18/01/2016

Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira à toi...

Nous nous satisfaisons d'avoir appris il y a trois jours dans la presse locale que l'Association des Amis de la Ville et de la Cité, allait faire poser une plaque sur la maison du cinéaste André Cayatte, située rue Pinel. L'entreprise ne s'arrête pas là puisque il est également question de faire la même chose sur le 24, route minervoise à l'endroit où à séjourné le poète Louis Aragon pendant la guerre - nous avons rédigé récemment un article à ce sujet. Voilà donc une heureuse initiative qui trouve pour une modeste partie son origine, dans les nombreux articles de ce blog qui, depuis cinq années, sollicite les élus pour rendre cet hommage à André Cayatte et à d'autres, sans succès. Monsieur Noël Pagé, ancien professeur et féru de cinéma, avait rédigé un courrier il y a trois ans au maire de Carcassonne afin de relayer cette demande officiellement. La ville ne semblait pas disposée à accéder à la requête quand, avant les élections, on apprit qu'une demande avait été faite auprès du propriétaire actuel de l'immeuble. Après le scrutin, les mouches ayant changé d'âne on ne parlait plus de Cayatte, jusqu'à aujourd'hui.

Faisant nôtre l'adage selon lequel "il n'est jamais bon d'avoir raison trop tôt", nous saluons la perspicacité et l'entreprise de cette illustre association oeuvrant avec intelligence et efficacité sur le terrain. Nous regrettons simplement que le journal ait oublié dans ce concert de louange de citer le blog "Musique et patrimoine", qui est sinon un bouillon de culture, tout du moins, un laboratoire des bonnes idées... 

Dans un autre registre, l'urne contenant de la terre du camp de Buchenwald et déposée en 1948 au pied du monument à la Résistance, va être prochainement remise au square Gambetta. Le Conseil général de l'Aude a fait refaire l'objet disparu sous la pioche des engins de chantier en 2003. Les élèves de Carcassonne en déplacement dernièrement en Allemagne on ramené de la terre des camps de concentration. Nous avions signalé cette disparition il y a trois ans ; nous avons fourni des photos aux services du Conseil général afin de refaire l'objet à l'identique. 

Dans tous les cas, nous espérons au moins recevoir un petit bristol d'invitation à ces mémorables journées d'inauguration.

                                           Le Chevalier de Lagardère

30/12/2015

Histoire de l'achat de la maison du poète Joë Bousquet

Dans un article publié hier par le journal "l'Indépendant", le nouveau conseiller départemental Jean-Noël Lloze en charge de la culture donne les nouvelles ambitions pour l'ancienne maison de Joë Bouquet, communément appelée "Maison des mémoires". Il souhaite impulser une dynamique en rapport avec l'offre culturelle de notre époque grâce à un réaménagement de l'espace, scénographie et boutique. Selon toujours ce journal, le Centre Joë Bouquet n'accueille que 6500 visiteurs par an et n'est pas toujours bien connu. Voilà un nouvel élan...

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© chroniques de Carcassonne

Il est vrai que vu de la rue, le Carcassonnais n'ose pas franchir le seuil de ce vaisseau considéré comme élitiste, gardé par les chevaliers en armure d'un temple littéraire. La mémoire universelle de Joë Bousquet et surtout son message de résistance doivent-ils appartenir à une poignée d'érudits ? C'est peut-être cette bunkerisation qui est en cause ; chacun sur ce point doit faire son examen de conscience.

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Pourquoi cette plaque depuis 2011 n'est-elle pas fixée sur la façade ?

Celui qui connaît bien Carcassonne sait qu'elle vit dans un monde politique bipolaire agissant à tous les niveaux. La bêtise et les sectarismes du dogme idéologique des encartés de droite et de gauche, ont créé des frontières à la connaissance ; ceci en dehors de l'intérêt général qu'ils prétendaient défendre. Sur ce point, la "Maison des mémoires" a mis très longtemps a être fréquentée et référencée par la ville de Carcassonne, gérée par l'opposition de droite au Conseil général. Je vous rassure, la réciprocité s'est exercée aussi dans l'autre sens pour ce concerne les initiatives culturelles de la municipalité. Et les Carcassonnais qui paient par leurs impôts, le financement des joujoux de ces messieurs ? Ils ont longtemps regardé le match comme au tennis, un coup vers la gauche et un coup vers la droite, avec pour conséquences, des balles dans le bas du filet. On pourra faire toutes les campagnes publicitaires, si les élus d'aujourd'hui ne font pas preuve de davantage d'ouverture que leurs aînés d'hier, les Carcassonnais continueront à penser à tort que l'on fait des réalisations sur leur dos pour le plaisir des quelques amis politiques. Leurs votes iront grossir les rangs des dépités et des poujadistes...

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Je vous propose de vous expliquer l'histoire de l'acquisition de la maison de Joë Bousquet - ce que personne ne vous a jamais raconté. Vous allez de suite comprendre à la lumière de ce récit, comment fonctionne depuis plus de 30 ans la vie politique Carcassonnaise pour ce concerne la culture.

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© Archives départementales de l'Aude

La chambre de J. Bousquet dans laquelle il reçut Aragon, Benda, Paulhan, Gide, Gallimard, Magritte... Là, où la barde de l'occupant, fut organisée la résistance intellectuelle au fascisme. Sur la cheminée se trouvaient deux anges de pierre gothique ; ils furent offert par Bousquet à René Nelli en cadeau de mariage.

À la fin des années 1980, la maison de l'illustre poète - située 53 rue de Verdun - était restée fermée depuis des années et en indivision dans la famille de J. Bousquet. Depuis 1950 - date de son décès - la chambre était restée dans son jus ; pas un seul objet n'avait été déplacé, ni remplacé. La nièce de Bousquet souhaitait vendre l'imposant immeuble qu'elle n'avait plus les moyens d'entretenir. Considérant la richesse patrimoniale du lieu, elle fit intervenir son cousin l'abbé Cazaux pour proposer à la ville de Carcassonne de l'acquérir. C'est à Pierre Sarcos - pharmacien de son état et adjoint au maire - que le prêtre s'adressa afin d'avoir un rendez-vous avec Raymond Chésa. La réponse de ce dernier fut - selon l'abbé - la suivante :

"100 millions pour une chambre, c'est bien cher"

La ville rejetant la proposition d'achat, la famille Bousquet se tourna vers le Conseil général. L'abbé Cazaux intervint alors auprès de Roger Bertrand - conseiller général et futur candidat socialiste à la mairie de Carcassonne en 1989. Emballé par l'idée, ce dernier réussit à convaincre le président Raymond Courrière de ne pas laisser partir à un bailleur privé, ce trésor historique de Carcassonne. Ainsi fut sauvée la chambre de Joë Bouquet et l'immeuble pour 125 millions d'anciens francs.

Remerciements

Abbé Jean Cazaux

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27/05/2015

La société carcassonnaise pour les nuls

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Un système notabiliaire

La charte constitutionnelle de 1814 reconnaît les acquis du système notabiliaire hérité de la Révolution française. À Carcassonne, les notables reconnus comme des personnes de haut rang, se partagent depuis ce temps les pouvoirs et les privilèges. Ils exercent un ascendant et étendent leurs influences sur le reste de la population, dans une ville socialement hiérarchisée. On peut dire aisément que le renversement de l'Ancien régime a mis en place une société dirigée par la bourgeoisie, dont le pouvoir de l'argent est aujourd'hui sans commune mesure avec les privilèges, dont bénéficiait la noblesse avant la Révolution.

Le notable Carcassonnais

La notion est assez subjective pour qu'il ne tente lui-même de se l'attribuer par le truchement d'un bien ou d'un objet, qui permettrait de le distinguer parmi la plèbe. Là où les nobles avaient une éducation héritée de l'histoire de France, les notables tel Monsieur Jourdain dans "La bourgeois gentilhomme" de Molière, en sont parfois ridicules de mondanités. Dans la bonne société carcassonnaise, pour être intronisé en tant qu'étranger (c'est à dire, non Carcassonnais de naissance) dans ce groupe social très fermé, il est conseillé de se montrer en certains lieux, de préférence en faisant l'étalage de ses revenus. Si vous êtes déjà avocat, chirurgien ou notaire vous serez très vite intégré...

Les héritiers

De nos jours, certaines familles notables influentes inculquent à leurs enfants la meilleure façon de gérer leur patrimoine et de se distinguer dans la société. Ils sont appelés dans le futur à prendre la place de leurs parents au sein des institutions électives locales, afin de sécuriser voire d'amplifier leurs intérêts communs. Ils seront donc placés... Tant pis, si bien sûr tout ceci se fait sur le dos de l'autre partie de la population. Au sein de certaines entreprises locales, il n'est pas rare de s'apercevoir qui profite de tel marché public. Le bétonnage, par exemple, a de beaux jours devant lui...  

La plèbe

Disons-le tout net : Toute personne n'étant pas native de Carcassonne malgré ses qualités, son amour de la ville ou son esprit d'entreprise ne sera jamais aussi bien traitée qu' un notable médiocre au mauvais esprit, natif de la ville. Ceci pour une simple raison, c'est que les privilèges sont déjà distribués depuis des décennies entre les mains des mêmes familles. Toute tentative ambitieuse et valorisante dans l'intérêt de Carcassonne sera vouée à l'échec, dès lors qu'un début de rumeur s'élève place Carnot sur les visées politiques du suspect. Si vous n'êtes pas notable et que vous commencez à plaire par vos actions, vous avez forcément des ambitions électives. Qui dit élection, dit pouvoir . Donc, un danger pour les intérêts de la classe dirigeante. Le suspect se verra immédiatement calomnié et sa moralité descendue en flèche par les Fouquier-Tinville des cafés du commerce. Ces calomniateurs de comptoir exercent leurs tristes fonctions sur commande et tirent bénéfice de leurs actions, grâce à un emploi rémunéré au sein d'administrations contrôlées politiquement. Toute personne modeste n'ayant pas un protecteur notable dans cette ville, n'a que peu de chances de franchir l'étage supérieur de la société.

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26/05/2015

Ce qui m'a tapé dans l'oeil ce week-end...

Dans son dernier numéro, le bulletin municipal de la ville de Carcassonne intitulé

"Bien à vivre à Carcassonne"

semble avoir laissé passer un certain nombre de coquilles, susceptibles de mettre en exergue sa résistance à l'histoire de la Seconde guerre mondiale et à l'orthographe. L'article en question évoque l'impérieux "devoir de mémoire" que doit la ville à ses héros de la résistance. Or, on y lit "Beaudrigues" et non "Baudrigues" ; Aimé Ramon et non Aimé Ramond ; Martyr et non martyre, qui dans ce contexte n'a rien à voir par exemple avec le martyre de Sainte-Cécile. Sans compter, une syntaxe rendant l'article un peu difficile à suivre dans ses longueurs et ses tournures ; des majuscules en dehors des règles de typographie.

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Voilà donc un devoir de mémoire, sans devoir de relecture...

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Comme vous le savez sans doute, la mairie de Carcassonne a refusé d'acquérir l'ancienne villa de Maître Follet, occupée entre 1943 et 1944 par la Gestapo. Malgré nos protestations, les engins de chantier ont eu raison de ce lieu mémoire, pour lequel la municipalité n'a pas cru bon de faire son devoir. Les sombres héros, venus de l'Espagne voisine pour défendre la France et torturés en ce lieu, n'auront pas les honneurs municipaux. Olé !

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Dans le fond de la parcelle, on a commencé à bâtir les logements sociaux tant désirés par Habitat Audois et  subventionnés par nos impôts. Sur le devant, là où se trouvait la villa, bientôt un parking goudronné. Il n'y a plus qu'à espérer qu'un monument commémoratif soit dressé sur le site. A dire vrai, je n'y crois pas un seul instant... Comment les associations d'anciens combattants, qui n'ont pas levé le petit doigt pour protester contre la destruction de la villa pourraient-elles s'en occuper ? A moins qu'avec médailles, drapeaux, discours lyriques et sonnerie aux morts, elles ne se battent pour figurer en bonne place sur la photo qui sera diffusée sur le journal. Un bon festival... de cannes.

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Dans le cadre de la totale refonte de l'esplanade soviétique Gambetta construite en 2008, la ville de Carcassonne vient de donner un coup de jeune à la façade du Musée des Beaux-arts. Les niches et les lettres de "Musée" sur le fronton ont été repeintes. Une très bonne initiative !

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Quelques aspects du nouveau square Gambetta pendant les travaux

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Les plantes peu gourmandes en eau ont été plantées.

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Les dalles déjà cassées après seulement 7 ans d'existence, ont été remplacées par une espèce de revêtement composite, au milieu duquel des parties engazonnées donnent de la fraîcheur.

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Des pergolas accueilleront bientôt des rosiers ; dans les allées, de nouveaux lampadaires illumineront les soirées sous la lune. L'ancien mobilier urbain (bancs et poubelles), à plus de 1000 euros pièce, a été enlevé. Vu sa vétusté après seulement 7 ans, il y a fort à parier qu'il sera remplacé.

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Ici, une espèce de fontaine appelé "Miroir d'eau" viendra prendre place... J'ai longtemps milité contre la destruction du square Gambetta pour un parking, surtout après l'esplanade soviétique qui le remplaça. Je ne vais donc pas bouder mon plaisir de la voir disparaître prochainement. Contester le prix final de cette erreur du passé et ses responsables, je veux bien le laisser à la politique. Je ne suis qu'un citoyen...

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Lors de ce week-end de Pentecôte, je me suis rendu dimanche à Narbonne. A ma grande surprise, la Communauté d'Agglomération du Grand Narbonne organisait le 2e Salon du livre et de la jeunesse réunissant près de 85 auteurs. Un grand chapiteau avait été dressé sur le Cours Mirabeau à côté des Halles, ouvertes le dimanche. Durant ces deux jours des conférences et des lectures ont été données : Daniel Picouly, Jean-Claude Dreyfus, Remy Pech, Henri Gougaud, Isabelle Lefort...

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Daniel Picouly

Prix Renaudot en 1999

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Les éditions du Cabardès

Comment se fait-il que la Sous-préfecture de l'Aude possède un tel évènement, quand le chef-lieu du département est inexistant dans ce domaine ? On pourrait se soulager avec les Estivales de la Malepère à Arzens, où une petit équipe de passionnés réalise des prouesses culturelles en milieu rural, si cet évènement n'était pas boudé par les journalistes locaux et les subventions. Allons, il est temps que nos élus se ressaisissent. Comme Saint-Thomas, je ne crois que ce que je vois. Ce que je vois, c'est une belle médiathèque à Narbonne et maintenant un joli Salon du livre. Faut-il ajouter de superbes musées, un office du tourisme de classe 1, un théâtre national, un patrimoine archéologique entretenu... A Carcassonne, nous avons la Cité pour nous cacher derrière l'incurie.

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Les entreprises choisies par le Centre des Monuments Nationaux (donc, l'état) pour réaliser les nouveaux guichets d'accueil du Château comtal, font-elles appel à des ouvriers détachés venus de Pologne ? C'est ce que j'ai pu observer avec ce véhicule garé dans la barbacane au milieu du chantier. Ces ouvriers travaillaient le lundi de Pentecôte. La pratique est légale puisqu'autorisée par Bruxelles, mais elle pose plusieurs questions... Pourquoi donc faire venir de la main d'oeuvre européenne quand notre pays est plongé dans un chômage sans précédent ? N'est-ce pas choquant que ce soit l'état qui paie ces entreprises avec le fruit de nos impôts ? N'y a t-il pas une concurrence déloyale appelée "dumping" avec nos artisans et les charges patronales élevées ? Ces ouvriers polonais sont sûrement payés au taux horaire de leur pays d'origine. Tout ceci n'est-il pas scandaleux, car injuste ? On préfèrera sans doute contrôler les chômeurs français soupçonnés de ne pas rechercher du travail... Bientôt, on leur demandera de s'aligner sur les 3 euros de l'heure de l'ouvrier polonais.

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Lors de ma visite dans la Cité, j'ai également observé de nombreux changements allant dans le bon sens. 

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Des travaux de restauration de grande qualité à la Porte d'Aude.

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Les créneaux situés au-dessus du théâtre ont été restaurés

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Restauration du muret longeant la Basilique Saint-Nazaire

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La haie qui dépassait de ce muret en face du cimetière de la Cité a été supprimée. Elle laisse apparaître un petit jardin pour se reposer, qui donne de la clarté à l'entrée par la porte Narbonnaise.

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24/03/2015

La parabole politique carcassonnaise

Deux équipes de rugby étaient depuis des décennies habituées à jouer la finale du championnat. Comptant uniquement sur leurs valeurs et leurs titres passés, elles ne savaient plus faire évoluer leur jeu de passe, la force de leur paquet d'avants et leur recrutement.

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- A quoi bon, disaient-elles ! Nous sommes certaines d'atteindre la finale, tout devrait continuer en ce sens.

Pendant ce temps une équipe outsider, habituée jusque-là à perdre en demi-finale, avait fortement étudié la tactique des deux leaders, pointé leurs défaillances dans le jeu et débauché certains de leurs cadres. Cette équipe pratiquait un jeu très viril et son entraîneur cumulait les cartons jaunes, handicapant ses chances de réussite à chaque fois. Alors, elle engagea un coach féminin dont la blondeur et le sourire n'avaient pas leur pareille pour éblouir les supporters et adoucir le discours rugueux sur le jeu à développer. Alors, sans abandonner son jeu viril, l'équipe le pratiqua sur le terrain dans le dos des arbitres afin de ne pas être pénalisée. 

Lors de la dernière journée de championnat, les deux équipes au plus gros palmarès passèrent leur temps comme à l'accoutumée à communiquer en présumant de leurs forces, à s'insulter et à se renvoyer la responsabilité du piètre jeu qu'elles pratiquaient sur le terrain ; chacune accusant l'autre de pourrir le jeu. Abonnés au stade depuis des générations, les supporters des deux équipes commençaient à ne plus s'y rendre. Ils avaient même pour certains déchiré leurs cartes par dépit et commencé à encourager l'équipe outsider, agissants comme des amoureux éconduits désireux de vengeance.

 Les équipes leader ne voulant rien entendre de ce qui les menaçait et se réfugiant uniquement derrière leurs valeurs du passé, crurent que le soutien de leur supporters leur était éternellement acquis. Ce n'était en fait que la prétention qui les aveuglait. Ceci sans vouloir admettre que c'était à cause d'un mauvais entraînement, de joueurs trop bien payés mais peu productifs, d'un staff technique dépassé et de quelques dirigeants ayant été pris la main dans la caisse à la Fédération.

Quand vint le jour de la demi-finale, l'équipe outsider parvint à se hisser contre toute attente en finale, grâce à son jeu filou à la limite des règles du rugby. Mais surtout, profitant de la méforme des autres équipes leader qui avaient laissé toute leur énergie à se battre en dehors du terrain. Les journalistes attirés par l'aubaine médiatique et la vente de leurs journaux firent dans leurs articles monter la pression et les enchères sur la possible victoire de l'outsider. L'emballement fut tel que l'on oublia que la réussite de cette équipe n'était dû en fait qu'à son talent pour faire déjouer l'adversaire : intimidation, provocation, grattage du ballon dans les zones de rucks...

L'équipe outsider perdit en finale grâce à une coalition des meilleurs joueurs des équipes leader pour lui barrer la route du titre, mais elle leur donna rendez-vous l'année suivante pour l'accession en division supérieure. Si elle y arrive, elle sait qu'elle aura le droit de changer toutes les règles de ce sport vers davantage de virilité et qui sait, exclure définitivement du championnat toute équipe ne pratiquant pas son style de jeu.

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14/03/2015

Les médisants de Carqueyrolles

Il y a maintenant une dizaine de jours, j'ai lancé un appel sur ce blog afin de récolter des photographies tirées de vos albums de souvenirs. Le but est d'enrichir le troisième et dernier tome de la collection "Carcassonne, une histoire de photographies" que j'ai en projet. Un très grand nombre d'entre-vous ont apprécié les deux premiers tomes ; ils y ont retrouvé des amis, des connaissances et l'ambiance d'autrefois. Ce dernier volet concernera la période allant de 1970 au milieu des années 1990. Ma collection personnelle ne suffira pas, c'est pour cela que j'ai frappé à la porte de nombreux Carcassonnais afin d'obtenir des clichés sur les anciennes discothèques, commerces et supermarchés, personnes vêtues à la mode de cette époque dans la rue, fêtes...

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Je dois vous dire à ma grande surprise que la récolte est plus que décevante. A l'exception d'une personne, aucune autre parmi les 500 lecteurs fidèles de ce blog ne m'a répondu, même négativement, par courriel. Je suis conscient de la difficulté de ceux qui voudraient et qui n'ont rien, mais 1/500 c'est un ratio trop faible. Sachez que pour rédiger chaque jour un article sur le blog, je puise dans ma collection personnelle mais qu'elle ne sera pas éternelle. 

Je suis également intervenu auprès de contacts sur Facebook qui étaient autrefois responsables de discothèques, d'orchestres, de bars... Le résultat fut le même. Tout ceci m'amena à me poser des questions ; elles ne restèrent pas longtemps sans réponses. J'ai appris de plusieurs amis que des médisants racontaient en ville que je m'enrichissais avec la vente de mes livres. Oui, bien sûr. Voyez ! Je suis aussi célèbre et fortuné que le romancier Marc Levy. Cette Kabbale viserait à dissuader les personnes de me prêter des photos. Dans quel but ? Mes prises de positions doivent déranger, sûrement. On a déjà par le passé, tenté de discréditer mon livre sur Paul Lacombe, en disant qu'il n'était pas inédit.

Alors, je voudrais faire une mise au point car je ne peux ignorer ce qui se dit dans mon dos. Je fais ces livres par passion pour Carcassonne, son passé, ses habitants. Je mets en lumière un certain nombre d'entre-eux injustement oublié parce que les familles sont très heureuses de le retrouver dans un livre ou sur le blog. Ce ne sont pas des notables, mais souvent des gens de l'ombre. Ce travail me prend un temps considérable de collecte et de recherches.

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L'ensemble des livres sont réalisés graphiquement et mis en page par mes soins. Ils ne bénéficient d'aucunes subventions ; je suis seul à en assumer le risque de la charge financière. Ils sont tirés à très peu d'exemplaires à flux tendu et en fonction de la demande. La moitié du prix du livre va à l'imprimeur, choisi volontairement en France. Sur l'autre moitié, je donne une commission aux libraires qui le vendent (elles ne me le demandaient pas). Sachez que j'ai choisi exclusivement des librairies indépendantes du centre-ville.

Le petit bénéfice restant, sert à acheter des cartes postales et photographies anciennes pour alimenter ce blog et mes futurs écrits.

Alors quand j'entends ces cancans, cela me fait mal, car après tout c'est leur but. Rassurez-vous, je suis bien moins riche que ceux qui s'enrichissent sur le dos des autres dans Carcassonne. Ce n'est pas cette richesse qui m'intéresse, mais celle que les échanges humains me procurent.

andrieu-martial@wanadoo.fr

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