14/08/2017

La construction de l'école Barbès dans le quartier des Capucins

Nous allons évoquer pour la première fois, l'histoire de la construction de la nouvelle école primaire de garçons dans le quartier des Capucins. Pendant longtemps, les riverains l'appelèrent l'école de Macao - nous verrons pourquoi - avant que le nom de l'illustre tribun républicain n'entre définitivement dans les esprits.

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Jusqu'en 1951, les garçons des Capucins fréquentaient le vieille école située à l'angle de la rue du 24 février et de la rue des rames. Précisément, en face du couvent des Capucins rasé en 2002. Ce bâtiment ressemblait dans les derniers temps à une espèce de taudis et depuis longtemps déjà, les habitants réclamaient à la mairie la construction d'un nouvel établissement.

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L'ancienne école, 28 rue du 24 février

C'est en 1924 que la ville de Carcassonne fit l'acquisition d'un terrain vague au lieu-dit Macao. Là, une belle propriété s'étendait entre la rue du 24 février et le boulevard Barbès. Elle avait appartenu à un ancien officier des colonies qui lui avait donné le nom de Macao. Si l'on regarde le portail d'entrée de la Direction départementale des Territoires et de la Mer, on aperçoit l'inscription Macao dans le fer forgé. Cet espace sur lequel devait être construit la future école, servait de terrain de pétanque et de piste de bal au moment des fêtes du quartier. Il fallut attendre 1948 et l'avis de l'inspection académique pour lancer le projet, qui se confirmera par l'agrément du ministère de l'Education nationale en 1949. Le 2 septembre 1950, M. le maire devait se rendre au ministère pour faire activer le financement et le 28 septembre 1951, était posée la première pierre.

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L'architecture du bâtiment typique du style des années d'après-guerre est l'œuvre de M. Bourrely. A son ouverture à la rentrée 1952, il se compose : d'un vestibule, de quatre classes, d'un atelier de travail manuel, d'un bureau de direction, d'une vaste cour et d'un préau. Ces salles de classe dont chacune peut contenir 40 élèves sont de couleur verte, le sol carrelé est recouvert de linoléum. Les enseignants sont MM. Fort (Directeur), Calvayrac, Sadourny et Mesdames Avizou et Massine. Deux fois par semaines, MM. Almerge et Esparseil dispensent des cours de gymnastique.

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La rentrée des classes en 1952

Ce groupe scolaire fut réalisé en un temps record, puisqu'au bout d'une année il ouvrit ses portes. Un peu trop rapidement peut-être... Le jour de la rentrée, le mercredi 1er octobre - le jour de repos étant le jeudi à cette époque - il manquait les tables, les bancs et le bureau du maître. Les services techniques admirent que la réception du mobilier avait du retard. Ceci ne manqua pas de créer une espèce de polémique, car le lundi 29 septembre les officiels venaient d'inaugurer les locaux. M. Itard-Longueville - maire de Carcassonne - se félicitait de cette réalisation en ces termes.

"Puisque la mode est à l'auto-critique, qu'il me soit permis de faire aujourd'hui de l'auto-compliment au Conseil municipal tout entier, puisque c'est à l'unanimité qu'il a décidé la création de cette école. Je pense  que les enfants travailleront dans ce cadre de lumière, car contrairement à nos ennemis d'outre-Rhin, qui voulaient créer la force dans la joie, notre but à nous est de créer le travail dans la joie."

On loue beaucoup les réalisations de Jules Fil peut-être parce qu'il était socialiste, mais on a tendance à oublier tout ce qu'à fait Marcel Itard-Longuevile en seulement quatre années de mandat. Lors de l'inauguration on remarquait dans les rangs : M. Manière, chef de cabinet du préfet ; M. Guille, député de l'Aude ; M. Noubel, conseiller général ; M. Laurent, Inspecteur de l'Académie ; M. Testanier, directeur de l'Ecole normale de garçons ; M. Azalbert, président du syndicat des instituteurs ; M. Segné , chef des travaux de la ville ; M. Descadeillas, directeur de la bibliothèque municipale ; M. Delpech, secrétaire général de la mairie, etc.

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© Martial Andrieu

La céramique de Camberoque dans le halld'entrée

La décoration du hall, du préau et des salles fut confiée au peintre Carcassonnais Jean Camberoque. Depuis l'après-guerre, il avait apprit chez M. Armaing - potier à Castelnaudary - l'art du feu. La céramique devenait à peine une nouvelle force de sa créativité. C'est cette technique qu'emploiera Camberoque pour décorer l'école Barbès. 

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© Martial Andrieu

En 1988, les élèves de CM1 ont poursuivi à leur manière l'œuvre de Camberoque, en décorant la façade donnant sur la cour.

Sources

L'indépendant / 1952

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05/07/2017

La destruction du lycée Paul Sabatier de Carcassonne

Dès 1668, un ancêtre des Inspecteurs généraux de l'éducation nationale, M. de Froidour, écrivait dans son rapport suite à sa visite dans les collèges de la province du Languedoc que le Collège de Carcassonne "existait d'ancienneté" dans ces mêmes locaux. En effet, le Conseil de ville fonda en 1556 une école d'enseignement secondaire appelée Collegium, qui ne comptait que des externes.

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Tout ce qu'il reste de l'ancien lycée de Carcassonne, rue de Verdun

Ce collège était situé dans la rue de la Pélisserie (rue A. Ramond), à l'angle avec la traverse des moulins (rue Littré). Dans cette rue se trouvaient les cuisines, le réfectoire et certaines classes du Lycée. Au XVIe siècle, ce petit collège ne possédait que trois classes ; il n'y avait même pas assez de place pour loger les professeurs. Ceux-ci, insuffisamment payés, devaient occuper d'autres fonctions en ville - n'ayant pas de rapport avec l'enseignement - afin de subvenir à leurs besoins vitaux. Les rentes étant trop faibles pour entretenir la vie du Collège, les Consuls se mirent à chercher une solution. Par chance, l'édit du mois de septembre 1603 promulgué par Henri IV rappelait les Jésuites, prompts à s'emparer des établissements d'instruction. Intriguant à la cour du roi, l'évêque de Carcassonne avec l'accord de la municipalité, tente de faire donner le Collège au Jésuites en 1605. Henri IV y consent par le brevet du 12 août 1609, ratifié par lettres patentes d'avril 1610. Les négociations avec la ville durèrent douze ans, pendant lesquels celé n'empêcha pas la Compagnie de Jesus d'enseigner à Carcassonne. Dès lors, il ne resta plus qu'à ratifier l'accord le 16 mars 1623.

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Ad maiorem Dei gloriam.

(Pour une plus grande gloire de Dieu)

Aussitôt, un certain nombre d'habitants se formèrent en syndicat pour protester contre l'installation des Jésuites. Arguant un système de fraude dans l'attribution du Collège aux Jésuites, ils se pourvoient devant le Sénéchal, puis devant le Parlement de Toulouse, après avoir menacé de ne pas payer l'impôt. Cet appel étant suspensif, l'enseignement est suspendu au mois de mars 1623. De nouvelles négociations aboutiront à un accord définitif le 1er juillet 1623. La ville octroie aux Jésuites une rente de 2000 livres et le diocèse 1000. A charge pour eux de subvenir à tous les frais de réparation et d'entretien des bâtiments. Pareils à des religieux de tout ordre, la Compagnie de Jesus va agrandir le Collège. En 1625, elle reçoit une subvention extraordinaire de la ville à hauteur de 200 livres pour édifier la porte d'entrée du Collège. Cette porte qui se trouvait dans la rue des Etudes à côté de l'entrée de la chapelle (Actuel auditorium), fut rasée en 1970 sans autre forme de procès.

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Porte d'entrée (XVIe siècle) du Collège des Jésuites en 1969

En 1636, le sieur Louis de Malecoste leur lègue 25 465 livres pour la construction de cette chapelle, qui sert aujourd'hui d'auditorium. Elle sera inaugurée en 1667 lors d'une session des Etats du Languedoc, avec procession conduite par l'Evêque.

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 En 1668, les Jésuites avait achevé de bâtir le nouveau Collège et leur église. A savoir, quatre grands corps de logis, avec en plus une basse-cour et autres commodités. L'ensemble occupait plus de la moitié d'un carron, à l'intérieur de la Bastide Saint-Louis.

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Plan de 1729

Le Collège compta 200 élèves, puis l'effectif diminua de façon constante en raison de l'implantation d'autres établissements à Limoux, Castelnaudary, Rieux et Mirepoix. En réalité, les Jésuites s'occupèrent moins du Collège qu'ils ne furent attachés aux prédications, visites des malades et autres fonctions spirituelles. Malgré tout, il purent conserver leur Collège et même annexer en 1727 le Séminaire diocésain, face à l'actuelle MJC (autrefois, Couvent des Pénitents noirs). Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, commençait à souffler un esprit nouveau entraînant les despotes éclairés, dans un courant de réformes. Les Jésuites n'étant plus en odeur de sainteté royale, le Collège de Carcassonne ne dut son salut qu'à leur remplacement par les Doctrinaires. Les lettres patentes du 26 septembre 1764 portent confirmation du Collège à Carcassonne.

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Imposte au-dessus de la porte du Lycée, rue de Verdun

 Le Collège national de Carcassonne des Prêtres de la Doctrine Chrétienne sera emporté en 1792 par la Révolution française. Après cinq années d'atermoiements, le décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) institua les Ecoles centrales des départements. Le citoyen Fabre fut chargé "d'organiser avec célérité" l'Ecole centrale de Carcassonne dans les locaux de l'ancien Collège. Elle disparut dans le courant de l'an XI (1803). C'est après l'achat de terrains et de maisons permettant l'extension de l'établissement entre 1846 et 1854, que le Lycée impérial sera inauguré le 8 novembre 1854. Ce lycée, devenu Paul Sabatier après 1941, fermera en 1962 après la construction d'un nouveau, rue Alfred de Mussuet.

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Destruction du lycée, rue des Études.

Tout ce qu'il en reste aujourd'hui se trouve actuellement visible dans la rue de Verdun. Car pour le reste... A partir du début du mois de septembre 1970, les premiers coups de bulldozers de l'entreprise Combe furent donnés contre des murs du XVIe siècle. On n'épargna presque rien et tout partit dans une carrière située à l'Arnouzette. Tout cela parce que la municipalité Gayraud avait voté la destruction des bâtiments pour dégager 5000 m2 de parking. Un espace de stationnement de près de 200 places pour donner un nouvel essor au commerce du centre-ville, paraît-il. 

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"On peut estimer que les usagers Carcassonnais pourront utiliser ledit parking pour les prochaines fêtes de fin d'année. Un beau cadeau de noël en quelque sorte, n'est-il pas vrai ?"

(La dépêche du midi / Sept 1970)

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Quarante sept ans après, le centre-ville ne va pas mieux. Pire ! Par la folie destructrice de municipalités n'ayant eu aucune conscience pour nos héritages culturels, Carcassonne a perdu une très grande partie de son patrimoine historique. En 2015, sans l'intervention de Julien Llamas alors lycéen à Paul Sabatier, l'ensemble des archives du Lycée impérial seraient parties aux ordures. Tout avait été déposé dans une benne par M. Mercardal, proviseur du lycée. Nous avons alerté les archives de l'Aude qui sont venues in-extremis sauver l'ensemble de ces documents. Ils sont aujourd'hui conservés et consultables par tous.

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Ce qu'il reste de 400 ans d'histoire. 

Sources

Vieux murs et vieux papiers du Collège-Lycée de Carcassonne / J. Poux / 1907

Notes et synthèses / Martial Andrieu

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28/03/2017

L'école du Mail, un établissement méconnu de Carcassonne

Dénommée ainsi en 1809 car elle conduisait aux terrains de ce jeu de boules, le rue du Mail prit le nom de Jules Sauzède - ancien maire de Carcassonne - le 8 juin 1920. Pendant de nombreuses années, se tint l'école primaire du Mail au numéro 43 de cette rue, dans un bâtiment désaffectée de l'Institution Notre-Dame. L'annuaire de l'Aude de 1921 indique que Madame Moret en était la directrice, assistée de Mesdames Albarel, Gleizes et Ferrié. D'après l'historien Claude Marquié, cette école devait être la seule du centre ville car des élèves y venaient depuis le quartier des Capucins ; la rue était si insalubre qu'on l'appelait la rue du mal.

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© Droits réservés

La goutte de lait

L'école du Mail accueillait également "La goutte de lait" fondée en 1920 par Clément Durand, instituteur à Carcassonne, sous les hospice de la Ligue Française. Dès l'entrée, on se sentait pénétrer dans le royaume du lait et de la propreté. Tous les services étaient en place. Ils comprenaient : celui de la consultation des nourrissons, celui de la préparation etc de la distribution du lait, celui des dames patronnesses. Le premier n'était que la suite améliorée, complétée, de l'organisation d'origine dans la clarté, les aises et le confort. Le deuxième résultait d'une création.

L'œuvre achetait le lait, le pasteurisait dans ses locaux, le dosait pour chaque bébé conformément aux prescriptions du Dr Gaujon et le répartissait dans des flacons en nombre égal à celui des têtes journalières. Un petit panier recevait l'ensemble des flacons d'un seul nourrisson : la jeune maman emportait le matin la nourriture du jour de son bébé, assurée de l'excellente qualité du lait, de son adaptation aux besoins de l'enfant et confiante dans ses bons effets. Ce lourd et méticuleux travail fut confié à une sœur de la Miséricorde qui, avec une auxiliaire, s'acquittait de cette tâche. Le service des dames patronnesses était multiple et la répartition leur en revenait. Il y en avait attachées aux enquêtes discrètes et à la distribution des secours aux nécessiteux., d'autres enfin travaillant à l'Ouvroir pour des layettes et des tricotés. Aux côtés de mesdames Laperrine et Cazals, de Mlles Bès et Pons, combien d'autres ?

Le bureau et le conseil d'administration assuraient la coordination des services et la gestion de l'Œuvre, sous l'autorité du président. Ses successeurs furent M. Suberville, les docteurs Sempé et Cassan, Louis Bourrié et les trésoriers Dufour, Rivière et Bourges.

 Au niveau national "La goutte de lait" fut créée par le docteur Léon Dufour en 1894 à Fécamp, afin de lutter contre la mortalité infantile. En 1912, on comptait 200 Gouttes de lait françaises.

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© Google maps

L'intérieur de l'école du Mail fut rasé en 1974 mais l'on conserva la façade. Sur la clé de voûte de l'entrée on peut encore apercevoir le millésime de l'année 1690. C'est l'école des Serres, rue des Etudes, qui aurait remplacé l'ancienne école du Mail.

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En 1986, les sociétés d'économie mixte SIDEMRA - propriétaire de l'ancienne école du mail - et SEMICA avec à leur tête M. Rouvier entreprennent la destruction d'un pâté de maisons mitoyens de l'école. Sauf le numéro 41 que Jacques Dango n'a pas voulu vendre. L'îlot de l'environnement ainsi bâti comptera plusieurs logements du T2 au T4, une cour intérieure avec un parking et un espace vert.

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L'actuel Îlot de l'environnement

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13/02/2017

Faik Konica (1875-1942), l'ami de Guillaume Apollinaire à Carcassonne

C'est en effectuant des recherches sur le poète Guillaume Apollinaire, que nous avons découvert que l'un de ses amis européens a séjourné à Carcassonne. Faik Konica, né en 1875 à Konitza en Albanie est l'une des plus grandes figures de la culture de ce pays. En 1890, il n'a que quinze lorsqu'il est envoyé pour étudier en France où il passera sept années. A Dijon, il est diplômé en philologie romane. A Paris, il étudie pendant deux ans le français médiéval, le latin et le grec au Collège de France. C'est aux Etats-Unis dans la célèbre université d'Harvard qu'il achèvera ses études, avant de s'établir à Londres où il fait la connaissance d'Apollinaire en 1902. Au cours de l'été 1926, Ahmet Zogu (futur roi autoproclamé d'Albanie) le nomme comme ambassadeur aux Etats-Unis ; poste qu'il occupera jusqu'à l'invasion italienne de son pays en avril 1939. Faik Konica mourra à Washington le 15 décembre 1942 et sera inhumé au cimetière de Forest Hills à Boston. Ses restes seront transféré à Tirana (Albanie) à la fin de l'ère communiste.

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Faik Konica

En 1892, Faik Konica ne pouvant supporter le climat froid de Lisieux s'établit à Carcassonne. Sa Cité médiévale l'attire, tout comme le climat méditerranéen plus adapté à sa constitution fragile. Dans "Amis européens de Guillaume Apollinaire" publié aux presses nouvelles de la Sorbonne (4e colloque / Sep 1988), nous avons une description précise de son passage dans notre ville.

"En dehors des heures passées à la Bibliothèque municipale, le spectacle des témoins de la civilisation médiévale stimule son ambition de connaître en profondeur le Moyen Age, période de la mémoire de son peuple. Avec ses vingt siècles d'histoire, Carcassonne témoigne de valeurs qu'il peut s'assimiler au plus vite. Au lycée, ce premier de classe admire en particulier son professeur de lettres, dont il saura garder le souvenir. En 1893, il obtient le prix d'honneur de rhétorique et, chaque année, son nom figure au palmarès. Il arrivé même qu'il reçoive des mains du vainqueur du Dahomey, le général Dodds, ancien élève de l'établissement."

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Le général Dodds

Faik Konica fait partie de ses brillants élèves qui passèrent par le lycée impérial de Carcassonne, situé dans la Grand rue (rue de Verdun, aujourd'hui). Quant à Guillaume Apollinaire, il se peut fort bien qu'il ait connu Carcassonne à travers les récits de son ami Albanais. A moins qu'il n'y soit passé durant les fêtes de noël en allant rejoindre Madeleine Pagès à Oran ? Publié dans "le guetteur mélancolique", Apollinaire écrivit un poème intitulé "Cité de Carcassonne" en 1915.

Ville presque morte, ô Cité
Qui languis au soleil d’été,

Toi dont le nom putride étonne,
Tu symbolises la très Bonne,

La très Douce, sans vanité,
Qui n’a jamais compris personne,

La toujours Belle qui se tait,
L’Adorable que je couronne,

La toute Ombreuse dolemment
Comme une ville ombreuse et coite,
La toute Brune jamais droite,
Toujours penchée exquisement.

J’ai vu ses lèvres d’anémone
Mais point son Cœur, à la très Bonne.
Je n’ai jamais vu Carcassonne.

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Guillaume Apollinaire

(1880-1918)

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14/12/2016

L'histoire de l'école privée d'enseignement catholique Saint-Stanislas

L'école Saint-Stanislas située dans la rue Aimé Ramond à Carcassonne est fondée en 1813 par l'abbé André Delmas, dans l'ancien couvent des Ursulines construit en 1623.

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André Delmas

En 1906, l'école est expropriée suite à la loi de séparation de l'église et de l'état, mais la générosité des anciens élèves lui permettra de se réinstaller très vite dans ses locaux. C'est à ce moment-là que l'école prend le nom de Saint-Stanislas. Jusqu'en 1907, les bâtiments sont également occupés par le Petit séminaire diocésain et considérablement agrandis : deux annexes, une propriété acquise, une chapelle construite.

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Balcon des classes et chambres des professeurs 

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Bulletin scolaire de Jean Metge daté de 1814

Parmi les disciplines enseignées : La version latine, la version grecque, l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie, la physique, la géologie, la botanique, l'histoire écclésiastique, la géographie, la musique, le dessin, la peinture, l'écriture, l'analyse logique, le discours latin, le discours français, l'orthographe, etc.. Dans les notes figurent la conduite, l'application, la tenue des habits.

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Frais d'enseignement en 1882

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La salle de dessin

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Salle d'étude des moyens

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Le cabinet de sciences naturelles

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Une classe en 1927 avec le G. Mittou, père supérieur 

En 1956, l'école comptait 400 élèves dont 180 pensionnaires. Collège secondaire, elle prépare au baccalauréat et au BEPC. Les maîtres des grandes classes sont des prêtres. Dans les petites classes, ce sont des laïcs, licenciés ou bacheliers. 

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Sœur Mathilde a officié pendant 63 ans à St-Stanislas

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En 2008, le regroupement des Lycées St-François et St-Stanislas de Carcassonne a créé une entité : Le lycée polyvalent St-Louis.

http://lycee-saint-louis-carcassonne.fr

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20/11/2016

L'école des femmes Carcassonnaises

A la fin du XIXe siècle se développe l'enseignement ménager sensé apprendre aux jeunes femmes à bien tenir un foyer. Les cours sont divisés le plus souvent en deux catégories: Les cours de cuisine et les cours de repassage, blanchissage, nettoyage. Les cours de cuisine comprennent l'achat des provisions nécessaires pour le menu du jour, la gestion des dépenses, la préparation des aliments, la mise du couvert, des conseils sur le nettoyage et le ragement de la cuisine. Dans les cours de repassage on apprend l'amidonnage et l'empesage du linge: cols de lingerie, rabats, rideaux, chemisettes. Dans les cours de racommodage, il s'agit de remmaillage et de raccords. Enfin le nettoyage rend invincible contre le cambouis, la peinture, les vernis... En 1910, le ministère de l'instruction publique l'introduit même dans les lycées de fille.

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Les jeunes filles commençaient par obtenir leur Certificat d'études primaires

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A Carcassonne, l'école de ménagère se trouvait sur l'avenue Bunau Varilla dans un immeuble en face de l'actuelle Caisse d'Epargne et à côté du supermarché ED. La directrice était madame Maurel Marie-Rose accompagné par sa soeur Marguerite qui enseignait.

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Les jeunes femmes faisaient également (avaient-elles le choix ?) des études pour devenir secrétaire. A Carcassonne, plusieurs écoles privées dispensaient cet enseignement. C'est le cas de madame Gorry, sur le boulevard de Varsovie à côté du café Barthe (Le Makila, aujourd'hui).

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Il y avait aussi l'école de madame Chatenet dans la rue de la mairie (Rue A. Ramond), à l'angle avec la rue Bringer.

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Les bonnes secrétaires étaient recherchées et rares sont celles qui n'ont pas trouvé d'emploi à cette époque. Il y avait également à Carcassonne, vers les années 1940 et peut-être avant- une école privée dirigée par Mme. MATHIEU, rue de la République, (entre la rue J. Bringer et Clémenceau) qui donnait des cours de sténo - méthode Duployé - et dactylo pour former de futures secrétaires.
En ce qui concerne la formation des futures ménagères, n'oublions pas, l'école dépendant de l'Education Nationale, installée dés les années 1947/1948 dans le bâtiment municipal - au 76, rue de la Liberté - dirigée, par Mme VAYSSIERE, préparant au CAP.
Ce qui est devenu actuellement l'annexe du Collège du Bastion.

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