09/01/2017

Armand Raynaud (1847-1900), compositeur Carcassonnais oublié

Carcassonne fourmille de noms de rues pour lesquelles on ignore parfois tout, de celui ou de celle qui les porte. Les plaques ne nous renseignent que trop peu et seuls les mots poète, musicien ou écrivain apparaissent en dessous du nom. Il en est ainisi de la rue Armand Raynaud située perpendiculairement à l'ancienne route de Montréal (Avenue Henri Gout), juste en face du petit supermarché des quatre chemins. Cette artère s'appelait rue du Foyer Carcassonnais jusqu'au 25 février 1910, en raison des habitations à bon marché situées tout le long. Ce n'est que le 25 août 1922 qu'elle prit le nom d'Armand Raynaud.

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Armand Raynaud est né à Carcassonne le 8 décembre 1847 et décédé à Toulouse le 3 avril 1900. Il a appris la musique auprès de François Tesseyre, le fondateur de la première école municipale de musique en 1851. Il commence sa carrière comme Cor solo dans l'orchestre de la Société Sainte-Cécile de Carcassonne, puis il en devient le chef en 1875. Très estimé pour ses musiciens pour son talent, il laisse Carcassonne pour d'autres cieux à la hauteur de ses compétences. Il est nommé en 1885 comme chef d'orchestre du Théâtre Royal de Gand (Belgique). Sur l'insistance de son ami Delrat, alors directeur de la scène, il quitte Gand pour Toulouse où il dirigera juqu'à son mort l'Orchestre du Théâtre du Capitole. Armand Raynaud a composé un certain nombre d'oeuvres dont une symphonie; elles sont conservées à la Bibliothèque Nationale de France. Il était un ami d'enfance de Paul Lacombe qui lui fit connaître Jules Massenet. A ce propos, c'est grâce à Raynaud que l'on créera l'opéra Cendrillon de Massenet au Capitole.

musique

Le 28 août 1910, la ville vote une subvention de 200 francs pour la réalisation d'un buste à l'effigie d'Armand Raynaud, à la demande d'un comité constitué pour l'occasion et dont le président est G. Lacroix. Où est passé ce buste ? Etait-il dans le square Gambetta qui fut détruit en 1944 ? Le mystère veut qu'on s'y attarde...

Quelques oeuvres

A sylvie ! / Madrigal / 1879

Le ciseleur de Tolède / Mélodie / 1879

Andalousie / Rêverie poétique / 1877

The Nightingale / Polka pour piano / 1878

Quatre chansons provençales / 1882

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31/12/2016

Pierre Germain (1817-1891), un grand compositeur Carcassonnais oublié

Pierre Germain est un compositeur de musique né à Castelnaudary le 24 décembre 1817 et décédé à Carcassonne, le 3 janvier 1891.

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Dès son plus jeune âge, Pierre Germain quitte la région chaurienne pour s'installer à Carcassonne. Il présente de sérieuses dispositions pour la musique et son père, violoncelliste, l'inscrit au conservatoire de musique de Paris. Il est alors admis en 1833 dans la classe prépartoire de M. Guérin puis le 9 décembre 1835 dans la classe de violon de M. Habeneck jusqu'en novembre 1839. Il étudia également le piano et l'harmonie avec M. Barbereau auquel il présentera des Fantaisies (Piano et violon), un trio (piano, violon et violoncelle), un quatuor et un quintette pour cordes. Un grand destin s'ouvrait à lui à Paris. Cependant, son père très fatigué et ne pouvant plus exercer son métier de professeur, fit appel à lui pour subvenir aux besoins d'une très grande famille (onze enfants). Pierre Germain vint au secours de son père, devint professeur au lycée et finalement demeura à Carcassonne où il épousa la fille du peintre Honoré Prache.

En 1841, il est nommé organiste de l'église St-Vincent et compose plusieurs messes, quatre ouvertures pour orchestre symphonique et une cantate sur la prise de Sébastopol. Au mois de mars 1859, Pierre Germain fait la connaissance de Louis Metge - né à Pezens en 1829 - qui va écrire pour lui le livret de son futur opéra "Simon de Montfort". Le compositeur tire le sujet des "Annales de Carcassonne", ville pour laquelle il destinait son oeuvre. Après quelques semaines Metge lui propose un livret en 4 actes et les premières scènes de son drame; il accepte sans réserves le travail de son ami. Germain va consacrer tous ses moments de libre à la composition de son opéra et pour s'en faire une idée, invite quelques chanteurs pour l'essayer. L'ouvrage est achevé au printemps 1860 et toutes les parties (orchestre, choeur et solistes) sont copiées par lui-même. L'orchestre de la Société philharmonique de Carcassonne et l'Union vocale, dirigées par Charles Scheurer vont apprendre l'ensemble de l'opéra. Restait à distribuer les rôles de solistes... Une subvention de mille francs est votée par le conseil municipal destinée "à faciliter les moyens de faire représenter cette oeuvre sur le théâtre de la ville".

Monsieur Roques-Salvaza, maire et député, écrit de Paris une lettre en date du 20 mai 1860 à Pierre Germain: "Soyez certain que nul plus que moi n'est sympathique à vos efforts. Je m'associerai toujours et de tout coeur à ceux qui seront tentés par des hommes tels que vous, dont l'élan généreux, soutenu par une organisation supérieure et d'une application persévérante, poursuit avec énergie l'amélioration d'une position personnelle en faisant rayonner sur notre ville l'éclat du talent et l'honorabilité du caractère..."

Pierre Germain engagea alors les solistes, recruta pour les choeurs tout le personnel des cafés concerts, loua les costumes de la troupe, fit dresser les décors par son beau-père le peintre, Honoré Prache. Les répétitions commencèrent et la première représentation fut fixée au 12 septembre 1860. La veille de la répétition générale, quelques solistes manquaient à l'appel. Ils étaient allés faire leurs débuts à Béziers et Germain et Metge durent aller les récupérer manu-militari avec le commissaire de police et une lettre du procureur impérial. Le retour de "Roger Trencavel" et de "Simon de Montfort" se fit par train et sous les huées des carcassonnais. La répétition fut faite sur le champ et la représentation eut lieu le soir même.

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Ce jour là, le théâtre était comble ! C'est le compositeur qui dirigea l'orchestre et le librettiste qui se mit dans la cage du souffleur pour redresser les artistes qui s'égarèrent. Plusieurs rédactions avaient envoyées leurs journalistes sur place. "L'aiglon" de Toulouse rendit un vibrant hommage au compositeur. La ville de Carcassonne alloua même une bourse d'externant à ses deux fils, en remerciement de son investissement. La nouvelle du succès parvint jusqu'à Paris, si bien que le Ministère de la maison de l'Empereur et le Ministère d'état versèrent respectivement la somme de 1000 et 500 francs pour faire graver la partition. A Toulouse, le théâtre du Capitole dirigé par M. Lafeuillade programma l'ouvrage pour le 12 février 1862. A cette occasion, les auteurs y ajoutèrent un acte et un ballet. Le journal de Toulouse écrivit: "La partition de M. Germain est une oeuvre sérieuse, qui mérite à juste titre l'ovation qu'on lui a faite (...) Constatons aujourd'hui que jamais le théâtre du Capitole n'avait enregistré au succès aussi grand, obtenu par une oeuvre d'un compositeur de province.

Le compositeur et son librettiste partirent à Paris afin de proposer l'ouvrage à l'Opéra. Le directeur Alphonse Boyer leur promis de faire examiner la partition par une commission. Entre temps, Germain avait malgré les demandes, suspendu toute représentation afin de donner toutes ses chances à Simon de Montfort d'être représenté dans la capitale. Germain et Metge se mirent à créer un nouvel opéra: Jeanne d'Arc. Finalement, Alphonse Boyer en disgrâce fut remplacé par Emile Perrin qui mit définitivement l'oeuvre de Germain au placard. Jeanne d'arc fut achevée en un an au mois de juin 1863. L'opéra trouva un protecteur en la personne du Comte Bacciochi, mais il se heurta à nouveau au refus d'Emile Perrin prétextant qu'une scène d'amour "Amour chaste et pudique" serait mal vue au théâtre.

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 Jeanne d'arc tenta une nouvelle fois sa chance grâce à Bacciochi devant le directeur, cette fois du Théâtre lyrique: M. Carvalho. Ce dernier le refusa car un pareil sujet avait été traîté par Duprez. Louis Metge proposa alors Simon de Montfort, mais Carvalho refusa à nouveau un ouvrage qui avait été "défloré" en province. Afin de ne pas vexer Bacciochi, le directeur proposa à Metge d'écrire un livret et il s'engaerait à lui trouver un compositeur parisien. Metge dit qu'il était hors de question de sacrifier son ami Pierre Germain. L'entrevue se termina ainsi. Ce que Metge ne put obtenir des influences officielles, il allait l'obtenir des influences financières. En effet, M. Numa Guillou, ancien négociant à Carcassonne et banquier à Paris vint en aide à Jeanne d'arc. Ainsi, la lecture de celle de Duprez fut remplacée par celle de Germain. Ce résultat avait été obtenu par l'intermédiaire de M. Edouard Alexandre, facteur d'orgues, ami personnel de M. Carvalho et principal actionnaire de son théâtre. Le compositeur put s'assurer les services de Charles Bataille, de Mlle Rignault, de Victor Capoul et de M. Bonnetrée de l'Opéra. L'auditoire composé le 10 avril 1864 de représentants de la presse, de chefs d'orchestre et de directeurs fut convaincu de la grande qualité de l'oeuvre. Malgré cela, Carvalho prétexta que le risque financier était trop important de faire jouer en cinq actes un opéra d'auteurs inconnus à Paris. Il leur proposa de composer un ouvrage moins dispendieux et s'engagea par lettre à le faire représenter dans son théâtre.

Un an après, Pierre Germain mit sur le bureau de Carvalho sa nouvelle partition en trois actes, quatre personnages et sans aucun luxe de décors. Il s'agit du "Batard de Cerdagne" selon la légende du même nom. Carvalho fit d'abord mine d'avoir oublié les bonnes impressions qu'avaient produites à la lecture, Jeanne d'Arc ; Germain repartit avec la promesse d'une représentation pour janvier 1866. Il tenait vraiment à ce qu'un de ses opéras fusse exécuté à Paris. Metge échaudé par les pratiques du directeur du Théâtre lyrique, obtint par traîté que celui-ci s'engageât à faire jouer "Le bâtard de Cerdagne" dans un délai de quinze mois. Passé ce délai, le directeur ne tint pas son engagement et les auteurs intentèrent un procés le 30 novembre 1867, rendu en leur faveur le 20 janvier 1868. Il contraint le fautif à payer 750 francs à chaque auteur et de représenter l'ouvrage d'ici à deux mois. Le 14 mai 1868, Carvalho se retrouva en faillite et ne put honnorer ni ses créances, ni ses engagements. Germain et Metge ne reçurent que 295, 50 francs. La partition demeura au sein du théâtre qui fut détruit par un incendie déclenché par les communards en mai 1871. Elle partit en cendre... Pierre Germain resconstitua alors toutes les parties d'orchestre, les rôles et les choeurs grâce à la partition piano qu'il avait gardée. L'ouvrage fut représenté sur la scène du théâtre de Brest avec le concours de madame Geraizer (soprano), le 23 novembre 1880. L'Europe artiste écrivit: "Ce drame est émouvant. C'est une belle légende racontée avec art. On y rencontre des vers délicieusement tournés et l'ensemble est d'une élégance digne d'éloges (...) Chacun a tenu à prendre soin d'une partition d'un grand avenir". Malheureusement, Pierre Germain n'avait pas de chance. L'opéra fut arrêté à la troisième représentation à Brest car un des solistes se retira après la perte de son épouse. A Montpellier, où il devait être donné, le théâtre brûla. Le bâtard de Cerdagne vint alors sur la scène de Carcassonne en 1885; le succès fut analogue à celui de Simon de Montfort.

Pierre Germain fut un grand compositeur acharné au travail. Il composa 13 actes d'opéras, copia les paries d'orchestre et la réduction pour piano (deux fois pour le Batard de Cerdagne), deux messes, deux cantates d'orchestre, un volume de cantiques... Un de ses cantaques a été jouée pour l'inauguration de la statue d'Armand Barbès à Carcassonne. Son unique récompense fut d'être nommé Officier d'Académie en 1890. Il est mort sans fortune le 3 janvier 1891. A la demande de la Société des arts et sciences de la ville, ses partitions ont été conservées à la Bibliothèque municipale de Carcassonne.

Le bâtard de Cerdagne

Opéra en 2 actes (Livret de Louis Metge)

Laplace Sanchez et Cie éditeurs/ 1877

Louis Metge né à Pezens en 1829 - juge de paix du canton d'Alzonne - était auteur dramatique et poète. Il fut également maire de la ville de Pezens de 1858 à 1860. On lui doit : Le batard de Cerdagne (Opéra en 2 actes de 1873), Jeanne d'Arc (Opéra en 5 actes de 1874), Histoire de la la reine Galeswinthe (1876), Les cauchemars contemporains (1878), Simon de Montfort devant Carcassonne ( Opéra en 5 actes de 1862), Le messie de la France (1876), etc... Louis Metge meurt à l'âge de 69 ans au mois de septembre 1898. Il n'y a aucune rue portant ce nom à Pezens. 

Cet article est le fruit de recherches personnelles inédites 

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27/12/2016

Georges Cotte, peintre et compositeur Carcassonnais oublié

Georges Cotte, outre ses activités de professeur de mathématiques au lycée St-Stanislas dans lequel il avait été nommé à l'âge de 18 ans, était un musicien et un peintre carcassonnais. Excellent violoniste, il avait pris après le décès de Michel Mir, la direction de la Société des concerts symphoniques.

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Il dirigeait également les choeurs de la cathédrale St-Michel dont il était à l'origine. Sur cette photo en 1944, on reconnaîtra: Georges Cotte (pupitre), M. Tournié (orgue) puis MM. Jean Amiel, Laffargue, Chabert, Colombiès et Mesdames Ollier, Malacan, Maillard, Bel, Bonnafous, Perremarti, etc...

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Répétition à la cathédrale Saint-Michel

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© Collection Jacques Miquel

Georges Cotte était aussi compositeur. On lui doit plusieurs oeuvres dont certaines furent diffusées par Radio-Toulouse. Au premier rang desquelles, un "Notre père", des mélodies et surtout une messe de Requiem pour choeurs, solistes et orgue. Elle sera jouée et chantée à Carcassonne par G. Roquefort (Basse) et G. Colomiès (Ténor) accompagnés à l'orgue par M. Tournié qui était aveugle. Elle reçut un très bel accueil et il serait justice que l'on veuille bien dans cette ville où pas plus qu'ailleurs on est prophète en son pays, jouer à nouveau cette oeuvre. Encore un voeu pieu, sans doute... Georges Cotte présida en 1976 la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne. Il est quand même étrange que même dans cette illustre institution, l'on ait oublié la mémoire de cet homme.

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Un pastel de Georges Cotte.

L'artiste peintre, quant à lui, signait ses toiles sous le pseudonyme de G. Leka. Elle furent maintes fois primées au salon des artistes français. Georges Cotte s'est éteint voilà une vingtaine d'années et il est bon de ne pas oublier cet artiste de grand talent qui donna tant à sa ville.Georges Cotte. Musicien.jpg

© Dominique Brunon

Georges Cotte (premier plan) et ses amis chanteurs carcassonnais.

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La maison natale de Georges Cotte dont les parents étaient bandagistes, rue de Verdun

Mise à jour de l'article du 6 janvier 2014

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13/10/2016

La chanson "Frou-Frou" a été composée par un Carcassonnais en 1898

Mesdames et messieurs, j'ai l'honneur de vous annoncer que la chanson "Frou-Frou" que chantait toutes nos grand-mères est l'oeuvre d'un carcassonnais. Mais oui ! Il s'agit de Joseph Rieunier plus connu sous le nom de scène d'Hector Monréal. Il naît à Carcassonne le 17 juillet 1839 dans le quartier de la Barbacane et monte à Paris où il fait d'abord une courte carrière de dessinateur au ministère de la guerre qu'il quitte en 1862 pour le théâtre Montmartre ; il y joue la comédie pendant deux ans. Il réalise ensuite des pancartes-sommaires que le directeur du Petit journal affiche chaque jour à la porte et qui attire la foule par leur originalité. Son esprit des plus droles, n'allait pas le laisser trop longtemps dans l'anonymat. Il devient acteur et abandonne la scène pour l'écriture. Il se lance comme auteur de revues, opérettes et autres pièces de théâtre avec son ami Henri Blondeau. Pendant 40 ans, ces deux là ne cesseront d'être liés comme des frères et enchaîneront succès sur succès dans tous les théâtres parisiens: les variétés, le château d'eau, l'Eldorado, Folies dramatiques... Puis à l'Olympia en 1903. Monréal est également chansonnier et fait des dessins humoristiques dans divers journaux.

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Henri Blondeau (gauche) et Hector Monréal (droite)

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La chanson Frou-Frou est tirée d'une revue de Blondeau et Monréal

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Hector Monréal est mort dans les bras de son ami Blondeau en 1910. Ils sont tous deux inhumés au cimetière d'Asnières dans les Hauts de Seine. Aucun nom de rue à Carcassonne pour Hector Monréal, qui avait écrit pourtant un pièce "Le rempart de Carcassonne" jouée à Paris en 1868. Gageons qu'avec cet article cette injustice soit réparée...

Quelques oeuvres d'Hector Monréal et d'Henri Blondeau

musique

1868 : Le rempart de Carcassonne
1871 : Qui veut voir la lune
1876 : L'ami Fritz-Poulet
1875: Pif-Paf
1885: Au clair de la lune
1891: Paris port de mer
1892 : Les variétés de l'année
1896 : Une semaine à Paris
1898 : Frou-Frou
1901 : Le cirque Ponger's
 
Quelques oeuvres d'Hector Montréal seul
 
11 avril 1868 : Mlle Clochette
1er janvier 1871 :Une garde aux remparts
30 septembre 1873 : Voilà le programme
 
Hector Monréal est totalement inconnu à Carcassonne, tant et si bien qu'il serait bon que la ville lui attribue enfin un nom de rue.
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24/08/2016

La carcassouneso

La Carcassouneso

est une des nombreuses partitions du compositeur Edouard Lacombe, dont je n'ai pas pu encore trouver de filiation avec un autre Lacombe, plus connu et prénommé Paul. Cependant, il apparaît que ces deux là se connaissaient fort bien puisque Edouard figure sur l'acte de décès de Paul. Disons qu'Edouard a écrit surtour de la musique militaire et de fanfare destinée aux orphéons ou choeurs locaux comme l'Union vocale.

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Cette partition exécutée pour la première fois par l'Union vocale et l'Union musicale de Carcassonne le 13 juillet 1923, est un choeur à quatre voix d'hommes. Le texte écrit en langue occitane est l'oeuvre de J-F Jeanjean (ancien président de la Société des arts et sciences de Carcassonne). Il semblerait que cette marche ait été composée pour en faire l'hymne de la ville. Une époque où la langue occitane et les vraies traditions de notre beau pays avaient du sens pour les Carcassonnais.

Carcassouno, Carcassouno. Soubeni, soubeni ple de glorio
Noum radious, radious dins un cèl, dins un cèl de clartat
Aprenen, aprenen, à légi ta grand historio
Daban las tours, las tours de l'antico Ciutat

Traduction
Carcassonne, Carcassonne. Souvenir, souvenir plein de gloire
Nom radieux, radieux dans un ciel, dans un ciel de clarté
Aprenons, aprenons à lire ta grande histoire
Devant les tours, les tours de l'antique cité

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09/02/2016

Joseph Charles Scheurer (1840-1901), maître de chapelle de la cathédrale St-Michel

Joseph-Charles Scheurer naît à Carcassonne le 18 novembre 1840, au numéro 6 de l'actuelle rue A. Ramond, dans une famille originaire de Saverne (Bas-Rhin). Éprouvé par le décès prématuré de son père François Alfred Scheurer, le 19 mai 1846 à l'âge de 24 ans, le jeune Charles âgé de seulement 6 ans sera élevé par sa mère Jeanne Paraire et par son grand-père, François Joseph. Ce dernier - professeur de musique au Petit séminaire - va prendre en main la destiné musicale de son petit fils, que l'on peut déjà considérer comme très prometteuse. A treize ans, il est envoyé à Paris dans la célèbre école de Louis Niedermeyer où il apprend le piano, l'orgue et la composition. De retour à Carcassonne, il travaille sans relâche son instrument, malgré des appels du pied de ses camarades pour les distractions de son âge. En moins de deux ans, Charles Scheurer est considéré comme un virtuose de l'orgue.

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Charles Scheurer n'a que 18 ans, lorsque Aristide Cavaillé-Coll achève la restauration du Grand orgue de la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne. L'instrument dont le buffet est dessiné par Viollet-le-duc, bénéficie comme la tribune sur laquelle il repose, de sérieuses modifications. A la demande de Monsieur le ministre des cultes et de l'instruction publique, le célèbre organiste Lefébure-Wély est envoyé à Carcassonne le 24 décembre 1860 pour l'inauguration officielle. Il loge à l'évêché chez Mgr de la Bouillerie et à son invitation, accepte de jouer à l'office des fêtes de noël. Juste après la messe Lefébure-Wély céda le clavier à Charles Scheurer ; il le gardera pendant 29 ans succédant ainsi François Teysseyre - un autre illustre musicien Carcassonnais. Le jeune Scheurer se joua alors des partitions les plus difficiles de Léfébure, de Baptiste, de Lémens, etc...

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Le Grand orgue de Saint-Michel

Sa réputation grandit et dépassa de loin les frontières de Carcassonne. Ainsi, le cardinal Bonnechose souhaita l'enrôler comme titulaire du Grand orgue de la cathédrale de Rouen. Ne voulant pas quitter la capitale audoise, Scheurer déclina l'offre comme il le fit pour Toulouse.

Quand François Teysseyre - le fondateur et chef d'orchestre de la Société philarmonique de Carcassonne - prit sa retraite, les musiciens allèrent chercher Charles Scheurer pour combler ce départ. Il se laissa convaincre et organisa plusieurs concerts avec l'Union chorale, dont il était également le chef. Hélas, sa santé déclina rapidement... A l'âge de 47 ans, le conseil de la Fabrique de la cathédrale décidait le 2 novembre 1888 de le remplacer par Justin Boyer, comme organiste titulaire. Il garda le titre d'organiste honoraire.

Quatre ans plus tard, Charles Scheurer est victime d'une attaque d'apoplexie qui manque de le tuer. Très affaibli, il se retire dans sa maison de campagne de Fontiès-Cabardès jusqu'à son décès, le 12 janvier 1901. Deux jours après, le corps de l'organiste est inhumé dans le cimetière dans ce petit village de la Montagne-noire, où il repose de nos jours.

Que reste t-il de Charles Scheurer ?

De ces nombreuses compositions, seules deux ou trois morceaux de piano ont été imprimés. Pour le reste, il n'existe que des manuscrits avec vraisemblablement plusieurs copies. J'ai relevé dans les journaux de l'époque et sur le site de la BNF quelques compositions :

Messe en sol pour 4 voix inégales et orgue

Laudate dominum pour trois voix (1889)

Ave Verum

Hoec Dies

O fili et Regina Coeli

Alma redemptoris

Salve Regina

Quatre antiennes à la vierge

Psaumes en faux bourdon

Cansou de Jaquel (paroles d'Achille Mir)

Je me souviendrai (paroles de R. Alary / 1862)

Généalogie

François Joseph Scheurer (1791-1885) marié à Anne Mellites en 1815

ses  fils

Alexandre Lucien (1819-1902)

François Alfred (1821-1846) marié à Jeanne Paraire

son fils

Joseph Charles (1840-1901) marié à Magesté Eléonore

leurs enfants

Cécile et Eléonore

Georges, Augustin, Clément Scheurer né le 22 mars 1875. Lieutenant au corps expéditionnaire en Chine ; il fit ensuite une brillante carrière dans l'armée. Croix de guerre avec Palme et Officier de la légion d'honneur. Il se maria avec Marie Delmas le 17 octobre 1901.

Sources

Le Ménestrel / 24 décembre 1860

Le courrier de l'Aude

La Cité

L'express du Midi

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