20/04/2018

La dernière séance du cinéma le REX, rue de la liberté

De tant de salles de cinéma que comptait encore le centre-ville de Carcassonne il y a 30 ans, il ne restera bientôt plus rien. Le Colisée, jusque-là exploité en salle d'art et d'essai, va définitivement fermer le 30 juin prochain. Voilà un nouveau coup dur porté à l'activité, jadis si rayonnante, du centre-ville.

Le REX

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© Ministère de la culture

Après l'expulsion des religieux du Couvent des Carmes en 1880, un pensionnat s'installa dans l'actuel Évêché. L'incendie survenu dans la première décennie du XXe siècle à cet endroit fut d'une violence inouie. Les flammes pénétrèrent dans l'église des Carmes par la porte de la sacristie. Le bâtiment du pensionnat revint à la paroisse St-Vincent. Il abrita une société de gymnastique, le catéchisme mais surtout une vesta salle de concert. C'est là qu'on entendit les oeuvres jouées par la Société des concerts symphoniques dirigée par Michel Mir. Ensuite, le cinéma muet remplaça le cinématographe; la salle servit au cinéma catholique jusqu'au mois d'août 1914. Pendant la guerre, on y entreposa des sacs de grains. En 1918, une association d'éducation populaire fit modifier la salle; le cinéma catholique devint L'idéal cinéma. La fin du cinéma muet tua l'Idéal cinéma, remplacé par le Rex. Le parlant arriva à Carcassonne et deux grandes firmes se partagèrent le gâteau: La Western Electric et La Gaumont. L'Odéum opta pour la première et le Rex, pour la Tobis. Les premiers films parlant à Carcassonne furent La chanson de Paris, Le collier de la reine et Le chanteur de jazz avec Al Johns.

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Marcel-Yves Toulzet et Jean Marais

Le REX fut administré par par M. Toulzet. Dans un article de 2009, Claude Marquié rappelle cette anecdote de Me Clément Cartier - ancien président du Ciné-Club - au sujet des projections au Rex.

"Tous les films étaient préalablement visionnés par un prêtre censeur. Les scènes jugées scabreuses (baisers langoureux ou prêtres louchant sur des jeunes filles) étaient systématiquement coupées."

Le projectionniste enlevait au ciseau les scènes censurées et conservait les bouts de pellicules dans une boite, prévue à cet effet. Si on devait procéder de la sorte aujourd'hui, la durée de certains films n'exercerait pas 10 minutes... Cela révèle au moins certaines pratiques d'un autre âge.

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Au début des années 1980, l'Association diocésaine audoise qui était propriétaire des locaux ne souhaita pas renouveler le bail du cinéma Rex. On détruisit à l'intérieur de la salle plus de cinquante années de souvenirs cinématographiques, afin de réaliser trois étages de bureaux pour l'évêché. Le balcon fut arraché ainsi que l'écran, les insonorisateurs, etc...

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Les ferrailleurs emportèrent tout. L'arrière-cour sera quelques temps après; aménagée en un parking et un jardin. Ainsi se termina la belle aventure d'un cinéma mythique de Carcassonne... un de plus sur la longue liste.

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L'ancien REX, rue de la liberté

Sources

La dépêche du midi / août 1983

La dépêche / 2009

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01/03/2018

Ce Carcassonnais compositeur de la musique du film "Conte d'automne" d'Eric Rohmer

Il nous est si proche ce chanteur avec sa guitare en bandoulière qu'il gratte avec des allures de troubadour languedocien, que l'on serait loin d'imaginer son nom au générique d'un célèbre film. Par exemple, ce long métrage d'Eric Rohmer, prix du scénario à la Mostra de Venise. Et pourtant... Claude Marti, l'un des chantres de la langue occitane et défenseur de sa culture, fut approché par Rohmer pour composer la musique de son film. Il a alors rapproché de ce projet, tous ses amis musiciens de l'époque : Pierre Peyras, Gérard Pansanel et Antonello Salis. 

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Le tournage se déroulera à Saint-Paul trois châteaux dans l'Ardèche en été 1997. Claude Marti se souvient de l'exigence et de la précision d'Eric Rohmer, mais également de l'ambiance fraternelle. "On mangeait tous ensemble et il n'y avait pas de différence de traitement entre les différents protagonistes". 

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© Les films du losange

Claude Marti apparaît dans le film aux côtés des autres musiciens, lors de la scène finale du bal. Il y interprète ses propres compositions en langue occitane. Le film sortira en septembre 1998 en France et connaîtra le succès dans les salles et à la télévision.

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Le générique de la bande annonce

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20/01/2018

Le Festival international du cinéma amateur de Carcassonne

C'est en 1955 que les pionniers Carcassonnais du 7e art créèrent de toutes pièces le Festival international du cinéma, groupant films amateurs, films d'exploration et d'ethnographie, de voyages et de tourisme. Des cinéastes venus du monde entier (Japon, Amérique, Canada, Espagne, etc.) participèrent à cet événement. De nombreuses personnalités européennes du film 8, 9 et 16 mm présentaient leurs œuvres sur l'écran de l'actuel théâtre municipal. Lors de la clôture de ces journées, un repas était servi dans la salle du très chic Hôtel de la Cité où les festivaliers en robe noire et smoking se donnaient rendez-vous.

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Georges Savy et Paul Charles, au centre

L'idée de ce Festival revient aux dirigeants du Ciné-Club dont le professeur Paul Charles, à monsieur André Faye le président du Photo-Caméra-Club, ainsi qu'à d'autres Carcassonnais épris de 7e art. Un comité fut forma sous le haut-patronage de Monsieur le ministre de l'Education Nationale, de la Fédération française des clubs de cinéma, sous la présidence de Monsieur le secrétaire d'état à la présidence du Conseil, du préfet de l'Aude, du maire Jules Fil et du président du Conseil général. A ces notabilités, il convient d'ajouter de nombreuses personnalités locales et régionales des Arts et des Lettres. La cheville ouvrière  de ce qui, au départ représentait une véritable gageure, était composée de MM. André Bastien, Paul Charles, André Faye, Ernest Barthe, André Limousis, Jean Alary, André Bousquet, André Prat, Georges Rousset, Clément Cartier, Robert Mousseigne, René Chésa, Georges Savy, l'abbé Pierre Alcouffe, Charles Castres, etc.

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Menu de l"édition 1957 à Hôtel de la Cité

Le jury émanant des arts et des lettres était représenté par Gaston Bonheur, Michel Maurette, Max Savy, Ramon Marty, Joseph Monestier (Conseiller à la Cour d'appel de Toulouse), Font Marcet (Barcelone), Leonida Giafforio (Milan), Jean Camberoque et Raymond Bordes (Critique cinématographique).

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Ramon Marti et Paul Charles, à droite

Jean Grémillon, le réalisateur de "Remorques" et de "Gueule d'amour" donnera une conférence sur Robert O'Flaherty, le maître du documentaire. C'est tout cet environnement qui fit de Carcassonne pendant de nombreuses années, un véritable bouillon de culture. En regardant dans le rétroviseur, ne doit-on pas dire aujourd'hui que Carcassonne vit une régression en ce domaine ? 

Merci à M. Julian Charles pour ses photos

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13/01/2018

Ces Carcassonnais qui ont tourné dans "Le miracle des loups" en 1961 avec Jean Marais

Inutile de rappeler que le film "Le miracle des loups" d'André Hunebelle fut tourné en 1960 dans la Cité de Carcassonne, au lac de Saint-Ferréol et sur le vieux pont de Rieux-en-Val. Nous avons déjà consacré un article à ce sujet. Aujourd'hui, il nous parait intéressant de nous attarder sur les Carcassonnais qui participèrent au tournage. Qui se souvient que parmi eux, deux furent choisis pour doubler les deux héros du film : Jean Marais et Rosa Schiaffino ?  

Hélène Mailhol

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Hélène Mailhol épouse Bénéteau, née à Puicheric. Elle était coiffeuse rue Aimé Ramond et avait pour l’habitude de sortir le samedi soir avec une amie dans un bar musical Le Club.

Un soir Jean Alary lui parle du tournage du Miracle des loups et lui présente André Hunebelle dont elle ignorait qu’il était réalisateur. Celui-ci lui dit qu’elle a à peu près la même stature que Rosanna Schiaffino et lui propose d’être sa doublure. Elle refuse d’abord car elle travaille mais le salaire pour 4 jours représentant 2 mois de travail elle finit par accepter. Pensant que sa patronne ne lui donnerait pas ces 4 jours, elle lui dit qu’elle ne se sent pas bien. Elle joue la doublure de l’actrice italienne pour les scènes tournées au lac de Saint-Ferréol. Rosanna Schiaffino tournait en effet deux films en même temps, l’un à Carcassonne, l’autre à Nice et faisait des allers-retours entre les deux lieux de tournage. Hélène l’a donc remplacé pour le réglage des éclairages et mouvement de caméra et pour quelques scènes où l’on ne voyait as l’actrice en gros plan : une scène dans les bois, une scène de dos dans les bras de Jean Marais qui a été charmant avec elle, lui a demandé si elle n’avait pas trop le trac et signé un autographe.

Elle a ensuite fait partie des figurants en costumes pour la scène de l’entrée de Louis XI à Carcassonne. Péronne. Seules les personnes aux premiers rangs étaient habillées en costume. Elle se souvient avoir mangé avec l’équipe dans une cantine sous une toile de tente et côtoyé ainsi Jean Marais et Guy Delorme et un peu Roger Hanin. Quand elle a repris le travail le lundi, sa patronne lui a demandé si elle allait mieux. Quand Hélène a répondu oui, la patronne lui a sorti le journal où elle était en photo, présentée comme doublure de R. Schiaffino.

(Témoignage recueilli par Isabelle Debien)

Francis Bassoua

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Francis Bassoua et Hélène Mailhol

Francis Bassoua avait été choisi pour doubler Jean Marais, lors des séquences tournées au lac de Saint-Ferréol. Comme d'ailleurs Hélène Mailhol, pour Rosanna Schiaffino.

Jeanine Baluc

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Une jeune carcassonnaise Jeanine Baluc née à Fleury d’Aude, ancienne élève du lycée de la Cité est repérée par A. Hunebelle. Il lui propose de faire des essais qui s'avèrent positifs. Elle est engagée pour le rôle de la camérière de Jeanne de Beauvais et double à l’occasion R. Schiaffino. Au moment du tournage, elle aspirait à devenir actrice, avait un projet de film avec René Clair et de disque chez Barclay. Mais son nom n'est semble-t-il pas passé à la postérité.

(Texte d'Isabelle Debien)

Gérard Authier

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Gérard Authier, à droite

A ce moment, je suis au lycée Saint Stanislas, en cours ! Un groupe de jeune dont mon copain Bernard Génie décide d'aller toquer au bureau du Directeur, le Chanoine Louis Estagerie, un brave homme qui nous donne l'autorisation d'absence. Le 6 avril, nous nous trouvons devant le château Comtal pour la sélection. il valait mieux être soldat que seigneur ou paysan car le cachet journalier était plus élevé. Le 7 avril, je me retrouve dans le chemin de ronde déguisé en paysan à côté de Jean Marais qui se glissait au pied de la muraille pour une courte scène. Le lendemain j'étais costumé en seigneur placé dans la tribune du tournoi, le 9 était repos dominical et le 10, j'assistais à l'arrivée du Roi à Péronne, Louis XI joué par Jean-Louis Barrault (montée vers la porte d'Aude) Les autres jours mon copain Bernard et moi avions réussi à être sélectionné pour un rôle de soldat et nous avons assisté au tournoi appelé " jugement de Dieu" qui dura plusieurs jours pendant lesquels, nous étions quasiment au garde à vous durant toute la journée alignés le long du terrain. L'équipement était lourd mais c'était une belle expérience qui permit de voir de près, et évoluer de grands acteurs dans des scènes épiques où les nombreux trucages avaient beaucoup d'importance.

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Le mardi 11 avril avait lieu à l'Odéon une soirée de gala au profit des vieillards avec la présence de Jean Marais, du préfet, du maire, enfin de toutes les autorités civiles militaires et religieuses, comme on disait à l'époque. Le film présenté en grand spectacle était la Princesse de Clèves qui venait de sortir à Paris et donc les deux acteurs principaux étaient Jean Marais et Marina Vlady. La grande salle de l'Odéon était comble. J'y assistais sans acquitter mon ticket d'entrée ! Savais-je déjà à 17 ans que les plus fortunés ne paieraient pas leur place et que l'argent récolté ne changerait guère le quotidien de nos miséreux vieillards ? Belle soirée où tout le gratin carcassonnais s'était donné rendez-vous, mais où personne ne partagea son manteau en deux pour le donner aux pauvres.
Vanités des vanités ... tout est vanité ! (Gérard Authier)

Antoine Espanol

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Le jeune Antoine Espanol, plus connu aujourd'hui sous le pseudonyme d'Anton de Ciutad. Le "gafet" se tenait à côté de Jean Marais, pour immortaliser l'instant par une photographie.

Maryse Coquille

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Maryse Coquille et sa sœur Dominique avec Jean Marais.

Jacques Blanco

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Au centre, Jacques Blanco. 

Parmi les 300 autres figurants, nous pourrons citer MM.Fredien, Guy Tissière, Villalba, Canis, Azizi, Sabatié. Combien en oublions-nous ? Si vous aussi vous avez été figurant dans ce film, transmettez vos anecdotes afin d'améliorer cet article. Les photos sont également les bienvenues.

Sources

Journaux Locaux

Isabelle Debien, Gérard Authier

L'envers du décor / Georges Savi

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17/06/2017

Qu'est venu faire le cinéaste américain Otto Preminger à la Cité en 1965 ?

Qu'à bien pu venir faire à Carcassonne, le réalisateur américain Otto Preminger en 1965 ? On sait qu'il logea à l'hôtel de la Cité, mais est-ce suffisant pour en faire tout un article ? Nous avons donc poussé plus en avant les recherches, car cette pointure du cinéma d'Hollywood n'était venu faire du tourisme. A cette époque, si les stars et autres personnalités internationales se déplaçaient à la Cité c'est surtout qu'elles y avaient un intérêt professionnel. Une visite officielle, un congrès, un tournage ou bien l'exceptionnel retentissement d'un festival d'Art dramatique dont Jean Deschamps était la tête pensante.

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© Allan Warren

Nous avons trouvé dans les mémoires du scénariste Nelson Gidding, une partie des raisons de la venue de Preminger à Carcassonne. Depuis longtemps déjà, ce dernier avait sollicité Gidding afin qu'il lui écrive un film. Un jour, le scénariste lui fit connaître un roman de l'écrivain français Vercors : "You shall know them" (Les animaux dénaturés). A l'époque, il était construit comme une pièce de théâtre. Après avoir acheté et lu le livre, les deux américains décident de venir à Carcassonne. 

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Vercors et Otto Preminger à l'hôtel de la Cité en 1963

Le cinéaste américain qui parlait le français couramment, assiste le 15 juillet 1965 à la représentation de "Zoo", adaptation du roman "Les animaux dénaturés" de Vercors. Ayant eu connaissance de la présence de l'auteur à cette création mondiale pour le Festival d'Art dramatique de Carcassonne, Preminger vient discuter de l'achat des droits pour le cinéma. La pièce créée dans la capitale audoise en 1963 sera reprise en février 1964 à Paris (TNP) et à travers l'Europe, obtenant à chaque fois un grand succès. Preminger envisagea à la fin de l'année 1964 d'adapter Zoo pour Broadway. Ce projet sera abandonné, mais l'année suivante une seconde version de la pièce est jouée à nouveau à Carcassonne, et Preminger vint discuter des droits.

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La pièce sera traduite en plusieurs langues

Le jeudi 15 juillet 1965, Zoo est interprétée avec une distribution théâtrale prestigieuse : Jean Deschamps, Jean-François Rémi, Claude Piéplu, Françoise Bertin, André Rousselet, etc. On considère que la seconde version est encore meilleure que la première et la critique nationale se montre dithyrambique.

"Cette pièce de Vercors est amusante, profonde, passionnante. Elle est stimulante, à la fois sceptique et généreuse et d'un ton insolite. La mise en scène de Jean Deschamps remarquable. Et la distribution digne des plus grands éloges." (Le figaro / J-J Gautier)

"L'évènement de la saison théâtrale." (Carrefour / Christian Mégret)

"C'est un franc succès, certains diront un triomphe. C'est à Jean Deschamps que cette adaptation doit - de l'aveu même de Vercors - beaucoup de son astuce et de son efficacité." (Le monde / Claude Sarraute)

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Plaque sous le Pont des Arts à Paris

Jean Brüller avait pris Vercors pour nom de résistant ; il le garda comme pseudonyme. Il refusa la légion d'honneur pour protester contre la torture durant la guerre d'Algérie. Il est décédé en 1991.

Sources

I was a monster movie maker / Tom Weaver / 2001

Programme Festival Art dramatique / 1965

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09:39 Publié dans Cinéma, La Cité | Tags : preminger | Lien permanent | Commentaires (0)

13/06/2017

En février 1978, on tourne à la Cité "La vie d'Esclarmonde de Foix" pour la télévision

Voilà sans doute un nouveau tournage, à inscrire dans la longue liste des films ou téléfilms ayant eu pour décor naturel, notre Cité médiévale bimillénaire. La salle des Chevaliers située à l'intérieur du Château comtal, les extérieurs de la Cité, la ville de Fanjeaux, les châteaux de Puivert et de Montségur, les grottes de Bédeillac furent les cadre privilégiés de plusieurs scènes de "La vie d'Esclarmonde de Foix", émission réalisée par André Vétusto pour "Les histoires de France". Cette princesse cathare, symbole de la lutte des bons hommes contre les croisés vers 1130, avait pour interprète l'actrice Loleh Bellon.

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© René Roques / DDM

André Vetusto (au centre) avec l'équipe technique 

L'émission voulut juxtaposer le mythe de cette héroïne et la réalité de son histoire que l'on connaît très mal. C'est René Nelli qui se chargea par ses commentaires éclairés de tenter de lever le voile sur l'existence de la belle Esclarmonde. Le 14 mai 1978 pour la Pentecôte, FR3  devait diffuser ce volet de "Histoires de France" d'après Arthur Conte, historien et producteur de l'émission. C'est le 1er octobre que l'émission "Le mythe d'Esclarmonde" passe sur FR3 Toulouse.

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© php88.free.fr

Loleh Bellon (1925-1999) était l'enfant de la photographe Denise Bellon, décédée cinq mois après sa fille. L'actrice n'était pas en terrain inconnu à Carcassonne, où sa mère avait tissé des liens avec l'entourage du poète Joë Bousquet, qu'elle était venu photographier dans son lit. Loleh Bellon épousera l'écrivain espagnol Jorge Semprun (1923-2011)

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© Moritz / L'indépendant

Arthur Conte était né à Salses (P-O) en 1920 et mourra à l'âge de 93 ans en 2013. On connaît la carrière de l'historien et homme politique, du président de l'ORTF proche de Georges Pompidou. Ce que l'on sait certainement moins, c'est qu'il fut attaché de préfecture à Carcassonne - un poste d'assistant du préfet chargé de l'application des texte législatifs et des décisions en matière de police - entre 1941 et 1943, avant d'être appelé par le STO pour aller travailler en Allemagne. Son ami, René Nelli occupait les fonctions d'adjoint au maire de Jules Jourdanne pendant la même période. Malgré sa grande culture et ses bons services au sein de l'état, on lui refusa l'entrée à l'Académie française. Un regret pour cet homme reconnu pour sa grande qualité intellectuelle.

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