10/03/2014

Gisclard, marchand de charbon

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Le charbon est encore au début du XXe siècle l'énergie la plus utilisée. Elle est indispensable pour faire tourner les machines à vapeur. A Carcassonne, il y avait plusieurs fournisseurs: Clergues (route Minervoise), Graissessac (allées d'Iéna), J. Mons (Pont neuf), Oustric (bd du Tivoli) et Embry (Quai Riquet). L'entreprise de Raymond Embry fondée en 1799 fut reprise par sa veuve. Ses entrepots étaient au Quai Riquet sur la rive gauche du canal (derrière la gare), puis déménagèrent après 1904 sur le boulevard de la Préfecture (actuel J. Jaurès). Les cokes et les charbons de terre venaient des mines de Carmaux. Avant la guerre de 1914, c'est L. Gisclard qui repris l'affaire.

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L'immeuble de l'ancienne entreprise Gisclard sur l'actuel boulevard Jean Jaurès. Il servit plus tard d'entrée pour la clinique Saint-Vincent qui se trouvait juste à côté. Avec les changements de numéros, il n'y a que le coup d'oeil qui nous a permis de le retrouver.

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Peut-être qu'en passant sur le boulevard Omer Sarraut, vous êtes-vous demandé comme moi qui était ce J. Oustric pour avoir un si bel immeuble. C'était un fournisseur de charbon, concessionnaire des mines d'Albi. Il vendait de la coke et de l'anthracite, des briquettes perforées, et du charbon grêle. Ce dernier servait pour les forges ou les hauts fourneaux.

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21/02/2014

L'usine Sainte-Marie, allée de Bezons

Au début du XIXe siècle était édifié au bord de l'Aude et à l'endroit où se trouve actuellement le boulevard Paul Sabatier, une importante filature de 84 ares nommée Usine Sainte-Marie. Ce bâtiment ne formait qu'un seul et même corps, composé de deux ailes jointes à l'extrémité par une galerie surmontée d'un étage en plusieurs endroits. La matrice cadastrale nous donne confrontant à l'est Birot, à l'ouest Castel et Jourdanne, au nord le chemin de la rivière, au sud le ruisseau de l'égoût de la ville. Suite à la faillite Bellotiny et Cié, banquiers à Béziers, l'ensemble de l'usine est saisie les 14 et 15 juillet 1970 à Marie Sabatier et Jules Cazanave, son époux. L'adjudication a lieu le jeudi 25 juillet 1972 à Carcassonne sous l'autorité de Maître Pistre, avoué, 27 rue de la Préfecture. L'usine sera tranformée par M. Bruguière en distillerie au début du XXe siècle. Elle sera dirigée par la famille Grossetête jusqu'à sa fermeture en 1958.

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L'usine Sainte-Marie avec ses cheminées dans les années 50

Cet imposant bâtiment comprenait l'habitation du maître et concierge, les salles ayant servi pour la filature, magasins, arrière-magasins, hangars, lieux d'aisance, cours, jardin, étendoir, salles pour l'établissement des machines à vapeur et pour la fabrication du gaz.

Description

Au milieu de la cour se trouvait le bâtiment des chaudières et du gaz, ainsi que la salle qui servait pour le lavage des laines. A l'extrèmité de l'étendoir se trouvait le jardin d'agrément, fermé par une grille et une porte en fer et entouré d'un mur de clôture. Il nous est dit que le bâtiment est construit en bonne maçonnerie et couvert de tuiles canal. Il présente, à l'extérieur, les ouvertures suivantes: au nord une porte-cochère en fer, deux fenêtres au rez-de-chaussée, trois fenêtres au premier étage concernant l'habitation et, à côté, deux fenêtres barrées en fer donnant jour aux magasins et aux salles de filature, plus deux autres petites ouvertures; au levant une porte et deux ouvertures au premier étage donnant jour aux magasins et salles, plus une autre petite porte et six petites ouvertures.

En entrant à gauche, se trouvait un petit appartement ayant servi de loge pour le portier. A l'écurie contigüe, autrefois savonnerie, en partie détruite, il y avait une porte. Bâtiment au milieu de la cour, salles des laveuses et des chaudières. Cet immeuble comprenait encore un hangar sur la ligne de l'aile gauche du bâtiment, lieux d'aisance pour les hommes, lieux d'aisance pour les femmes construits à la suite de l'aile droite. Un grand étendoir pour les laines au milieu duquel se trouve une allée conduisant au jardin. Ce dernier possédait une serre couverte et vitrée, construite en tuiles canal, mais à cette époque dans un état de vétusté faute d'entretien.

Détail du matériel à la vente

Salle servant d'atelier et de forge

Une enclume, une forge avec soufflet et accessoires, quatre étaux, une bascule pour taroder montée sur un établi, quarante deux cléfs à écrous de diverses qualités, deux clefs anglaises, 20 mèches à fer, un étau à main, une scie à scier le fer, 3 compas, 5 feuillères, une hâche de forge, 9 marques en fer

Salle de la filature

Les tuyaux et appareils pour la distribution du gaz servant à éclairer la salle

Arrière salle contigüe

Une machine pour monter les balles de laine,Un réservoir avec ses tuyaux, Une échelle à crampons pour le service du manège, un cercle en fer à crochets pour emballer la laine.

Aile gauche

Grande machine à vapeur pour le service des peigneuses et des machines à dégraisser, un baromètre, une pompe à deux corps avec accessoires, servant à alimenter les chaudières., tuyaux et appareils à gaz.

Salles des peigneuses

Un grand séchoir avec les appareils et accessoires, une caisse en fonte pour réservoir de vapeur, une pompe à deux corps pour alimenter les chaudières

Salle des emballages

Une presse à emballer

Salle des sécheuses

Fourneau et accessoires en très mauvais état, deux étendoirs pour la laine et sesz accessoires

Salles des laveuses au milieu de la cour

Une grande cuve en bois pour échauder la laine avec accessoires

Local des chaudières

Deux grandes chaudières à vapeur de la force de 30 chevaux chacune. Ces chaudières donnaient la force à toute l'usine. Un thermomètre. Les appareils pour la fabrication du gaz.

Source:

Le bon sens / 3 juillet 1872

Quartiers et faubourgs au fil du temps/ H. Alaux/ 2002

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04/02/2014

La route minervoise, la belle ombragée (6)

le 14 juillet 2012, je passais par la route minervoise au moment où le magasin de Louis Béteille était ouvert, alors même que son rideau était baissé depuis des années. J'appris de son neveu qu'il était décédé depuis le mois de décembre dernier (2011) et que la famille cherchait à vendre la maison et quelques effets lui appartenant, d'où cette ouverture provisoire. L'opportunité était trop belle pour ne pas rassembler quelques souvenirs et vous les faire partager...

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Louis Béteille était constructeur mécanicien, depuis qu'il avait pris la succession de son père prénommé comme lui. Ce dernier avait repris l'ancienne fonderie Martignol au 24, route minervoise. Il fabriquait principalement des pompes et des moulins pour l'élévation des eaux dans son atelier communiquant avec la rue Tourtel.

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Ces pompes destinées à l'activité viticole sont les derniers vestiges d'une fabrication purement carcassonnaise, dont Louis Béteille fut l'ultime représentant.

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Une pompe à eau

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Amirable travail

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Le magasin de Louis Béteille avec à côté le restaurant de Joseph Gil "A la grillade"

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Le magasin en 2012

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A l'intérieur de la maison, l'entrée de l'atelier

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L'atelier avec à droite, la forge

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Louis Béteille père au travail, vu du même plan que la photo ci-dessus

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La charpente a plus d'un siècle

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L'entrée par la rue Tourtel communique avec celle de la route Minervoise. L'ensemble était en vente en 2012, mais le souvenir doit rester c'est le but de cet article.

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27/01/2014

L'usine de constructions agricoles Elbé-Piquemal

J'ignorais totalement la présence dans une période comprise entre 1930 et 1960 d'une usine de machines agricoles dans le quartier des quatre chemins. Tout est parti d'une vieille facture acquise pour ma collection et du fil que j'ai pu tirer pour rédiger cet article.

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L'usine dont il est question fabriquait des pulvérisateurs, échaudeuses, étuveuses de la marque Elbé pour le travail de la vigne, à l'angle de la route de Limoux et de la route de Montréal. M. Piquemal était le directeur de cette production dans un quartier autrefois très industriel et artisanal. Nous avons déjà évoqué la présence d'une fonderie, par exemple.

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Je me suis mis en quête de retrouver sur internet, la trace d'un alambic fabriqué dans cette usine spécialisé dans la chaudronnerie. René Laffont (ci-dessus) est l'un des derniers bouilleurs de cru de l'ariège (Photo: La dépêche). Nous le voyons ici devant son alambic ambulant portant sur la plaque l'inscription du constructeur: Elbé-Carcassonne. "On verse les fruits dans deux chaudières en cuivre reposant sur des foyers chauffés au feu de bois. Un double serpentin transporte les vapeurs dans un rectificateur où elles sont triées. L'éthanol est rejeté tandis que les vapeurs d'alcool sont condensées dans un refroidisseur à eau avant de couler dans un chaudron en cuivre. Le premier alcool fait 80 à 85 degrès, le dernier 15 à 20 degrès et le distillateur qui surveille pèse le liquide pour qu'il ait la bonne teneur pour être mis en bouteille."

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Echaudeuse pour éliminer les chenilles (pyrale). On épandait l'eau bouillante sur les souches de vigne avec une "cafetière" comportant un foyer rempli de braises.

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L'usine Elbé se trouvait exactement dans les murs de l'actuel supermarché des quatre chemins. Nous voyons d'ailleurs la toiture caractéristique d'anciens bâtiments industriels; elle correspond même au dessin sur la facture.

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29/11/2013

L'histoire industrielle de la confiserie Durand

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Seuls les quadragénaires dont je fais partie, n'ont jamais pu déguster les excellents marrons glacés de la confiserie Durand. Les récits des gourmands sur la valeur gustative de ce produit sortie de l'usine Carcassonnaise, donnent l'eau à la bouche à tous ceux qui les écoutent...

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Antoine Durand (1827-1904) fonde en 1869 à Carcassonne, une usine de fruits confits et de marrons glacés. Les bâtiments sont construits dans la rue Antoine Marty et une cheminée de 14 à 18 mètres est élevée en son sein. Après 1884, le quartier va peu à peu se développer et les nuisances olfactives vont contraindre en 1925 Antoine Durand, à porter sa cheminée à 30 mètres de hauteur (Photo ci-dessus: Claude Marquié)

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Abricots confits, marrons glacés et marmelade en pommes confites récoltées dans la vallée de l'Orbiel sortaient des ateliers de fabrication de Carcassonne, mais également de l'usine de Carpentras. On retrouvait les produits de la confiserie chez Félix Potin ou aux Nouvelles Galeries, grâce à une succursale 7 rue du Louvre à Paris.

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Les anciens locaux parisiens de la confiserie Carcassonnaise, 7 rue du Louvre à Paris.

Fort de sa réussite industrielle, Antoine Durand devient Président de la Chambre de commerce de Carcassonne de 1897 à 1905 et maire de la ville de 1890 à 1896. Pendant ce temps, l'usine embauchait de nombreux ouvriers à temps plein et à l'automne, des intérimaires féminins pour compléter les effectifs.

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Le bel hôtel particulier d'Antoine Durand sur le boulevard Barbès.

La concurrence étrangère vint peu à peu à bout de la belle aventure industrielle de la confiserie Durand. Après la seconde guerre mondiale, l'activité devint saisonnière et ne produit plus que des marrons glacés en hiver.

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L'entrée de l'usine dans la rue Antoine Marty en 1971

La confiserie cessa définitivement toute activité en 1975

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Les locaux désafectés de 3000 m2 avant leur destruction en 1982 (photo: Claude Marquié)

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Sur l'emplacement de l'usine Durand, on a construit ce bâtiment dans la rue Antoine Marty

La confiserie comptait une centaine d'employés, parmi eux se trouvait une secrétaire de direction dont Jean Ourliac avait recueilli le témoignage, voilà bientôt vingt ans. Ce fidèle lecteur, professeur d'histoire de son état, a accepté de me conter les souvenirs révélés par son ancienne voisine. Il s'agit là d'un récit absolument inédit, transmis oralement et que ce blog est fier de retranscrire. Nous nommerons cette personne "Germaine" pour une meilleure compréhension rédactionnelle.

Le Témoin

Germaine après avoir travaillée à l'imprimerie Roudière, a suivi des cours de sténo-dactylo. Une fois le diplôme en poche, elle entre comme secrétaire à la confiserie Durand dans la rue Antoine Marty. Peu à peu, elle gagne la confiance du patron et devient sa secrétaire particulière. Elle s'occupera des embauches. Juste avant la seconde guerre mondiale, l'entreprise est dirigée par les deux frères Durand, André et Christian. Ils ont repris l'affaire de leur aïeul Antoine, fondateur de la confiserie. Germaine y fera toute sa carrière jusqu'à la fermeture et la liquidation de l'usine en 1975.

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Antoine Durand (1827-1904) avec son écharpe de maire de Carcassonne. 

Organisation du travail

Les ouvriers de chez Durand étaient répartis en deux sections: les permanents et les saisonniers. Ces derniers étaient recrutés pour faire la saison des marrons glacés à partir de l'automne. L'embauche se faisait sur la foi du bouche à oreille et de la moralité des candidats. Des ouvrières choisies pour leur travail soigné et méticuleux s'occupaient des expéditions et de la mise en boite des marrons. Il ne fallait surtout pas qu'ils puissent être brisés dans les nombreuses commandes destinées au marché national.

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Une des salles de travail à la fermeture de l'usine 

Conditions de travail

Le travail était de deux types: à l'usine et à domicile. Pour ce dernier, les ouvrières emportaient chez elles les marrons pour les écorcher. Afin d'éviter les nombreux vols constatés, les sacs étaient d'abord pesés. Une fois le travail terminé, les ouvrières devaient ramener à l'usine non seulement les marrons mais aussi les écorchures. Les restrictions de nourriture qui durèrent même après la guerre, amenèrent certaines employées à se servir dans les stocks. C'était l'assurance d'un renvoi immédiat en cas de flagrant délit. En ce qui concerne le travail à l'intérieur de l'usine, il s'effectuait de jour et de nuit dans des conditions pénibles.

Les marrons glacés

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Boite de marrons glacés pyrogravées 

Ce qui faisait la grande qualité gustative des marrons glacés de chez Durand, c'etait leur extrême fraîcheur. Le conditionnement s'effectuait uniquement qu'avec des marrons dont le glaçage, ultime étape de fabrication, venait de s'achever. L'usine se fournissait en marrons entiers à Turin (Italie), car le fruit de cette région n'était pas friable. Les autres venaient de la vallée de Fitou, dans les Corbières. Chez Durand, rien ne se perdait, les brisures étaient vendues à part ou allaient dans la confection de la crème de marrons. Ce résultat qualitatif demandait aux ouvrières un tour de main fort pénible, car il fallait décortiquer la seconde peau des marrons sans se brûler les doigts.

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Conserves de chez Durand (photo: Jean Ourliac)

Les fruits confits

Le confisage était le domaine réservé du frère du patron. Contrairement au marrons fabriqués sur le moment, les fruits confits devaient macérer dans le sirop pendant plusieurs jours. C'était le cas pour les orange confites, véritables délices produits par la confiserie Carcassonnaise.

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Bocaux de confiture (photo: Jean Ourliac)

Pendant la seconde guerre mondiale, l'usine manqua de sucre pour élaborer ses produits. Elle testa pendant un temps une préparation à base de raisiné (compote cuite dans le jus de raisin réduit) pour le remplacer. Le résultat ne fut pas à la hauteur et par chance, elle réussit non sans difficultés à se fournir en sucre.

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Dénoyauteur à cerise de chez Durand (photo: Jean Ourliac)

La confiserie avait passé un marché avec l'Angleterre, pays pour lequel elle fournissait des cerises confites pour la fabrication des cakes.

Les causes de la fermeture de l'usine

La confiserie, si prospère autrefois, ne fabriquait plus que des marrons glacés au moment des fêtes de fin d'année. La concurrence avait eu raison des autres secteurs d'activité et bientôt du dernier produit phare de la marque. Le coup de grâce intervint au moment où l'entreprise perdit le marché parisien.

La mort prématurée de l'un des deux frères plomba le devenir d'une affaire familiale sans repreneurs. Les enfants des patrons avaient suivi une autre voie. L'un est professeur de médecine à Toulouse, l'autre était architecte et avait fait édifier l'actuel bâtiment en béton sur l'emplacement de l'ancienne usine dans la rue A. Marty.

L'entreprise ne s'est jamais modernisée. Les conditions de sécurité du personnel dans des bâtiments et du matériel obsolètes, étaient devenues incompatibles avec les temps modernes. La chaudière tournait toujours au charbon et l'usine puisait toujours l'eau de son grand puits. A ce titre, Durand n'a jamais payé un centime d'eau à la ville.

Epilogue

L'aventure industrielle de la confiserie Durand s'acheva en 1975. L'ensemble des matériels et des cuivres partirent chez les ferrailleurs et l'entreprise fut liquidée. Hélas, les documents partirent à la benne comme d'ailleurs les photographies des ouvrières que Germaine gardait chez elle. Qui sait... Un lecteur a t-il dans un vieil album encore quelques photos à nous transmettre? Ce qui est triste c'est que désormais à Carcassonne, ont n'évoque plus l'industrie qu'avec des souvenirs!

Source:

Claude Marquié/ Hommes et métiers au fil du temps

Souvenirs de "Germaine" transmis par J. Ourliac. Un grand merci à lui

Crédit photos

Claude Marquié, Jean Ourliac, Marthe Plessis

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