31/08/2018

Le chic gourmand remplace l'ancien Hôtel des voyageurs sur l'allée d'Iéna

 L'hôtel des voyageurs, situé allée d'Iéna en face de la place Davilla, avait été vendu aux enchères avec l'ensemble de son mobilier en 2010. Sa plaque en émail n'était plus là et seul le nom subsistait encore. La société Eyraud qui le gérait depuis 1988 restait le dernier propriétaire de cet établissement. L'allée d'Iéna était autrefois la zone industrielle de Carcassonne. Des usines, des fonderies avec leur cheminées donnaient à ce quartier un aspect industriel qui a aujourd'hui complètement disparu. L'hôtel des voyageurs avait son utilité tant que les représentants ou industriels de passage cherchaient dans le coin, un endroit pour passer la nuit.

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Au numéro 37, l'hôtel des voyageurs vers 1930 propriété de P. Quellos

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L'hôtel des voyageurs en 2010 après sa fermeture

Il était resté dans cet état pendant huit ans, sans repreneurs... Depuis quelques semaines, le restaurant "Le chic gourmand" vient de s'implanter dans les anciens locaux de l'hôtel. 

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Comme vous pouvez le voir sur cette photographie, la façade n'a pas été beaucoup modifiée. Elle a même subi une belle cure de rajeunissement et donne un peu de lustre à cette artère si encombrée de voitures.

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L'intérieur du nouveau restaurant 

Le chic gourmand

41, allée d'Iéna

https://www.lechicgourmand.com

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29/08/2018

De l'ancien café Sallen à la Bulle, rue Barbacane

Au mois de février 1966, Albert Sallen surnommé Bébert fait l'acquisition de l'ancien café Azéma (Chez Paulin) situé rue Barbacane. A cette époque, le café Calmet placé entre les deux ponts (Vieux et Neuf) vient d'être rasé. On y fera la place Gaston Jourdanne avec son parking faisant face à l'actuel Centre des Impôts. Bébert est un étranger dans ce quartier, puisqu'il vient de la route de Toulouse, mais son passé de marchand de volailles l'avait fait connaître dans toute la ville. Outre les lotos de fin d'années qui sont toujours complets, le café Sallen se fait une réputation en raison de la qualité de la volaille préparée et surtout, du filet de bœuf aux cèpes que le patron cuisine mieux que personne. Les habitués ne s'y trompent pas : Georges Bès, Jeannot Canal, les frères Cano, les frères Chésa, les frères Franck, Rouby, Momon Sautel, Delampie, Vaissière, etc.

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© Bruno Courrière

Albert Sallen et son chien Porthos

 Au mois de mai, c'était la fête de la Barbacane. Il n'était pas question de manger autre chose que des escargots que l'on dégustait chez Bébert, évidemment. Après le tour de l'âne organisée par Gaby Fort, les tournées se faisaient chez Sallen. Le chef d'orchestre était aux fourneaux mais ses aides servaient en salle : Dany, Paulette et Geneviève. Dans le jardin à l'arrière du café, les Italiens jouaient aux boules confectionnées à partir de bois et de terre cuite. Doit-on évoquer les parties de cartes et comment on refaisait le monde devant l'établissement attablé avec un petit Pernod ?

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© Alain Machelidon

Albert Sallen vendra en 1976 son café pour des raisons de santé. La discothèque La Bulle a succédé au Café Sallen dans lequel retentissait la musique de José Marson et la voix d'un certain Gualdo. Luc Raucoules transforma le vieux bistrot en boite avant de le céder à André Garcia en 1981.

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© Google maps

Le Jardin d'été occupe les lieux

Le poète avait écrit que "les feuilles mortes se ramassent à la pelle", nous avons donc essayé d'en attraper quelques une au vol avant que "la nuit noire de l'oubli" ne fasse son œuvre.

Source

La dépêche / 14 novembre 1992

Une histoire de photographies / Martial Andrieu / Tome 3

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05/07/2018

Galy, chausseur haut de gamme à Carcassonne depuis 1929

Chez les Galy on n'arrive plus à tenir le compte des générations de sabotiers, cordonniers et finalement chausseurs qui se sont succédé. C'est en 1929 qu'Octave Galy (1893-1960) ouvre sa première boutique avec son épouse Marguerite Audouy (1894-1967) au n°3 de la rue Voltaire. Précisément, en face de l'ancienne clinique du docteur Delteil ; aujourd'hui, Maison de retraite Montmorency. Bien avant lui, son beau père Auguste Audouy, cordonnier de son état, tenait un atelier dans la Grand rue (Actuelle, rue de Verdun) puis 75 rue Aimé Ramond. Et si l'on remonte encore plus loin dans le temps, on trouve des ascendants comme sabotiers à Quillan et à Puivert. 

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Actuel magasin de chaussures Galy, rue Clémenceau

Auguste Audouy fournissait les chaussures des deux lycées de la ville. Les brodequins noirs en cuir qui allaient avec la casquette à galon doré. Il possédait 14 employés qui étaient tous logés et blanchis, mais devaient fabriquer chacun une paire de chaussures par jour.

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Cordonnerie Audouy, 75 rue A. Ramond

C'est dans cet univers que son petit-fils Georges Galy est entré un 13 juillet 1935. Son BEPC en poche, mais ne voulant plus aller à l'école, il s'imaginait être vendeur. Or, dès le début des vacances d'été son père Octave le mit à fabriquer des chaussures : "Avant de vendre, il faut savoir comment elles sont fabriquées, lui dit-il". Alors avec le regret de ne pas avoir attendu la fin de l'été pour se signaler, Georges Galy commença à travailler. A 17 ans, il faisait croire aux filles qu'il exerçait le métier de comptable.

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William Galy en 1979 dans la rue Courtejaire

Neuf ans après la mort de son père en 1969, Georges quitta la rue Voltaire pour s'installer dans la rue Courtejaire, dans les locaux de l'ancienne bijouterie Galibert. Voilà donc le grand magasin que tous les Carcassonnais ont connu avec son millier de boites à chaussures bien en évidence : Paraboot, Méphisto, etc. Avec Willian, son fils, le patriarche veillait sur l'affaire avec son tempérament un tantinet bougon. Georges est aujourd'hui décédé, mais nous avons retrouvé quelques anecdotes savoureuses qu'il aimait à raconter :

"La plus ancienne remonte à 1937, je crois. Cette année-là, la mode était aux chaussures vertes. Je me souviens qu'un jour, une cliente difficile cherchait un vert particulier. "Quel genre de vert, à la fin, voulez-vous ?", lui demanda mon père, plutôt exacerbé. "Je voulais un vert... huitre", lui répondit la dame. Et du tac au tac, mon père lui demanda : "D'accord, mais... des Marennes ou des Portugaises ?". Dans les expressions pittoresques, j'ai entendu des clients ou plutôt des clientes die que certaines chaussures leur faisait le "pied bête" ; d'autres, que les talons hauts leur faisait "les mollets comme un ventre de lapin". Un jour qu'une dame redoutait que les chaussures qu'elle essayait ne lui fassent des oignons, un vendeur lui rétorqua : "Ne craignez rien, madame, vos pieds n'ont rien d'un potager."

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© Chroniques de Carcassonne

Depuis quinzaine d'années, la boutique de la rue Clémenceau est fermée. Les chaussures Galy ont changé de lieu. D'abord, elle se sont installées dans le rue Victor Hugo. Willian Galy raconte à la presse en 2008 sa rue de la gare dans les années 60-70 :  

"Toute la jeunesse se retrouvait rue de la Gare. On s'y promenait, on faisait connaissance. Quand on organisait des surboums et qu'il manquait du monde, on y descendait : on était toujours sûr de rencontrer des copains pour les inviter. Le dimanche, la rue était noire de monde », témoigne M. Galy. C'était un temps rythmé par des bals de quartier. Les contours de la ville finissaient dans les champs, là où le Viguier a poussé, depuis, comme un champignon. "Une autre époque". De fait, on comptait au maximum une voiture par famille, et encore... « Alors que maintenant c'est une voiture par membre de la famille ! ». Et du coup, le problème du stationnement et de l'engorgement asphyxiant de la cité par les chars à quatre roues ne se posait pas, comme aujourd'hui. Mais comme le dit William Galy : "La mentalité, ici, c'est de râler. A Carcassonne, les gens veulent se garer dans le centre et quand ils vont faire leurs courses à Toulouse, ils ferment leur gueule et se garent à la périphérie et marchent !".

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Georges Galy

Enfin, depuis peu, la rue piétonne s'est ouverte à ce commerce parmi désormais l'un des plus anciens de la ville. Dans le domaine de la chaussures, c'est certain et même le dernier du genre à n'être pas franchisé.

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23/06/2018

Les commerces de la place Carnot en 1904 et aujourd'hui

Aujourd'hui tout le monde se presse afin d'acquérir un local commercial sur la place Carnot, dans le but de le transformer en café ou en restaurant. Dans quelques années, on peut légitiment penser qu'il n'y aura que cela ; déjà se pose le problème de l'emplacement des terrasses. Les commerces de détail migrent vers la périphérie, les habitants et les administrations également. La Bastide ne sera t-elle qu'un lieu touristique l'été, essentiellement concentré autour de cette place ? Il faut peut-être se préparer à ce changement total des habitudes de consommations. En un peu plus de cent ans, le paysage des échoppes et surtout leur diversité s'est largement modifié. C'est ce que nous voulons démontrer avec ce retour en arrière... Adieu les bouchers, charcutiers, épiciers, droguistes, chapeliers, chemisiers. Les agences bancaires leur emboitent déjà le pas.

Le comptoir National d'Escompte

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A l'angle de la rue de la gare et de la place Carnot, c'est aujourd'hui l'agence du Crédit Lyonnais. 

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J. Chrestia, bijouterie

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C'est la même famille que celle de Vincent Millet, dont le magasin d'horlogerie était situé juste à côté. Il semble que l'immeuble a été refait depuis ; il accueille actuellement le chocolatier Thuries.

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Il prend l'emplacement des anciennes deux boutiques 

Négre (Boucher) et A. Vidal (Charcutier)

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Aujourd'hui, le Bastid'Café et l'ancien Top Annonces

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Lordat-Cassignol, magasin de nouveautés

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Aujourd'hui, magasin New-Man

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Au bon marché

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Le bistrot Florian

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Almayrac-Canavy, vêtements

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Le café "Le longchamp" et les nougats Bor

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Boucherie Camelière

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Aujourd'hui, Tabou

Paris-Carcassonne, nouveautés

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Carrefour-market

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Séverac, lingerie

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Bleu-marine

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Selva, chapelier

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Café-restaurant "Le Saint-Roch"

Raynaud (Papiers peints) et Izard (Imprimeur)

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L'imprimerie commerciale Izard-Puel avait été fondée en 1829. C'est aujourd'hui le Picnic Café

Le Comptoir National

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Il s'agissait du café Béteille passant ensuite à la famille Sarta. Aujourd'hui, c'est toujours un café "le Carnot"

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Henri Mancini, Chapelier 

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Le café "Chez Félix" depuis 1948

Pharmacie Osmin Sarcos

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Le Café Julien Not

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Aujourd'hui, l'agence du Crédit Agricole

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Cordonnerie Bellan

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Angle de la rue de la gare et place Carnot. Aujourd'hui, agence de la B.N.P 

La Société Générale 

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A-G Olivet, chemisier

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Aujourd'hui, John's club

Eugène Blain, Chapelier

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Aujourd'hui, café "Le petit Moka"

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Salles, librairie

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Aujourd'hui, Briocherie Arpin

Arnal, droguerie

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Aujourd'hui, la pharmacie Carnot

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Frayssinet, chemiserie

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Aujourd'hui, parfumerie Beauty Success

Sources

Photos et recherches / Martial Andrieu

Google maps

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13/02/2018

Que faire de l'ancienne droguerie Gazaniol ?

En 2007, la ville de Carcassonne administrée par Gérard Larrat achète l'ancienne droguerie Gazaniol située dans la rue Chartrand. Le maire a un projet pour cet ancien commerce dont le propriétaire vient de prendre la retraite. Il souhaite regrouper à cet endroit, au cœur de la ville, tous les services culturels avec pour point d'ancrage, les anciennes halles à volaille. 

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© Martial Andrieu

Dans un article du journal "La dépêche", son adjointe à la culture, Madame Broussy explique en février 2009 que "Tous les services devraient y être regroupés, du patrimoine au pôle culturel (locataire de ses locaux actuels rue de la République) en passant par les billetteries (théâtre, Dôme, Chapeau Rouge, auditorium…). En outre, ce nouveau centre accueillera les « chargés » des futurs centres d'affaires et de congrès." La ville souhaitait transformer les Halles en interface de service public. Un projet innovant puisque une borne "drive-in" aurait permis de prendre les billets pour le festival sans avoir à se garer. Il était même question de créer là une espèce d'auditorium muni d'un écran qui, avec un fond sonore, proposerait une découverte des deux cités, bien sûr, et de la ville en général.

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© Martial Andrieu

Les Halles pourraient devenir un local destiné aux jeunes avec un pôle multimédia par exemple. Pour conforter sa vocation de services "tout public", la structure devait accueillir des toilettes publiques, une nursery pour éviter aux jeunes mamans et papas de langer leurs enfants dans les toilettes des bars, mais aussi un espace de « consignes » où touristes et locaux pourraient déposer bagages ou commissions. Enfin, une sorte d'annexe de la bibliothèque municipale devrait être créée afin que tout un chacun puisse lire son bouquin ou son journal préféré en bonne compagnie. Sans précisément chiffrer, le coût de l'opération se montait à 4 millions d'euros.

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© Chroniques de Carcassonne

Gérard Larrat a bien son idée derrière la tête, car son équipe vient de réaliser la transformation des halles, côté rue de Verdun. Cet endroit devient en 2008 un lieu d'expositions. Il est inauguré avec les collections des sculpteurs Yvonne Gisclard-Cau et Paul Manaut, puis d'Olivier Parayre. Le projet Larrat n'ira pas à son terme, car une nouvelle municipalité fut élue en septembre 2009. Le nouveau maire et son conseil municipal ne donna pas de suite à cette réalisation. Le lieu d'exposition accueilla une petite médiathèque avec accès internet. Le Pôle culturel alla s'établir dans la Salle du Dôme, puis dans des bureaux mitoyens.

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L'ancienne droguerie servit d'exposition pour les commerçants du coin. On y mit un papier collé sur la vitrine avec de la publicité touristique de la ville. Quelle destination demain pour ces locaux ? Voilà une question que nous soulevons...

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04/02/2018

Le grand magasin de vêtements Alexandre Dony à Carcassonne

Le premier magasin Dony est crée à Limoges en 1894, 4 rue des Halles, par Alexandre Dony (1860-1936) alors associé à Paul de Laval et Joly de Bénac. L'aventure carcassonnaise débute en 1925, quand M. Bauville laisse sa boutique de tailleur. Dony magasin.jpg

© A. Dony

Le magasin A. Dony de Carcassonne

Après plusieurs décennies, le vieux tailleur Bauville passé maître en vêtements sur mesure, gabardines, chemises et bonneterie prend sa retraite. 

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Nous avons retrouvé dans le travail d'Alfred Raucoules sur la rue de Verdun, une vue de la boutique Bauville avant l'arrivée du magasin Dony.

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On s'aperçoit que le rez-de-chaussée faisait apparaître des fenêtres de forme ogivales donnant sur la rue.  Lorsqu'en 1925, le magasin Dony vint s'installer en lieu en place de Bauville, il effectua des travaux. 

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Le magasin Dony après les travaux de 1925

Construite dans le style Art-Déco de cette époque, la façade révélait des motifs floraux et le noms des boutiques de l'enseigne en France : La Rochelle, Caen, Lyon, Calais, Limoges, etc. Ces inscriptions sculptées ont été effacées par une couche de peinture. Il suffirait de rien pour qu'elles ne réapparaissent. L'enseigne Dony ne possède plus à l'heure actuelle que sept magasins en France avec celui de Carcassonne.

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En 1925 le directeur Carcassonnais était Paul Rodange, puis ce fut Théophile Richard à partir de 1931. L'atelier comportait un coupeur, deux apiéceurs et trois retoucheuses, plus des vendeurs.  

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L'intérieur de la boutique en 1931

Sources

 Notes, synthèse et recherche / Martial Andrieu

Alfred Raucoules

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