16/09/2017

Les cafés de Carcassonne au temps des Années folles (suite)

Hier, nous avons vu une première partie de ces anciens cafés des Années folles. Nous poursuivons aujourd'hui en tenant de les compléter en sachant que leur nombre ne nous permettra pas d'évoquer le souvenir de tous.

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Le café de la terrasse vers 1920

Ancien café Maymou puis Grilhot, le café de la terrasse était aux mains d'André Semba en 1921. De nombreux cercles y avaient élu domicile au premier étage de l'établissement : Cercle des fonctionnaires, des sports-club et du Vélo-Club Carcassonnais. Les cavaliers du 19e régiment de dragons s'installaient sur la vaste terrasse, pendant que la société musicale de la ville y donnait quelques aubades. Aujourd'hui, l'établissement est partagé en deux parties. La première est occupée par le café Formule 1 et l'autre, par la Brasserie 4 temps de Franck Putelat.

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La Rotonde, boulevard Omer Sarraut

Le café de la Rotonde avait dans les années 20 pour propriétaire L. Puel. Au tout début du XXe siècle, il s'appelait Café Castéras. Idéalement placé à l'angle de la rue de la gare, le Grand café Continental lui faisait face. C'était le rendez-vous des courtiers en vins. Aujourd'hui encore, la Rotonde avec ses garçons en gilet noir et nœud papillon maintient la tradition d'un service de qualité.

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Le café des Colonies, Bd Jean Jaurès

Déjà en 1897, le Café des colonies figurait sur les annuaires de l'époque comme un établissement de premier ordre entièrement restauré en neuf. François Lassere, le propriétaire, avait entièrement transformé cet affenage pour les chevaux en café. A la belle saison, il proposait des glaces et des sorbets et la vente de la bière Müller dont il était le dépositaire exclusif. Le seul établissement ouvert la nuit jusqu'au passage des rapides. En 1921, Antoine Mialhe en était le propriétaire. C'est aujourd'hui, la Brasserie du Palais.

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Le café du musée, Bd Camille Pelletan

Ce café comme son nom l'indique se trouvait à côté du Musée des beaux-arts. A l'époque du cinéma muet, l'établissement était connu pour ses projections d'après-souper. On étendait un drap blanc et le public regardait le film depuis la terrasse. Ceux qui ne voulaient pas payer se tenaient de l'autre côté et avec un miroir lisaient les sous-titres. Il connut de nombreux propriétaires dont MM. Mialhe, Emile Solé et François Galinier en 1928. Le charme ne pouvant durer à Carcassonne, il a été rasé en 1952. L'année suivante, la trésorerie générale à l'architecture stalinienne prit sa place.

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Le café du Nord

Situé à l'angle de la rue de la Digue, le café du Nord s'opposait au café du Midi. Au début du XXe siècle, son propriétaire est Léon Bourniquel qui participa en 1907, à la création du syndicat des limonadiers. En 1921, M. Ancely prit sa suite. La famille Mouton resta longtemps aux commandes, au moins jusque dans les années 1980. C'est aujourd'hui la brasserie du Dôme.

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Le café de la Comédie

 Cet établissement faisait également restaurant et proposait des chambres. En 1970, Gérard Baux qui avait fait ses premières armes au café Bristol chez Sartore, acheta le café de la Comédie à Mme Panisse. Ce fut toujours le rendez-vous des artistes en tournée à Carcassonne : Moustaki, Becaud, Brel, etc.

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La machine à café expresso de 1911 inventée par les frères Grouard à Paris. Elle fonctionna jusqu'en 1970 dans le café de la Comédie et s'y trouve toujours.

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Le café des deux gares, bd Joffre

Situé à l'angle des avenues Foch et Joffre, cet établissement portait ce nom en raison de la proximité des gares des chemins de fer et des tramways de l'Aude. Entre les deux guerres, il fut tenu par M. Almayrac et était le siège de l'ASC. Il prit ensuite le nom de Café Bristol et connut notamment la famille Sartore aux commandes. Dans les années 1950, une rotonde fut construire au-dessus de la terrasse.

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La construction de la rotonde au premier étage

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Le café Français, place Davilla

Situé dans l'immeuble Tomey, il était la propriété de M. Flanzy au début du XXe siècle. Dans les années 1920, ce fut le café Cathary. L'établissement disparut au cours des années 1980.

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Le café des Familles

A l'angle des rues Tourtel et Antoine Marty, on voit encore sur la façade un vestige de la Belle époque : Café Raynaud. Là, se tenait le café des Familles tenu par M. Courtieu en 1921. Quand à la fin des années 1980 il ferma ses portes, une agence bancaires prit sa place. Aujourd'hui, c'est un restaurant asiatique.

Nous ne pouvions évoquer la mémoire de tous les cafés des années 1920. Vous trouverez ci-dessous une liste de ceux figurant dans l'annuaire de l'époque. Si vous avez des photographies de ces établissements dans vos tiroirs, n'hésitez pas à me contacter : andrieu-martial@wanadoo.fr

Café du commerce (Arquès), bd Omer Sarraut ; Café Minervois (Asset), route minervoise ; Azéma, rte de Narbonne ; Balmigère, 2 rte minervoise ; Buffet de la gare (Benoît) ; Béziat, rue Trivalle ; Bover, rue du marché ; Café Denis, rte de Montréal ; Café d'été, 33 rte de Limoux ; Café de l'Industrie, rue de la rivière ; Café de Paris (Théron), rte de Toulouse ; Cavilhé, rue Dugommier ; Cazanave, rue Barbacane ; Coste, avenue Arthur Mullot ; Fabre, Bd de Varsovie ; Ferrand, rue Alba ; Gasc, square Gambetta ; Café Voltaire (Gentil), Bd Barbès ; Café parisien (Gougaud), 47 rue Aimé Ramond ; Lasserre, 41 rte de Toulouse ; Loustau, café du pont d'Artigues ; Marty, rte de Montréal ; Pagès, Café de l'abattoir ; Café du Luxembourg (Plauzolles), place de Gaulle ; Puel, rue Barbacane ; Rigaud, rue Alba ; Rumeau, rue des Arts ; Rouzaud, place Davilla ; Café Montagne, square Gambetta ; Vidal, place de Gaulle ; Café de l'opéra, 3 rue Courtejaire.

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15/09/2017

Les cafés de Carcassonne au temps des Années folles, entre frou-frous et bas résilles

Carcassonne dans les années 1920 battait tous les records ! Avec 34 000 habitants, la ville possédait proportionnellement le record absolu des cafés et des maisons closes. Le quartier du Canal situé sur l'avenue Foch faisant face à la gare de chemins de fer était le lieu de débauche. Là, se concentraient tripots, maisons accueillantes et cercles de jeux. Dans tout Carcassonne se concentraient  une cinquantaine de cafés. Les maisons closes où les femmes à bas noirs, sanglées dans des corsets de torture et portant chignons et peignes d'écaille, étaient au nombre de quinze. Un paysage à la Toulouse-Lautrec avec ces filles portant frou-frous et porte-jaretelles.

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La café Terminus vers 1920

C'était au temps où les bistrots s'éclairaient de quinquets et de fumeuses lanternes à gaz. L'électricité distribuée par des ampoules à filament de cuivre fit ensuite son apparition. A cette époque, des clients attablés tapaient le carton autour d'un "Maza" servi dans des verres épais. Tous les jours, les jetons de bois aux couleurs multicolores remportaient les mises. Les perdants payaient leur tournée à dix sous le verre ; les revanchards s'acquittaient d'un café "asagat a l'aigro ardent" à vingt sous. 

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Le café du Helder en 1913

En tête de ces bistrots, citons le café du Helder (actuellement, café des platanes) qui accueillait les noctambules fréquentant le théâtre de l'Eden (aujourd'hui, Maison des syndicats), dirigé par M. Chatenet.  Sur scène, on y croisait Fréhel, Damia, Gorlet lors de leurs tournées. Quelques combats de boxe y furent programmés. A l'entracte, le public se ruait au comptoir du Helder pour y déguster la limonade, des citronnades ou encore, les cafés distillés par les premières machines à serpentins de cuivres, de pipettes à spirales et de jets de vapeur. On y dégustait également les cornets de frites à 20 sous ; elles étaient préparées dans l'arrière-cuisine aux relents de d'huile. A la belle saison, les clients se jetaient se les sorbets réalisés grâce à une machine munie d'une manivelle au creux de laquelle l'on mélangeait lait, sucre, colorants et gros sel. Le papé à moustache M. Gleizes (voir ci-dessus), s'activait à la manivelle pour satisfaire la clientèle agrémentant la glace de poudre de cacahuètes ou de lames de chocolat.

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L'Eden, boulevard du commandant Roumens

Après le spectacle, les artistes finissaient leur soirée au Helder et ces messieurs à lorgnons, tentaient une approche auprès des jeunes filles de la revue. Le régisseur du spectacle veillait au grain... Quant tout se monde quittait le café, il ne restait plus que l'illusion de la beauté et les parfums de patchouli. 

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Le Café des Négociants

Fondé en 1905, le café des Négociants de René Lapasset était encore il y a peu de temps, l'établissement le plus ancien de la ville. Tout à côté, des écuries offraient le refuge aux chevaux et aux cochers. Pendant que les bêtes buvaient dans la "Pialo" (abreuvoir, en occitan) où l'eau claire coulait en abondance, les conducteurs d'attelage se désaltéraient au café.

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René Lapasset

Ces charretiers convoyeurs de longues charrettes tirées par deux, trois ou quatre robustes percherons, effectuaient pour leurs livraisons de vin audois, des étapes de 50 kilomètres dans la journée. Tous les rouliers portaient "la blodo" (blason, en occitan) de lustrine noire pour les patrons et bleue pour les ouvriers convoyeurs. Tous avaient sur l'épaule le fouet à longues mèche de chanvre, destiné à encourager l'ardeur des chevaux. Au long des étapes, les charretiers se reposaient sur le "porto feignant" qui était établi entre deux liteaux reliés par une toile de sac, à l'avant de l'équipage. Il arrivait que le conducteur s'endorme, mais les chevaux connaissaient la route. Chaque bistrot possédait sur sa façade, des anneaux où les rouliers attachaient leurs chevaux. 

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Ancien café Léon, face à l'église St-Vincent.

 Sur le café Léon, des anneaux étaient scellés pour attacher les bêtes. Cet établissement était minuscule, mais sentait bon le picotin et l'avoine. Les conducteurs d'attelage pensaient à leurs animaux et amenaient avec aux leur ration "dé sibado per las bestios". Le patron du café fournissait un baquet d'eau. Pendant ce temps, les charretiers se sifflaient un verre de blanc avec un cornet de frites ou de pistaches.

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Le comptoir national, à droite sur cette photo

Au n° 20 place Carnot se tenait "Le comptoir national" de François Sarta. J'ai un peu bataillé pour retrouver son emplacement car les numéros ont changé depuis. La carte postale ci-dessus m'a été d'un grand secours. Ce petit café occupait la moitié de l'actuel établissement "Le Carnot". François Sarta, son épouse et leur fille Joséphine habitait là. Lui, avec ses belles bacchantes lissées, avait été un athlète de la société de gymnastique "L'Atacienne". En son négoce, il devait les jours de marché et de foire, tous les Audois porteurs de "la saquetto" qui venaient casser la croûte chez lui. 

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Le café du Midi se trouvait à la place de cet immeuble, Bd Barbès.

Situé à l'angle de la rue Jules Sauzède et du boulevard Barbès, le café du Midi s'opposait au café du nord à l'angle de la rue de la digue. L'été sa vaste terrasse occupait une cinquantaine de mètres, tandis que le soir, un écran projetait les films muets. Dans les années 60, Jean-Pierre Tutin reprendra cet établissement et l'appelera "Le fiacre". Il fut rasé et céda sa place à un immeuble d'habitations.

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Le café des Américains

Toujours sur le boulevard Barbès, Le café des Américains. C'est une agence immobilière, au N° 33. Il connut plusieurs propriétaires dont M. Almayrac. Si l'on n'y a jamais vu un seul Yankee, en revanche il fut le lieu de bagarres mémorables avec les soldats du régiment d'infanterie coloniale. Dans les années 1920-1930, tous les samedi et dimanche, un bal avec piano mécanique ou une formation de quatre musiciens faisait tourner les couples sur des airs de java et de One-steep. L'on y dégustait des cerises à l'eau de vie ou des prunes au marc. 

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Le Grand Café Glacier, Bd Roumens

Sur l'emplacement de l'actuelle maison de retraite Montmorency, le café Glacier était tenu par Félix Mialhe. A la belle saison, une vaste terrasse se déroulait sous les ombrages des tilleuls. Autrefois, le boulevard du commandant Roumens s'appelait boulevard des Tilleuls. Ils ont disparu depuis, remplacés par des platanes. Café était le siège de plusieurs sociétés dont celle du Club Taurin Carcassonnais et l'USC. Durant la guerre civile espagnole, il fut le refuge des Républicains ayant fui le franquisme.

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Félix Mialhe

(1898-1975)

Le patron du café Glacier avait combattu durant la Grande guerre. Ceci lui avait valu la Croix de guerre et la médaille militaire. Ancien gymnaste de l'Atacienne, c'était un homme très estimé à Carcassonne.

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Le café Hugonnet, allée d'Iéna

Ce café est devenu ensuite l'Oasis, puis la Caisse d'Epargne a occupé les locaux.

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Le café Boyer, allée d'iéna

Situé à l'angle de l'allée d'Iéna et de l'avenue Lespinasse, cet établissement possédait autrefois une treille qui dispensait une ombre bienfaisante. Dans les années 1980, il a fait place à un café de nuit.

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Le Grand café Not, place Carnot

L'ancien café de Julien Not est occupé désormais par le Crédit agricole. C'était autrefois le siège des marchands de vin. Au premier étage, se retrouvaient les joueurs de billard français. Parmi ses serveurs, on retiendra Henry, qui avait une démarche hésitante mais une sûreté à toute épreuve avec son plateau. A cette époque, les apéritifs étaient servis "bouteille sur plateau". Quand une table de six demandait des boissons alcoolisées différentes, il fallait pouvoir faire tenir les bouteilles en équilibre. Le serveur Marc avait une spécialité : le bras de fer. Le seul qui réussit à la battre fut Sébédio dit "Le sultan", ancien joueur de l'ASC. 

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La première course des garçons de café en 1935

On reconnaît Paul Laplace (animateur), Andrieu Alex et Siky qui concourait avec le numéro 14. Siky qui travaillait au café Not possédait une démarche chaloupée. En 1940, il fut prisonnier de guerre ; une corbeille avait été placée près du bar avec la mention "Pour Siky prisonnier". Une fois remplie, elle servait à envoyer des denrées au Stalag dans lequel Siky était retenu en Allemagne.

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A la terrasse du Café Not, vers 1930

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Le Grand Café Continental en 1925

Tenu par Jules Vincent, c'est l'établissement d'où partait les omnibus vers les villages environnants. Quelle classe, ces serveurs ! Georges Coulon fut l'un de ceux-là. Charmeur, élégant et virtuose du plateau, il deviendra ensuite le patron du café de la Terasse au portail des Jacobins. Ce grand Café Continental situé boulevard Omer Sarraut possédait une porte à tambour, comme celle que l'on peut voir encore à l'hôtel Terminus. 

Dans un prochain article nous évoquerons la mémoire de bien d'autres cafés de cette époque...

Sources

Souvenirs de Marcel-Yves Toulzet

Recherches, notes et synthèse / Martial Andrieu

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05/09/2017

A l'origine du Chapeau rouge, rue Trivalle...

Si les plus anciens des Carcassonnais d'aujourd'hui ont surtout connu Le chapeau rouge comme salle de cinéma puis en tant que salle de concerts, il est de notre devoir de rappeler ce qu'il fut à ses débuts. A l'époque des carrioles, carrosses et autres camions, Le Chapeau rouge était une maison de roulage avec un affenage. Qu'es aquó ? 

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© Google maps

Le chapeau rouge en 2017

En occitan "Afénaje", signifie "Nourriture en fourrage donnée au bétail, sans peser toutefois le foin. Sorte de pension pour bêtes". Autrefois, les anciens disaient en patois "Métré sous chival à l'afénajé". L'affenage était donc un lieu où l'on hébergeait les bêtes de somme, les chevaux de trait principalement. C'était une espèce de fourrière pour ces animaux. On donnait le foin aux chevaux, mis en pension parfois pour quelques jours. Ce gîte d'étape pour les attelages se payait à l'afénaïre (M. Blanc en 1904), chargé de l'hébergement et de la nourriture des bêtes.

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Le chapeau rouge avec son enseigne vers 1900

Autrefois, la traction animale était le seul moyen de locomotion et de communication. Les voituriers transportaient des voyageurs, les rouliers avec leurs longues charrettes faisaient le charroi des barriques de vin, des demi-muids dans notre région. Il y avait également une quantité de transporteurs de fourrage, de paille, de balles de blé, de farine et de bien d'autres marchandises. Tous accomplissaient souvent de longs trajets qui les obligeaient à faire escale dans une ville ; ils servaient alors de l'affenage pour faire reposer leurs bêtes. Souvent, l'affenage et l'auberge ne faisaient qu'un.

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Affenage (à droite), rue Voltaire vers 1900

Toute une législation fut édictée au sujet du roulage. Jusqu'en 1724, on peut penser que les transports par la route jouissait d'une liberté absolue. Seul Colbert en 1670 prit des mesures pour garantir les routes des dégradations auxquelles les exposaient la liberté du roulage. La réglementation débute donc en 1724 et se poursuivra jusqu'en 1785 avec les nouvelles dispositions permettant aux voituriers d'atteler à leurs véhicules, un nombre illimité de chevaux, à la condition d'employer des bandes de roues avec largeur déterminée. Vers 1851, toutes ces lois sur le roulage et la police de la route seront abrogées.

Petit à petit au cours du XXe siècle, la mécanisation fit disparaître les affenages. En 1891, on en comptait plus de vingt dans Carcassonne, dont Le chapeau rouge dans la rue Trivalle. Le plus fréquenté étant "L'affenage des trois mulets", place Davilla. En 1914, le nombre tomba à quinze puis à dix en 1921. A la veille de la Seconde guerre mondiale, seuls ceux de la rue Tourtel et la route Minervoise fonctionnaient. Le dernier affenage de la ville fut rasé dans les années 1970 ; on y construisit à la place, la Mutualité Sociale Agricole.

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© ADA 11

Devant l'Hostellerie du Chapeau rouge au XIXe siècle

Hôtel du Chapeau rouge - Faubourg de la Trivalle, n°112
Prix à partir du 1er septembre 1881 :
Affenage : Vente du foin, le quintal : 10 francs ; vente de la paille, le quintal : 5 francs ; vente du fourrage, le quintal : 10 francs ; vente de la lotte : 0,50 francs.
Attache : par bœuf, pour un jour ou fraction de jour : 0,20 franc ; par cheval ou mulet par ou par fraction de jour : 0,20 franc ; par âne : 0,15 franc ; par mouton enremisé : 0,10 franc
Repas pour les marchands et meneurs seulement : 2 francs par repas. On sert à la portion selon la carte.
« Couchée » pour les marchands et meneurs seulement : un chambre 1,15 francs ; un lit 1 franc

L’hôtel du Chapeau rouge qui se trouvait en face de l'affenage eut son heure de célébrité, à laquelle se rattache le souvenir du chanoine Verguet, dont le Dr Girou a rappelé l’existence aventureuse dans sa « Vie des personnages célèbres de l’Aude ». Né à Carcassonne en 1818, ce prêtre se consacra longtemps aux missions des îles lointaines et les plus dangereuses. Quand il revint de ces pays, il fut tour à tour cité de Montredon et de Pomas.

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© ADA 11

Le chanoine Verguet à 80 ans


Devenu chanoine titulaire en 1901, précenteur entouré de six chapiers, il avait grand allure. Il combattit les élections faites sous le ministère du « petit père Combes ». Le siège épiscopal devenu vacant par la mort de Mgr Billard, il s’institua lui-même vicaire capitulaire et se décernant les honneurs épiscopaux, il devint, Mgr Verguet. L’évêché de la Trivalle eut pour siège l’hôtel du Chapeau rouge. Dès son arrivée Mgr de Beauséjour mit de l’ordre à cette fantaisie et cette indiscipline.
Le chanoine Verguet termina sa longue vie dans une indépendance pittoresque. Artiste et lettré, il assura longtemps le secrétariat de la Société des Arts et des Sciences. Il mourut dans a ville natale, en 1914, à l’âge de 96 ans.

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04/09/2017

Le magasin de nouveautés "A la vierge", Gastilleur frères

Il semblerait d'après nos recherches généalogiques que la famille Gastilleur, originaire de Brenac dans l'Aude, soit venue s'installer à Carcassonne après la Révolution française. Jean Gastilleur, perruquier de son état, aura trois fils : Jean Augustin, Marc et Guillaume domiciliés 114 rue Royale (actuelle rue de Verdun). Ces deux derniers officieront également comme perruquiers dans notre ville. Jean Augustin, fils de Guillaume, sera marchand de chaussures (9, rue de la gare) et aura deux fils Gustave et Victor - ce dernier connu pour ses talents de poète. Jacques Eloi et Jean Auguste, fils de Marc, seront à l'origine de la fondation vers 1855 d'un magasin de nouveautés, appelé "A la vierge". 

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Le magasin Gastilleur frères, rue de Verdun

Au XVIIIe siècle, cet emplacement est occupé dans le carron Pech par Jean Bourbon, marchand quincailler. A l'angle de la rue de Verdun et de la rue Chartrand, on distingue une magnifique statue en marbre blanc. Le sculpteur serait Barata fils, à qui l'on doit la fontaine de Neptune de la place Carnot. Monsieur H. Bourbon était propriétaire de cette maison ; il acheta cet oeuvre d'art et la fit placer à cette niche qui abritait autrefois la statue votive de Notre-Dame du Sauveur. Celle-ci avait été placée à cet endroit dans un oratoire, afin de matérialiser l'emplacement de l'ancienne église du N-D du Sauveur qui fut supprimée lors de la construction de l'Officialité au XIVe siècle. Les sculptures ornant la façade du magasin Gastilleur seraient l'œuvre d'Isidore Nelli (1810-1900).

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Le 18 avril 1896, un autre fils de Marc Gastilleur - Antoine (1834-1902) - s'associe avec Mlle Marie Gastilleur, Mme veuve Coll, Armand Bories et Louis Satgé et fonde une Société particulière et civile d'administration des bains de Rennes. Le siège s'établit chez Satgé frères, 62 rue de la République. Le but de cette association est la création à terme d'une grande société anonyme.

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En 1901, meurt Jean Auguste Gastilleur dit Augustin, co-fondateur avec son frères Jacques Eloi du magasin de nouveautés de la rue de Verdun. Son fils, Charles (1868-1933) reprend cette affaire et la développe jusqu'à fonder le 17 mars 1913 la Société Gastilleur frères "A la vierge". Il vivra entre sa propriété d'Ariens et sa maison 101 boulevard Barbès. Marié avec Marie Jeanne Aybram, il aura trois enfants : Jean Augustin (1897-1939), André (1900-1982) et Henry. Ce dernier ouvrira une succursale à Toulouse.

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L'ancien magasin "A la vierge". Aujourd'hui, La ferme.

L'étude généalogique et les recherches effectuées dans la presse ancienne, nous ont permis de retracer l'histoire de cette famille avec beaucoup de précisions. De cette analyse, se détachent deux branches, dont l'origine est Jean Gastilleur, perruquier originaire de Brénac. Si les deux furent commerçantes au milieu du XIXe siècle, celle dont est issue le poète Victor Gastilleur tint un magasin de chaussures, 9 rue de la gare. Le fonds fut vendu le 6 avril 1913 à Jules Lalanne et Marthe Blanic, qui firent perdurer à cet endroit la vente de chaussures. 

Nos recherches généalogiques sur la famille Gastilleur seront mise en ligne sur le site geneanet.com afin que désormais, elles soient utiles à tous.

Sources

Le courrier de l'Aude

Etat-civil et recensement / ADA 11

Cartulaire de Mahul

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24/08/2017

Les anciens hôtels de voyageurs de la Bastide St-Louis au XIXe siècle

Il s'agit-là d'une recherche qui, à notre connaissance, n'a jamais été faite pour Carcassonne. Pourtant, la quête historique des anciens hôtels, permet de par leur situation géographique, de situer les principaux axes économiques et touristiques à l'intérieur de la ville. Nous avons donc ouvert grimoires et annuaires, épluché les liste de recensement, exploré les registres de l'état-civil et enfin, procédé par déductions. Pourquoi ? Tout simplement, parce que les numéros de rues ont évolué au fil des années. 

Hôtel Saint-Pierre

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Jusqu'à la Révolution française, l'actuel immeuble abritant le magasin "Yves Rocher" (autrefois Artozoul, chasse et pêche) n'existait pas. C'était l'enclos de l'église des Carmes, dans le carron qui porte le même nom. En 1791, l'ensemble du terrain et des bâtiments propriété des Carmes est aliéné à l'état et vendu comme Bien national. Pierre Laurent Sarand en fait l'acquisition et transforme l'église en affenage. Les chevaux remplacent alors les fidèles... A l'angle de la rue de la liberté, on construit une Maison de roulage ; elle prend au début du XIXe siècle, le nom d'hôtel Saint-Pierre. Parmi les propriétaires successifs, on citera Catherine Souquet veuve Marty (1833), Isidore Clergue (1865), M. Martignole (Maître d'hôtel - 12 novembre 1869), Emile Aybram et ses descendants jusqu'à aujourd'hui. Au sommet de l'immeuble, la date de 1884 fait référence à l'année de réfection de la maison. La niche, quant à elle, logeait une statue de Saint-Pierre qui, d'après l'actuel propriétaire, menaçait de tomber sur les passants. Elle fut déposée par l'entreprise Escourrou.

Hôtel de la Dorade

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Ce bel immeuble sur trois étages possédant un balcon en fer forgé à chaque fenêtre, était occupé par l'Hôtel de la Dorade. Il faisait l'angle entre les rues Barbès et de l'Aigle d'or. Plus personne n'a connu cet hôtel, mais les anciens se souviendront du tailleur Olive et de sa boutique. Pierre Reillat, originaire de Ladern-sur-Lauquet, habitait déjà au numéro 17 de cette rue en 1869. A cette époque, cette artère avait pris le nom de Napoléon. Voyez comme l'histoire se venge ! Car on lui donna ensuite celui de Barbès, qui fut un acharné défenseur de la République, opposant à Napoléon III.

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Pierre Reillat vint à l'hôtellerie grâce à sa belle famille. Alexandre Vincent, le père de son épouse Joséphine, était aubergiste ; on retrouve le nom de Vincent, notamment comme propriétaire du Grand café Continental en 1913. Les Reillat possédèrent ensuite l'Hôtel Bonnet, rue Aimé Ramond. C'est leur fils Henri qui en eut la charge.

En 1904, avec le changement de propriétaire, l'établissement devint Hôtel d'Angleterre. Osmin Galard, traiteur, propose une salle pour les repas de noces, des chambres confortables avec électricité et WC hygiéniques. Pensez qu'à cette époque, Carcassonne ne possède pas encore de tout à l'égout ! On ne retrouve plus cet hôtel après la Grande guerre.

Hôtel Notre-Dame

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Au numéro 4 du boulevard du Jardin des plantes (actuel, Omer Sarraut), se tenait l'Hôtel Notre-Dame. Le bâtiment n'a pas changé, mis à part cette affreuse pergola mise en place en 1993 par le fast food Mac Donald's. Elle cache un peu au rez-de-chaussée à droite, une ancienne ouverture actuellement murée. C'était l'affenage de l'hôtel au XIXe siècle, par lequel entraient les chevaux. En 1824, l'hôtel accueillit Maximilien de Saxe et la princesse Amélie, sa fille, à deux heures de l'après-midi.

"Les autorités civiles et militaires les ont reçus à leur arrivée et une calèche découverte leur a été offerte par le préfet. Ils ont traversé la ville au pas, et ont adressé les paroles les plus flatteuses à MM. le préfet, le général, le baron d'Outremont (colonel de la 14e légion de gendarmerie et M. Callory, colonel du 6e chasseurs, qui faisait campagne en Catalogne". (L'ami de la religion et du roi / 1825)

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Maximilien de Saxe

En 1897, l'hôtel Notre-Dame occupe les étages. Au rez-de-chaussée se trouve le Grand café Continental de J. Latger, de J. Loubet (1901) et de J. Vincent (1913). Tout les autres bâtiments jusqu'à la rue Armagnac sont les affenages de Coste (1901), Perdigou (1904), etc.

Hôtel Cassabel

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Angle des rues Victor Hugo et Tomey, se trouvait l'Hôtel-Resturant Cassabel. En 1894, il fait état d'une cuisine bourgeoise renommée. Tous les samedis, on y sert Gras double et Bouillabaisse ; les vendredis, c'est brandade de Morue. L'établissement propose ses chambres et une salle pour les noces. L'hôtel sera vendu à M. Amalric, ex-chef de l'hôtel Saint-Jean Baptiste.

Hôtel de l'Ange

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L'Hôtel de l'Ange, 51 rue du Pont vieux, était tenu par M. Lapeyre en 1901. Il possédait également un affenage, où les clients pouvait faire manger leurs chevaux. En 1904, l'hôtel fit sa réouverture avec L. Courbatieu aux commandes. Trente chambres meublées à neuf, restaurant au premier étage, éclairage électrique, veilleur de nuit et grandes remises.

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Publicité de 1874

 Les vieux Carcassonnais ont surtout connu à cet endroit l'Hôtel Vitrac. Pour la petite histoire, c'est là que se trouvait le mess de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme sous l'Occupation. Aujourd'hui, le restaurant "Les mets tissés" occupe les lieux.

Hôtel de Paris 

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C'est le 22 juin 1884 qu'ouvre sur le boulevard de la préfecture l'Hôtel de Paris de M. Bouchou, ex-maître de l'hôtel de l'Ange. Après son décès, sa veuve cessera son activité le 1er mai 1896. M. Bonhomme (1897) en fera l'acquisition le 1er juin 1897 et lui donnera le nom d'Hôtel Central. En 1904, Le propriétaire fut M. Lagrange qui le présenta comme l'hôtel le mieux situé de la ville. Aujourd'hui, encore l'Hôtel Central trône au milieu du boulevard Jean Jaurès, à deux pas de la préfecture.

Hôtel moderne et du commerce

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Dans la rue de la République, on voit encore l'inscription sur la façade. Le Grand Hôtel Moderne et du Commerce faisait honneur à Carcassonne par les service rendus à ses clients. Dirigé par Louis Pons, il était recommandé par le Touring-Club de France et le Cyclist Touring-Club Anglais. Outre ses chambres et  salons chauffés par la vapeur, on y trouvait un garage pour bicyclettes et automobiles.

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Le hall d'entrée dans les années 1930

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© Martial Andrieu

Les vitraux qui ornaient autrefois les fenêtres, côté rue de la République.

Quand l'hôtel cessa son activité, on créa en ces lieux le RIAC (Restaurant Inter Administratif de Carcassonne) en 1975. Les vitraux furent alors déposés et exposés à l'intérieur de la salle de restaurant où ils se trouvent toujours.

Grand Hôtel Bernard 

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Entrée de l'Hôtel Bernard, rue de Verdun

Autre témoin du passé hôtelier de Carcassonne, cet établissement dirigé par J. Jagmet depuis 1893 fut l'un des plus prestigieux de la ville. Outre ses chambres équipés de la TCF, il comptait plusieurs salons dont une vaste salle de 200 couverts. Un omnibus faisait la navette à la gare et à la Cité. Il était également possible de tirer ses propres photographies dans la chambre noire et de communiquer par téléphone. En ce début de XXe siècle, l'hôtel s'était entièrement modernisé. D'aussi loin que nous avons pu remonter, nous trouvons la présence de l'Hôtel Bernard en 1864. Il ferma ses portes à la fin des années 1970 et fut transformé en 1986, en Résidence de l'Officialité.

Hôtel Saint Jean-Baptiste

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Cet hôtel avait été édifié au XVIIIe siècle et se trouvait sur l'actuel emplacement du Grand Hôtel Terminus. Il était devenu vétuste et peu adapté aux progrès du début du XXe siècle. En 1912, il fut entièrement rasé. Dans une niche faisant angle avec le boulevard Sarraut, se trouvait la statue de Saint Jean-Baptiste. Il connut de nombreux propriétaires : M. Ricard mais aussi M. Bigué, père de Mlle Bigué, secrétaire du Syndicat d’Initiatives. 

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© H. Alaux

C’est sous le signe de sa disparition que se déroulèrent les fêtes de Carnaval de cette année mémorable (1914), à un moment où rien ne laissait prévoir le drame qui devait éclater six mois plus tard. Lorsque le Carcassus de l’époque sortit de la gare, il ne reconnaît plus sa bonne ville. Il devait être un bien mauvais poète, ce Carcassus, si l’on en juge par les vers di-dessous, au moyen desquels il exprima son désappointement :

Serqui San Jean Batisto
Bési pas sous houstal
Y aben respoundut
La paouré y figut
Dins le cel y rébengut
Nostre-Ségné per mousségné
La louat per sous troupel
Asa plasso, lé remplasso
Le gran Terminus Hôtel

Hôtel Bonnet

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Le Grand hôtel Bonnet a été fondé vers 1824 dans l'un des deux immeubles qui furent choisi pour loger le comte de Peyre et sa suite, lors de la tenue des Etats du Languedoc en 1701 à Carcassonne. François Bonnet - traiteur de son état - fonde avec son épouse Marie Affigne, un hôtel de voyageurs au N°41 de la rue de la mairie, actuelle rue A. Ramond. Il transforme bien entendu l'ancien immeuble dans lequel, il offre également un service de bains. Le guide du voyageur de 1834 fait référence de l'établissement comme possédant bains, remises, écuries et bonne table. Le couple Bonnet peut compter sur l'aide d'Alphonse Bibent - Maître d'hôtel- marié à Victorine Bonnet et sur Irma Bonnet mariée à Achille Sarrail - le fils du Président du Tribunal de Commerce.

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Le 1er octobre 1892, la gérance de l'hôtel passe entre les mains de Lucien Nartus - ancien chef de cuisine des plus grandes maisons bourgeoises. L'établissement refait à neuf entre dans la modernité sous l'ère de M. Reillat qui se verra décerner par le Touring Club de France, le diplôme d'hôtelier avec médaille d'argent. C'est l'âge d'or de l'hôtel, qui après avoir accueilli des notabilités comme M. de Lagrénée - ambassadeur de France en Espagne en 1850 - verra passer le cinéaste Louis Feuillade avec sa troupe en 1908 et l'aviateur Jules Védrines en 1911. Un an après, M. Fourcade rachète l'hôtel qui possède le chauffage central, des salles de bains, une grande salle de dîner, le garage et des omnibus pour tous les trains. Malheureusement, la Grande guerre va interrompre l'activité hôtelière, puis y mettre un terme. A partir du 23 avril 1915 et jusqu'au 20 décembre 1918, le Grand hôtel Bonnet et ses 118 lits sert d'abord d'annexe N°51 puis d'Hôpital de campagne.

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Aujourd'hui, les Affaires de sociales de la ville de Carcassonne occupent les locaux de l'ancien Hôtel Bonnet, rue Aimé Ramond. Il reste encore dans la cour quelques vestiges de son prestigieux passé. 

Hôtel Maymou

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© Coll. Patrice Cartier

La trace la plus ancienne que nous ayons retrouvée de cet établissement remonte aux années 1850. L’hôtel café Maymou, situé sur l’emplacement du Café Formule 1 et de la Brasserie de Franck Putelat était le rendez-vous des élégants officiers du 17e dragons qui tenait garnison dans la caserne proche.

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L'emplacement de Hôtel-Café Maymou au portail des Jacobins

Sources

Notes, synthèses et recherches / Martial Andrieu

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© Tous droits réservés / Musique et patrimoine / 2017

18/06/2017

Le premier Centre International de Bowling de Carcassonne

Les Américains n'ont rien inventé ! Ils ont simplement adapté et modernisé le jeu de quilles... En 1951, la société A.M.F sortait le premier "requilleur" automatique, le célèbre "Pinspotter" qui allait être à la base de l'expansion du bowling dans le monde. Le bowling est un jeu simple : il s'agit de renverser dix quilles disposées en triangle, en faisant rouler une boule spéciale, sur une piste de 20 mètres de long. Chaque partie comprend dix jeux au cours desquels on dispose de deux boules pour renverser les quilles. Si l'on ajoute que la boule poète entre 5 et 7 kilos, et qu'un joueur effectue de 12 à 21 lancers, on comprend que le bowling soit aussi un véritable sport. En France, l'A.M.F avait installé ses premiers centres de bowling en 1960, à Biarritz et à Paris. En dépit d'un accueil très favorable de la part du grand public, le marché ne s'est développé que tardivement. A partir de 1968, les implantations se sont succédé et en 1975, on comptait près de 809 centres en France. Carcassonne ouvrait le sien le 27 décembre 1975, au n°7 du boulevard Omer Sarraut.

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Le centre international de bowling en 1979

Le gérant de Sud-moto Pierre Chapus (29 ans) et son frère Bernard (31 ans), décident de réaliser le premier bowling de Carcassonne en 1975. D'une surface de 700 m2, il s'installe dans les anciens locaux du supermarché Coop. Un investissement important d'un million cinq cent mille francs.

"Nous prévoyons l'inauguration pour la Noël. Nous ne savons pas si nous réussirons, car nous rencontrons déjà des difficultés dans l'exécution. L'entrepreneur pour le terrassement (il faut construire des piliers est tombé sur les anciens remparts de Carcassonne. Ceci dit, il va essayer de trouver rapidement une solution..."

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Pierre Chapus

L'établissement qui ouvrira de 10h à 2 h du matin (3h le week-end) possédera huit pistes avec marquage électronique des points, une salle de jeux de 250 m2 avec flippers et billards, un bar avec snack de 150 places, un vestiaire. Il emploiera dix personnes : une caissière, un manager, trois serveuses, un mécanicien, un électro-mécanicien et les deux directeurs.

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À cette époque, la partie coûtait 7 francs et la location des chaussures 1,50 francs. Sachant qu'elle pouvait durer jusqu'à 3/4 d'heure. En dehors de ces activités de loisirs, les patrons organisèrent des concours, un club de bowling et des compétitions nationales. Seul problème, les places de parking largement déficitaires pour accueillir les clients du samedi soir.

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Le bowling de Carcassonne disparut au début des années 1980 dans un immense incendie. Après avoir créé la discothèque le Xénon, Jean-Jacques Duffaut fera construire un bowling sur l'actuelle zone du Pont rouge. Aujourd'hui, le boulevard Omer Sarraut est mort le samedi soir. Avant l'ouverture du Cap' cinéma, l'ensemble des cafés (La Rotonde) et des restaurants (L'escalier) de désemplissait pas. On aurait voulu tuer le centre ville que l'on ne s'y serait pas mieux pris.

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