13/06/2013

La chapelle de Sainte-Croix, à jamais disparue (suite)

A la suite de l'article d'avant-hier sur la chapelle de Sainte-Croix, la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude m'a fait parvenir des éléments complémentaires issus des travaux d'Antoine Labarre, réalisés en 1969. Au nom des lecteurs de ce blog, je remercie son trésorier M. Michel Prun et l'ensemble du bureau de cette illustre association.

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Plan en coupe de la chapelle Sainte-Croix détruite en 1966

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Aquarelle de Mme P. Andrieu peinte en 1925

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La chapelle en 1966

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La même situation en 2013

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Le chevet de la chapelle en 1966

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06/06/2013

Gambetta: un effroyable jardin

Il y a dans Carcassonne une esplanade qui fait l'unanimité contre elle à l'entrée de la ville, au coeur du parcours touristique vers la cité: Gambetta. Nous allons essayer de tracer le parcours de ce projet et d'en constater les dégats...

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Il était une fois, un squaremagnifique qui faisait la fierté des habitants de Carcassonne.

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Là, tout n'était qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

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Malheureusement, les allemands firent détruire ce havre de paix en 1944 pour des raisons de défense.

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La remise en état après la libération est confiée à M. Brice, architecte paysagiste, par délibération du conseil municipal en date du 25 juillet 1946. Le nouveau jardin fut ouvert le 10 juin 1948. Ensuite au début des années 70, on va installer une fontaine avec des jets d'eau et creuser des canaux, dans lesquels viendront se poser de beaux cygnes. Nous allions avec nos parents donner du pain à ces animaux et cela reste dans nos souvenirs. Dans ce nouveau square, il y avait aussi des statues (Paul Lacombe, Déodat de Séverac et Paul Sabatier) et des jeux pour les enfants.

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La municipalité Chésa décide en 2001, la construction d'un parking souterrain sous le square. Personne alors, ne semble s'opposer à ce projet qui va mettre plusieurs années à se réaliser. Le jardin dans sa version 1970 est alors livré à la pioche des engins de chantier à partir de 2004. Il va rester dans cet état végétatif pendant deux ans, comme une verrue au centre d'un écrin historique. En 2008, la majorité municipale portée par Gérard Larrat décide de reprendre les travaux... Mais voilà... le projet d'architecte retenu par la ville, semble plaire aux élus en charge du dossier. Il s'agit de l'atelier REC. Voici sur son site la présentation de son travail et chacun appréciera... ou pas:

L'aménagement urbain du square Gambetta joue sur deux plateaux : un urbain avec ses promenades et un plateau fonctionnel en sous-sol jouant le rôle de parking. Ce lieu a deux fonctions : celui de desserte du parking qui vient désengorger le réseau voirie, et parallèlement celui de pôle avec sa grande esplanade. Cette dernière fait partie intégrante de la ville grâce à un jeu de dalles, de carrés de pelouse qui amènent visuellement les passants d'un point à un autre de la place. De plus les objets viennent ponctuellement offrir des espaces semi-couverts et orienter physiquement les promeneurs tout en créant des événements sur l'esplanade. Ce projet offre enfin la particularité d’être minéral mais aussi végétal par l'importance des essences mises en place.

http://www.architectesonline.com/architecte-rec-projet_26...

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Le projet est présenté dans le Magazine municipal d'informations "Carcassonne, ta ville" à l'automne 2006. L'image est très petite, mais en l'agrandissant on s'aperçoit de ce qu'allait devenir notre beau jardin. D'ailleurs, on parle d'aménagement de l'esplanade Gambetta. Cela y est, on vient unilatéralement de débaptiser le square, en faisant fi de l'histoire sentimentale des carcassonnais avec ce lieu. Fallait-il à cette époque s'en émouvoir, quand on sait qu'il n'existe qu'une minorité de carcassonnais pour défendre le patrimoine? Bref, pas de comité de défense pour le square!

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Le chantier est énorme et coûtera la bagatelle de 12 millions d'euros (source: ville de Carcassonne). Sa livraison doit être prévue pour 2008, l'année des élections municipales. On a mis 6 ans pour débuter les travaux et seulement deux ans pour les achever. "Vite et bien, ne marchent jamais ensembles", comme disait ma grand-mère!...

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Voici le résultat! Si je suis méchant, je dis que l'on a retenu le plus mauvais architecte. Savez-vous que pour masquer cet emplâtre de Trésorerie générale, hérité des années 1950, il était prévu l'élévation d'un mur d'eau. On a modifié le plan urbanistique de la ville, puisque on a coupé le tracé historique du boulevard Camille Pelletan à Jean Jaurès. Les véhicules de secours doivent désormais contourner le square pour rejoindre le boulevard. Autrefois, ils avaient un accès direct.

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 Quand on a fait les travaux de terrassement, les fouilles archéologiques ont été baclées et pourtant il y avait un ancien couvent sur ce lieu. Les rares éléments des fouilles, devaient intégrer des vitrines placées dans le parking. Vous les avez vues quelque part, vous? Trois ans après, voici ci-dessous un triste constat qui coûte et coûtera au contribuable carcassonnais...

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Sur ces plaques, il y a des jets d'eau qui ne fonctionnent plus.

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Les dalles sont régulièrement cassées sous le poids des camions (Magie de Noêl, spectacles du festival, marché du samedi...). "Y a calqun qué pagara", comme disait mon grand-père!

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Les dalles se chevauchent et les personnes agées comme les enfants, peuvent tomber avec les conséquences que l'on connaît. Est-ce une faille technique ou un effet de style?

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Le mobilier urbain est déjà rouillé, quatre ans après sa pose. Il comprend des bancs, des banquettes et des corbeilles à papier. L'ensemble de la gamme "Cléa" a été commandé et acheté chez une société toulousaine "Univers et Cité", basée à Castanet Tolosan. Les bancs pour à-peu-près 500 euros pièce (il y en a plus d'une vingtaine), sans compter les corbeilles.

http://www.univers-et-cite.com/mobilier-urbain/reference/...

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La ville prend l'électricité pour éclairer cette esplanade, en tirant un fil au dessus de la route. C'est très écolo et surtout très beau et efficace.

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L'espace dans les virages est des plus restreint et il est périlleux d'y circuler. Il y a eu de nombreux accrochages à ces endroits, où le passage des camions est absolument impossible.

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Enfin, le gazon qui n'est vert que l'hiver faute de drain suffisant, est la proie des véhicules des marchands ambulants. Ceux-ci passent dessus en laissant des ornières, les samedis pour le marché. En conclusion, je dirais que cette esplanade est une vaste gabegie dont nous payons et paierons la note longtemps.

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La statue d'Héléna sculptée par Sudre en 1902 et qui se trouvait au fond du Square Chénier, a été posée en 2010 face à l'avenue du général Leclerc. D'ailleurs sait-on que la maquette en marbre se trouve au Musée des monnaies et médailles de Perpignan (photo ci-dessus)? Voilà une bien maigre consolation en regard des autres oeuvres d'art remisées au serres municipales et qui attendent depuis des lustres un lieu d'exposition.

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Il faut bien tenter de redonner un peu de fraîcheur à ce square devenu par la force des choses, une esplanade soviétique. Actuellement, elle accueille les oeuvres éphémères de Marc Walter. Elles sont réalisées avec des branches issues de l'élagage des platanes de Carcassonne. Un projet pérenne, cette fois, est à l'étude dans les bureaux des services de l'urbanisme de la ville de Carcassonne.

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10/05/2013

Les balcons de la Bastide St-Louis

En vous promenant dans la Bastide Saint-Louis, si vous levez un peu la tête vous pourrez apprécier la beauté de ses balcons. Ce sont pour la plupart d'entre-eux des ouvrages d'art comme, hélas, on n'en réalise plus de nos jours. Aussi faut-il veiller à les conserver et surtout à les entretenir ou à les restaurer. Notre constat c'est qu'à quelques exceptions près, ce n'est pas le cas. On peut comprendre que les contraintes imposées par les Bâtiments de France puissent être un frein pour les propriétaires, en raison du coût élevé qui doit être engagé pour les travaux. Pour autant, il existe des aides comme l'ANAH (renseignements auprès de la Communauté d'agglomération du Carcassonnais) ou encore l'OPAH (Services de l'urbanisme et du patrimoine, à la mairie). Il serait peut-être nécéssaire que la ville de Carcassonne relance une campagne d'information à ce sujet, car les propriétaires sont souvent découragés par les dossiers à remplir ou à fournir, les décisions qui leurs paraîssent arbitraires...etc. Il serait vraiment dommage que le découragement soit le plus fort. Dans certains cas, nous avons observé des façades refaites à neuf mais dont les balcons n'ont profité d'aucune restauration. Y a-t-il un budget subventionné pour les façades et pas pour leurs balcons? Rien ne nous étonnerait dans les cahiers des charges mis en place par l'administration. Tour d'horizon...

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La rouille fait son oeuvre inexorablement

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Ici c'est également la solidité de l'ouvrage qui pourrait faillir

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Rue Barbès, à côté de la chapelle du Cercle taurin et au dessus de l'ancien magasin de vêtements Olive.

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Autre exemple...

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Ces balcons font partie de la richesse du patrimoine bâti de la Bastide.

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Sur cette photographie prise Place Carnot, nous constatons que la façade a été entièrement ravallée. Le balcon, lui, restera sous la rouille. Pire, il y a un véritable danger pour tous ceux qui passent en dessous car des morceaux de la pierre friable s'en détachent. Nous pensons qu'il y a urgence à traiter ce problème. Pourquoi donc la restauration de la façade n'a t-elle pas engendrée celle du balcon?

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Voici un exemple pour lequel le balcon a été traité en même temps que la façade. Il se trouve au dessus du magasin John's club, place Carnot.

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Photos

Martial Andrieu