cette joyeuse bande de potes - qui ne suçait pas que des glaçons - acheva son périple au Dôme, où l'attendait l'orchestre de René Coll.

La communication tolzienne

Tolza ? C'est monsieur une idée à la minute ! En l'espace de cinq ans, il organise à Carcassonne l'élection de miss, La nuit du Bac, la corrida pédestre, un match de football américain le jour des élections européennes en 1984. Il devient attaché de presse de XIII magazine et fonde la Pena de Carcassonne du FC Barcelone en 1985. Lors du match de Barcelone contre la Juventus de Michel Platini, ce sont 120 Carcassonnais qui font le voyage au Camp nou.

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"J'avais eu un entretien avec M. Samaranch, président du Comité olympique international et sur ses conseils, j'ai pu rencontrer le président Nunez et le vice-président Casaus. Ils ont été ravis et m'ont aidé à monter cette Pena qui est la seconde de France."

A 24 ans en 1986, Jean-Charles Tolza monte sa propre agence de communication. Elle s'intitule "J.C Top" et ouvre au 91 de la rue Aimé Ramond. Le jeune ambitieux détaille dans la presse ses propositions de service.

"Les directeurs d'entreprises ou les propriétaires de commerces n'ont pas le temps de s'occuper des relations avec la presse ou avec le public. Et c'est là que j'interviens. Quelqu'un fait l'ouverture d'un salon de coiffure, je m'occupe de tout. Pour l'inauguration, je fais venir des hôtesses, j'organise le lunch...etc. Mon but est de satisfaire le client."

St-Tropez à Carcassonne

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A la fin des années 80, Jean Segui - patron de la discothèque La tuilerie - laisse les clés de son affaire à JC Tolza. Ce dernier débaptise la boite du Minervois et lui donne le nom de "La Scatola". Pour l'inauguration, le vendredi 13 octobre 1989 c'est presque tout Saint-Trop' qui débarque à Villeneuve-Minervois : Philippe Corti, Carlos, Thierry Ardisson, Stéphane Collaro et Eddy Barclay. Celui-ci accompagné de sa très jeune épouse Caroline débarquera de Salvaza en avion privé, puis sera reçu à la mairie de Carcassonne avec Fécos et jets de confettis. A cette époque, Tolza anime également les soirées du Papagayo à Saint-Tropez. 

L'Aude à Bruxelles

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Depuis Bruxelles où il rejoint sa compagne, J-C Tolza est mandaté par la Communauté de communes du Minervois pour faire la promotion de ce terroir. C'est donc tout naturellement que lui sont confiées les clés de la Maison du Minervois en 2010. Après sa fermeture, deux ans plus tard, il monte "Le sud à Bruxelles" dont le but est de faire connaître aux Belges, le sud de la France depuis Menton jusqu'au Pays-Basque.

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02/04/2015

Il était une fois... Le Xénon et Jean-Jacques Duffaut

Au début des années 80 débarque à Carcassonne, un gersois nommé Jean-Jacques Duffaut propriétaire de la boutique Kraft, 42 rue Barbès. Ce fils de paysans gascons va faire tourner les têtes et piétiner les Carcassonnais pendant trente ans. Revenu des Etats-Unis d'Amérique où il a fantasmé sur une boîte de New-York, il n'a qu'une idée c'est de réaliser la même. Ce sera sur l'actuelle zone du Pont rouge. Duffaut va alors se lancer dans une entreprise folle pour mener à bien en solitaire, un projet dans lequel il va mettre 300 millions d'anciens francs. Ce sera le Xénon ! Rien que le fronton lui coûte 20 "bâtons". Qu'importe ! Il veut ses colonnes doriques inspirées des temples grecs.

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Jamais on n'avait bâti une telle discothèque dans Carcassonne : 350 m2 de surface totale avec un bar de 25 mètres et un disquaire en hauteur. Dans les futurs plans de l'entrepreneur, il faut ajouter une piscine, un court de tennis et de squash, un bowling.

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Jean-Jacques Duffaut au Xénon

La discothèque sera inaugurée le 28 décembre 1983. En moins de dix ans, Jean-Jacques Duffaut va créer Le Xénon (1983), la piscine et le restaurant (1985), le bowling (1988), la station Skyrock (1988) et le Mc Duff' (1989). Ce dernier l'un des premiers fast-food de la ville, sur le boulevard Omer Sarraut.

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Le Mc Duff' avec Gilles et Bob derrière le bar en inox rouge, servait les meilleurs hamburgers de la ville. Quand on voit ce qu'est devenu aujourd'hui ce local jouxtant le café de la Rotonde, on voit le déclin de notre ville depuis quinze ans. Pour ceux de notre génération, croyez-moi, cela crève le coeur. 

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En 1986, une émission de variétés est diffusée en direct par FR3 national depuis le Xénon. Parmi les artistes, il y a les rois du Top 50 de l'époque dont Canal + donne le classement chaque semaine. On se souvient sans doute de Marc Toesca et de son : "Salut, les petits clous". Corinne Charby chantant "Comme une boule de flipper" autour de la piscine éclairée du Xénon... Quel souvenir !

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Une soirée au Xénon en 1986

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Sur la piste...

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Les cuisiniers et serveurs du restaurant

En 1991, Jean-Jacques Duffaut décide de mettre la discothèque en gérance. Ne pouvant courir plusieurs affaires à la fois, il se concentre sur d'autres activités. En fait, peu à peu et avec discrétion il s'éloigne de Carcassonne. Le Mc Duff' va fermer en même temps que l'on va perdre Pavanetto, son Conti et sa boîte Le privé. Une catastrophe que cette année maudite de 1992.

La leçon selon Duffaut

 Jean-Jacques est un grand baroudeur qui a visité plus de cent pays différents. A ces débuts, il même travaillé dans un kibboutz. De tout cela, il a tiré une grande sagesse et une richesse spirituelle sans pareil. Avant de partir, il se confie en 1991 à un journal local sur la difficulté de mener des entreprises à Carcassonne :

"Quand on est considéré comme un étranger. Ici, sont étrangers les gens qui n'ont pas été à Stan ou à Varsovie (lycées de la ville, NDLR).

Il ajoute au sujet du tourisme :

J'ai vu pas mal de choses dans le monde. Cela me ramène à dire que la Cité est un des plus beaux monuments, au moins de France. Depuis 1979, j'entends cette question : pourquoi les touristes ne restent pas ? C'est pourtant évident, rien n'est pour eux... Beaucoup de gens parlent de tourisme sans connaître Hong-Kong, Singapour ou New-York... Ici, on voit passer un million de touristes en transit. On reçoit des Japonais et qu'est-ce qu'on leur donne ? Ce sont des gens qui ont tout chez eux et une notion du service très poussée. D'abord comment arrivent-ils ? Je caricature, mais il leur faut presque attendre trois heures pour un bus. Aujourd'hui, c'est fini, il n'y a qu'à Ponte-de-Lima qu'on attend trois heures. Il y a un problème de communication. On parle d'un aéroport, mais moi je me fous que les Carcassonnais puissent aller à Paris. L'important, c'est que les étrangers puissent venir chez nous ou au moins qu'on les y pose. Qu'on ouvre des lignes avec l'Europe, Berlin, Londres... Ensuite, les structures. Il n'y a pas un distributeur bancaire à la Cité. J'ai jamais vu ça, même dans les coins les plus paumés. Location sur place de voitures, idem. Il faut savoir que les gens viennent visiter la Cité pendant deux heures. C'est bien gentil, des prospectus, mais il faut faire tout ce qu'il y a entre, prendre les gens en charge. On comprend que le mec ne reste qu'un jour, il ne peut pas faire dix fois le tour de la Cité. ce monument est une raison de venir, pas une raison de rester. Ou alors, on fait des rues tordues à l'intérieur pour que les gens ne puissent pas en sortir...

Quand à l'économie... Qu'on arrête de faire pousser des zones industrielles sans usines dessus. Cela fait uniquement travailler des charpentiers et des liquidateurs de biens. On est un très beau pays, mais arrêtons de jouer les vierges effarouchées. N'ayons pas peur de fermer ce qu'il faut fermer, mais implantons autre chose...

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Le Xénon a été entièrement rasé en 2009, puis ce fut le tour du bowling. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de ce temple des nuits Carcassonnaises. Quant à Jean-Jacques Duffaut, il est toujours dans les affaires entre le Brésil et le Cap d'Agde. Les hommes de valeur et les visionnaires ne restent jamais à Carcassonne. Ils dérangent...

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07/03/2015

La discothèque "Le privé"

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Avec le décès du patron Pierre Pavanetto, le 16 février 1992, la discothèque

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n'allait pas lui survivre bien longtemps. Les jeunes et moins jeunes carcassonnais gardent tous un souvenir ému de ce lieu mythique aujourd'hui disparu. Qu'est devenu cet endroit quinze ans après?

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Les bâtiments de la discothèque en 2012, derrière la route de Toulouse.

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L'entrée du privé au temps de sa gloire

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La même entrée en 2012. L'emplacement des ampoules au dessus de la porte était encore là, mais plus rien ne brille...

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Pierre Pavanetto était toujours devant la cheminée dans l'entrée de la discothèque avec son Whisky à la main. Il suffisait d'un signe pour qu'une personne ne rentre pas et fallait pas chercher d'embrouilles au patron.

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La cheminée ou plutôt ce qu'il en reste...

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À droite, l'entrée vers la piste de danse a été murée pour des questions de sécurité. Seule subsiste, la peinture murale de la cité de Carcassonne.

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Avec mes souvenirs, j'ai dressé ce plan de l'établissement.

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La piste de danse. Sur la gauche, le bar. Au fond, le Disc jockey. Sur la droite, un petit étage avec des tables.

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Au même endroit...

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L'entrée vers la pizzeria "Le vésuvio" à partir de la discothèque

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Le restaurant à l'heure actuelle.

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Des locaux vidés et ouverts au quatre courants d'air en 2012

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À l'arrière de la discothèque.

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Des habitués du "privé", aux temps des copains...

 

Les bâtiments de l'ancienne discothèque sont désormais la propriété de la société CFPR. Elle a depuis 2012 transformé l'ensemble en une école de conduite d'engins de travaux.

 

Si vous possédez des photos, envoyez-les moi par mail pour faire revivre la légende

 

andrieu-martial@wanadoo.fr

 

Retrouvez-vous des photos sur ce formidable blog:

 

http://discotheque-leprivecarca.skyrock.com/

 

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