26/05/2013

La route minervoise, la belle ombragée (2)

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Si vous prenez à la sortie de Carcassonne, la route minervoise en direction de Mazamet, regardez de l'autre côté du canal du midi. Au bord de celui-ci et au pied de la colline de Grazailles, se trouve depuis fort longtemps la Villa Odette. Elle est située juste en face de l'embranchement qui mène au lotissement de la Prade. Il s'agit d'une maison à la campagne, là où les carcassonnais allaient se rafraîchir les fins de semaine ou pour les vacances d'été. Un havre de paix jusqu'aux années 1950. On y retrouve le félibre et rédacteur de la Revue méridionale Achille Rouquet, qui avait une maison au milieu des vignes dans ce qu'il appelait Castelgrazailles.

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Une photo tirée d'une plaque de verre de la Villa Odette au début du XXe siècle. D'après Alfred Raucoules, cette petite maison appartenait à deux soeurs de la famille Courtine qui vendait des sacs à mains en face Monoprix (24 rue de la gare)

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23/05/2013

La route Minervoise, la belle ombragée (1)

Que c'était bon papa quand vous preniez "La Minervoise" à bord de votre Vespa 400, les bagages sur l'impériale et direction la mer. C'était l'époque des voitures italiennes. Les "Pots de yaourt" qu'on les appelaient depuis que l'Isetta était sortie des ateliers en 1955. Te souviens-tu? Elle avait deux roues à l'avant et une seule à l'arrière. Quant à la Vespa, sortie deux ans plus tard chez Piaggio, elle ne pouvait pas dépasser les 90km à l'heure mais nous n'étions pas pressés.

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C'était la Dolce vita façon carcassonnaise et avec ses ritals de la Trivalle et de la Barbacane, pas besoin de se rendre dans la ville éternelle. Des accents d'Italie avaient franchi les Alpes et donnaient du bonheur à vivre dans cette belle Carcassonne cosmopolite où les familles modestes s'étaient unies par delà leurs cultures. Nous allons papa si vous le voulez bien, reprendre reprendre cette route Minervoisecomme au temps jadis à partir du kilomètre 0.

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D'abord sortons la carte de la boite à gants car nos amis ne connaissent pas le trajet. Nous allons prendre la route à partir du kilomètre 0.

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Elle débute à partir du Café du Coin, situé au N°2. Vous voyez que l'établissement est fermé, qu'elle tristesse...

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Mais qu'as-tu donc barbouillé sur ma carte?

Enfin ! Papa, j'ai marqué en violet le nouveau tracet de La Minervoise.

De quoi? L'autre a disparu?

Non, mais vous verrez qu'une partie a été coupée. La route Minervoise a été créée en 1810; elle suit le Canal du Midi jusqu'au carrefour de Bezons. En rose, c'est la route de Villemoutaussou qui passe derrière la gare par la rue Buffon. Autrefois, c'était un chemin d'intérêt commun.

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Là, il y avait la station service Mobil de Jean Douce. On s'y arrêtait souvent pour faire le plein d'essence. Les pompes étaient au milieu de ce parking.

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Juste en face, l'étape pour se restaurer c'était chez Joseph Gil "A la grillade". Il paraît que son fils tient aussi un restaurant, un peu plus loin maintenant.

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C'est aujourd'hui le Massilia, mais comme le quartier est devenu désert et vidé de ses commerces! Le ventre plein nous reprenons notre route sans manquer de remercier ce brave Joseph pour son hospitalité. Faut dire qu'il valait mieux ne pas chahuter cet ancien treiziste avec son gabarit.

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Formidable ! Le panneau Michelin en lave émaillée est encore là à droite après le pont de chemin de fer, pile à l'endroit où se trouvait indiquée la sortie de Carcasssonne. C'est inespéré, car la DDE les enlève systématiquement quand ils refont la chaussée.

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"Tiens, regarde avant le tournant à droite. Ici, c'était la guinguette Mickey et Blanchette où nous allions danser dans notre jeunesse. Elle était tenu par M. Bonnet, imprimeur de son état en centre ville. Il y avait tantôt un accordéoniste, tantôt un petit orchestre."

En poursuivant sous l'ombrage des platanes, sur la gauche nous laissons la colline de Grazailles et la Villa Odette au bord du Canal. Sur la droite, les anciens jardins des maraîchers de la Pradetotalement engloutis par le béton des lotissements de ce nouveau quartier.

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Cette croix à droite matérialise l'accident mortel du 2 mars 1873 où le charretier Jacques Carbonnel est décédé.

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Trois cents mètres plus loin et contre bas, un grand nombre de carcassonnais travaillaient nuit et jour à la SOMECA. C'était une usine de fabrication pour l'industrie automobile qui a fermé en 1998, laissant 91 employés au chômage. Tous ont empruntés cette Minervoiseet faisaient travailler les commerces dont les rideaux sont désormais tirés.

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Toujours à droite et en contre bas quelques 300 mètres après, c'est l'ancienne Commanderie Templière de Saint-Jean. Elle porte aujourd'hui le nom d'une zone d'activité.

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Alors là, je ne reconnais plus rien.

C'est normal, ils ont élargi la route puis l'ont déviée. L'ancien tracé de la Minervoise, tu l'aperçois à gauche il suivait le Canal. L'élargissement de la voie à d'abord créé un tournant très dangereux qui a coûté la vie à un de tes amis en juillet 1998. Le pauvre Serge Cruchandeau, un excellent pâtissier y a été percuté par un couple de Bordelais en vacances. Ensuite, le département en faisant la rocade est a réalisé ce rond-point. Nous allons suivre l'ancienne route Minervoiseoù l'on ne passe plus, donc au rond-point tu prends la seconde à droite.

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Nous passons devant l'écluse de Saint-Jean. Cet endroit très pittoresque mériterait une mise en valeur car je crois qu'on l'a complètement oublié.

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Le tracé historique fait la jonction avec le nouveau à la hauteur de l'écluse du Fresquel, où la route reprend son axe d'autrefois. Celle-ci est laissée un peu à l'abandon, alors que l'on pourrait y réaliser une piste cyclable ou un parcours de découverte avec d'anciens panneaux routiers. Il y a tellement de passionnés dans ce domaine...

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Ici le temps s'est arrêté... Sur le mur peint, une publicité pour un apéritf est en parfait état.

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En débouchant sur la D118, nous découvrons un lieu mythique de la vie carcassonnaise. Il s'agit de l'ancien restaurant Au Grougnou, dans lequel la jeunesse d'un autre temps est venue danser et se distraire. L'établissement avait deux sorties. L'une donnait sur l'ancienne route et l'autre sur le Canal. C'est de ce côté qu'étaient les tables et les danseurs à la belle saison. Le Grougnou signifie en occitan le goujon, un poisson de rivière que l'on pêchait dans le Fresquel. Les pescofis attrapaient aussi des Sofiosqui désignait également, une fille un peu courge dans le langage courant.

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C'est à cet endroit qu'en 1944 on a tourné une scène du film de Serge de Poligny, La fiancée des ténèbres. On y voit comme figurants le peintre Jean Camberoque et son épouse. Dans les années 1960, le Grougnou était tenu par M. Cassignol.

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Dans le programme du carnaval de 1927, Pierre Dantoine avait caricaturé un joyeux fêtard déguisé en pandore pressé de se rendre Au Grougnou situé à 3km de là.

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Nous passons devant l'écluse du Fresquel et en bordure gauche de la route se trouve une croix un peu particulière. Elle se trouvait sur la Commanderie de Saint-Jean et fut sauvée et déplacée à cet endroit.

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Après avoir laissé à droite, l'usine désacfectée du Pont Rouge avec sa cheminée nous arrivons au carrefour de Bezons. C'est le point final de notre parcours historique.

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21/05/2013

Les quatre chemins et ses anciens commerces

De nombreux quartiers de Carcassonne, comme dans d'autres villes ont vu leurs commerces de proximité fondre comme neige au soleil. Ce lien social, culturel et fraternel entre des personnes de diverses origines créait une richesse et une animation aujourd'hui disparues. Les supermarchés ont fait naître des automates aux réflexes pavloviens devant une rangée de boîtes de conserves. Il faut bien reconnaître que les dernièrs humains avec lesquels on peut esquisser deux phrases minimum (bonjour et au revoir) ce sont encore les hôtesses de caisse. Plus pour longtemps car la mécanisation humaine du passage des codes barres va être remplacée par des portiques qui calculeront au centime nos achats. Pensez-donc, c'est celui qui va payer ses courses qui sera tenu de faire le travail de la caissière, comme dans certains hyper où l'on scanne soi-même ses achats. Si ça c'est pas chic ! C'est comme la télé réalité, on recrute des candidats (souvent idiots) que l'on expose comme des bêtes de cirque et ce sont eux qui font l'émission, à la place d'animateurs ou d'artistes qu'il aurait fallu rémunérer. C'est tout bénéfice, puisque des millions de téléspectateurs se marrent devant un miroir qui leur renvoit leur propre image. Au 4 chemins, les nouveaux commerces essaient de résister et d'autres ont fermé. Etat des lieux...

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Le garage "Gayraud" sur l'avenue Henri Gout avait une piste de distribution d'essence. C'est maintenant une magasin d'optique.

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L'ancien café "Chez Gaston" (Banque), vendu depuis peu le nouveau propriétaire s'est établi sur l'avenue Bunau Varilla.
En pointe, il y avait la mercerie Dedieu.

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Le pressing à l'angle de l'impasse dans lequel résidait la famille Salvetat (colporteur et rempailleur de chaises). Juste à côté en descendant, les "Docks méridionaux" tenus par Manuel et Jeanne Pujol de 1956 à 1975.

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Le magasin de Léon Rivière, marchant de graines et de charbon. A côté, un limonadier. En face et à l'angle de la rue de Chateaudun, il y avait le primeur Mestre-Sarroca (famille de la célèbre cantatrice), puis en descendant un cordonnier dont l'échoppe a été détruite pour faire le parking.

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L'épicerie "L'étoile du midi"

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Le bureau de tabac du joueur de rugby "Mazon"

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La menuiserie que Marius Azéma installa dans un ancien affenage, en face de l'ancienne station Gayraud. L'immeuble date de 1880.

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Les établissements Ferrand avec la statue ornée d'une roue d'engrenage, du marteau et d'une enclume représentant l'industrie.

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Tout ce joli quartier s'animait la semaine et laissait ses commerces fermés le dimanche. Eh oui! Le dimanche certains allaient à la messe puis chercher des gâteaux chez le pâtissier Promet. Et l'après-midi, on était au stade pour jouer ou encourager l'équipe de St-Jacques XIII avec l'Abbé Vaquier. La troisième mi-temps c'était au café "Chez Gaston".

Merci à Chantal Pujol-Puissant pour sa précieuse et indispensable collaboration

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19/05/2013

La barbacane, ses vieux commerces

La Barbacane, quartier parallèle à la Trivalle, vivait comme un village avec son église (St-Gimer), ses commerces et ses fêtes. Seule artère reliant les deux quartiers, la rue de la Gaffe permettait les réunions diplomatiques entre les bandes rivales telles celles des Sharks et des Jets de West Side Story. Là, pas des Porto-Ricains mais des baraquets (espagnols) et des gitanos (gitans) prêts à défendre leurs quartiers. Loin du vandalisme, des incivililtés et des agressions que l'on connaît aujourd'hui ; la jeunesse qui s'ennuyait faisait des "Tustets". Lo Tustet, qu'es aco ? Ce mot occitan dans son usage vulgaire signifiait surtout taper à une porte dans le but de réveiller le propriétaire et s'enfuir à toute jambe, une fois la porte ouverte. Mais, il y avait des variantes... qui restaient toutefois dans le cadre des farces. Un tust, c'est aussi une anti-sèche à un examen qui n'a de valeur que si l'on ne se fait pas attraper. C'est quand même pas recommandable !

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L'entrée de la rue Barbacane, au siècle dernier

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Le premier commerce, lieu de rendez-vous de la jeunesse, c'était le café "Chez Paulin" (Azéma). Il fut ensuite repris par le Café Salen, puis par la discothèque "La bulle".

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En descendant la rue on croisait la boucherie Valette et l'épicerie Gorlain.

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Plus mais de l'autre côté, il y avait les Docks méridionaux qui dernièrement avaient abrité une agence de la Caisse d'Epargne. Puis deux coiffeurs, Alphonse Bauret et Botelat qui devint "chez Jules Soler"

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En face, la pharmacie Saunière que l'on trouve désormais sur la place en bas du pont vieux.

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D'abord ici le volailler Pénavaire, ensuite le bureau de tabac Bricol repris par la famille Cathary

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En face, l'épicerie Epargne

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A l'angle de la place St-Gimer, l'épicerie Sentenac

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En face, une autre épicerie tenue par M. Bajouet

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A côté, l'épicerie Morlain

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La boulangerie Rives

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La mercerie Boutibou

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Sur le même côté, la boucherie Romieu.

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En face, la boulangerie Rajol et encore plus loin, l'Etoile du midi et la boucherie Deramond.

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Le café Espeluche, mais aussi plus loin l'épicerie Soler, le jardinier Pradel, la menuiserie Andrieu...etc.

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Force est de constater même si toutes ces photos ont été prises un dimanche matin, que plus rien ne bouge à la barbacane. On a mis la clé sous la porte, et les rares petits commerces se battent pour ne pas faire de même. Pour aller à la cité, le touriste peut aussi passer par la porte d'Aude en empruntant la montée de St-Gimer. Malheureusement, rien n'est fait pour l'inciter à y aller à pied par là quand il descend du pont vieux. Il serait plus judicieux d'inverser les sens interdits, ainsi les voitures prendraient la rue barbacane à son entrée en direction de la cité et reviendraient par le moulin du roi vers la ville. Comme pour la rue Trivalle... 

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16/05/2013

Le quartier des capucins, ses vieux commerces

 Le quartier des Capucins autrefois si actif, n'échappe pas à la règle de la désertification des commerces de proximité. Dans les années 1950, sans l'intervention énergique de ses habitants, il faillit être entièrement rasé dans le cadre d'un plan de rénovation urbaine de la SIDEMCA. L'enquêteur chargé de l'étude, monsieur Savet, fut encadré et éconduit manu-militari par les contestataires. Le projet fut finalement abandonné. Que reste t-il aujourd'hui des commerces des Capucins? Tour d'horizon...

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A l'Angle de la place Joseph Poux et de la rue Marceau Perrutel, se trouvaient les Docks Méridionaux.

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L'épicerie "Chez Boyer"dans la rue Fortuné. Elle était tenue par les parents du disquaire, établi dans les années 1980 à la place de l'actuel bar "La casa" dans la rue Courtejaire.

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A côté de l'épicerie, La boucherie Piquemal

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Juste en face de la rue de Metz, une épicerie "Chez Fages"

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A côté, la boulangerie "Chez Castel".

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Au coin de la rue de Metz et de la rue de la rivière, une épicerie communément dénommée "Chez la blonde"

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Au coin de la rue de la rivière et du 24 février, la droguerie Saunière. Sur le mur à droite, il y avait un miroir "Bébé Cadum"

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Rue de la rivière, une épicerie tenue par M. Saigneboscreprise ensuite par un volailler de la rue du Cherche midi. La famille Nievesqui vendait sur le marché, abattait là les poulets reçus dans de grandes cages en bois.

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Rue de la rivière, le bureau de tabac en face du Café de l'Industrie. Il s'est déplacé depuis, sur le boulevard Barbès.

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Le plus ancien café de quartier de la ville encore en activité. C'était le rendez-vous des clubs sportifs et de l'organisation de la fête des capucins. Il a été tenu pendant 30 ans par Claude Tarrèsavant d'être repris depuis peu par un jeune patron.

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Le cinéma "Les capucines"dans la rue des amidonniers. A la fin de la séance on sortait par une cour qui donnait sur la rue Fortuné. On y a vu notamment "Le pont de la rivière Kwaï". Il a été détruit à la fin des années 1980, c'était sa dernière séance...

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L'école des frères. Aujourd'hui, le lycée St-François (2, rue des amidonniers)

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Autrefois, les enfants allaient au patronage catholique situé place Joseph Poux que tout le monde appellait "la placette". Ce patronage était animé par l'Abbé Vaqué(cinéma et sortie au champ de tir de la route de Montréal).

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Une mercerie, place Joseph Poux

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La boulangerie Bonnafil

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Rue Laraignon, un buraliste

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En face le buraliste, une épicerie "Chez Menserey"

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Tous les anciens commerces disparus n'ont pu être rassemblés ici.
Merci à Claude Marty pour tous ses souvenirs!
N'hésitez vous aussi pas à me faire partager vos photos ou vos souvenirs sur les quartiers de la ville
 
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